La carotte et le bâton

La carotte et le bâton

Messagede jean le Jeu 6 Nov 2008 21:21

Voici le N° 69, NOVEMBRE 2008, du petit journal mobile recto-verso A4 "RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement.
Vous pouvez télécharger en format pdf, avec mise en page sur le site du réseau : http://resistons.lautre.net/
Si le journal vous plaît vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques ...
à bientôt.
L'équipe de réaction


RESISTONS ENSEMBLE / bulletin numéro 69 / novembre 2008


La carotte et, de plus en plus, le bâton

Comme dit Hamé, la meilleure des polices ne porte pas l’uniforme. Taf, télé, antidépresseurs, crédits, habitude, et les pauvres savent rester à leur place. Et pourtant. Mi-octobre : réunion de chefs européens en uniforme sur « les défis des violences urbaines » près de Lyon. La direction centrale de la sécurité publique française y expose son modèle
répressif. Et explique qu’après novembre 2005, cinq émeutes « graves » ces douze derniers mois, et les tirs sur les flics, il faut écraser toujours plus les banlieues populaires. Tout est pensé. De l’association stratégique entre les différents corps dans leurs mouvements de terrain (CRS, gardes mobiles, BAC, fraîches compagnies de sécurisation, etc.)au matériel sophistiqué de répression et surveillance (flash-balls longue portée, tazer, vidéosurveillance, hélicoptères, petits avions, drones bientôt généralisés). En passant par la garde-à-vue de 96h jusque-là réservée à l’antiterrorisme. Et plus ils développent et perfectionnent la répression, plus ils la présentent comme contrôlée, lisse, nette et sans bavure (caméras embarquées, alibi du non-létal). Ainsi donc, l’Etat français est à la pointe du maintien de l’ordre militarisé.

Gageons que cet impressionnant déploiement à la française doit aussi servir à prévenir les futures réactions aux effets des craquements et de la bonne santé confondus du système économique mondial.
Restructurations, délocalisations, licenciements, fermetures, sous-traitance, profits, cracks, fusions, pollution… Déjà ces derniers mois d’importantes grèves ont eu lieu dans différentes usines, où les ouvriers ont fait face à la flicaille. Comme récemment à l’usine Lindt d’Oloron. Ils goûtent là à ce que vivent quotidiennement les immigrés et les habitants des cités-dortoirs. Peut-être qu’un jour cette expérience commune à des personnes de milieux différents mais toutes exploitées
créera des liens pour une solidarité concrète.


« Et merde René on s'est fait filmer on va morfler »…

… ont du se dire les Schmidt en voyant leur tronche passant en boucle à la télé avec à la clé une garde-à-vue et une mise en examen. Etoui c'est fini les ratonnades de banlieusards sans que ça passe inaperçu.Ce soir à Montfermeil c’était un jeune homme extirpé manu militari devant sa mère et ses petites sœurs, et au passage la porte défoncée, l’appartement saccagé. La mère du jeune homme a essayé de s’interposer pour que les Schmidt ne fasse pas de mal à son fils et pour comprendre
ce qu’il se passe et pourquoi ils sont venus l’arrêter. Elle a eu comme réponse de la boucler et a été visée volontairement avec un flashball.
Et oui aujourd’hui dans ces temps merveilleux du tout sécuritaire on peut mettre en joue une mère de famille mais pas n’importe quelle mère de famille. Aujourd’hui les seules personnes qui ont droit à ce traitement de faveur ce sont les hommes et les femmes des quartiers populaires. Vieux contre les murs et palpés dans les cafés, parents tenus en joue, jeune poursuivi par la BAC. Oui rien ne change tout empire, mais une chose est en train de changer : de plus en plus de
personnes vivant dans ces cités refusent ce silence ou les contre-informations des media de masse et ont décidé de diffuser leur propre image, leur propre vérité. Avec l’accroissement des sites internet de diffusion de vidéo (youtube - dailymotion) et les appareils photo et vidéo numériques de plus en plus de vidéos prouvent et montrent le vrai visage de la police. Que ce soit par écrit ou par vidéo luttons pour que la vérité sur les bavures policières soit la plus diffusée possible.


Fermeture des centres de rétentions !

Belgique - Le 25 octobre, des militants du Collectif de Résistance aux Centres pour Etrangers (CRACPE) ont bloqué les portes du centre fermé de Vottem en s’enchaînant aux portes et empêchant tout accès au centre. Des actions du même type ont également eut lieu devant des centres situés aux Pays-Bas et au Danemark. Le CRACPE réclame notamment la fermeture
des centres fermés et la régularisation inconditionnelle de tous les sans-papiers.

Nantes – Le 2 octobre, Izzet comparaissait pour avoir détruit sa cellule du centre de rétention administrative, en y mettant le feu. Le procureur demandait dix mois d'emprisonnement pour « destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes ». Ce sera trois mois fermes.

Vincennes - Cinq autres personnes, sans papiers, inculpées ou sous le statut de « témoin assisté » suite à l’incendie du centre de Vincennes sont en attente de leur procès. Il ne faut pas les oublier. Envoyez vos chèques de soutien à l’ordre de CICP-Vincennes, à CICP-Vincennes,21ter rue Voltaire, 75011 Paris. Début novembre la machine à enfermer,
expulser, le centre de Vincennes sera de nouveau opérationnel, manifestation le mardi 11 novembre à 15h rdv RER Joinville-le-Pont.


