AFP
L'avocate féministe Gisèle Halimi a estimé mercredi à propos de l'affaire Strauss-Kahn que "le respect des femmes" devait "prévaloir sur l'amitié et l'esprit de clan", se disant de ce point de vue "déçue par la gauche".
Pour Gisèle Halimi, interrogée dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, la jeune femme employée de l'hôtel Sofitel de New York qui accuse Dominique Strauss-Kahn d'agression sexuelle "dit la vérité".
"Comment voulez-vous croire qu'une simple femme de ménage, noire, mère célibataire de surcroît, ne dise pas la vérité ? Quel serait son intérêt ?", ajoute-t-elle.
Cette femme "a osé parler. Mais bientôt, on va fouiller dans sa vie privée (...) J'ai commencé à lire ici ou là des dénigrements. Mises en cause, ces femmes finissent par sombrer dans une dépression et regrettent d'avoir porté plainte", note l'avocate, en affirmant que "l'objectif est, bien sûr, de les contraindre au silence".
Interrogée sur les images du directeur du FMI sortant du commissariat menotté, elle y a vu "une leçon d'indépendance et d'intégrité de la justice américaine" tout en reconnaissant "une sorte de commisération à l'égard de la chute d'un homme".
Elle se dit "persuadée que si cette affaire était arrivée en France, on n'en aurait rien su".
Evoquant "la levée de boucliers des amis" de Dominique Strauss-Kahn, elle se dit "déçue par la gauche". "Il ne me semble pas avoir entendu les Aubry, Guigou, Royal exprimer leur compassion pour la victime". "Je le regrette car s'il y a une chose qui doit prévaloir sur l'amitié, l'esprit de clan, c'est le respect des femmes", dit-elle.

Ce DSK n'est pas de mon monde, il représente ce que je déteste le plus et je me désintéresse de son avenir politique et personnel
Béatrice a écrit:Et puis , la soi-disante "misère sexuelle" des politiques ne peut être un début d'argumentation
pour justifier une agression sexuelle !
D'ailleurs , pour échapper à cette soi-disante "misère" sexuelle , ils ont toujours la possibilité de mettre
un terme à leurs activités politiques ! A plus d'un titre , cela épargnera leurs potentielles victimes et
l'ensemble de la population !
!!!!!Le Monolecte a écrit:En première lecture, l'affaire DSK, c'est essentiellement beaucoup de bruit pour rien. Par contre, ce qui est significatif, c'est la teneur des réactions et l'absence totale de distanciation à l'information.
DSK, c'est un homme, une vie, une œuvre, le tout réduit à un acronyme bien parti pour rester dans les pages saumon de l'histoire, au chapitre pantalonnades. DSK, c'est l'antonyme du RSA, trois petites lettres qui parcourent tout le spectre de notre organisation sociale.
À ma droite — parce que c'est bien là la place qui lui correspond le mieux —, DSK, l'ex-futur-président, le toujours-maître-du-monde, l'homme blessé, lynché, lâché, le présumé innocent, dont la presse taisait depuis tant d'années les turpitudes. À ma gauche, le RSA, l'obole de l'infamie, la marque des ratés, des surnuméraires, des profiteurs dont la presse acharnée n'a de cesse de dénoncer le parasitage, cette caste de rentiers, de vautours, tous présumés coupables par défaut, coupables d'être les perdants d'un système gouvernés par les vainqueurs. Deux acronymes, deux destins vertigineusement divergents, deux traitements diamétralement opposés, l'homme de pouvoir, riche, puissant jusqu'au fond du slip griffé, contre la masse anonyme des sans-grade, des sans voix, des riens-du-tout. Deux mondes. Deux traitements. Chronique de l'iniquité ordinaire, de l'inégalité érigée en principe de fonctionnement indépassable.
Ce qui est marquant, c'est la solidarité de classe qui est à l'œuvre dans cette affaire. Aux antipodes d'Outreau. Et par là même, la négation de tout jugement de classe dans le fonctionnement même de notre société. L'habituelle rencontre entre les rednecks de la cambrousse défavorisée et les colleges guys de la ville moderne et huppée.
