Etats Unis d'Amerique

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Messagede Nico37 le Dim 7 Juin 2009 00:27

Etats-Unis : des combats organisés entre handicapés mentaux font scandale

Créé le 13/05/09 - Dernière mise à jour à 8h36

Depuis des mois, des handicapés mentaux seraient utilisés comme "gladiateurs" dans des combats filmés par les surveillants d’un pensionnat du Texas, aux Etats-Unis.

C’est un terrible scandale que vient de révéler la chaine de TV américaine ABC News. Les surveillants d’un pensionnat du Texas réservé aux handicapés mentaux organiseraient depuis des mois des combats sadiques entre les pensionnaires. Les scènes ont été découvertes par des policiers sur la mémoire vidéo d’un téléphone portable perdu.
Sur ces images on voit des adultes se battre comme des enfants dans les salons et les couloirs du pensionnat. Des séances de combat "arbitrées" par le personnel de nuit. Le scandale avait été jusque là bien étouffé car les élèves étaient menacés d’être plus sévèrement traités s’ils osaient rapporter ces jeux sordides à leurs parents ou leurs visiteurs.

ABC News a diffusé les images d’une de ces scènes :

Le gouverneur républicain du Texas s’est dit "dégoûté par ces évènements". La presse locale rapporte de son côté qu’il a fallu attendre cinq ans et 800 limogeages d’employés des services sociaux pour maltraitance pour que la situation change. Mais si une loi a été votée en février pour mieux protéger les handicapés dans ce genre d’établissement, le budget affecté aux écoles des handicapés n’a pas pour autant été augmenté.
Dernière édition par Nico37 le Sam 13 Fév 2010 19:54, édité 1 fois.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede RickRoll le Dim 7 Juin 2009 12:45

Affligeant...
RickRoll
 

Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Nico37 le Mar 18 Aoû 2009 01:18

USA: 30 éboueurs licenciés pour avoir voulu se syndiquer, selon un syndicat

WASHINGTON - Un syndicat américain a accusé vendredi le groupe de gestion des déchets Republic Services d'avoir licencié 30 éboueurs de Las Vegas (Nevada, ouest) au motif qu'ils voulaient adhérer à ce syndicat, une allégation fermement rejetée par leur ancien employeur.

"A ce jour, 30 salariés ont été licenciés par Republic (...) après avoir exprimé leur souhait de se faire représenter syndicalement par Teamsters", a affirmé dans un communiqué ce syndicat.

"La direction a annoncé la première vague de licenciements à la suite du lancement d'un effort d'organisation par les plus de 200 salariés" du groupe dans la ville, selon Teamsters, qui n'a pas précisé sur combien de temps s'étaient étalés ces licenciements.

"Les personnes licenciées, qui sont tous hispaniques, ont été salariées du groupe pendant 11 ans pour certains", a ajouté ce syndicat qui revendique 1,4 millions de membres aux Etats-Unis et au Canada.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de Republic Services, Will Flower, a déclaré que ces accusations étaient "tout à fait fausses".

Selon lui, le communiqué a été publié après le licenciement de six salariés "uniquement dû à leur incapacité à fournir les documents adéquats pour prouver qu'ils ont l'autorisation de travailler aux Etats-Unis".

"A la connaissance de Republic Services, il n'y a eu absolument aucun effort des salariés pour s'organiser syndicalement dans notre site de recyclage", a souligné M. Flower.

L'union locale de Teamsters a en revanche dénoncé "une tentative flagrante d'intimidation", ainsi que des "conditions de travail inacceptables" dans un endroit "extrêmement chaud, poussiéreux et sale".

(©AFP / 08 août 2009 06h32)
Nico37
 

Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Jeu 15 Oct 2009 15:07

Lu dans Contre-info
traduit de The Detroit News, 7 oct. 2009

Détroit : Scènes de chaos dans les files d’attente de l’aide sociale

Par Charlie LeDuff, George Hunter et Santiago Esparza

8 octobre 2009La ville de Detroit avait annoncé la distribution de 5 000 formulaires de demande d’aides au logement. Mais ils ont été plusieurs dizaines de milliers à se presser sur les lieux, provoquant bousculades et altercations entre des chômeurs désespérés. Plusieurs personnes ont été blessées, piétinées par la foule. Les reporters du Detroit News témoignent de la violence de la crise sociale au cœur de l’Amérique.

Les milliers personnes qui se sont pressées dans l’espoir d’obtenir les formulaires de demande d’aide fédérale pour les loyers et les factures de services publics ont transformé aujourd’hui les abords du Cobo Center [un centre d’exposition et de conférences - ndt] en une scène de chaos.

Les demandeurs étaient venus à pied, en fauteuil roulant, en vélo et en voiture. Environ six personnes ont quitté lieux en ambulance. En raison de la tension et de l’énervement croissants, plusieurs personnes ont été piétinées, indique un infirmier présent sur les lieux.

Les habitants de Detroit tentaient de mettre la main sur les 5 000 formulaires de demande d’aide fédérale distribués par la ville. Détroit a reçu près de 15,2 millions de dollars de fonds fédéraux au titre des programmes de Prévention des Sans-abris et du Relogement Rapide, qui attribuent une aide financière temporaire et des logements aux personnes et aux familles sans-abri, ou qui le seraient en l’absence de ces aides.
Des membres des services médicaux d’urgence présents sur les lieux ont déclaré avoir traité des demandeurs qui ont été blessés lors de la ruée de la foule tentant d’obtenir ces formulaires.

Voilà ce qui arrive lorsqu’une ville remplie de gens ruinés reçoit un peu d’argent, déplore Walter Williams, 51 ans, qui avait commencé à faire la queue pour un formulaire avant le lever du jour.
« Ce matin, j’ai vu le rideau se lever sur le malheur », dit-il. « Des gens qui se battent en faisant la queue. Ils se menaçaient de se tirer dessus. Est-ce que nous en sommes arrivés là ? »
« Les gens ont désespérément besoin d’aide financière pour conserver leur logement, payer leurs factures, pour qu’ils puissent faire la soudure avant d’avoir retrouvé un emploi ».

Ce mercredi, à l’extérieur du Centre Cobo, certaines personnes fendaient la foule pour arracher les formulaires des mains de ceux qui les avaient déjà obtenus. Les lieux résonnaient du vacarme constant des cris des personnes tentant de pénétrer à l’intérieur du Centre.

Latanya Williams, qui vit à Detroit depuis 32 ans, déclare avoir rapidement rempli son formulaire car « les gens les volent ».
« J’espère obtenir n’importe quelle aide qu’ils puissent me donner », dit-elle. « Tout le monde a besoin d’aide. »

En fin de matinée, les formulaires manquaient. Mais des escrocs ont eu l’idée de photocopier l’original et de vendre ces copies pour 20 dollars. Ils faisaient de bonnes affaires. Les désespérés sont des proies faciles. Les formulaires originaux de couleur blanche portaient une mention indiquant clairement : « Ne pas dupliquer - Vous devez utiliser le formulaire original. »
En fin de matinée, toutefois, les volontaires du Detroit Planning and Development Department distribuaient eux-mêmes des photocopies jaunes.

« Je ne suis même pas sûr que le gouvernement acceptera ces formulaires », s’interroge Pam Johnson, une bénévole. « C’est comme s’il fallait calmer les gens. Il y avait presque une émeute. Il a fallu faire appel à l’escouade de répression des gangs. J’ai vu une vieille dame presque piétinée à mort ».

Pour Jean Paul, qui vit à Détroit depuis 25 ans, cette foule et ce chaos montrent que les gens ont besoin d’aide.
« Nous en avons besoin », dit-il, en parlant d’argent. « Quoi qu’ils aient pour moi, cela sera bien ».

John Roach, le second adjoint de la police, considère que les 150 agents présents ont gardé le contrôle de la situation. « Il ya eu quelques bousculades, et certaines personnes ont perdu connaissance », précise-t-il. « Étant donné que nous avions là 15 000 personnes, je suis surpris que les choses se soient déroulées de façon aussi ordonnée. »

Il est difficile d’estimer la foule présente car toutes les files d’attente serpentaient à travers le centre de convention, à l’extérieur le long du bâtiment, et en bas de la rampe du parking. Un officier de police a estimé la foule à 50 000 personnes.

Plus de 25 000 formulaires avaient été retirés en moins de trois heures la veille dans les bureaux de quartier de la Mairie. Karen Dumas, la porte-parole du maire Dave Bing, explique que ce jour là certains ont cru à tort qu’ils recevraient des espèces sur place.
« C’est totalement faux », précise-t-elle. « Il y a un circuit administratif ».

L’affluence a été si importante que les fonctionnaires de police de Detroit et les responsables des pompiers ont envisagé d’arrêter la distribution en raison du trop grand nombre de personnes.

Nous avons rencontré Kelley Turcotte, qui est plongeur dans un restaurant, près de l’extrémité de la file d’attente vers 10h30. Agé de 27 ans, il vient d’avoir un fils et ne peut faire face à ses factures.
« J’espère que le gouvernement verra ce qui se passe, et comprendra que la ville a besoin de beaucoup plus d’aide que celle qui lui est donnée », déclare-t-il.

Luis Irizarry, 35 ans, est venu de Flint en voiture, espérant profiter de l’occasion d’obtenir une aide. C’est seulement ensuite qu’il a découvert que seuls les habitants de Detroit pouvaient en bénéficier. Pour lui ce fut un choc de voir autant de gens dans le besoin.

Tony Johnson est venu à 5 heures du matin. M. Johnson n’a pas réussi à trouver d’emploi depuis trois ans.
« Si je pouvais gagner à la loterie, je ne serais pas ici », plaisante-t-il. Puis il poursuit : « il n’y a pas de tranquillité parce qu’il n’y a pas d’emplois. Tout le monde est à la recherche d’un extra, d’un coup de main. Ils ne me comptabilisent pas comme chômeur parce que je n’ai pas d’allocation. C’est comme si je n’existais même pas. Mais j’existe. Regardez autour de vous. Il y a des milliers ... des millions dans ce cas. »

Dan McNamara, qui dirige la section 344 des pompiers de Detroit, observe depuis sa fenêtre le Cobo Center.
« C’est tout à fait représentatif des difficultés de la classe moyenne en Amérique », juge-t-il. « Nous avons été trahis par le gouvernement, les agents immobiliers et ceux qui en ont profité. Le contrat a été rompu. »
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Nico37 le Sam 17 Oct 2009 16:12

Des universités publiques fragilisées par la crise

Face à la tourmente économique, les Etats fédérés réduisent leurs lignes budgétaires dans le domaine de l'enseignement supérieur impulsant ainsi un mouvement contraire à l'embellie de 2008 où les allocations avaient augmenté de 7.5% [1]. C'est le cas notamment de la Floride (coupe de 48 millions de dollars), du Kentucky (coupe de 50 millions de dollars) du Rhode Island (17.8 millions de dollars), du New Jersey (76 millions de dollars) et surtout de la Californie [2]. Or, les Universités publiques aux Etats-Unis dépendent à environ 35% du support des Etats (contre 1.9% pour les établissements privés) et sont donc obligées de prendre des mesures drastiques: augmentation des frais d'inscription [3], réduction des coûts variables...

Une forte proportion de la population étudiante est concernée par cette politique de rigueur puisque les universités publiques accueillent à elles seules environ 75% de ceux-ci.

Du patrimoine foncier au patrimoine financier... un besoin de soutien fédéral

Robert J. Birgeneau -le Chancellier de l'Université publique de Californie Berkeley- et Frank D. Yeary -le Vice-Chancellier de Berkeley- proposent dans un article ouvert du Washington Post de s'inspirer de l'initiative du Président Abraham Lincoln il y a 150 ans lorsqu'il avait signé le Morrill Land Grant Act qui donna un patrimoine foncier aux Etats de l'Union et dont les revenus générés ont permis par la suite de construire des universités compétitives. Ainsi, ils suggèrent au Président Obama d'imiter son prédécesseur mais en s'appuyant cette fois sur le patrimoine financier, c'est-à-dire en abondant les endowment funds des Universités publiques [4].

Ces idées semblent s'inscrire dans un courant d'idées pour un interventionnisme accru de l'Etat fédéral en faveur des universités publiques (voir aussi la brève en référence ci-dessous [5]). Cet appel du pied aura-t-il quelconque écho au Congrès ? Aujourd'hui les financements du gouvernement fédéral attribués aux universités représentent environ 11% de leurs sources totales dans le public et 13% dans le privé.

Par ailleurs, cette solution proposée -abondement des endowment funds- ne risquerait-elle pas d'affaiblir davantage les universités publiques en les exposant aux aléas des marchés financiers ?
- [1] Estelle Bouzat, "Face à une situation économique difficile, de nombreux états réduisent leurs budgets dédiés à l'enseignement supérieur"
http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /53433.htm
-[2] Johan Delory "Rentré des classes dans le contexte de la crise, le cas de la Californie à la loupe"
http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /60440.htm
-[3] Florence Barnier, Pascal Delisle "Les universités américaines dans la tourmente : l'accès à l'enseignement supérieur dans le contexte de la crise financière"
http://www.bulletins-electroniques.com/ ... 56733.htm- 4] Robert J. Birgeneau & Frank D. Yeary, the Washington post, Rescuing our public universities, 27 Septembre 2009
-[5] Johan Delory, "Retour aux co-financements obligatoires pour la NSF: vers une réduction du "laisser-faire" du marché universitaire américain ?"http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60532.htm
http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /60822.htm
Redacteur : Johan Delory, universites.vi@ambafrance-us.org


Les universites etats-uniennes en perte de vitesse selon le classement du Times Higher Education 2009

L'Europe premier acteur du classement

Selon le ranking du Times Higher Education paru le 8 Octobre 2009[1], le panorama universitaire mondial est loin d'être révolutionné, les seize premières places académiques demeurant occupées uniquement par des universités anglo-saxonnes. Néanmoins, on note un déclassement aux Etats-Unis de 4 universités sur 36, parallèlement à l'entrée de trois universités européennes (39 contre 36 en 2008) et asiatiques (16 contre 14 en 2008). Ainsi, l'Université californienne de Berkeley est rétrogradée à l'étonnamment basse 39ème position. En ce qui concerne la France, l'ENS Paris est au 28ème rang, l'Ecole polytechnique au 34ème et l'université Paris VI Pierre et Marie Curie au 117ème.

Un classement controversé

Certains experts relativisent la pertinence de ce classement dans la mesure où celui-ci repose à moitié sur des sondages de réputation contre seulement vingt-cinq pourcent pour le classement US News and World report [2] par exemple. Or d'après la Vice-Présidente de l'Institute for Higher Education Policy, Alisa F. Cunningham, les sondages de réputation ne sont pas contextualisés et "constituent la manière la moins fiable d'effectuer des comparaisons" [3]. L'article de présentation des résultats reléve que le classement prouve que la langue anglaise s'affirme encore plus comme la langue de la recherche : on pourrait retourner la remarque en disant que la langue anglaise s'affirme comme le véhicule de fabrication de tels classements. Quoi qu'il en soit, au-delà de toute critique et tentative de comparaison internationale, ce classement semble offrir un message important: la communauté académique et industrielle fait état d'une tendance nationale des universités américaines à la baisse relativement au reste du monde.

