Le CSR est-il anti anarchiste?

Espace de débats sur l'anarchisme

Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede Groucho Marx le Jeu 12 Nov 2015 21:17

Recréation du topic supprimé par erreur.
Amusez vous bien!
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede vroum le Jeu 12 Nov 2015 22:01

Le « Courant syndicaliste révolutionnaire » est-il anti-anarchiste ?

mardi 29 septembre 2015, par Eric Vilain http://monde-nouveau.net/spip.php?article355


Deux textes écrits par le « Courant syndicaliste révolutionnaire » (CSR) ont attiré mon attention à cause du discours que tient ce courant par rapport à l’anarchisme et l’anarcho-syndicalisme :

♦ « La CFDT et le syndicalisme révolutionnaire » ;

♦ « Histoire de l’Internationale syndicale rouge » ;
J’ai ensuite lu un troisième texte :

S’y ajoute un troisième texte :

♦ « L’anarcho-syndicalisme contre le Front Unique », qui ne dit rien de nouveau sur le fond par rapport aux deux premiers textes que je mentionne, mais qui confirme mes premières impressions : le CSR est clairement anti-anarchiste et anti-anarcho-syndicaliste.

Cela dit, on a parfaitement le droit d’être anti-anar, et de le dire. Cela relève d’un simple débat d’idées. Mais l’argumentaire du rédacteur de ces textes révèle une invraisemblable manipulation des faits, la mauvaise foi et la déformation. Et aussi une incroyable tendance à récupérer des mouvements comme étant « syndicalistes révolutionnaires », alors qu’ils n’ont absolument rien à y voir.

L’argumentaire de notre théoricien du « SR », comme il dit, se fonde sur :
– la négation du caractère répressif du gouvernement communiste en Russie, répression qui s’est exercée contre le mouvement ouvrier dès 1918. (rappelons que la Tchéka a été fondée dès décembre 1917), et atteignant un pic en 1921 avec la répression de l’insurrection de Kronstadt et du mouvement makhnoviste. Avec l’interdiction des tendances au 10e congrès du parti, toute démocratie à l’intérieur du parti est brisée. À l’extérieur, cela faisait longtemps qu’elle l’était.

– L’affirmation que l’Internationale syndicale rouge, le pendant syndical de l’Internationale communiste, était une organisation syndicaliste révolutionnaire, indépendante de l’Internationale communiste, et qu’elle aurait pu constituer une alternative au gouvernement bolchevik jusqu’en 1928.

– La condamnation du retrait des anarcho-syndicalistes de l’Internationale syndicale rouge pour fonder l’AIT à Berlin en 1922, retrait qui serait motivé par des erreurs d’analyses et par opportunisme et non comme conséquence d’une analyse de la nature répressive et anti-ouvrière de l’Etat russe.
– La condamnation du refus des anarchistes à adhérer à la politique du « front uni » décidée par l’Internationale communiste et imposée aux partis communistes adhérents, laquelle politique impliquait entre autres choses la participation des partis adhérents à l’Internationale aux élections et la constitution de fractions communistes dans les organisations syndicales pour en prendre le contrôle.

la suite au format .pdf ici :arrow: http://monde-nouveau.net/IMG/pdf/Le_Courant_syndicaliste_revolutionnaire_est-il_anti-a.pdf
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede Chevalier du Travail le Jeu 12 Nov 2015 22:07

Et voici la réponse des CSR:

Article dans la rubrique Correspondance de "Syndicaliste!" N°41/juillet 2012.

" Nous publions ici une réponse faite au camarade René Berthier à sa lettre ouverte mettant en cause les CSR qualifiés d'"anti-anarchistes".

Cher René Berthier

Des camarades de la Fédération Anarchiste nous ont fait parvenir un texte, écrit par tes soins et qui commence à circuler bien au-delà des groupes de la FA.

Nous nous permettons de répondre à ton texte car beaucoup de nos adhérents appartiennent à la même confédération syndicale que toi et, plus largement, il nous apparait nécessaire de mener les débats au sein du « Mouvement révolutionnaire » sur une base sereine et d’assumer publiquement nos écrits.

Ton long texte consacre de nombreuses critiques à deux brochures rédigées par notre organisation. Ces documents sont en cours de réécriture, c’est pourquoi nous analyserons avec intérêt les passages que tu critiques.

Tu t’appuies sur la lecture de ces deux textes, ainsi que notre dossier consacré à l’anarcho-syndicalisme pour en conclure « le CSR est clairement anti-anarchiste et anti-anarcho-syndicaliste ». Nous te rappelons que le titre de ton texte est « le CSR est-il anti anarchiste primaire ? ». Tu réponds à cette question de façon très affirmative à la fin de ce texte.
Et tu demandes d’ailleurs « ce qui motive l’auteur » par rapport à « son préjugé anti-anarchiste».

Ces textes publiés par les CSR ne sont pas le produit d’un « auteur » qui aurait des comptes à régler avec l’anarchisme. Ces écrits ont été débattus et sont assumés publiquement par les militants qui les diffusent. Certains d’entre eux sont d’ailleurs anarchistes.
Les documents que tu cites ne sont pas consacrés au mouvement anarchiste mais aux tendances syndicales et à aucun moment le mouvement libertaire ne nous semble pris à parti.

