anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Espace de débats sur l'anarchisme

anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede JPD le Ven 28 Aoû 2009 04:30

Ci-dessous un texte concernant l'unité des libertaires, écrit pour le numéro d'"Offensive" sur l'anarchisme, et qui donne mon point de vue sur quelques problèmes évoqués dans ce forum


CAMARADES OU COMPAGNONS ?

L’unité des anarchistes (ou des libertaires) est un thème récurrent au sein d’un supposé mouvement du même nom. Que ce soit sous la forme d’appels généralistes pour le moyen ou le long terme (voir en mars 2001 « Unité ! – Pour un mouvement libertaire. Le chemin se trace en marchant ! »), ou en vue d’une campagne commune pour un événement précis (CLAAC pour le sommet d’Evian en 2003, affirmation antiélectorale, etc.), cela ne débouche en général que sur assez peu de choses, en tout cas par rapport à l’énergie dépensée et aux attentes espérées. Au mieux une signature commune ou une liste d’organisations spécifiques au bas d’une affiche ou d’un tract, un cortège commun au sein d’une manif, parfois un rassemblement autonome ; bref, des « apparitions » communes mais sans lendemain, qui permettent surtout de rassurer celles et ceux que la faiblesse de chaque composante inquiète, mais rien de pérenne qui puisse tracer un chemin d’ordre tactique ou stratégique et constituer, à terme, une réelle force politique dans une période et dans un contexte précis. De plus, ces apparitions communes naissent le plus souvent en contrepoint des autres forces du spectre de la gauche ou de l’extrême gauche, et non de manière autonome.

Pourquoi ces échecs ou ces demi-échecs ? Sont mis le plus souvent en accusation l’« esprit de chapelle » et le sectarisme des unes et des uns. Sans négliger cet aspect qui, bien sûr, existe, il ne me paraît pas qu’il s’agit de l’explication principale.

Les tentatives des anarchistes pour s’unir impliquent le postulat selon lequel il y aurait suffisamment d’éléments communs entre eux pour constituer une spécificité distincte et durable au sein d’une aire politique plus large, « révolutionnaire », « contestataire », constituée de toutes celles et tous ceux avec qui nous luttons partiellement en maintes occasions.

Cela implique aussi que, si ces éléments communs existent, ils doivent être les plus opératoires possible en vue du but poursuivi : l’existence d’un pôle politique clair et identifié. L’unité n’ayant de sens que pour mettre en place des pratiques, même limitées, et ne pas se réduire à une offre idéologique ; elle ne peut se borner à accumuler des éléments secondaires que sont une simple appartenance à une vague conception anti-autoritaire du monde, à un « isme », à une communion philosophique, à un drapeau, à un look, à quelques « héros », à une Histoire (souvent mythifiée), etc. Sinon, nous serions alors très proches d’une religion. Elle ne peut se borner non plus à quelques recettes communes à celles et ceux que la question sociale préoccupe et pour qui le « collectif » l’emporte sur l’individuel : privilégier et lutter dans les mouvements pour une certaine conception de la démocratie : assemblées de base, le moins possible de délégation, prise en main par tous et toutes, combattre l’ensemble des aspects de la domination et pas seulement économique, dénoncer la hiérarchie et la bureaucratie, etc.

Il me semble que derrière ces éléments communs existent des incompatibilités rédhibitoires qui les rendent secondaires et futiles.
Ce n’est pas au nom d’un vrai ou d’un faux anarchisme que je me situe. Je considère comme anarchiste ou libertaire toute personne qui se prétend telle (à de rares exceptions près). Les discussions ou les invectives (comme c’est si souvent le cas, et internet en a multiplié les occasions et les dégâts) destinées à savoir quels sont les « vrais anarchistes » (à coups de jugements sur le comportement, l’idéologie, les positions prises ici ou là, en somme la mise en scène d’un « prêt-à-penser anar ») ne m’intéressent guère dans la mesure où le seul fait d’être anarchiste ne constitue pas, à mes yeux, un élément suffisant pour me sentir « de la même famille » et prendre le risque d’une apparition spécifique (1).

Pour ce qui me concerne, l’anarchisme c’est en premier lieu une tendance politique du mouvement ouvrier révolutionnaire né au milieu du XIXe siècle et qui se poursuit actuellement. Cela implique, et en cela je suis d’accord avec R. Rocker, que c’est une théorie sociale, et que l’être humain est avant tout un être social qui vit et lutte dans la société qui est l’élément constitutif de son existence individuelle. C’est l’œuvre des philosophes « tournant en rond dans le cercle magique des représentations abstraites » (Rocker) que de vouloir séparer l’individu de ses rapports multiples au monde. La domination est alors entendue comme un obstacle à l’extension de rapports sociaux égalitaires, et la liberté comme la multiplication de ces rapports possibles.

Cela entraîne (ou présuppose) une multiplicité d’éléments éthiques et philosophiques, mais aucun d’entre eux n’est, à mes yeux, un constituant anarchiste en soi (heureusement !)… à moins de s’approprier toute pensée qui semble en développer un ou plusieurs (ce que beaucoup font et refont à l’envi… en proclamant anarchistes des Nietzsche, Sade, Spinoza, Camus et, pourquoi pas ? le Christ !), ainsi que toutes les révoltes de l’Histoire, de Spartacus aux jacqueries du Moyen Age, des « sociétés sans Etat » aux Icaries de toutes les espèces. En les revisitant la plupart du temps de manière très approximative, et en s’appuyant sur de temporaires connaissances scientifiques et des données souvent invérifiables, et finalement en trouvant bonheur et justification dans le passé.
C’est donc la rencontre entre des éléments éthiques (2) et le mouvement ouvrier révolutionnaire qui constitue l’anarchisme dont je peux me réclamer.

Selon d’autres, l’anarchisme existe en dehors de ce contexte historique précis. Je ne parle pas, là, de certains individualistes qui professaient (et professent toujours) un certain mépris pour la « masse », les « moutons se rendant à l’abattoir », les « collectivistes », et qui cultivaient le « culte de l’individu », considérant le mouvement socialiste et ouvrier comme une aliénation de plus. Ou comme un certain F. Fortin qui, en 1935 dans La Revue anarchiste, expliquait qu’on ne devenait pas anarchiste, mais qu’on naissait tel, et que c’était une question de tempérament beaucoup plus que de raison. Si on ne peut le devenir, alors exit le projet d’une société anarchiste, n’est-il pas ?... A moins de ne la construire qu’avec ses semblables, en dehors de la société… une idée assez répandue de nos jours.
Non, je fais allusion à un courant qui s’est retrouvé dans le mouvement ouvrier mais qui estime que l’anarchisme s’est simplement nourri de ce moment historique et de la rencontre avec le développement d’une classe sociale issue d’un moment particulier du développement des sociétés. Cette rencontre fut un moment dans l’Histoire – elle fut certes riche et déterminante, mais fortuite. L’anarchisme, par conséquent, existerait en dehors ou malgré cette période.
Or, parmi ceux qui défendent cette conception d’un anarchisme « éternelle incarnation de l’esprit de révolte et de liberté » (en plus, « inaliénable » , comme le proclamait M. Joyeux), il en est qui, depuis une trentaine d’années, considèrent qu’il n’y a plus de mouvement ouvrier, que les classes sociales ne sont plus ce qu’elles étaient ou étaient supposées avoir été, que la lutte des classes ne permettait pas de « lire l’Histoire » et même que la révolution est un projet à mettre au rancart. Il s’agissait là d’un fonds commun idéologique largement répandu dans l’intelligentsia et les allées du pouvoir sur la fin de la classe ouvrière, de la lutte des classes et même de l’Histoire. Prophéties largement balayées aujourd’hui.

