Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Espace de débats sur l'anarchisme

Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede 333 le Ven 13 Avr 2018 20:26

Chaque travailleur est libre et indépendant, pas d'autorité telle que l'entreprise ou l'Etat, chacun a le droit de posséder ce qui lui permet de travailler et de vivre, est libre de faire ses affaires et de coopérer avec qui il veut. Ce seul système permet un libre marché juste et une méritocratie du travail contrairement au capitalisme et au communisme qui ont tous deux montré leurs défaillances, et qui sont contre la liberté et l'identité de l'individu.
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede frigouret le Ven 13 Avr 2018 20:53

Bienvenue 333.

Le sujet m'intéresse beaucoup, j'espère que l'on pourra partager nos connaissances, références, perspectives et experiences à sur le sujet.
Il y a un fil présentation pour faire connaissance si tu veux.

Comment et par qui as tu découvert cette pensée?
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede Luka le Sam 14 Avr 2018 01:22

Tout à fait d'accord .
J'ajouterait que toute personne ayant une capacité de production devrait avoir le droit de créer un groupement avec d'autres producteurs où le pouvoir ,le capital et les biens sont repartis proportionnellement à la productivité .
En somme toute une entreprise sans patron .
Luka
 
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede frigouret le Sam 14 Avr 2018 08:06

n. m. (rad. mutuel)
Le mutualisme dont nous nous occupons ici est celui de l’école américaine, dont Clarence Lee Swartz a résumé, tout récemment encore, la définition, le programme et les revendications dans « What is Mutualism », édité par Vauguard Press, de New-York. Le mutualisme (qu’on appelle aussi mutuellisme) est un « système social basé sur l’égale liberté, la réciprocité et la souveraineté de l’Individu sur lui-même, ses affaires et ses produits ; il se réalise par l’initiative individuelle, le libre contrat, la coopération, la concurrence et l’association volontaire en vue de la défense contre l’agression et l’agresseur et de la protection de la vie, de la liberté et de la propriété du non-agresseur ». Le mutualisme se réclame, bien entendu, de Proudhon et l’école à laquelle je fais allusion considère comme siens Max Stirner, Josiah Warren, Stephen Pearl Andrews, Henry David Thoreau, Edward Carpenter Benjamin R. Tucker, Charles T. Sprading, Lev Tchorny (qui fut fusillé en 1921 par le gouvernement des Soviets), John Beverley Robinson, nous-mêmes et quelques autres.

Le mutualisme remonte plus haut. Aristote proclamait que « se procurer de l’argent par l’usure est contre nature..., que le profit prend sa source dans l’échange, mais que ce qui l’enfle est l’usure ». Epictète énonçait que...

« Celui-là est seulement libre qui vit comme il désire vivre, qui n’est soumis ni à la contrainte, ni à l’interdiction, ni à la violence ; dont les mouvements ne sont pas entravés et dont les désirs atteignent leur but. »
Le mot mutualisme, sous sa forme anglaise mutualism, semble avoir été employé pour la première fois par l’anglais John Gray en 1812. En 1849, l’américain William B. Greene reprenait ce mot et le définissait ainsi : « Le mutualisme a pour objet, de par sa nature même, de rendre superflu le gouvernement politique, basé sur la force arbitraire, c’est-à-dire qu’il vise à la décentralisation du pouvoir politique et à la transformation de l’Etat en substituant l’autogouvernement, le gouvernement du dedans, au gouvernement extérieur, le gouvernement du dehors ». Dans son livre : « De la capacité politique des classes ouvrières » Proudhon s’est servi à maintes reprises des termes « mutuellisme » et « mutuelliste » (1865). Dans sa « Solution du problème social » 1848), le mot « mutuel » se retrouve fréquemment. Le mutuellisme de Proudhon se basait sur la fameuse maxime :

« Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît ; faites constamment aux autres ce que vous voudriez en recevoir. »
Les deux grands principes du mutualisme sont ceux-ci :

L’individu qui ne s’en prend pas à autrui, le non-agresseur, ne saurait subir de contrainte quelconque ;

Aucune portion du travail personnel ne saurait être enlevée à qui que ce soit, sinon de son plein gré.

Ce sont deux postulats d’ordre négatifs, affirmant la souveraineté de l’individu, mais de ces deux postulats découle un corollaire d’ordre positif et constructeur : la réciprocité. La réciprocité implique, à son tour, l’initiative individuelle, la liberté de contrat et l’association volontaire par souveraineté individuelle, il faut entendre le contrôle absolu que l’individu non-agresseur doit pouvoir posséder sur lui-même, ses affaires personnelles et le produit de son travail.