Dans l'attente du verdict de Shanghai

La présentation du fameux "classement de Shangaï" du 2 au 4 novembre prochain lors de la troisième conférence internationale du Center for World-Class Universities confirmera-t-elle ce déclin [4]? Rien n'est moins sûr étant donné le mode de calcul hautement différent qui privilégie l'aspect recherche -prix nobels, citations...- et la masse critique des universités.
- [1] classement du Times Higher Education :http://www.timeshighereducation.co.uk/Rankings2009-Top200.html
- [3] Scott Jaschik, US decline or a flawed measure ?, 8 Octobre 2009
- [4] Third International Conference on World Class Universities :http://gse.sjtu.edu.cn/WCU/wcu-3.htm
- classement de Shangaï: http://www.arwu.org/
- classement national par programmes des Universités américaines US News and World report http://www.usnews.com/sections/rankings
- [2] US News and World Report,http://colleges.usnews.rankingsandreviews.com/best-colleges
- The Washington Monthly College Rankings (Washington Monthly),http://www.washingtonmonthly.com/features/2006/0609.collegechart.html
- The Top American Research Universities (The Center for Measuring the Performance of American Universities), http://mup.asu.edu/
- The Top 100 Global Universities (Newsweek Inc.) :http://www.msnbc.msn.com/id/14321230/print/1/displaymode/1098/
- The Princeton Review - 2008 Best 366 Colleges Rankings :http://www.princetonreview.com/college-rankings.aspx
> http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /60823.htm

Redacteur : Johan Delory, universites.vi@ambafrance-us.org
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Ven 20 Nov 2009 16:38

Prison Planet - 17 nov. 2009
pour les anglophones: http://www.prisonplanet.com/u-s-militar ... -city.html

USA: troupes militaires dans les villes US, Opération Psy-Ops?

Un ancien Colonel des Forces Spéciales Américaines a déclaré que la violence touchant les villes est un « laboratoire » (test grandeur nature), alors que le Washington Post préconise l'exécution de ces opérations dans tout le pays. Les militaires Américains aident la Police en Californie à mener des opérations de « contre-insurrection » en répression aux violences liées aux gangs dans la ville de Salinas, une relation parmi les hauts fonctionnaires a admis une poussée des limites de la constitution, avec les opérations militaires menées à la frontière des Etats-Unis, mais que cela devrait s’étendre à tout le pays.

« Depuis Février, des combattants vétérans d'Irak et d'Afghanistan conseillent la police de Salinas sur la stratégie de contre-insurrection, apportant les leçons tirées du champ de bataille dans les rues moyennes d’une ville américaine, » a rapporté le Washington Post. /14/AR2009111400915.html?wprss=rss_nation
« C'est une montée subite, » a dit le (Maire) Donohue, qui a sollicité l'aide de l'Ecole Universitaire Supérieure Navale d'Elite.
« Quand les gens en ont entendu parler, ils ont pensé que nous allions envoyer les Navy Seals dans Salinas. » Le chef du programme, ancien Officier de carrière des Forces Spéciales, le Colonel Hy Rothstein, qui supervise les opérations de contre-insurrection en Colombie et en Amérique Centrale, a décrit le programme comme un « laboratoire ».

L'article du Washington Post suggère que les membres de son équipe sont des vétérans à la retraite, mais il a pourtant admis plus tard que ses hommes sont « pour la plupart des officiers de la Naval s’occupant entre 2 déploiements, » ce qui signifie qu'ils sont en service actif, et non pas à la retraite. Une autre preuve de cette nouvelle politique est l’affirmation que le programme ne viole pas la constitution, en engageant l’armée dans les opérations de police domestique, car l'équipe de Rothstein aident sur la base du « volontariat ».

Ceci est complètement contredit dans le deuxième paragraphe de l'article ou le Maire, Dennis Donohue, « a affirmé sa décision de chercher de l'aide auprès d’une source improbable : l’Armée Américaine, », impliquant que le programme n'est pas volontaire du tout, le Maire de la ville est à l’origine de la participation de l’Armée. À la fin de l'article, une version du programme répandue à tout le pays est même préconisée.

Rothstein explique comment son équipe se sert des méthodes employées contre les insurgés en Irak et en Afghanistan pour réaliser leur mission à Salinas, utilisant un logiciel militaire qui « trace les crimes et relie les suspects et leurs associés selon des critères sociaux, géographiques et familiaux ». Rothstein a également admis comment une partie du programme utilise les tactiques militaires « psy-ops » (opération psychologique) pour empêcher les gens d’entendre des « messages négatifs, » suggérant le contrôle des médias locaux.

L'article du Washington Post s’applique vraiment à vouloir dépeindre la ville comme étant assiégée par de dangereux membres de gang hispaniques, afin d'essayer de justifier la participation de l’Armée. À aucun moment, il n’est mentionné que si la police était assez dure pour s’occuper elle-même des vrais criminels, au lieu de nourrir les gros porcs que sont les contribuables américains respectueux de la loi, le besoin de la participation de l'Armée n’aurait jamais été nécessaire.

Combien d'histoires lisez-vous chaque semaine concernant des femmes, des personnes en fauteuil roulant, des personnes ayant des problèmes mentaux et d’autres proies faciles, se faire taser par la police comme si c’était des membres de gang ou des trafiquants de drogue ?
Peut-être que si la police se concentraient sur la poursuite des gangsters plutôt que de se faire les dents sur les gros, sourds-muets et heureux Américains moyens, alors des villes comme Salinas ne seraient remplis de raclures et de gangsters.

La partie cruciale de l'article du Washington Post est juste à la fin, quand ils indiquent que l’expérience d’utiliser l’Armée Américaine dans les opérations de police dans le pays, sera généralisé à toute la nation dans ce contexte.
« Les 1000 milliards de dollars investis jusqu'ici en Irak et en Afghanistan pourraient payer dans les rues américaines, » affirme l'article, avant de citer Léonard A. Ferrari, Principal à l’Ecole Universitaire Supérieure Navale, qui a indiqué, « l'idée n’était pas simplement d’appliquer cela à Salinas, mais plutôt comme modèle pour toute la nation ? »

Pourquoi un des plus grands journaux en Amérique, appartenant aux Bilderbergs, pousserait à l'utilisation répandue dans tout le pays d’unités militaires actives Américaines pour faire le travail de police, spécifiquement pour combattre une « contre-insurrection » parmi les citoyens des États-Unis ?
Est-ce un nouveau pas dans la préparation pour la loi martiale en réponse aux mouvements sociaux, aux émeutes raciales, et même à une future guerre civile ?
Ou est-ce simplement une convergence progressive entre la police et l’Armée, dans une République Bananière qui bat de l’aile et qui commence à décliner en un État en crise dirigé par une dictature militaire ?
Paul Joseph Watson
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Mer 2 Déc 2009 17:32

world Socialist Web Site (IVe Int.) - 02 dec. 2009

Utilisation record de coupons alimentaires - Les États-Unis qui ont faim

Un article, paru dans l’édition de dimanche du New York Times, décrit l’explosion du recours aux coupons alimentaires et trace un portrait bien différent des Etats-Unis à la fin de l’année 2009 que celui que présentent les promesses complaisantes de « reprise » économique de Wall Street et de l’administration Obama.

Le Times a mené une enquête statistique sur l’utilisation de coupons alimentaires par comté dans le but d’établir un portrait social plus détaillé des 36 millions de personnes qui bénéficient actuellement des coupons alimentaires. « On retrouve parmi ces gens des mères monoparentales et des couples mariés, des nouveaux chômeurs et des pauvres, des bénéficiaires de longue date de l’aide sociale et des ouvriers dont le garde-manger a été vidé par une réduction du nombre d’heures de travail ou du salaire », souligne l’article.

Parmi les statistiques les plus significatives :

Dans 239 comtés, plus d’un quart de la population reçoit des coupons alimentaires.
Dans plus de 750 comtés, au moins un Afro-américain sur trois reçoit des coupons alimentaires.
Dans plus de 800 comtés, plus du tiers de tous les enfants dépendent des coupons alimentaires.
Dans 62 comtés, le nombre de gens ayant recours aux coupons alimentaires a doublé au cours des deux dernières années.
Dans 205 comtés, le nombre de personnes dépendant des coupons alimentaires a augmenté de deux tiers.
La dispersion géographique du besoin grandissant de nourriture est stupéfiante. Des régions traditionnellement pauvres, comme les Appalaches rurales ou les ghettos des quartiers urbains déshérités, jusqu’aux banlieues, ce manque s’est répandu dans les Etats du sud et de l’ouest dans les deux dernières décennies. La carte affichant les comtés où le recours aux coupons alimentaires croît le plus rapidement comprend les riches banlieues d’Atlanta, la majeure partie de la Floride, la majorité du Wisconsin, de l’ouest et du nord de l’Ohio, ainsi que la plus grande partie de l’ouest montagneux, dont de larges bandes du Nevada, de l’Utah, de l’Arizona, du Wyoming, du Colorado et de l’Idaho.

Bien que le chômage soit la principale raison de l’augmentation de l’utilisation des coupons alimentaires, la cause économique immédiate varie énormément, que ce soit l’effondrement de la bulle immobilière dans les Etats du sud-ouest et en Floride, l’effondrement de l’industrie automobile dans la région des Grands Lacs ou la vague de licenciements dans la fonction publique américaine alors que s’aggrave la récession.

Le Times a noté l’impact sur les banlieues riches, longtemps dominées par le Parti républicain, où l’utilisation des coupons alimentaires a plus que doublé depuis le début officiel de la récession en décembre 2007, comme Orange County en Californie et Forsyth County en Géorgie. L’utilisation des coupons alimentaires a crû plus lentement, en termes de pourcentage, dans des villes comme Détroit, Saint-Louis et la Nouvelle-Orléans, mais seulement parce qu’une bonne partie de leur population vivait déjà dans la pauvreté et recevait de l’aide alimentaire lorsque la récession a commencé.

Tous ces chiffres sous-estiment considérablement le niveau de destitution sociale. Environ 18 millions de personnes éligibles aux coupons alimentaires ne les reçoivent pas, en partie en raison de barrières institutionnelles comme des services de proximité inadéquats, particulièrement pour les communautés immigrantes — l’Etat de la Californie rejoint environ la moitié de ceux qui sont éligibles — et en partie en raison de la stigmatisation sociale reliée au fait de recevoir de l’aide de l’Etat, spécialement dans des zones banlieusardes où la pauvreté a été un évènement soudain et récent.

Selon une étude réalisée par Thomas A. Hirschl de l’université Cornell et Mark R. Rank de l’université Washington à Saint-Louis, la moitié des enfants aux Etats-Unis vont dépendre des coupons alimentaires à un certain moment durant leur enfance. Le chiffre grimpe à 90 pour cent pour les enfants noirs. L’étude a été publiée ce mois-ci dans Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine.

Vu qu’elle est basée sur une analyse de 29 années de données, cette dernière étude donne un portrait des niveaux de besoins sociaux pendant une période où le taux de chômage gravitait bien en dessous de la marque de 10,2 pour cent atteinte le mois dernier. Une période prolongée de chômage à plus de 10 pour cent — maintenant largement anticipée par la grande entreprise et les économistes du gouvernement — rendra de plus en plus d’enfants dépendant de l’aide fédérale pour satisfaire leurs besoins nutritionnels élémentaires.

Les résultats de ces deux études viennent confirmer les conclusions de l’enquête du département américain de l’Agriculture rendue publique le 16 novembre et qui a déterminé que 49 millions d’Américains, incluant 17 millions d’enfants, manquaient parfois de nourriture en 2008. La vaste majorité des 17 millions de familles qui luttent pour se nourrir suffisamment avaient au moins une personne en emploi dans le ménage, mais avec un salaire trop faible pour assurer les besoins de base. Le niveau d’insécurité alimentaire était à son plus haut depuis que le département a commencé à cumuler les données en 1995.

Ces données montrent que la réalité sociale que connaissent les travailleurs américains est la plus sombre depuis la Grande Dépression. Quelque 30 millions de personnes sont sans emploi ou n’ont qu’un emploi partiel. Près de 50 millions n’ont pas d’assurance-maladie. Près de 50 millions ont de la difficulté à nourrir leur famille ou se nourrir eux-mêmes. Quelque 40 millions vivent sous le seuil de pauvreté officiel et ce nombre atteindrait 80 millions si un budget familial réaliste servait d’étalon de mesure.

Ce sont les jeunes qui connaissent les plus grandes difficultés. Selon un rapport du Pew Research Center de la semaine dernière, 10 pour cent des adultes de moins de 35 ans sont retournés habiter chez leurs parents à cause de la récession. Plus de la moitié des hommes entre 18 et 24 ans vivent toujours chez leurs parents. La proportion est de 48 pour cent pour les jeunes femmes.

Ces chiffres sont une condamnation du capitalisme américain et de son sabotage criminel des forces productives de la société. Comment est-il possible qu’il soit si difficile pour des dizaines de millions de personnes de se nourrir ou nourrir leur famille dans un pays où l’agriculture est tellement productive qu’elle peut littéralement nourrir la Terre entière ? S’il en est ainsi, c’est parce que la production et la distribution sont organisés pour maximiser le profit individuel et que nourrir les enfants qui ont faim rapporte beaucoup moins aux élites dirigeantes que la spéculation sur les marchés financiers.

Ces chiffres sont aussi une condamnation des représentants de la grande entreprise de l’administration Obama, du Parti démocrate et du Parti républicain. Il semble que la faim, tout comme le chômage d’ailleurs, ne soit considérée par Obama que comme un « indicateur retardataire », un phénomène que l’Américain ordinaire doit supporter et subir, mais pas une crise, même pas un motif pour lever le petit doigt.

Après avoir détourné des milliers de milliards de dollars vers le système financier, dans le but de permettre le retour à la profitabilité et aux bonus dans les dizaines de millions pour Wall Street et après avoir décidé d’intensifier la guerre en Afghanistan au coût non divulgué de dizaines de milliards, Obama déclare aujourd’hui que sa principale priorité au pays est la réduction du déficit. Après que Wall Street et la guerre aient obtenu tout l’argent dont ils avaient besoin, il ne reste que peu, et même rien, pour satisfaire aux besoins des enfants qui ont faim, ou de leurs parents.

Patrick Martin

(Article original anglais paru le 30 novembre 2009)
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Sam 26 Déc 2009 11:29

After Downing Street - 20 dec 2009

Stupéfiant discours d'un vétéran de la guerre d'Irak, Mike Pryzner


Pour les anglophones, la vidéo du discours:


Mais je peux seulement me sentir honteux. Le racisme ne peut plus maintenant masquer pour plus longtemps la réalité de l'occupation. Ce sont des personnes, ce sont des êtres humains, dès lors je me couvre de culpabilité, je peux voir qu'un un homme agé ne peux marcher et que nous le traînons sur un brancard pour que la police irakienne le transporte. Je me sens coupable chaque fois que je vois une mère avec ses enfants qui éclate en sanglot hystériquement, criant que nous sommes pire que Saddam tandis que nous l'obligeons a sortir de sa maison. Je me sens coupable chaque fois que je vois une petite fille que je saisis par le bras et traîne juscqu'a la rue. Ils nous disent que nous luttons contre des terroristes, le vrai terroriste c'est moi et le vrai terrorisme c'est cette occupation.