L’anarchisme comme ontologie

Exemple : dans un article « Pour un bilan historique et idéologique de l’anarchisme » (in L’Etat et l’Anarchie, actes du colloque de Venise en 1984 sur l’« anarchisme contemporain », éd. ACL, 1985), Nico Berti considérait que « les forces [le mouvement ouvrier révolutionnaire] qui avaient donné naissance [à l’anarchisme] et avaient permis son développement se sont désormais évanouies, et il faut considérer cette disparition comme irréversible... »
A partir de là, on pourrait conclure que l’anarchisme a disparu et qu’il n’y a plus lieu d’en parler autrement que comme historien. Ce n’est pourtant pas le point de vue de Berti qui pense « qu’il y va de l’avenir de l’anarchisme » si on ne se livre pas à de sérieuses remises en cause, à des révisions sans doute déchirantes mais nécessaires. Ainsi, l’important ce n’est plus la transformation révolutionnaire du monde mais la survie de l’anarchisme comme lecture du monde. Il est donc pris comme un « être en soi », objet d’attraction et d’amour atemporel, universel, qui s’incarne tantôt de telle manière, tantôt de telle autre. Il convient alors d’opérer une coupure nette entre anarchisme et mouvement anarchiste, entre réalité historique et modèle idéologique. Et si on considère que le mouvement anarchiste dans sa grande majorité, tel que nous le connaissions jusqu’à présent, est lié à l’apparition du mouvement socialiste, au développement de la classe ouvrière, à l’extension du prolétariat, à la lutte des classes, et que ces éléments sont « désormais évanouis », c’est donc que l’anarchisme en lui-même n’a aucune racine de classe... Et c’est ce qu’affirme Nico Berti. Simplement, cet anarchisme ontologique s’est, à un moment de l’Histoire, incarné dans ce mouvement de classe, et si nous y prêtons attention, il peut renaître de nouveau ailleurs.
Dès lors vont s’engouffrer toute une série d’études et d’interprétations, menées surtout par des universitaires et des doctorants anarchistes, cherchant à savoir quels sont les fondements et les points communs de la doctrine. L’anarchisme est alors un objet d’étude, un but en soi, une sorte de religion, une essence qu’il s’agit de préserver. Il est un être déifié (l’Idée !, « Anarchie, ô ma maîtresse !» disait un rigolo un peu poète qui, pour l’occasion, féminisait la belle). On y retrouve des accents stirnériens ou métaphysiques, comme dans l’anarchisme ontologique d’Akim Bey.

Le concept de culture libertaire ne sert à rien

On commence à voir que derrière le bagage commun évoqué au début de l’article (qui constitue en quelque sorte la « culture libertaire » intemporelle) existent des divergences de fond qui, elles, ont beaucoup plus d’incidences sur la possibilité de cimenter des interventions politiques communes. Dès que l’on confronte ces « points communs » à une situation dans un lieu et à un moment précis, il y a problème.

Prenons un exemple emblématique, celui du second tour de l’élection présidentielle de 2002. Il est des anarchistes (tous partageaient nos points communs) qui ont appelé à voter Chirac pour barrer la route à Le Pen et au fascisme.
Qu’est-ce que cela signifie ? Que les divergences, celles qui comptent vraiment, se situaient ailleurs :
1. Sur ce qu’est ou n’est pas le fascisme.
2. Sur l’état de la société française et les lignes de force qui la traversaient à l’époque.
3. Par une conception différente de ce qu’est ou n’est pas un mouvement.

Ce dernier point est certainement le plus important, celui qui rend plus problématiques des unions plus ou moins durables.
En effet, des positions prises ou des idées émises ne peuvent être jugées seulement in abstracto, en dehors d’une situation donnée. Pour prendre tout leur sens, elles doivent être mises en rapport avec cette situation en examinant les effets qu’elles peuvent avoir sur cette situation et, en retour, les effets que peut avoir cette situation sur ces positions et idées émises. Tout cela forme un tout, et c’est cela la politique dans le sens plein du terme. Et dans ce cas-là, c’est la notion de dynamique qui entre en jeu. Dynamique, cela veut dire que des flux circulent, que des échanges s’opèrent, que des positions tranchées deviennent poreuses, qu’une évolution des uns et des autres se dessine. Autrement dit, nous sommes là au cœur d’une problématique s’exprimant en termes de mouvement, de dynamique, de collectif, et non d’idéologie et de principes de base.
Or, en 2002, s’insérer ainsi dans le débat électoral du second tour, c’était à mon sens raisonner en terme statique, figé, institutionnel, dans un espace clos et contrôlé par le pouvoir. Aucune dynamique, aucun mouvement, fût-il antifasciste, ne pouvait en ressortir. Et c’est en fonction de cela que la divergence est capitale, et non en fonction d’un anti-électoralisme atemporel et idéologique (que je ne partage d’ailleurs pas) sur lequel certains anars se sont adossés.

Autre point clé : la défense de la démocratie. Il y eut le grand tournant de l’« Union sacrée » en 1914 de la plus grande partie du mouvement socialiste mais aussi des anarchistes. Il y eut après la Seconde Guerre mondiale le choix « du « parti américain », celui de la démocratie (!), contre le communisme soviétique, et l’appui apporté à la création de FO par l’AFL-CIO. Il y eut également, mais dans des circonstances autrement plus tragiques et « explicables », la participation de la CNT à un gouvernement républicain d’union sacrée contre le fascisme. Cela n’est pas nouveau, il est bon quand même de le rappeler. Mais, surtout, il faut bien comprendre que ces épisodes ne sont pas des « accidents » de l’Histoire », et qu’ils trouvent aujourd’hui encore des résonances importantes chez les anarchistes.
L’exemple précédent en est une illustration de ce qui peut se résumer ainsi : « La tâche, maintenant, consiste à poursuivre, compléter, approfondir et améliorer l’évolution de la société démocratique » ; « L’idée de révolution doit être abandonnée au profit de la création d’espaces culturels démocratiques et de liberté ».