Ces principes sont à la base des revendications du mutualisme actuel, lesquelles sont : au point de vue individuel : égale liberté pour tous, l’individu se trouvant garanti contre l’agression d’autrui ; au point de vue économique : réciprocité sans aucune entrave, comportant liberté absolue d’échange et de contrat, tout monopole ou privilège étant aboli ; au point de vue social : liberté complète d’association volontaire à l’abri de toute organisation coercitive.

Pour les mutualistes, le malaise social provient de ce qu’à l’origine un homme ou un groupe d’hommes voulut s’emparer du produit du travail d’autrui. Depuis lors, du brigandage aux raffinements d’escroquerie des institutions politiques, le mal n’a fait qu’empirer. L’effort accompli par l’individu isolé pour subjuguer et dépouiller son semblable se développa bientôt en un effort accompli par un clan, une tribu, un groupe pour en asservir un autre ; il ne s’agissait plus simplement de s’emparer de la propriété d’une ou de plusieurs personnes, mais de réduire en esclavage et d’emmener captives ces personnes elles-mêmes. De ce premier acte de conquête et d’assujettissement — acte de gouvernement — provient l’Etat, lequel a commencé par le brigandage sous sa forme grossière et qui continue à l’exercer sous la forme plus raffinée, mais aussi brutale de l’impôt obligatoire.

La fonction de l’État (voir ce mot) a été et continue d’être de réduire à l’impuissance et d’assujettir les personnes, d’asseoir et conserver sa domination sur toute l’étendue d’un territoire donné, de se garantir contre la révolte de l’intérieur et contre l’agression de l’extérieur, en un mot de se maintenir à tout prix en existence. Pour y parvenir, il lui fallut dépouiller non seulement le barbare ou l’étranger vaincu, mais encore ses propres administrés en masquant son vol sous l’euphémisme d’impôts. Pour ne pas périr, il lui fallut non seulement comprimer l’ennemi envahisseur, mais opprimer ses propres sujets en les punissant sous prétexte de trahison, lorsqu’ils s’opposaient trop manifestement à sa politique. L’Etat est devenu le principal agresseur de toute l’histoire.

L’Etat est le symbole du pouvoir ; en effet à l’égard de ses sujets, pris individuellement, il est omnipotent. Cette omnipotence produit le privilège. L’Etat peut prendre, mais il peut donner ; il peut punir, mais il peut récompenser ; il peut être tyrannique, mais il peut se montrer libéral. Ses actes, en un mot, peuvent être compensateurs. Il enlève à celui-ci et fait cadeau à celui-là, il opprime celui-ci, mais favorise celui-là. Quelle que soit la forme de l’Etat : en régime étatiste, il y a toujours certaines classes et certaines personnes jouissant de privilèges auxquels le reste des assujettis n’est pas admis à participer. Dans la pratique, et dans presque toutes les classes, il s’agit de privilèges permettant à leurs bénéficiaires de pressurer les personnes ou classes non privilégiées... Le mot Etat vient du latin status qui veut dire fixé et partout où on le rencontre, l’Etat se présente stationnaire, figé, immuable. Il synthétise les forces statiques de la vie sociale, en opposition aux forces dynamiques. Il insiste sur le maintien du statu quo, abhorre le changement, se repose entièrement sur le précédent et la tradition.

En résumé, les mutualistes reprochent au système étatiste : a) De s’immiscer dans la liberté personnelle, empêchant l’individu paisible, non agresseur, de vivre sa vie comme il l’entend ; b) De s’immiscer dans la liberté de la vie économique aux moyens des quatre grands monopoles principaux (monopole de l’émission monétaire, monopole foncier, monopole de la douane, monopole des brevets et patentes), dont les principaux résultats sont : l’exploitation des travailleurs et la restriction artificielle de la production. On passe très souvent sous silence ce dernier résultat de l’étatisme, plus néfaste même pour les travailleurs que l’exploitation ; et cela, alors que nous avons tous les jours sous les yeux le spectacle de l’oisiveté involontaire (ou chômage), des grèves, des lock-outs, du manque de crédit mobile et à bon marché, la horde croissante des parasites non producteurs et de leurs domestiques.