En ce qui concerne les relations qu’entretiennent les CSR avec l’anarchisme, il n’y a pas grand-chose d’original si l’on se réfère à nos principes fondateurs : la Charte d’Amiens.
Les adhérents des CSR ont le droit d’appartenir aux groupes affinitaires de leur choix si en retour ces militants respectent l’indépendance politique des CSR. Jamais aucun camarade des CSR n’a été critiqué en raison de son adhésion aux thèses anarchistes. Aucun de nos adhérents n’a quitté les CSR en se plaignant d’un tel comportement.

Alors revenons en aux écrits.
Tu établis un lien direct entre l’anarchisme et l’anarcho-syndicalisme. Notre dossier sur l’anarcho-syndicalisme, que tu cites, visait justement à démontrer que l’anarcho-syndicalisme ne peut être confondu avec l’anarchisme. Il semblerait que nous n’ayons pas été assez convaincants mais, en tout cas, on ne peut pas nous reprocher de critiquer l’anarcho-syndicalisme pour immédiatement tirer la conclusion que nous sommes « anti-anarchistes ». Car nous avons justement écrit l’inverse.

Il apparaîtrait totalement grotesque que les CSR soient « anti-anarchistes ». Le SR partage avec l’anarchisme sa volonté d’abattre l’état capitaliste et de combattre toute forme de pouvoir individuel ou de classe. Nous partageons avec l’anarchisme notre projet de société, le communisme (on peut mettre l’adjectif « libertaire », « libre »,… mais cela ne change rien à la forme matérielle de ce système désiré). Cette proximité explique pourquoi, parmi les 5 rédacteurs de la Charte d’Amiens, 3 appartenaient au mouvement libertaire.
Nous avançons donc dans la même direction et il apparaît alors indispensable que nos efforts soient mis en commun. Si nous consacrions de l’énergie à combattre nos camarades, nous serions totalement suicidaires. Débattre avec les courants amis ne peut donc être assimilé à une opposition mais à une volonté de résoudre des désaccords, comme cela se fait d’ailleurs dans toute organisation en interne.
Ainsi on ne peut pas reprocher à Monatte d’avoir été « anti-anarchiste » pour avoir porté la contradiction au congrès anarchiste d’Amsterdam en 1907 !

L’anarchisme est il soluble dans l’anarcho-syndicalisme ?

Ces désaccords ne peuvent ensuite être généralisés à toutes les composantes anarchistes. Nous te rappelons que le mouvement anarchiste ne repose sur aucune texte ou aucune stratégie de référence. Plus encore que le marxisme, il est traversé de nombreuses sensibilités qui n’ont jamais pu réaliser une unité durable.
Alors comment-il possible d’affirmer que les CSR seraient « anti-anarchistes ». Il suffit seulement de comprendre que les CSR portent forcément un regard différent sur le positionnement syndical des différentes composantes de ce mouvement anarchiste. Nous pouvons rapidement délimiter 4 sensibilités :

1) l’ultra gauche libertaire et les individualistes, hostiles à l’organisation syndicale.
2) certaines tendances plate-formistes qui interviennent dans le mouvement syndical sous forme de fractions.
3) les anarcho-syndicalistes, si tu fais le choix d’intégrer cette composante aux anarchistes. Cette composante est favorable à la création d’organisations syndicales affinitaires.
4) les libertaires qui interviennent dans le mouvement syndical selon les principes de la Charte d’Amiens.

A partir d’un tel constat, il apparaît évident que les CSR ne peuvent avoir un regard identique sur chacune de ces composantes. Nous pouvons même affirmer que tous les libertaires qui veulent faire vivre la Charte d’Amiens ont leur place dans les CSR.

Et pour les mêmes raisons, que nos militants soient libertaires ou non, nous sommes en désaccord avec les anarcho-syndicalistes. Nous pensons que la création de syndicats affinitaires est un obstacle sur le chemin de la révolution. Non seulement ils divisent les travailleurs-euses dans l’action quotidienne mais ce type de syndicat rend impossible la socialisation des moyens de production. On ne peut socialiser en fractionnant !

Au tournant du XXème siècle, certains libertaires ont perçu le développement du syndicalisme révolutionnaire comme une menace pour leur propre mouvement. Il est vrai que l’émergence du SR a retiré des forces militantes au mouvement libertaire. Mais, de la même façon, on peut ajouter que le mouvement libertaire n’a jamais été aussi influent et crédible que lorsque nombre de ses militants assumaient des responsabilités dans la CGT, en avançant, grâce à l’organisation syndicale, vers la Révolution. L’anarchisme n’est pas une fin en soi. C’est une analyse et il lui faut des outils pour mener à bien son projet. Ces outils ne peuvent être forgés uniquement par une composante affinitaire. C’est un maximum de travailleurs, au-delà des références affinitaires, qui doivent s’emparer de l’outil syndical en l’orientant dans un sens révolutionnaire (grâce à une tendance interne aux confédérations).
Lors de la création du Parti Communiste, beaucoup de militants anarchistes se sont éloignés de leurs références libertaires. Parmi ceux qui sont demeurés libertaires, la tentation a alors été grande de reprendre le schéma de la fraction (calqué sur le modèle bolchevique) ou de se replier dans de petites organisations syndicales affinitaires. Cette tentation est restée assez vivace depuis cette date mais n’a pas permis au mouvement libertaire de regagner en influence durable.