Evidemment ces clivages-là ont des conséquences bien visibles et déterminantes dans la posture que nous adoptons dans les mouvements sociaux ou dans les regroupements spécifiques. Deux exemples que j’ai vécus de près : l’adhésion ou non au Réseau pour un avenir sans nucléaire (lequel appela aussi à voter Chirac en 2002) aux côtés des Verts et de Greenpeace, et la participation ou non au collectif pour la Marche mondiale des femmes au côté du PS. Dans les deux cas, le choix est déterminé par une analyse de ce qui apparaît important dans le moment et sur les conséquences qu’aura le choix fait : faut-il ou non isoler le PS, peut-on ou non infléchir les bureaucraties syndicales, le FN est-il un réel danger, devons-nous défendre la laïcité à la française, etc. ? J’en passe des stocks. Et là, évidemment, notre bagage culturel commun est bien maigre pour répondre !

Donc, plutôt que se bagarrer sur qui est anarchiste ou ne l’est pas, mieux vaut accepter la réalité : tous les anarchistes ne sont pas de la même « famille ». Ainsi, du point de vue de l’objectif que peut représenter un regroupement spécifique, idéologique, je n’ai absolument rien à voir avec les individualistes. Nous divergeons considérablement sur ce qu’est un individu dans une société, sur les analyses de classes, sur le changement social, et probablement sur la société que nous désirons.
Je me sens plus d’affinités politiques et idéologiques avec des conseillistes, des marxistes anti-léninistes, et même des trotskystes pas trop sectaires, ayant une bonne connaissance du mouvement ouvrier, férus de surréalisme ou de littérature en général, qu’avec certains anarchistes. Je préfère cent fois L’Histoire de la Révolution russe ou Leur morale et la nôtre de Trotsky à certains écrits libertaires méprisant le « commun ».

Cela étant posé clairement, il m’est possible maintenant de considérer la manière dont je peux agir avec les tenants d’un anarchisme radicalement différent du mien, et là, certainement, beaucoup de choses sont possibles, mais de la même manière qu’avec des milliers d’êtres humains que je peux côtoyer dans ma vie, y compris de lutte. Au même titre que des chrétiens, des socialistes, des « je ne sais quoi ».
Dans mes relations affinitaires, je choisis de préférence la personne qui cache le sans-papiers à celle qui le dénonce ! Je fais le croc-en-jambe au pandore pour qu’il n’attrape pas le voleur de pomme ! Je préfère le gentil au méchant, au raciste ou au beauf, le libertaire à l’autoritaire.
Il est toute une palette de gens avec lesquels je peux partager des luttes si je travaille avec eux ou si nous partageons un espace commun. Je peux développer de multiples relations d’agréable voisinage avec bien des gens, boire des coups au bistrot, faire la fête, discuter, etc. C’est avec ces gens-là que nous vivons, que nous partageons, que nous baisons, que nous plaisantons… et que nous agissons, parfois. Mais cela ne signifie nullement une appartenance à un projet politique ou à une référence idéologique ou philosophique communes ! (ou alors simplement, peut-être, à ce qu’on appelle souvent des « valeurs de gauche », faute de mieux, mais ce n’est pas là notre propos).

Si je suis dans un comité de soutien à un sans-papiers, dans un comité de quartier ou un collectif antinucléaire, la pratique pourra être efficace (ou non) avec ces gens de formations diverses. Mais de là à se sentir une affinité pouvant ouvrir la porte à une appartenance et à une apparition idéologique commune, voire à une organisation, non ! Il n’y a aucun intérêt à cela ! Pourquoi ? Tout simplement parce que n’étant pas léniniste, j’ai une tout autre conception de l’organisation que celle qui consiste à penser qu’il faut être le plus nombreux possible pour être le plus efficace possible afin d’infléchir les mouvements sociaux (3).

JPD

1. Car il y a toujours un risque, celui de dévier, volontairement ou non, vers une sorte de « soft avant-garde » (reconnue par personne, satan soit loué !) qui s’auto-alimente dans le vide. Toute apparition spécifique est donc une chose sérieuse qui doit intégrer ce risque dans sa problématique quotidienne et de manière permanente, même dans un regroupement minuscule et temporaire. La non-reproduction de la domination ne doit pas être incrite au frontispice de la maison commune pour être aussi vite oubliée, mais bel et bien être un élément méthodologique pour comprendre et appréhender chaque intervention… Un peu comme la lutte des classes pour comprendre le monde comme il va !
Il faudrait traiter ici du rôle d’un regroupement ou d’une organisation spécifique. On se rendrait compte alors que le traditionnel découpage entre individualistes, anarcho-syndicalistes et communistes libertaires est plus que dépassé. Et celui proposé par Manfredonia entre syndicalistes, insurrectionnalistes et éducationnistes ne me paraît pas non plus correspondre à la description de « ce qui fait problème » entre les anars. Mais c’est une autre question que la surface prévue dans Offensive ne permet pas d’aborder maintenant.

2. L’éthique n’est pas la morale ! La première s’applique d’abord à soi-même, la seconde c’est « faire faire aux autres ». L’éthique est une création collective humaine ; la morale est transcendante, extérieure aux Hommes. Evidemment, le moraliste ne sait pas qu’il est lui-même le créateur de cette transcendance. Un peu comme l’être occidental considère son bagage culturel, fût-il libertaire et émancipateur, comme universel et moderne.

3. Là encore il faudrait un développement explicatif, j’en conviens.
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede Phébus le Ven 28 Aoû 2009 04:52

Ça date de quand ce numéro d'Offensive?
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede fu hsang le Ven 28 Aoû 2009 05:35

top cet article j y reviendrais ce soir ^^
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede Alayn le Ven 28 Aoû 2009 06:30

C'est vrai que la chapelle OCL réunit vachement + et fait plus l'unité avec plus de monde: 50 pékins à tout casser... (pouf...pouf...)

JPD: toujours autant donneur de leçons ! (l'ex bras gôche de Con-Bandit).
Le crétin du Poitou d'après mon ami JMR.
Ce texte mensonger et abracadabrant confirme.
(Je décortiquerais plus tard si nécessaire).
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede RickRoll le Ven 28 Aoû 2009 10:53

Je me retrouve pas mal dans ce texte.
Je trouve intéressant le concept de ne pas chercher l'unité des anars mais de se rassembler dans un courant plus spécifique pour agir.
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede yves le Ven 28 Aoû 2009 11:15

Alayn a écrit:C'est vrai que la chapelle OCL réunit vachement + et fait plus l'unité avec plus de monde: 50 pékins à tout casser... (pouf...pouf...)

