Lutte des classes .

Espace de débats sur l'anarchisme

Re: Lutte des classes .

Messagede frigouret le Lun 8 Fév 2016 20:34

J'ai consulté quelques chiffres.
Le salaire net médian c'est grosso modo 2000€.
Le revenu net d'un patron d'une entreprise de moins de vingt salariés c'est en moyenne autour de 4000€.
Donc si par exemple on devait ramener le revenu du patron au salaire médian.pour une entreprise de vingt salariés ça ferait un bonus de 50€ par salarié . Ces chiffres sont un peu brut de décoffrage mais il est raisonnable de penser en tout cas que les salaires ne sont pas des miettes de la valeur ajouté, que la prise de risque et la responsabilité du patron mérite peut être un bonus.
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Messagede Pierre-Joseph le Lun 8 Fév 2016 21:51

Mais bien évidemment, tu as raison : s'il n'y a que le "patron médian" qui rend ce qu'il a volé, les salariés ne se rendront pas compte de grand chose! La raison en est très simple : ce "patron médian" se fait lui-même plumer par les plus gros patrons (pour qui il sous-traite ou qui le fournissent, qui le logent ou qui commercialisent ses produits, etc.). Il se fait plumer aussi par l'état qui prend aussi un gros pourcentage dans ce trafic, à la manière des mafieux qui font les poches des commerçants sur leur territoire...
Bref, pour se rendre compte de l'ampleur du vol, il faut voir plus loin que le petit patron "médian"! Et je t'assure que si tous les voleurs allaient voler ailleurs, alors les salariés pourraient concrètement palper la différence entre les quelques miettes qui leur servent de salaire et la vraie valeur de leur travail.
Un exemple: Exxon
Chiffre d'affaire: 438,26 milliards de $ (2013)
Effectif: 75 000
(source: wikipedia)
On a donc 75000 travailleurs qui produisent 438,26 milliards de dollars. En supposant qu'ils contribuent autant à cette production, la valeur de leur travail est estimée à 438 260 000 000 / 75 000 = 5,8 millions de dollars.
Ah! Quand même! Je crois qu'on a fait péter le salaire médian là!
Dernière édition par Pierre-Joseph le Mar 9 Fév 2016 09:08, édité 1 fois.
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Messagede frigouret le Lun 8 Fév 2016 22:14

C'est pas le chiffre d'affaire qu'il faut regarder, c'est la valeur ajouté par l'activité de l'entreprise, c'est a dire qu'il faut enlever toutes les charges de l'entreprise, les fournisseurs mais :!: aussi les salaires :wink:

Mais cela peut rester important quand même

Il y a Kevin Carson , un mutuelliste, qui dit que c'est la propriété intellectuelle qui est le plus gros facteur de concentration du capital. Il analyse l'activité des multinationales comme principalement des délégations de droits de copyright. Je pense aussi que la propriété immatérielle est abusive.
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Messagede Pierre-Joseph le Mar 9 Fév 2016 09:28

La valeur ajoutée est un paramètre pour les boursicoteurs: plus elle est élevée, plus l'entreprise est susceptible de verser des dividendes. Ce paramètre n'a donc rien à voir avec la valeur de la production de l'entreprise.
Je suis d'accord que le chiffre d'affaire n'est pas le meilleur paramètre non plus. Suivant l'activité de l'entreprise, ce paramètre peut même ne plus rien à voir avec la valeur de sa production. Par exemple, pour une entreprise dont la moitié du chiffre d'affaire représente des commandes au près d'entreprises, on ne peut pas évaluer la valeur de sa production. Il faudrait évaluer le vol qu'elle commet ou qu'elle subit auprès de ces fournisseurs pour aller plus loin dans l'étude. Ou alors considérer l'ensemble entreprise + fournisseurs, de la matière première jusqu'à la vente sur le marché, comme une entité globale et évaluer la valeur de la production de l'ensemble des travailleurs de cette entité.
C'est pour cette raison que le cas Exxon est intéressant, cette entreprise ne dépend d'aucun fournisseur. Son activité principale et le raffinage mais elle est aussi n°1 mondial de la production d'hydrocarbure et son activité va jusqu'à la vente sur le marché puisqu'elle possède 42 000 stations-service dans le monde.
Donc, dans ce cas, le chiffre d'affaire est une bonne évaluation de la valeur de sa production.
A condition, bien sûr, de mettre de côté la question de l'appropriation des ressources naturelles (ici le pétrole) qui est un vol commis contre nous tous mais sans laquelle le système économique ne pourrait pas exister...
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Messagede frigouret le Mar 9 Fév 2016 09:54

Il suffît de regarder le résultat net d'exxon, 33 myards, il faut encore enlever des trucs comme la rémunération des actionnaires et les impôts pour connaître le profit, et sur ce profit il y a une part pour l'investissement. Mais je suis d'accord qu'il doit rester une belle marge pour des revendications salariales.