Aujourd’hui, le développement des CSR et leur influence grandissante dans la CGT, pourraient apparaître pour certains libertaires comme une menace, comme un nouveau traumatisme. A l’inverse, la résurgence du syndicalisme révolutionnaire ne pourrait il pas représenter pour le mouvement libertaire une occasion d’inscrire son idéologique anti-capitaliste et autogestionnaire dans un cadre social et dans une dynamique de masse ?

Nous t’invitons, ainsi que tous nos camarades libertaires, à y réfléchir.

Nous restons disponibles pour discuter et pour lever toute inquiétude en ce qui concerne notre démarche « anti-anarchiste », par l’observation de nos pratiques sur le terrain. Ces contacts sont d’autant plus faciles à établir pour les militants de la CGT qui peuvent nous rencontrer dans les UL et dans les syndicats d’industrie où nous militons. Les CSR viennent d’ailleurs de lancer une initiative pour redonner vie au syndicalisme d’industrie. Tous les militants syndicaux, et entre autre les libertaires, qui désirent sortir des limites du syndicalisme de métier ou d’entreprise, peuvent s’y joindre.

C’est ce que nous t’invitons à faire.

Reçois nos sincères salutations syndicalistes fraternelles"
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede Lehning le Jeu 12 Nov 2015 22:08

Bonsoir !

Re-réponse donc à "Chevalier du travail", membre du CSR de Limoges: oui, j'ai peut-être confondu avec les Redskins de Limoges...

Quant au message de woland1917, ce n'est certainement pas une grande perte dans ce topic recréé puisque son message, teinté de bolchevisme, n'était qu'une diatribe sans propositions contre l'anarchisme.

Salutations Anarchistes !
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede Chevalier du Travail le Jeu 12 Nov 2015 22:50

En tout cas, le texte de René Berthier a bien fait rire nombre de militants et de camarades anarchistes (de la FA et ailleurs) qui ne sont pas tombés dans le panneau.

Pour étayer mes propos en prenant une source historienne et fiable, y a qu'à tout simplement feuilleter le dictionnaire biographique du mouvement libertaire francophone "Le Maitron des Anarchistes" et constater la quantité des militants anarchistes qui étaient syndicalistes, tous tournant autour du syndicalisme révolutionnaire, que ce soit pendant la première période du SR (avant la guerre 14-18) ou pendant la deuxième (1919-1922) membres ou proches du CSR (qui se répartissent ensuite entre CGTU, CGT-SR, syndicats autonomes de branche).
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede bajotierra le Ven 13 Nov 2015 11:04

Salut ,

Il manquait des morceaux a ce fil je les réintroduis sous la forme d'une réponse de chevalier du travail aux questions que je lui posai .

Salut Bajotierra,

Je vois que le sujet a été supprimé mais je vais te répondre quand même,

"N'est pas une fin en soi* (oui y a quelques fautes, c'était un texte sorti uniquement sur support papier de la revue CSR que j'ai retapé ensuite :oops: ).

"Tu affirmes que l'anarchisme n'est pas une fin tout en étant un projet , quelle est la différence ?

Comment une composante non anarchiste peut elle participer a élaborer des outils anarchistes ?"

Le texte n'est pas de moi mais a été validé collectivement en réponse à l'époque. Personnellement j'aurai dis ça autrement car effectivement je comprends qu'il y ai une petite interrogation, je vais donc tenter de rectifier avec mes mots à moi (et c'est pas gagner car sur un forum un propos peut très vite être mal compris et interprété autrement) :wink:

Je me lance, un peu d'indulgence :^^:

L'anarchisme est une philosophie et son problème c'est qu'il y a presque autant d'anarchismes qu'il y a d'anarchistes (on peut voir des débats passionnés au sein même de courants anarchistes hégémoniques ou à l'intérieur des différentes organisations anarchistes, la plupart étant elle-mêmes le produit de scission avec d'autres sur l'interprétation et les moyens d'arriver à l'anarchisme). L'anarchisme veut la liberté de l'individu dans l'organisation sociale. A partir de là viennent les débats sur la mesure et la place de cette liberté de l'individu: la liberté individuelle au dessus du collectif comme étant réellement absolue ? Ou bien le collectif épanoui dans la concertation mutuelle permet l'épanouissement individuelle et donc la liberté ?
Le projet est là, l'anarchisme (la liberté de l'individu), mais rien n'est réellement tranché concernant son rapport avec autrui ou dans un cadre collectif. Ce qui nous amène à dire que, l'organisation anarchiste, elle, n'est pas une fin en soi, au sens où l'organisation anarchiste s'est déjà constituée sur l'interprétation de l'anarchisme. Par fin en soi, on entend l'avènement de l'anarchisme.
Un exemple, quand je vois des autocollants ou des signatures disant que la FA est une organisation révolutionnaire, je ne suis pas d'accord. La FA est une organisation composée d'individus révolutionnaires, la nuances est là. Etant une organisation de synthèse, la FA aurait très vite un soucis interne (entre ses courants) dans ce qui est de la prise de décision urgente dans un processus révolutionnaire et de transition. Pour moi l'intérêt d'une organisation comme la FA c'est qu'elle a le mérite de sauvegarder le capital (excusez du mot :^^: ) culturel du mouvement anarchiste. Mais elle n'est pas une fin en soi, elle n'est pas une organisation révolutionnaire (avec une stratégie bien définie et des outils adéquats préparés et validés à l'avance), elle n'est pas capable d'aboutir au projet dont elle se réclame. A cause de quoi ? De l'idéologie. Les organisations politiques pensent que l'idéologie guide les hommes... sauf que l'histoire n'est pas écrite par les idées mais par l'action, par la pratique, aussi beaucoup par les symboles et les mythes qui résultent de ces pratiques. On ne touche pas les masses par les idéologies, encore moins par les interprétations. En plus clair et plus simple, mon avis sur ce qui plombe l'anarchisme aujourd'hui c'est de considérer que seule l'organisation politique anarchiste va mener à l'anarchisme.

