Tension sociale en Algérie

Re: Tension sociale en Algérie

Messagede tagrawla le Mar 4 Oct 2011 14:54

LUTTES SYNDICALES :
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Le Snapap visé par une énième campagne d’intimidation

Le harcèlement des syndicalistes s’intensifie

El Watan, 2 octobre 2011

Le syndicat a fait l’objet, la semaine dernière, d’une énième tentative d’«expulsion» de son siège central à El Harrach l Les pressions diverses sont aujourd’hui le lot quotidien de nombreux activistes et membres de syndicats ou d’organismes de défense des droits de l’homme.

Le harcèlement des syndicalistes s’intensifie et prend, depuis quelques semaines, des tournures inquiétantes. C’est le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) qui fait encore une fois les frais de ces cabales.
Le siège central du syndicat, à El Harrach, a ainsi été l’objet, la semaine dernière, d’une énième tentative d’«expulsion».
«Les propriétaires de ces locaux ont reçu la visite d’un officier des Renseignements généraux qui leur a recommandé de rompre le contrat qui nous lie. Après s’être répandu en menaces et en invectives, l’officier a tenté d’amadouer cette famille en proposant de l’argent en échange d’informations et de renseignements à notre sujet»,
- relate Rachid Malaoui, président du Snapap.

«Il les a ensuite intimidés en affirmant que si d’aventure on retrouvait mon cadavre dans cette bâtisse, celle-ci serait scellée le temps de l’enquête, comme c’est actuellement le cas pour le bureau du MDS à Oran»
- poursuit-il, indigné par ces «coïncidences».

«Cette dernière intimidation a eu lieu au lendemain de mon passage sur une chaîne d’information étrangère. Lors de mon intervention, j’ai été très critique ; j’ai annoncé la reprise des mouvements pour le changement. De même, le 15 juillet dernier, je devais rencontrer la rapporteuse spéciale de l’ONU pour le logement. Ma voiture avait été sabotée la veille, ce qui aurait pu me coûter la vie»,
- affirme M. Malaoui.

Ces «incidents» sont à lier, selon M. Malaoui, à d’autres récents événements, dont l’attaque et la tentative d’incendie dont a fait l’objet l’imprimerie d’El Watan et d’El Khabar, le 14 septembre dernier.
«Cet acte répond de la même logique et dans la même volonté à peine déguisée de cadenasser le peu d’espace de libre expression et de discours contradictoire. L’on tente par tous les moyens de museler ces acteurs»,
- estime-t-il.

Représentativité et reconnaissance qui dérangent

Les intimidations ne datent pas d’aujourd’hui. Mais le harcèlement n’a cessé de prendre de l’ampleur à mesure que les formations syndicales autonomes se sont imposées sur la scène publique, gagnant en représentativité et en poids. Les pressions diverses sont aujourd’hui le lot quotidien de nombreux activistes et membres de syndicats ou d’organismes de défense des droits de l’homme.
«Lorsque ce ne sont pas des menaces ou des arrestations arbitraires, nos adhérents sont victimes de suspension, de harcèlements administratifs ou judiciaires»,
- déplore le président du Snapap.

Mais comment expliquer cet acharnement ?
«Le pouvoir a peur de deux choses. Des rassemblements des forces et des masses, surtout si celles-ci venaient à sortir sur la place publique. De même, le regard extérieur et étranger a un poids considérable sur eux. Et aujourd’hui, le Snapap est reconnu par l’ensemble des organisations syndicales internationales, de défense des droits de l’homme et de travailleurs, ainsi que par l’Organisation internationale du travail et le Bureau international du travail»,
- assure-t-il.
«Cette reconnaissance dérange», ajoute-t-il, car elle donne une visibilité aux dérives autocratiques et offre autant de tribunes à ceux qui n’ont pas forcément le droit à la parole chez eux.

Ces organisations ne manquent pas de dénoncer avec fermeté chaque acte d’hostilité et de répression, appelant les autorités algériennes à respecter les libertés syndicales et à mettre en application les chartes dont le pays est signataire. D’ailleurs, le Réseau euroméditerranéen des droits de l’homme (REMDH) et l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme s’élèvent fermement, dans un communiqué, contre «l’intensification de la campagne de harcèlement à l’encontre des militants syndicaux et défenseurs des droits de l’homme algériens».