Mais comment pouvez-vous penser que ce grand homme est assez con pour se faire piéger par sa bite ?
Lui qui peut toutes les avoir ?
Après le too big to fail, voici le too powerfull to rape.
Et voilà ceux qui ne remettent jamais en question la moindre version officielle, fut-elle réécrite 20 fois sous leurs yeux, ceux qui houspillent les méfiants, les dubitatifs, les pinailleurs, les voilà en train de beugler tous en chœur au complot ! Parce que cela ne peut être que cela, parce qu'il n'y a pas d'autre explication.
Le monde Audi
DSK, c'est un peu comme Séguéla, la sécrétion naturelle d'une société éminemment corrompue et entièrement vouée au culte du fric et du paraître. DSK, comme tous ses petits copains de la politique-Fouquet's, il ne faut pas s'y tromper, c'est la quintessence de la pub Audi qui me fit tousser en mon temps :
Il a l'argent, il a le pouvoir, il a une Porsche Audi : il aura la femme.
Parce que franchement, à quoi ça sert d'être le maître du monde si tu ne peux pas faire strictement tout ce que tu veux ?
Comment penser une demi-seconde que les questions de consentement d'une boniche et autres pinailleries du genre puissent intéresser des gens tellement puissants, tellement ivres de leur pouvoir sur le reste de l'humanité, eux qui, d'un trait de plume, peuvent décider qui va vivre ou mourir, qui va manger ou crever, qui va se soigner, qui va être éduqué dans la plupart des pays du monde ? DSK, c'est le maître après Dieu, c'est le grand ordonnateur des purges financières qui vont plonger des peuples entiers dans une misère que nous ne voulons même pas envisager et vous pensez vraiment qu'il considère la boniche de sa suite à 3 000 $ la nuit autrement que comme un dû, un service annexe, quelque chose entre la serviette de bain brodée et la collection de mignonnettes du minibar ?
DSK n'est pas un séducteur. Ni un sex-addict. Ni un malade. Ni un con, d'ailleurs. C'est juste un homme puissant qui a intégré les codes de ses pairs, toujours les mêmes en vigueur depuis des temps immémoriaux : ce que tu veux, tu le prends. Ce n’est pas une histoire de sexe : c'est une histoire de domination sociale totale, de conscience de classe qui en placent certains au-dessus des lois et du sort du commun des mortels, de mépris de classe, aussi et surtout. C'est toujours la même vision féodale du monde, un monde d'inégalités, de brutalités, de domination où le prédateur en haut de la chaîne alimentaire a le droit de se servir : droit de vie et de mort, droit de cuissage, droit d'être au-dessus du droit !
Dans l'affaire DSK, ce qui est vraiment intéressant, c'est plutôt que, subitement, la justice de classe défaille — celle qui est habituellement lourde et expéditive avec les pauvres, indulgente et d'un train de sénateur avec les riches et les puissants —, que les passe-droits s'épuisent, que l'argent cesse de lubrifier les conflits, que l'intimidation n'ait pas suffit à faire taire, c'est qu'il y ait une affaire, justement.
je suis le seule ici a trouver cette affaire étrange ?
la nature du pouvoir habitue plutôt a des ordureries sournoise, et perverse !
gloubi a écrit:
Je ne parle pas de la "misère sexuelle des politiques" mais de la misère sexuelle (et je rajoute" affective ") en général, engendrée par un système basé sur les rapports de forces dont l'outil essentiel est l'argent et la hiérarchie sociale .
Et je pose la question doit-on y inclure les hormones mâles aux conséquences de cette misère ( cad les agressions sexuelles )?
Je demande aussi s'il ne faut pas plutôt définir clairement l'origine du problème et la façon de le régler que de rentrer, quelque part, dans le jeu de la justice-répression qui déculpabilise ce système qui l'engendre.

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