JPD: toujours autant donneur de leçons ! (l'ex bras gôche de Con-Bandit).
Le crétin du Poitou d'après mon ami JMR.
Ce texte mensonger et abracadabrant confirme.
(Je décortiquerais plus tard si nécessaire).


JDL et Offensive sont OCL ? Merci des précisions
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede fu hsang le Ven 28 Aoû 2009 19:09

jpd je sais pas mais offensive c est "offensive social et libertaire" , ils font un journal , un trimestriel je crois , pas mal , article de fond etc etc , ils me semblent que c est des anciens de no pasaran
ocl c est l ocl ^^
les deux groupes organisent des campings communs l ete , histoire de discuter , d experimenter , etc etc

le reste c est alayn qui voit des noirs et rouges de partout ...comme si le noir etait mieux
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede qierrot le Ven 28 Aoû 2009 20:15

Moi, je reste un peu sur ma faim, j'attend donc le développement annoncé... :wink:
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede leo le Sam 29 Aoû 2009 21:38

Ben moi aussi...
Je pensais qu'un texte comme cela allait provoquer des réflexions ou du moins des réactions, sur, je ne sais pas... l'unité possible, les unités à géométrie variable, les exigences minimales de l'efficacité (la cohérence), les affinités électives de la politique qui ne sont pas forcément les mêmes que celles de la vie. Ou même de la lutte de terrain...

Sinon, pour éclairer la lanterne de ceusses et celles qui ne sauraient pas bien qui est qui, dans le fouillis des mille et une tendances anarchistes de France, de Navarre et d'ailleurs, il faut savoir :

Que JPD est membre de l'OCL, qui veut dire Organisation Communiste Libertaire.
Qu'il a apparemment écrit ce texte pour une revue qui s'appelle Offensive Libertaire et Sociale, dite aussi "Offensive" , parce que c'est plus simple. Revue qui est éditée par un groupe politique libertaire du même nom, que l'on appelle usuellement OLS, parce que c'est aussi plus commode.

Pour bien saisir la subtilité de la chose, il faut savoir que OCL et OSL sont assez proches et donc se trouvent dans une sorte d'association de fait ou de partenariat. Avec des choses en commun : des rencontres/camping en Ariège pendant 10 jours tous les étés, des publications communes (et notamment un numéro spécial commun sur Mai 68 que je recommande particulièrement). Avec aussi des participations croisées : les membres d'un groupe écrivent ponctuellement dans le journal de l'autre groupe. Et lycée de Versailles.

Ce sera tout pour aujourd'hui

Je vous remercie de votre attention
leo
 
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede fu hsang le Sam 29 Aoû 2009 22:28

ce qui est marrant c est que vous attendez les reactions , comme si ce texte etait provo alors que non
mais bon voila moi aussi j attends vos reactions voire ce que vous en pensez
mais bon je me lance car apparemment seul un individualiste peut agir par soi meme 8-)

sur la fameuse unite du mouvement libertaire , je n y ai jamais cru meme quand j etais organise specifiquement , pour moi cela va a l encontre de l anarchie , les seuls moments historiques ou les " anars " etaient unis au niveau organisationnel , c etait face a l adversite fasciste et on sait tous que cela a donne la militarisation et l arret de la revolution pour supporter la guerre anti fasciste

sinon je serais d accord sur la vision historique de l anarchisme, née du mouvement ouvrier revolutionnaire
mais voila ...y a plus trop d ouvrier chez les anars ,petit probleme , les anars ne taffent plus , ils sont la plupart au service de l etat ou assimilé fonctionnaire ou contractuel a son service ...bref si a une epoque il etait inconcevable pour des anarchistes de travailler pour l etat , actuellement il n en est rien , voire ce serait meme cet etat qui favoriserait un certain anarchisme mou du cul et miellieux voire fielleux
il suffit de voir les positions des differentes orgas durant des emeutes qu elles sont bien loin du lupen proletariat et que ceux et celles qui en parlent , n en font pas partie faisant plutot partie socialement de cet anarchisme philosophique mais ayant un discours classiste ...bref c est assez confus ,mais c est comme ça que je le perçois ,

apres sur la critique du bey , pas besoin de commentaires , il suffit de voir l impact qu ont ces ecrits et l impact qu a les ecrits de l ocl ^^

sinon sur les relations amicales , car pour moi affinitaire veut dire que "in fine" nous ayons les memes buts , la fai etait organise affinitairement , bin que dire , c est sur que je cotoie pas des gros porcs et des grosses truies , voila , du moment ou les gens sont humains cela me convient ...

sur les anarchistes et assimiles ... je conçois tout a fait ce que dis jmr , j ai horreur de ce langage hautain et sur de soi qu ont les anars et autres revolutionnaires du grand soir qui vivent a travers un prisme leur offrant une vision du monde a leur convenance et surtout , surtout s accaparant la vie des autres pour la transformer

voila , les chiens peuvent se lacher
fu hsang
 

Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede willio le Lun 31 Aoû 2009 14:10

Assez d'accord avec le texte pour dire que nous ne sommes pas du même monde (d'ailleurs je ne suis pas de celui de l'auteur pour le reste que cette analyse !).
Je ne vois pas pourquoi on cherche à tout prix une union qui ne fait que paralyser nos actions. La libre association c'est précisément le contraire, c'est pouvoir être libre en dehors d'une organisation englobante qui contraint tout le monde. C'est un peu la problématique actuelle sur le forum : perso je ne vois pas un échec dans la scission mais une victoire de la liberté et de l'auto-gestion.
Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Et bien ! vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande.
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede conan le Lun 31 Aoû 2009 16:42

Je m'étais dit que j'allais répondre une longue tartine à JPD, mais en une phrase willio a résumé ce que je pensais !
Au passage, le truc de Jean-Marc Raynaud dans cette brochure (que j'ai lue) n'était pas tant d'appeler à une plateforme que d'appeler au fédéralisme et à la reconnaissance de la complémentarité des courants. Je suis d'accord mais trouve hélas que le Jean-Marc n'est pas allé vraiment au bout, puisqu'il critique le sectarisme de chaque courant ; en ce sens il n'a pas totalement tort, au sens où certains dans chaque courant refusent de reconnaître les autres complémentaires au leur - le problème étant que Jean-Marc en a encore profité pour égratigner ces courants. Mais bon... on va dire que ça fait partie du folklore ?
Si l'on parle d'unité dans un cadre fédéraliste large, laissant à chacun-e la possibilité de s'associer librement dans telle ou telle lutte, je suis pour. Sinon, je suis bien évidemment contre. A chacun-e de s'organiser comme il l'entend.
En revanche, il serait bon de développer un réseau, afin que chaque anar-libertaire-antiautoritaire (et même plus) puisse savoir ce qui se fait, ce qui se débat, et puisse s'associer librement à ce qui l'intéresse ponctuellement, tout en y apportant ses propres analyses et finalités. Ce forum me semble un jalon intéressant dans cet effort collectif, si l'on met de côté les rancoeurs interpersonnelles et les petits enjeux politicards qui s'y expriment... mais je ne désespère pas de voir un jour le niveau d'insultes s'abaisser à assez rien pour qu'on puisse enfin tous se considérer comme des alliés potentiels.
A mon avis, la faiblesse du mouvement anar (ou des mouvemets anars, pour faire consensus) tient bien davantage à un manque de volonté réelle de faire vivre cet idéal fédéraliste et libre-associationniste, quà un manque de gens.
Du reste, pour ma part j'ai autant pu bosser ponctuellement avec le JPD qu'avec le JMR, et ces débats sur l'unité ne pèsent pas grand chose à côté des liens qu'on tisse dans l'action réelle... :wink:
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede Alayn le Lun 31 Aoû 2009 17:46