Des actes de malveillance qui ont lieu «à la veille du premier sous-comité Union européenne-Algérie ‘Dialogue politique, sécurité et droits de l’homme’ prévu le 3 octobre à Alger», est-il rappelé dans le document. Les ONG auteurs de ce communiqué appellent ainsi les autorités algériennes à «mettre un terme» à ces pratiques et à «abandonner toutes les procédures judiciaires arbitraires engagées» à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme, dont les syndicalistes, et à «garantir en toute circonstance leur intégrité physique et psychologique».

«Une ouverture de façade»

Les déclarations du Premier ministre en ce qui concerne les syndicats autonomes sont «des leurres afin d’entretenir une ouverture de façade»,
- commente Rachid Malaoui, président du Snapap.
«Ces propos vont dans la même logique que les réformes ‘bidon’ qu’ils annoncent, l’état d’urgence qui n’est levé que virtuellement, les droits d’exercice syndical mais avec des autorisations des autorités»,
- affirme le syndicaliste.

«Il parle de responsables de syndicat qui ne sont pas dans la corporation. Mais eux n’ont pas hésité à mettre un ancien député à la tête d’un syndicat clone, créé afin de nous casser»,
- accuse M. Malaoui.

Ghania Lassal
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Communiqué du SNAT-FTPE
Alger, le 03 octobre 2011

Nous, syndicat national autonome des travailleurs de fabrication et transformation de papier et emballage (SNAT-FTPE) après une assemblée constituants des membres fondateur le 04 juin 2011 et le dépôt de dossier de création avec le statut de syndicat le 14 juin 2011 et la publication dans deux quotidiens nationaux le 20 juillet 2011 et une lettre du rappelle qui a été adresse à Mr le Ministre du travail et de la sécurité sociale le 06 septembre 2011 afin d'applique l'article 08 de la loi 90-14 qui stipule que au plus tard 30 jour si aucune remarque n'a été signalé sur le dossier de la création et son statut ,l'administration délivrer un récépissé d'enregistrement , chose qui n'a été pas faite pour notre syndicat, malgré notre dossier est complet et notre statut est conforme à la législation vu que aucune réaction de l'administration pendant plus de 03 moins et pour cela on vous rappelle Mr le Ministre que le droit syndicale c'est un droit constitutionnelle et un droit internationale que l'Algérie est signataire ( ratifie l'article 87 OIT liberté syndicale) et encore une fois nous vous demandant de nous délivrer notre récépissé d'enregistrement afin d'exercice notre droit syndicale pour défendre les intérêts des travailleurs tel que:

*Amélioration des salaires des travailleur et aussi la régularisation des salaires entre les travailleurs qui occupe les même poste en appliquant l'article 84 de la loi 90-11 qui stipule que tout employeur est tenu d'assurer ,pour un travail de valeur égale ,l'égalité de rémunération entre les travailleurs sans aucune discrimination aucune discrimination .

Et aussi le régime indemnitaire tel qu'indemnité d'ancienneté du travail, des heures supplémentaires effectuées et , notamment ,de travail posté, de nuisance et d'astreinte, y compris le travail de nuit et les primes liée à la productivité et au résultat du travail.

*Permaniser par la force de la loi tous les travailleur ayant un CDD non conforme a la législation, des CDD non conforme aux articles 12 et 12 bis en appliquant l'article 14 et l'article 146 bis que l'inspection de travail territorialement compétent doit son charger en vertu des attributions qui lui sont dévolues par la législation et la réglementation en vigueur

*donner au jeune cadre de l'entreprise la priorité pour remplacer les cadres retraite de l'entreprise afin de donner un nouveau souffle et redynamiser l'entreprise

Le secrétaire générale/Arkat Rachid

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Emboîtant le pas aux autres syndicats autonomes de l’éducation

Le CLA en grève cyclique à partir du 10 octobre
El Watan, 3 octobre 2011

Le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) emboîte le pas aux autres syndicats autonomes qui ont annoncé, la semaine dernière, leur intention de faire grève à partir du 10 octobre.