Le cadeau du juge

Le 22 septembre Ivan et Farid se présentent à la juge Houyvet du pôle antiterroriste. Elle les a convoqués en urgence trois jours plutôt, les obligeant sous la menace de mandats d’arrêt à renoncer au délai de cinq jours préalables à toute convocation pour préparer la défense. Ils ont été pris en photo ensemble alors que Farid était filé, ce que leur contrôle judiciaire interdisait. Face à la demande du proc’ de les incarcérer, la juge leur fait ce cadeau : en plus de l’interdiction de communiquer entre mis en examen, du pointage chez les flics, chez l’assistante sociale, du travail, elle les assigne à résidence de 21h à 6h… Un avant-goût du projet de loi pénitentiaire destinée à augmenter le nombre de détentions préventives tout en économisant les places de prison. Farid se retrouve en plus interdit de communiquer par lettres et
coups de téléphone (les parloirs lui ayant déjà été interditsà sa sortie de prison) avec un prisonnier qui a participé en 2003 à
l’incendie d’un atelier de la centrale de Clairvaux pour la proximitéde ce détenu avec les idées et des personnes fichées comme «anarcho-autonomes ».

> [C H R O N I Q U E D E L ‘A R B I T R A I R E]


Sécurité buziness

Le sécuritaire : un programme électoral, un arsenal répressif en constante progression, une politique de gestion par la force de la révolte face à une société inégalitaire, pas seulement… c’est aussi un buziness lucratif. SMP Technologies qui distribue le Tazer en France l’a bien compris et n’hésite pas à attaquer en justice tous ceux qui viendraient contrarier sa plus-value, récemment le réseau RAIDH ou encore Olivier Besancenot. Tazer est une marque de pistolet à impulsions électriques qui équipe maintenant largement la police nationale et plus récemment certaines polices municipales (deux électrodes à fil
transmettent une décharge électrique paralysante, décrite comme une crampe très violente accompagnée d’une douleur intense, une vraie torture quoi). Forcément pour une société qui vente les mérites d’une arme « anti-bavure » et « non létale » lorsqu’on évoque lesmorts touchés par le Tazer (voir le rapport Amnesty international) ça fait mal aux ventes. Nouveau revers pour la marque, le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris a reconnu le 27 octobre que le réseau RAIDH qui
qualifiait le Taser de « dernière gégène au pays des droits de l'Homme » n'a pas « abusé de la liberté d'expression » et condamne SMP Technologies à payer au réseau la somme de 2000 euros.

Infos : www.raidh.org


« Carnets noirs »

Yves Bertrand est l’ex-directeur central des Renseignements généraux. Lorsque dans le cadre de l’affaire Clearstream ses « carnets noirs » font surfaces, c’est l’indignation générale dans la classe politique. Dépôt de plainte, atteinte à la vie privée… directement concernés les politiques s’offusquent, mais, lorsqu’ils organisent le fichage dans le cadre d’EDVIGE, pour ne parler que de l’actualité, où est la différence ? Plus d’indignation face à cette atteinte à la vie privée ?

Cet épanchement aura permis de mettre en lumière une certaine pratique policière : où comment après la mort de Malik Oussekine en 1986 le gouvernement accompagné des RG a tenté de salir la famille du jeune homme en diffusant via la presse d’extrême droite de fausses informations : un frère aurait eu des démêlés avec la justice, une soeur prétendument prostituée. Aujourd’hui le mensonge est toujours présent. Pour l’institution policière, Bouna et Zied, ont de suite été considérés à tort comme des cambrioleurs, et quand bien même… comme si la criminalité pouvait justifier la violence policière, les conditions dans lesquelles ils ont trouvé la mort. La méthode est récurrente, la logique est puante, seule différence avec aujourd’hui, ce genre de discours ne se cache plus derrière une presse d’extrême droite.


Encore plus biométrique

Les nouveaux passeports distribués ces deux dernières années ont ouvert la marche, l’identité qui se déclinait administrativement sur un simple papier sera maintenant augmentée de données biométriques. Ce qui a changé c’est l’intégration dans le passeport d’une puce RFID dans la couverture cartonnée pouvant être lue à distance, et contenant en plus de l’état civil et des données administratives une photo numérisée. Photo bien calibrée, pas d’ombre sous le menton etc. histoire de faciliter le fichage anthropométrique. Dans les mois à venir il faudra également se soumettre à la numérisation des empreintes digitales de quoi bien remplir les bases de données policières. Comble du cynisme, pour ce nouveau concentré de technologie policière il faudra débourser 89 euros contre 60 euros aujourd'hui. Le corps devient un identifiant,le fichage biométrique est généralisé, le contrôle d’identitéà l’insu de l’intéressé devient techniquement possible, ce sont autant de
libertés qui partent en fumée. Mieux quadriller, surveiller, maîtriser, c’est mieux réprimer...


Mobilisation militante au procès en appel de Romain Dunand

Membre du réseau RESF et de la CNT, il avait envoyé en décembre 2006 au ministère de l'Intérieur un mail de soutien à Florimond Guimard et comparé la politique de Nicolas Sarkozy à celle de Vichy. En mai 2007,il est poursuivi pour « outrage » et condamné en février 2008 à800 euros d'amende. A son procès en appel, le 22 octobre, on pouvait remarquer que le 11e chambre était trop petite pour permettre à tous ses soutiens d'y assister : une quarantaine de personnes dont 25 restèrent à
la porte de 9h à 12 heures pour attendre le compte-rendu par Me Marianne Lagrue et ses deux témoins, M. Rajfus et E. Terray. Parmi les soutiens,quelques uns ayant aussi subi des procès pour outrage, des membres de RESF, des citoyens concernés par cette attente aux libertés que constitue la multiplication des procès pour outrage. En outre, face à la
préfecture, un groupe d'une vingtaine de personnes et des drapeaux de la CNT. Le procureur a demandé 1.000 euros d'amende. Délibéré rendu le 26 novembre prochain.