Bonjour ! Merci Conan, çà fait plaisir de lire çà.
Connaissant bien JMR et aussi un peu JPD, le petit microcosme anar sait parfaitement que JPD et JMR s'envoient régulièrement des piques au travers de leurs divers écrits.

Exemple qu'on a ici encore avec la critique de la brochure "Unité !" de JMR. Cette brochure avait pour idée essentielle, non pas de plateformiser tout le mouvement anarchiste, mais de faire travailler ensemble en réseau toutes les composantes du mouvement et plus largement toutes sortes d'alternatives libertaires. Tout du moins, de se retrouver sur leurs points communs.
Et de fait, après la sortie de la brochure, il s'est créé un réseau regroupant paradoxalement plus de personnes inorganisées que de membres d'orgas spécifiques. Ce qui a aussi d'ailleurs, pendant un temps, reboosté le mouvement anar sur le terrain, de se faire connaître des gens.

Maintenant, que chaque orga veuille rester dans le champ de leurs petits prés carrés idéologiques, organisationnels, sclérosé et replié sur elles-mêmes, c'est dommage...

Mais je continue à penser que c'est la FA qui est la plus ouverte de par son synthésisme et son fédéralisme libertaire.

Salutations Anarchistes !
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede qierrot le Lun 31 Aoû 2009 21:17

Difficile de ne pas répondre à celà lorsque depuis des mois ce digne représentant de la FA, comme il se prétend l'être, livre une véritable guerre ici pour "vaporiser" les anarchistes-communistes et les communistes-libertaires, en utilisant tout un véritable arsenal d'insultes, de mensonges et de calomnies (comme on le voit dans son post plus haut vis à vis de JPD ), soutenu en plus par d'autres de ses camarades. La synthèse c'est donc du flan, et ce que l'on peut lire à travers tout çà de cette organisation, c'est qu'elle ne cultive qu'une identité de l'anarchisme autour bien souvent d'une philosophie abstraite, et du sectarisme (j'en suis parti à cause de celà, et parce que justement au congrès de 2001, la question de l'unité des libertaires n'a pas été adoptée et que la FA était contre...).
Pour l'Histoire, la première organisation anarchiste qui s'est créée en France se nommait Fédération Communiste Anarchiste... Et puisque willio ose parler de liberté après avoir produit ici un coup de force provoquant la scission, je pense qu'il y a un courant de l'anarchisme, le courant individualiste, qui est parfaitement incapable de produire de l'organisation, et non content de sabrer toute véléité historiquement de construction collective, s'accomode bien souvent du pouvoir d'un ou de quelques uns, et de formes de délégation de pouvoir et de dictatures, là où le courant historique de l'anarchisme révolutionnaire s'attache à construire le contraire. Construire du fonctionnement collectif et démocratique, comme on le voit ce n'est pas simple, mais le contraire est décidément plus facile, et plus rapide...mais est-ce celà que nous portons, est-ce à travers celà que nous pouvons laisser penser que les anarchistes sont capables de porter , voire simplement d'imaginer, un projet de société libertaire qui dépasse le rève vaporeux pour se rapprocher d'une réalité, et d'une réalité qui ne peut se conforter que de nos expériences concrètes d'organisation. C'est mal barré de ce côté là d'un anarchisme qui a peu de prise sur le réel, qui conjugue la liberté en mode libéral et non libertaire, cultive la marge, et est incapable de penser l'organisation collective au delà d'un cercle affectivé.
La question de percevoir l'existence de plusieurs organisations (pas trop quand même...) , et l'existence de différents types d'organisation, vue comme représentation de la multitude est nécessaire, et l'histoire de la FA, véritable passoire à militantEs, dont la "synthèse" nie cette pluralité, l'a montré. Par contre le fédéralisme est un outil qui peut continuer à permettre d'envisager une certaine forme d'unité, non pas celle d'un "parti unique", mais d'un mouvement libertaire capable de s'organiser politiquement, capable d'être présent dans les luttes et les mouvements sociaux, et capable aussi de porter des alternatives en actes, tout en reconnaissant et se renforçant de la pluralité.
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede vroum le Lun 31 Aoû 2009 21:49

La Fédération communiste anarchiste fondée en 1911 avait pour secrétaire Louis Lecoin qui est un des représentants de l'anarchisme humaniste proche de l'individualisme que tu dénonces continuellement

Une Fédération Communiste Révolutionnaire Anarchiste (il devait manquer quelque chose) succède à la FCA en 1913 avec pour secrétaire Sébastien Faure, père du synthésisme anarchiste que tu vomis à chacun de tes postes

Ce qui pourrait paraître surprenant, c'est que les militants anarchistes se situant proches de la sensibilité anarchiste ont été des constructeurs acharnés de l'organisation anarchiste : Maurice Laisant, Georges Vincey ou Charles-Auguste Bontemps pour ne citer qu'eux

Tandis que souvent les militants se situant proches de la sensiblité communiste-libertaire ou anarchiste-révolutionnaire comme tu écris ont multilplié intrigues et scissions au cours de l'histoire agitée du mouvement communiste libertaire empêchant celui-ci de construire des bases solides d'organisation de l'après-guerre jusqu'à une période récente quand ils n'ont pas rejoint pour certains les rangs du PCF (FCL), des maos, LO ou la Ligue communiste (ORA)...

Que serions nous sans toi ô grand qierrot qui, seul contre la marée des nullistes et des vaseux entreprend de toute ces forces de ramener le mouvement anarchiste et ses brebis égarées sur le terrain du réel et de l'efficacité révolutionnaire
"Prolétaires du monde entier, descendez dans vos propres profondeurs, cherchez-y la vérité, créez-la vous-mêmes ! Vous ne la trouverez nulle part ailleurs." (N. Makhno)
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede luco le Mer 2 Sep 2009 10:40

Bon, il me semble que le message de JPD comme celui de Qierrot sont de simple bon sens.