Le syndicalisme révolutionnaire est le seul composant du Socialisme (au sens authentique et noble) et du mouvement ouvrier révolutionnaire a ne pas avoir d'idéologie mais un but, et ce but s'accomplira par la pratique. L'idéologie issue de la pratique et non l'inverse. Le syndicalisme révolutionnaire est aux idéologies politiques ce que la laïcité est aux religions.
Au contraire, nous pensons dans les CSR (et c'est ce qui a fait la force d'attraction du syndicalisme révolutionnaire historique), qu'on peut avoir des pratiques anarchistes sans se revendiquer anarchiste. Le but n'est pas d'arriver à une société "anarchiste" où tout le monde est anarchiste et conscient d'être anarchiste, mais d'arriver à un système où chacun a sa place (ce qui est la même chose à l'exception que ce dernier n'est pas tenu par la limite d'une étiquette idéologique). Le principal n'est pas l'idéologie ou le fait de rajouter du noir à son drapeau, ou le fait d'accoler "libertaire" derrière chaque mot qui relève de la société humaine, ou de signer des A cerclés sur chaque tracts et affiches, mais la pratique. La pratique qui amène un changement, une amélioration aussi minim soit-elle dans le quotidien de quelqu'un décuplera ton audience auprès de cette personne 10 fois plus qu'un discours politique ou historique ou une affiche ou un tract. C'est ce qui est bien dans le syndicalisme, il y a un potentiel révolutionnaire, un potentiel de diffusion d'idées qui n'est pas exploité ou très mal exploité, alors que toutes les organisations politiques d'extrême-gauche et libertaires sont verrouillées et tricards publiquement.

J'ai vu des anarchistes beaucoup plus autoritaires que des marxistes et des gens lambda beaucoup plus libertaires dans les pratiques sans même en avoir conscience que des militants anarchistes formés à l'autogestion et la démocratie de base. Notre constat c'est qu'historiquement, les idées libertaires ont eu le plus d'impact auprès des masses lorsque les anarchistes se sont impliqués dans le syndicalisme. Cet exemple historique là prouve qu'une composante non-anarchiste (en tout cas non revendiqué comme tel) peut élaborer des outils anarchistes et avoir un bien meilleur résultat pour ce qui est de toucher les masses. Un outil concret: la charte d'amiens. C'est d'ailleurs l'attrait pour la charte d'Amiens et le goût de pouvoir avoir une dimension de masse qui a fait que la majorité des anarchistes impliqués dans le syndicalisme n'ont pas suivi l'anarcho-syndicalisme.

Voilà je sais pas si j'ai été clair."
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede Chevalier du Travail le Ven 13 Nov 2015 12:02

Et je rajouterai ceci, plus spécifiquement sur ta remarque sur la phrase de la réponse du CSR qui dit "l'anarchisme n'est pas une fin en soi',

il faut bien placer cette remarque avec le contexte de la phrase entière qui est: 'Mais, de la même façon, on peut ajouter que le mouvement libertaire n’a jamais été aussi influent et crédible que lorsque nombre de ses militants assumaient des responsabilités dans la CGT, en avançant, grâce à l’organisation syndicale, vers la Révolution. L’anarchisme n’est pas une fin en soi. C’est une analyse et il lui faut des outils pour mener à bien son projet."

L'anarchisme n'est pas une fin en soi à ce moment là pour les militants anarchistes impliqués dans le syndicalisme. Ce qui nous pousse à dire ça c'est l'activité syndicale du mouvement anarchiste (retraçable dans les archives ou encore dans le maitron) qui devient la priorité dans cette période de bouillonnement révolutionnaire. L'organisation spécifiquement anarchiste est mise sur le banc de touche (comme toutes les autres organisations politiques, même constat avec la SFIC puis le PCF), elle n'est que spectatrice du processus révolutionnaire enclenché dans le syndicalisme et les anarchistes à ce moment là l'ont bien saisi. Ils ont saisi l'outil adéquat pour diffuser leurs idées. D'ailleurs ce ne sont pas les seuls, tous les courants socialistes révolutionnaires convergent vers le syndicalisme à ce moment là.

C'est exactement cet état d'esprit là que nous cherchons à renouer dans les CSR: en finir avec le reflux du mouvement ouvrier révolutionnaire qui dure depuis qu'on s'est focalisé sur l'organisation politique, depuis qu'on est sur la défensive, repliés sur l'idéologie pour sauvegarder notre capital culturel et philosophique propre à chaque courant. Les organisations spécifiques anarchistes se sont multipliées à partir d'un fait historique: la révolution bolchevique et l'implantation du concept léniniste que "pas de classe révolutionnaire sans idéologie révolutionnaire" partout, et donc la perspective d'élite avant-gardiste menaçait la culture libertaire (et à raison). Avant ce fait, la priorité des anarchistes est le terrain syndical. En tout cas c'est ce que l'on pense et c'est l'analyse que l'on fait de cette époque à partir des données que l'on a :mrgreen:
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede frigouret le Ven 13 Nov 2015 14:47

Salut chevalier du travail, moi c'est Sancho panza.