Prague -1969… Le Mans - 2008

Josiane Nardi 60 ans est morte le dimanche 19 octobre. Elle s’était immolée devant la prison du Mans pour protester contre l'incarcération et la menace d'expulsion qui pèse sur son compagnon arménien sans-papiers. Jan Palach étudiant tchèque de 21ans est mort le 19 janvier 69 à Prague. Il s’était immolé pour protester contre l’occupation de son pays par des chars du Kremlin. A l’époque tous les gouvernements, dont le français, les médias, partis ont protesté contre un régime qui poussent des gens à se sacrifier pour exprimer leur vérité. La mort de Josiane Nardi passe dans un silence assourdissant.
Comme quoi, la barbarie qui frappe les sans-papiers, leurs proches et familles ne serait qu’un fait divers.


A poil, tous…

…même habillé, fini les cachotteries. Les prothèses, les parties intimes… ne sont plus intimes, tout se voit sur un écran de contrôle.Après une carrière internationale, le scanner "Pro Vision", arrive dans les aéroports français… au nom de la lutte contre le terrorisme. La strip-sécurité obéit, en réalité, à une seule fonction précise : faire accepter par l’individu l’humiliation en livrant son intimité au nom de l’Etat.


Bouna, Zied… 3 ans déjà

…qu’ils ont été grillés dans un transformateur, pourchassés par des «forces de l’ordre ». L’enquête s’étire, encore un nouveau juge, une reconstitution de plus… tout est fait pour épuiser et écœurer la famille, les amis. Une commémoration ici, un dépôt de gerbes là, un rassemblement pour exiger la « justice et vérité » au TGI de Bobigny. Ca ne dérange pas le pouvoir. La vérité ? Tout le monde la connaît déjà. La justice ? Qu’elle dise qu’ils ont été victimes de la police ? Faut pas
rêver. Mais quand bien même des policiers seraient condamnés qu’est-ce que ça changerait ? Les institutions qui les ont tués restent de toute façon.

Construire un rapport de force dans les cités et quartiers face aux violences et meurtres policiers. Y a-t-il une meilleure manière d'honorer leur mémoire ?


Gênes, 7 ans après : procès de 29 policiers...

accusés des violences infligées le 21 juillet 2001 (un jour après la mort de Carlo Giuliani , tué par la police en pleine manifestation) aux militants anti-G8 logeant à l'école Diaz et qui ont ensuite été transférés à la caserne de Bolzaneto pour y être frappés, insultés,humiliés, torturés (délit qui n'a pas été retenu, n'existant pas dans le Code pénal italien) trois jours durant. Verdict le 7 Novembre.

> [ A G I R ]


Liberté pour Jean-Marc Rouillan

Il a commis l’impardonnable, il a refusé de cracher sur son passé. Vingt ans de tôle, ça n’a pas suffit pour abreuver la haine de l’Etat contre ce membre du groupe Action directe. Il n’est pas renégat, ni carpette,alors de nouveau au trou. Une pétition demande sa libération sans condition. ( signatures sur :http://marginales.free.fr/spip.php?article94 ). Ne faudrait-il pas crier notre colère dans la rue contre ces embastilleurs ?
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Re: La carotte et le bâton

Messagede jean le Sam 8 Nov 2008 20:06

Action au service des citoyens : Vous pouvez aider la police nationale - Confidentialité garantie



Tous les coups tordu dont tu/vous ou tes/vos amis, parents ou voisins
sont ou pourraient être victimes peuvent être transmis...
http://www.isere.pref.gouv.fr/sections/ ... ument_view

les exemples ne manquent pas entre les promesses électorales non tenues
les abus de biens sociaux, les exactions de la police elle-même,
la non prise en compte de l'expression citoyenne lors du vote contre le projet de constitution,
toutes les arnaques politico-financière, etc, etc...

La liste n'est pas exhaustive - à toi/vous de jouer

Aujourd'hui grand bleu sur la vallée du Gers... Bonne journée - B.Bec



> Aidez la police nationale
> dans son action au service des citoyens.
> Vous pouvez transmettre vos renseignements
> (témoignages, photos, vidéos)
> à l’adresse mail suivante :


> <police-ddsp.38@interieur.gouv.fr>


> Confidentialité garantie
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Re: La carotte et le bâton

Messagede jean le Lun 10 Nov 2008 15:29

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Re: La carotte et le bâton

Messagede jean le Mar 11 Nov 2008 06:58

LETTRE DE JUAN DEPUIS LA PRISON DE ROUEN (OCTOBRE 2008)

Durant la période électorale qui a vu l'arrivée de Sarkozy à la
présidence, l'ambiance est à la colère et à la révolte. De manifs sauvages
à des bris de vitrines de permanences d'élus, de nombreux actes marquent
cette période. Début mai, il y a eu aussi une tentative d'incendie d'une
voiture de flics (dépanneuse) devant un commissariat de Paris.

C'est pour cette tentative qu'Isa, Juan et Damien sont en détention
préventive, au motif que leurs ADN, pris à leur insu ou de force, auraient
été retrouvés sur l'engin incendiaire.

Tous les trois sont sous le coup d'une instruction antiterroriste.

J'écris depuis la prison de Rouen, qui s'est une nouvelle fois illustrée
le 10 septembre par la mort d'un détenu, victime de la folie... de
l'Administration Pénitentiaire.

Ca fait maintenant quatre mois que je suis en détention provisoire pour
terrorisme.
Terrorisme ! Quel outil formidable pour l'Etat ! Le terrorisme vient
aujourd'hui justifier des mesures de contrôle et de fichage de plus en
plus poussées au nom de notre sécurité. On ne s'étonne même plus de
croiser dans les gares des militaires, mitraillettes à la main. Démocratie
ou pas, la peur reste le meilleur moyen pour soumettre et gouverner.