Quand on regarde les chiffres on voit que pour gagner 1€ ( avant impôts et rémunération des actionnaires) Exxon en distribue 13 ( fournisseurs et salaires),.
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Messagede Pierre-Joseph le Mar 9 Fév 2016 12:48

Là, tu racontes n'importe quoi, citons wikipedia:
Le résultat net (ou bénéfice net ou déficit au sens comptable) d'une entreprise ou d'une entité qui établit une comptabilité est déterminé pour une période donnée (par exemple : l'année calendaire ou sur un exercice de 12 mois). Il est égal à la différence constatée sur cette période entre d'une part, les produits et, d'autre part, les charges (d'exploitation, financières et exceptionnelles) auxquelles s'ajoute l'impôt sur les sociétés. Lorsque le résultat net est négatif : il est appelé déficit ou perte. Lorsque le résultat net est positif il s'agit d'un bénéfice. Dans les sociétés par actions, le résultat net détermine ce qui peut être partagé entre les actionnaires (distribution de dividendes) et l'entreprise (mise en réserve et/ou constitution de provisions).


C'est moi qui met en gras ce que je disais déjà tout-à-l'heure. Le résultat net est un indice qui ne concerne que les boursicoteurs et qui n'a rien à voir avec la valeur du travail.
D'autre part, Exxon n'a pas de fournisseurs, la compagnie se fournit elle-même. On se demande donc bien à qui devraient revenir les 13 quatorzièmes de son chiffres d'affaire!

L'objection qu'on peut faire à cette évaluation de la valeur du travail chez Exxon, à savoir, 5,8 millions de dollars par travailleur et par an concerne l'appropriation de la matière première réalisée par cette entreprise car cette matière première participe évidemment à la valeur du produit fini.
Le problème est que cette matière première n'appartient à aucun travailleur, puisqu'elle n'est le fruit d'aucun travail. Ce vol n'est donc pas commis contre les travailleurs mais contre l'humanité et les travailleurs d'Exxon participent, indirectement, à ce vol.
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Messagede frigouret le Mar 9 Fév 2016 17:53

Apparemment il faut du gros matos pour se lancer dans la pétrochimie car quand Exxon vend pour 430 myards de produits pétroliers il lui reste 33 myards de résultat, d'où le rapport 1 sur 13.

Moi je situe le conflit entre capital et travail sur une toute autre base que celui analysé par Marx. Je suis adepte de l'analyse de Silvio Gessel, un anarchiste parait il, qui situait l'inégalité entre le capital et le travail dans la trop grande dissymétrie pour chacun dans la faculté de conserver la valeur dans le temps.
Si par exemple j'echange l'année X un peu de blé contre un peu d'or, toutes choses restant égales par ailleurs, a l'année X + 20 je peu récupérer la même quantité de blé contre ce même bout d'or.
Conserver la valeur pendant ces vingt années grâce a l'or ne m'a rien, ou presque coûté, mais pour conserver le blé pendant vingt ans il a fallut chaque année le remettre en risque , il a fallut peut être mobiliser tous les efforts de deux générations de paysan. Il en tire la conclusion de la monnaie fondante.

J'imagine volontiers que l'accès aux ressources soit conditionné a l'utilisation d'une forme de monnaie fondante, dont la fonte servirait a alimenter un revenu de base.