Ça m'intéresse votre débat . Mais c'est plutôt ta signature , en fait toute les écoles de philosophie sociale ne voient pas le syndicalisme révolutionnaire comme une panacée, ni le communisme d'ailleurs.
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede Groucho Marx le Ven 13 Nov 2015 15:51

LA CHARTE D’AMIENS EST MORTE...

La « charte d’Amiens » est le nom du texte adopté lors du congrès de la CGT en octobre 1906. C’est depuis et de façon invariable devenu le texte de référence des syndicalistes révolutionnaires.

La charte d’Amiens est morte... très jeune. Elle n’avait qu’à peine 8 ans.

Depuis, se revendiquer de la charte d’Amiens, c’est se revendiquer d’un mythe. Certains « anarchistes » et autres « syndicalistes révolutionnaires » essayent régulièrement de réanimer le cadavre ? Quel peut bien être leur intérêt dans cette entreprise ?

Un texte de compromis historique ?

Les syndicalistes révolutionnaires oublient souvent de rappeler que ce texte est avant tout un texte de compromis entre les tendances anarchistes et réformistes (parlementaristes) de la CGT. Si, pour faire plaisir aux premiers, la Charte établit le principe de grève générale expropriatrice il assure surtout une bienveillante neutralité du syndicat envers les partis politiques qui, pour reprendre les termes de la Charte « en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale ». Alors que la CGT « apolitique » ne se donnera jamais les moyens de donner vie au principe de grève générale, les partis politiques sauront utiliser toute leur « liberté » ainsi garantie pour renforcer leur pouvoir sur le dos des travailleurs.

La neutralité politique à vécu ...

Dès 1922, à la re-création de l’AIT, l’apolitisme de la Charte d’Amiens était dénoncé pour ce qu’il était : une trahison contre la classe ouvrière, qui, sous couvert de « neutralité » consistait en fait à subordonner les travailleurs aux intérêts des partis politiques, dont il était évident après les épisodes de l’Union sacrée en 14, de la contre révolution en Allemagne et de la contre révolution bolchevique qu’ils étaient en opposition totale.

Nous ressortir la Charte d’Amiens aujourd’hui n’est pas anodin. Alors que tout le monde constate la perte de la mémoire militante et le règne de la confusion spectaculaire, on réexhume opportunément la vieille momie syndicaliste révolutionnaire, comptant ainsi nous refourguer sous les bandelettes quelques cadavres politiques décomposés depuis la chute du mur de Berlin. Cette régression permet en effet de trouver « normal » et « naturel » la collaboration avec des organisations politiques, voire d’ouvrir l’organisation « syndicaliste révolutionnaire » aux militants des partis et organisations politiques. Cela permet de créer des proximités (qui a dit des connivences ?) dans l’objectif d’une hypothétique refondation syndicale avec d’autres forces d’extrême gauche voire de gauche ... (cf. l’article sur le réveil des chats noirs de Politis http://www.politis.fr/article1293.html)

Syndicats vs classe

Aujourd’hui, il est temps d’en finir définitivement avec ces conceptions héritées d’un passé mythique. La Chartes d’Amiens clamait, et la Charte de Paris de la CNT avec elle - que « le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupement de production et de répartition, base de la réorganisation sociale ». Ce projet, rien moins que totalitaire - du Grand Syndicat s’apparente à celui du Parti unique ... Il s’agit d’une énième avant garde, dont on sait comment cela finit ...

Aujourd’hui, 100 ans après, la CGT et ses avatars sont devenus les partenaires obligés de l’Etat pour construire le spectacle de la contestation inutile. Quand au "mouvement anarchiste" il est partagé entre ceux qui vendent de l’anarchisme mais qui proclament ne pas être anarchistes et ceux qui défendent encore un projet de société.

Ce projet de société c’est le communisme anarchiste. Ce projet, qui rejoint l’anarchisme ouvrier globaliste de la FORA, appelle à un dépassement du syndicalisme. En effet, le syndicalisme étant un mode d’organisation dont la forme est structurée par le capitalisme (comme une empreinte en creux), il ne peut abolir le capitalisme sous peine de s’abolir lui-même. Donc s’il venait à gérer la société future, il reproduirait fatalement le capitalisme, les structures ayant toujours tendance à privilégier leur propre survie. (cf. à ce propos les textes sur la résistance au travail en Espagne révolutionnaire parus sur le site http://mondialisme.org)

Cette réflexion, mêlée et enrichie avec d’autres apports convergents (communisme de conseil, situationnisme, etc ...) amène aujourd’hui des syndicats CNT AIT à développer le concept d’autonomie populaire.

On est donc ici bien loin de la Charte d’Amiens ou de Paris et des statuts actuels de la CNT. Certes, on peut décréter le texte obsolète et donc aboli. Mais est ce bien important ? Ce qui compte, c’est le processus d’élaboration d’un nouveau référentiel anarchosyndicaliste idéologique et pratique, adapté à la réalité sociale actuelle. Ce processus doit être ouvert tout en étant cohérent, pour être opérationnel. Il doit se nourrir des réflexions et des expériences pratiques de tous ceux qui souhaitent y participer (la participation n’étant pas fondée sur un label ou l’appartenance - ou non - à une organisation - mais sur une volonté constructive et un minimum de clarté tant sur les objectifs que sur les moyens et sur leur articulation).