Les mutualistes voient dans le principe de « l’égale liberté » la possibilité de rendre l’Etat inoffensif et de réaliser leurs idéaux. Ce principe, formulé par Herbert Spencer, est que tout être a le droit de revendiquer la liberté la plus complète de faire comme il lui plaît, à condition qu’autrui jouisse de la même liberté. Les mutualistes pensent, que, seule l’éducation permet à l’individu de se rendre compte si l’acte qu’il accomplit permettra à autrui d’exercer sa liberté dans la même mesure que lui. Prenons l’exemple classique de deux personnes regardant un même objet ; si elles sont placées l’une à côté de l’autre, il y a liberté égale de regard pour chacune ; si l’une des deux personnes se place devant l’autre il y a empiètement et atteinte à la liberté de vision de la personne infériorisée. Dans la pratique, la coopération et la concurrence — l’association basée sur le contrat — permet de définir les limites de l’égale liberté. Tout le problème de l’éducation mutualiste consiste en ceci : que l’individu acquière un développement tel qu’il puisse considérer avec autant d’impartialité la situation d’autrui que la sienne propre.

Il ne faudrait pas croire que les mutualistes tiennent à l’écart le curieux, l’expérimentateur, le non-conformiste et cela dans tous les domaines. Ils ne leur demandent que de ne pas contraindre à faire route avec eux ceux qui ne s’y sentent pas disposés. Ils considèrent que le milieu tout entier n’a qu’à gagner à la pratique de la méthode du droit à l’essai et à l’erreur pour tous.

Les propositions du mutualisme sont innombrables. Citons-en quelques-unes : Coopératives de production, de consommation, d’échange. Banques mutualistes, selon la formule proudhonienne ; c’est-à-dire instituant le crédit gratuit grâce à la circulation sans numéraire. Le prix du produit, basé sur l’effort qu’il a coûté, fixé avant sa présentation sur le marché. Libre échange et abolition des octrois et des douanes. Concurrence dans le domaine des transports et des communications. Mise à la disposition de tous ceux qui en sont privés, des terrains que leurs propriétaires ne font pas valoir, des maisons ou logements que leurs possesseurs n’habitent pas. Propriété absolue et absolue disposition des produits du travail de la personne humaine. Solution de toutes espèces de délits ou litiges par le jury. Arbitrage volontaire. Ostracisme et boycottage comme sanctions. Assurance et garantisme dans tous les domaines de l’activité humaine. Non intrusion dans les relations privées entre hommes et femmes de quelque nature qu’elles soient. Liberté pour l’enfant dès qu’il a atteint l’âge de passer contrat (jusque là, selon les mutualistes, il est considéré comme une dépendance de ses parents) de rejeter la tutelle de sa famille et d’en choisit, toute autre consentant à l’accueillir. Instruction et éducation individuelles, non obligatoires, visant à faire de l’élève une personnalité apte à penser par et pour elle-même, hors de toute doctrine ou système préconçu, préparé à vivre plus tard, selon ses idées et non celles de ses professeurs. Liberté absolue d’association ; développement conséquent de toutes les initiatives imaginables : éducatives, « colonies », milieux d’expérimentation ou autres.

Contre l’Etat oppresseur, les mutualistes préconisent volontiers, mais à titre absolument volontaire : l’ignorance des lois, la résistance passive, le refus de payer l’impôt, la non-coopération aux fonctions oppressives et agressives.

— ***E. ARMAND***
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede 333 le Sam 14 Avr 2018 09:16

frigouret a écrit:Bienvenue 333.

Le sujet m'intéresse beaucoup, j'espère que l'on pourra partager nos connaissances, références, perspectives et experiences à sur le sujet.
Il y a un fil présentation pour faire connaissance si tu veux.

Comment et par qui as tu découvert cette pensée?


Salut frigouret,
Je m'intéresse depuis pas mal de temps aux différentes formes de l'anarchisme et aux alternatives économiques (sur Internet), le mutuellisme de Proudhon est celle qui m'a le plus parlé. Je suis aussi transhumaniste et pense que le mutuellisme peut mener vers le progrès.
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede frigouret le Sam 14 Avr 2018 10:54

Je ne connais pas bien le transhumanisme, j'ai même pour l'instant un apriori plutôt défavorable. Je veux dire que bien sur on peut espérer un progrès de la morale, mais trifouiller les caractéristiques humaine par la technique, la science , bof, l'idée ne me plait pas.
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede 333 le Sam 14 Avr 2018 12:38

frigouret a écrit:Je ne connais pas bien le transhumanisme, j'ai même pour l'instant un apriori plutôt défavorable. Je veux dire que bien sur on peut espérer un progrès de la morale, mais trifouiller les caractéristiques humaine par la technique, la science , bof, l'idée ne me plait pas.


