histoire de l'OCL par l'OCL

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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede kuhing le Mer 8 Avr 2009 09:34

autonomia operaia a écrit:Bonjour.

D'abord le nombre:
-L'OCL ça regroupe environ 100/200 personnes. Je veux pas faire une bataille de chiffres mais bon c'est pas si grotesque que cela tout de même. De plus l'OCL n'a jamais cherché à être une organisation de masse... il n'y a pour ainsi dire aucun "chargé de recrutement", et la volonté d'expansion de l'OCL est quasi nul. Il en resulte une absence totale de culture propagandiste (pas de sigles, pas d'autocollants, pas de drapeau, c'est peut être pour ça que vous voyez pas les militants OCL...)
.


D'abord bienvenue.
c'est peut-être une de leur plus grande erreur de n'avoir pas chercher à grossir . ça aurait servi à l'ensemble du mouvement anarchiste et libertaire.
Du coup je crois que tu es bien optimiste quand tu parles même de 100 personnes membres de l'OCL. :confus:
kuhing
 

Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede Klement le Mer 8 Avr 2009 19:42

autonomia operaia a écrit:Bonjour.

D'abord le nombre:
-L'OCL ça regroupe environ 100/200 personnes. Je veux pas faire une bataille de chiffres mais bon c'est pas si grotesque que cela tout de même. De plus l'OCL n'a jamais cherché à être une organisation de masse... il n'y a pour ainsi dire aucun "chargé de recrutement", et la volonté d'expansion de l'OCL est quasi nul. Il en resulte une absence totale de culture propagandiste (pas de sigles, pas d'autocollants, pas de drapeau, c'est peut être pour ça que vous voyez pas les militants OCL...)

A ma connaissance l'OCL à bien un sigle (OCL justement) des autocollants et des affiches signés OCL et j'ai même vu en photo des drapeaux siglés "OCL" qui avait pas l'air dd'être si ancien. Après 100 à 200 militants j'y crois pas des masses mais bon...
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede autonomia operaia le Mer 8 Avr 2009 20:11

en effet maintenant que tu parles d'afffiche y en a quelques unes... (très confidentielles tout de même)
Pour les autocolants y a des stickers pour lire le CA...
Drapeau non.


En même temps je vois pas pourquoi ils desireraient grossir vu qu'ils ne considèrent pas l'organisation comme étant bénéfique pour le développement des luttes révolutionnaires... (c'est moi même mon cas, moi qui suis plutôt contre les organisations)
Pour ce qui est du nombre viendez au camping en Aout et on vous fera un compte rendu précis vu que vous restez sceptiques... en plus c'est sympatoche comme ambiance...
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede Klement le Mer 8 Avr 2009 20:22

autonomia operaia a écrit:Drapeau non.

c'est pas très important mais je t'assure que j'ai un CA avec une photo d'un drapeau "OCL" dans une manif des années 2000 donc bon
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede qierrot le Mer 8 Avr 2009 20:34

et je confirme, quelques drapeaux avaient été fait, en rouge et noir avec "OCL", au moment de la période où l'OCL avait décidé de se recentrer et de faire d'avantage apparaître l'orga.
Et il faudrait arrêter avec le gonflage du nombre d'adhérents, car j'ai une estimation réelle qui n'est pas des plus reluisante...
Et le camping d'été de l'OCL, coorganisé maintenant avec l'OLS est un moment de débats riches à partager, je n'ai pas eu l'occasion d'y aller, mais il n'y a aucun doute là dessus par contre...faudra passer infos et dates pour l'agenda.
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede Phébus le Mer 8 Avr 2009 21:59

C'est petit en titi mais j'ai vu ça sur un des sites de Reims:

Image

Image

http://journal-lechatnoir.site.voila.fr/

Sinon, pour les chiffres, je suis très surpris. Moi ce que j'avais compris c'est que l'auto-estimation publique des membres mêmes de l'OCL était de 50 (les jours enthousiastes) ou de 30 (les jours de petite déprime).

Ceci dit, on s'en fout dans la mesure où ça n'a pas tout à fait la même incidence que pour d'autres organisations. Il y a quelques années je t'aurais accordés volontiers que Courant alternatif était le meilleur canard de France mais je n'en suis plus si sur. À mon avis Alternative libertaire est bien meilleur qu'avant. Ça parait que certains des camarades qui le font, font aussi ça dans la vie pour gagner leur croûte. Disons qu'il a perdu son côté «bulletin» qui était un peu agaçant. Alors moi là, là, je mettrait AL et Offensive exaequo.
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede kuhing le Jeu 9 Avr 2009 08:59

autonomia operaia a écrit:Drapeau non.
.

Si si.
à la manif du 19 il y avait dans notre cortège un drapeau rouge et noir avec marqué OCL dessus :)
nous avons un militant historique de l'OCL dans notre collectif :v:
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede Antigone le Jeu 9 Avr 2009 19:51

autonomia operaia a écrit:
De plus l'OCL n'a jamais cherché à être une organisation de masse... il n'y a pour ainsi dire aucun "chargé de recrutement", et la volonté d'expansion de l'OCL est quasi nul. Il en resulte une absence totale de culture propagandiste (pas de sigles, pas d'autocollants, pas de drapeau, c'est peut être pour ça que vous voyez pas les militants OCL...)