Tiré du bulletin Espoir numéro 4


(au passage, la CGT SR ne se réclamait de la Chartes d’Amiens que pour la dépasser. les textes de Besnard sur la création de la CGT SR sont sans équivoque à ce sujet. L’AIT s’est recréée en 1922 à berlin précisémént sur le rejet de la Charte d’Amiens, de sa fausse autonomie vis à vis des partis qui leur reconnait pourtant un rôle dans la transformation sociale, à côté des syndicat. Contre cette position a-politique, l’anarcosyndicalisme se définit par l’anti-politisme : non les partis politiques ne contribuent pas à l’émancipation, oui ce sont des organismes qui font partis du pouvoir étatico-capitaliste que nous visons à détruire. A ce titre, ils doivent donc être combattus sans relache en tant qu’ennemis des travailleurs.)
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede Chevalier du Travail le Ven 13 Nov 2015 18:18

Salut Sancho,

j'espère bien oui que ça intéresse :wink:. Pardonne moi mais je n'ai pas saisi ta phrase "Mais c'est plutôt ta signature , en fait toute les écoles de philosophie sociale ne voient pas le syndicalisme révolutionnaire comme une panacée, ni le communisme d'ailleurs." ?

Salut Groucho Marx,

le texte que tu cites est intéressant pour son début, mais je ne suis pas tout à fait d'accord sur son interprétation et sur les déductions qui s'en tirent. Evidemment que se revendiquer de la charte d'Amiens c'est se revendiquer d'un mythe, le syndicalisme révolutionnaire l'a toujours reconnu ainsi. Les mythes ont bien souvent une influence mobilisatrice beaucoup plus importante que les notions plus terre à terre, rationnelles et matérialistes. Les spiritualités, les religions et les croyances ne sont pas uniquement liées au culte d'un ou de plusieurs dieux. L'homme est un être croyant car social, sociable et pensant à la fois. Nous croyons ici tous à la Révolution et en un système libre, fraternel, égalitaire et solidaire. Qu'est-ce autre qu'une simple croyance ? Qu'est-ce autre qu'un simple mythe ? C'est pourtant cette lointaine croyance, ce mythe, qui motive nos mouvements et notre détermination. La Grève Générale est aussi un mythe qui mobilisa tellement les ambitions que ça en est devenu une idée à part entière, un but stratégique, une arme de guerre pour le mouvement révolutionnaire. A ce sujet, lire Réflexions sur la violence de Georges Sorel et des études menées par l'IRESMO (Institut de Recherches et d'Etudes sur le Syndicalisme et les Mouvements Sociaux) : http://iresmo.jimdo.com/2010/10/17/la-gr%C3%A8ve-g%C3%A9n%C3%A9rale-un-mythe-en-action/.

Voila pour le côté un peu intello du truc, mais revenons à plus concret.

La charte d'amiens est un texte de compris, en effet, et où est le mal ?
C'est bien parce que c'est un texte de compromis entre réformistes et révolutionnaires, entre modérés et radicaux, qu'au CSR nous l'assumons comme tel et nous nous en revendiquons clairement. C'est un texte qui pose clairement les bases du vivre ensemble avec nos divergences et nos différences. C'est un texte qui permet à toutes les écoles du Socialisme de cohabiter au sein d'une organisation unitaire et de masse (la confédération syndicale de classe). Les partis et organisations politiques se divisent alors que le syndicalisme rassemble. C'est donc pour nous un principe fondateur de la démocratie directe future, où les différences et les divergences individuelles et collectives ne seront pas pointées du doigt mais débattues. La politique c'est du compromis, vivre ensemble c'est constamment du compromis, c'est mettre de côté sa pureté, sa fierté, son égo, et faire en sorte que autrui face de même pour trouver un intérêt commun. Penser la Révolution autrement que par la perspective de compromis c'est être en totale opposition avec les fondements libertaires et avancer vers une dictature.
La charte d'Amiens ne rend pas la CGT apolitique, mais capable de suivre sa propre voie, proposer ses propres solutions, en dehors des organisations politiques. Se dégager des idéologies pour se concentrer uniquement sur les intérêts de classe et sur la Révolution.
Reconnaissance de la pluralité d'idées dans le mouvement ouvrier par l'indépendance et l'autonomie face à toute idéologie, amélioration des conditions de vie tout en préparant la révolution, expropriation capitaliste et réappropriation des lieux de travail, préparation à la gestion future, abolition des classes. Oui c'est bien un texte phare qui n'a pas son pareil. Ce qui a échoué, c'est le manque d'organisation des syndicalistes révolutionnaires à cette époque (avant guerre 14-18). C'est en constatant cette carence, que les premiers CSR en 1919 se sont formés justement, en échouant à nouveau (car notre conception de la politique et de du rôle des organisations à l'époque a été déstabilisé par les concepts léninistes venus de la révolution russe).