Tu trouveras aussi sur le web un textede Thomas Paine " justice agraire" , je te le signal car l'argument de Paine pour défendre son idée ressemble beaucoup a celui de Proudhon dans " qu'est ce que la propriété", je suis persuadé que Proudhon connaissait ce texte.
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Messagede Pierre-Joseph le Mar 9 Fév 2016 19:29

La dissymétrie constatée par Proudhon entre le capital et le travail est que le premier vole les richesses produites par le second. Je ne vois pas en quoi l'introduction d'une monnaie fondante changerait la nature de ce vol, ni le rendrait plus tolérable.
Je ne suis pas contre l'idée d'un échange équitable différé dans le temps mais je ne comprends pas l'utilité d'une monnaie fondante pour réaliser une telle chose, au contraire: le service que tu recevras dans 20 ans risque d'être moindre que celui que tu as fournis aujourd'hui. C'est d'ailleurs ce qu'on peut constater avec l'inflation et la baisse du pouvoir d'achat mais cela ne me semble pas être juste.
Le principe défendu par Proudhon est plutôt: un service vaut un service équivalent, un travail vaut un travail équivalent. Ainsi, le capital, qui ne travaille pas, vaut un travail équivalent, c'est à dire: rien!
Proudhon a écrit:Qu'est-ce que le travail? Rien. Que doit-il être? Tout.
Qu'est-ce que le capital? Tout. Que doit-il être? Rien.
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Messagede frigouret le Mar 9 Fév 2016 21:16

Quand même la question de l'accès au capital pour les ouvriers a beaucoup préoccupé Proudhon, sa banque du peuple dans laquelle il a fondé tant d'espoir et tant d'énergie en est la preuve il me semble.

Le capital c'est ce qui reste au terme d'un exercice , la monnaie que tu as pas consommé ou investi. Je pense que la fonction réserve de valeur de la monnaie est utile, mais doit être limitée pour que le travail soit le lieux privilégié pour faire perdurer la valeur, c'est ce que la monnaie fondante permet.
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Messagede Pierre-Joseph le Mar 9 Fév 2016 23:58

Tu plaisantes, j'espère ?
La banque du peuple de Proudhon n'a jamais rien eu à voir avec une banque de placement, c'est même exactement le contraire! Son but était plutôt de construire l'embryon d'un système économique fonctionnant selon le principe de réciprocité, un système dans lequel les échanges se font sans se voler, c'est à dire sans profits, sans plus-value, sans "reste au terme de l'exercice". Son but était précisément d'éliminer la fonction "réserve de valeur" de la monnaie, car elle est un obstacle à sa circulation et donc un frein aux échanges économiques.
Proudhon voulait la libre circulation des produits, ce qui est revendiqué aussi par certains économistes mais sans jamais aller au bout de cette idée. En effet, pour aller au bout de cette idée, il faut supprimer complètement la valeur de la monnaie: elle ne doit être qu'un moyen d'échange entre deux services, deux produits de même valeur mais sans jamais devenir elle-même un produit ayant de la valeur. Sinon, elle finit par être stockée et ne plus circuler, ne plus permettre les échanges économiques.
L'objectif de la banque du peuple était d'inventer cette libre circulation des produits et certainement pas de permettre aux ouvriers d'accéder au capital!
Quelle blague!
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Messagede frigouret le Mer 10 Fév 2016 06:14

Tu sur interprète, permettre l'accès au crédit aux ouvriers c'est leur permettre l'accès au capital, , pas plus.

Une monnaie a capital fondant , je présume, permet le crédit gratuit. Si au terme d'un exercice il te reste du capital et que celui-ci fond tu as tout avantage a le prêter, même sans intérêts.
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Messagede Pierre-Joseph le Mer 10 Fév 2016 14:38

Je ne surinterprète rien, par contre, toi, soit tu pipes rien à rien, soit tu le fais exprès!
Je cite Proudhon dans Organisation du crédit et de la circulation:
Nous avons chassé le dernier de nos rois ; nous avons crié: À bas la monarchie! Vive la République! Mais, vous pouvez m'en croire, si déjà ce doute ne vous est venu, il n'y a en France, il n'y a dans toute l'Europe que quelque princes de moins: la royauté est toujours debout. La royauté subsistera tant que nous l'aurons pas abolie dans son expression à la fois la plus matérielle et la plus abstraite, la royauté de l'or.
L'or est le talisman qui glace la vie dans la société, qui enchaîne la circulation, qui tue le travail et le crédit ; qui constitue tous les hommes dans un esclavage mutuel.
Il faut donc détruire encore cette royauté de l'or ; il faut républicaniser le numéraire, en faisant de chaque produit du travail une monnaie courante.
Qu'on ne s'effraie point par avance. Je ne viens pas reproduire sous une forme rajeunie les vieilles idées de papier-monnaie, monnaie de papier, assignats, billets de banque, etc., etc., tous ces palliatifs connus, éprouvés, décriés depuis longtemps. Ces représentations sur papier, par lesquelles on croit suppléer à l'absence du dieu, ne sont toutes qu'un hommage rendu au métal, une adoration du métal, toujours présent à la pensée, toujours pris pour évaluateur commun des produits. Entre le papier de crédit que je propose, et le papier de banque ou tout autre analogue, il y a aussi loin qu'entre l'idée de crédit, d'après la théorie de la réduction générale des revenus et salaires, et l'idée de crédit d'après la routine des usuriers.
Remontons au principe.
Sous la tyrannie de l'or, le crédit est pour me servir d'une expression du code, unilatéral: c'est-à-dire que le détenteur de l'or peut seul donner crédit; lui-même ne le reçoit pas.
D'après la loi de réciprocité, au contraire, le crédit est bilatéral, tout le monde se faisant réciproquement crédit d'une partie de son travail: de là la double réduction que nous avons faite des prix et des salaires.
Créditer, sous le régime monarchique de l'or, c'est PRÊTER.
Créditer, sous le régime républicain du bon marché, c'est ÉCHANGER.


