Victor Serge, « Le Rétif »

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Victor Serge, « Le Rétif »

Messagede Johan le Lun 28 Déc 2009 12:26

VICTOR SERGE

Victor Serge, de son vrai nom Viktor Lvovitch Kibaltchiche (Bruxelles, 30 décembre 1890 - Mexico, 17 novembre 1947) était un révolutionnaire et écrivain francophone, né en Belgique de parents russes émigrés politiques.Le nom de Victor Serge reste associé à la mémoire des mouvements anarchistes et communiste internationaux. Son itinéraire et son œuvre gagnent à être connus de toutes celles et ceux qui se battent contre l’oppression capitaliste et pour l’autogestion.

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Une jeunesse anarchiste

Victor Serge, de son vrai nom, Victor Kibaltchiche, est né en 1890 à Bruxelles, dans cette même ville où neuf ans plus tôt les populistes de Narodnaia i volia (Volonté du peuple) assassinaient le tsar Alexandre II.

Sa mère est issue de la petite noblesse polonaise.

Son père est sous-officier de l’armée impériale, il ne tarde pas à sympathiser avec Narodnaia i volia et à prendre les armes contre le régime tsariste dans le Sud de la Russie. La répression les oblige à fuir la Russie pour l’Europe occidentale. Victor Kibaltchiche naît donc en Belgique et passe son enfance et sa jeunesse à Bruxelles. Tout jeune, il assiste aux discussions des exilés politiques que fréquentent ses parents. Il lit tout ce qui lui passe entre les mains : Shakespeare, Tchekov, Zola, Louis Blanc, Bebel.

Il se lie avec Raymond, qui quelques années plus tard défraye la chronique sous le surnom de Raymond "la science" avec la bande à Bonnot.

Crève-la-faim, révolté, partisan de la reprise individuelle, Victor Kibaltchiche, fréquente les milieux anarchistes, vit en communauté. Le socialisme réformiste et parlementaire lui répugne. L’anarchisme correspond mieux à son tempérament parce qu’il met en accord les paroles avec les actes.

Dès l'âge de quinze ans, alors qu'il était apprenti photographe, il milita dans la Jeune Garde socialiste, à Ixelles. Influencé par le socialiste français Gustave Hervé, il faisait montre d'un anti-militarisme virulent et s'opposait à la politique coloniale de la Belgique au Congo. En 1906, il commença à fréquenter les milieux anarchistes de Bruxelles. Tout en vivotant de métiers variés (dessinateur-technicien, photographe, typographe), Victor Serge écrivait dans diverses publications libertaires (Les Temps Nouveaux, Le Libertaire, La Guerre Sociale) et participait aux manifestations contestataires qui finissaient en bagarre avec la police, ce qui lui valut perquisitions et arrestations.

En 1909, il quitta la Belgique pour Paris, où il continua à écrire dans la presse anarchiste (L'Anarchie, le journal d'Albert Libertad, avec pour pseudonyme « Le Rétif ») et à tenir des conférences politiques. Influencé par la tendance anarchiste-individualiste, il s'inquiétait néanmoins de la dérive d'une partie de cette mouvance vers le banditisme. En effet, parmi ses conceptions anarchistes, Victor Serge évoque « la théorie la plus néfaste, celle de l'illégalisme, qui transformait les idéalistes de la vie en camaraderie en spécialistes d'obscurs métiers hors-la-loi. » (Mémoires d'un Révolutionnaire, coll. Bouquins, ISBN 2-221-09250-3, p. 519). C'est dans ce cadre qu'il fut impliqué dans l'affaire de la Bande à Bonnot. Pour avoir refusé de collaborer avec la police, il fut condamné en 1912 à cinq ans de réclusion, qu'il effectua de 1912 à 1916, en partie à la prison de la Santé. Il évoqua plus tard cette expérience dans son roman, Les Hommes dans la prison.