Dans l'imaginaire collectif, le terroriste, avec le pédophile, est devenu
une des figures même du mal. D'un côté il a le visage de monsieur tout le
monde, ce qui en fait une menace permanente et insidieuse qui ne peut se
combattre que par un contôle généralisé de plus en plus strict. Et de
l'autre, il a le visage repoussant d'un monstre sanguinaire, fasciné par
la violence et n'ayant plus rien d'humain ni de commun avec nous pour
éviter qu'on le comprenne et que de tels actes se propagent. Apposer
l'étiquette de terroriste sur quelqu'un, c'est donc le condamner au
bannissement. Qui soutiendrait des barbares pareils ?

C'est une habile manoeuvre politique pour isoler et affaiblir. On fait
passer des amis, des camarades de lutte pour des illuminés en
décrédibilisant les moyens considérés comme violents (sabotage, bris de
vitrine, etc) autant que le sens politique de leur action. Diviser pour
mieux régner, rien de nouveau. On fait le tri entre la contestation «
raisonnable », que l'Etat tolère, voire intègre pour se renforcer ; et
celle sauvage et non autorisée, plus difficilement récupérable. On frappe
fort sur quelques-uns pour que tout le monde ferme sa gueule et sache à
quoi s'en tenir. Evidemment pour être efficace, ça doit servir d'exemple,
on ne peut pas faire de tout le monde des terroristes.

La Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne (MAAF), l'organisation
terroriste à laquelle nous sommes supposés appartenir, rend bien compte de
cette intention. Vous n'avez jamais vu de tract ou d'attentat au nom de la
MAAF. Et pour cause : ce sexy sigle est une invention policière, le titre
d'une catégorie de classification des RG (Renseignements Généraux). Le mot
« mouvance » montre à quel point c'est flou. Il peut suffir d'un contrôle
d'identité au cours d'un moment de contestation sauvage, de la
fréquentation d'un lieu ou d'une personne, d'une lecture ou d'une opinion
subversive. Certains thèmes aussi sont plus sensibles comme les prisons ou
les sans-papiers ; RESF par exemple est qualifié de mouvement
"quasi-terroriste".

Cette histoire de tentative d'incendie est loin d'être l'affaire du
siècle. Et si le pouvoir, relayé par les médias, l'a gonflée au maximum,
ce n'est pas que l'Etat craignait de ne pouvoir se relever de ce coup.
Malheureusement, il faudra plus qu'un incendie – même réussi - pour mettre
vraiment en danger le système. Si l'Etat est attentif et soucieux de ces
"menaces" politiques et que cet affront devait être puni, il en a surtout
profité pour faire de cette affaire un exemple, répondre à la contestation
sociale, et remettre à jour quelques fichiers de renseignements et bases
de données policières.

Nous nions tous les trois notre implication dans cette tentative
d'incendie. Mais en vérité c'est un détail.

D'abord parce que face à la supposée irréfutabilité de la preuve par l'ADN
des scientifiques, il est difficile d'expliquer la présence de poils qu'on
a pu éventuellement semer, si tant est que ce soient les nôtres !

Ensuite parce que la Justice donne peu d'importance à ce qu'on a à dire.
Elle n'a pas besoin de toi pour te juger. Qu'importe ce que tu as
réellement fait. Si tu as le profil, et il peut suffir d'une garde-à-vue,
de la participation à une manif ou d'opinions affichées, ça suffit à être
condamné. Tout le reste est du théâtre.

En ce sens, la Justice ne s'est sans doute pas trompée. Je crois bien
avoir le profil recherché. Non pas celui d'un fanatique qui veut semer la
terreur dans la population pour arriver à ses fins – c'est plutôt
l'apanage des gouvernements, qu'ils soient despotiques ou démocratiques -,
mais plutôt celui d'un révolté parmi les autres.

Dans ce monde régi par le fric où la plupart des gens crèvent de faim pour
soutenir le rythme de vie des riches ; où le seul horizon pour beaucoup
est un travail de merde qu'on est réduit à pleurer au moment de perdre ;
où l'ennui et la dépression sont la norme ; où ceux qui n'ont pas de
papiers doivent raser les murs ; où la nature devient un luxe pour
touristes ; où notre pouvoir sur nos vies se limite au choix de la chaîne
télé, du bouffon qui nous gouverne, et de la marque de lessive ; où la
police te rappelle à chaque instant de fermer ta gueule ; et où la prison
t'accueille si tu déroges à la règle.

Dans ce monde moisi, il serait malvenu de pleurer la carcasse cramoisie
d'une voiture de flics. Nous n'avons que trop de raisons de nous révolter.

Ce n'est pas la répression qui nous les enlèvera.

En taule comme dans la rue, que la lutte continue avec rage et joie !

Liens:: http://infokiosques.net/mauvaises_intentions
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Re: La carotte et le bâton

Messagede jean le Mar 11 Nov 2008 07:22

RAPPEL:

L'EDMP invite

VENDREDI 14 NOVEMBRE 2008 à 19h

RENCONTRE/DÉBAT
avec Maurice RAJSFUS
écrivain, historien, co-fondateur et président de l'Observatoire des
libertés publiques

autour de 4 livres

- PORTRAIT PHYSIQUE ET MENTAL DU POLICIER ORDINAIRE Ed Après la lune

- LES MERCENAIRES DE LA RÉPUBLIQUE Ed du Monde libertaire

- CANDIDE N'EST PAS MORT! Ed Le Cherche Midi

- 17 RUE DIEU Ed Le temps des cerises

Jean-Jacques Reboux - du CODEDO (COllectif pour une DÉpénalisation du
Délit d'Outrage) - sera présent.
http://codedo.blogspot.com/
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Re: La carotte et le bâton

Messagede jean le Mar 11 Nov 2008 16:08

Aujourd'hui encore, mardi 11 novembre 2008, l'association SALAM vous invite
à vous réunir à 19h30 devant le Centre de Rétention Administrative de
Coquelles où sont enfermés plus de 70 Afghans pour lesquels nous craignons
une reconduite par charter vers l'Afghanistan.