Le racisme parmi les militaires a été durant longtemps un outil pour justifier la destruction et l'occupation d'autres pays. Durant très longtemps il a été utilisé pour justifier les massacres, la subjugation et la torture d'autres personnes. Le racisme est une arme vitale employée par ce gouvernement, c'est une arme plus importante qu'un fusil, un tank, un bombardier ou un navire de guerre, c'est plus destructeur qu'un projectille d'artillerie, qu'une bombe casse bunker, qu'un misile tomahawk. Tandis que ces armes sont fabriquée et sont la propriété de ce gouvernement, elles sont inoffensives tant qu'il y a des personnes qui refuse de les utiliser.

C'est pour cela qu'ils nous envoient à la guerre, non pas pour presser la gachette, non pas pour tirer une salve de mortier, non pas pas pour combattre dans cette guerre, ils veulent seulement vendre la guerre. Ils ont besoins d'un public disposé a envoyer et mettre ses soldat en péril, ils ont besoin de soldats disposé a tuer et à être tués sans poser de questions.

Ils peuvent gaspiller des millions dans une seule bombe mais cette bombe se convertie seulement en arme quand les rangs militaires sont disposés à suivre les ordres pour l'utiliser. Ils peuvent envoyer le dernier soldat dans n'importe quelle partie du monde, mais il ne peut y avoir de guerre que si les soldats sont diposé a combattre. Et la classe dominante, les milliardaires qui obtiennent des bénéfices de la souffrance humaine se préoccupent seulement d'étendre leurs richesses en contrôlant l'économie mondiale comprennent que leur pouvoir repose seulement en son habileté pour convaincre que la guerre, l'oppression et l'exploitation est pour notre intérêt.

Ils comprennent que leur richesse dépend de leur habileté a convaincre la classe ouvrière de mourrir pour contrôler le marché d'autres pays. Et nous convaincre de tuer ou mourrir se base dans son habilité de nous faire penser que d'une quelconque forme nous sommes supérieurs.

Soldats, marins, marines, aviateurs, nous n'avons rien a gagner avec cette occupation. La grande majorité des personnes vivant aux etats-Unis n'ont rien a gagner avec cette occupation. De fait non seulement nous n'avons rien a gagner mais nous souffrons plus, a cause de cela nous perdons des membres et donnons notre vie de manière traumatisante. Nos familles doivent comtempler les cerceuils recouvert de drapeaux descendus sous terre. Des millions de personnes de ce pays sans assistance médicale, sans travail, sans accès à l'éducation doivent regarder ce gouvernement gaspiller 450 millions de dollars par jour dans cette occupation. Les travailleurs et pauvres de ce pays sont envoyés pour tuer des travailleurs et pauvres d'autres pays pour convertir les riches en plus riches encore. Sans le racisme les soldats se rendraient compte qu'ils ont plus en commun avec le peuple irakien que ce qu'ils ont en commun avec les milliardaire qui nous envoient à la guerre.

J'ai jeté des familles entières à la rue en Irak seulement pour revenir à la maison me retrouver avec des familles jetées à la rue dans ce pays avec cette tragique et inutile crise hypothécaire.

Nous devons nous réveiller et prendre en compter que nos véritables énnemis ne se trouve pas dans un pays lointain et ne sont pas des personnes dont nous ne connaissons pas le nom, ni des cultures que nous ne comprenons pas. L'ennemi ce sont des personnes que nous connaissons très bien, des personnes que nous pouvons identifier, l'ennemis est un système qui déclare la guerre quand c'est rentable, l'ennemi ce sont les chefs de l'éxécutif qui nous renvoient de nos postes de travail quand c'est rentable, ce sont les compagnies d'assurances qui nous refusent l'assistance quand ce n'est pas rentable, ce sont les banques qui nous exproprient de nos foyer quand c'est rentable, notre ennemis n'est pas a 5000 kilomètres de distance, il est juste ici à la maison. Si nous nous organisons et luttons avec nos soeurs et frêres nous pouvons arrêter cette guerre, nous pouvons arrêter ce gouvernement et pouvons créer un monde meilleur.
Fichiers joints
Le soldat Mike Prysner au moment de son arrestation.jpg
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Mar 9 Fév 2010 16:35

Le Monde - 08 fev 2010

Aux Etats-Unis, les "walk away" laissent leur maison... et leur dette aux banquiers

Fairfield, à 65 kilomètres de San Francisco (Californie), est l'un de ces lieux où les cadres californiens sont, depuis 2004, venus chercher qualité de vie et immobilier abordable. Dans cette ville nouvelle, ils se sont fait construire de belles maisons avec piscine, jardin et un garage pour trois véhicules. Beaucoup ont choisi de quitter leur appartement en ville pour acheter une de ces villas. Et pour financer ce rêve à 800 000 dollars (près de 600 000 euros), sûrs de faire, grâce à la hausse des prix de l'immobilier, une bonne affaire, ils ont emprunté sur 30 ans.

Aujourd'hui, ces quartiers sont un désastre urbain, un désert. Les propriétaires insolvables ont déjà vu leur villa saisie ou sont menacés d'expropriation et les commerçants partent les uns après les autres. Pour les rares habitants qui restent, la situation est inextricable : leur villa ne vaut plus que 40 % ou 50 % du prix payé, ils n'ont pas commencé à rembourser le capital et n'entrevoient aucune perspective de revalorisation de leur bien. De plus en plus nombreux sont ceux qui "se tirent" - walk away, dit-on ici. Bien que solvables, ils cessent, en toute légalité, de rembourser leur emprunt. Que la banque se débrouille ! Le prêteur récupère la maison et les "propriétaires", eux, sont libérés de leur dette.

Des Fairfield, il y en a partout aux Etats-Unis. Au total, 11 millions de ménages, soit 23 % des emprunteurs immobiliers, sont actuellement under water (sous la ligne de flottaison), c'est-à-dire disposant d'un appartement dont la valeur est inférieure au montant emprunté. Cette proportion va jusqu'à 65 % en Californie, en Floride, au Nevada, en Arizona, dans le Michigan ou en Géorgie. Selon la société d'études immobilière First American CoreLogic, 2,2 millions de ménages ont vu la valeur de leur patrimoine chuter de plus de 50 % depuis l'achat.

En Californie, la pratique du short sale, c'est-à-dire la vente à perte, se répand : elle permet à un propriétaire de se libérer de sa dette en vendant à prix bradé, après accord de la banque. "A Los Angeles, 21 % des biens à vendre sont issus de saisies et 34 % sont en short sale, car les établissements bancaires ont compris l'intérêt de cette solution par rapport à la saisie", témoigne Alain Silverston, un agent immobilier français installé en Californie.

Il cite l'exemple des Donavan. Ils ont acquis, en 2008, une villa pour 590 000 dollars et la revendent 429 000 dollars, en partant vivre à quelques kilomètres de là, dans un logement loué 2 000 dollars, soit moins que les 3 800 dollars de leurs anciennes mensualités de remboursement. Une économie bienvenue car leurs revenus ont chuté, Mme Donovan ne travaillant plus qu'à mi-temps dans l'immobilier, son époux ne percevant plus les bonus et primes d'antan.

A peine le phénomène de walk away était-il apparu qu'Henry Paulson, le secrétaire au Trésor sous George Bush, traitait ses adeptes de "spéculateurs". Président de l'Association des banquiers du crédit immobilier (Mortgage Bankers Association), John Courson leur a, lui, récemment lancé un appel : "Pensez au mauvais exemple que vous donnez à votre famille, à vos enfants et vos amis." Et même Barack Obama leur a demandé de se montrer "responsables".

Les Donavan trouvent-ils leur évasion immorale ? La question les amuse : ils sont bien contents d'avoir feinté leur banquier. La proportion des emprunteurs qui cessent volontairement de payer leur crédit atteindrait 3 %, mais une étude LA Times-Real Estate Economy Watch de décembre 2009 révèle que 10 % des sondés sont tentés par cette option. Et l'argument du comportement antisocial ou immoral ne tient pas, surtout venant des banquiers, puisqu'eux-mêmes s'adonnent à cette pratique lorsqu'ils y trouvent leur intérêt !

Dans le New York Times du 10 janvier, Roger Lowenstein, propriétaire du fonds d'investissement éthique Sequoia, donnait l'exemple de la banque d'affaires Morgan Stanley qui avait acquis cinq immeubles de bureaux de haut standing à San Francisco lorsque le marché était au plus haut, et qui a cessé de les payer depuis l'effondrement immobilier. "Personne, à Wall Street, ne l'accuse d'immoralité", note-t-il. Le promoteur Tishman Speyer et le fonds BlackRock ont annoncé, fin janvier, ne pas pouvoir payer les 16 millions de dollars d'intérêts d'un prêt contracté, en 2006, pour acquérir 11 232 appartements à Manhattan, pour 5,4 milliards de dollars, et qui n'en valent plus, désormais, que 1,8...

Si la stratégie du walk away se répand, elle ne peut qu'amplifier la chute des prix et le nombre de propriétaires under water. Selon la Mortgage Bankers Association, 4,38 % des emprunteurs américains étaient, au troisième trimestre 2009, en procédure de saisie et 9,9 % avaient des retards de paiement, soit un total de 15 % d'emprunteurs en difficultés.
Sylvain Cypel avec Isabelle Rey-Lefebvre

Note
Le prêt "sans recours", une particularité américaineDans plus de la moitié des Etats américains, les prêts hypothécaires sont, moyennant une surprime de 0,5 % à 0,7 %, "sans recours", c'est-à-dire non adossés aux revenus des emprunteurs. Impossible donc, pour les organismes de crédit, d'obtenir la saisie des comptes personnels pour recouvrer leur dû. Dans un récent rapport remis au ministère au logement américain, l'économiste Susan Woodward va jusqu'à se féliciter du fait que peu d'emprunteurs connaissent cette disposition. Sinon, explique-t-elle, ils seraient beaucoup plus nombreux à laisser leur appartement en plan pour chercher plus avantageux ailleurs... Le seul risque encouru par ces "déserteurs du crédit" est que leur défaillance les poursuive et les empêche d'obtenir un crédit ailleurs, et durant quelques années. En France, le prêt sans recours est juridiquement possible mais pas pratiqué, les banquiers accordant leur crédit en fonction de la solvabilité du client plus que de la valeur du bien financé.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Nico37 le Sam 13 Fév 2010 19:53

Une enseignante américaine tue trois personnes

13/02/2010 | Mise à jour : 09:26

Après avoir appris qu'elle ne serait pas titularisée, cette femme a ouvert le feu vendredi dans l'université de l'Alabama.

Les établissements scolaires américains sont frappés par un nouveau drame. Vendredi, une enseignante a ouvert le feu dans l'université de l'Alabama à Huntsville, tuant trois personnes et en blessant trois autres. Cette femme, Amy Bishop, a été interpellée et inculpée de meurtre. Elle risque la peine de mort. Son mari aurait également été arrêté par la police et soumis à un interrogatoire.

Selon la chaîne de télévision locale WAFF, qui se réfère à un responsable de la police, l'auteur de la fusillade a commencé à tirer peu après avoir appris, lors d'une réunion dans le département de biologie, qu'elle n'obtiendrait pas sa titularisation. Neurobiologiste de Harvard, jugée «instable émotionnellement» par le mari d'une des victimes, elle avait rejoint l'université d'Alabama en 2003. Les trois personnes tuées dans la fusillade étaient des employés de l'université. Il s'agit du président du département, Gopi Podila, ainsi que deux professeurs, Maria Davis et Adriel Johnson.

L'université d'Alabama compte environ 7.500 étudiants. Elle est réputée pour son département scientifique qui travaille en étroite collaboration avec un programme de la NASA. Il s'agit du deuxième incident avec armes à feu sur un campus de la région en une semaine. Vendredi dernier, un garçon de 14 ans a été tué dans une école de la ville de Madison, semble-t-il par un autre élève. La fusillade la plus meurtrière de l'histoire du pays s'est déroulée dans une université de Virginie, lorsque, le 16 avril 2007, un étudiant avait tué 32 personnes sur le campus de Virginia Tech avant de se donner la mort.
Nico37
 

Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Sam 6 Mar 2010 11:24

Le Monde - 05 mar 2010

L'irrésistible expansion de la haine en Amérique

Le nombre de milices patriotes aux Etats-Unis a explosé en un an, rapporte l'une des organisation de défense des droits de l'homme les plus actives outre-Atlantique, le Southern Poverty Law Center (SPLC). Fondé en 1971 à Montgomery, en Alabama, par le juriste Morris Dees pour défendre en justice les militants des droits civiques, le SPLC publie chaque année un rapport sur les groupes extrémistes américains qui fait autorité.

De 149 "groupes patriotes activistes" en 2008, on est passé à 512 dont 127 milices paramilitaires en 2009, soit une augmentation de 244 %. Et encore ce décompte ne prend-il en considération que les groupes dits "patriotes", impliquant un engagement contre "le nouvel ordre mondial". En élargissant à tous les groupes professant la haine, le SPLC établit une effrayante carte recensant les 932 groupes qui ont fait preuve d'activisme en 2009.

La "droite radicale américaine" peut être, c'est selon, homophobe, ségrégationniste, "pro-life", antigouvernementale, judéophobe, arabophobe, sinophobe, latinophobe, xénophobe, conspirationniste, anti-socialiste, néo-nazie, une combinaison de certaines de ces phobies ou de toutes à la fois. Surfant, via une rhétorique populiste, sur la colère grandissant dans certains segments de la population américaine en raison des bouleversements politiques, démographiques et économiques récents, les activistes patriotes reviennent sur le devant de la scène. Depuis le siège de Waco en 1993 (86 morts) et l'attentat d'Oklahoma City en 1995 (168 morts), les patriotes s'étaient faits discrets.

Les conspirationnistes ont la parole
Pour cette droite très à droite, l'administration Obama cumule les vices, à commencer par son péché originel, celui de la couleur de son président. Taxé de "socialiste", qui pourrait sonner comme "bolchévique" en français, ou de "fasciste", le gouvernement américain concentre les attaques des populistes. Lesquels se retrouvent confortés par l'inquiétude croissante des Américains quant à l'état de leur nation. Dans un sondage publié par le Wall Street Journal et NBC News fin janvier, près de 60 % des Américains disaient leur sentiment que les choses vont globalement mal dans leur pays.