Voilà! l'accès au crédit que propose Proudhon aux ouvriers, c'est l'accès à l'échange et non l'accès au capital. Si je fournis un service, alors j'ai droit en retour à un service équivalent. Le capital, quant à lui, puisqu'il ne produit rien, n'a droit à rien.
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Messagede frigouret le Mer 10 Fév 2016 18:13

Rengracie Pierro, tu dis que j'enterve que nib aux lovés mais dès fois c'est tézigue qu'a les chasses et les esgourdes ensablés.

Oui ce que propose Proudhon c'est une monnaie fiduciaire, exactement le même principe qu'un SEL, mais cela n'empêche pas du tout que l'on puisse capitaliser une monnaie fiduciaire.

Par contre j'ai du mal a comprendre l'emploie du terme " réduction" dans le passage que tu cite.
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Messagede Pierre-Joseph le Mer 10 Fév 2016 21:50

T'as même pas lu l'extrait précédent! Feignant! Quand Proudhon dit :
Entre le papier de crédit que je propose, et le papier de banque ou tout autre analogue, il y a aussi loin qu'entre l'idée de crédit, d'après la théorie de la réduction générale des revenus et salaires, et l'idée de crédit d'après la routine des usuriers.

Cela veut dire que le papier de crédit qu'il veut créer est le contraire d'une monnaie fiduciaire et que son système est donc radicalement différent des SEL car ces derniers ont aussi, comme toi et les auteurs que tu cites, le travers de recréer des monnaies fiduciaires.
Proudhon ne veut conserver dans la monnaie que sa faculté à permettre les échanges et supprimer sa fonction de stockage et d'accumulation de richesses car cette seconde fonction détruit la première.
Son papier de crédit ne doit donc pas avoir de valeur en lui-même, il ne doit pas être une monnaie fiduciaire. Il doit permettre les échanges entre les produits mais sans devenir lui-même un produit. Son principe, il le dit et l'explique longuement dans l'ouvrage cité plus haut, est plutôt celui de la lettre de change.
Rapidement: A a une dette envers B. B a une dette équivalente envers C. B peut alors demander à A de lui faire une reconnaissance de dette et la proposer en paiement à C. Ainsi, A a une dette envers C et B est tiré d'affaire.
On a donc là un outil qui permet des échanges entre les produits sans être pour autant une monnaie fiduciaire. Personne n'a intérêt à accumuler des reconnaissances de dettes, ni dans un sens ni dans l'autre. Le but, c'est de s'en débarrasser, comme B dans l'exemple.
Voilà le principe du papier de crédit de Proudhon. Pas si compliqué!
Ce système permet une double réduction puisque les échanges se font selon le principe de réciprocité, suivant lequel toute forme de vol est éliminée.
Dans le système capitaliste, le salarié se fait voler (en général) lorsqu'il reçoit son salaire et il se fait voler une deuxième fois lorsqu'il achète des produits. En effet, le patron et le marchand cherchent (en général) a faire du profit sur son dos, c'est à dire à le voler. En remplaçant ces deux transactions par des échanges synallagmatiques, les travailleurs obtiennent donc une double réduction.
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Re: Lutte des classes .

Messagede frigouret le Jeu 11 Fév 2016 00:07

Ce que tu m'explique est exactement le principe d'une monnaie fiduciaire, basée sur la confiance comme son nom l'indique.