En effet, après le Cnapest, le Snapest, l’Unpef et le SNTE, le CLA a fait part, dans une déclaration rendue publique avant-hier, de sa décision d’organiser une grève cyclique à partir du 10 octobre. Selon ce syndicat, le seul recours qui demeure efficace pour attirer l’attention de la tutelle afin qu’elle se penche sérieusement pour apporter des solutions concrètes à leurs problèmes, c’est la voix de la contestation qui passe par la «mobilisation» des travailleurs de l’éducation pour «arracher des revendications trop longtemps ignorées».
Ce syndicat met en garde la tutelle de l’impatience des travailleurs face aux promesses récurrentes et non tenues par la tutelle pour améliorer les conditions socioprofessionnelles des travailleurs de l’éducation.

Les rédacteurs de ce document mettent l’accent sur la détermination des travailleurs de l’éducation à se mobiliser pour arriver à la satisfaction de leurs revendications. Selon ces derniers, il n’est plus question de faire miroiter de fausses promesses aux travailleurs de l’éducation.
«De commission en commission, l’attente des travailleurs du secteur de l’éducation n’a que trop duré ; le temps n’est plus aux promesses», lit-on dans la déclaration.

Dans la même déclaration, le CLA réclame un salaire digne qui améliore le pouvoir d’achat par la revalorisation du point indiciaire, l’octroi de nouvelles indemnités, la révision du statut particulier en ce qui concerne la promotion d’un grade à un autre, l’avancement dans les échelons, l’intégration des corps communs au secteur de l’éducation, la fin de la contractualisation, la retraite à 100% après 25 ans de service, la décentralisation de la gestion des œuvres sociales et une école publique de qualité.
Avec cet autre appel à la grève du CLA, le secteur de l’éducation nationale risque d’être paralysé totalement à cause de l’impéritie des responsables de ce département.
Meziane Cheballah

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Grèves et protestation : Octobre sera chaud
El Watan, 2 octobre 2011

La tripartite, qui était censée aboutir à une paix sociale, a finalement déclenché la montée au créneau des travailleurs de la Fonction publique qui disent n’avoir rien obtenu de la rencontre.

Les appels à la grève lancés par les organisations syndicales ont été réitérés au lendemain de cette réunion.
Quatre syndicats de l’éducation ont opté pour une action commune : une grève illimitée à partir du 10 octobre.
Un mouvement de protestation se prépare aussi dans le secteur de la santé.Ainsi, le Conseil national autonome des professeurs du secondaire et du technique (Cnapest), le Syndicat national autonome des professeurs du secondaire et du technique (Snapest), le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) et l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (Unpef) ont appelé à une grève illimitée à partir du 10 octobre.Cette action, prévue dès la rentrée scolaire, motivée par «les conditions dans lesquelles évoluent les effectifs de l’éducation nationale», est maintenue comme «ultime moyen pour faire valoir des revendications légitimes», selon les syndicalistes déçus par les recommandations de la tripartite.

Dialogue social Biaisé
Les syndicats autonomes de l’éducation, frustrés par leur exclusion du dialogue social, n’ont pas attendu la rencontre UGTA-patronat-gouvernement pour lancer leur préavis de grève. L’Unpef et le Cnapest avaient émis leur mot d’ordre bien avant la convocation de la réunion tripartite.Le Snapest et le SNTE ont rejoint cet appel puisque «les revendications sont communes à toutes les organisations syndicales motivées notamment par le souci de l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des travailleurs du secteur», selon M. Meriane, porte-parole du Snapest. Les représentants des travailleurs espèrent obtenir un meilleur effet en agissant en front commun.

M. Benbouzid, à qui l’on reproche «des salaires de misère et un statut peu digne du travailleur de l’éducation», sera donc confronté à une grogne sans précédent, risquant même d’avoir à gérer un trimestre blanc.
Enseignants et autres travailleurs du secteur haussent le ton pour, entre autres, la révision de leur régime indemnitaire, une retraite à 100% après 25 ans de service et un décret pour la gestion «équitable» des œuvres sociales. «Les réunions de travail tenues durant les mois d’août et septembre 2011, ajoutées aux promesses de M. Benbouzid (encore une fois non tenues) de donner les réponses attendues à nos revendications au plus tard dans les trois jours qui ont suivi la rencontre du 21 septembre dernier, ont davantage discrédité les responsables du ministère de l’Education et par conséquent le gouvernement qu’ils engagent», soutient le Cnapest, dont les représentants ont été invités à plusieurs rencontres avec les responsables du secteur pour des négociations autour, entre autres, du régime indemnitaire.