Selon le Guardian, certains médias, dont Fox News, ont redonné voix aux adeptes des théories conspirationnistes, ceux pour qui l'ancien président des Etat-Unis Eisenhower était un agent soviétique ou qui sont persuadés que le gouvernement américain dispose de camps de concentration secrets destinés à la "rééducation" des patriotes. La bataille n'est pas que dans les discours et les idées, note le SPLC, qui rapporte, depuis l'investiture de Barack Obama, les meurtres de plusieurs policiers par des extrémistes de droite, des projets d'assassinat du président par des skinheads, un retour des crimes racistes et des tentatives d'attentat contre le gouvernement ou des populations non blanches.
Antoine Strobel-Dahan

Les Etats qui comportent le plus de groupes selon le SPLC:
Texas (52), Michigan (47), Californie (22), Indiana (21), New York (17), Georgie (15), Oregon (14), Kentucky, Ohio, Wisconsin (13), Tennessee (12)...
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Lun 8 Mar 2010 14:20

Dans Work in progress le 03 mars 2010, rapporté par T34 (07/03/2010)

Obama applaudit au licenciement massif d'enseignants, tout comme il a applaudi au licenciement massif des banksters … Hum.
(Obama Applauds Mass Firing of Teachers, Just Like When He Applauded the Mass Firing of Banksters. Oh wait)

Le 23 février, les responsables du conseil d'administration du lycée public de Central Falls, à Rhode Island, ont licencié l'ensemble de l'équipe éducative de l'établissement, apparemment à cause de la baisse des résultats aux tests enregistrée par l'école située dans la ville la plus petite et la plus pauvre de Rhode Island.
En tout, 93 personnes ont été mises à la porte – 74 enseignants, plus des assistants à la lecture, des conseillers d'orientation, des professeurs d'éducation sportive, le psychologue de l'école, le proviseur et ses trois adjoints. Les négociations sur les façons d'améliorer les performances de l'école entre les professeurs et l'administrateur des écoles du district ont été rompues quand les autorités scolaires exigeaient que les enseignants se chargent de tâches supplémentaires, certaines sans aucune compensation financière.
Licenciement de l'ensemble du personnel d'un lycée; les seuls de toute l'école à ne pas avoir été remerciés sont le personnel de la cantine et les concierges.

Et pourquoi donc l'administration d'Obama est-elle montée au créneau pour saluer ces licenciements massifs? .
Lors d'une conférence où il devait exposer son programme destiné à améliorer les performances des écoles en difficulté grâce à une augmentation des aides fédérales pour les établissements scolaires qui ont les résultats les plus faibles, Obama a déclaré que ces licenciements étaient justifiés.
Ce n'était pas simplement une remarque improvisée de la part d'Obama, c'est la position gouvernementale officielle. Le ministre de l'éducation, Arne Duncan, est également intervenu pour se réjouir de ces licenciements.
Parallèlement, les autorités éducatives responsables des établissements scolaires de l'état et du district recevaient des messages de soutien après l'intervention d'Arne Duncan, qui avait déclaré qu'il les "applaudissait" pour "avoir fait preuve de courage et avoir fait le bon choix pour les enfants".
"C'est un travail pénible et ces décisions sont difficiles à prendre mais les enfants n'ont qu'une chance de recevoir une instruction", avait dit Duncan, "et quand les écoles continuent d'avoir des difficultés, il est de notre devoir à tous d'agir".
Et donc, oui, la position de l'administration Obama est que quand les écoles ne sont pas assez performantes, c'est hyper-cool de faire le ménage et de licencier tout le monde sauf le personnel de cantine, et pas de discussion.

Central Falls, à Rhode Island, le plus petit état des Etats-Unis, au nord du Massachussetts, une des anciennes "13 colonies" originelles, est une ville à la population dense.
En 2000 (dernier recensement), il y avait 25,9% des familles et 29% de la population qui vivaient en-dessous du seuil de pauvreté, dont 40.8% d'enfants en dessous de 18 ans et 29.3% de 65 ans et plus.
Et ça n'a pas dû s'arranger avec la crise. Peut-être bien que certains de ces enfants ont perdu leur maison, entretemps, ou que leurs parents sont au chômage, depuis. Peut-être bien qu'ils n'ont pas de confort chez eux parce qu'ils ne peuvent pas payer les factures. Et peut-être bien qu'ils ne mangent même pas à leur faim. Peut-être bien que les pauvres de Central Falls sont devenus encore plus pauvres et les riches encore plus riches, comme sur tout le reste du territoire.
Peut-être bien que les maux de l'école sont, comme ailleurs, le reflet de la société toute entière.
Et peut-être bien que les équipes éducatives n'ont aucun moyen de réparer ou compenser les dégâts causés au bulldozer par justement ceux qui applaudissent à tout rompre aujourd'hui à leurs licenciements.
Tous ces Yaka dont le but n'est pas d'instruire les enfants équitablement mais à tirer un maximum de profits de leur passage à l'école.
Tous ces donneurs de leçons qui, d'année en année, ont réduit drastiquement les aides aux écoles publiques en disant que cela coûtait trop cher à la communauté, tout en gavant les spéculateurs et le complexe militaro-industriel.
Tous ces pères - et mères - la-pudeur qui ont supprimé peu à peu les emplois rémunérateurs et délocalisé les usines tout en accusant les pauvres de manquer d'initiative, par pure fainéantise, et de vivre aux crochets de l'Etat. Comme si l'Etat ne leur distribuait pas la majorité de ses recettes (voire plus) et sans leur demander des comptes, de surcroît.
Tous ces salopards de banquiers, d'assureurs privés et autres qui pressent les indigents comme des citrons et qui les laissent crever quand ils ne donnent plus de jus.
Eh oui, ce sont ces ordures qui ont ruiné le pays et ravagé le monde entier qui se réjouissent du licenciement immédiat du personnel de toute une école, la vidant complètement jusqu'à la fin de l'année scolaire et mettant, par là-même, tous les enfants à la rue. Et ils trouvent ça bien, ces monstres immondes!
Si ces gens-là devaient être jugés aux résultats, ils devraient être les premiers à être mis sur la paille. Allez, du balai ! Tout le monde dehors, on change les chevaux! Et on en prend des honnêtes, cette fois-ci.
Parce que s'ils voulaient réellement des résultats dans les écoles, ils s'y prendraient bien autrement.
D'abord, ils supprimeraient ces tests débilitants et incohérents, qui servent uniquement à contrôler ce qui est enseigné et à limiter les connaissances des élèves pour les empêcher de réfléchir par eux-mêmes et les faire rentrer dans un moule idéologique.
Ensuite, ils donneraient les moyens nécessaires aux écoles pour que chaque enfant ait accès à l'instruction.
Or, ce sont les écoles des riches qui sont les mieux dotées, grâce aux fonds publics et aux fonds privés.
Celles des pauvres, elles, dépendent de la charité, une fois de plus, et de la bonne volonté des équipes pédagogiques pour trouver des financements. Et pour, là encore, se livrer pieds et points liés aux exigences du marché et des patrons locaux.

Les écoles publiques ont subi des réductions budgétaires drastiques. Parallèlement ont été créées les "charter schools" ou "écoles du choix" (Orwell, si tu m'entends!) qui s'appuient sur une "charte", d'où le nom – un contrat définissant des objectifs fondés sur les performances – et qui sont des établissements laïques pour le premier et le second degré d'enseignement, financés par les fonds publics, et qui ont plus d'autonomie que les écoles publiques traditionnelles (programmes, accueil, inscriptions, gestion, etc.). Là encore, les financements sont fluctuants, certaines charter schools étant bien mieux loties que d'autres.
Alors, cela veut dire quoi ? Les parents qui sont soucieux de l'éducation de leurs enfants (l'immense majorité, quoi qu'on en dise) se pressent pour les inscrire dans ces écoles. Comme il n'y a pas de place pour tous, qu'est-ce qui se passe sur le terrain ? Il y a sélection. Evidemment.
C'est "Pince-mi Pince moi sont dans un bateau".
Ou donc se retrouvent ceux qui sont le plus en difficulté, les plus démunis? Tous au même endroit, pardi !
Dans les écoles publiques traditionnelles.
Eh bien, avec un budget misérable, une discrimination évidente, des élèves en grande difficulté, non seulement scolaire mais avec tous les maux qui vont avec, Qui porte toute la responsabilité de l'échec de ces écoles ? Les équipes éducatives !
Celles qui, déjà, ont accepté de travailler dans ces ghettos créés par les applaudisseurs d'aujourd'hui, qui croulent sous les charges supplémentaires et à qui on donne le choix entre du tutorat bénévole après leurs cours (qui ne doivent pas être de tout repos, loin s'en faut) ou la porte.
Et elles seront, évidemment, remplacées par d'autres équipes sans plus de formation, mais qui travailleront comme des bêtes de somme pour un salaire bien moindre si elles veulent garder leur boulot. (voilà comment précariser les emplois et faire des salariés des moutons bêlants en rendant les syndicats impuissants).

Pendant ce temps, les banksters se répartissent allègrement les bonus et les assureurs privés se tapent sur les cuisses de liesse après la "réforme" de santé d'Obama qui va leur permettre de récupérer encore plus de fonds publics.
Quant à l'armée … besoin de faire un dessin ?
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Ven 12 Mar 2010 13:48

La misère est un marché en expansion qui semblerait assez lucratif pour intéresser des entreprises privées...

Ouest-France - 12 mar 2010

L'aide humanitaire confiée au privé ?

La reconstruction d'un pays dévasté, comme Haïti, privatisée ? Les aides publiques au développement gérées par des entreprises ? Un tel scénario se précise aux USA.

L'USAID va-t-elle disparaître ? Déjà marginalisée sous l'administration Bush, l'agence fédérale chargée des aides aux pays en développement et de l'assistance au Tiers-Monde, pourrait bien être supplantée par des entreprises privées en mesure d'assurer aussi bien les missions de maintien de l'ordre ou de la paix que la gestion des aides publiques au développement.

Des risques de dérives

Au moins deux sociétés militaires privées américaines sont désormais en mesure de proposer de tels services globaux et de gérer les budgets fédéraux américains consacrés au développement des pays étrangers (52 milliards de dollars pour 2011).

DynCorp (22 500 employés), qui a réalisé 96 % de ses 3,1 milliards de dollars de chiffre d'affaires avec le Département d'État, vient d'acheter Casals et Associés, une société spécialisée dans le développement international, la gestion de conflits et la reconstruction des infrastructures étatiques.

Casals opère dans une cinquantaine de pays où elle conseille les autorités en matière de démocratie, justice, transparence. Pour sa part, L3 Communications (66 000 employés, 15,5 milliards de chiffre d'affaires) a pris le contrôle de la firme International Resources Group. Active dans 137 pays, IRG s'occupe d'aide à la reconstruction, de développement économique et de conseil en matière de gestion des ressources naturelles.

Si « l'aide au développement devient une industrie comme les autres »,comme le reconnaît Alanna Shaikh, consultante auprès d'organisations internationales, les ONG pourraient bien être les premières à souffrir. Leur périmètre d'action et leurs moyens seraient considérablement réduits. Quant aux pays destinataires des aides, ils risquent d'être de moins en moins associés aux processus de reconstruction et de développement.

D'autres risques de dérives ne sont pas à négliger. D'une part, confier l'aide au développement à des entreprises à but lucratif signifie que la logique du profit pourrait l'emporter sur celle du développement. D'autre part, la politique étrangère américaine pourrait devenir encore plus dépendante des intérêts des multinationales qui choisiraient les secteurs à favoriser et à développer en fonction de leurs propres priorités économiques.

En clair, pour ces entreprises, reconstruire Haïti permettra de gagner de l'argent sur le court terme ; développer les provinces minières de la République Démocratique du Congo, dévastées mais riches, constituera un investissement des plus profitables.
Philippe Chapleau


Distribution de nourriture à Haïti (janvier 2010).jpg

"Merci qui ?"
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Sam 13 Mar 2010 15:47

Cela confirme ce que j'avais posté plus haut (en date du 8 mars).
Préfiguration de ce qu'on ne devrait pas tarder à connaitre en Europe pour cause de réduction budgétaire.

AFP - 11 mar 2010

Kansas City ferme la moitié de ses écoles publiques

Près de la moitié des écoles publiques de la grande ville de Kansas City (Missouri, centre des Etats-Unis) vont devoir fermer pour des raisons budgétaires, après avoir enregistré depuis des années un déclin des effectifs scolaires et une baisse de résultats.
Les écoles de la ville, souvent situées dans des quartiers pauvres et dont les élèves sont majoritairement noirs, ont vu leurs effectifs baisser de moitié au cours des 10 dernières années, les parents préférant inscrire leurs enfants dans des écoles privées ou dans d'autres académies. Les résultats scolaires ont chuté en parallèle dans la ville qui compte 480.000 habitants et se classe au 35e rang des Etats-Unis par la population.

L'administration scolaire a voté mercredi la fermeture de 26 des 59 écoles de la ville. Le recteur d'académie, John Covington, a défendu cette décision jeudi, expliquant que c'était le seul moyen de respecter un budget annuel de 50 millions de dollars.
"Les économies que nous allons réaliser seront consacrées à des programmes qui aideront (les élèves) à s'en sortir. Cela comprendra un allongement de la journée scolaire et de l'année scolaire", a-t-il expliqué à la presse.

Quelque 700 personnes, dont 268 enseignants, devraient perdre leurs postes dans le cadre de ces fermetures d'écoles, un phénomène qui se répand dans l'ensemble des Etats-Unis pour cause de difficultés budgétaires liées à la crise.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Ven 19 Mar 2010 13:40

Merci à spleenlancien pour le lien dans la shout box.
Je le mets en ligne pour qu'il ne se perde pas.

Hier, quand j'ai entendu cette info, je croyais avoir mal compris... mais non.
C'est vrai que 200 millions d'armes circulent déjà aux USA. Mais avec la libéralisation des armes à feu qui devrait être autorisée par la Cour suprême des Etats-Unis sur tout le territoire américain à partir du mois de juin, ils vont bientôt faire exploser les statistiques ! Encore plus de morts et plus détenus...

Le modèle américain: 1% de la population en prison ! Le système carceral, 2e employeur du pays !

Les Etats-Unis ne représentent que 5% de la population mondiale mais ils comptent 25% des personnes incarcérées dans le monde, avec 2 019 234 de personnes enfermées, les Etats-Unis viennent de battre leur propre record. En pourcentage, cela fait près de 1% de leur population et beaucoup plus parmi les "moins de 30 ans". Le record absolu, toujours en pourcentage, resterait toutefois, à ce jour, détenu par le Rwanda. Le Maryland, à lui tout seul, emprisonne plus de personnes que le Canada, pourtant six fois plus peuplé.

Actuellement, plus 12% des Noirs âgés de 20 à 30 ans sont en prison, ainsi qu'un jeune Blanc du même âge sur 63.

Cela commence à poser quelques problèmes économiques, un prisonnier coûtant plus de 20 000 Euros (25 000 $) par an. Certains états cherchent donc des solutions de rechange.

La liste des pays dans lesquels il est légal d'exécuter des enfants est la suivante (par ordre alphabétique) : Arabie séoudite, Congo (RDC), Iran, Nigeria, Pakistan, USA, Yemen.