Je pense avoir deviné ce que Proudhon entend par réduction, en fait il le prend dans son sens algébrique, réduire deux fractions afin de les mettre sous même dénominateur pour qu'elles puissent être comparées, c'est l'idée d'une monnaie temps conséquence des théories des économistes classiques sur la valeur travail. Il y a encore des monnaies libres basées sur ça, le time dollar par exemple. Je pense que cette conception de la valeur est faible et désuète pour ma part.

Justement a propos de réciprocité je trouve que tu as des manières de cuistre.
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Messagede Lehning le Jeu 11 Fév 2016 00:33

Bonsoir !

Je suis depuis un bon petit moment ce fil... sans trop rien dire...

Frigouret, tu me sembles d'une mauvaise foi... un peu déconcertante. Pourtant Pierre-Joseph prend le temps de bien expliquer et décortiquer les choses.
On sent bien, que nullement décontenancé par des évidences, tu t'enfonces dans un gloubiboulga justificatif hors de la réalité économique capitaliste. Et c'est pas par tes quelques pirouettes économico-scientistes que l'on ne voit pas ta mauvaise foi intrinsèque.

Bien entendu, tu tentes, de ton point de vue, de faire gober ton libertarianisme-libéro-capitaliste de petit patron, en somme ; celui de cet état d'esprit du parfait petit capitalo inégalitaire intrinsèquement et qui escape, à chaque fois que c'est un peu trop dérangeant dans tes certitudes. C'est cousu de fil blanc et çà devient super flashy et voyant.

J'aimerais savoir, sans détours cette fois, vraiment, comment tu fais pour concilier propriété privée de moyens de production et monnaie fondante (la question qui tue !^^) ?

Et puis que pense-tu véritablement de la lutte des classes (thème de ce topic je le rappelle). Simple lubie dictatoriale de quelques marxistes, gauchistes et anars ?

Salutations Anarchistes !
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Re: Lutte des classes .

Messagede frigouret le Jeu 11 Fév 2016 09:21

Puisque tu parles d'évidence j'ai juste envie ce matin de creuser un peu le thème.t
Évidence vient du latin voir.
Il y a deux sortes d'évidences, l'évidence immédiate, celle qui " crève les yeux" très mauvaise façon de voir tu conviendra. Et puis il y a l'évidence terminale, celle qui résiste au doute, celle qu'il est raisonnable de chercher quand on veut s'approcher de la réalité.
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Re: Lutte des classes .

Messagede Pierre-Joseph le Jeu 11 Fév 2016 09:54

Prenons le définition wikipedia de la monnaie fiduciaire:
La monnaie fiduciaire est un instrument financier dont la valeur nominale est supérieure à la valeur intrinsèque : la confiance (fiducia en latin) que lui accorde l'utilisateur comme valeur d'échange, moyen de paiement, et donc comme monnaie, repose sur un principe de garantie défendu par une institution centralisatrice.

Effectivement, la monnaie fiduciaire a une valeur qui repose sur la confiance. Un billet de 50€ n'est qu'un bout de papier sans grande valeur, il ne vaut 50€ seulement parce que tout le monde croit qu'il vaut 50€ mais ce n'est qu'une croyance. N'importe quel groupe peut recréer une monnaie, sa propre monnaie, de la même manière.
Cependant, ce n'est absolument pas le projet de Proudhon. Le papier de crédit qu'il propose n'est qu'un instrument d'échange dont la valeur nominale est zéro. Seuls les produits échangés ont de la valeur (la même valeur) mais le papier de crédit, lui, n'en a aucune. Ce n'est donc pas une monnaie fiduciaire.
L'exploitation dans le système capitaliste, c'est à dire le vol du travail par le capital, apparait autant dans l'organisation du travail que dans l'organisation des échanges économiques. Que ces échanges aient lieu avec une monnaie en or, en argent ou en papier n'y change rien. Dans ce système, le détenteur de la monnaie décide seul, unilatéralement, des conditions auxquelles il prête, d'où le vol. C'est pourquoi Proudhon propose un autre système d'échange, fondé sur le principe de réciprocité, dans lequel le prêt est remplacé par un échange établit de façon bilatérale. Ainsi, le vol est éliminé, il n'y a plus d'exploitation.
Proudhon pense que l'organisation du travail doit être libre. Pour lutter contre l'exploitation, il ne faut donc pas agir sur l'organisation du travail
mais sur l'organisation des échanges économiques. La lutte des classes a donc pour objectif de détruire la royauté de la monnaie.
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Re: Lutte des classes .

