REVOLUTION SYRIENNE

REVOLUTION SYRIENNE

Messagede acratack le Dim 12 Aoû 2012 10:51

Comme il semble qu'un certain fan de bellaciao soit comme eux alergique a la révolution et adepte de la manipulation mon sujet a été supprimé de manière unilatérale et injustifié. Je suis convaincu que les évenement qui se déroulent en Syrie méritent amplement un sujet a eux tout seul. c'est marrant cette manie de défendre les régimes dictatoriaux. après la lybie, le nord Mali sarkozyste et ses restes de Kaddafisme, on sait maintenant que ceux qui sont du coté d'Assad sont du coté de Sarkozy.
j'espère que ce sujet ne sera pas supprimé encore une fois.

Défections en Syrie. Bachar Al Assad colmate les brèches

Plus inquiet que certains voudraient croire sur sa capacité à maintenir durablement à flot son régime, Bachar Al Assad a pris, au cours des jours écoulés, un certain nombre de mesures. Il espère qu’elles suffiront à atténuer l’hémorragie en voie d’accélération de personnalités emblématiques et de hauts responsables civils et militaires de son pays, peu soucieux de le suivre jusqu’au bout dans son aventure. Certes, cette hémorragie n’est pas encore cataclysmique. Mais, dans un pays tenu d’une poigne de fer comme la Syrie, elle confirme la montée des doutes et des interrogations. Surtout, elle annonce l’heure des grandes décisions pour ceux qui, connaissant le capitaine du "Syria Discordia", redoutent que, l’heure venue, plutôt que de répondre de ses faits et gestes, de ses erreurs et de ses crimes devant la Justice, le Francesco Schettino syrien préfère conduire son bateau vers la haute mer pour y sombrer corps et biens avec son équipage et ses passagers.

"Les défections"... vues par Ali Farzat

Le site All4Syria, dont le créateur et rédacteur en chef, ancien baathiste, dispose de sources bien informées au plus haut niveau de l’Etat, y compris parmi le personnel de la Présidence de la République, nous apprend ainsi que, suite à la défection du Premier ministre Riyad Hijab, deux mois à peine après sa désignation (le 6 juin 2012) à la tête d’un nouveau gouvernement, Bachar Al Assad a ordonné (le 6 août) la mise en place d’une commission d’enquête. Il l’a chargée de faire la lumière sur les disfonctionnements qui ont permis cette fuite en forme de camouflet. Un camouflet pour lui-même, trahi par celui auquel il avait octroyé une marque de confiance particulière en le préférant à son prédécesseur, Adel Safar, après quatorze mois seulement d’exercice. Il l’avait chargé de diriger le premier gouvernement "pluraliste" de la Syrie baathiste, qui incluait parmi ses ministres deux chefs de partis politiques censés échapper à la tutelle du parti unique, Qadri Jamil et Ali Haydar, choisis pour leur souplesse et pour la capacité à encaisser les humiliations dont ils avaient fait montre lors des élections législatives des 6 et 7 mai précédent. Un camouflet pour ses services de renseignements, puisque dans la Syrie des Al Assad père et fils, ce sont eux qui ont le dernier mot lors du choix et de la désignation de la totalité des fonctionnaires qui, du chef du gouvernement au dernier des ambassadeurs, en passant par les députés, les gouverneurs et les directeurs des entreprises publiques, composent le "pouvoir apparent".

Pour permettre d’apprécier l’étendue du fiasco, on doit savoir que, lorsqu’il envisage de remanier ou de remplacer le gouvernement, le président de la République est assailli par les suggestions de ceux qui disposent autour de lui d’une parcelle d’autorité ou d’influence : son frère Maher Al Assad, son beau-frère Asef Chawkat, son oncle Mohammed Makhlouf, son cousin Rami Makhlouf, ses autres cousins des familles Al Assad, Makhlouf, Chalich et Najib, les chefs des plus importants services de renseignements, ses amis et ses conseillers du moment, le secrétaire régional adjoint du Parti Baath, les présidents ou secrétaires généraux des partis composant le Front National Progressiste, etc…. Pour garantir le développement et la pérennité de leurs entreprises, ils ont tous en effet intérêt à compter, au sein de la future équipe, un maximum de connaissances, d’associés ou de clients. Le chef de l’Etat demande donc à ses moukhabarat de vérifier, avant toute autre chose, que les candidats dont les noms sont avancés disposent bien de deux qualités essentielles : non pas l’honnêteté et le sens de l’Etat, mais la fidélité au régime et une allégeance aveugle à sa personne même. Pour répondre à cette demande, alors qu'ils ne disposent pas toujours des personnels compétents pour procéder à ces évaluations, les moukhabarat font appel, en général, aux militants baathistes, dont certains sont devenus avec le temps, comme dans les défuntes républiques d’Europe orientale, experts en rédaction de rapports rémunérés et champions de la délation, y compris au détriment de leurs voisins, de leurs collègues, de leurs parents et de leurs proches.

Vérification des dispositions d'un candidat ministre (Ali Farzat)

Suite à ce premier écrémage, la désignation du Premier ministre, puis celle des autres membres du gouvernement, répond à des critères toujours semblables, mais dont la hiérarchisation varie avec le temps. Ainsi, s’agissant de Riyad Hijab, l’un des objectifs non avoués de sa nomination était d’octroyer une satisfaction, au minimum symbolique mais susceptible de se traduire avec le temps en avantages matériels, à la ville et au gouvernorat de Deir al Zor dont il était originaire. Jamais, en effet, ni Hafez Al Assad, ni Bachar Al Assad, n’avaient pris le risque de choisir un chef de gouvernement venant de cette région, considérée depuis la rupture intervenue, en 1966, entre le commandement régional (syrien) et le commandement national (panarabe) du Parti Baath, et la fuite en Irak du fondateur du parti, Michel Aflak, comme une zone si ce n’est dissidente, du moins peu favorable au pouvoir en place à Damas. La forte composante tribale de ce gouvernorat, dans lequel circulent des hommes, des familles et des clans plus attachés à leur lignage et à leurs relations transfrontalières qu’à l’idéologie baathiste, avait d’ailleurs dissuadé le défunt "président éternel" Hafez Al Assad d’y effectuer, au long de ses 30 années de détention du pouvoir, la moindre visite. On raconte même que, recevant un nouveau gouverneur qui s’apprêtait à quitter la capitale pour prendre ses fonctions à Deir al Zor, il l’avait mis en garde : il se rendait en "territoire hostile".

On peut penser, dans ces conditions, que Bachar Al Assad, qui avait hésité à prendre le risque de désigner comme Premier ministre l’ancien ministre des Finances, Mohammed Al Huseïn, originaire lui aussi de la ville, pour ne fâcher ni les Damascènes, ni les Alépins, ni les Homsiotes qui trustent ce poste depuis des décennies, n’a porté son choix sur Riyad Hijab qu’après s’être entouré de toutes les garanties. Il constate aujourd’hui que, volontairement ou involontairement, sa confiance a été abusée par les rapports de ses services et que, la solidarité tribale l’ayant emporté sur l’idéologie baathiste et l’allégeance à sa personne, il est devenu à cause d’eux le dindon de la farce.

Le Dr Wa'el Al Halqi © Dp.news

La désignation (le 10 août) du Dr Wa’el Nader Al Halqi pour prendre la relève, au terme du bref intérim assuré par le vice-Premier ministre pour les Services et ministre de l’Administration locale, Omar Ibrahim Ghalawanji, s’inscrit dans la même logique. L’intérimaire était originaire de Tartous, une ville et un gouvernorat dont la fidélité est largement acquise au pouvoir en place et qui, ayant bénéficié depuis des années des avantages liés au mariage d’un fils de la région, Asef Chawkat, avec la fille aînée de Hafez Al Assad, n’a pas besoin de nouveaux privilèges. En revanche, le Dr Al Halqi est originaire du gouvernorat de Daraa, qui a joué un rôle essentiel dans le surgissement et dans le déroulement de la protestation. Il était donc important de faire un geste d’apaisement en direction de ses habitants ralliés à la révolution et d’adresser aux Hauranais hésitant encore à se positionner un signe de connivence : le régime ne leur est pas hostile ; il est prêt à favoriser leur région qui lui a fourni dans le passé un nombre important de cadres dirigeants de premier plan ; mais ils doivent prendre leurs distances avec la contestation et contribuer à ramener le calme parmi leurs proches et leurs contribules.

Il est possible, mais il n’est pas certain, que cette tentative de récupération fonctionne. Elle risque plutôt d’exacerber les divisions. D’ores et déjà, la tribu dont le nouveau chef du gouvernement est issu a diffusé un communiqué dans lequel elle se désolidarise de l’intéressé. S’adressant au peuple syrien dans son ensemble, les Al Halqi dénoncent "les assassinats, les tortures et les destructions dont se rendent coupables contre leurs compatriotes d’un bout à l’autre du pays les gangs criminels au service de la famille Al Assad". Ils affirment haut et fort "leur solidarité avec le mouvement révolutionnaire et leur soutien au peuple syrien qui lutte pour se débarrasser de la clique au pouvoir, pour conquérir sa liberté et sa dignité, et pour vivre dans un état civil démocratique dans lequel tous les Syriens seront égaux en droits". Ils suspectent dans le choix de leur parent, dans les circonstances actuelles, une "tentative du pouvoir de casser le mouvement suscité par le martyre des enfants de Daraa", et ils discernent, "dans l’acceptation par le Dr Wa’el de la mission qui lui a été confiée, un amour effréné de l’argent, du pouvoir et du prestige, fusse au détriment des fils et filles de son peuple et de son pays".