Aaah ! L' OCL...
Quand j'ai décidé de rompre avec la vie de boy-scout des militants de Lutte Ouvrière et leur étouffante charia, j'avais ressenti une énorme envie d'autre chose. Mais il fallait que ça passe par une organisation, parce qu' on ne se détrotskyse pas comme ça, brusquement, du jour au lendemain, surtout quand on vient de LO. Au contraire, il faut du temps pour ariver à s'affranchir de toute cette éducation faite de rigueur et d'abnégation, les automatismes du militant coincé, soumis à sa hiérarchie et au jugement de ses pairs.
En résumé, j'avais soif de radicalité, mais sans risque et surtout sans évoluer radicalement.

Je portais sur les militants des autres organisations un regard extérieur et je m'en tenais aux apparences. Côte anarchiste, je connaissais des militants de la FA, mais ils ressemblaient trop au stéréotype que je venais de quitter, des militants de l'UTCL, mais ils ressemblaient trop à ceux de la LCR...
Et puis il y avait ces individus à cheveux longs, hirsutes, débraillés que mes préjugés tenaient à l'écart tant ils paraissaient être à l'opposé de ce qui fondait la conception à laquelle je croyais, celle du militant révolutionnaire léniniste. Eux, ils se foutaient de tout, rigolaient de tout, n'étaient jamais à lheure, poussaient des cris de putois, me postillonnaient dessus, payaient leur bière en sortant de leur poche des billets en boulettes chiffonnées, et ils étaient à l'OCL.

Eux tellement à l'aise dans leur bordel, et moi à côté, en chemise blanche: comme choc de culture, on ne pouvait pas faire mieux ! En réalité, c'était de formidables initiateurs à la vie, à tout ce qu'elle a de jouissif.

A ce moment-là, je dois dire qu'ils étaient plus autonomes que libertaires. Leurs prises de positions politiques me paraissient outrancières, provocatrices, confuses, désinvoltes, mais je leur dois de m'avoir bousculé sainement, et en plus de m'avoir amener sur le terrain de l'Autonomie, de m'avoir posé des questions auxquelles je n'avais pas de réponse cohérente à opposer... Je crois d'ailleurs qu'ils n'en avaient pas davantage et c'était bien ça leur principale qualité, une certaine insouciance qu'il faisait du bien de partager, et puis se laisser porter par les révoltes de leur temps sans bâtir de stratégie et sans trop chercher à voir loin. Ils exprimaient une sensbilité et ça leur suffisait. Oui, le camping d'été, ça leur va bien...

J'ai participé à des réunions avec des militants ou des sympathisants (on ne savait pas trop) et j'ai également contribué à la diffusion d'une brochure sur la maternité, sans être à l'OCL... mais ça ne les gênait pas. En fait, rien ne les gênait.
Par la suite, j'ai rencontré quelques militants OCL sur des points de fixation où se concentrent les blocages de notre société (écologie, féminisme, prisons...) et effectivement, je n'ai jamais eu l'impression que pour eux l'organisation représentait quelque chose d'important. J'ai même posé cette question une fois: "Pourquoi faire encore partie d'une organisation qui s'appelle OCL, pourquoi ne pas changer de nom, faire autre chose qui corresponde plus à ce que vous êtes et à ce que vous faites ?". Le mec m'a répondu: "C'est pas important. On ne va pas changer les statuts. C'est trop chiant à faire. On reste comme ça. C'est aussi bien".

Je n'ai jamais eu la moindre idée du nombre de militants OCL. J'ai eu quelquefois l'impression qu'il y en avait partout qui leur ressemblaient, et pourtant il n' y en avait pas tant que ça, et il n' y en a jamais eu beaucoup et ils n'ont jamais fait grand chose pour se renforcer. Venaient à eux qui avaient envie de venir... et puis voila.
Leur journal: j'aimais bien Front libertaire, mais je me suis vité lassé de Courant Alternatif au début des années 80 parce que donnant une image trop dilettante et que ça manquait vraiment de réflexion et de contenu.

Mais très franchement, je trouve que de toutes les organisations anarchistes au sens large, l'OCL est sans doute celle qui a été la plus marquante et qui a eu le plus d'influence dans la société de ces 30 dernières années. Le paradoxe, c'est quelle a obtenu ce résultat sans être réellement une organisation militante traditionnelle. Elle était partout sans jamais être quelque part.
C'était leur identité et apparemment ça n'a pas l'air d'avoir beaucoup changé...
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede qierrot le Ven 10 Avr 2009 15:52

je te trouve un peu décalé là . :wink:
Cà te permet peut-être d'essayer à nouveau de minimiser l'intérêt à s'organiser, mais ce n'est justement pas un bon exemple, s'il en existe un réellement, ce dont je doute évidemment.
L'OCL à marqué je pense pour la période fin 70 et années 80, après elle s'est enfermée dans une forme de "rupturisme", qui l'a condamnée à mon sens.
Sans compter que le paysage libertaire s'est énormément transformé et redessiné depuis le début des années 2000...
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede Antigone le Ven 10 Avr 2009 17:24

qierrot a écrit:je te trouve un peu décalé là .