Les lignes de démarcation politiques, au quotidien, ne recoupent que très rarement les distinctions théoriques/historiques (voire culturelles) héritées du passé type anarchistes contre "léninistes" etc...

On voit bien sur ce forum que peu de choses pourraient permettre de faire fonctionner ensemble, dans une même orga, des individualistes, des mystiques, des anarcho-communistes, des communistes libertaires...

La "synthèse" anarchiste ne peut se faire que sur équivoque notamment sur la caricature facile des "autoritaires" ou des "soc-dem", une caricature qui en réalité permet d'évacuer les problèmes réels, concrets, que pose la lutte politique au quotidien, mais aussi en terme de projet révolutionnaire.

Les questions de front commun dans les luttes entre différents groupes, de fédérations, d'interventions communes,... se posent de manière différente à chaque fois.

Il n'y a pas plus de synthèse possible "anarchiste" que de synthèse possible "socialiste" ou "communiste" (qui réunirait bordiguistes, maos, stals et trots ?).
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede arvn d le Mer 2 Sep 2009 10:53

luco a écrit:Bon, il me semble que le message de JPD comme celui de Qierrot sont de simple bon sens.

Les lignes de démarcation politiques, au quotidien, ne recoupent que très rarement les distinctions théoriques/historiques (voire culturelles) héritées du passé type anarchistes contre "léninistes" etc...

On voit bien sur ce forum que peu de choses pourraient permettre de faire fonctionner ensemble, dans une même orga, des individualistes, des mystiques, des anarcho-communistes, des communistes libertaires...

La "synthèse" anarchiste ne peut se faire que sur équivoque notamment sur la caricature facile des "autoritaires" ou des "soc-dem", une caricature qui en réalité permet d'évacuer les problèmes réels, concrets, que pose la lutte politique au quotidien, mais aussi en terme de projet révolutionnaire.

Les questions de front commun dans les luttes entre différents groupes, de fédérations, d'interventions communes,... se posent de manière différente à chaque fois.

Il n'y a pas plus de synthèse possible "anarchiste" que de synthèse possible "socialiste" ou "communiste" (qui réunirait bordiguistes, maos, stals et trots ?).


Oui, il y a une question de contexte et de configuration d'accord avec ça, par contre le "bon sens" c'est pas vraiment un argument...
trois anarchistes, deux scissions à moins que ce soit l'inverse...
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede JPD le Dim 6 Sep 2009 08:13

Quelle chance tu as, Conan, d’avoir trouvé quelqu’un capable de résumer une tienne longue tartine en une phrase. N’ayant pas mon Willo je vais devoir faire plusieurs phrases !

Pourquoi, Conan et Alayn, vous fixer sur une supposée critique d’une brochure de JMR ? La référence portait sur celle, postérieure, signée certes par JMR mais aussi par Babar (animateur d’alternative libertaire belge) et JC (ex FA, OCL, Reflex, Offensive et tourangeau). En outre ce n’était qu’un élément dans une liste de tentatives unitaire ou je citais Claac, Vaag et autres..
Où avez vous sorti cette histoire de plateforme que j’aurai prêté à la brochure ? Pas trace dans mon texte d’une accusation faite à ce texte de « vouloir plateformiser ». La plateforme vous obsède ! (1) Ce sont bien les tentatives unitaires que j’interrogais et évidemment pas les tentatives unificatrices organisationnelles qui n’ont aucun sens, j’en conviens avec Willo.

Non, Alayn, je n’envoie pas de piques, j’ai la prétention, en revanche de rester sur le terrain de la critique politique. Et l’une d’entre elle c’est bien sûr l’appel à voter Chirac (mais j’en abordais d’autres dans le texte !). C’est bizarre, personne n’y fait allusion dans cette discussion alors que c’est quand même, à mes yeux, un élément de taille. Pourquoi, alors qu’il n’est pas cité dans mon texte, y voyez vous JMR comme s’il était écrit en capitales. L’appel à voter Chirac fut largement partagé dans le « mouvement » anar, bien au-delà de JMR, hélas !

Revenir parfois sur cet épisode, à mes yeux, un sens. Celui de montrer qu’il existe une permanence libérale (et ce depuis les origines), républicaine et citoyenniste dans laquelle je ne me reconnais pas (voir http://oclibertaire.free.fr/spip.php?ar ... s%20onfray).
Je dis bien « dans laquelle je ne me reconnais pas ! », je ne dis pas « que je considère comme d’ignobles crapules ! » (je ne suis ni dans la « totoland » ni « insurrectionnaliste », ni « post-situ »). En effet j’essaie (en général, et par écrit surtout, nul n’est infaillible !) de ne pas cracher, surtout en ces temps viraux, sur quiconque et en tous les cas pas sur les citoyennistes ni, kaptow, sur les individualistes.


A Vroum : En 1911, Lecoin n’avait pas les mêmes positions que celles qu’il a développé par la suite (je te renvoie à ce beau texte « qu’il n’a pas pu lire » à son procès pendant la grande guerre. Mais même plus tard, le rattacher à l’individualisme est un peu tiré par les cheveux. Par ailleurs te référer aux tranfuges des cocolib (je sais, tu n’utilises pas le terme, mais moi je l’aime bien, merci Alayn de le populariser !) vers des orgas moins « recommandables » est un terrain très glissant. Il y en eu pas mal de la FA, et puis aussi des individualistes et des syndicalistes devenus fascisants, antisémites, et collabos aussi. Ce ne sont pas des arguments recevables à moins de montrer clairement que le phénomène fut important, sinon massif, et d’en démonter les racines idéologiques.

Ce que je dis est assez simple. Tous les gens qui s’habillent du terme anarchiste ne sont pas forcément de la même famille idéologique, philosophique, ou politique et c’est très illusoire et dévastateur de le croire a-priori. Mais cela ne signifie nullement qu’il n’y a aucun débat ni aucune pratique commune possible ! Il m’est arrivé de faire grève ou de manifester avec des chrétiens ou des musulmans.

Et puisque nous en somme à la religion, en passant…

Je trouve qu’il y a un aspect souvent religieux dans ces débats sur ce forum.
Certains passent leur temps à discuter sur ce qui est anarchiste ou ne l’est pas et, bien entendu, sans jamais être d’accord. On fait ainsi, consciemment ou inconsciemment, de l’anarchisme, un ensemble qui devrait avoir vocation à réponse à tout, mais qui, ce qui revient au même, ne peut avoir de réponse sur rien puisque tout est acceptable, fédérable et synthétisable au nom de la liberté !

On devrait ainsi sauter, aimer, courir, lire, baiser, militer, manger, parler, séduire, jouer, draguer, boire, travailler (ou ne pas…), rire,… ANARCHISTE. Il règnerait alors comme un parfum de « politiquement correct » et de « puritanisme ».
Eh bien merde, non ! Je n’en suis pas.