Pour la question du totalitarisme du "glorieux syndicat unique"... je ne vois pas trop le délire puisque le syndicat est de fait une association libre non guidée par une idéologie mais par la "défense d'intérêts matériels et moraux dans une optique de justice" (définition étymologique de syndicat). On adhère au syndicat de part sa condition de travailleur exploité et aliéné par le capitalisme. Quand les CSR disent qu'ils veulent une société gérée par les syndicats c'est tout simplement y voir une société où les traits collectifs se font via des associations libres fédérées entre elles. Pourquoi "syndicat" ? Parce que nous considérons que tout ce qui existe est le fruit de l'activité productive des hommes et des femmes, "Tout par le travail". Si tout existe par le travail, la gestion collective en terme de structure revient donc logiquement à l'organisation des travailleurs qui est naturellement le syndicat. Pourquoi "syndicat" et pas "conseil" ou "association" ou ne se sais quoi d'autre, tout simplement parce c'est le "syndicat" qui est identifié comme tel avec ce rôle là de représentation à travers le monde de part son passé et son expérience en tant que mouvement. On fait au plus simple et surtout au plus pratique. L'outil existe déjà, pas besoin ni d'intérêt à en créer un autre, juste l'utiliser correctement.
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede frigouret le Ven 13 Nov 2015 18:42

C'était en rapport avec la citation de Pouget dans ta signature, je dis que toutes les philosophie sociales ne prônent pas l'économie planifiée par exemple, ou bien que la démocratie c'est bien et que la propriété c'est mal.

En fait la philosophie sociale chacun a un peu la sienne, des opinions en somme.
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede Chevalier du Travail le Dim 15 Nov 2015 19:52

Je pense que par philosophie sociale il faut y voir tout ce qui s’intéresse aux rapports sociaux et propose des solutions concernant le bien-être individuel et collectif, la satisfaction des besoins, dans la société humaine.
Mais comme tu le dis, chacun, presque, a sa propre idée sur la question, ce qui prouve que l'organisation politique, avec son idéologie spécifique, ne peut être la solution car elle ne peut répondre à l'attente que d'une minorité consciente et regroupée autour de cette idée (idée qui n'est pas la même pour d'autres). Le syndicalisme et la charte d'Amiens sont un remède face à ça. Un communiste n’adhérera pas à une organisation politique anarchiste, un anarchiste n'adhérera pas à une organisation politique communiste, un socialiste n'adhérera ni à l'organisation communiste ni à l'organisation anarchiste et vis versa, un réformiste n'adhérera pas à une organisation révolutionnaire et vis versa, une personne lambda n'adhérera à aucune des organisations politiques voyant que c'est trop prise de tête, et on peut dire de même de chaque organisation concurrente à l'intérieur d'une même idéologie qui n'adhéreront pas les unes aux autres à cause de différents personnels liés à des interprétations etc... Par contre on peut remarquer que tous ces gens qui ne peuvent cohabiter sur le plan politique et bien se retrouvent dans le même syndicat, les mêmes mouvement de grève, en inter-syndicale, etc, sur des positions communes de défense des intérêts des travailleurs. Nous avons donc notre socle commun, notre compromis, notre base unitaire et démocratique pour la société future. Et c'est avec cette approche là que l'on pourra également s'avancer vers la réunification syndicale sur des bases claires et sereines. Une classe: Une confédération.
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede frigouret le Lun 16 Nov 2015 11:22

Il parait que avant la première guerre mondiale les associations ouvrières se donnaient pour objectif de créer leurs propres coopératives de distribution, de consommations, leurs mutuelles , leurs banques....où puis je trouver une étude sur cette période?
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede Chevalier du Travail le Lun 16 Nov 2015 14:11

Oui, la plupart de ces services socialisés par et pour la classe ouvrière étaient fédérés autour des "Bourses du Travail" (dont Fernand Pelloutier fut secrétaire général). C'est la fusion de la fédération des Bourses du Travail et de la Fédération des Syndicats de métiers de la CGT(1895) qui a donné la CGT de 1902 (débouchant sur la période "révolutionnaire" de la CGT), car cette fusion a permis une nouvelle dimension: une assise professionnelle ET territoriale (c'est à dire ayant une portée économique et politique). Une structure capable de se substituer à toutes les institutions bourgeoises allant de l'échelle locale à internationale.
Tu peux trouver au niveau des livres sur le sujet:

- "La Bourse du Travail de Lyon" de David Rappe, chez Atelier de Création Libertaire http://www.atelierdecreationlibertaire.com/La-Bourse-du-travail-de-Lyon.html?var_recherche=bourse%20du%20travail
- "Histoire des Bourses du Travail" de Fernand Pelloutier http://kropot.free.fr/Pelloutier-Bourses.htm
- "Retour sur les Bourses du Travail", Cahiers d'Histoire N°116/117 - juillet décembre 2011 https://chrhc.revues.org/2342

Et aussi une fiche CSR sur le sujet: http://syndicaliste.phpnet.org/IMG/pdf/Fiche_de_formation_CSR_no1_Les_bourses_du_Travail.pdf
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede frigouret le Lun 16 Nov 2015 15:18

:)
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede frigouret le Mar 17 Nov 2015 06:41

Mon idée c'est que en plus d'être apolitique les associations ouvrières devraient être a-idéologiques.
Ta présentation du SR est truffé de présupposés idéologiques, que la classe ouvrière soit appelée a devenir la classe archiste parce que porteuse naturellement d'un projet économique, le socialisme, et d'un projet politique, la "vraie" démocratie, , en est un exemple.
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede Chevalier du Travail le Mar 17 Nov 2015 14:38