Fausses réponses à de vrais problèmes
«Pis encore, peut-on lire dans le communiqué du Cnapest, à défaut de vraies réponses aux revendications soulevées et après une attente qui a duré cinq mois, les enseignants n’ont eu droit qu’à d’autres promesses contenues dans une lettre signée par le secrétaire général du ministère de l’Education et dans laquelle nous sommes invités à négocier directement avec le ministère des finances et la direction générale de la Fonction publique, une démarche qui constitue un aveu d’impuissance ou une preuve de manque de sérieux et de considération à l’égard des professeurs.»Le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) annonce pour sa part une grève pour la même période. «La date n’est pas encore confirmée», atteste Iddir Achour. Le CLA attend donc la réunion du conseil national pour annoncer la date du débrayage.

Vers une grève du SNPSSP

Le Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP) a, de son côté, annoncé la réunion de son conseil national pour les 14 et 15 octobre. Cette instance, qui était pour la reprise du mouvement de protestation lancé au début de l’année, se prononcera sur la suite à donner à cette action après «le silence total de la tutelle sur les revendications des professionnels du secteur de la santé».

Le SNPSSP aura également à s’exprimer sur la dernière sortie médiatique du ministre de la Santé. «De quel droit M. Ould Abbès ose-t-il dénier le droit de grève ?», s’interroge le docteur Yousfi en réplique aux propos tenus par le ministre à partir de Constantine.
Fatima Arab
tagrawla
 

Re: Tension sociale en Algérie

Messagede tagrawla le Dim 16 Oct 2011 18:46

Incompétence universelle,
par Salima Ghezali

Au moment où les chômeurs venus de plusieurs wilaya du pays tentaient de tenir un rassemblement à Alger sous la matraque vigilante des services de sécurité, alors que les enseignants déclenchaient à l’échelle nationale un mouvement de grève à l’appel des syndicats autonomes, le président du Conseil national économique et social, Mr Mohammed-Seghir Babes avalait des kilomètres entre Sétif et Constantine pour se réunir avec les « représentants de la société civile » de plusieurs wilayas de l’Est.
Au programme de ces concertations sur le développement local avec « les représentants du mouvement associatif, des syndicats et des organisations patronales » on a parlé de la juste répartition des richesses entre les régions du pays, de développement, d’implication de la jeunesse, de démocratie…

Pendant ce temps les habitants de plusieurs quartiers de Annaba bloquaient les principaux accès menant à la ville pour réclamer des logements et les travailleurs des travaux publics tenaient un sit-in de protestation devant la wilaya de Constantine pour protester contre les retards de paiement.
Les rencontres de « la société civile » sont un élément du patchwork, un motif parmi d’autres au sein de la grande fresque des « réformes ». Il ne viendrait pas plus à l’idée des conférenciers d’aller se réunir avec les contestataires sur un lieu de contestation qu’à ces derniers d’aller porter leurs revendications à l’endroit même où l’on prétend en faire un socle de travail.
Reconnue par les pouvoirs publics « la société civile » est élevée à une dignité intrinsèque qui ne peut plus se déployer que dans un cadre institutionnel et clos. La rue reste le lieu de la parole a- politique, qui n’a pour interlocuteur que la matraque.

Ailleurs à travers le pays, chaque jour apporte son lot d’activités officielles censées apporter des solutions à la crise sur fond d’éclats de colère, de frustration et de désespoir populaire.
Un cancéreux qui se meure ici et un cardiaque là, faute de place dans les hôpitaux, de médicament ou de soins, un employé licencié ou une mère de famille menacée d’expulsion qui s’immole à quelques kilomètres de distance d’une émeute violente ou d’une crise de nerf à bord d’un engin roulant qui jette allègrement sa cargaison humaine par-dessus bord dans un énième accident de la route entre deux conférences menées tambour battant par des responsables pour montrer combien les « réformes » sont prises au sérieux par « les hommes du président ».