Défections (Ali Farzat)

La composition de cette commission d’enquête, qui devra également établir comment Riyad Hijab est parvenu à franchir clandestinement la frontière séparant la Syrie avec la Jordanie, montre, elle aussi, que le chef de l’Etat prend la défection de son ancien Premier ministre au sérieux. Elle inclut parmi ses membres les généraux Rustom Ghazaleh, chef des Renseignements militaires pour les gouvernorats de Damas et Damas campagne, Ali Mamlouk, ancien directeur général de la Sécurité d’Etat et tout nouveau directeur du Bureau de Sécurité Nationale, Hafez Makhlouf, cousin maternel de Bachar Al Assad et chef de la branche de Jisr al Abyad des Renseignements généraux, et Kifah Moulhem, chef du service des enquêtes des Renseignements militaires, auquel revient à ce titre le traitement de ce qui touche aux militaires et autres agents de l’Etat suspects de vouloir faire défection ou récupérés après avoir déserté. Dès sa mise en place, la commission a recommandé le licenciement du général de la Sécurité politique chargé d’assurer la "sécurité du conseil des ministres", autrement dit de surveiller aussi bien les ministres, leurs faits et gestes, et leurs relations, que tous les Syriens et étrangers qui, à un titre ou à un autre, sont amenés à entrer en contact avec eux. Elle devrait aussi demander le limogeage d’un certain nombre de chefs de branches des moukhabarat dans les gouvernorats de Damas et de Daraa, tous deux concernés par la fuite de Riyad Hijab.

Autre signe de l’importance que Bachar Al Assad accorde à cette défection, All4Syria relève que deux de ces officiers supérieurs, Ali Mamlouk et Hafez Makhlouf, avaient déjà fait partie, en 2008, de la commission d’enquête créée pour établir dans quelles circonstances avait été assassiné dans un attentat à la voiture piégée, dans l’un des quartiers les plus sécurisés de Damas, le plus haut responsable sécuritaire et militaire du Hizbollah libanais, Imad Moughniyeh. Le site rappelle que, dans un contexte marqué par deux autres affaires douteuses… jamais élucidées - la découverte et le bombardement par l’aviation israélienne du site nucléaire d’Al Kabar, sur l’Euphrate, le 6 septembre 2007, et la liquidation, le 1er août 2008, dans son chalet de la plage de Tartous, du général Mohammed Sleiman, conseiller particulier du chef de l’Etat pour les questions sécuritaires et militaires - deux officiers de haut rang avaient alors "porté le chapeau" : le général Amin Charabeh, chef de la branche Palestine, et, surtout, le général Asef Chawkat, qui dirigeait encore les moukhabarat militaires. Il signale que, par une étrange coïncidence, les deux hommes temporairement mis au placard sont décédés, le 18 juillet 2012, lors de l’opération revendiquée par une brigade de l’Armée Syrienne Libre contre le siège du Bureau de la Sécurité Nationale, qui hébergeait, dans le quartier de Rawda à Damas, une réunion de la Cellule centrale de Gestion des Crises…

Entre les bras de l'officier des moukhabarat, "le chef du gouvernement" (Ali Farzat)

Il note par ailleurs qu’un climat de suspicion généralisée paraît prévaloir désormais à la tête de l’Etat et que les plus hauts chefs des services de sécurité, qui bénéficiaient naguère encore de l’estime et de la confiance de Bachar Al Assad, semblent en perte de vitesse. Cette situation concerne en particulier les généraux Ali Mamlouk et Abdel-Fattah Qoudsiyeh. Certes, le premier, qui dirigeait la Sécurité d’Etat à titre civil après sa mise à la retraite, a été nommé à la tête du Bureau de la Sécurité Nationale, en remplacement du général Hasan Tourkmani, décédé dans l’opération. Mais, alors qu’il avait été un temps pressenti pour prendre la direction du gouvernement après la défection de Riyad Hijab, le chef de l’Etat lui a finalement préféré un apparatchik dépourvu de personnalité, de pouvoir et d’influence, en la personne du Dr Al Halqi. Quant au second, Abdel-Fattah Qoudsiyeh, il paraît désormais engagé sur une voie de garage qui rappelle celle empruntée quelques années plus tôt par son prédécesseur à la direction de la Sécurité militaire, Asef Chawkat. S’il a été désigné directeur adjoint du même Bureau de la Sécurité Nationale, en remplacement d’Amin Charabeh, cette "promotion" s’apparente à une sortie par le haut puisqu’il devra abandonner, pour se consacrer à ce nouvel emploi, la tête du service de renseignements réputé le plus puissant en Syrie, et qu’il ne disposera plus d’aucune autorité directe sur les milliers d’agents des moukhabarat militaires.

Il n’est pas faux, comme d’aucuns le soulignent pour se rassurer, que les défections de personnalités civiles et militaires n’ont pas encore atteint en Syrie "le seuil critique". Mais il convient malgré tout de se montrer circonspect dans l’évaluation de ce phénomène. Dans un pays où le ciment du régime est fait d’un mélange de peur et d’intérêts, toute prise de distance de la part d’un responsable est considérée comme un crime de haute trahison à l’égard du chef de l’Etat et punie comme telle. L’ancien ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, Ghassan Rifaï, en avait fait au début des années 2000 l’amère expérience. Alors qu’il avait trouvé refuge en Australie, après avoir été giflé dans son bureau par Rami Makhlouf auquel il tardait à accorder ce qu’il sollicitait, il a été enjoint de regagner au plus vite son pays sous la menace des pires représailles. De retour à Damas, en application du principe selon lequel, "en Syrie les hauts responsables ne démissionnent pas, mais sont démissionnés", il a été limogé en bonne et due forme, en octobre 2004, sous le couvert d’un remaniement du gouvernement de Mohammed Naji Otri.

Défections (Ali Farzat)

Or ce qui est vrai en période de paix, l’est plus encore en période de crise. Comme on l’a vu en 2005 avec l’ancien vice-président Abdel-Halim Khaddam, et, plus récemment, avec la fuite du général Manaf Tlass, avant de prendre le large, il est indispensable de préparer ses arrières. Cela veut dire organiser la sortie du pays de ses proches et si possible la liquidation de ses biens, au risque de voir les premiers arrêtés, emprisonnés et peut-être exécutés, et de voir pillés ou détruits par le feu la totalité des seconds. Tous les candidats à la défection se souviennent, en Syrie, du sort de la famille du commandant Huseïn Al Harmouch, qui avait fui en Turquie, au début du mois de juin 2011, pour y créer le Mouvement des Officiers Libres : des dizaines de ses proches ont été assassinés dans leur village d’Eblin, dans le gouvernorat d’Idlib, et l’ensemble de leurs biens vandalisés.

S’agissant de Riyad Hijab, sa défection a été rendue possible par l’évacuation vers l’étranger de l’ensemble de sa proche famille, non seulement sa femme et ses enfants, mais aussi ses 7 frères et ses 2 sœurs, avec leurs femmes, leurs maris et leurs enfants… Il est évident que ce que l’ASL a accepté de faire pour une personnalité aussi symbolique, avec les coûts et les risques inhérents à cette opération, ne peut pas être indéfiniment répété au profit de responsables de moindre niveau dont la défection n’aura pas, et de loin, le même retentissement médiatique. Toutefois, consciente de l’effet psychologique de ces défections sur le moral des partisans du chef de l’Etat, l’ASL a mis sur pied une unité qui prépare actuellement, avec toute la discrétion requise, la fuite hors de Syrie d’une quinzaine de responsables politiques et de diplomates, désireux de quitter leur pays avant qu’il ne soit trop tard et d’apporter leurs capacités et leurs connaissances à la mise en place des bases de la Syrie future.

On ne se hâtera donc pas de conclure, à la constatation que les désertions rendues publiques stagnent à un niveau relativement bas, que le régime bénéficie toujours d’un soutien massif de l’appareil d’Etat. Faute de pouvoir partir ou par peur de le faire, un nombre difficile à quantifier, mais qui n’apparaît pas dérisoire, de militaires de tous grades et de fonctionnaires de tous rangs coopèrent depuis de longs mois avec la contestation. Ils lui fournissent des informations et parfois des renseignements de première importance qui expliquent, en partie, certains des succès militaires de l’ASL. La solidité du régime est donc pour une part optique. En réalité, la maison Al Assad est déjà rongée par les termites. Le ver est dans le fruit, et, quand l’occasion s’en présentera, ceux qui sont déjà des "révolutionnaires de cœur" rejoindront ceux avec qui ils collaborent déjà secrètement.