Décalé ? Ben, je n'ai jamais été à l'OCL... mais malgré tout, la présence de ses militants m'a accompagné pendant une quinzaine d'années (75-90) émaillées d'éclipses et de ruptures.
Je n'apportais qu'un témoignage vu de l'extérieur.
qierrot a écrit:Cà te permet peut-être d'essayer à nouveau de minimiser l'intérêt à s'organiser

Insinuation infondée. Je n'ai jamais nié l'importance de s'organiser.
qierrot a écrit:L'OCL à marqué je pense pour la période fin 70 et années 80, après elle s'est enfermée dans une forme de "rupturisme", qui l'a condamnée à mon sens.
Sans compter que le paysage libertaire s'est énormément transformé et redessiné depuis le début des années 2000...

J'ai perdu de vue ce milieu après 90. J'avais quitté l'OCL peu organisée. Apparemment, elle ne semble pas avoir beaucoup évolué. Mais compte-tenu du peu de chose que je sais d'elle à présent, je ne me permettrai pas d'en dire plus.

Que le paysage libertaire se soit redessiné depuis une dizaine d'années... organisationnellement parlant oui. Qu'il se soit transformé en profondeur... mmmh, j'en suis moins sûr. Je demande à voir et c'est ce qui m'a un peu poussé à visiter ce forum.
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede leo le Ven 17 Avr 2009 19:22

Bonjour à toutes et tous

Je suis nouveau sur ce forum et je tombe sur un sujet sur l'OCL que je connais un peu pour y avoir milité.
Il y aurait tant à dire. Mais vous en parlez surtout au passé. Là dessus, chacun aura son point de vue, en fonction de ce qu'il a connu, éventuellement fréquenté, et de ce qu'il/elle pense aujourd'hui.
Moi je suis abonné à Courant Alternatif, j'y trouve des articles plutôt intéressants, assez fouillés, d'autres moins, des fois un peu lourds dans la forme. Et puis il y a leur site internet où passent pas mal d'infos et analyses en libre service. J'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup de médias libertaires ou anarchistes qui produisent des choses comme ça, sur le mouvement en Guadeloupe, sur la crise en Islande, sur la Grèce, sur la sous-traitance dans l'automobile, le procès Colonna... et même un texte critique sur Onfray/Camus et les libéraux-libertaires et un autre sur Badiou !

Je me fous de savoir s'ils sont 30 ou 50 ou 70 (bonjour la vision flicarde des choses !)... ce qui m'importe c'est la qualité des contenus proposés à la lecture. Et ça, quelque soient les revues, les sites... J'aime bien aussi "Jura libertaire" car il publie des articles de fond et aussi sur les luttes et c'est là-dessus, sur le contenu, que les anarchistes révolutionnaires peuvent prétendre faire avancer les choses. Dans ce même ordre d'idée "Offensive" fait aussi du bon boulot. Et puis "CQFD" qui ne se dit pas anar, mais que je considère comme proche, est pour moi un des meilleurs mensuels du moment, car il remplit assez bien cette double fonction d'informer et de faire réfléchir. Et ça c'est pour moi fondamental.
Bonne soirée à toutes et tous
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede Alayn le Ven 17 Avr 2009 20:44

Bonsoir ! Si t'as aussi http://anarchie23.centerblog.net (arf !)
Salutations Anarchistes !
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede luco le Dim 26 Avr 2009 18:59

Je trouve moi aussi que l'OCL développe des analyses intéressantes.

Par contre je suis un peu surpris de la publicité qu'ils commencent à faire à la publication espagnole "Podemos !" lancé par un camarade libertaire de là-bas.

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article540

L'intention est louable. La méthode intéressante (arnaque de banques, publications à grande échelle avec l'argent, élaboration collective du contenu...), mais au bout du compte on se retrouve avec un truc très très utopiste : désertons la société capitaliste, groupons-nous par affinités, montons des coopératives "intégrales"...

La question de la destruction de l'état est "contournée".

L'OCL, en général, s'appuie sur une stratégie plus "classique" de confrontation avec l'appareil d'état à partir des luttes de classe, des luttes concrètes...
Et contrairement à ce qu'ils avancent en introduction, ce texte ne contribue nullement à remettre en selle l'idée de révolution.

Bon, le débat est lancé, mais ça me paraît en rupture avec les positions de l'OCL.

Qui a un avis ?
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede autonomia operaia le Mar 28 Avr 2009 21:51

Insinuation infondée. Je n'ai jamais nié l'importance de s'organiser.