Si certains individus (comme moi) seraient volontaires pour développer la technologie et améliorer ses capacités physiques, pourquoi pas? Je peux comprendre que tout le monde n'adopterait pas cette pratique
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede Luka le Dim 15 Avr 2018 01:09

Bon ... j'avais peur d'être d'accord.
Et j'ai vu ton avis sur l'Etat ,encore une fois il ne faut pas confondre le principe et l'application .Le principe est (selon moi) bon mais doit être amélioré ,mais les applications sont mauvaises .
Après le monopole monétaire est obligatoire ,et c'est incontestable car si tout le monde pouvait frapper des euros ce serait la fin ,en revanche créer sa monnzaie n'est pas interdit mais personne ne sera obligé de l'accepter .

Je rajouterait une autre "règle" à ta définition :
"Chacun peut faire ce qu'il désire dans la mesure où cela n'inpacte pas la capacité d'autre à exercer ce même droit"
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede leNouveau le Dim 15 Avr 2018 09:37

Sur le Mutuellisme merci à Frigouret d'avoir développé

Sur le Transhumanisme, je pense que c'est un projet techno-scientiste et anti-humain;
il mériterait un topic à lui seul
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede frigouret le Dim 15 Avr 2018 14:54

Après sur le mutuellisme il y a aussi toute la série d'articles d'Ernest Lesigne que j'ai posté récemment sur le forum avec un fil dédié, en anglais malheureusement car son souvenir ne nous reste qu'à travers les traductions de Tucker.

De nos jours le mutuellisme ne vit réellement ( intellectuellement ) qu'outre atlantique a travers des personnages comme Kevin Carson ou Gary Chartier on peut consulter leur site le c4ss .
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede Luka le Dim 15 Avr 2018 23:40

Par contre je ne comprends pas pourquoi ce système n'est pas répandu ?En cours d'éco je ne l'ai jammais vu ...
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede frigouret le Lun 16 Avr 2018 08:55

Peut être parce que le mutuellisme ne concerne pas uniquement l'economie, il a une dimension qui s'apparente au droit aussi ( il veut que tous les rapports humains soit basés sur le volontariat, il réfute le principe d'autorité, de gouvernement) , et même je pense qu'il touche à la morale, fais constamment aux autres ce que tu voudrais qu'ils te fassent, alors on peut se dire qu'un progrès moral ( même si il est objectivement beaucoup moins exigeant que l'altruisme total de l'homme nouveau communiste) est utopique. Enfin c'est une piste de réflexion , bien que certains mutuellistes aient toujours affirmé que leur système est compatible avec l'homme tel qu'il est.
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede Luka le Lun 16 Avr 2018 13:47

De plus ce système appliqué au monde de l'entreprise ne serait pas difficile à mettre en place .
Il suffit de créer un nouveau statut d'entreprise mutuelliste en facilitant le depart/entrée d'une entreprise pour que les groupes de travailleurs se fassent concurrence.
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede frigouret le Lun 16 Avr 2018 15:13

Émile Armand , un anarchiste individualiste du bebut du XXème siècle, avait dressé une liste de droits suceptibles de garantir la liberté individuelle , le cadre d'une economie mutuelliste si tu veux.


Règlement des rapport qu’ils peuvent entretenir entre eux (intellectuels, économiques, éthiques, récréatifs, etc.) au moyen de contrats passé sans recours à une forme d’État quelconque. Ces contrats sont résiliables.
Possession à titre inaliénable du moyen de production par le producteur, association ou isolé, dès lors que c’est l’isolé ou l’association qui le fait valoir par ses propres moyens et à ses risques et périls.
Le produit au producteur — association ou isolé — et liberté absolue d’en disposer à sa guise sans passer par une filière administrative imposée ou un organe central.
Emission libre d’une monnaie-valeur d’échange ayant cours uniquement parmi ceux qui veulent s’en servir.
Pleine et entière faculté d’association volontaire dans tous les domaines.
Garantie de non immixtion d’un individu quelconque ou d’un pouvoir central dans la vie privée des personnes ou le fonctionnement intime des associations.
Toute liberté de concurrence entre les personnes et les associations, avec équilibre garanti au point de départ, de sorte que le producteur ne tombe pas au rang de manœuvre et que le consommateur ne soit pas contraint d’accepter une utilité de qualité inférieure.
La garantie de non intervention dans le fonctionnement des associations d’ordre sentimental ou sexuel, quelles que soient leurs modalités et pourvu qu’on y adhère et qu’on s’en retire à son gré.
Pleine et entière faculté d’expression, de diffusion, de publication de la pensée et de l’opinion, par l’écrit ou la parole, en public ou en privé.
Autonomie, intégrité, inviolabilité de la personne humaine, — de l’unité sociale, — de l’Individu-homme ou femme — comme la base, la raison d’être et la fin des rapports entre les terriens, où qu’ils habitent et quelle que soit leur race.
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede 333 le Lun 16 Avr 2018 16:47

Luka a écrit:Bon ... j'avais peur d'être d'accord.
Et j'ai vu ton avis sur l'Etat ,encore une fois il ne faut pas confondre le principe et l'application .Le principe est (selon moi) bon mais doit être amélioré ,mais les applications sont mauvaises .
Après le monopole monétaire est obligatoire ,et c'est incontestable car si tout le monde pouvait frapper des euros ce serait la fin ,en revanche créer sa monnzaie n'est pas interdit mais personne ne sera obligé de l'accepter .