Lors de la manifestation d'hier soir, nous n'avons pu nous approcher des
cellules dans lesquelles sont retenus nos amis Afghans, un cordon de
policiers nous ayant bloqué l'accès. Nous avons néanmoins réussi à nous
faire entendre par les prisonniers, lesquels ont également bruyamment
manifesté en retour. Des informations qu'ils nous ont communiquées par
téléphone nous ont permis de savoir que les policiers ont fait pression sur
eux pour les dissuader de répondre, en les menaçant de représailles s'ils
criaient.

Toute la nuit, en coopération avec SALAM, une équipe de jeunes militants est
restée en veille devant le CRA, prête à donner l'alerte en cas de mouvement
suspect.

Nous signalons enfin qu'une autre manifestation aura lieu Mercredi 12
Novembre à 18h30 place de la République à Lille, coordonnée par le CSP59.

Merci de relayer ce message, soyons nombreux ce soir encore afin de
maintenir la vigilance et la pression.

Nos amis Afghans, et tous les autres retenus, comptent sur nous.

L'association SALAM
www.associationsalam.org
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Re: La carotte et le bâton

Messagede jean le Mar 11 Nov 2008 16:42

jean a écrit:LETTRE DE JUAN DEPUIS LA PRISON DE ROUEN (OCTOBRE 2008)

Durant la période électorale qui a vu l'arrivée de Sarkozy à la
présidence, l'ambiance est à la colère et à la révolte. De manifs sauvages
à des bris de vitrines de permanences d'élus, de nombreux actes marquent
cette période. Début mai, il y a eu aussi une tentative d'incendie d'une
voiture de flics (dépanneuse) devant un commissariat de Paris.

C'est pour cette tentative qu'Isa, Juan et Damien sont en détention
préventive, au motif que leurs ADN, pris à leur insu ou de force, auraient
été retrouvés sur l'engin incendiaire.

Tous les trois sont sous le coup d'une instruction antiterroriste.

J'écris depuis la prison de Rouen, qui s'est une nouvelle fois illustrée
le 10 septembre par la mort d'un détenu, victime de la folie... de
l'Administration Pénitentiaire.

Ca fait maintenant quatre mois que je suis en détention provisoire pour
terrorisme.
Terrorisme ! Quel outil formidable pour l'Etat ! Le terrorisme vient
aujourd'hui justifier des mesures de contrôle et de fichage de plus en
plus poussées au nom de notre sécurité. On ne s'étonne même plus de
croiser dans les gares des militaires, mitraillettes à la main. Démocratie
ou pas, la peur reste le meilleur moyen pour soumettre et gouverner.

Dans l'imaginaire collectif, le terroriste, avec le pédophile, est devenu
une des figures même du mal. D'un côté il a le visage de monsieur tout le
monde, ce qui en fait une menace permanente et insidieuse qui ne peut se
combattre que par un contôle généralisé de plus en plus strict. Et de
l'autre, il a le visage repoussant d'un monstre sanguinaire, fasciné par
la violence et n'ayant plus rien d'humain ni de commun avec nous pour
éviter qu'on le comprenne et que de tels actes se propagent. Apposer
l'étiquette de terroriste sur quelqu'un, c'est donc le condamner au
bannissement. Qui soutiendrait des barbares pareils ?

C'est une habile manoeuvre politique pour isoler et affaiblir. On fait
passer des amis, des camarades de lutte pour des illuminés en
décrédibilisant les moyens considérés comme violents (sabotage, bris de
vitrine, etc) autant que le sens politique de leur action. Diviser pour
mieux régner, rien de nouveau. On fait le tri entre la contestation «
raisonnable », que l'Etat tolère, voire intègre pour se renforcer ; et
celle sauvage et non autorisée, plus difficilement récupérable. On frappe
fort sur quelques-uns pour que tout le monde ferme sa gueule et sache à
quoi s'en tenir. Evidemment pour être efficace, ça doit servir d'exemple,
on ne peut pas faire de tout le monde des terroristes.

La Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne (MAAF), l'organisation
terroriste à laquelle nous sommes supposés appartenir, rend bien compte de
cette intention. Vous n'avez jamais vu de tract ou d'attentat au nom de la
MAAF. Et pour cause : ce sexy sigle est une invention policière, le titre
d'une catégorie de classification des RG (Renseignements Généraux). Le mot
« mouvance » montre à quel point c'est flou. Il peut suffir d'un contrôle
d'identité au cours d'un moment de contestation sauvage, de la
fréquentation d'un lieu ou d'une personne, d'une lecture ou d'une opinion
subversive. Certains thèmes aussi sont plus sensibles comme les prisons ou
les sans-papiers ; RESF par exemple est qualifié de mouvement
"quasi-terroriste".