(1) A ce propos je veux préciser (le flou est présent dans de nombreux… « topics »… c’est comme ça que vous dites ?) qu’on peut être communiste libertaire - (cocolib) - (je préfère personnellement le terme d’anarchiste-communiste, mais bon !) sans être plateformiste. Que les organisations qui s’en revendiquent ne le font plus de manière stricte (y compris AL, je pense) mais qu’il s’agit d’une filiation indiquant une démarcation d’avec le mouvement anar non lutte de classes et anti-organisationnel, et d’une volonté d’en finir avec les conceptions anti-politiques (amérique latine).
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede oclstnaz le Dim 6 Sep 2009 09:50

Petit rappel pour ceux et celles que ces questions autour "du" mouvement anarchiste travaillent....

UNITÉ DES LIBERTAIRES ?
MYTHES ET RÉALITÉS DU MOUVEMENT ANARCHISTE http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article602!

En janvier 2001, les éditions du Monde libertaire et les éditions Alternative libertaire (Belgique) publiaient une brochure intitulée : Unité Pour un mouvement libertaire, signée Jean-Marc Raynaud avec la complicité de Roger Noël dit Babar. Ce texte était l’occasion de sortir des archives un document datant de 1934, « La synthèse anarchiste » selon Voline.

Le 22 mars suivant, les deux auteurs, rejoints par un troisième camarade, J.C., rendaient public pour signatures individuelles ou collectives un second texte Unité ! Appel pour un mouvement libertaire http://oclibertaire.free.fr/ocl/debat_unite.html, annonçant une première rencontre entre signataires pour les 13 et 14 octobre 2001, dans la perspective « d’une initiative pour la tenue des états généraux du mouvement libertaire ».

Fin août, L’Appel comptait près de 400 signataires issus de la militance anarchiste francophone, dont une centaine devraient se rencontrer à Niort cet automne.

Ce type d’initiative est récurrent dans le milieu anarchiste. Les personnes au fait de l’histoire des quarante dernières années de ce courant politique auront en mémoire La Lettre au mouvement anarchiste international de l’UGAC (Union des groupes anarchistes communistes) en 1966, ou plus récemment l’Appel pour une Alternative libertaire, initié par l’Union des travailleurs communistes libertaires en 1990. Textes qui à leur manière proposaient également des débats en vue de regroupement pour gagner en cohésion politique et en efficacité.

La particularité de l’Appel 2001 est qu’il émane non pas d’une tendance communiste libertaire, ou révolutionnaire, mais de militants de la Fédération anarchiste francophone, plutôt partisans d’une stratégie de synthèse organisationnelle, et qui, jusqu’ici, nous avaient habitué à une défense inconditionnelle de la Fédération Anarchiste, considérée comme LA structure anarchiste, centre de gravité d’une « mouvance » jugée peu significative et parfois méprisée.

Cet appel paraît également dans une période de redynamisation des luttes politiques et sociales à l’échelle nationale et internationale, dans lesquelles des anarchistes sont présents, et tirent même certains succès, au moins médiatiques. Cependant, il est vrai que ce succès d’image est générateur de frustrations, au moins à l’échelle du mouvement anarchiste hexagonal : l’incohérence de l’intervention des différentes structures se réclamant de l’anarchisme lors des manifestations contre le sommet européen de Nice en est une illustration éloquente. A l’échelle internationale, les regroupements et les restructurations sont également à l’ordre du jour, et l’Espagne ou l’Amérique du Nord nous fournissent des pistes intéressantes.

Le mouvement anarchiste en France est pour sa part composé d’un nombre conséquent d’organisations politiques et syndicales, de groupe locaux, d’associations, d’individualités, qui successivement et en fonction des événements se trouvent en positions phares ou en retrait, travaillent ensemble ou séparément, de concert ou en concurrence, plus ou moins à la recherche d’une hégémonie organisationnelle sur « le mouvement », ce qui se traduit généralement par d’avantage d’inertie que de dynamique.

L’intérêt de « l’Appel » est donc de proposer un questionnement à l’ensemble du courant anarchiste, qui peut éventuellement conduire vers une pratique d’échanges et de débats qui fait cruellement défaut à tout ce petit monde.

Cependant, la bonne volonté affichée ne doit pas conduire à une fausse naïveté, et nous faire prendre les vessies de l’unité pour les lanternes de la révolution sociale. Il existe, entre tous ceux et toutes celles, structures ou individus, qui se réfèrent à l’anarchisme, des clivages fondamentaux qui structurent l’histoire comme l’état actuel du courant anarchiste, et qui déterminent des conceptions radicalement opposées, théoriquement et pratiquement, de l’anarchisme. Et l’abandon de l’idée même de révolution, perceptible dans la dynamique en cours ainsi que dans certains articles publiés récemment à Lyon ou ailleurs, n’est ni des moindres, ni anodine.

Il est donc nécessaire de questionner ces clivages si l’on souhaite qu’un débat réel s’instaure et que des pratiques communes émergent, de façon à ne pas vivre sur l’illusion d’une possible unité de l’ensemble des libertaires, dont on ne tarderait pas à constater qu’il s’agit de l’union impossible de la carpe et du lapin.

Ce numéro hors série de Courant Alternatif se propose de contribuer à ce questionnement, en livrant un certain nombre d’éléments historiques et contemporains, théoriques et pratiques, qui fondent les lignes de fractures qui traversent « le » mouvement, sans prétendre retracer son histoire complète. Seuls ont été pris, à des périodes différentes, quelques exemples qui nous ont paru illustrer nos remarques précédentes. On pourrait en citer d’autres aussi importants et aussi éclairants à nos yeux. En revanche ce numéro reste très hexagonal ce qui est une lacune, que nous comblerons peut-être lors d’une prochaine livraison.

Mais il propose également un certain nombre de pistes de travail possibles pour tous ceux et toutes celles qui, comme nous, tentent de réduire cette fracture pour aller toujours plus loin sur les chemins d’une révolution communiste et libertaire.

Le 3 octobre 2001 / OCL

Sommaire


Unité des libertaires ? p. 3
Appel à l’unité p. 4
Voie étroite d’une convergence nécessaire p. 5
Lecture critique p.16
Quelle unité des révolutionnaires ? p. 18
Lutte des classes et racines du mouvement anarchiste p. 21
Ni plateforme, ni synthèse p. 25
Anarchistes et francs-maçons p.27
La question coloniale p. 29
Unité dans les luttes ? p. 32
Appel à une solidarité internationale p. 33
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Re: anarchistes, sommes-nous du même monde ?

Messagede leo le Dim 6 Sep 2009 14:10

Je crois que tout cela revient à parler d’une unité des anarchistes à géométrie variable.