Parallèlement, il rejette ce qu'il nomme les "absurdités syndicalistes" d'une partie des anarchistes : "Pour les uns, il (le syndicalisme) allait par de sages et prudentes réformes améliorer sans fracas l'état social. Pour les autres (les anarchistes syndicalistes) il était la première cellule de la société future, qu'il instaurerait un beau matin de grève générale. Il fallut déchanter beaucoup. On s'est aperçu - du moins ceux que l'illusion n'aveuglait pas - que les syndicats devenaient robustes et sages, perdaient envie de chambarder le monde. Que souvent ils finissaient par sombrer dans le légalisme et faire partie des rouages de la vielle société combattue; que d'autres fois, ils n'arrivaient qu'à fonder des classes d'ouvriers avantagés, aussi conservateurs que les bourgeois tant honnis." (L'Anarchie, n°259, 24 mars 1910)

Expulsé à l'issue de sa peine, il participa en juillet 1917 à une tentative de soulèvement anarchiste à Barcelone puis revint clandestinement en France où il fut à nouveau emprisonné. Pendant son internement, il s'enthousiasma pour la révolution russe. En janvier 1919, il fut échangé avec d'autres prisonniers dans le cadre d'un accord franco-soviétique et put gagner la Russie.

Au service de la révolution russe

Victor Serge adhéra au parti communiste russe en mai 1919. Son passage de l'anarchisme au marxisme, considéré comme un reniement par certains libertaires, l'amena à beaucoup écrire pour défendre le régime soviétique vis-à-vis de ses anciens camarades. Tout en expliquant ce qu'il considérait comme des erreurs de la part des anarchistes russes, il s'efforçait d'atténuer la répression à leur encontre.

Mobilisé à Pétrograd au moment de l'offensive des armées blanches de Youdenitch, épisode qu'il raconta dans La Ville en danger, il exerça diverses fonctions pour le parti : journaliste, traducteur, typo, secrétaire... En 1920 et 1921, il assista aux congrès de l'Internationale communiste et collabora dans les années suivantes avec Zinoviev à l'Exécutif de l'Internationale. Dans les années vingt, il écrivit des articles pour la presse communiste internationale, notamment dans l'Humanité et dans la Rote Fahne, et un essai sur les méthodes policières du tsarisme, intitulé Les Coulisses d'une Sûreté générale, nourri de l'ouverture des archives de l'Okhrana.

Contre le stalinisme

Membre de l'opposition de gauche animée par Léon Trotsky, Victor Serge dénonça la dégénérescence stalinienne de l'Etat soviétique et de l'Internationale communiste et ses conséquences désastreuses, notamment pour la révolution chinoise de 1927. Cela entraîna en 1928 son exclusion du PCUS pour « activités fractionnelles ». Placé sous surveillance, sa situation matérielle se dégrada. Il demanda l'autorisation d'émigrer, ce que les autorités lui refusèrent. En 1933, Victor Serge fut condamné à trois ans de déportation dans l'Oural, ses manuscrits furent saisis par le Guépéou. Il ne dut alors son sauvetage qu'à une campagne internationale de gauche menée en sa faveur, notamment par Trotski, en France par un comité animé par Magdeleine Paz, et le Cercle communiste démocratique, à la suite de laquelle il fut libéré et banni d'URSS en 1936, quelques mois avant le premier procès de Moscou.

Depuis la Belgique, puis la France, Victor Serge dénonça les grands procès staliniens tout en prônant, en Espagne, un rapprochement entre anarchistes et marxistes pour assurer la victoire de la révolution. Soumis à une incessante campagne d'injures de la part de la presse communiste officielle, Victor Serge ne se rallia pas pour autant à la Quatrième Internationale. Bien que conservant une vive estime pour Trotsky (il écrivit d'ailleurs sa biographie en collaboration avec Natalia Sedova après son assassinat), il reprochait aux trotskystes d'être sectaires.

Réfugié à Marseille en 1940, au moment de l'exode, Victor Serge put rejoindre l'année suivante, avec son fils, Vlady, grâce au réseau du journaliste Varian Fry, le Mexique où il écrivit ses derniers romans et ses mémoires. Dénonçant le totalitarisme et s'interrogeant inlassablement sur les causes de la dégénérescence de l'Union soviétique, il mourut dans le dénuement en 1947.

Œuvre

Dans son œuvre littéraire, Victor Serge ne cesse de défendre la liberté et de critiquer les sociétés qui l'entourent par le récit de sa vie ou de ses rencontres : les démocraties inhumaines par exemple avec Les Hommes dans la prison, ou le totalitarisme soviétique avec L'Affaire Toulaev.