Fin de l'histoire... (Ali Farzat)

On ajoutera, pour conclure, que, comme Bachar Al Assad qui ne se montre plus, les moukhabarat sont conscients des fragilités du système. Faute de disposer encore des moyens de séduction et de captation habituels, l’argent, les privilèges, les honneurs… ils n’ont plus à leur disposition qu’un surcroit de peur et de terreur. Ainsi, après avoir ordonné à plus de la moitié des diplomates en poste à l’extérieur de regagner leur pays, et en premier lieu les ambassadeurs dans les grandes capitales occidentales, le chef de l’Etat, pour prévenir leur défection et la répétition de l’embarras provoqué par les départs de Nawwaf Al Cheykh Fares (ambassadeur de Syrie en Irak), Lamia Al Hariri (fille d’un ancien directeur des Services de l’Emigration et des Passeports au ministère de l’Intérieur, nièce du vice-président Farouq Al Chareh et ambassadeur à Chypres), du Dr Abdel-Latif Al Dabbagh (mari de Lamia Al Hariri et ambassadeur aux Emirats Arabes Unis), de Farouq Taha (ambassadeur en Biélorussie)... il a ordonné aux services de sécurité de les garder à l'oeil, eux-mêmes et leurs familles, pour les "protéger" évidemment.

Cette mesure pourrait suggérer que certains, au sein de la communauté d’origine du chef de l’Etat, envisageraient de quitter le navire. Chacun sait en effet en Syrie que la diplomatie est avec l’armée, les services de renseignements, la Syrian Air, le secteur pétrolier et l’Université, l’un des secteurs hautement rémunérateurs auxquels les alaouites disposent de facilités d’accès particulières.


http://syrie.blog.lemonde.fr/2012/08/11 ... s-breches/
Dernière édition par acratack le Dim 12 Aoû 2012 10:57, édité 1 fois.
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede acratack le Dim 12 Aoû 2012 10:57

ici un article en anglais tiré de all4syria qui décrit la stratégie de Assad. Ca rejoint un reportage que j'ai pu voir il y a quelque temps qui décrivait comment Assad entretenait les divisions religieuses en Irak en laissant des terroristes transiter par son pays afin de commetre des attentats et destabiliser le pays. Mais bien sur les fans de Bellaciao vont crier au mensonge et nous faire de l'antiamericanisme primaire teinté d'un peu d'antisémitisme. il est fait réference a l'Irak en début d'article.

Syria’s Assad uses Kurds as part of ‘Plan B

As part of his "Plan B" President Bashar al-Assad will try to tear Syria apart by playing ethnic and sectarian groups against one another — including Kurds, Sunnis and Alawites — expert Joshua Landis claimed on Friday in his blog Syria Comment. Landis explains:

Today, Assad will treat Syria as he did Lebanon and Iraq earlier. He will gamble that it is not a nation and will work to tear it apart. Already he has withdrawn from the Kurdish parts of Syria. Friends in Aleppo tell me that Assad is arming the Kurds there. He will arm the Arab tribes in the hope that they will resist central control.

Landis contends that Assad will arm the Kurds because they fear the radicalized Free Syrian Army, which represents the core of the rebel opposition. Assad might even completely destroy Damascus and Aleppo rather than allow them to fall intact into the hands of his adversaries. If Assad is able to “reduce Damascus to ruins” he could render the country ungovernable. By fracturing it he could also prevent his Alawite minority from being destroyed.

The Alawite community fears Sunni retribution and many regime leaders know they will be executed if Assad falls. Hence, the regime will do everything in its power to stay alive:

To avoid this, Assad is likely to pursue the Lebanon option: turn Syria into a swamp and create chaos out of Syria’s sects and factions. It is a strategy of playing upon divisions to sow chaos.

Assad is gambling that the opposition will remain fragmented. If this is true Landis believes “there will be no clear endgame.”

Reuters reports that Turkey's foreign minister accused Assad of arming a Kurdish militant group that has fought the Turkish state for decades. Ankara fears the Kurdistan Workers Party (PKK), which has escalated attacks on Turkish forces in recent days, is exploiting the chaos in Syria to expand its influence in Turkey.

And the Financial Times reports that a new coalition of Syrian Kurds have taken control of towns across northeast Syria as Turkey’s worst nightmare slowly comes to fruition:

Ankara faces the possibility of an autonomous Kurdish area emerging, in loose federation with adjacent Iraqi Kurdistan. To the Turkish establishment, this is an existential threat: an embryonic Kurdish state is bound to embolden Turkey’s 13m-plus Kurdish population in demands for regional autonomy, and could try to claim chunks of Turkish territory.

According to the Turkish Weekly, analysts, echoing Landis’s concerns, believe Assad has allowed a major Syrian Kurdish movement, the Democratic Union Party (PYD), “to take control of security of some towns in northern Syria to prevent locals from joining the rebel Free Syrian Army.”

Professor Fawaz Gerges from the London School of Economics believes that “the Kurdish factor in the Syrian crisis will prove to be as significant as the Kurdish question in Iraq.” Gerges also told the BBC that "the Syrian Kurds have already seized the moment and are laying the foundation for an autonomous region like their counterparts in Iraq."

According to GlobalPost, Kurds number at least 30 million in an area known as Kurdistan — which includes parts of Turkey, Iraq, Iran, Armenia and Syria. They speak the Kurdish language, which is a member of the Iranian branch of Indo-European languages, and appeared on the world scene during the Middle Ages. Currently, they comprise anywhere from 18 to 25 percent of the population in Turkey, 15 to 20 percent in Iraq, 9 percent in Syria, 7 percent in Iran and 1.3 percent in Armenia


li site est bien mais dommage qu'il n'y ait pas plus d'info en anglais ( a moins que j'ai raté l'option pour tout mettre en anglais)

http://67.159.45.21/Archive/50722?utm_s ... um=twitter
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede acratack le Mer 15 Aoû 2012 11:45

une page facebook en francais. ATTENTION IL Y A DES IMAGES ASSEZ DURES !
https://www.facebook.com/pages/La-R%C3% ... 7769168350
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede acratack le Mer 15 Aoû 2012 11:53

quelques photos pour illustrer le coflit. bien prises, je n'ose pas dire belles...
http://www.aljazeera.com/indepth/inpict ... 84284.html
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede acratack le Mer 15 Aoû 2012 11:59

une chronologie de la révolution depuis le début
http://rattrapages-actu.fr/fiches-actu/ ... e-syrienne
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REVOLUTION SYRIENNE

Messagede Massinissa le Mer 15 Aoû 2012 13:46

acratack a écrit:quelques photos pour illustrer le coflit. bien prises, je n'ose pas dire belles...
http://www.aljazeera.com/indepth/inpict ... 84284.html


aljazeera :lool:

pauvre XXXXXXX XXXXX qui t'a dis qu'on soutenait bachar, sarlozy et el gueddafy , tu es un XXXXXXXX XXXXXX XXXXX XX XXXXXXX voilà ce que je pense !!!!!!!
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede acratack le Mer 15 Aoû 2012 13:51

l'insulte: l'argument de celui qui n'en a pas. tu es politiquement tres faible, voila pourquoi tu insulte ceux qui ne sont pas d'accord avec toi. le post ce dessus est une ennième insulte de massimisa a mon encontre. n'aurait il pas plus sa place en corbeille?
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede Massinissa le Mer 15 Aoû 2012 15:36

ur fhimmey ara mliḥ :baille:


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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede acratack le Mer 15 Aoû 2012 15:52

je vois. en fait tu as 15 ans...
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede acratack le Mer 15 Aoû 2012 19:36

L'ONU accuse le régime syrien de crimes contre l'humanité



Les forces gouvernementales syriennes et les milices "chabiha" ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, notamment des meurtres et des actes de torture, ont conclu mercredi des enquêteurs des droits de l'homme des Nations unies.

Les insurgés qui se battent pour renverser le président Bachar al Assad sont eux-aussi coupables de crimes de guerre dont la gravité, la fréquence et l'amplitude sont toutefois moindres que ceux perpétrés par le camp gouvernemental, relèvent les enquêteurs dans un rapport de 102 pages. "La commission a trouvé un terrain raisonnable permettant de croire que les forces gouvernementales et les 'chabiha' ont commis des violations flagrantes du droit international en matière de droits de l'homme et du droit humanitaire, y compris des exécutions sommaires, des actes de torture, des arrestations arbitraires, des pillages et des destructions de biens", lit-on dans ce document compilé par des enquêteurs indépendants sous la direction de Paulo Pinheiro.

UNE "POLITIQUE D'ÉTAT"

Le rapport affirme des atteintes aux droits des enfants ont été commises dans les deux camps depuis que le conflit a éclaté il y a 17 mois. "Nous sommes parvenus à la conclusion que les deux parties se sont rendues coupables de crimes de guerre, plus nombreuses et plus variées, naturellement, du côté gouvernemental", a déclaré à Reuters Karen AbuZad, une spécialiste américaine qui a participé à l'enquête aux côtés de Paulo Pinheiro.

"Ce qui s'est passé du côté du gouvernement semble relever d'une politique d'Etat (...)", a-t-elle ajouté. A propos du massacre commis fin mai à Houla, un village situé au nord de la ville de Homs, les enquêteurs de l'Onu ont estimé que les forces gouvernementales et les "chabiha" se sont rendus coupables de la mort d'une centaine de civils, pratiquement pour la moitié des enfants.