Je rajouterait une autre "règle" à ta définition :
"Chacun peut faire ce qu'il désire dans la mesure où cela n'inpacte pas la capacité d'autre à exercer ce même droit"


Pourquoi pas la liberté de créer sa monnaie? Le monopole monétaire c'est ce qu'on a maintenant et c'est de l'exploitation, la valeur d'une monnaie pourrait reposer sur le travail qui a été demandé pour la créer/la trouver
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede frigouret le Lun 23 Avr 2018 14:54

Si on veut passer à l'action et propager l'idée mutuelliste on devrait faire de traduction.

Par exemple cet article de Carson me semble intéressant, je dis me semble car je ne possède qu'un anglais très populaire et je suis plus à l'aise pour demander la truelle en perfidealbion que pour saisir des concepts économiques ou philosophiques. Bon en gros il s'attache à distinguer le marché libre du capitalisme, il diagnostique comment des rentes sont perçues grâce aux mécanismes de pouvoir et fait une métaphore un peu malicieuse entre l'idéal communiste et les résultats espérés du marché libre et du communisme dans sa dimension généreuse. Mais je me sens incapable seul d'en faire une traduction potable.

Kevin Carson
Who Owns the Benefit? The Free Market as Full Communism
There’s a wonderful phrase for how capitalism works in the real world (I’m not sure who first came up with it, but I associate it with Noam Chomsky): “The socialization of risk and cost, and the privatization of profit.”

That’s a pretty good description of what the state does under actually existing capitalism, as opposed to the free market. Just about everything we identify as problematic about corporate capitalism — the exploitation of labor, pollution, waste and planned obsolescence, environmental devastation, the stripping of resources — results from the socialization of cost and risk and the privatization of profit.

Why haven’t the cybernetic revolution and the vast increases in productivity from technological progress resulted in fifteen-hour work weeks, or many necessities of life becoming too cheap to meter? The answer is that economic progress is enclosed as a source of rent and profit.

The natural effect of unfettered market competition is socialism. For a short time the innovator receives a large profit, as a reward for being first to the market. Then, as competitors adopt the innovation, competition drives these profits down to zero and the price gravitates toward the new, lower cost of production made possible by this innovation (that price including, of course, the cost of the producer’s maintenance and the amortization of her capital outlays). So in a free market, the cost savings in labor required to produce any given commodity would quickly be socialized in the form of reduced labor cost to purchase it.

Only when the state enforces artificial scarcities, artificial property rights, and barriers to competition, is it possible for a capitalist to appropriate some part of the cost savings as a permanent rent. The capitalist, under these conditions, is enabled to engage in monopoly pricing. That is, rather than being forced by competition to price her goods at the actual cost of production (including her own livelihood), she can target the price to the consumer’s ability to pay.

That form of enclosure, via “intellectual property,” is why Nike can pay a sweatshop owner a few bucks for a pair of sneakers and then mark them up to $200. Most of what you pay for isn’t the actual cost of labor and materials, but the trademark.

The same is true of artificial scarcity of land and capital. As David Ricardo and Henry George observed, there is some rental accruing on the natural scarcity of land as a non-reproducible good. There’s considerable disagreement among Georgists, mutualist occupancy-and-use advocates, and other libertarians as to whether and how to remedy those natural scarcity rents. But artificial scarcity, based on the private enclosure and holding out of use of vacant and unimproved land, or on quasi-feudal landlord rights to extract rent from the rightful owners actually cultivating arable land, is an enormous source of illegitimate rent — arguably the major share of total land rent. And regardless of any other steps we may be advocate, principled libertarians are all in favor of abolishing this artificial scarcity and — at the very least — letting market competition from vacant land drive down land rent to its natural scarcity value.

We favor, as well, opening up the supply of credit to unfettered market competition, abolishing entry barriers for the creation of cooperative lending institutions, and abolishing legal tender laws of all kinds, so that market competition will eliminate a major portion of total interest on money.