Une étude fédérale du Bureau Général de la Comptabilité (General Accounting Office) mentionne que, durant les années 90, on a incarcéré deux fois plus de femmes. Ceci indique une croissance plus rapide que pour la population carcérale masculine. La plupart de ces femmes sont emprisonnées pour ce qu’on appelle des délits de drogue sans violence.

Ces détenues connaissent un taux plus élevé de maladies mentales et d’infection par le sida que la population carcérale masculine. En raison du racisme systématique, les femmes noires courent huit fois plus de risques d’être incarcérées que les blanches. Les latino-américaines présentent un taux d’incarcération plus élevé aussi, comparé à la moyenne. Et de plus en plus de détenues dénoncent les abus sexuels et les viols commis contre elles par les gardiens.

Les prisons ont peu à voir avec la «prévention du crime», mais bien avec la répression et l’exploitation. Le boom économique actuel coïncide avec la privatisation des prisons et les jeunes, principalement les afro- et les latino-américains, en sont les premières cibles. Par exemple, depuis 1991, alors que le taux des actes de violence a diminué de 20%, le nombre des personnes incarcérées a augmenté de 50%. D’après les statistiques du ministère de la Justice pour l’année 1997, la «délinquance juvénile accompagnée de violence» a diminué de 9,3%, mais la population des jeunes dans les établissements gérés par le privé a augmenté de plus de 10%.

Une étude intitulée La couleur de la justice prouve qu’au sein du système californien, les jeunes de couleur sont deux fois plus susceptibles que les jeunes blancs d’être jugés selon les mêmes règles que les adultes, ce qui les expose à des sentences beaucoup plus sévères.

Sous le capitalisme, les investisseurs et les banquiers placent leur argent dans n’importe quel secteur de l’économie, sans égard pour le côté inhumain, pourvu qu’il y ait de gros bénéfices. Le capital afflue là où le taux de profit est le plus élevé.

Ces dix dernières années, le gouvernement américain a dépensé plus d’argent à construire des prisons que des universités. Les frais annuels d’incarcération s’élèvent à 1.750 milliards de francs. Si l’on considère l’ensemble du travail fourni en prison comme celui d’une seule et même firme, l’industrie pénitentiaire constitue le second employeur du pays avec 523.000 travailleurs et n’est devancée que par la seule General Motors.

Dix-huit firmes, dont American Express, General Electric, Goldman Sachs and Company, Merrill Lynch and Smith Barney, ont investi dans l’entretien des prisons locales et privées ainsi que des centres de détention pour immigrés.

World Research Groups, une société d’investissement située à New York, a résumé le rachat des équipements pénitentiaires de cette façon: «Tant que les arrestations et les condamnations ne cessent d’augmenter, il y a des bénéfices à faire, et ce sont les bénéfices du crime. N’hésitez pas: achetez tout de suite des parts de cette industrie en pleine expansion!»

Les profits apparaissent également dans le travail carcéral. Entre 1980 et 1994, la valeur des marchandises produites par les prisonniers est passée de 20 à 55 milliards de francs. Les Corrections Corporations of America (CCA), le plus important conglomérat de prisons privées du pays, gèrent 46 institutions pénales dans onze Etats différents, y compris sept institutions pour jeunes. La valeur des actions est passée de 400 francs en 1992 à 1.500 francs en 1997.

Les multinationales n’ont plus à fermer d’usines pour aller s’installer à l’étranger: une main-d’oeuvre extrêmement bon marché est enfermée dans les prisons d’Etat. Une prison des CCA au Tennessee peut payer ses prisonniers au «salaire» maximal de 25 francs de l’heure.

En Ohio, des détenus fabriquent des pièces pour Honda à 100 francs de l’heure alors que le salaire brut moyen d’un travailleur syndiqué, chez Honda, se situe entre 1.000 et 1.500 francs de l’heure. En Oregon, des prisonniers triment pour 150 francs par jour pour n’importe quelle industrie et cet esclavage est parfaitement légal. Trans World Airlines paie des détenus 250 francs de l’heure pour enregistrer des réservations téléphoniques - c’est un tiers de ce que la firme paie à ses travailleurs normaux. Cette industrie pénitentiaire brasse des milliards.

Il y a aussi les Federal Prison Industries, Inc, une section du ministère de la Justice, qui «emploie» 21.000 détenus dans les prisons fédérales. Les détenus reçoivent entre 18 et 60 francs de l’heure pour fabriquer des composants électroniques, des meubles et des vêtements. L’an dernier, les FPI ont rapporté 2,7 milliards de francs à leur seul client, les agences fédérales.

Un projet de loi de réforme a été présenté au Congrès, le Prison Industries Reform Act, soutenu par les sociétés privées et de nombreux Républicains. S’il est adopté, il permettra aux FPI d’entrer directement en compétition en vue d’obtenir des contrats privés. Les partisans de ce projet de loi veulent attirer les industries en leur présentant une main d’oeuvre carcérale extrêmement bon marché, disponible à domicile.

L’expansion des prisons suit désormais une spirale incontrôlable. Pour tout un secteur de la classe des capitalistes, le gros enjeu est de continuer à s’enrichir grâce à l’industrie carcérale subsidiée par l’Etat.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede willio le Ven 19 Mar 2010 13:56

Outch ! :confus:

Cela commence à poser quelques problèmes économiques, un prisonnier coûtant plus de 20 000 Euros (25 000 $) par an. Certains états cherchent donc des solutions de rechange.

Je pensais que ça allait être un problème indépassable qui finirait par auto-réguler le nombre de prisonnie-re-s...mais non, je suis bête, il suffit de construire des murs de prison autour des usines.
:arrow:
Les multinationales n’ont plus à fermer d’usines pour aller s’installer à l’étranger: une main-d’oeuvre extrêmement bon marché est enfermée dans les prisons d’Etat. Une prison des CCA au Tennessee peut payer ses prisonniers au «salaire» maximal de 25 francs de l’heure.



J'y avait jamais songé mais c'est vrai qu'enfermer le maximum de monde possible ça coute cher au début, mais après ça peut rapporter gros. Déjà que quand on est "libre" on se sent un peu en prison, là c'est l'asservissement total.
Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Et bien ! vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Dim 21 Mar 2010 15:53

Echanges et mouvements - 19 mars 2010

Crise en Californie
Tout ce que touche le capitalisme devient toxique
(1)

« Je serais très content si vous pouviez me trouver quoi que ce soit de bon (substantiel) relatif aux conditions économiques en Californie …. Pour moi, la Californie est très importante car nulle part ailleurs, le bouleversement dû à la concentration capitaliste ne s’est installé à une telle vitesse et de façon aussi cynique. »
Lettre de Karl Marx à Friedrich Sorge, 1880

La concentration capitaliste qu’observait Marx en 1880 s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui avec une telle rapidité que les conditions économiques en Californie ont mûri au point d’en être devenues toxiques. Tandis qu’il pollue autant l’environnement rural que l’espace urbanisé, le capital a atteint un niveau de productivité et une capacité à accroître la production de marchandises encore jamais imaginés. Cette surcapacité est en contradiction flagrante avec son incapacité croissante à satisfaire les besoins humains ; l’incapacité du capital à accumuler de la valeur rend superflus des secteurs entiers de la classe ouvrière. C’est dans la vallée centrale de Californie que ces conditions sont devenues les plus dangereuses ; des maisons inoccupées côtoient la misère sordide des nouveaux sans-abris qui se réfugient dans des villages de tentes (Tent Cities) (2) et des bidonvilles déjà surpeuplés et qui prolifèrent. Ce bouleversement révèle les mystifications du capitalisme et en montre sa réalité, comme on le voit avec les chiffres du tableau suivant pour l’ensemble des Etats-Unis :

Les saisies aux Etats-Unis

Nouvelles expulsions : 6 600 par jour Une expulsion toutes les 13 secondes (3)
Nombre de logements inoccupés : 19 000 000 (4)
Nombre de personnes sans logement : 3 500 000 (y compris 1 350 000 enfants) (5)
Ainsi le calcul est simple : Il y a au moins cinq logement vides par personne sans domicile !

Les Etats-Unis, un bidonville

Ces relations sociales toxiques ont montré leur totale irrationalité en mai 2009, quand les banques ont détruit au bulldozer les toutes nouvelles maisons McMansion (6) invendues, situées dans des « exurbs » (7) du Sud de la Californie. Dans tous les Etats-Unis, les gens envoyés dans les foyers n’y trouvent plus de place, car ces abris sont déjà remplis au-delà de leur capacité ; à Sacramento, capitale de Californie, le foyer de St. John, destiné aux femmes et aux enfants, tourne avec 350 personnes par nuit (8). Sacramento est devenue mondialement connue, quand sa « Tent City » a fait le tour du monde des médias. Lorsque le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, et le maire de Sacramento prirent la décision d’expulser « Tent City », le magistrat justifia cette opération en affirmant : « Ils ne peuvent pas rester ici, cette terre est toxique (9). » Bien que les Tent Cities existent partout aux Etats-Unis, c’est en Californie qu’il en est apparu le plus.

La vallée centrale de Californie : au cœur de la région toxique, le long de l’autoroute 99

« Ainsi, malgré toutes les vantardises sur l’industrie principale de cet Etat [l’agriculture], les milliards de dollars qu’elle apporte à l’économie et les miracles qu’elle a accompli dans la production et l’innovation technique, l’agriculture de Californie est en train de disparaître, car la valeur croissante de son sol provient des ventes de terrains constructibles ou de l’immobilier plus que du coton, du bétail ou des amandes. » Gray Brechin,Farewell, Promised Land (10)

Voyage toxique

La Vallée centrale de Californie s’étend sur 720 km de long et 80 km de large. Elle est située entre les montagnes de la Sierra Nevada et de Coast Range. Les deux principaux cours d’eau sont les fleuves Sacramento et San Joaquin, traversant l’un le nord et l’autre le sud et donnant leur nom aux deux parties de la vallée ; ils se rejoignent en un immense delta qui se jette dans la baie de San Francisco. C’est la région agricole la plus productive du monde. C’est aussi la région où, depuis les années 1970, un des sols les plus fertiles de la planète a été recouvert par le développement de zones pavillonnaires et de lotissements néo-ruraux. La vallée connaît probablement le taux de saisies de maisons le plus élevé du monde ; certains endroits ont enregistré les plus bas salaires de l’histoire des Etats-Unis et les taux de chômage les plus élevés. L’air de la ville d’Arvin, dans l’extrême sud de la Vallée, est le plus pollué des Etats-Unis (14).

L’autoroute 99 parcourt du nord au sud le cœur de la vallée. Sacramento est la plaque tournante entre les moitiés nord et sud de la Vallée. Elle est entourée d’une banlieue tentaculaire qui a remplacé la terre agricole. Quand on voyage le long de cette autoroute, c’est une longue suite de constructions : galeries marchandes ; concessionnaires automobiles ; boutiques vendant du matériel de construction, des tracteurs, des bulldozers, des tractopelles... ; marchands de bateaux de plaisance ; interminables rangées de caravanes ; emplacements de bureaux ; panneaux ; et ponts enjambant des rivières et certaines parties du delta. La grande ville suivante est Stockton, un port en eau profonde qui relie les principales rivières au delta, à la baie, et au commerce transPacifique ; c’est un port important. Elle a été récemment qualifiée du titre peu glorieux de « ville la plus misérable des Etats-Unis » par le magazine Forbes.

En continuant vers le sud, c’est encore et toujours cette même culture américaine de la consommation : des galeries avec des parkings immenses ; des églises et même un immense lycée chrétien dans la ville de Ripon ; des voies de chemin de fer et des gares de triage le long de l’autoroute 99 ; d’immenses silos à grains et des constructions pour acheminer les produits agricoles, la plupart abandonnés.

Modesto, la grande ville suivante, est connue pour être la première ville des Etats-Unis pour le vol des voitures et la cinquième dans la liste des villes les plus pauvres, établie par Forbes. Elle est entourée de terrains fertiles qui furent construits pendant le boom immobilier pour fournir de nouveaux logements à des banlieusards venant d’aussi loin que Sacramento ou Fresno, et même à des gens prêts à faire plus de deux heures de voiture pour aller dans la Baie de San Francisco et autant pour en revenir.

Merced est la deuxième dans la liste des villes des Etats-Unis connaissant les plus forts taux de chômage, avec 20,4 % (15). On y voit, le long de l’autoroute 99, les mêmes chaînes de magasins que partout ailleurs aux Etats-Unis. Et, juste à côté, l’agriculture industrielle : des champs, des vergers, des hangars à bétail le long de l’autoroute ainsi que des marchands de machines agricoles, de tracteurs, et de fourgons à bestiaux. Un grand nombre de canaux d’irrigation amènent l’eau du Nord humide vers le Sud très sec de la Vallée. Beaucoup de ces infrastructures industrielles sont en train de rouiller et sont abandonnées, il y a beaucoup d’usines avec d’énormes panneaux « A vendre ».

Puis voici Fresno, la cinquième ville de Californie avec 500 000 habitants. C’est la plaque tournante de la partie sud de la vallée et elle semble toujours baigner dans un brouillard brunâtre, surtout pendant les mois d’été où la chaleur est étouffante. C’est la « capitale de l’asthme de la Californie », cette affection touchant un enfant sur trois (16). C’est aussi le comté agricole le plus productif et le plus rentable de tous les Etats-Unis.

Il y avait là aussi, en ville, trois grandes « Tent Cities » (17) ainsi que d’autres campements plus petits. La première « Tent City », située sur un terrain de la société ferroviaire Union Pacific, fut expulsée en juillet 2009. Ce lieu était littéralement toxique : on y a découvert des eaux de vidange suintant par des trous dans le sol au cours de l’été 2008, car il avait sans doute servi pour réparer des voitures. Une autre fut surnommée « New Jack City » après la sortie du film dans les années 1990 (18) sur les gangs de la drogue, car deux meurtres y avaient déjà été commis. La troisième comptait beaucoup d’abris fabriqués avec du bois de récupération. On l’appelle aussi « Taco Flats » ou « Little Tijuana », car la plupart des occupants sont des Latinos qui viennent là pour chercher du travail dans l’agriculture. La sécheresse, qui a duré trois ans, a entraîné une forte diminution des surfaces cultivées et a donc réduit l’offre de travail.

La mécanisation de plus en plus poussée de l’agriculture et l’utilisation des OGM permettent d’augmenter les rendements en utilisant moins de travailleurs. Le travail agricole a toujours été saisonnier et instable. En général, 92 % des travailleurs agricoles sont des migrants ; cela remonte à la ruée vers l’or de 1849. A cette époque des travailleurs chinois, les coolies, étaient amenés aux Etats-Unis pour la construction des voies de chemin de fer. Une fois que le transcontinental fut terminé, en 1869, beaucoup d’entre eux furent employés dans les mines jusqu’à ce que le racisme et la diminution des rendements les fassent partir. Certains travaillèrent dans les champs jusqu’à ce que les pogroms anti-chinois, qui commencèrent vers la fin des années 1870, les chassent vers les villes (19).