Enfin, les enquêteurs ont fait savoir qu'ils allaient actualiser leur liste confidentielle de suspects ou d'unités responsables de violations des droits de l'homme. Cette liste sera remise en septembre à Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations pour les Droits de l'homme.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/art ... _3218.html

l'onu qui condamne, je pense que Bashar el Assad ca doit le faire trembler...
en tout cas cette guerre ca rapelle un peu la guerre d'espagne par son horreur. Il parait qu'il y a un fort mouvement anar en Syrie.
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede Massinissa le Jeu 16 Aoû 2012 16:40

acratack a écrit:l'onu qui condamne, je pense que Bashar el Assad ca doit le faire trembler...
en tout cas cette guerre ca rapelle un peu la guerre d'espagne par son horreur. Il parait qu'il y a un fort mouvement anar en Syrie.



Trembler Bachar tu plaisantes après ce qu'il a fait à son peuple ce n'est pas les avertissemnts de l'onu qui vont l'impressionner


La poudrière syrienne et le carnaval occidental

Posté par Rédaction LQA on août 16th, 2012

Kamal Guerroua, universitaire


« La démocratie est le nom que nous donnons au peuple chaque fois qu’on a besoin de lui»

Robert de Flers (1872-1927), dramaturge



Pauvre Syrie ! Durant les 16 mois d’une révolte pacifique qui s’est transformé en conflit armé, le pays est presque en déliquescence. Les chiffres en sont là, éloquents, tristes et très pitoyables. Plus de 19 mille morts et pas moins de 120 mille réfugiés selon les dernières estimations du H.C.R (le haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés), les pays limitrophes à savoir la Jordanie, l’Irak, la Turquie, et le Liban sont les choix de prédilection de ces naufragés d’une guerre civile sans merci. Ce qui est certain est que l’hémorragie interne de la Syrie a donné le là à un sauve-qui-peut général qui n’a guère trouvé d’accalmie depuis. Mais est-ce pour autant la fin de l’espoir pour un si beau pays ?

En vérité, jusque-là, le conflit syrien reste un cas rarissime dans les annales de ce printemps arabe. Un véritable engrenage de violence qui est allé vite tourner au cercle vicieux. L’ivresse du pouvoir du clan d’Al-Assad et les petites contingences hexagonales qui annoncent l’imminence de la catastrophe ne sont pas près de leur épilogue. On est bien loin, semble-t-il, d’un scénario à la yéménite ou à la libyenne ou bien encore à l’égyptienne. Le soutien de la grande muette à la nomenclature damasquine est à bien des points indéfectible. La dissidence de l’A.S.L (armée syrienne libre), bien qu’efficace sur le terrain, reste pendue aux basques du soutien occidental, lequel tarde vraiment à venir ou ne viendrait pas du tout peut-être.
Il est vrai que le positionnement stratégique de la Syrie en plein cœur du Moyen-Orient lui confère le statut peu enviable de «proie convoitée» aussi bien de l’orient que de l’occident. La première puissance à être attirée par ce manège hégémonique est inéluctablement la Russie, laquelle s’accroche à garder coûte que coûte main basse sur le port de Tartous, l’unique base militaire dont elle dispose comme relique de la guerre froide (1945-1990), après avoir perdu, bien sûr, celle de Lourde à Cuba en 2001, celle du Cam Ranh au Vietnam et plus particulièrement au lendemain de la chute de son premier allié stratégique dans la région en mars 2003, en l’occurrence le dictateur Saddam Hussein.
Aussi serait-il judicieux de signaler au passage que les bouleversantes péripéties de la crise de Géorgie en 2008 ont remis au goût du jour le bras de fer entre les occidentaux et la Russie. Pour rappel, Poutine, à l’époque président, a mal digéré la décision du président géorgien de rejoindre l’O.T.A.N. En représailles, ce dernier s’est vu infléchir les foudres du Kremlin dès lors qu’il aurait entrepris d’occuper la région sécessionniste d’Ossétie du sud. C’est dire combien les russes ne seront jamais prêts à lâcher prise sur les enjeux géostratégiques en particulier celui de la Syrie, localisé au Moyen Orient de surcroît. Tout au plus, ce printemps arabe s’est incontestablement révélé un hiver pour eux vu que tous leurs clients sont déchus, malmenés ou carrément menacés par ce souffle de révolte sans précédent.
Saddam était déjà pendu en pleine fête religieuse de l’Aïd en 2006, El-Gueddafi, lynché en public et à l’initiative des occidentaux par des foules ahuries et sans scrupules, Abdallah Salah ayant pris une honteuse retraite après une fronde sociale et politique des plus violentes que son pays ait connues jusqu’alors, l’Iran toujours sous les feux de la rampe médiatique et pire dans le collimateur des occidentaux pour sa présumée possession d’armes nucléaires et son enrichissement de l’uranium pour des fins militaires (un danger certain pour l’entité sioniste).

Ce qui, convenons-en bien, ne fera plus l’affaire de la Russie, laquelle, rappelons-le bien, aurait signé un gigantesque contrat d’armement avec la Syrie en 2008 et la fâcheuse perspective de perdre son marché la rend plus que jamais attachée avec son allié traditionnel la Chine au droit de veto qui décidera du destin des syriens. Sous cette grille de lecture, la Syrie apparaît comme sa fille gâtée dans la mesure où la fin du régime sanguinaire d’Al-Assad signe sans doute l’arrêt de mort de son leadership au niveau international. La deuxième puissance en rapport étroit avec ce qui se passe actuellement en Syrie, c’est l’Oncle Sam. Barack Obama, en misant à fond sur la campagne électorale pour sa réélection au mois de novembre prochain, prend à revers les feux de détresse qui clignotent du côté de Drâa, Homs et Alep, Hillary Clinton quant à elle, n’aurait envisagé une intervention militaire en Syrie que sur la base d’une résolution onusienne alors que l’on sait d’expérience que les américains dérogent bien souvent à cette règle lorsqu’il s’agit d’un intérêt vital. C’est pourquoi, la récente découverte des charniers collectifs par les rebelles syriens n’a pas trouvé le langage de fermeté adéquat dans les couloirs de la maison blanche.

Il semble bien que la petite Syrie est le moindre des soucis du récipiendaire du prix Nobel de la paix pour deux principales raisons, d’une part, il veut épargner la colère de ses compatriotes qui, très las des désastres afghan et irakien, voient mal la réédition d’une «farce interventionniste» à l’irakienne. D’autre part, ce syndrome de «diplomatie de connivence» dont a si bien parlé Bertrand Badie implique une certaine dose de complicité et du mutisme entre les grandes puissances sur des détails qui peuvent, le cas échéant, fâcher.

Dommage! Ces grands discours que l’on prononce tout volontiers en Occident sur les droits de la personne humaine ne sont au final que des salades et des entourloupettes impérialistes que les peuples du Tiers Monde ont avalés des décennies durant sans broncher.

La troisième puissance intéressée au conflit syrien est Israël. Le plateau du Golan colonisé en octobre 1967 et les visées de sa rétrocession par la dynastie des Al-Assad seraient en cas de chute de celui-ci enterrés sous la sépulture de l’utopie démocratique du grand printemps arabe à moins que les données actuelles prennent un autre tournant décisif, c’est-à-dire, que les frères musulmans ou les salafistes arrivent à s’approprier les rênes du pouvoir sous l’ère post-Assad.

La quatrième puissance qui est de loin concernée par le conflit syrien est bel et bien la France, laquelle aurait nettement changé de discours politique après l’accession de François Hollande à la présidence de la république. Celui-ci, contrairement à son prédécesseur qui aurait accueilli en juillet 2008 Bachar Al-Assad comme invité de marque aux Champs Élysées, comme il l’aurait fait d’ailleurs pour El-Gueddafi, entend implicitement pousser à ses derniers retranchements le clan d’Al-Assad. Comme geste symbolique mais non des moindres, il aurait dépêché en Syrie des équipes de secours et des aides humanitaires d’urgence. Mais le président Hollande marcherait-il sur les traces de cette fameuse «politique arabe de la France», initiée auparavant par le général de Gaulle (1890-1970) ou seulement rebondirait-il là où Sarkozy a failli perdre les pédales, c’est-à-dire, opérer de simples retouches tactiques?
Force est de constater que la récente création de «la conférence des amis de la Syrie» sur le modèle de celle qui avait applaudi par ovations incessantes à la guerre menée par l’O.T.A.N contre la Libye nous laisse face à une politique française aux contours encore mal-définis.

A dire vrai, toutes les gesticulations occidentales en cours s’accordent bien avec l’échiquier géostratégique du Moyen Orient car de l’autre côté du tableau l’on trouve que le quartet (Turquie, Qatar, Irak et Koweït) avec en plus le Liban agissent presque en coulisses pour une soi-disant «transition démocratique douce» en Syrie mais malheureusement sous les auspices des américains.