L'Affaire Toulaev est une analyse magistrale de la psychologie des dirigeants communistes qui, au moment des purges, dans ce qu'ils croyaient être l'intérêt du Parti, s'accusaient de crimes qu'ils n'avaient pas commis tout en sachant bien qu'ils seraient de toute façon condamnés à mort par Staline, parce qu'ils n'avaient plus que ce (faux) choix : sauvegarder le Parti en s'accusant, car il s'agissait de la seule voie pour le progrès du socialisme, ou mourir en accusant le Parti — et ruiner l'œuvre pour laquelle ils avaient vécu et combattu.

Reconnu internationalement comme un écrivain et romancier de grand talent, il est également l'auteur des célèbres Mémoires d'un révolutionnaire (1901-1941). Sa brochure Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression analyse en détail le travail des services secrets et pourquoi il ne faut pas en avoir peur.

Victor Serge a aussi écrit Naissance de notre force (sur la société russe dans les années qui suivirent la révolution de 1917), Vie et mort de Léon Trotski, Le nouvel impérialisme russe.

Son roman S'il est minuit dans le siècle traite également des purges de l'ère stalinienne.

Ouvrages

Littérature

* Les Hommes dans la prison, 1930
* Naissance de notre force, 1931
* Ville conquise
* S’il est minuit dans le siècle, 1939
* L’affaire Toulaév, 1948
* Les Derniers Temps, 1946
* Mer Blanche (nouvelle)
* L’Impasse Saint-Barnabé (nouvelle)
* Résistance, 1938 (poésie)
* Les Années sans pardon (roman)

Essais et études historiques

* L’An I de la Révolution russe. Les débuts de la dictature du prolétariat (1917-1918), 1930, rééd. La Découverte, Paris, 1997, 521 p.
* Les Anarchistes et l’Expérience de la révolution russe, 1921
* La Ville en danger : l’an II de la Révolution, 1917
* Les Coulisses d’une sûreté générale : l’Okhrana
* Vers l'autre flamme, 1929 (avec Boris Souvarine et Panaït Istrati, sous le seul nom de ce dernier)
* Littérature et révolution, 1932
* 16 fusillés à Moscou, 1936
* Destin d’une révolution. U.R.S.S. 1917-1937, 1937
* Portrait de Staline, 1940
* La G.P.U. prepara un nuevo crimen, 1942 (avec Marceau Pivert, Julián Gorkin et Gustavo Regler)
* Le Nouvel impérialisme russe, 1946
* La Tragédie des écrivains soviétiques, 1947
* Vie et Mort de Trotsky, 1951
* Le Tournant obscur, 1951.
* Mémoires d’un révolutionnaire, 1951
* Carnets, 1952

Bibliographie

* Susan Weissman, Dissident dans la révolution : Victor Serge, une biographie politique, Syllepse, 2006?
* Michel Ragon, La Mémoire des vaincus, Albin Michel, 1990 (roman)

Source: http://fra.anarchopedia.org/Victor_Serge
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Re: Victor Serge, « Le Rétif »

Messagede Johan le Lun 28 Déc 2009 12:33

Brochure de Non-Fides d'un texte de Victor Serge signé sous le pseudonyme "Le Rétif" dans L’Anarchie N°313, le 6 avril 1911.

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Version Page-par-Page lisible à l’écran : http://www.non-fides.fr/IMG/pdf/Document-1-2.pdf
Version Cahier directement imprimable : http://www.non-fides.fr/IMG/pdf/Leur_Paix_cahier-2.pdf

http://www.non-fides.fr/?Leur-Paix

Leur Paix
Par Le Rétif (6 avril 1911)

L’hypothèse de la guerre préoccupe en ce moment les esprits. Déjà l’on évoque l’horreur des champs de bataille, les villages incendiés, les cadavres semés au long des routes, les régiments décimés, et dans les villes restées paisibles l’angoisse et la faim… A s’imaginer que le renouvellement de ces spectacles est possible, le vulgaire reste déconcerté et stupéfié. La guerre est belle, dans les contes de M. Ch. D’Esparbès et les romans du capitaine Danrit ; la guerre est glorieuse dans les manuels d’histoire ; en réalité elle est horrible et chacun le pressent. Les plus veules, en y songeant, se hâtent de proclamer leur amour pour la paix…

C’est l’universelle chanson. Insurrectionnels, syndicalistes, libertaires honnêtes, bourgeois radicaux et nationalistes clament en chœur leur indéfectible fidélité à la Paix…

On est pacifiste. Tout le monde est pacifiste. Dans l’intérêt du progrès, de l’industrie, du Commerce et des Arts. Parce que la paix accroît la prospérité nationale. Et pour mille autres excellentes raisons. Car il est bien entendu que pas un de ces pacifistes n’ose dire franchement :

Je suis ennemi de la guerre, parce que j’aime la vie, et tiens à ma vie.