Chacun dans sa case.
Dans son rôle. L’émeutier est à l’émeute ce que le conférencier est à la conférence : le début et la fin d’une action qui se referme sur celui qui l’accomplit. Le premier va peut-être obtenir un logement ou se faire incarcérer, le deuxième va peut-être obtenir une promotion ou au moins un temps de micro. Mais entre les deux il n’y a pas de liens. Le principe de base d’états-généraux de la société serait qu’ils soient organisés par la société elle-même. C’est seulement à cette condition que le dialogue social devient possible. Sinon il n’ya que du bruit.

Si l’Algérie est entrée dans le club des dictatures sitôt l’indépendance nationale proclamée, si elle a porté des décennies durant, à des cimes rarement égalées, l’art de la collaboration dans la duplicité avec l’extérieur et celui du populisme anti-peuple à l’intérieur, c’est depuis que les « révolutions arabes » ont fait irruption sur la scène mondiale que le pays tout entier a atteint son seuil d’incompétence.

Avec tout le sang répandu et toutes les souffrances infligées, avec toutes les richesses détournées, toutes les potentialités et les opportunités gâchées, les mensonges froidement assénés et plus d’un parjure assumé le pouvoir n’a pas réussi à se doter d’une politique ou d’une cohérence à même de lui épargner la colère sourde qui gronde et qui va finir par tout emporter dans un tsunami social aussi ravageur que nihiliste.

Côté société on ne sait pas faire mieux que le pouvoir. On se laisse tétaniser par la colère, la peur ou par le t’maa, on se laisse arnaquer par les escrocs et les bonimenteurs sur des histoires de bars fermés et de mosquées ouvertes. Et on enterre sa dignité humaine à chaque pas posé sur une ville aussi sale que les consciences qui s’acharnent sur son sort. Sinon on s’en va tout casser dans un geste qui vient achever ce qui avait échappé à la gabegie et à la corruption.

On a regardé les arabes protester et puis on a vu s’indigner les européens pendant que la contestation s’organise en Amérique du nord et du sud. Partout contestation sociale et contestation politique sont les deux revers d’une même médaille : celle d’une citoyenneté qui refuse de se laisser écraser ou embrigader par un ordre jugé pour ce qu’il est : injuste.

Et voici que des Philippines monte un mouvement original de protestation contre la corruption : Par milliers les citoyens s’allongent face contre terre dans un mouvement qui se nomme : visage dans la poussière. Il y a dans cette inventivité pacifique face à l’adversité de quoi forger des nations d’hommes et de femmes de conviction. C’est loin d’être le cas chez nous.

Pris en étau entre la violence de la répression policière et la violence d’un système de valeurs qui s’évertue à mimer la résistance à des fins opportunistes ou à se moquer des modes de protestations pacifiques au profit d’émeutes ravageuses, nous voici en tant que société aussi proches que le pouvoir du dépôt de bilan.

Il ya dans cette paralysie, de part et d’autre du pays, l’indice d’une incompétence universelle.

In la Nation du 11-10-2011
________________________
tagrawla
 

Re: Tension sociale en Algérie

Messagede ninja le Dim 16 Oct 2011 20:34

C'est quoi le t'maa ?
ninja
 

Re: Tension sociale en Algérie

Messagede tagrawla le Lun 24 Oct 2011 15:33

ninja a écrit:C'est quoi le t'maa ?

desolé de pas t'avoir répondu plus tot mais j'étais pas chez moi

en gros c'est l'avidité, la convoitise, l'appat du gain par tous moyens d'ou la corruption lancinante à tous les étages de la société

Un texte ci-dessous parlant justement de ces chiens qui ont pris en otage le peuple algérien
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Algérie: La mafiocratie a émasculé l’Homme !
Posté par D B le oct 12th, 2011


L’Algérie est un pays pris en otage par de la canaille qui se sustente de sa chair vive, et qui compromet gravement son avenir.

La mafiocratie qui a capté le pouvoir dès l’indépendance de ce malheureux pays, et même avant, est arrivée à ses fins. Garder le pouvoir et transformer tout le pays en une sorte d’exploitation familiale, un bien propre, un domaine peuplé de serfs. Elle a réussi à dompter un peuple fier et rebelle, pour en faire une foule moutonnière et versatile.