L’alliance historique avec l’Oncle Sam pour la Turquie et la volonté de cette dernière de donner son coup d’éclat spécifique «laïcisant» au printemps arabe, l’odeur des pétrodollars et le désir ardent d’enduire la révolte démocratique des masses d’une couche d’islamisme politique pour le Koweït et plus particulièrement pour l’Arabie Saoudite et le Qatar dont le Roi Hamad bin Khalifa Al-Thani, devenu, l’espace d’un printemps, le bailleur de fonds par excellence des interventions militaires sur le sol arabo-musulman et la coqueluche des chancelleries occidentales, sont bien des motifs d’inquiétude régionaux.
Les autorités saoudiennes, adeptes d’un «Islam rigoriste», tiré des enseignements du wahabisme, veulent contrecarrer le Hezbollah, de tendance chiite, confessionnellement et militairement proche allié du clan alaouite d’Al-Assad. De son côté, Hassan Nasrallah, sa tête pensante, se met sur la défensive en accusant implicitement l’Occident de vouloir installer au Liban-Nord, une base contrôlée par les salafistes syriens, soutenus par les saoudiens et des étrangers. Ce qui ouvre la voie, à ses yeux, à l’intrusion du réseau terroriste d’Al-Qaïda dans le jeu politique syrien. Mais ce qui est plus inquiétant par-dessus le marché est le fait qu’un scénario de partition de la Syrie est plus que plausible à l’heure actuelle, le nord avec Al-Assad, Hezbollah ainsi que l’Iran et le reste du pays sous la coupe des rebelles, des islamistes et des éléments d’Al-Qaïda. Certes avec la défection du premier ministre Riad Hijab qui s’est rendu en Jordanie et les 31 généraux déserteurs qui ont élu domicile en Turquie, le régime syrien «cette dictature à la tête de bœuf» comme dirait l’éditorialiste du Jeune Afrique Béchir Ben Yahmed en a pris un sacré coup, mais il n’en reste pas moins que la loyauté des alaouites et des autres minorités chrétiennes, druzes et kurdes lui servirait à la longue d’armure même si dernièrement on pressent le rejaillissement de ce lointain «rêve d’autonomie», longtemps étouffé chez les kurdes, cette minorité sunnite, victime des grands marchandages historico-politiques entre l’orient et occident au XIX et XX siècle.

En dernière analyse, on ne saurait qu’affirmer que la question qui taraude encore les esprits est si vraiment la grimpette vertigineuse de la fièvre révolutionnaire pourrait accélérer le dernier quart d’heure d’agonie du clan d’Al-Assad ou à tout le moins durcir le ton de la communauté internationale envers lui? Rien ne semble acquis pour le moment car la vulgate arabo-bâasiste conjuguée à «la paranoïa totalitaire» ainsi qu’au risque de faire usage des armes chimiques par les sbires d’Al-Assad et enfin à l’hypocrisie occidentale, aurait déjà crée l’impasse dans le processus des pourparlers engagé par l’émissaire onusien Kofi Annan qui n’a trouvé autre meilleure solution que de jeter l’éponge en signe de lassitude face aux blocages répétitifs (intérêts très divergents entre les protagonistes et inertie onusienne). Chose qu’il n’avait, ironie du sort, pas faite lorsqu’il fut lui-même secrétaire général de l’ O.N.U et au moment même où l’Irak de Saddam Hussein fut intensivement bombardée par l’Oncle Sam et la Perfide Albion avec les désastreuses conséquences que l’on connait sous prétexte de possession d’armes destruction massive, jamais retrouvées, et ce en totale violation de la légalité internationale! Pourquoi cette volte-face donc? Serait-il un aveu d’impuissance, un désir de repentance ou Annan agit-il seulement sur ordre et injonctions de l’Occident? Et puis Lakhdar Brahimi, cet invétéré diplomate au parcours brillant rééditerait-il l’exploit des accords d’Al-Taef du 1989 ou se contenterait-il tout bonnement de gérer le statu-quo à sa guise? En attendant, la bataille d’Alep, ville considérée au demeurant comme le cœur économique de la Syrie, fait rage et l’horizon syrien reste toujours brouillé de nuages et de grisaille.

Kamal Guerroua, universitaire


http://lequotidienalgerie.org/2012/08/16/la-poudriere-syrienne-et-le-carnaval-occidental/
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede zivko le Dim 19 Aoû 2012 07:46

:| Aprés la Libye, la Syrie : Et on tombe encore dans le panneau !
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede Specifix le Dim 19 Aoû 2012 23:13

acratack a écrit: ... Il parait qu'il y a un fort mouvement anar en Syrie.
Peux-tu en dire plus à ce sujet ?
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede acratack le Lun 20 Aoû 2012 02:27

malheureusement non. c'est un copain tunisien qui me l'a dit. mais le problème c'est que c'est assez inaccessible pour nous occidentaux ne serait ce que par la langue. je vais essayer de me renseigner un peu plus.
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede bajotierra le Sam 25 Aoû 2012 16:32

Specifix a écrit:
acratack a écrit: ... Il parait qu'il y a un fort mouvement anar en Syrie.
Peux-tu en dire plus à ce sujet ?


"fort", je sais pas, mais ...



le secrétariat de l'AIT a reçu fin juillet une lettre en anglais d'un anarchiste syrien

cette lettre a été mis en ligne par les compagnons anglais de la SF
http://www.solfed.org.uk/?q=internation ... -anarchist

puis traduite par des compagnons canadiens
http://ucl-saguenay.blogspot.ca/2012/08 ... yrien.html

mercredi 15 août 2012
Nouvelles d'un anarchiste syrien Traduit du site de la Solidarity Federation :

Je m’appelle Mazen ******, un anarchiste syrien. Je veux vous informer de la situation humanitaire dans mon pays, la Syrie; en raison de l’oppression brutale du régime actuel contre les masses en révolte. Un groupe de jeunes anarchistes syrien-ne-s et d’antiautoritaires d’Alep, en Syrie, m’a contacté puisqu’il avait un urgent besoin d’aide. Leur communauté a un besoin urgent pour à peu près tout : médicaments, tentes, lait pour enfant, etc. ; presque tout. Nous espérons que vous pourrez les aider à alléger leurs souffrances en ces temps difficiles.

À propos de la situation actuelle en Syrie, ça se détériore rapidement. Après les meurtres de quelques généraux haut placés dans le régime (ministre de la défense et son député, également le beau-frère du président lui-même) par une force inconnue, même si l’armée libre syrienne s’est déclarée responsable des attaques; les groupes armés de l’opposition ont attaqué les deux villes principales qui étaient réticentes à joindre la révolution auparavant : Damas et Alep. Une bataille sans merci a dès lors commencé, après les gains de l’opposition tôt dans le conflit, l’armée d’Assad a réuni ses forces restantes et a contre-attaqué à sa manière conventionnelle, incluant des jets de combat, sans oublier les canons et les tanks qu’elle utilisait déjà depuis des mois. Plusieurs civil-e-s ont dû fuir dans des conditions difficiles, des centaines ont été massacré-e-s.

En fait, maintenant la révolution syrienne est un combat ouvert. Les manifestations pacifiques ont perdu leur signification maintenant, et personne ne porte d’importance à les mentionner ou pense qu’elles peuvent avoir un impact réel sur l’issue du conflit. Ce qui a commencé par une révolution de masse est devenu un conflit armé entre l’armée du régime et leurs opposant-e-s. Ceci est arrivé principalement en raison de l’oppression brutale du régime actuel, utilisant son armée, ses tanks et ses fusils contre le voisinage civil, mais également en raison de l’intervention de certains tyrans comme la monarchie Qatarienne et Saoudienne.

En raison du positionnement stratégique de la Syrie, la révolution a été prise dans la rivalité Iranienne-Saoudienne pour la domination de la région, et même entre la Russie et les États-Unis, chacun supportant son parti dans la rivalité pour leurs propres intérêts; nous ne pouvons pas croire que la monarchie saoudienne ait à cœur la liberté des syriens et syriennes, ils ne veulent qu’affaiblir davantage leur adversaire : le régime oppressif islamiste iranien. L’Arabie Saoudite et le Qatar ont tout fait pour détourner la révolution syrienne vers le conflit entre les sectes chiites et sunnites de l’islam; et cyniquement, le régime syrien a fait de même.

Récemment, un journaliste saoudien influent a décrit le printemps arabe (terme utilisé pour décrire la succession de révolutions arabes) comme un groupe sunnite menaçant l’Iran chiite. Les autres camps de l’opposition aux régimes oppressants ont également utilisé les termes « sectaires ». Le régime syrien tente de faire la même chose en se proclamant le « protecteur des minorités religieuses » en Syrie.

Nous l’avons vu de façon très différente, nous avons vu comment cela a commencé, une révolution de masse spontanée contre la dictature et ses politiques néolibérales et ses « réformes » et dans ce moment difficile pour les masses, nous comptons sur les masses, sur les oppressé-e-s, de peu importe la religion, la secte ou l’ethnie, de s’unir avec nous contre leurs oppresseurs, peu importe leur religion. Nous comptons sur des organisations comme celles de nos camarades d’Alep et d’autres initiatives faites par des jeunes étudiants et étudiantes ou des travailleurs et travailleuses. C’est un conflit difficile qui pourrait devenir une guerre civile sectaire, il n’y a aucune garantie sauf celle de la détermination des masses de continuer le conflit jusqu’à l’obtention de la vraie liberté, de la justice et de autogestion des opprimé-e-s.

En fait, il y a toujours de très grandes divisions entre la gauche syrienne et arabe : les staliniens conservent des liens avec le régime actuel en tant qu’anti-impérialistes; comme à l’habitude, ils négligent la nature oppressive du régime, c’est tellement naturel pour eux. Il y a trois partis communistes syriens supportant le régime actuel sans remords. D’autres partis staliniens d’Arabie supportent le régime également. De l’autre côté, les trotskystes se tiennent contre ces régimes, mais ils voient les islamistes comme des possibles alliés, ce qui crée un autre conflit, car ils oublient la nature réactionnaire, autoritariste et capitaliste, voir même néolibérale du projet islamiste. On se rappelle de l’Égypte où les trotskystes avaient une très forte organisation : les socialistes révolutionnaires.