Les fermiers se tournèrent alors vers les immigrés japonais, sikhs, philippins, arméniens, italiens et portugais ; plus tard ils employèrent des « Okies » et « Arkies » (on appelait ainsi des Blancs nés aux Etats-Unis, anciens fermiers ou métayers venant d’Oklahoma et d’Arkansas, et même du Missouri et du Texas), réfugiés du Dust Bowl (20) pendant la Grande Dépression. Des Mexicains furent amenés avec le programme Bracero en 1942 et ils forment la majorité des travailleurs d’aujourd’hui, avec les immigrés d’Amérique centrale.

One Big Union

C’est à Fresno que s’est déroulée la lutte victorieuse des IWW (autrement appelés wobblies) (21) pour la liberté de parole, qui a duré six mois en 1910-1911. Plusieurs centaines de wobblies et travailleurs migrants vinrent de toute la côte ouest pour soutenir la revendication du droit à se réunir dans la rue et à prendre la parole du haut de leurs « soapbox » (boîte à savon sur laquelle se juchaient les orateurs IWW).

A cette époque, Fresno se qualifiait elle-même de « capitale mondiale du raisin » et à la fin de chaque été, 5 000 travailleurs japonais et 3 000 hobos (22) y arrivaient pour les vendanges. Un peu comme dans les « Tent Cities » d’aujourd’hui, les travailleurs campaient en ville et cherchaient à s’embaucher au « marché aux esclaves ». Les Japonais étaient souvent très unis et prêts à faire grève pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions [de travail et de logement]. Sachant que les IWW essayaient d’organiser les travailleurs quelles que soient leur race, nationalité ou origine ethnique, les élites locales étaient terrifiées à l’idée que les Japonais puissent rejoindre les Wobblies. Pour empêcher la liberté de parole, il y avait un harcèlement violent et des arrestations en masse d’orateurs de « soapboxes » des IWW, souvent avec l’aide de milices.

Au tribunal, les Wobblies saisissaient toutes les occasions pour s’exprimer le plus possible dans les procès politiques, pour faire de la propagande pour la lutte de classe. Leur lutte pour la liberté de parole fut victorieuse et conduisit les responsables politiques de Fresno et les propriétaires terriens à se montrer plus tolérants envers les tentatives de l’AFL, le syndicat conservateur, pour organiser les ouvriers agricoles.

La plus grande bagarre avec l’IWW eut lieu en 1913, dans la vallée de Sacramento, dans la région de culture du houblon. Le Durst Ranch, à Wheatland, publia dans tous les journaux de Californie une offre d’embauche de 2 700 ouvriers, alors qu’il n’en avait besoin que de 1 500. Il voulait ainsi créer un surplus de main-d’œuvre pour baisser les salaires. 2 800 ouvriers de 27 origines ethniques différentes, parlant 24 langues, se présentèrent. Il faisait extrêmement chaud, il n’y avait pas d’eau potable et il y avait seulement neuf toilettes extérieures. Les gens devaient dormir dehors s’ils ne voulaient pas payer une tente à Durst ; sans eau potable, la seule possibilité était d’acheter 5 cents une limonade au cousin de Durst. Les boutiques de la ville n’avaient pas le droit de vendre sur l’exploitation, obligeant les gens à acheter à la propre boutique de Durst. Comme il n’y avait ni ramassage des ordures, ni aucune hygiène, beaucoup de gens tombaient malades. Durst retenait 10 % sur la paye jusqu’à la fin de la récolte, espérant que ces conditions dégueulasses entraîneraient beaucoup de départs sans que les gens touchent leur salaire complet.

Environ une centaine d’hommes avaient l’expérience des IWW ; ils convoquèrent rapidement un meeting qui mit davantage l’accent sur les mauvaises conditions de vie que sur les salaires. Lorsque 2 000 personnes se rassemblèrent pour écouter les organisateurs IWW, le meeting fut dispersé par le shérif. Dans l’émeute qui suivit. quatre personnes furent tuées, deux ouvriers et deux hommes du shérif. La plupart des ouvriers quittèrent Durst Ranch et se dispersèrent. Une chasse aux sorcières fut engagée contre les Wobblies, accusés d’inciter à l’émeute, et on terrorisa les militants dans toute la Californie. Une enquête de l’Etat sur les conditions misérables du ranch eut pour conséquence de nouvelles lois imposant des améliorations des conditions de vie des ouvriers agricoles.

Le mouvement mené par Cesar Chavez à Delano, en 1965, pour organiser les ouvriers agricoles, donna naissance à l’UFW (United Farm Workers) et montra que cinquante ans après, les conditions des ouvriers de la Vallée n’avaient pas changé. Le maintien d’une « armée de réserve » utilisait le racisme pour entretenir division et faiblesse chez les ouvriers, entraînait des salaires faibles et les conditions des années 1960 n’étaient pas très différentes de celles qui avaient provoqué la révolte de Wheatland en 1913. Et elles sont presque les mêmes aujourd’hui.

La bulle immobilière dans les « exurbs »

L’emploi agricole a toujours été saisonnier, donc la croissance de la construction immobilière dans la Vallée centrale depuis trente ans a permis aux ouvriers d’avoir une maison en dur. Le boom immobilier suivit de près la bulle Internet de 2001, les besoins en main-d’œuvre augmentèrent, jusqu’à ce que la bulle immobilière éclate à son tour en 2007. En même temps que la diminution de l’emploi dans la construction, la sécheresse, la poursuite de la mécanisation et de la concentration dans l’agriculture ont entraîné encore plus de chômage. Il y a tout simplement moins de fermes, chacune étant plus grande et plus productive. Ce processus de concentration capitaliste croissante, dans une région qui était déjà la première des Etats-Unis pour l’industrialisation de l’agriculture,renforce le processus de remplacement des gens par des machines, de travail vivant par du « travail mort ».

Pour améliorer la production agricole sur une telle échelle, il fallait construire un vaste réseau d’acheminement et de stockage de l’eau, ce qui fut fait en deux étapes. Avant le projet de 1937 du gouvernement fédéral pour la Vallée centrale, il n’y avait pas assez d’eau dans la vallée San Joaquin pour faire pousser des légumes, des fruits ou des amandes. Il fallait construire tout un système d’irrigation : des canaux, des barrages, des réservoirs et des pompes pour amener l’eau depuis le niveau de la mer jusqu’à 150 mètres d’altitude dans le sud aride. En 1961, le State Water Project étendit ce système pour amener l’eau encore plus au sud, au delà de la Vallée, en Californie du Sud, créant ainsi le plus grand réseau d’irrigation du monde.

Le développement de la Californie a toujours été fondé sur l’idéologie d’une croissance sans fin et de la valeur immobilière du sol. Dès le début des années 1980, des lois dérégulèrent la distribution de l’eau ; les technocrates des compagnies des eaux furent moins liés à l’agriculture et davantage aux promoteurs. Les électeurs des banlieues approuvèrent des lois autorisant un développement encore plus tentaculaire. La demande d’adductions d’eau plus étendues créa les conditions pour de futures périodes de sécheresse. L’urbanisation de cette terre fertile, avec la création de villes nouvelles et de banlieues, modifia l’utilisation de l’eau : moins pour l’agriculture et plus pour les nouvelles constructions. Le développement de centres aussi éloignés que Orange County au Sud de la Californie, Las Vegas dans le Nevada et Phoenix en Arizona (à plus de 1 000 km, dans la Sunbelt à la croissance rapide) fut ainsi rendu possible. Cette eau, échappant aux obligations de l’agriculture de la Vallée, contribuait à entretenir le gigantesque boom immobilier dans tout l’ouest des Etats-Unis.

Travail toxique

La Vallée a été cultivée intensivement après la découverte de l’or en 1848 ; le capitalisme surgit apparemment de nulle part. C’est encore grâce à l’or de Californie que l’économie mondiale se rétablit à l’époque de la révolution en Europe et que l’urbanisation industrielle se développa à travers tout le continent nord-américain. L’accumulation capitaliste autour de la baie de San Francisco fut l’une des plus dynamiques de la fin du xixe siècle. Le développement ultérieur de la Californie reposa sur « l’or vert et noir » (23), agriculture intensive et pétrole. Dès le début du xxe siècle plusieurs comtés de Californie figurèrent en tête pour la production américaine dans ces deux domaines.

Ce processus économique et social, décrit par Marx comme le passage de la domination formelle à la domination réelle du capital sur le travail (24), créa des secteurs agricoles hautement productifs, qui bénéficièrent de moyens de transport plus modernes pour vendre leurs produits sur le marché mondial. Ces transformations jetèrent les producteurs les plus faibles dans la crise et amenèrent des millions de paysans d’Europe à quitter les campagnes, et pour beaucoup d’entre eux à émigrer vers d’autres pays comme les Etats-Unis. Plus dramatique encore, ce processus entraîna la baisse du prix des produits alimentaires, donc la baisse du coût de la force de travail ; dans certains cas le niveau de vie de la classe ouvrière a augmenté bien que les salaires aient baissé (19). Le roman de Frank Norris, The Octopus : A California Story (1901), est une vivante peinture des débuts de cette prolétarisation de la force de travail dans l’agriculture dans la Vallée centrale dans les années 1880. Une génération plus tard, John Steinbeck, dans son roman Les Raisins de la colère, complète, à travers l’histoire de de la famille Joad, la description de ce processus de prolétarisation des fermiers d’Oklahoma chassés de la campagne par « le Dust Bowl », venus se réfugier dans la Vallée centrale et y cherchant désespérément du travail pendant la Grande Dépression.

Ces conditions sont les mêmes aujourd’hui pour toute une armée de travailleurs agricoles latinos, parcourant la Californie à la recherche d’un dur travail mal payé, dans une grande précarité, avec cette différence importante que l’exposition aux produits chimiques toxiques est plus grave. Comme les fermes et les ranchs sont de plus en plus concentrés et centralisés, ils se sont orientés vers une production moins diversifiée et plus lucrative, de cultures de rapport et d’élevage. Entre 1996 et 2006 la production laitière a augmenté de 72 % et celle d’amandes de 127 % (25).

Il est stupéfiant de voir que 80 % de la production mondiale d’amandes provient des 250 000 hectares d’amandiers de la Vallée centrale. Mais cette forme de monoculture a des effets toxiques : les abeilles sont nécessaires pour polliniser les amandiers, mais elles ne sont tout simplement pas assez nombreuses dans la Vallée. Plus de 40 milliards d’abeilles sont amenées en février pour les trois semaines de floraison des amandiers. Certaines arrivent par camions, d’aussi loin que la Nouvelle Angleterre et d’autres, par avion, d’encore plus loin, notamment d’Australie. En route, les abeilles sont nourries avec une nourriture bon marché pour insectes : « Sirop de maïs riche en fructose et pollen importé de Chine (27). » Ce mode de vie empoisonné où les abeilles sont prostituées pour de l’argent est peut-être la cause du Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles [il s’agit du phénomène appelé CCD, pour l’expression anglaise « Colony Collapse Disorder », ou « syndrome de disparition des abeilles » ou encore « Fall-Dwindle Disease » (maladie du déclin automnal des abeilles) ; ce phénomène épidémique d’ampleur mondiale touche les abeilles domestiques et peut-être sauvages, et par contre-coup la production apicole. Il reste inexpliqué.] : 80 % des abeilles ont quitté leurs ruches et ne sont jamais revenues. Comme les abeilles pollinisent environ les deux tiers des plantes qui ensuite se retrouvent dans la nourriture, cela pourrait se montrer désastreux.

Au fur et à mesure que l’agriculture devient plus mécanisée et automatisée, elle met de plus en plus de gens au chômage. Avec l’effondrement presque total de la construction immobilière, le taux officiel de chômage dans la vallée de San Joaquin est de 15,4 %, ce qui ne prend pas en compte ceux qui sont sous-employés ou ceux qui ont quitté leur travail pour en chercher un autre. Le taux actuel est probablement le double ; le comté qui enregistre le taux officiel le plus élevé celui de Colusa, dans la vallée de Sacramento : 26,7 % (28). La « capitale du chômage » de Californie est Mendota, une ville située à 50 km à l’ouest de Fresno et comptant un peu moins de 10 000 habitants, Latinos à 95 %. Les anciens ouvriers agricoles forment presque 41 % des chômeurs. Mendota prétend être la « capitale mondiale du cantaloup » (variété de melon), mais c’est une plante qui a besoin d’irrigation et la sécheresse a empêché de la planter. En ville l’alcoolisme est chronique et les structures sociales se sont effondrées ; le seul travail possible se trouve à la prison fédérale de Mendota, située pas très loin, dont la construction n’est achevée qu’à 40 % à cause de problèmes de budget. Il manque 115 millions de dollars pour la terminer, aussi les 49,9 millions de dollars promis par Obama donneraient-ils un coup de fouet… son achèvement permettra de créer 350 emplois. Mais si l’effondrement social continue, les habitants de Mendota devront soit être embauchés comme gardiens de prison soit se retrouver derrière les barreaux. Les prisons sont une industrie florissante en Californie, où un prisonnier sur six est condamné à vie.

Automédication toxique

Les Tent Cities de Fresno sont confrontées à une toxicomanie élevée, surtout de la methamphétamine (appelée couramment « meth »ou « crystal meth »). Les personnels de santé ont déclaré que l’usage de cette drogue psychostimulante et créant une forte dépendance a atteint des proportions « épidémiques », donnant à Fresno l’appellation de « capitale mondiale de la meth ».

C’est dans la vallée que la fabrication de cette drogue moderne a pris son essor lorsqu’elle est devenue illégale [dans les années 1960] : elle fut alors fabriquée ici et distribuée par des gangs de motards comme les Hell’s Angels. Les réseaux de motards de la drogue ont été démantelés par la police au début des années 1990, mais ils ont été remplacés par des réseaux de drogue mexicains utilisant des moyens plus rationalisés de production et de distribution.

La vallée autour de Fresno est le centre de la production de meth, non seulement en raison de ceux qui la contrôlent sur une grande échelle, mais aussi en raison de dizaines de milliers de petits producteurs, qui utilisent tous des installations rurales pour leurs labos clandestins évitant ainsi leur détection. Les produits chimiques utilisés pour fabriquer la meth ne sont pas seulement hautement toxiques, mais aussi très inflammables. Beaucoup de labos fabriquant de la meth ont explosé à cause de ça, tuant les fabricants et incendiant tous les bâtiments alentour. Pour chaque kilo de meth produit, il y a cinq à sept kilos de déchets. Ces déchets toxiques sont souvent enfouis dans des zones rurales éloignées, comme les réserves ou les forêts des collines entourant la Vallée.

Bakersfield et les déchets toxiques de l’extrême sud de la vallée

On a découvert du pétrole dans la partie sud de la Vallée, dans le comté de Kern, en 1899. Ses gisements de pétrole en ont fait un des comtés des plus rentables des Etats-Unis ; la ville de Bakersfield est appelée « capitale du pétrole de Californie ». Les raffineries ajoutent à la pollution de l’air, rejetant des substances chimiques comme de l’acide fluorhydrique. Bakersfield tfigure en tête du classement des villes les plus polluées des Etats-Unis, au vu de la quantité de particules (29). Le magazine Women’s Health a classé Bakersfield comme la ville des Etats-Unis la plus malsaine pour les femmes (30).