Je n'aborde pas ici la question du sectarisme. Je crois qu'il renvoie partiellement à la dimension "religieuse" et doctrinaire sous-jacente de toute pensée politique (et l'anarchisme est champion là-dedans car il se veut plus que politique) et à des modes d'appartenance de l'individu à un groupe où l'identification est particulièrement forte. Mais aussi à d'autres dimensions subjectives, individuelles et collectives : les personnes sont ou deviennent plus ou moins sectaires selon qu'elles se pensent dans une situation défensive, qu'elles sont plus ou moins fragiles, mal assurées, pessimistes, en peur d'échouer, etc. En bref, le sectarisme en tant que tel ne renvoie pas à un courant politique particulier et il est à ce titre assez bien distribué dans les différents groupes, chapelles, sous-groupes...

Là où l'unité des anarchistes ne pose pas trop de problème, c’est quand les positions les plus variées peuvent cohabiter. Cohabiter au sens qu’elles sont placées les unes à côté des autres, juxtaposées. Sans recherche de “fusion”, de convergence et autre unité.
C’est ce qui peut se passer lors d’évènements du type salon du livre anarchiste (qui est une sorte de grande librairie anar provisoire). Là c’est l’aspect “vitrine”, et aussi promotionnel et commercial qui l’emporte et cela ne pose pas plus de problème dans n’importe quel salon littéraire où coexistent des éditeurs et des auteurs qui ne peuvent pas se saquer…

Cette grande “unité” anarchiste, on la retrouve surtout dans des aspects un peu “patrimoniaux” et historiques. Une bibliothèque, un centre de documentation, un centre de recherche sur l’anarchisme peuvent faire cohabiter des pensées les plus diverses et contradictoires sous le parapluie commun de l’anarchisme. Dans ce genre de lieux, il y a les rayons “anarcho-syndicalisme”, “individualisme”, “communisme libertaire”, “illégalistes”, “non-violents”, “végétariens”, “culturels”, et j’en passe… Comme il y a des rayons “art”, “histoire”, “philosophie”...Cela peut fonctionne parce qu’il n’y a pas de confrontation, il n’y a pas de recherche d’une cohérence que suppose l’action politique, l’intervention dans le réel social, historique, politique.

Cette “unité” de toutes les variétés les plus extravagantes de l'anarchisme, ce qui se dénomine comme la “synthèse” mais qui n’en est pas une, c’est l’idée d’une “maison commune” (d’où le côté patrimoine), avec ses compartiments, ses différentes pièces, dépendances, lieu de “mémoire”, d’archivage, de conservation et aussi pourquoi pas de recherche pour étudiants doctorants en histoire de l’anarchisme ou sociologie politique.

Ce côté patrimonial, maison commune, outre que c’est l’endroit où l’on collectionne des idées, des textes, des documents, peut assez vite générer chez ceux qui s'y réfèrent un côté propriétaire inquiet, gardien de la maison (du temple ?), soucieux de son entretien, de vérifier continuellement qu’il n’y a pas de fuite, que les murs et la toiture sont bien solides, que les fondations bien profondes (quitte pour se rassurer à les creuser jusqu’à l’aube de l’humanité), que les ouvertures ne sont pas trop béantes pour ne pas risquer d’être contaminé ni par des idées étrangères, ni par le “réel” et son actualité. D’où souvent le côté doctrinaire, presque religieux, idéologique, figé, sectaire et intemporel d’une conception de l’anarchisme qui se veut la plus “unitaire”, en apparence la plus ouverte, ce qui ne l’empêche pas d’être totalement opportuniste sur le plan politique (participation à des structures unitaires avec le PS, appel à voter Chirac…) !
Là la maison doit surtout avoir (et se concevoir comme) une belle vitrine, où elle peut exposer ses joyaux, ses belles idées, la multiplicité de ses publications, ses livres, la richesse et la diversité de son patrimoine.

Cette “unité” peut fonctionner fondamentalement parce qu’il n’y a pas de débat et en tout cas pas de recherche de positions communes. C’est un paradoxe mais c’est ainsi. Cela fonctionne surtout quand les idées, points de vue, analyses, comptes-rendus, informations sont mises les unes à côté des autres, les unes à la suite des autres comme on met des livres sur une étagère ou que l’on organise thématiquement sa bibliothèque.
Le CIRA, le site “Recherches sur l’anarchisme” sont aussi des lieux “synthésistes” ou “unitaires”. Il y en a d'autres comme ceux qui veulent faire la biographie de tous les anarchistes, vivants ou morts !
La revue Réfractions n’est pas explicitement synthésiste mais elle n’a pas non plus d’orientation précise : elle accueille voire suscite des points de vues et analyses assez différenciées du moment que les contributions se placent dans une certaine intellectualité. Des sites comme A-infos aussi remplissent cette fonction. Ces différentes structures, lieux virtuels, bibliothèques réelles, forums, salons du livre anarchiste, etc. ne sont pas inutiles, ils remplissent une fonction (mémoire, documentaire, informative…) mais cela n’en fait absolument pas des structures orientées vers l’action politique dans le champ social.

Maintenant pour tout le reste, je suis d’accord avec Luco quand il parle de bon sens à propos du texte qui a ouvert ce topic. Il faut une assez grande proximité politique pour que le débat et l’action soient possibles. Et cette proximité est à la fois le préalable et le produit d’une expérience commune. Cela s’appelle des “acquis” communs, partagés, qu’il ne faut pas en permanence réinterroger ou remettre à plat (même s’il est bon de les questionner de temps en temps !) pour avancer et fonctionner ensemble dans l’action et la réflexion.
Dans les faits, les anarchistes, comme n’importe qui, se regroupent selon leurs affinités en fonction des buts qu’ils visent. C’est pourquoi il existe des organisations différentes, des options assez peu compatibles les unes avec les autres : elles renvoient à des problématiques différentes, à des manières distinctes d’aborder le rapport au réel et d’intervenir dessus. Tout bien sûr n’est pas figé et le “donné” peut évoluer.

Enfin, entre la “maison commune de tous et toutes les anarchistes” et la dispersion entre un grand nombre de groupes, organisations, collectifs, il y a de la marge pour des unités ponctuelles, circonstancielles, locales et/ou dans le cadre d'une lutte avec d'autres, au sein d'un collectif par exemple. Pas seulement parce que ces formes d'unité auront été décidées de manière volontariste mais parce qu'elles apparaissent à un moment donné comme presque évidentes, du moins possibles et donc souhaitables.
Le possible ici a autant à voir avec le rapprochement “objectif” des points de vue qu’à l’élasticité, à la variabilité d’une géométrie politique assumée, propre à telle circonstance, à tel sujet, à telle lutte, à tel moment historique, à tel état des formes de la subjectivité collective, chez les militant-e-s mais aussi et surtout à une échelle plus globale.
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