Ma présentation du SR est truffée de "pré-supposés idéologiques" car pour l'expliquer dans sa particularité et répondre aux questions je ne vois pas trop comment faire autrement... Les associations ouvrières devraient être a-idéologiques, oui, mais pas a-politique. Dire association "ouvrière" est déjà politique puisque ça met en avant l'appartenance de classe qui résulte de rapports politiques. Il ne faut pas confondre selon moi politique "connaissance des affaires de la Cité" (étymologie) et politique politicienne et/ou idéologique. La société humaine, quel qu'elle soit, est politique. Tout ce qui nous amène sur un terrain non individuel est politique. Et tout ce qui te touche individuellement est politique. Tu es tout seul chez toi tu ouvres ton robinet d'eau c'est politique car ça découle de tout ce qui, au préalable de cet acte, a amené collectivement l'eau vers ton besoin perso (tout le travail d'autrui effectué pour acheminer l'eau etc), tout ce qui t'entoure vient du travail d'autrui (tes habits, ton mobilier, les infrastructures que tu prends, tes loisirs, tes outils, TOUT). Tout est politique. Le fait de dire que tu ne fais pas de politique, c'est politique. Le seul moment où il n'y aura plus de politique c'est quand il n'y aura plus qu'un seul être humain sur Terre, entouré de la nature brute.

Il ne faut pas confondre idée/pensée et idéologie. L'idéologie est la religion de l'idée, c'est à dire son interprétation et son exacerbation. Et la société humaine est imprégnée de cette religion là. J'ai mon idéologie, ma philosophie, comme tout le monde a la sienne perso, là n'est pas le problème au contraire, mais ce qu'il faut c'est établir le compromis, l'espace laïc (laïkos "du peuple") qui impose le retrait et le confinement des idéologies pour pouvoir enfin vivre ensemble et décider dans l'intérêt de tous, faire de la politique dans l'intérêt commun et non dans l'intérêt des groupes idéologiques. Il faut séparer les Eglises (et j'y mets dedans les organisations politiques) du peuple politique. Séparer les interprétations et les affinités idéologiques des décisions. Le syndicalisme révolutionnaire est certes devenu, plus ou moins, une idéologie (et je reconnais qu'aux CSR nous sommes des défenseurs particulièrement zélés de cette "idéologie") mais c'est avant tout pour pouvoir organiser et diffuser ce projet qui n'est rien d'autre que la déconstruction du monde idéologique qui divise les travailleurs et les éloignent de leurs objectifs politiques communs. La Charte d'Amiens rappelle justement que c'est un outil mis en place par les syndicalistes révolutionnaires pour éviter la prise du pouvoir politique par un groupe idéologique y compris par eux-mêmes: l'instance de décision étant le syndicat neutre qui regroupe toutes les sensibilités et non la sensibilité elle-même qui décide. En ça le syndicalisme révolutionnaire est unique, car il est désintéressé et construit aujourd'hui les outils qui éviteraient les dérives autoritaires, y compris la sienne. En tout cas c'est mon avis, et il n'engage que moi :wink: .
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede frigouret le Mar 17 Nov 2015 17:36

En fin de compte j'ai lu l'article wikipedia sur la charte d'Amiens qui semble ta référence.
Pour moi cette charte, est clairement anti anarchiste.
La fin du salariat signifie la fin de la liberté contractuelle, l'expropriation est immorale car il y a des propriétés justes . Pour moi se sont deux principes coercitifs.
Je pense que un syndicat ne représente que ses adhérents et que toutes prétentions plus générales sont abusives.
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede Chevalier du Travail le Mar 17 Nov 2015 22:06

Je vois... je ne suis pas d'accord, mais c'est ton avis, et je n'ai pas grand chose à dire là dessus.
Seule la pratique aura raison de nos idées, alors pratiquons.

Bonne continuation.
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Re: Le CSR est-il anti anarchiste?

Messagede Lehning le Mer 18 Nov 2015 04:26

Bonsoir !

Quoi !!! Le preux Chevalier du Travail s'inclinerait-il ou ne serait-il pas plutôt désabusé par les propos de Frigouret, vantant la propriété individuelle, une forme de libéralisme et le rejet des entités syndicalistes, coco-libs, etc ?

Frigouret est-il stirnérien, ou bien un infiltré anarcap, voire un individualiste égoïste, défenseur de SA propriété privée et basta !? :rambo:

Bien sûr, tout ça c'est de l'humour (quoique...^) :wink:

+ sérieusement, OK, le CSR se raccroche à la Charte d'Amiens. Ce n'est pas forcément fondamentalement anti-anarchiste mais la Charte d'Amiens est loin d'être parfaite (à ce propos, je pense qu'il faut lire ou relire attentivement les fameux débats -notamment entre Monatte et MALATESTA du Congrès d'Amsterdam de 1907-) :avocat:

Question (peut-être je me trompe): le CSR est-il toujours sur la ligne du début de sa création (les années 20) sur la question notamment du refus des guerres (le CSR étant une scission de la CGT de Jouhaux après la guerre de 14 ; Jouhaux ayant été, entre autres, pour l'Union sacrée).
Le CSR est-il toujours monatien ?

La réponse à ces simples questions devrait éclaircir le terrain. :gratte:

Salutations Anarchistes ! :drapA: :A:
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