Cette histoire de tentative d'incendie est loin d'être l'affaire du
siècle. Et si le pouvoir, relayé par les médias, l'a gonflée au maximum,
ce n'est pas que l'Etat craignait de ne pouvoir se relever de ce coup.
Malheureusement, il faudra plus qu'un incendie – même réussi - pour mettre
vraiment en danger le système. Si l'Etat est attentif et soucieux de ces
"menaces" politiques et que cet affront devait être puni, il en a surtout
profité pour faire de cette affaire un exemple, répondre à la contestation
sociale, et remettre à jour quelques fichiers de renseignements et bases
de données policières.

Nous nions tous les trois notre implication dans cette tentative
d'incendie. Mais en vérité c'est un détail.

D'abord parce que face à la supposée irréfutabilité de la preuve par l'ADN
des scientifiques, il est difficile d'expliquer la présence de poils qu'on
a pu éventuellement semer, si tant est que ce soient les nôtres !

Ensuite parce que la Justice donne peu d'importance à ce qu'on a à dire.
Elle n'a pas besoin de toi pour te juger. Qu'importe ce que tu as
réellement fait. Si tu as le profil, et il peut suffir d'une garde-à-vue,
de la participation à une manif ou d'opinions affichées, ça suffit à être
condamné. Tout le reste est du théâtre.

En ce sens, la Justice ne s'est sans doute pas trompée. Je crois bien
avoir le profil recherché. Non pas celui d'un fanatique qui veut semer la
terreur dans la population pour arriver à ses fins – c'est plutôt
l'apanage des gouvernements, qu'ils soient despotiques ou démocratiques -,
mais plutôt celui d'un révolté parmi les autres.

Dans ce monde régi par le fric où la plupart des gens crèvent de faim pour
soutenir le rythme de vie des riches ; où le seul horizon pour beaucoup
est un travail de merde qu'on est réduit à pleurer au moment de perdre ;
où l'ennui et la dépression sont la norme ; où ceux qui n'ont pas de
papiers doivent raser les murs ; où la nature devient un luxe pour
touristes ; où notre pouvoir sur nos vies se limite au choix de la chaîne
télé, du bouffon qui nous gouverne, et de la marque de lessive ; où la
police te rappelle à chaque instant de fermer ta gueule ; et où la prison
t'accueille si tu déroges à la règle.

Dans ce monde moisi, il serait malvenu de pleurer la carcasse cramoisie
d'une voiture de flics. Nous n'avons que trop de raisons de nous révolter.

Ce n'est pas la répression qui nous les enlèvera.

En taule comme dans la rue, que la lutte continue avec rage et joie !

Liens:: http://infokiosques.net/mauvaises_intentions


Excuses-moi, Pia, je n'avais pas vu que tu avais posté ce même message ce matin à 1 h 58; j'ai voulu effacer le mien, mais sans succès.
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jean
 
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Re: La carotte et le bâton

Messagede jean le Lun 8 Déc 2008 03:52

« La censure la plus parfaite » (Debord)" --- Résistons ensemble décembre 2008, N° 70


Bonjour,

Voici le N° 7O, DECEMBRE 2008, du petit journal mobile recto-verso A4
"RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences policières et
sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé
localement.
Vous pouvez télécharger en format pdf, avec mise en page sur le site du
réseau : http://resistons.lautre.net/
Si le journal vous plaît vous êtes invitEes à participer à son
élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous
attendons vos contributions, propositions, critiques ...
à bientôt.
L'équipe de réaction

RESISTONS ENSEMBLE / bulletin numéro 70 / décembre 2008




« La censure la plus parfaite » (Debord)
Depuis la fin de la révolution française les luttes directes et
violentes, jusque-là reconnues comme des moyens d’expression politique
ont été progressivement disqualifiées par l’État. La seule violence
collective autorisée a ainsi pris le nom de police, la seule façon «
normale » de faire de la politique a été de se plier aux formes policées
d’une démocratie, si bien nommée représentative, parce qu’elle étouffe
la réalité du conflit social dans sa théâtralisation : pseudo joutes
parlementaires, manifestations pasteurisées... Ceux qui ont essayé
d’échapper à ce cirque, au mieux ridiculisés, au pire réprimés n’ont
jamais cessé d’être stigmatisés sous des noms variés : utopistes,
anarchistes, terroristes, casseurs, sauvageons et maintenant ultra-gauche…
Les inculpations de Tarnac, et les arrestations récentes de plusieurs
militants accusés eux aussi de terrorisme, s’inscrivent dans ce
mouvement de longue durée que chaque crise du système exacerbe. Elles
mettent aussi en évidence les deux machines de guerre envoyées contre
ceux qui s’efforcent de mener une existence politique, « pour de vrai ».
D’une part, l'arsenal sécuritaire initié par la gauche en 1997 et
renforcé dans l'hystérie post-11 septembre permettant de transformer en
acte de terrorisme, et de pénaliser avec une sévérité « exemplaire », à
peu près toutes les formes de vie et de lutte échappant aux normes
dominantes. D’autre part, le grignotage incessant de la liberté
d’expression qui semble atteindre un nouveau sommet en transformant tout
propos de critique sociale en violence, potentiellement, terroriste.
« Jamais censure n’a été plus parfaite. Jamais l’opinion de ceux à qui
l’on fait croire encore, dans quelques pays, qu’ils sont restés des
citoyens libres, n’a été moins autorisée à se faire connaître, chaque
fois qu’il s’agit d’un choix qui affectera leur vie réelle. » (Guy
Debord, Commentaires sur la société du spectacle).
Info et soutien : http://www.soutien11novembre.org/ – « Comite de
soutien aux inculpes de Tarnac » 12 rue du tilleul, 19170 Tarnac –
11novembre-soutien@gmx.com ; les dernières lois anti-terroristes sur
legifrance.gouv :
http://6eo.org/h8f