Une autre chose, chers frères et sœurs, je retourne en Syrie au mois d’août, pour joindre le conflit de nos camarades. Certain-e-s activistes syrien-ne-s ont organisé une campagne appelée « WE ARE COMING BACK ». On entrera en Syrie en août de *******. Nous prévoyons que le régime nous arrête, il pourrait torturer quelques-un-e-s d’entre nous et même en tuer. J’ai besoin de votre solidarité. Certain-e-s camarades vous feront parvenir des mises à jour à mesure que ces évènements arriveront. Pour l’instant, je suis toujours à *****, Égypte. Si vous pouvez arranger n’importe quel type de support pour nos camarades en Syrie vous pouvez me contacter jusqu’à ce moment, et avant de quitter pour la Syrie; je peux vous donner des contacts de certains camarades en Syrie ou en Égypte ici pour donner vos contributions. Merci à tous et toutes pour votre solidarité.

Pour la révolution, la liberté, pour l’anarchie !!

Mazen


*******



Certains détails ont été masqués pour ne pas mettre en péril la sécurité du camarade concerné
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede acratack le Dim 26 Aoû 2012 11:31

merci pour ta contribution.

voici un site qui se propose de contrer la desinformation des sites d'extreme droite sur la révolution syrienne et la feroce répression qui l'accompagne. malheureusement on voit que pas mal de monde a l'extreme gauche se place aussi du cote de l'extreme droite afin de defendre des idees obsolètes tiréees du stalinisme. encore une fois il y a des images assez dures alors ames sensibles s'abstenir.

http://www.infodelasyrie.fr/dim-0826201 ... n-alaouite
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede bajotierra le Lun 10 Sep 2012 14:35

Témoignage de Jacques Berés

Jacques Bérès était en Syrie jusqu'à ce vendredi. Il participait à sa troisième mission depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011. Cette fois-ci, il était à Alep, la plus grande ville du pays, située au nord, toute proche de la ligne de front. Dans un hôpital de la zone "libérée", il a soigné de nombreuses personnes dans des conditions très difficiles, "je recevais entre 25 et 40 blessés de guerre par jour", raconte-t-il, "c'est un très bon hôpital avec trois salles d'opérations mais je ne saurais pas vous dire le nombre de chirurgiens parce que des dentistes s'improvisent médecins, des biologistes s'improvisent infirmiers".


"Il y a du sang partout"

Un dentiste qui devient chirurgien, une adaptation professionnelle vitale étant donné l'affluence dans cet hôpital explique Jacques Bérès, "après un bombardement, ce sont des vagues de blessés qui arrivent, la plus importante qu'on a eu c'était 15 blessés à la fois en deux minutes. Il y en a partout, il y a du sang partout, il y en a qui meurent dans la minute, les familles veulent rentrer, les amis, les combattants, c'est très difficile de travailler dans ces conditions".

Du sang sur la farine

Jacques Bérès, humanitaire "vétéran", (il était au Vietnam dans les années 60, en Libye l'année dernière et a fait en tout 45 ans de mission) reste troublé par des images de douleur absolue, "je confirme les attaques par hélicoptère sur les gens qui font la queue devant les boulangeries pour avoir du pain. J'ai reçu un boulanger qui était sorti pour voir ce qui se passait en dehors de sa boulangerie et qui a reçu une rafale. C'était très troublant, il était tout blanc, couvert de farine, avec plein de trous rouges".
Lorsqu'il est reparti vers la France ce vendredi, le chirurgien a été arrêté à la frontière turque. Il raconte que pour les Syriens qui tenteraient de fuir, "les Turques ont inondé la frontière pour éviter que les gens ne fuient".

Des djihadistes français à Alep et Mohammed Merah comme exemple

Parmi les dizaines de blessés que Jacques Bérès a soigné, il confie que la majorité était des combattants, ce qui s'explique par la proximité d'Alep avec la ligne de front. Mais ce qui a changé par rapport à ses autres missions, notamment celle de février dernier à Homs, ce sont les profils des combattants, "la moitié me paraissait être des djihadistes", ils avaient "le bandeau, les versets coraniques, même les voitures qui les amenaient avaient le drapeau d'Al-Qaida". Mais devant l'origine des blessés, Jacques Bérès ne se pose pas de question politique ou philosophique, "ma préoccupation majeure c'est de savoir d'où vient le sang et combien de temps ça peut tenir".

Après, quand il peut, le chirurgien discute avec ceux qu'il a sauvés. Il a été surpris de rencontrer récemment deux Français, "c'était un peu troublant, l'un disait que Mohammed Merah était l'exemple à suivre. Ils disent qu'ils sont là pour l'après Bachar pas pour les combats du moment et que leur but c'est l'émirat mondial et la charia".

A bientôt 71 ans, des années d'humanitaires, et des milliers de blessés soignés, Jacques Bérès a confié sur l'antenne de France Info que ce troisième voyage en Syrie serait sa dernière mission.

http://www.franceinfo.fr/monde/syrie-ja ... 2012-09-07
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede Massinissa le Ven 14 Sep 2012 14:28

Syrie: la légion française d’Assad

Posté par Rédaction LQA on sept 13th, 2012 // 0 Commentaire - []

lexpress.fr

Par Vincent Hugeux et Hala Kodmani, publié le 13/09/2012 à 15:07, mis à jour à 16:03


Le dictateur de Damas peut compter dans l’Hexagone sur le soutien obstiné d’une coalition hétéroclite. De l’extrême droite aux lobbys proarabes radicaux, revue des troupes éparses mais fidèles du « bacharisme » made in France.

Sur la scène comme dans les coulisses de ce théâtre d’ombres s’affaire une troupe bigarrée. En tournée depuis dix-huit mois, la compagnie des disciples français de Bachar el-Assad a ses stars, ses jeunes premiers, ses seconds rôles, ses héros masqués et ses figurants candides, accourus de tous les horizons.

La fuite en avant meurtrière du tyran syrien aura réuni, en un douteux combat, une bande de lobbyistes que tout oppose. Le facho y côtoie le gaucho. Le pieux musulman y coudoie l’islamophobe, le laïcard radical, le catho intégriste, l’altermondialiste de stricte obédience, le négationniste impénitent et, un peu égaré, l’expert atterré par cet Occident dont la cécité hâterait la venue d’un « hiver salafiste » sans retour.

La névrose syrienne de Bachar el-Assad

Richard Millet n’est pas seulement fasciné par Anders Breivik, il l’est aussi par Bachar-el Assad. Retour sur l’amer bréviaire publié au printemps par cet imprécateur que le crime fascine.

Mais nombre d’entre-eux s’enivrent du même breuvage, cocktail où se mêlent, selon un dosage aléatoire, l’anti-impérialisme, la haine d’Israël -fût-elle affublée des atours de l’antisionisme-, la hantise du djihad triomphant, la défense de minorités confessionnelles en péril, le mépris qu’inspirent l’acharnement d’une presse asservie et le culte un rien nostalgique des régimes « forts ». Le tout relevé d’une mesure de complotite chronique.

L’appât du gain ? Il peut, çà et là, stimuler les vocations; mais pèse bien moins, à l’heure de s’engager sur le chemin de Damas, que les lubies idéologiques. Si notre tribu ne compte que peu d’adeptes -quelques dizaines d’activistes-, si ses manifestations parisiennes ne rassemblent qu’un maigre noyau de fidèles, les outils de la planète Web, les réseaux sociaux et les médias dits alternatifs dopent son audience. D’autant que le même militant peut, pseudonymes à l’appui, sévir sous diverses bannières.

A l’extrême droite du portrait de famille, un personnage retient l’attention : Frédéric Chatillon, 44 ans. Ancien patron du Groupe union défense (GUD), phalange estudiantine encline à singer les rituels néonazis, ce colosse gominé, air rogue et veste de cuir, apparaît notamment en octobre 2011 en marge d’un meeting pro-Bachar ponctué de saluts hitlériens.
Lui a fondé dès 1995 la société Riwal, « agence spécialisée dans le conseil en communication, la création graphique et l’événementiel », matrice flanquée treize ans plus tard d’une filiale baptisée Riwal Syria, censée oeuvrer à la « promotion des sociétés privées et des institutions publiques syriennes en France ». A commencer par le ministère du Tourisme, client généreux.

« Agence de ré-information »

La maison Chatillon doit pour l’essentiel sa bonne fortune -et le décuplement d’un capital au sein duquel figure le copain et associé Axel Loustau, patron de l’entreprise de gardiennage Vendôme Sécurité- au parrainage des Tlass, dynastie baasiste autrefois très en cour et prompte à financer l’impression d’affiches et d’ouvrages révisionnistes.
Sunnite, le père Mustapha fut ministre de la Défense; quant au fils Manaf, général placé à la tête d’une unité d’élite, il a fait défection en juillet. « Trahison d’enfant gâté » instantanément fustigée par le site Infosyrie.fr, autre planète de la galaxie Chatillon, domiciliée elle aussi rue Vineuse, dans le XVIe arrondissement. Cette « agence de ré-information » s’emploie, comme son nom l’indique, à corriger les ravages d’une couverture mensongère de la tragédie syrienne.