Messagede frigouret le Jeu 11 Fév 2016 20:02

Non pierre Joseph , le papier émis par la banque du peuple a une valeur nominale, mais aucune valeur intrinsèque ( ce n'est pas une monnaie marchandise comme la monnaie or).

Pour moi la meilleur illustration de l'idée de Proudhon c'est la monnaie temps ( comme le time dollar), la valeur d'une marchandise dans ce système est une cristallisation du temps qu'il a fallut a tous les intervenants pour produire cette marchandise, c'est vrai que ce système est équitable et est quelque
Cpart séduisant .


Mais par exemple si tu es depuis longtemps dans le désert et que tu as très soif, et que tu trouve un marchand d'eau. Pour le premier verre d'eau tu accepte de le payer très cher, un peu moins le deuxième et beaucoup moins pour le cinquième, pourtant le marchand d'eau a autant travaillé pour te mettre a disposition le premier et le cinquième verre. C'est la libre fixation du.prix qui permet de prendre en compte les phénomènes de rareté, d'utilité, de subjectivité et toutes ces informations sont indispensables pour le calcul économique rationnel.
L'échec des économies planifiées peut s'expliquer ainsi, en l'absence de prix librements fixés sur le marché, les bureaucrates planificateurs êtaient incapables de conduire une économie complexe, ils naviguaient dans le noir sans instruments, et étaient réduits a espionner le catalogue de la redoute pour tenter d'avoir une idée de la valeur de leur production. Ces économies étaient de véritable gabgies .

C'est pour ça que j'evoquai Silvio Gesell plus haut, ce type était proudhonien convaincu, mais il a eu une idée que je trouve génial , laissons les prix se former librement, c'est comme ça qu'une économie de marché trouve son meilleur rendement, mais faisons fondre le capital monétaire pour que sa fonction de réserve de valeur n'entrave pas sa fonction de media d'échange.
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Messagede Pierre-Joseph le Jeu 11 Fév 2016 22:38

Si une monnaie a une valeur nominative, alors elle devient semblable à l'or. Du fait de cette valeur, cette monnaie va être stockée et accumulée au lieu d'accomplir son premier rôle qui est de circuler pour permettre les échanges économiques. Si rien n'est fait, l'aboutissement de cette accumulation est que la monnaie n'est plus un moyen d'échange: entièrement entre les mains des capitalistes, elle n'est plus échangée mais prêtée, à leurs conditions. Les échanges économiques sont alors rendus de plus en difficiles et dépendent entièrement du bon vouloir de ces capitalistes.
Proudhon avait compris cela et n'en voulait pas.
L'idée que tu avances de faire fondre cette monnaie n'y résout rien. Il suffit d'ailleurs d'observer toutes les monnaies : euro, dollar, etc. Toutes sont des monnaies fiduciaires et fondantes. Leur fonte a un nom : c'est l'inflation.
Ce qu'on observe, c'est que cette inflation n'incite pas les capitalistes à remettre cette monnaie en circulation mais, au contraire, à durcir leurs conditions de prêt, augmenter les taux d'intérêt, de manière à compenser la perte engendrée par l'inflation. C'est aussi la course aux placements les plus rentables avec, comme conséquence, la pression contre les travailleurs pour diminuer les salaires et augmenter les profits.
La fonte du capital a donc comme conséquence l'augmentation du vol commis à l'encontre des travailleurs.
Et ça, Proudhon le voulait encore moins.
Ce que Proudhon voulait mettre au point, je le redis, c'est un papier de crédit, sans valeur nominative, avec une seule fonction: permettre d'échanger des produits contre des produits.
L'exemple qu'il donne de la lettre de change montre que c'est possible. Il voulait le généraliser à l'ensemble de l'économie et créer une banque pour cela mais on ne peut pas dire que ce fut un grand succès.
Je pense que l'idée de réciprocité dans les échanges est une bonne base pour refonder l'économie. En échangeant, service contre service, travail contre travail, la fonction parasite du capital disparait. Le problème, ce qui manque pour que cette banque soit réalisable, a été évoqué précédemment: c'est l'accès à la matière première et aux ressources naturelles. Ces ressources ont aussi été accaparées par les capitalistes et les travailleurs ne peuvent pas les recréer par le travail, il faut donc les récupérer par la force.
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