L’extrême sud de la vallée était un désert jusqu’à ce que les projets d’adduction d’eau rendent possible l’irrigation. Le sol contient du sel et des métaux alcalins (alcalis) venant d’anciens fonds marins ; ceux-ci sont lessivés par l’irrigation et se mélangent avec les produits chimiques de l’agriculture, produisant une eau toxique. Il avait été décidé de faire un drainage énorme le long du centre de la Vallée pour pomper cette eau polluée et la rejeter dans la Baie de San Francisco. Mais ce projet ne fut jamais réalisé à cause des protestations des défenseurs de l’environnement.

Il y eut un seul drainage, à San Luis, à une faible distance de la Réserve nationale pour les oiseaux migrateurs de Kesterton. Les étangs alimentés avec cette eau inondèrent les marais et les terres près de Los Banos. Les oiseaux commencèrent à mourir en grand nombre, les petits naissaient avec de graves malformations et le bétail qui pâturait alentour tomba malade. La cause en était le sélénium, un élément naturel dont on trouve fréquemment la trace dans le sol du désert ; il était lessivé par l’irrigation et entraîné par les eaux du drainage. La solution à court terme consista à drainer les étangs, à les recouvrir de terre, et à fermer la réserve de faune sauvage (31).

L’usage intensif de la chimie en agriculture permet des rendements supérieurs sur moins d’hectares, mais l’agrobusiness intensifie le processus d’épuisement du sol, ce qui entraînera probablement la désertification, une salinité accrue et la contamination par des résidus toxiques. Le processus d’accumulation devient aveugle aux résidus toxiques de l’utilisation des insecticides, fongicides, herbicides et engrais provenant du pétrole. Le drainage dans ces projets d’irrigation intensive pollue l’eau du sol avec toutes ces toxines, mais cela lessive aussi les métaux toxiques comme le plomb et le sélénium contenus dans les sels du sol.

Il en résulte des maladies car ces produits chimiques contiennent des éléments cancérigènes, d’autres qui produisent des malformations et des mutagènes qui produisent des mutations génétiques. En 1988, le syndicat UFW (United Farm Workers) demanda que cinq pesticides toxiques utilisés par les viticulteurs (dinoseb, bromure de méthyle, parathion, phosdrine et captan) soient interdits.

Les produits chimiques utilisés dans les pesticides et pour d’autres usages agricoles sont rarement testés correctement et les effets de leurs combinaisons sur le corps humain ne sont pratiquement jamais étudiés. En 1996, une étude fédérale a découvert que la combinaison de certains produits chimiques accélérait la production d’oestrogènes par le corps humain, une hormone qui entraîne des cancers du sein et le dysfonctionnement des organes sexuels masculins. Les hommes travaillant dans des usines de pesticides près de Stockton sont devenus stériles après avoir été exposés à ces produits (32).

Les habitations toxiques

Le boom de la construction a été entretenu par la création de CDO (Collateralized debt obligations) (33) lancés par le marketing agressif des subprimes et d’autres prêts hypothécaires risqués, qui devinrent des « actifs toxiques » quand la bulle éclata et que le marché se trouva rapidement atteint par les saisies immobilières et l’effondrement des prix. Un actif toxique est un concept abstrait qui touche surtout les investisseurs qui y sont exposés, mais le boom immobilier fit construire des centaines de milliers de maisons qui étaient littéralement toxiques. La simultanéité du boom immobilier national et de la reconstruction de la Nouvelle-Orléans après le passage des typhons Katrina et Rita en 2005, créa une demande massive en cloisons sèches (drywall : sorte de Placoplâtre).

C’est ainsi que les constructeurs importèrent de Chine 250 millions de kilos de cloisons sèches qui furent utilisées en partie pour la construction des maisons dans la Vallée centrale. Ces cloisons sèches chinoises dégagent du disulfure de carbone et de l’acide sulfocarbonique, provoquant la corrosion des tuyaux en cuivre, des fils électriques et des installations. Les gens ont souffert de saignements de nez, d’eczémas et les enfants ont attrapé des infections des oreilles et des voies respiratoires supérieures (34). Voilà la parfaite métaphore qui qualifie les conditions économiques que crée sans vergogne la concentration capitaliste et dans lesquelles la classe ouvrière des Etats-Unis doit vivre et travailler durement : toxique !

Une image de notre propre avenir ?

La concentration capitaliste a continué sans répit en Californie depuis l’allusion de Marx, et elle s’est même accélérée, laissant dans son sillage un pays dévasté et empoisonné, des écosystèmes contaminés et des vies intoxiquées, car le capitalisme contamine tout ce qu’il touche jusque dans les relations humaines et sociales.

Dans son roman The Octopus, Frank Norris appelle « véritable esprit de la Californie » une attitude qu’il fait remonter à la ruée vers l’or et qui est toujours vivante :

« Ils n’avaient aucun amour pour leur terre. Ils n’avaient aucun attachement pour le sol, ils travaillaient leurs fermes comme ils avaient travaillé dans les mines un quart de siècle auparavant. Pour gérer les ressources de cette merveilleuse vallée de San Joaquin, ils la considéraient de façon mesquine, avare, hébraïque. Tirer le maximum de la terre, la pressuriser, l’épuiser, semblait être leur politique. Si, à la fin, la terre s’épuisait, refusait de produire, ils investiraient leur argent ailleurs ; d’ici là, ils auraient tous fait fortune. Ils s’en fichaient : « Après nous le déluge (27). »

Marx affirmait que nous observons « les phénomènes qui se produisent dans leur forme la plus typique » et de son temps cela signifiait « production et échange » et conditions des « travailleurs de l’industrie et de l’agriculture » en Angleterre (ceci pour répondre à ceux qui disent que « les chose ne vont pas si mal »là où ils vivent). Les conditions toxiques de la Vallée centrale de Californie affectent les vies humaines autant que la santé de tout l’écosystème. Si le développement capitaliste ne rencontre pas d’obstacle, tout ce qui précède nous montre comment la crise de suraccumulation du capital entraîne la dépossession de la classe ouvrière et la pollution de la planète. Comme Marx le prévoyait :

« Le pays le plus développé industriellement ne fait que montrer à ceux qui le suivent sur l’échelle industrielle l’image de leur propre avenir. »
De te fabula narratur ! (c’est de toi qu’il s’agit dans cette histoire) Horace (36) »


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

NOTES

(1) Le mot « toxic » a été traduit par toxique, il n’a pas de sens moral, mais est utilisé en référence aux actions « toxiques » des banques, dès le début de la crise. (NdT.)

(2) Voir « Tranche de vie à Tent City », sur le campement d’Ontario en Californie, article mis en ligne le 22 mars 2008 sur le site de l’En-dehors. (NdT.)

(3) Source : « Center for Tresponsable Lending », « Foreclosures »,

(4) Fin 2008. Source : agence Bloomberg, 3 février 2009.

(5) Source : 2007 Annual Report du National Law Center on Homeless and Poverty

(6) Ce terme péjoratif désigne aux Etats-Unis les maisons d’habitation prétentieuses singeant les vieilles demeures, mais de construction récente et utilisant des matériaux modernes. Voir housing-market-colla

(7) « Exurban sprawl » : littéralement « étalement suburbain », désigne l’extension des zones résidentielles de faible densité qui grignotent l’espace rural, au-delà des villes et de leurs banlieues, provoquant des conséquences écologiques négatives à grande échelle tels que la « protection » de terre entendue comme la préservation de ressources naturelles et de la biodiversité. Ces zones incluent les aires commerciales le long des routes,à la périphérie des villes et des banlieues. Pour plus d’information : ecologyandsociety.org

(8) Wall Street Journal, 11 août 2009, p. A3.

(9) Voir les comptes rendus de la rencontre avec « Governator » et le maire à Tent City et d’une visite de solidarité pour aider à construire des toilettes.

(10) Gray Brechin, Farewell, Promised Land : Waking from California Dream, Berkeley, University of California Press, 1999, p. 77.

(11) Source : http://realestate.yahoo.com/Foreclosures

(12) Source : http://www.frej.net/news/news/2009-...

(13) Source : http://www.ers.usda.gov/StateFacts/...

(14) Source : « Central Valley town owns nation’s dirtiest air »,

(15) Source : http://personalmoneystore.com/money...

(16) http://www. fresnobee.com/868/story...

(17)http://www.nytimes. com/2009/03/26/...

(18) New Jack City, film américain de Mario Van Peebles (1991), met en scène deux policiers, l’un d’origine africaine, l’autre d’origine italienne, ayant souffert de la drogue pendant leur enfance, et qui se jurent de démanteler le réseau du chef de gang Nino Brown, qui règne sur Harlem. (NdT.)

(19) Un résultat du mouvement anti-chinois, souvent mené par des groupes ouvriers autour du slogan « les Chinois doivent partir », fut le Chinese Exclusion Act de 1882, qui bloqua l’immigration jusqu’en 1943.

(20) On appelle Dust Bowl (littéralement bol, ou bassin, de poussière) une série de tempêtes de poussière, véritable catastrophe écologique qui a touché la région des grandes plaines aux Etats-Unis et au Canada, entre 1934 et 1940. La sécheresse et de terribles tempêtes de poussière, qui pouvaient durer plusieurs jours. 3 millions de personnes,surtout des familles de fermiers de l’Oklahoma (Okies)et de l’Arkansas (Arkies), émigrèrent vers la Californie. John Steinbeck décrit cette période dans son roman Les Raisins de la colère. (NdT.)

(21) Les Industrial Workers of the World (litt. « Ouvriers industriels du monde ») sont nés en 1905 à Chicago. Après l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917, ce syndicat garda des positions antimilitaristes qui lui valurent d’être la cible des « patriotes », puis il fut brisé par une série de procès judiciaires et les attaques répétées des milices patronales, de la police et de l’armée.Il cessa de compter dans le mouvement ouvrier américain au début des années 1920. Les IWW organisaient les ouvriers au niveau de l’industrie et non par métiers comme il était d’usage aux Etats-Unis ; ils ne se substituaient pas aux travailleurs mais renforçaient leur autonomie, et refusaient toutes négociations avec le patronat. Ses militants appartenaient aux basses couches de la classe ouvrière : travailleurs migrants, saisonniers et non qualifiés de toutes sortes, que le principal syndicat de l’époque, l’American Federation of Labor (Fédération américaine du travail), fondée en 1886, ignorait au profit de l’organisation des seuls travailleurs qualifiés.

Voir, sur les IWW : Larry Portis, IWW. Le Syndicalisme révolutionnaire aux Etats-Unis, éd. Spartacus, réédité en 2003, et Franklin Rosemont, Joe Hill : les IWW et la création d’une contre-culture ouvrière révolutionnaire, Editions CNT-Région parisienne [on peut consulter Joe Hill. Les IWW et la création d’une contre-culture ouvrière, note de lecture de Loren Goldner. (NdT.)

(22) Hobo : travailleur itinérant, jeté sur les routes par la révolution industrielle et le capitalisme sauvage de la fin du XIXe siècle, le hobo constituait une réserve de main-d’œuvre mobilisable n’importe où dans le pays. Son mode de transport privilégié était le voyage clandestin en train de marchandises. Travailleur généralement sans qualification, souvent doté d’une conscience politique et d’un bagage culturel, le hobo était emblématique de l’IWW. Voir en français un ouvrage sociologique écrit par un ancien hobo : Nels Anderson, Le Hobo. Sociologie du sans-abri, éd. Nathan, 1993 ; et l’autobiographie d’une femme hobo : Boxcar Bertha, éd. L’Insomniaque, 1994. (NdT.)

(23) Edward W.Soja, Postmodern Geographies : The Reassertion of Space in Critical Social Theory, Londres, Verso, 1990. P. 191

(24) On trouve une définition cohérente sur le site de Perspectives Internationalistes le 11 août 2009.

(27) http:// http://www.michaelpollan.com/artic...

(28)http:// http://www.centralvalleybusinessti...

(29) D’après une étude de la American Lung Associated sur les villes les plus polluées, publiée le 29 avril 2009.

(30) http://www. womenshealthmag.com/fil..., 26 décembre 2008.

(31) C’est en 1968 que fut créé le drainage de 134 km de long de San Luis ; le réservoir consistant en douze étangs d’évaporationà l’intérieur de la réserve naturelle de Kesterson, fut achevé en 1971. Le sélénium s’accumula peu à peu, et c’est à partir de 1981 que furent constatées la disparition des espèces sauvages de poissons et d’oiseaux et les malformations et l’empoisonnement du bétail. Les concentrations de sélénium constatées à Kesterton étaient supérieures à 1 400 microgrammes par litre. Le seuil de toxicité du sélénium est estimé à 0,5 mg.ou 0,7 mg/jour.

Ce n’est qu’en 1987 que le résevoir fut déclaré zone toxique. (NdT.)

(32) Gray Brechin : Farewell, Promised Land…, op. cit., p. 168

(33) CDO : produit financier assis sur l’endettement des particuliers, surtout dans l’immobilier. (pour collateralized debt obligation, en français, « obligation adossée à des actifs »). (NdT.)

(34) Wall Street Journal, 6 août 2009. p. D1, D4 – et New York Times, 7 octobre 2009

(35) Frank Norris, The Octopus : A Story of California, 1901, rééd. New York : Penguin Books, 1986, p. 298.

(36) Karl Marx, Le Capital : une critique de l’économie politique, Livre premier, préface de la première édition allemande.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Lepauvre le Dim 21 Mar 2010 18:47

Ca se lit un peu comme un scenario d'un film similaire au "terminator".
Finalement ce n'est pas le soulevement des machines qui rayera la californie (et le monde) des la carte (sic) mais le soulevement du capitalisme.
Schwarzi rends la fiction réalité; que demande le peuple....
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede spleenlancien le Ven 9 Avr 2010 12:16

Armelle Vincent est journaliste. Elle vit en Californie et travaille pour Rue89 a écrit:Pour ces ultraconservateurs décomplexés, l'Antéchrist, c'est Obama. Rencontre avec ces « patriots » politiquement très incorrects.

L'idole des foules , Ann Coulter, a fait son entrée sur le podium de l'amphithéâtre de Henderson, une banlieue de Las Vegas, avec une bonne demi-heure de retard. Les trois mille « tea partiers » présents lui ont fait un accueil digne d'une diva.

Ils sont complètement excités à l'idée d'avoir bientôt l'honneur de l'entendre vomir sa bile. La plutôt jolie célibataire de 48 ans est une espèce de serpent venimeux. Longiligne, le ventre bien plat à l'air, l'abondante chevelure blonde flottant sur une petite veste noire cintrée, Ann Coulter est une experte dans l'art de débiter des propos haineux avec le sourire, et même en rigolant.

Chaque phrase sortant de sa bouche est une insulte pour quelqu'un, généralement un démocrate. La surenchère dans l'outrance des propos est son fond de commerce. Ses livres sont des best-sellers. Chacune de ses interventions, télévisuelle ou autre, est commentée. Ses conférences dans les universités sont toujours précédées de manifestations, voire d'émeutes.