C’est naturel. Au fond du pacifisme il n’y a ni volonté ni intelligence ; il n’y a que de la peur et de l’hypocrisie. Les sincères ont peur. Les autres, n’ayant d’autre souci que celui de leurs intérêts, le servent sans scrupule. Il nous est ainsi donné de contempler ce tableau paradoxal : tandis que se tiennent des congrès de la paix, leurs initiateurs font construire des cuirassés…

Mais ne nous attardons pas à refaire leur procès. Constatons simplement le grand nombre des amis de la paix. Ils sont légion à demander que la paix se fasse dans le monde. Tolérance, encore paix ! ect. Homais et Tartempion ne vous parlent que de cela. Et l’anarchiste que les grands mots ne subjuguent plus se demande alors :
Est-elle vraiment si belle cette paix, leur paix ?

* * *

Nous en jouissons pour le moment. Nous pouvons donc l’examiner à loisir, l’apprécier, la savourer. Les Frédéric Passy, les Charles Richet, les Anatole France nous en ont chanté les louanges sur des modes divers. Voilà pour la théorie. Hélas ! En ce bas monde, théorie et pratique font deux. La Paix, sur les images, est une belle fille blonde au visage souriant, un peu bébête ? On n’a garde de représenter derrière elle les Casernes, les Prisons, les Hôpitaux et les Maisons Closes qu’elle abrite.
Leur Paix !

Mais c’est l’ordre, l’ordre sanglant que Thiers réinstaura en fusillant les fédérés de la commune, et que Clemenceau maintint avec le concours précieux des cuirassiers de Narbonne et les gendarmes de Draveil. La Paix bourgeoise exige que l’on respecte les lois établies, que l’on subisse la faim et l’oppression ; et quand on transgresse ses volontés, elle ramène l’ordre à coups de knout, à coups de sabres et de fusils… La paix sociale fait condamner les ouvriers pour un mot ou un geste d’insoumission ; emprisonner les journalistes trop indépendants ; traquer sans répit les indociles et les réfractaires. Sous les balles pacifistes, des prolétaires sont tombés bien des fois. Et Ferrer. Et que de nôtres, en Russie ou au Japon, sont morts sur les potences pacifistes !
Cela s’appelle l’ordre « moral » ou politique.

Cela se complète par la paix économique. En d’autres termes : respect à la propriété, respect au patron, servilité devant le riche, honnêteté. Voici les usines où l’on tue des enfants, où l’on détruit des races par le surmenage et les maladies. Voici les quartiers pauvres des grandes villes, cités de puanteur où règnent en parfaite harmonie l’Alcoolisme, la Tuberculose et la Syphilis. Voici, à coté, les Palais de l’Argent, maître astucieux devant qui tout fléchit. Paix économique ! traduisez : prostitution, famine, dégénérescence…

Ah, nos excellents pacifistes ne manquent pas de toupet lorsqu’ils dressent sous nos yeux l’épouvantable bilan des guerres. Celles de Napoléon, enseignent-ils, coûta à l’Europe cinq millions de vies humaines. Nous voudrions bien savoir, nous, combien de vies sont sacrifiées tous les jours à leur paix ?

Qu’ils nous disent combien d’enfants sont tués dans les verreries et les tissages du Nord ? Combien d’ouvriers meurent assassinés par les maladies professionnelles, les privations – la misère ? Qu’ils essayent de nous dresser le bilan approximatif des bonheurs, des vies, des joies pacifiquement broyées par l’engrenage des institutions du Capitalisme Autoritaire !
Nous désirons juger leur paix en connaissance de cause !

* * *

Leur paix est meurtrière autant que les guerres. C’est une paix de mort. Il a fallu autant de sang et de sueurs, autant de chair humaine pour édifier les fortunes des Rotschild, des Bunau Varilla, des Pereire et Cie, que pour constituer les empires des conquérants les plus fous.

N’est-elle pas faite, d’ailleurs, de petites guerres hypocrites où les lâchetés se heurtent traîtreusement ?