A propos de mensonge… Présidente du Front national, Marine Le Pen minimise le rôle joué à ses côtés par l’ami Frédéric, croisé sur les bancs de la fac de droit d’Assas, mais relégué au rang de « prestataire de services ». Services éminents: comme l’atteste un documentaire de Canal +, le « fournisseur » Chatillon a veillé à l’automne 2011 au bon déroulement de la virée romaine de « Marine ». Son épouse, Marie d’Herbais, fille d’une ex-élue régionale frontiste de Picardie, présente le blog vidéo de Jean-Marie Le Pen. Le tropisme baasiste du FN a la vie dure. Compagnon et bras droit de la conseillère municipale d’Hénin-Beaumont, Louis Aliot invoquait le 17 août une imaginaire « parité dans les massacres » pour renvoyer dos à dos le régime de Damas et la rébellion.

Assadolâtre certifié, l’ »effroyable imposteur » Thierry Meyssan, passé à la postérité pour avoir tantôt nié, tantôt imputé à une conspiration ourdie par la CIA les attentats du 11 septembre 2001, mérite de figurer au centre de la photo. D’autant que c’est lui qui aurait recommandé Chatillon aux Tlass, alors en quête d’un propagandiste de choc. A 54 ans, le fondateur du Réseau Voltaire pérore sans désemparer sur les plateaux d’Al-Manar, la chaîne du Hezbollah libanais, ou de la télévision d’Etat syrienne, où il lui arrive d’accuser nommément tel reporter parisien de jouer les espions pour les services français.

L’examen attentif de sa logorrhée délirante et narcissique laisse peu de place au doute : le cas Meyssan relève au mieux de la psychanalyse.
Au gré d’un parcours chaotique détaillé par Fiammetta Venner dans un essai incisif, ce fabuliste a ferraillé tour à tour en faveur de l’intégrisme catholique, de la cause homosexuelle, de la pornographie, de la laïcité, du kadhafisme et de la théocratie iranienne. On l’a même vu s’agiter au sein d’un Comité de vigilance contre l’extrême droite, auprès de Bernard Tapie, puis de l’actuelle garde des Sceaux, Christiane Taubira.

« Nous avions misé sur le réformisme de Bachar »

On épargnera au lecteur la liste complète des graphomanes bacharophiles et de leurs sites favoris. Avec toutefois trois mentions spéciales. L’une attribuée à un certain Louis Denghien, dont Infosyrie.fr, TSS (Tout sauf Sarkozy) et le Réseau Voltaire hébergent la prose volontiers ordurière. Une autre à Ginette Skandrani, ex-écolo atteinte par la névrose révisionniste. La troisième au sinistre humoriste Dieudonné, dont le premier pèlerinage damascène, accompli en compagnie de Meyssan et de Chatillon, date de 2006.

Vecteurs traditionnels du lobbying en faveur des despotes « fréquentables », les groupes d’amitiés parlementaires font preuve cette fois d’une sobriété rare. D’autant qu’à l’instar du député socialiste Gérard Bapt, ceux qui les animent ont d’emblée pris leurs distances avec le raïs alaouite. De même, si elle exaltait encore le 21 mars 2011, à la faveur d’un dîner et sur un mode mélancolique, l’ »excellence » du lien bilatéral, l’Association d’amitié France-Syrie, assemblée d’ambassadeurs retraités et de vieux syrianologues, se tient coite. Nul doute en revanche que la volonté, patente jusqu’en 2004 chez Jacques Chirac puis ranimée dès 2007 par Nicolas Sarkozy, de normaliser la relation Paris-Damas afin d’exister sur l’échiquier proche-oriental, aura stimulé le tropisme arabophile de la diplomatie bleu-blanc-rouge. « Nous avions tous misé sur les promesses réformistes du jeune Bachar, concède un témoin privilégié. Mais jamais il n’y eut envers la Syrie de compromissions à l’irakienne. » Allusion aux égarements de deux anciens barons du Quai d’Orsay grisés par les largesses pétrolières de Saddam Hussein.

Jamais ? Une exception : l’impayable Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, dont la liaison avec la fille de Mustapha Tlass parasita l’écran radar franco-syrien.
Dans l’ombre, quelques émissaires familiers de l’Elysée ont ensuite orchestré la romance Sarko-Assad. Parmi eux, l’ancien ministre de l’Information libanais, Michel Samaha, intime du raïs aux abois, arrêté le 9 août dernier à son retour de Damas pour transport d’explosifs ; et l’affairiste Ziad Takkiedine, lui aussi fils du pays du Cèdre, conseiller occulte de Claude Guéant.

Les stratèges du bacharisme à la française font bien sûr leur miel de l’angoisse -légitime- qu’alimente chez les chrétiens le sort de leurs frères syriens, promis à les en croire aux cimeterres des hordes djihadistes.
« Le risque de récupération est indiscutable, admet Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’Oeuvre d’Orient, association caritative liée à l’archevêché de Paris. Qu’il soit commis par le régime ou par les rebelles, tout carnage reste inacceptable. Mais on ne peut placer sur un même pied une insurrection mal structurée et un Etat doté de blindés et d’avions de guerre. » « Nourrir l’opposition frontale entre chrétiens et musulmans est une ânerie, avance en écho un autre prélat. Que récusent d’ailleurs nos cousins de Syrie. »

Autant dire que ces hommes d’Eglise réprouvent le discours et l’activisme frénétique de l’étrange soeur Agnès-Marie-de-la-Croix, prieure libanaise du couvent Saint-Jacques-le-Mutilé de Qâra, non loin de Homs. Réputée proche des services de renseignement du pouvoir, louangée par Meyssan et consorts, cette routarde repentie a fermement cornaqué maints reporters étrangers adoubés par les autorités. « Manipulée et manipulatrice », soupire un diplomate. Animé par Anas Alexis Chebib, radiologue à Tulle (Corrèze), un Collectif pour la Syrie a également épaulé divers journalistes français en quête d’un visa. Au sein de son conseil d’administration siège Michel Lelong, père blanc et propalestinien radical, témoin à décharge lors des procès du négationniste Roger Garaudy et de Maurice Papon.

Les médias grand public et l’édition ont aussi leur contingent d’agents d’influence. Profil qu’incarne à merveille Richard Labévière. A coup sûr, cet ancien de Radio France internationale s’offusquera de figurer ici en si piètre compagnie. Mais voilà: s’ils recourent à un argumentaire sophistiqué, adossé à une connaissance approfondie de la géopolitique arabe, les articles, ouvrages et rapports de l’intéressé tendent à avaliser les thèses du régime et dénotent a minima une fascination résiduelle pour la lignée des Assad. A preuve, ses écrits dans Afrique Asie, mensuel où l’on ose qualifier de « réforme majeure » le toilettage de la Constitution syrienne, plébiscité en février dernier à la faveur d’un référendum ubuesque, ou encore cet essai paru en 2011 chez Perrin intitulé Quand la Syrie s’éveillera, et préfacé par Alain Chouet, autrefois directeur de la DGSE. Moins connu, Frédéric Domont, fondateur et patron d’une société de « média, production et communication » installée à Beyrouth et baptisée Median, jouit à Damas d’une aura flatteuse. Passé lui aussi par RFI, Domont a été congédié de la « radio mondiale » en 2008 pour avoir vendu à la chaîne TV5, avant de la livrer à son employeur, une interview du raïs Assad, conduite au côté de son ami Labévière. Bachar, quand tu nous tiens…

Damas cherche avocats

L’anecdote remonte à 2010. Ancien directeur Afrique du Nord-Moyen-Orient au Quai d’Orsay, Yves Aubin de la Messuzière reçoit un coup de fil de l’ambassadrice de Syrie à Paris. Lamia Chakkour sollicite le concours de cet orientaliste chevronné pour établir une liste de leaders d’opinion français -universitaires, diplomates, journalistes- susceptibles de véhiculer une « image positive » de son pays. Bien sûr, « Aubin » ne donne aucune suite à une requête qui reflète l’isolement de Damas. Faute de mieux, le régime alaouite devra se résoudre à miser sur des relais plus marginaux et moins recommandables.


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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede acratack le Lun 31 Déc 2012 17:05

un peu de cynisme dans ce monde de brute!

Centre culturel syrien à Paris : ni un besoin, ni une nécessité, une incongruité

Par mail et par la poste, le Centre Culturel Arabe Syrien à Paris a récemment fait parvenir à ses abonnés le programme de ses activités pour le mois de janvier 2013. Il comprend :
- le 8 janvier, une conférence sur les "Images de l’Orient à l’époque romaine", donnée par un directeur de recherche émérite au CNRS,
- le vernissage, le 15 janvier, de l’exposition des œuvres d’une artiste irakienne sur le thème "Peintures d’Orient et d’Occident",
- une conférence concert, le 22 janvier, au cours de laquelle un musicien proposera sous le titre "Tutti fluti" un "Tour du monde des flûtes",
- et, le 29 janvier, une conférence intitulée "Les néo-masses et les néo-esclaves dans la nouvelle économie psychique", prononcée par une psychiatre psychanalyste.