L'OCL non plus d'ailleurs... car derrière une attitude débonnaire, pitoresque et un peu rustique (oui c'est pas totalement faux :) ) les gars de l'OCL sont suffisamment organisé pour tirer un mensuel (sans pub), faire une émission de radio hebdomadaire (à écouter si vous l'avez pas encore fait c'est souvent très intéressant), et organiser des réunions trimestrielles (et puis y a les éditions Acratie qui sont un peu "l'oficiel de l'OCL mais faut pas le dire!)

et puis se laisser porter par les révoltes de leur temps sans bâtir de stratégie et sans trop chercher à voir loin

T'es un peu dur là! Je sais pas si tu as lu: "pour en finir avec le travail salarié" mais c'est quand même assez construit comme truc, c'est pas un truc qui voit juste à demain! Enfin je trouve.
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede Antigone le Mer 29 Avr 2009 19:43

et puis se laisser porter par les révoltes de leur temps sans bâtir de stratégie et sans trop chercher à voir loin
autonomia operaia a écrit:T'es un peu dur là! Je sais pas si tu as lu: "pour en finir avec le travail salarié" mais c'est quand même assez construit comme truc, c'est pas un truc qui voit juste à demain! Enfin je trouve.

Peut-être un peu rapide... mais dur, non !
Et ce n'était pas du tout une critique.
L'OCL a toujours eu un discours "construit", mais avec des positions évolutives, constamment actualisées. Pas de stratégie blindée ad vitam eternam, en tout cas bien moins que les autres orgas anarchistes.
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede qierrot le Jeu 30 Avr 2009 02:44

Là je te trouve à nouveau un peu décalé, car j'aurais encore dit çà à la même période que précédemment. Après cette période de l'autonomie, il y a eu une dynamique d'ouverture et de réflexion autour des mouvements sociaux et sociétaux, des enjeux du moments, dans une attitude mouvementiste qui ne plaçait pas l'organisation autrement que comme un espace de réflexion et d'élaboration du mouvement (je ne dis pas que c'est bien d'ailleurs aujourd'hui avec le recul, car celà plaçait l'orga dans une représentation de club d'échange plus que d'organisation révolutionnaire). Depuis j'ai trouvé plutôt une posture de donneurs de leçon assez sectaires, en tout cas pour le noyau Rémois et Nantais. On pourrait sentir maintenant une forme de retour aux sources d'avant cette ouverture avec un côté à nouveau un peu "toto" justement. Peut être peut-on voir çà comme une position évolutive, mais je crois que l'OCL semble être plutôt dans la panade qu'autre chose...Ce que pense luco conforterait celà aussi à première vue.

On pourrait imaginer d'ailleurs aujourd'hui, même si celà paraît fort peu réaliste vu la configuration et la réalité du mouvement anar (mais soyons utopistes-entreprenants), la création d'espaces de débats comme pouvaient l'être les CJ (commission journal) de CA (Courant Alternatif), mais avec une autre dimension en terme d'ouverture et de nombre, dans le mouvement libertaire, voire au delà, espaces d'échanges de rencontres...
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede JPD le Jeu 30 Avr 2009 05:31

Bonjour,

Je viens de tomber, je ne sais plus comment, sur votre forum et, du coup, étant à l’OCL, j’ai eu envie d’apporter quelques précisions.

D’abord sur le nombre : 50 est le bon chiffre + quelques dizaines très proches qui participent régulièrement sans payer de cotisations.
Les abonnés ? Environ 300 (+ des gratuits à des taulards et des échanges de presse avec l’étranger)
Les ventes en kiosque ? entre 100 et 200 chaque mois, 5 à 700 pour les numéros spéciaux et le numéro d’été qui reste 3 mois. En plus quelques ventes directes (pas énormément car comme vous l’avez deviné nous sommes de mauvais propagandistes), des commandes au numéro… cela fait 5 à 600 maxi en moyenne. Je n’ai aucune idée de ce que vendent les autres orgas anars.

- Il ne reste que trois (et pas deux !) personnes qui étaient à l’ORA.

- à Klément : le paquet d’ex-ORA à l’AL, encore plus à la CNT, d’autre au NPA et à la fraction LO… Il faut relativiser le « paquet » ! Il n’y a jamais eu plus de 130 militants à la fois à l’ORA avec, en plus, un peu moins dans les « cercles Front libertaire ». Cela relativise la « mythique ORA ». Donc des ex-ORA « reconvertis dans des organisations autoritaires, ou plateformistes. On peut donc parler objectivement d'une dérive par rapport au projet du départ, et même d'un échec organisationnel, collectif et individuel. » (D2N)… cela n’est pas significatif en nombre et pas le fait de la seule OCL en tous les cas… Des AL passés à la LCR il y en a eu, des FA passés un peu partout itou… c’est normal, les milieux d’extrême gauche et libertaires sont poreux surtout entre 18 et 25 ans et c’est, je crois, « tant mieux »

Une scission par an ? Dans le mouvement libertaire ? Tu pousses un peu. Il y a eu depuis 76 et la séparation OCL-AL, la scission dans la CNT (qui n’est pas anarchiste ni même communiste libertaire), le départ de la CGA qui a quitté la FA, l’OLS quittant Reflex… peut être une ou deux autres en 35 ans.