Un contre tous - tous contre un : ainsi se résume la sourde lutte des hommes entre eux. Contre chaque individu, toutes les brutalités et les forces sociales sont liguées. L’opinion publique le surveille, médisante. Ses semblables – ses concurrents – guettent la moindre de ses maladresses pour se jeter sur lui. Les lois l’enchaînent ; les plus forts le pressurent ; les plus faibles le haïssent. Guerre impitoyable entre salariés et patrons, entre marchands de camelotes allemands et français, entre Potin et Damoy, entre le politicien rouge et son adversaire. On médit, on calomnie, on accuse, à voix basse ; puis la Loi aveugle intervient et achève le vaincu. Cependant que les vainqueurs se congratulent doucereusement.

La guerre, choc des armées, assassinat en masse évident et brutal, est pire, sans doute ; mais la paix d’aujourd’hui est ignoble, absurde et criminelle.

Nous nous refusons à la guerre, parce que nous aimons profondément la vie. Pour la même raison nous ne voulons pas non plus de cette paix. D’un coté ou de l’autre nous nous trouvons toujours en présence de la mort, alors que toutes nos forces, nos aspirations, nos volontés montent vers la vie !

Et c’est en son nom – et au nom de nos vie tout d’abord ! – que nous nous insurgeons contre le règne de l’hypocrisie pacifiste et de la brutalité guerrière. Nos existences seraient si belles n’était-ce la malfaisante sottise des dominateurs et des asservis !

C’est donc malgré eux que dès à présent nous voulons réaliser des vies belles. Que vers ce but tendent nos efforts de révoltés : vivre selon nos pensées, librement, intelligemment, fraternellement : parmi nous du moins, instaurer une paix véritable qui nous rendra plus forts et plus heureux.

Le Retif.
Extrait de L’Anarchie N°313, le 6 avril 1911.
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Re: Victor Serge, « Le Rétif »

Messagede Johan le Lun 28 Déc 2009 13:46

Allez, tellement j'suis sympa j'ai converti rien que pour vous en format pdf Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression, un ouvrage dans lequel Victor Serge analyse en détail le travail des forces de répression et pourquoi il ne faut pas en avoir peur.
Je vous le mets en fichier joint (si jamais il y avait un problème, je peux toujours vous l'envoyer autrement).

Bonne lecture!

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Victor Serge - Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression.pdf
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Re: Victor Serge, « Le Rétif »

Messagede Pia le Lun 28 Déc 2009 19:38

tout ce qui vient de Kilbatchiche qui n'est pas signé "Le Retif" est de la merde trotskisto-bolchevique.
d'autres textes du rétif sont dispo là: http://www.non-fides.fr/?_Le-Retif_
d'autres viendront.
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Re: Victor Serge, « Le Rétif »

Messagede Johan le Lun 28 Déc 2009 20:15

Pia a écrit:tout ce qui vient de Kilbatchiche qui n'est pas signé "Le Retif" est de la merde trotskisto-bolchevique.

M'ouais, t'es sure de pas faire un peu dans la surenchère en disant ça?
De ses textes signés Victor Serge, je n'ai lu que Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression.
Très intéressant, surtout d'un point de vue "pratique".
D'ailleurs les conseils qu'il donne sont tout à fait d'actualité et sont valables pour tout activiste ou révolutionnaire quel qu'il soit.
Je retrouve les mêmes conseils dans des textes actuels comme la brochure Cultures de la sécurité (très bien faite d'ailleurs, à lire absolument).
Après il est clair quand on lit ce texte que son drapeau était devenu bien plus rouge que noir... Ce qui se comprend aussi du fait qu'il se base sur des documents de la police secrète tsariste qu'il vient d'étudier juste après la révolution russe à laquelle il s'est associé.
C'est un personnage sujet à polémique, mais qui même s'il a abandonné certaines de ses idées anarchistes a toujours défendu ses anciens compagnons contre la répression des rouges, répression qui finira par l'emporter lui-aussi... Ce n'était pas un "trotskisto-bolchevique", dire ça c'est faire une caricature facile. « Ils [les bolcheviks] se trompaient certainement sur plusieurs points essentiels : dans leur intolérance, dans leur foi en l'étatisation, dans leur penchant pour la centralisation et les mesures administratives. Mais s'il fallait combattre leurs fautes avec liberté d'esprit et avec esprit de liberté, c'était parmi eux. » Ca me parait beaucoup plus modéré que l'image que tu en donnes...

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