Centre Culturel Arabe Syrien à Paris

On ne peut reprocher aux employés du Centre, envoyés à Paris pour y contribuer à faire connaître au public français le patrimoine historique de leur pays, les œuvres de leurs auteurs classiques et les productions artistiques de leurs compatriotes, de faire ce pour quoi ils sont rémunérés. Mais on ne peut fermer les yeux sur le décalage considérable, et pour tout dire scandaleux, qui existe entre l’image de pays civilisé et de lieu de culture dont la Syrie cherche ainsi à se parer, au moment où le pouvoir syrien, ayant entraîné dans un conflit sanglant ceux qui dénonçaient son illégitimité par des moyens pacifiques, commet contre sa population des crimes abominables.

Il aurait été souhaitable que les autorités françaises, qui ont déclaré, le 29 mai 2012, que Lamia Chakkour, ambassadrice de Syrie en France, était désormais persona non grata, et qui ont suspendu depuis lors toute relation avec elle, exigent la fermeture de ce Centre. Son maintien en fonctionnement et sa fréquentation occasionnelle par certains diplomates ou ex-responsables permettent en effet au régime syrien de faire croire à qui veut bien l’entendre que la sanction prise contre lui manque de sérieux, et que, entre la France et la Syrie, l’orage provoqué par le massacre de Houla a depuis longtemps été oublié.

Manifestation devant le CCAS à Paris (18.11.2011)
(@ CL)

En revanche, il est difficilement compréhensible que des historiens, des médecins ou des artistes français apportent leur contribution à ce spectacle. Et, fermant les yeux sur la part de responsabilité qui incombe au régime dans le drame en cours en Syrie, apportent ainsi leur caution au système en place.

Qui peut en effet ignorer que le pouvoir syrien qui met les cimaises de son Centre culturel à la disposition d’une artiste irakienne, n’a pas hésité à faire casser, par ses sbires, les mains d’un caricaturiste dont les dessins avaient déplu ?

Qui peut ignorer également que celui dont le Centre culturel propose aux mélomanes curieux un tour du monde des flûtes, est aussi celui qui a fait trancher les cordes vocales d’un chanteur dont les refrains avaient été jugés pour lui insultants et qui a odieusement agressé les parents âgés d'un pianiste virtuose acquis à la cause du changement dans son pays ?

La voix éteinte de Hama...

Qui peut ignorer encore que celui qui accueille dans son Centre culturel une psychiatre est également celui qui poursuit de sa vindicte et qui a fait exécuter des dizaines de médecins, d'infirmiers et d’autres volontaires ayant prodigué bénévolement des soins aux révolutionnaires blessés, menacés de mort dans les hôpitaux ?

Le médecin d'Edith Bouvier à Homs

Qui peut ignorer enfin que le régime qui permet à un historien et archéologue de partager son vaste savoir avec un public choisi est celui-là même qui procède au bombardement de sites historiques du pays qu’il dirige et qui détruit sur leurs habitants des quartiers entiers de villes anciennes, après s’être livré, durant des décennies, au pillage et à la vente du patrimoine archéologique de la Syrie ?

Destructions à Deïr al Zor

Dans son nom même, le Centre Culturel Arabe Syrien exprime la ségrégation qui est à la base de l'idéologie baathiste. Il trahit la mise à l’écart des composantes non arabes - kurdes, assyriennes, turkmènes, tcherkesses, arméniennes… - de la population syrienne. Il est depuis toujours fermé à la multitude des musiciens, des artistes, des écrivains, des cinéastes, des comédiens qui n’ont pas l’heur de plaire aux autorités de leur pays. Il est douteux qu’il laisse un jour la parole aux nombreux auteurs, artistes et intellectuels syriens - Samar Yazbek, Moustapha Khalifeh, Ousama Mohammed, Fadwa Sleiman, Fares Al Hélou, Samih Chqeir, Michel Kilo… - qui ont été contraints, au cours des mois écoulés, à rechercher en France la sécurité qui leur était refusée en Syrie.

Alors qu'en Syrie même, les intellectuels, les romanciers, les dramaturges, les comédiens, les chanteurs et les journalistes..., pour ne rien dire des avocats, des historiens, des archéologues, des artistes et des psychanalystes..., sont contraints à la clandestinité ou doivent assumer des risques considérables pour pouvoir continuer à écrire, à faire leur travail et à exprimer ce qu'ils pensent, est-il possible de faire, en France, comme si de rien n'était ? Est-il admissible, en répondant aux sollicitations d'un Centre dédié à la Culture, de contribuer à donner de la Syrie l'image que le régime souhaite donner de lui-même, mais qui ne reflète nullement la richesse et la diversité des idées et des aspirations culturelles des Syriens, au premier rang desquelles la liberté de penser, de parler, de vivre et de créer...?
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Re: REVOLUTION SYRIENNE

Messagede bajotierra le Mar 1 Oct 2013 16:24

En Syrie, refusons la fable d'un "Orient compliqué

Voilà deux ans et demi que les Syriens se font broyer méthodiquement. Deux ans et demi que nous filmons nous-mêmes les Syriens en train de se faire broyer. Deux ans et demi que le monde regarde nos images sans broncher. Comment croire en l'humanité après ça ? Ou comment croire que l'humanité reconnaît encore les Syriens pour siens ?

La question est pourtant censée avoir été tranchée. Elle l'a été à l'époque des Lumières par un philosophe qui avait pris le surnom de Volney (1757-1820), en hommage à Voltaire. Retrouvant les traces de la Syrie, le philosophe a voulu comprendre comment ce pays, berceau de la civilisation, avait pu tomber dans l'oubli ou la barbarie. Il a alors rédigé un livre qui souligne le rôle déterminant du mode de gouvernement. Pour lui, la Syrie avait sombré à cause du despotisme. Et la France risquait d'en faire autant si elle ne se débarrassait pas de la monarchie absolue.

Le livre de Volney, Voyage en Syrie et en Egypte, est devenu un best-seller en Europe à la veille de la révolution de 1789. Il a été lu comme un plaidoyer des Lumières pour une commune humanité fondée sur le rejet du despotisme. Il a aussi offert une alternative à la pensée unique de l'époque qui supposait l'existence d'une différence de nature entre les hommes d'Orient et d'Occident. Car il en a réfuté les arguments, inspirés par la théorie des climats de Montesquieu, selon laquelle les actions des hommes sont déterminées par le climat et non par le mode de gouvernement.

Mais alors, que s'est-il passé pour que le monde en arrive à croire que c'est un climat inhérent à l'Orient compliqué qui tue les Syriens aujourd'hui, et non le despotisme qui gangrène leur société depuis des lustres ? Et pourquoi l'image médiatique de la Syrie tend-elle à se réduire à des morts sans nom, des vivants qui se réclament d'identités meurtrières, ou d'un despote aux allures de gentleman qui prétend combattre Al-Qaida ?

UN PROBLÈME DAVANTAGE ÉTHIQUE QUE GÉOPOLITIQUE

Il faudrait pouvoir poser ces questions à Volney lui-même. Car le philosophe a renié son universalisme en cautionnant l'expédition d'Egypte et de Syrie, conduite par Bonaparte et Kléber, qui a voulu apporter la civilisation à ces deux pays, alors sous domination turque. Moyennant quoi, les Syriens ont découvert les Lumières à travers une armée d'envahisseurs qui ont rivalisé d'horreur avec les Turcs. Et cette rencontre s'est révélée d'autant plus traumatisante qu'elle s'est soldée par l'assassinat du général Kléber, poignardé par un étudiant syrien.

Il faudrait revenir sur l'histoire de cet étudiant. Car son squelette a été exposé au Muséum de Paris, où il a représenté le premier Syrien moderne aux yeux de l'opinion publique. Et il n'y eut aucun descendant de Volney pour protester contre cette représentation déshumanisante de la Syrie, qui n'a pris fin que dans les années 1980 avec le retrait de ce squelette.

Il faudrait enfin se demander si l'"Orient compliqué" dont parle la presse n'est pas une simple expression euphémisée de la théorie des climats. Car l'adjectif insinue que l'Orient n'appartient pas à la commune humanité en raison de sa singularité. C'est du reste ce que semble dire le père de l'"Orient compliqué", le général de Gaulle, qui justifiait ainsi son refus d'accorder l'indépendance à la Syrie, alors sous mandat français : "Dans l'Orient, dont fait partie la Syrie, on se trouve en présence d'un ensemble de populations généralement arabes qui, avec le caractère très généreux, très remuant, très mobile de leurs populations, ont toujours constitué pour le monde un problème particulièrement délicat."

Or donc, la Syrie constitue un problème pour le monde qui n'est pas tant géopolitique qu'éthique, n'en déplaise aux dirigeants du monde qui peinent à s'entendre sur le dossier syrien. Il s'agit en effet de savoir si on peut continuer indéfiniment à renier les valeurs fondamentales de l'humanité en se racontant des histoires d'Orient compliqué, ou en se faisant peur avec des images de fanatiques au couteau entre les dents. Si on veut vraiment renier ces valeurs-là, autant le faire sans faux-fuyants. Sinon, il ne reste plus qu'une seule chose à faire : aider les Syriens à se débarrasser de leur despote avant qu'il ne soit plus possible de croire en l'humanité.


Collectif Abounaddara (collectif de cinéastes syriens)
Abounaddara

[b]Abounaddara est un collectif fondé à Damas en 2010. Depuis avril 2011, ces réalisateurs mettent en ligne une vidéo chaque vendredi pour soutenir la contestation[/b]
http://www.lemonde.fr/proche-orient/art ... _3218.html
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