- A scrash : On ne peut pas dire que l’ORA a « infiltré » la FA. L’ORA était d’abord une tendance de la FA qui s’en est séparé et non un corps extérieur qui y serait entré. (voir réponse de qierot). Je ne sais pas pour l’IFA, je n’étais pas à l’ORA.


- Enfin, et c’est en fait pour dire cela que j’ai pris le clavier, je suis étonné que dans ce forum il n’est pas fait allusion au caractère tournant de la confection du canard ! D’autant qu’à mes yeux c’est là l’un des aspects les plus positifs et marquant de l’expérience OCL (et c’est ce qui en restera quand, au coin du feu en société communiste, on évoquera le bon vieux temps !). C’est une réunion par mois (pas tous les trois mois, autonomia operaia) et depuis 1981, CA est toujours sorti, pas une seule ratée. C’est pas si mal !
On pourra répondre que c’est parce que nous sommes peu nombreux. Sans doute, mais je crois que ce n’est pas l’essentiel (c’est aussi un obstacle, c’est un peu trop prenant et bien que « donnant des leçons », ces dernières sont très mal payées !). A plusieurs reprises, dans les mouvements que nous avons fréquenté (anti-nucléaire, immigration, journaux de contre info, etc…) nous avons proposé ce fonctionnement qui a été adopté… mais ce n’a pas fonctionné longtemps. Pourquoi ? Parce que, pour que ça marche, il faut une certaine homogénéité, une certaine confiance et savoir sur qui on peut vraiment compter. Et pourtant, la rotation des tâches est un des fondements de la pratique libertaire, non ?
Je ne dis pas que c’est facile, on se prend parfois la tête, on se demande si ça vaut le coup, mais pour l’instant ça tient. Et là, c’est vrai il nous faudrait être un peu plus « recruteurs » et « propagandiste » pour accroître (un peu ! n’exagérons rien !) notre nombre, non pour construire la belle orga mais pour faire fonctionner notre regroupement plus facilement, je veux dire augmenter le nombre de page de CA, l’enrichir de plus d’expériences, être plus disponible pour « dire » (ou « donner des leçons » c’est selon l’appréciation).

- Enfin, sans entrer dans les débats de ce forum, je signalerais que l’un des « problèmes » que rencontre l’OCL vis-à-vis de l’extérieur (je parle des mouvances révolutionnaires) c’est une certaine incompréhension vis-à-vis de deux positionnement récurrent qui paraissent contradictoires (qui ne le sont pas à nos yeux, mais sans doute ne sommes-nous pas clairs) :
- Une position un peu « ultra-gauche » (celle de Pannekoek et des conseillistes historiques, pas celle des années 70/80/90) qui implique une critique du syndicalisme en tant que tel, une critique de l’interclassisme, des cartels d’orgas, et une analyse du fascisme et de l’antifascisme.
- Notre position sur les luttes de libération nationale et sur le colonialisme (impliquant une analyse du sentiment d’appartenance dans les luttes).
Je ne développe évidemment pas. Le premier élément nous fait détester (oui ! parfois, le terme n’est pas trop fort) des « antifas » classiques, comme des syndicalistes. Le second des anars plus classiques (qui nous prennent pour des nationalistes) et, justement, des ultra-gauches divers et variés.

Evidemment toutes ces considérations et précisions ne sont nullement faites au nom de l’OCL, ni même de l’OCL-Poitou, mais sont personnelles.

Bises à toutes et tous

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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede conan le Jeu 30 Avr 2009 08:52

Bisous JPD, et ravi de te voir rôder dans ces parages ! :trinque:
Pour ma part je suis plutôt à la FA sur le Poitou, étant plutôt de nature synthésiste, mais pour autant j'éviterai de formuler quelque jugement abstrait que ce soit sur l'OCL. Je ne juge que sur pièce, d'après les actes ; et ce qui est certain, c'est que du haut de son âge respectable (et surtout de son expérience respectable), JPD n'a rien de celui qui se gargariserait d'une légitimité fondée sur une expérience passée, mais continue bel et bien à lutter, à participer à tout ce qui peut se faire -chapeau ! Le gaillard reste au taquet dans les luttes (pour ceux qui penseraient que l'OCL est une orga de papys donneurs de leçon), et m'a filé un sacré coup de main dernièrement !
Alors je ne sais pas si tous les gens de l'OCL sont ainsi, mais rien que pour lui c'est une orga qui vaut le détour. :D
Rendez-vous au 1er mai JP !
"L'anarchie, c'est la victoire de l'esprit sur la certitude" Georges Henein
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede leo le Jeu 30 Avr 2009 15:17

A propos de “Podemos”, Luco dit, à juste titre, que « la question de la destruction de l'état est "contournée"».