But while demanding the socialization of rent and profit may be frowned upon by capitalists as “class warfare,” they’re totally OK with the socialization of their operating costs. The main reason modern production is so centralized and both firms and market areas are so large, is that the state has subsidized transportation infrastructure at the expense of the general public, and made it artificially cheap to ship goods long distance. This makes large-scale, inefficient producers artificially competitive against small-scale producers in the local markets they invade with the state’s help. That’s why we have giant retail chains driving local retailers out of business, using their own internalized “warehouses on wheels” wholesale operations to distribute goods manufactured by sweatshops in China.

The past forty years’ loss of biodiversity, deforestation, and CO2 pollution has occurred because the ecosystem as a whole is an unowned dump, rather than being a regulated commons. The state typically preempts “ownership” of forests, mineral deposits, etc. — often to the prejudice of indigenous peoples already inhabiting the areas — and then gives privileged access to extractive industries that are able to strip mine them of resources without internalizing the actual costs incurred.

As surprising as it might seem, there’s a strong parallel between this free market vision of abundance and the Marxist vision of full communism. Carl Menger wrote of economic goods (i.e., goods subject to economic calculation because of their scarcity) becoming non-economic goods (i.e., that their abundance and near-zero production cost would make the cost of accounting greater than the production cost, if any). This parallels a major strain of thinking among socialists in the free culture/open source/P2P movement. They see the communist mode of production practiced by Linux and other open-source developers as the kernel of a new post-capitalist, post-scarcity social formation. Much as capitalist production started out in tiny islands inside the larger feudal economy and later became the core of a new, dominant social formation, commons-based peer production is the core around which the post-capitalist economy will eventually crystallize.

And we free marketers are also information communists. We want the benefits of knowledge and technique to be fully socialized. The largest single share of profit under the current model of corporate capitalism is embedded rents on the artificial scarcity of knowledge and technique.

In a society where waste and planned obsolescence were no longer subsidized, and there were no barriers to competition socializing the full benefits of technological progress, we could probably enjoy our present quality of life with a fifteen-hour work week. And in a society where the dominant mode of production was craft production with cheap, general-purpose CNC machine tools (as Kropotkin anticipated over a century ago in Fields, Factories and Workshops), the division of labor and the dichotomy between mental and physical labor would be far less pronounced.

Taken together, these two outcomes of free market competition in socializing progress would result in a society resembling not the anarcho-capitalist vision of a world owned by the Koch brothers and Halliburton, so much as Marx’s vision of a communist society of abundance in which one may “do one thing today and another tomorrow, to hunt in the morning, fish in the afternoon, rear cattle in the evening, criticise after dinner, just as I have a mind, without ever becoming hunter, fisherman, herdsman or critic.”
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede frigouret le Mer 25 Avr 2018 22:11

Thomas Hodgskin, critique du capitalisme, critique de l'étatisme, partisan du syndicalisme et du marché libre, peut être un précurseur du mutuellisme.
https://youtu.be/qW4vAEM3Sj0
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede leNouveau le Dim 29 Avr 2018 17:03

Ci dessous ma traduction du texte de Kevin Carson ce qui ne veut pas dire que j'adhère
mais ça peut servir de base à une discussion

Le français est un peu approximatif et lourd par moments, mais je ne pense pas avoir fait de contre sens
merci de corriger si c'est le cas



Kevin Carson
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Qui détient les bénéfices ? Le Libre Marché comme Communisme Intégral

Il existe une phrase merveilleuse qui explique le fonctionnement du Capitalisme dans le monde réel
(je ne suis pas sur qui est le premier à l'avoir employée, mais je l'associe à Noam Chomsky) :
« La socialisation des risques et des coûts et la privatisation des profits »

C'est une assez bonne description de l'action de l'état sous le régime capitaliste tel qu'il est appliqué,
à l'opposé du libre marché. Pratiquement tout ce que nous identifions comme problématique à
propos du capitalisme, l'exploitation du travail, la pollution,les déchets et l'obsolescence
programmée, la destruction de l'environnement, le pillage des ressources, résulte de la socialisation
des coûts et des risques et la privatisation des profits.

Pourquoi la révolution cybernétique, les importantes augmentations de productivité dues au progrès
technologique n'ont elles pas abouti à la semaine de travail de 15h, la quasi gratuité des produits de
première nécessité ? La réponse est que le progrès économique est retenu comme source de revenu
et de profit.

L'effet naturel d'un marché libre et concurrentiel sans restriction est le socialisme. Pendant une
courte période l'innovateur perçoit un bénéfice important, une sorte de récompense d'être le premier
sur le marché. Au fur et à mesure que ses concurrents adoptent son innovation, la concurrence fait
tendre les profits vers zéro et le prix gravite autour du coût de production rendu possible par cette
innovation. (ce prix incluant bien sur, le coût de maintenance du producteur et l'amortissement de
son capital de départ). Par conséquent, dans un Marché libre, les économies de coût de main
d'oeuvre nécessaire à la fabrication de n'importe quel produit, seraient rapidement socialisées sous
forme de réduction de coût de main d'oeuvre pour l'acquérir.