Incendie de Vincennes :
les inculpés ont maintenant besoin de notre soutien
Le 22 juin, les retenus de Vincennes ont brûlé leur prison. Grosse
bouffée d’air, conclusion de six mois de révolte quasi continue. Ces
personnes ont pris leur destin en main, loin des discours humanitaires
sur l’aménagement de leur enfermement et sur leur statut de victimes
passives.
Mais l’Etat, qui a déjà rouvert le 10 novembre un bâtiment de 60 places,
veut faire des exemples. Ce sont pour l’instant sept anciens retenus
pris dans la nasse au hasard qui sont inculpés de « destruction de biens
par l’effet d’incendie et violence à agent de la force publique avec une
incapacité totale de moins de 5 jours en réunion ». Un est sous mandat
d’arrêt, six sont en détention préventive. Un comité de soutien s’est
formé en octobre.
Début novembre ont été publiés des témoignages de retenus de Vincennes
recueillis par téléphone de la mi-janvier jusqu’à l’incendie. Les
premiers concernés ont la parole. Le titre : Feu au centre de rétention,
janvier-juin 2008, des sans-papiers témoignent, éd. Libertalia, 7 euros.
Tous les bénéfices des ventes iront à la défense des inculpés.
Cinq d’entre eux ont déjà donné leur accord pour publiciser leurs noms
et écrous. Ecrivez-leur à : Maison d’arrêt des hommes de Fleury-Mérogis,
7 allée des Peupliers, 91700 Fleury Mérogis : Mahamadou DRAME - écrou n°
367337 / Ekma MOUKTARE - écrou n° 367134. Bâtiment D3, cellule D 326 /
Ali DIALLO - écrou n° 367347. Bât. D5 / Moise DIAKITE - écrou n° 369111
H. Bât. D5 / Slaheldine EL OUERTANI était écroué à la maison d'arrêt de
Fresnes. Suite à une agression par un codétenu, il est actuellement dans
le coma dans un hôpital parisien.
Enfin vous pouvez envoyer de l’argent par chèque à l’ordre de
CICP-Vincennes et à l’adresse CICP, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris.
Pour les futurs frais de justice et pour qu’ils puissent cantiner ! La
liberté ne saurait être suspendue à des papiers !!!


> [ S U R L E V I F ]

Qui parle de violence ? ... et vive la « bonne insécurité » !
Le 17 novembre dans un lycée du Gers, descente de gendarmes et
maîtres-chiens, le 19, les mêmes scènes dans un collège de Marciac, Z.
13 ans témoigne…
« “Nous allons faire entrer un chien ! Mettez vos mains sur les tables,
restez droit, ne le regardez pas ! Quand il mord, ça pique !” […] Le
gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme : “On
dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien
vérifier ! On ne sait jamais...” Ils ont souri et la fouilleuse chercha
de plus belle ! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les
doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla
alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte !
Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne
fut pas mon cas ! »
Quant à la procureure de la République, elle a confié à La Dépêche du
Midi : « les élèves ont peur de ces contrôles : ça crée de la bonne
insécurité ».


> [C H R O N I Q U E D E L ‘A R B I T R A I R E]

Les coups de Gagny
Le mois dernier Abdoulaye Fofana a été passé à tabac, violence policière
que le pouvoir ne pouvait cacher cette fois-ci grâce à une vidéo
largement diffusée sur le net. (cf. RE n° 69). Les deux flics qu'on voit
cogner sur le film, mis en examen pour « violences volontaires par
dépositaire de l'autorité publique, avec arme et en réunion » viennent
d’être réintégrés dans la police, juste avec quelques restrictions.
Voilà la solidarité du corps ! Maintenant on apprend que ces violences
ont été précédées par une agression policière juste une semaine avant,
sur Yannick (14 ans) et son frère Fabrice... par des agents du même
commissariat de Gagny. Suite à un contrôle d'identité, tir de flash-ball
à moins de trois mètres sur eux, puis coups au sol, Yannick a le nez
cassé, Patrick la tête en sang. Ils ont déposé plainte. Les policiers
ont déposé une plainte pour outrage, rébellion et violence. Laquelle
plainte, fait exceptionnel, a été classée sans suite le 28 octobre par
le procureur de la République de Bobigny. On attend, sans illusion la
suite, à moins qu’une mobilisation réussisse à imposer un rapport de force.

« Vérité et justice » pour Larami et Moushin
Le 25 novembre 2007, à Villiers le bel, deux adolescents de 15 et 16 ans
mouraient après une collision entre leur mini moto et une voiture de
police qui circulait « sans gyrophare, sans avertisseur, au-delà de la
vitesse autorisée ». Un an après, aucune des informations judiciaires
n'a été bouclée. L'avocat des familles dénonce la lenteur de l'enquête
et estime qu'une reconstitution est « inévitable au regard des
contradictions des policiers ».
A l'appel de l'association « Vérité et Justice » de Villiers le Bel,
plus d'un millier de personnes de toutes les générations et de tous les
quartiers ont manifesté silencieusement leur solidarité avec les
familles pour réclamer vérité et justice pour leurs enfants.

Une histoire banale du 93
Un pot au boulot, malaise d’un collègue, la police arrive, gueule puis…
Miguel G. 32 ans, marbrier, raconte son histoire : « Le jeune (policier)
qui m’avait frappé avait dit qu’il s’occuperait de moi à la relève. Pour
sortir, j’ai signé n’importe quoi. J’ai avoué que j’avais tapé ce
policier alors que c’est faux. » « J’étais allongé par terre entre les
sièges avant et arrière. Ils avaient leurs pieds sur moi. J’ai crié et
je les ai insultés. L’un d’eux m’a donné un coup de poing au visage.
»... « Dans la cellule, un policier m’a tapé violemment dans le ventre
avec son poing et j’ai vomi. » En arrêt de travail, Miguel souffre de
nombreuses contusions, d’une entorse au pouce et aux poignets et d’une
hémorragie à l’oeil. 22 heures de garde à vue au commissariat
d’Aubervilliers. Il a déposé plainte à la gendarmerie de Tournan-en-Brie
(Seine-et-Marne) pour violences volontaires contre un policier
d’Aubervilliers et dénonciation calomnieuse contre un autre
fonctionnaire de police qui l’accuse de l’avoir frappé.