Oui, mais quelle est la lutte qui aujourd’hui ne contourne pas, n’évite pas la question de l’Etat ?
Dans tout ce qu’on peut voir, lire, participer, il s’agit toujours de combattre des politiques de l’Etat à un moment donné, sur tel ou tel aspect, donc de contester plutôt un gouvernement et ce qu’il fait que l’Etat en tant que tel, Etat dont ce gouvernement a la charge à un moment donné.
Et que disent les zapatistes ? Et Holloway ? Et certaines communautés indiennes rurales de Bolivie où il s’agit plus de faire sécession que de détruire l’Etat. Et chez les anars et assimilés, tous les partisans des expériences alternatives, communautaires, affinitaires, expérimentales… ? Ils butent sur la question de l'Etat, ils se “trompent” sans doute. Je dirais en parallèle qu’ils sont dans un excès de réalisme radical. Pour autant, cela n’en fait pas des “ennemis” mais des gens avec lesquels il doit être possible de se dialectiser sans renier ce que nous pensons de l’Etat et de sa nécessaire disparition (entre autre sujet).

Sur l’OCL là-dedans, je ne sais pas et ne peux parler à sa place.

Une hypothèse : dans le fait de relayer cette information, c’est peut-être plus la démarche que le contenu qui la motive.
Moi je trouve ça pas mal de pouvoir financer une publication (“Crisi”) tirée à 200 000 exemplaires en catalan, distribuée gratis à une population qui, comprenant cette langue, ne dépasse pas les 8 ou 9 millions de personnes (en incluant le Pays valencien et les Baléares) : faites le rapport.
Enfin, être solidaire d’un combat, ce n’est pas nécessairement être d’accord avec tous les termes de celui-ci. Sauf à rester entre soi.

J’ai connu des camarades de l’OCL se solidariser avec des gens dont il ne partageaient pas la moitié des idées. Simplement il y a parfois des actes, des manières d’être qui en disent plus et mieux que les mots.

La seule question qui me semble importante c’est : est-ce qu’autour d’Enric Duran ils vont rester à quelques dizaines à s’agiter ou parvenir à s’élargir ? Comment s’articule cette lutte avec d’autres, depuis la création toute récente d’“assemblées de chômeurs” dans pas mal de villes à la proposition d’organiser une “grève générale” à partir d’organisations et mouvements très minoritaires (petits syndicats alternatifs, anarcho-syndicalistes, organisations sociales locales, extrême gauche) ?
Enfin, dans l’Etat espagnol, il y a une certaine richesse des expériences “alternatives”, notamment les squats (okupas) beaucoup plus nombreux qu’en France y compris en zones rurales (en Navarre et Aragon surtout à ma connaissance) dont les contenus sont souvent assez intéressants car il y abordent souvent des questions de production et d’environnement au sens large (social).

Quand tu dis que l’OCL a généralement « une stratégie plus “classique” de confrontation avec l'appareil d'état à partir des luttes de classe, des luttes concrètes..., » je ne sais pas quoi dire à part essayer de faire comprendre qu’il y a à l'OCL de cela (du classique) et aussi autre chose, à la fois des luttes concrètes (dans leur concrétude comme dirait l’autre) et des questions de fond peut-être moins concrètes en terme de lutte collective immédiate.

Je ne peux que faire 3 remarques ou plutôt une remarque en 3 points.
J’ai connu (et participé à) une OCL à la fois :

1) très “classiste”, très chatouilleuse là-dessus, d’un “anti-capitalisme” à fleur de peau, sans concession, particulièrement à une période (les années 1980-2000) où l’on nous expliquait qu’il fallait faire surtout de l’anti-fascisme (certes affublé du qualificatif de “radical”), organiser des concerts de rock “alternatif” et boire de la bière et où le capitalisme était devenu un gros mot, auquel il fallait préférer le libéralisme ( et l’anti-Le Pen bien sûr ) et donc des alliances pour le moins douteuses pour le combattre. Période où la lutte des classes a été remplacée, grâce à la gauche au pouvoir ( !) par la thématique de l’ “exclusion” (le “in” et le “out”) et le retour en force d’une vision caritative et chrétienne de la pauvreté (Restos du cœurs, DAL, Abbé Pierre...).
Luttes de classes sur lesquelles toute une réflexion a eu lieu, à partir de l’évaluation de la rupture de la fin des années 70 sur un certain régime d’accumulation (les "30 glorieuses" pour faire vite), l'inauguration d'un nouveau cycle de “contre-offensive” de la bourgeoisie et donc une réévaluation des analyses sur les luttes de boîtes, notamment sur la nécessaire dimension interprofessionnelle et même au-delà ; sur l’articulation luttes de boîtes / luttes sur le territoire, renvoyant à ce que l’on peut qualifier de démarche “globaliste”, d’autant plus que les anciens paradigmes de la “centralité ouvrière” en vigueur jusqu’aux années 60 voire 70 n’avaient déjà plus aucune validité stratégique ou même simplement axiomatique.