Il n'y a que lorsque l'état impose des pénuries artificielles, des droits de propriétés artificiels et des
barrières à la compétition qu'il est possible pour un capitaliste de s'approprier une partie des
économies des coûts de production comme revenu permanent. Ces conditions permettent au
capitaliste de se lancer dans une politique de prix monopolistique. C'est à dire qu'au lieu d'être
obligé par la concurrence de chiffrer ses articles au coût réel de production (incluant ses propres
moyens d'existence) il peut viser le prix que le consommateur peux payer.

Cette forme d'enclosure -1-, à l'aide de la « propriété intellectuelle » est la raison pour laquelle Nike
peut donner quelques dollars à un propriétaire de « sweatshop » -2- pour une paire de baskets et la
revendre jusqu'à 200 dollars. La majeure partie du prix à payer n'est pas le coût réel du travail
et des matériaux, mais la marque.

La même chose est vraie pour la rareté artificielle de la terre et du capital. Comme David Ricardo
et Henry Georges l'ont observé, il y a accumulation de rente sur la rareté de la terre à cause de la
non-reproductibilité de ce bien. Il y a un profond désaccord parmi les Georgistes, défenseurs
de l'occupation et utilisation -3- mutuelliste, et autres libertaires sur l'idée même et la façon
de corriger ces profits basés sur la rareté naturelle. Mais la pénurie artificielle, basée sur l'enclosure
privée et la rétention de terrains libres et inutilisés, ou l'extorsion de loyers aux propriétaires
légitimes, {c'est à dire les} cultivateurs de terres arables, grâce à des droits quasi féodaux est une
source énorme de revenu illégitime – probablement la majeure partie du revenu total de la terre.
Et sans tenir compte des différentes mesures que nous pourrions défendre, tous les libertaires
sont en faveur de l'abolition de cette pénurie artificielle et – au minimum – de laisser la concurrence
des terres inoccupées faire baisser les prix des loyers jusqu'à leur valeur naturelle {due à leur
disponibilité}

Nous préconisons également, d'ouvrir la possibilité de crédit à la concurrence du marché libre,
d'abolir les barrières à la création de coopératives de prêts, et d'abolir les lois de toutes sortes
sur les monnaies, pour que la concurrence du marché élimine la majeure partie de l'intérêt
sur les monnaies.

Mais alors que les capitalistes voient d'un mauvais oeil la demande de socialisation des rentes et
profits, la considérant comme « guerre de classes », ils sont totalement d'accord pour socialiser
les coûts d'opération. La principale raison pour laquelle la production moderne est autant centralisée
et les entreprises et les zones de marché aussi importantes, est que l'état a subventionné
les infrastructures de transport au dépens du grand public et a rendu artificiellement bon marché
le transport de marchandises sur de longues distances. Le résultat est que les gros producteurs
gaspilleurs {de ressources}, sont artificiellement compétitifs par rapport aux petits producteurs
sur les marchés locaux qu'ils envahissent avec l'aide de l'état. C'est pourquoi nous voyons des
chaines géantes de magasins contraindre les petits détaillants locaux à la faillite, grace à l'utilisation
de leur propres opérations « entrepôts roulants » de ventes en gros internalisées pour distribuer
des produits manufacturés par des « sweatshops » en Chine.

La perte de biodiversité, la déforestation et la pollution au CO2 des quarante dernières années a pu
se produire car l'écosystème dans son ensemble est une décharge sans propriétaire au lieu d'être
un bien commun régulé. Typiquement, l'état préempte la « possession » de forêts, dépôts minéraux,
etc … - bien souvent au préjudice des peuples indigènes habitants au préalable ces zones – pour
donner ensuite un accès privilégié aux industries extractrices capables de piller les dépouiller de
leurs ressources sans internaliser les coûts réels induits.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a un fort parallèle entre cette vision libre marché
de l'abondance et la vision Marxiste du communisme intégral. Carl Menger a écrit sur les produits
économiques (ie, produits sujets aux calculs économiques à cause de leur rareté) devenant des
produits non-économiques (ie, leur abondance et leur coût de fabrication près de zéro, rendraient
leur coût de comptabilité plus important que leur coût de production). Ceci est comparable à un
effort de réflexion important pour les socialistes dans le milieu de la culture du libre, du mouvement
open source/P2P. Ils voient dans le mode de production communiste pratiqué par les développeurs
Linux et autre open-source programmes, le noyau d'une création sociale post-capitaliste, postpénurie.
De la même façon que la production capitaliste a démarré dans des ilots isolés au sein
d'un ensemble économique féodal pour devenir plus tard le noyau d'une société dominante nouvelle,
la production commune, d'égal à égal est le noyau autour duquel l'économie post-capitaliste finira
par cristalliser.