Police bénévole : nouvelle rubrique dans France bénévolat ?
La loi n°2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la
délinquance a permis la création, par son article 30, d’un « service
volontaire de la police nationale ». Ce dispositif intègre la loi du 18
mars 2003 pour la sécurité intérieure. La Préfecture du Loiret, fin
novembre a lancé un appel aux bénévoles. Les amoureux de la gâchette ou
de coups tordus seront déçus (engagés pour un an, renouvelable par
tacite reconduction), car ils ne pourront exercer leur talent que dans
des « missions de solidarité et de médiation sociale » ; à moins qu’il y
ait besoin de main-d’œuvre pour décrypter : Edvige, Base élèves, veille
d’opinion... Un moyen comme un autre de faire avancer la France bleu
marine à coup de SVC (service volontaire citoyen).

Émeute « total »
Il y a eu plusieurs nuits d'émeute en Guyane dans l'indifférence « total
» des médias et de la métropole. Blocage de routes, ouvriers en grève,
des dizaines de personnes interpellées... Tout ça à cause de la flambée
du prix de l'essence. Mais pourquoi les prix flambent dans les dom tom
et baissent en métropole ? Parce que « total », la multinationale si
chère au cac40 en tant de crise a la main mise « total » sur
l'approvisionnement en carburant des dom tom ; c'est a dire : je fais
les prix que je veux. Ceci s'apparente à du néocolonialisme économique.
Soutenons les Guyanais dans leur lutte.

Police justice toujours complices
L'ex n°2 des stupéfiants de Strasbourg et l'ancienne greffière du
tribunal de grande instance de Strasbourg ont été condamné à 10 et 9 ans
de prison ferme pour trafic de drogue. La drogue venait de saisies
faites lors d'interpellation de dealers, elle était remise sur le
circuit mais le policier avait la manière pour écouler les stocks. Il
utilisait des jeunes de quartier qui avaient une dette envers lui, il
les envoyait même en Hollande pour revenir avec du cannabis. Il aurait
pu ouvrir une boite d'import export, la greffière faisait disparaitre
les dossiers en gros. En tout cas 10 et 9 ans prune dans la gueule ça
fait plaisir.

Roland Veuillet continue son combat
Roland a commencé le jeudi 6 novembre sa deuxième grève de la faim
devant le rectorat de l’Académie de Lyon où il a été muté d’office il y
a cinq ans. Il réclame toujours la levée de cette sanction arbitraire de
son action syndicale durant la grève de MI-SE (maîtres d’internat,
surveillants d’externat) de 2003 et la saisine d’une enquête
administrative. Dans sa quatrième semaine de grève, il se retrouve bien
seul dans sa lutte opiniâtre et résolue. http://roland-veuillet.ouvaton.org/

Le goulot d'étranglement des assoc
Etranglement judiciaire : La manif non déposée du 11 novembre protestant
contre la réouverture du CRA de Vincennes finit sur l'autoroute A3 à
cause du barrage policier alors les flics convoquent le président de SOS
sans papiers signalé sur les lieux par la presse à laquelle il avait
donné une interview. La police lui propose un deal : son assoc dépose
dorénavant des autorisations pour tout rassemblement aux abords des CRA,
en échange elle laissera manifester jusque devant les centres. Voilà
surtout un bon moyen de dégoter a priori les « coupables » des incidents
que les flics pourraient provoquer.
Etranglement financier : fin novembre, le Dal est condamné à 12 000
euros d'amende au moyen d'une nouvelle infraction créée par la justice :
installation de tentes et dépôt de matériel de couchage (assimilées pour
l'occasion à des déchets encombrant le trottoir) .Tous les moyens sont
bons pour se débarrasser de ce qui reste de combativité chez les assoc.

Les « mauvais maîtres »
En Novembre a circulé sur le net un appel gouvernemental offrant 220 000
euros à ceux qui voudraient assurer une « veille de l'opinion » chez les
profs : il s'agit notamment de repérer sur Internet « les leaders
d'opinion, les lanceurs d'alerte et analyser leur potentiel d'influence
et leur capacité à se constituer en réseau », d'« anticiper les risques
de contagion et de crise »... Les directeurs d'école réfractaires à la
mise en place du fichier base élève par exemple ont déjà fait les frais
de cette logique étatique
(http://petition.bigbrotherawards.eu.org ... ase-eleves).

De l'autre côté des Alpes, l'Etat italien étant lui aussi confronté à la
résistance des profs et des élèves, l'ex-président de la République
Cossiga l'a avoué à la presse : il s'agit de « laisser faire » tout en «
infiltrant » et après ça ? Taper les étudiants et « taper les
professeurs (...) qui endoctrinent les enfants et qui les font descendre
dans la rue : c’est une attitude criminelle ! »

A la mémoire d’Abdenour Tataï
… du MIB, militant à Montpellier, il est décédé fin novembre d'un
accident de voiture. Particulièrement actif pour dénoncer les problèmes
de logement et les cas de double peine, interlocuteur obligé sur la
réhabilitation du quartier du Petit-Bard, sa disparition laisse un grand
vide.



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