Bref, à peine cette star de la politique est-elle apparue sur scène que le public s'est levé, a hurlé son nom en agitant des centaines de petits oriflammes, qui se sont superposés aux autres centaines de chemises, tee-shirts, casquettes, cravates taillées dans la bannière étoilée. Je me demande si les sous-vêtements de ce beau monde sont eux aussi des drapeaux.

Le réchauffement climatique ? Une lubie des communistes

A côté de moi, une grand-mère s'est exclamée au téléphone : « C'est merveilleux. Nous sommes entre patriotes, loyaux Américains. » Je regarde autour de moi. Pas un noir, ni un hispanique à l'horizon. Faudrait qu'ils soient masos pour venir entendre les conneries qu'Ann Coulter s'apprête sûrement à débiter.

Cela dit, la pasionaria est habile, malheureusement pleine de verve et de -mauvais- esprit. Elle démarre sur les chapeaux de roues. Pas question de décevoir ces braves gens qui sont venus assister à un lynchage verbal :

« Vous savez pourquoi je suis en retard ? En arrivant dans ma chambre d'hôtel, j'ai vu le petit mot laissé par la direction, vous savez celui qui vous demande de réutiliser les serviettes pour ne pas gaspiller l'eau ?

Devinez ce que j'ai fait ? J'ai ouvert tous les robinets et les ai laissés couler. »


Rires déchaînés de la foule. Nous sommes donc dans le Nevada désertique, qui souffre d'une grave pénurie d'eau. Elle poursuit :

« Vous savez que c'est l'Heure de la Terre ce soir, de 20 heures à 21 heures ? Ah ah ah… Alors, non seulement j'ai allumé toutes les lumières, mais j'ai ouvert les fenêtres (dans les hôtels modernes de Vegas, les fenêtres ne sont pas ouvrables, mais passons) et mis l'air conditionné à fond.

Et j'ai planifié toutes mes interviews télévisées entre 20 heures et 21 heures pour utiliser le plus d'électricité possible. »


C'est à mourir de rire. Le public est plié en deux. Le réchauffement climatique ? Quelle supercherie… Une lubie des communistes au pouvoir.

« Obama n'a pas gagné les élections »

Au cours des trois dernières semaines, j'ai passé un peu de temps avec des militants du Tea Party, ce mouvement de libertaires extrêmistes dont Sarah Palin et Ann Coulter sont les figures féminines préférées.

Je voudrais croire que certains membres au moins de cette nébuleuse sont des gens censés. Pourtant, si je m'en tiens à mon expérience, je n'ai croisé que des allumés, des hystériques, des paranos remplis de fiel et d'amertume.

On comprend leur colère : le chômage les guête, leurs moyens ont été réduits, ils sont souvent démunis. Pendant ce temps là, des cadres de Wall Street continuent de s'en mettre plein les poches et des politiciens corrompus amassent de petites fortunes sur leurs dos. Ce qu'on comprend mal, c'est qu'ils finissent par militer contre leurs propres intérêts.

« Les démocrates détestent les pauvres, ils veulent nous appauvrir davantage », m'a déclaré une jeune fille le mois dernier en Arizona, après avoir entendu un discours de Sarah Palin.

Sur le Président américain, j'ai entendu des trucs délirants :

« Nous ne sommes pas racistes puisqu'Obama n'est pas noir, il est Kenyan et nous considérons que seuls les noirs américains sont noirs. »

« On ne sait même pas si son nom est vraiment Obama, ni d'ailleurs si sa mère est vraiment sa mère. »

« Obama n'a pas gagné les élections. Il a engagé l'organisation Acorn pour inscrire des clodos, des poivrots et des morts sur les listes électorales afin d'être élu. »


Pour 24% des républicains, Obama est l'antéchrist
Ces gens inventent ou avalent les théories les plus farfelues pour justifier leur profond dépit d'être gouvernés par un président noir et leur désir de l'écarter une fois pour toutes du pouvoir. « Certains parlent de prendre les armes », m'a confié Carl Maness, un pasteur à mi-temps. « Ecoutez 104.1 “The Truth” [la vérité, ndlr] et vous verrez ».

J'ai suivi le conseil et me suis branchée sur cette radio diffusée dans le sud de l'Arizona. Je suis tombée sur la harangue furieuse d'un animateur qui, une minute, criait à la tyrannie, au communisme dont nous sommes désormais les victimes, et la suivante, dénonçait en termes injurieux le peuple indien puisque c'est lui qui profitera le plus de la réforme de la santé en amassant des fortunes sur le dos des Américains.

Ne me demandez pas d'expliquer, je n'ai strictement rien compris au raisonnement de ce forcené, sinon qu'il incitait à la haine et au racisme.

Un sondage mené par l'institut Harris vient de révéler que 24% des républicains et 14% des Américains sont persuadés que Barack Obama est l'antéchrist en personne ! Les membres de la milice chrétienne Hutaree démantelée récemment dans le Michigan opéraient justement guidés par la conviction que l'antéchrist occupe la Maison Blanche.

Le site Web World Net Daily soutient cette thèse avec « preuves » à l'appui. Il est de plus en plus fréquent de voir des illustrations du Président avec des cornes, des dents de Dracula, des yeux clairs cernés de rouge.

Près de mille groupuscules d'extrême droite aux Etats-Unis

Il ne suffisait plus qu'il soit déjà :

Un sans-papier méritant la déportation (vu qu'il a fabriqué son acte de naissance),
Un musulman clandestin soutenant secrètement des organisations terroristes,
Un communiste sournois voulant imposer un régime marxiste,
Un nazi comparable à Hitler,
Un traître inféodé à un gouvernement mondial fantomatique auquel il aurait déjà livré le pays.
Depuis l'ascension au pouvoir d'Obama, on assiste à un retour en force des milices. D'après le Southern Poverty Law Center, une organisation qui traque les groupuscules d'extrême droite, leur nombre est actuellement estimé à 926, contre 602 en 2000.

Et la plupart sont armés jusqu'aux dents. A tel point d'ailleurs que les armureries ont du mal à fournir leurs clients en munitions. Aussitôt arrivées, elles s'envolent de leurs étagères. Un drôle de climat.
http://www.rue89.com/california-dreamin ... sme-146415


:delirium:
spleenlancien
 

Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede spleenlancien le Sam 10 Avr 2010 08:52

Lu sur le site Le grand Soir :
http://www.legrandsoir.info/Officiel-Ob ... n-com.html

Glenn Greenwald a écrit:
Fin janvier, j’ai écrit un article sur le « programme présidentiel d’assassinat » de l’administration Obama, » qui consiste à cibler des citoyens américains en vue de leur assassinat, même s’ils sont absents de tout champ de bataille, uniquement sur la foi d’accusations de terrorisme émises sans preuves par le pouvoir exécutif. A cette époque, Dana Priest, du Washington Post, avait noté quelque part dans les profondeurs d’un long article (1) qu’Obama poursuivait la politique de Bush (chose que Bush en réalité n’a jamais faite) qui consiste à confier au Chef d’Etat Major la compilation d’une « liste de cibles » composée d’américains et sur laquelle, selon Priest, figurait le religieux musulman, américain de naissance, Anwar al-Awlaki. La semaine suivante, le Directeur du Renseignement National d’Obama, Dennis Blair, a reconnu lors d’une audition devant le Congrès (2) que le gouvernement se réservait le « droit » d’assassiner.

Aujourd’hui, le New York Times (3) et le Washington Post (4) confirment que la Maison Blanche a expressément autorisé la CIA de tuer al-Alwaki où qu’il se trouve, même loin de tout champ de bataille. J’ai longuement écrit sur les graves dangers posés par un pouvoir exécutif qui s’autorise l’assassinat de citoyens US loin de tout champ de bataille (c’est-à-dire dans leur sommeil, chez eux, en famille, etc.) et sans aucune forme de procès. Je ne vais pas répéter ici mes arguments – on peut les trouver ici (5) et là (6) – mais je voudrais souligner le côté incroyablement orwellien et tyrannique que constitue cette information.

Commençons simplement par examiner comment le New York Times annonce l’ordre d’assassinat du Président Obama et comment il le justifie :

L’administration Obama a pris une mesure extraordinaire en autorisant l’assassinat ciblé d’un citoyen américain, le religieux musulman radical Anwar al-Awlaki, qui auparavant encourageait les attaques contre les Etats-Unis et qui est soupçonné à présent de participer directement à de telles attaques... selon des sources officielles des services de renseignement et de l’antiterrorisme... »
Des officiels de l’antiterrorisme déclarent que M. Awlaki est un agent d’Al Qaeda dans la Péninsule Arabique, affilié au réseau terroriste au Yémen et en Arabie Saoudite. Selon ces officiels, M. Awlaki serait devenu une sorte de recruteur pour le réseau terroriste et participerait à des complots contre les Etats-Unis et les américains à l’étranger.

Selon les officiels, il est très rare, pour ne pas dire sans précédent, qu’un américain soit désigné ainsi pour un assassinat. Un ancien haut-officiel de l’administration Bush a dit qu’il ne connaissait aucun cas sous l’ancienne administration d’un Américain désigné pour assassinat....

« Le danger posé par Awlaki ne se limite plus à des discours, » a déclaré un officiel Américain qui, à l’instar de tous les ex-officiels et officiels en exercice interviewés pour cet article, a accepté de s’exprimer sous couvert d’anonymat. « Il est personnellement impliqué dans des complots ».

Aucune enquête. Aucune accusation. Aucun procès. Aucune preuve à présenter, ni de possibilité offerte à l’accusé pour se défendre de ces accusations (qu’il a fermement rejetées par l’intermédiaire de sa famille (7)). Rien de tout ça.

Désormais, dans l’Amérique de Barack Obama, la culpabilité des citoyens américains est décidée – et la peine de mort prononcée – par un Président qui se prend pour le Roi et décrète selon son bon vouloir que quelqu’un est coupable de terrorisme. Il envoie ensuite ses assistants devant les médias – où ils se réfugient lâchement derrière l’anonymat qu’on leur garantit - pour proclamer que Le Coupable devra être abattu à vue parce que Le Chef a décrété que c’était un Terroriste. On se contente d’affirmer qu’Awlaki n’est plus simplement un religieux qui exprime des opinions anti-américaines et encourage des attaques contre des cibles militaires américaines (8) (une liberté d’expression garantie par la Constitution (9), soit dit en passant), mais qu’il serait devenu un Véritable Terroriste « impliqué dans des complots ». Les médias diffusent ensuite ce Décret Royal sans poser de questions, sans réserves, sans enquête, sans mettre en doute sa véracité. Et la punition est ensuite prononcée : ce citoyen américain sera assassiné par la CIA parce que Barack Obama en a donné l’ordre. Qui peut justifier une telle chose ou penser qu’il s’agit d’une prérogative légitime d’un gouvernement ?

Pour avoir une idée de la gravité d’un tel comportement, considérez – comme l’a rappelé le New York Times – que même George Bush n’a jamais ordonné de genre d’assassinat extra-judiciaire (bien qu’en 2002, une attaque par drone au Yémen (10) a coûté la vie à un Américain). Encore plus frappant, Antonin Scalia, dans l’affaire Hamdi contre Rumsfeld (11) en 2004, a écrit (12) (rejoint dans ses conclusions par le juge Stevens) qu’il était anticonstitutionnel pour le gouvernement des Etats-Unis de simplement emprisonner (sans parler d’assassiner) des citoyens américains en tant que « combattants ennemis » ; au contraire, disait-il, la Constitution exige qu’un Américain fasse l’objet d’une accusation (comme la trahison) et soit jugé avant d’être puni. L’ensemble des juges de l’affaire Hamdi (13) ont déclaré qu’un minimum de procédure devait être respecté avant qu’un Américain puisse être emprisonné en tant que « combattant ennemi ». Et pourtant, aujourd’hui Barack Obama s’arroge le droit non seulement d’emprisonner mais d’assassiner loin de tout terrain de conflit des citoyens américains sans autre forme de procès. Même le membre républicain du Congrés Pete Hoekstra, en interrogeant Blair, a reconnu les graves dangers posés par un tel pouvoir.

Que dire de tous les progressistes qui ont hurlé pendant des années sur le traitement tyrannique infligé par l’administration Bush à Jose Padilla ? Bush a simplement fait emprisonner Padilla sans procès pendant des années. S’il s’agit là d’une violation de la Constitution, ce qui était le cas (14), alors que dire de l’assassinat par le Prix Nobel de la Paix de citoyens américains ?

Tout ceci souligne le point important soulevé par cet excellant article d’Eli Lake (15), qui rassemble quelques documents sur ce que mes lecteurs connaissaient déjà bien : alors que les discours (d’Obama) et certaines annonces de son administration insistent sur une rupture avec l’époque de Bush, en réalité l’administration actuelle a poursuivi et dans certains cas consolidé la politique de Bush/Cheney relative aux libertés civiques et au terrorisme. Comme Al Gore l’a déclaré dans son superbe discours de 2006 en protestation contre la « Guerre contre la Constitution » de Bush (16) :

Est-il possible que notre Constitution accorde autant de pouvoirs au Président ?
Si la réponse est oui, et selon le théorie au nom de laquelle ces actes sont commis, existe-t-il encore des actes qui pourraient lui être interdits ?

Si le Président a le droit d’ordonner des écoutes sur des citoyens américains sans mandat, d’emprisonner des citoyens américains uniquement sur la base de ses affirmations, de kidnapper et de torturer, quel acte pourrait lui être interdit ?

Notez que Gore n’a pas mentionné le droit d’assassiner des citoyens américains. Ajoutez ça à la liste – comme Obama vient de le faire – et vous constaterez combien ses interpellations contre l’extrémisme de Bush à l’époque sont plus que jamais d’actualité.

Glenn Greenwald

TEXTE ORIGINAL EN ANGLAIS :

http://www.salon.com/news/opinion/glenn ... index.html


http://www.washingtonpost.com/wp-dy... ?hpid=topnews&sid=ST2010012700394

(2) http://www.washingtonpost.com/wp-dy...

(3) http://www.nytimes.com/2010/04/07/w...

(4) http://www.washingtonpost.com/wp-dy...

(5) http://www.salon.com/news/opinion/g...

(6) http://www.salon.com/news/opinion/g...

(7) http://www.cnn.com/2010/WORLD/meast...

(8) http://english.aljazeera.net/focus/...

(9) http://www.salon.com/news/opinion/g...

(10) http://www.washingtonpost.com/ac2/w...

(11) http://www.law.cornell.edu/supct/ht...

(12) http://www.law.cornell.edu/supct/ht...

(13) http://www.law.cornell.edu/supct/ht...

(14) http://glenngreenwald.blogspot.com/...

(15) http://reason.com/archives/2010/04/...

(16) http://www.washingtonpost.com/wp-dy...

EN COMPLEMENT, deux vidéos de l’émission "Countdown" de la chaine US MSNBC (en anglais)
http://www.salon.com/news/opinion/glenn ... index.html
spleenlancien
 

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