Et nous, partisans du libre marché, sommes aussi des communistes de l'information. Nous
voulons que les bénéfices du savoir et de la technique soient complètement socialisés.
La part du profit la plus importante sous le régime actuel de capitalisme industriel est le profit
intégré sur la pénurie artificielle de savoir et de technique.

Dans une société où les déchets et l'obsolescence programmée ne seraient plus subventionnées, et
où les barrières à la compétition socialisant complètement les bénéfices du progrès technologique
seraient supprimées, nous pourrions probablement jouir de notre qualité de vie actuelle avec une
semaine de travail de quinze heures. Et dans une société où le principal mode de production serait
l'artisanat, avec des machine-outils numériques peu onéreuses (comme Kropotkine l'avait anticipé
il y a plus d'un siècle dans "Champs, usines et ateliers"), la division du travail et la dichotomie
entre travail intellectuel et travail physique serait beaucoup moins prononcée.

Ces deux effets de la concurrence du libre marché combinées en socialisant le progrès, résulteraient
en une société ne ressemblant pas à la vision anarcho-capitaliste d'un monde possédé par les frères
Koch et Halliburton, beaucoup plus à la vision de Marx d'une société communiste d'abondance
dans laquelle quelqu'un pourrait « faire une chose aujourd'hui et une autre demain, chasser le matin
pécher l'après-midi, m'occuper des bêtes le soir, critiquer après diner, sans jamais devenir chasseur,
pécheur, éleveur ou critique »

notes :
les expressions entre parenthèses (...) sont dans le texte original
j'ai ajouté les expressions entre accolades {...} pour aider à la compréhension

-1- enclosure : littéralement = clos, enclos, lieu limité par une clôture
je pense qu'il y a une allusion au mouvement des enclosures qui a vu en Angleterre à partir du XIIème siècle,
les nobles et les gros éleveurs, s'accaparer petit à petit les "common lands" terres communales, à la disposition
de tous en libre-service. Le parlement validera bien plus tard cet état de fait par plusieurs Enclosure Acts

-2- sweatshop : littéralement = fabrique de sueur, se dit des ateliers principalement situés en Asie dans le milieu
de la confection, dans lesquels les travailleurs sont employés dans des conditions déplorables d'hygiène et de sécurité
pour un salaire de misère

-3- la terre appartient à celui qui la travaille
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede frigouret le Dim 29 Avr 2018 19:26

Et bien tu es rentré dans le cercle très fermé et confidentiel des traducteurs d'écrits mutuellistes en français :).
Je ne remarque pas de contre sens, bon boulot.
8-)
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Re: Le mutuellisme est le seul système économique individualiste

Messagede frigouret le Lun 30 Avr 2018 10:46

La même chose est vraie pour la rareté artificielle de la terre et du capital. Comme David Ricardo
et Henry Georges l'ont observé, il y a accumulation de rente sur la rareté de la terre à cause de la
non-reproductibilité de ce bien. Il y a un profond désaccord parmi les Georgistes, défenseurs
de l'occupation et utilisation -3- mutuelliste, et autres libertaires sur l'idée même et la façon
de corriger ces profits basés sur la rareté naturelle. Mais la pénurie artificielle, basée sur l'enclosure
privée et la rétention de terrains libres et inutilisés, ou l'extorsion de loyers aux propriétaires
légitimes, {c'est à dire les} cultivateurs de terres arables, grâce à des droits quasi féodaux est une
source énorme de revenu illégitime – probablement la majeure partie du revenu total de la terre.
Et sans tenir compte des différentes mesures que nous pourrions défendre, tous les libertaires
sont en faveur de l'abolition de cette pénurie artificielle et – au minimum – de laisser la concurrence
des terres inoccupées faire baisser les prix des loyers jusqu'à leur valeur naturelle {due à leur
disponibilité}

Sur ce point j'ai remarqué l'expérience de la société civile immobilière du larzac.
http://www.agter.org/bdf/fr/corpus_chem ... min-9.html

En tant que paysan voulant, pour l'instant, continuer à fonctionner en individualiste je trouve cette solution convenable. Bien sur il faut que les baux emphyteotiques soient très solides et bien sur surveiller de très près la commission d'attribution des dit baux.
8-)
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