2) très branchée sur l’internationalisme et les luttes de libération nationale, avec, par rapport au “mouvement” anar, des positions assez réalistes, tranchées et originales sur la question de l’appartenance, sur la référence au territoire, sur l’idée de communautés humaines concrètes (sinon, c'est la "communauté humaine" qui n'existe pas). Du Pays Basque à la Kanaky, tout un travail de réflexion, d’analyse a été fourni et qui a rencontré un certain écho chez pas mal de gens (libertaires ou non), et qui a aussi suscité des critiques voire des polémiques chez d’autres. Juste un point rapide là-dessus. Quand, par rapport à la crise sociale actuelle, plein de syndicalistes (et, au-delà, tous ceux/celles qui rêvent d’une grève générale) demandent la création d’un “LKP” en métropole, ont-ils une seule fois réfléchi au fait que celui-ci était le produit d’une situation particulière, d’un territoire où une bonne partie de la population partage un sentiment d’appartenance extrêmement marqué (et pas parce que c’est tropical, ni parce qu’ils sont presque tous noirs ou que c’est une île !) et que ce sentiment d’appartenance découle directement de la domination coloniale passée et présente et pas de la stricte domination capitaliste ou étatique. Quand en Corse, comme en Guadeloupe, le premier syndicat (en terme de voix aux élections) est indépendantiste, idem au Pays basque espagnol… il y a bien des moments où la question de "classe" rencontre la notion de "peuple".

3) très critique du productivisme à une époque où pratiquement personne dans le courant anar/libertaire ne s’en préoccupait, à part des gens de Lyon qui avaient bossé sur les textes de F. Partant puis sur ceux de Murray Bookchin (« Une société à refaire », ACL). Pour avoir participé à la rédaction de quelques textes, je peux témoigner que dès la fin des années 70, à partir de la lutte anti-nucléaire (manif de Creys-Malville, puis surtout lutte de Plogoff et d’autres ensuite) s’est engagé une réflexion critique sur le “développement des forces productives”, le contenu de la production, la question de la croissance, du “progrès”, de ce que l’on appelle les richesses. Réflexions que l’on a pu retrouver sur la question “paysanne”, à l’intersection de la critique du productivisme et de la dimension territoriale (et donc parfois “nationale”) de la lutte. Et qui dit, territoire, dit immédiatement politique car le politique est un « espace » qui peut coïncider avec l’espace « géopolitique » du territoire, du « pays ». Mais ça c’est un autre débat possible sur ce qu’il peut être qualifier sous le nom de “politique” comme est très politique, et non sociale, la critique du productivisme, du nucléaire, des modes de production et de consommation, des industries d’armements comme la politique des transports (TGV, voies rapides…), du publisexisme comme du marché de la “sécurité” ou de la “santé” ou de l’“entertainment ” qui, comme tout marché (toute “demande”) est toujours fabriqué par une “offre” préalable.

Je ne sais pas si tout cela forme une stratégie “classique”. J’y vois plutôt quelque chose qui sort assez de l’ordinaire, quelque chose d’assez hétérodoxe et qui sans doute peut expliquer une certaine absence ou difficulté de “lisibilité”.

Généralement et historiquement les “classistes”, arrimés à une histoire du mouvement ouvrier et donc au développement des “forces productives” qui n’est autre que celui du capitalisme, ne sont guère intéressés pas l’écologie, la question du “progrès”, les critiques sur les modes de consommation et les valeurs d’usage de biens produits, les usages de la science, etc. bref une critique du capitalisme pour d’autres raisons que la seule exploitation de la force de travail. Les “écolos” sensibles aux questions de progrès, de croissance, d’épuisement des ressources, sont très rarement réceptifs aux luttes sociales et à leurs capacités éventuellement transformatrices (il y a même parmi eux de fieffés élitistes et franchement réacs sur ces questions). Quant aux luttes de libération nationales, on y trouve de tout, depuis des composantes “ouvrières” ou populaires jusqu’aux notables qui visent l’accession au pouvoir, depuis les partisans de la globalisation financière et de ses retombées (par ex. le tout tourisme) jusqu’à ceux qui réfléchissent à d’autres voies d’une économie la plus autosuffisante possible et respectueuse d’un certain nombre de critère sociaux, ou culturels ou environnementaux.

Je ne sais si tout cela est vraiment « en rupture avec les positions de l'OCL ». Il y a quelque mois, Courant Alternatif a publié un article sur un projet de lieu de vie dans le sud du Périgord, porté par ses futurs habitants (une dizaine de futurs retraités, essentiellement des femmes), comme alternative aux maisons de retraite. Une coopérative d’habitat, sur un terrain de 2 ha, à l’orée d’un village, sur des principes d’autogestion, d’égalité, d’entraide et de solidarité, avec espace privatif pour chacun-e de 50 m2 et des parties communes, buanderie, salles de réunion, atelier, bibliothèque, potager… et un ensemble de constructions réalisées sur des bases écolos, avec un système d’emprunt collectif et avec la mise en commun de la charge de remboursement.
Ce n’est pas la révolution en Dordogne et le capitalisme ne tremble pas sur ces bases ni là ni ailleurs. Et pourtant cela existe, au moins comme projet, comme alternative au ghetto-mourroir de la maison de retraite. Courant Alternatif en a parlé. A-t-il bien fait ? D’un point de vue révolutionnaire, peut-être pas : ce n’est après tout qu’une manière de s’aménager des espaces dans les marges du système, de contourner l’Etat et en plus en osant demander des subventions aux pouvoirs publics. En tout cas, cet article, cette information a intéressé plusieurs personnes de mon entourage qui, à la cinquantaine bien tassée, se demandent, quelque peu anxieux et interrogatifs, quel sera leur avenir quand on refuse la perte d’autonomie que représente toute prise en charge et la peur, l’absurdité d’une solitude et de la désocialisation que le « troisième âge » semble inaugurer fatalement.

Pour finir, juste un point qui me semble important et qui est une question ouverte, une interrogation.
Je ne pense pas qu’il y ait aujourd’hui un schéma unique pour un quelconque “processus révolutionnaire”. Il n’y a pas de “modèle”.

Quant à ce qui se désigne couramment par “alternatives” sociales et/ou politiques, il n’y a pas de voie toute désignée, ça se saurait.
Il y a eu, il y a, il y aura des luttes et expériences diversifiées qu’elles soient dans (et contre) le système ou qu’elles visent à y échapper et créer quelque chose d’autre sur ses marges. Elles pourront peut-être s’ignorer ou se connaître et ne pas se comprendre ou au contraire trouver des points de jonction et d’articulation. Elles pourront croître ou refluer, gagner ou perdre.
Le capitalisme étend son influence sur tous les aspects de la vie, pas seulement au travail. Il est assez logique qu’il suscite autant de refus, de résistances, de rebellions. Depuis les arrêts de travail dans les entreprises jusqu’à l’occupation de logements vides et disponibles, depuis les bagarres pour conserver ici un bureau de poste, là un arrêt de train, ailleurs un service hospitalier jusqu’aux projets de lieux alternatifs comme des coopératives d’habitat pour personnes âgées ou autres, c’est cette multiplicité et la diversité qui fait la force des mouvements de résistance, mouvements, luttes, expériences qui pourraient bien, à force de colères accumulées, de manières plus ou moins coordonnées mais assurément transversales, décider de passer à la contre-offensive.
Et là cela devient encore plus intéressant.
leo
 
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Re: histoire de l'OCL par l'OCL

Messagede luco le Jeu 30 Avr 2009 18:13

Merci beaucoup Léo pour cet éclairage.

Vite fait même si c'est trop lapidaire pour tes développements très riches.

Sur Podemos :

Pour autant, cela n’en fait pas des “ennemis” mais des gens avec lesquels il doit être possible de se dialectiser sans renier ce que nous pensons de l’Etat et de sa nécessaire disparition (entre autre sujet).


Bien sûr. Je ne voulais absolument pas tracer une quelconque "frontière de classe" entre les "vrais" révolutionnaires et les horribles autres. Simplement je m'étonnais que l'OCL diffuse ce texte sans commentaire critique (mais je n'ai vu que la version Internet).

Bien sûr, il n'y a pas de modèle.

Mais une chose est sûre, les expérimentations sociales ne feront jamais "reculer" le capitalisme jusqu'à l'anéantir par la force de leur existence. Ce serait une drôle de ressucée du réformisme de Bernstein. Séduisante, ça évite la question de la confrontation avec l'état et ses forces coercitives, mais fausse. Malheureusement. De la décroissance aux mouvements anti-industriels, cette idée revient pas mal en ce moment.

Il faut être capable de comprendre et participer, de faire vivre ce que tu décris là :

Depuis les arrêts de travail dans les entreprises jusqu’à l’occupation de logements vides et disponibles, depuis les bagarres pour conserver ici un bureau de poste, là un arrêt de train, ailleurs un service hospitalier jusqu’aux projets de lieux alternatifs comme des coopératives d’habitat pour personnes âgées ou autres, c’est cette multiplicité et la diversité qui fait la force des mouvements de résistance, mouvements, luttes, expériences qui pourraient bien, à force de colères accumulées, de manières plus ou moins coordonnées mais assurément transversales, décider de passer à la contre-offensive.


En l'articulant à une propagande, une stratégie, plus classique de lutte contre l'état qui viserait au final, et malgré tout, à organiser une forme "d'assaut" contre le pouvoir.

Bon, c'est juste mon avis, celui de quelqu'un qui navigue entre marxisme révolutionnaire et marxisme libertaire depuis 20 ans. Je n'ai pas trouvé la formule magique non plus.

En tous cas, tout ce que tu dis sur l'aspect anti-productiviste, écolo, critique du progressisme... est très intéressant. Ca me paraît vraiment incontournable (ça aussi :-) aujourd'hui. Du coup, le partenariat avec Offensive n'en est que plus intéressant, étant donné qu'ils travaillent pas mal ces questions.

Sinon, JPD, c'est ZE JPD ?

Si c'est un "ancien", alors j'aimerais bien avoir quelques éclairages sur le contexte dans lequel a été tournée l'émission télé du "Front Libertaire" qu'on trouve sur daily Motion et qui vient des archives de l'INA. Une sorte de "tribune libre" pour la télé d'état ? Et pour l'anecdote, est-ce que les camarades qui parlent dans le poste sont encore soit à l'OCL, soit à AL, ailleurs ?
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luco
 
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