Cette mafiocratie a usé de la corruption de masse, du mensonge, de la corruption, de la force brutale, de la manipulation de la mémoire collective, de la fraude électorale, de la cooptation de relais sociaux et de toutes les méthodes possibles et imaginables pour se maintenir à la tête du pays, et continuer de le piller sans vergogne.

Et le peuple, plutôt que de se braquer, d’entrer dans les saines et viriles colères qui l’ont dressé, tout au long de sa tumultueuse histoire, contre les oppresseurs de tout poil, s’est docilement couché aux pieds de ses nouveaux maîtres. Il s’est détourné de ceux parmi les siens, de plus en plus rares, qui ont tenté de réveiller sa dignité, et son honneur.
En même temps qu’ils perpétraient un carnage sur des populations civiles, un carnage sans nom, les principaux barons du régime, ainsi que leurs clientèles et leurs parentèles ont subtilisé ouvertement au peuple algérien des fortunes colossales.

Certains parmi eux, sans même s’en cacher, sont devenus des spéculateurs remarqués dans le foncier le plus cher au monde, celui des pays du Golfe. D’autres se sont spécialisés dans le marché de l’armement, dans le grand négoce de céréales, celui du médicament, de l’automobile, et dans de nombreux autres créneaux de très grand rapport. Ils se sont partagés le marché algérien, et ont réussi à dilapider presque 1000 milliards de dollars au cours de ces 11 dernières années.

Alertés par la formidable prise de conscience, par une vague de dignité, qui a déferlé sur le monde arabe, et arabo-berbère, cette mafiocratie a consacré un gros budget pour finir d’anesthésier les populations, les diviser, les salir, et les dissuader de se révolter contre elle. Crédits alloués à des jeunes pour lancer des micro-entreprises souvent non viables, crédits à la consommation, laxisme sur tous les trafics, sur la construction illicite, sur l’économie souterraine, sur l’insécurité urbaine, sur la prostitution clandestine, et sur tous les fléaux sociaux qui rongent le pays.
Ce régime prédateur semble avoir compris que la corruption des masses, l’incivisme et l’affairisme effréné sont de puissants stimulateurs d’une mauvaise conscience collective, qui lui rallient naturellement des alliés objectifs, outrancièrement fiers de leur arrivisme effréné et pathétique. La fameuse kfaza, qui fait se rengorger devant ceux qui n’ont pas aussi bien « réussi » leur vie.

En même temps qu’elle fait tout pour diluer la morale et la conscience collective, la mafiocratie s’est emparée de revendications islamistes, pour les faire siennes, et récupérer ainsi une sorte de discours ambiant, et faussement moralisateur. Des agents infiltrés du DRS au sein de mouvances islamistes jettent désormais leurs anathèmes, et leurs troupes fanatisées, contre des débits de boissons alcoolisées, et contre de pauvres malheureuses, contraintes à la prostitution par une conjoncture souvent atroce.

Et ainsi, aux côtés d’Ubu Roi, d’ Ali et les 40 voleurs, Tartuffe se taille une place à la tête d’une société qui n’a plus d’autres règles que celles d’une jungle, ni d’autres valeurs que de paraître, ni d’autres rêves que de se hisser au rang des voleurs et des pilleurs, ni d’autre foi que de la sécheresse des cœurs, ni d’autre solidarité que celle du clan, ni d’autre peur que de ne pouvoir arracher sa part de butin.

Les richesses de l’Algérie sont devenues sa malédiction, et le plus sûr moyen de la précipiter vers le chaos. Elles ne servent à rien d’autre, en plus de profiter à une mafiocratie qui se ménage, ainsi qu’à sa descendance, un refuge doré dans des pays lointains, qu’à exacerber les plus bas instincts d’une multitude qui n’a plus de peuple que le nom.

Le serment aux martyrs a été trahi. Non pas seulement par les malfaiteurs qui ont volé la liberté chèrement acquise, mais par tout le peuple algérien, qui assiste sans rien dire, et même qui participe lui-même, à la mise à mort de sa propre patrie, et de l’avenir de ses propres enfants.

Il ne sert à rien désormais de se voiler la face. La mafiocratie qui a pris possession de l’Algérie a réussi son plus grand pari. Elle n’est pas seulement parvenue à disposer de tout le pays comme d’un bien propre, mais elle a réussi à transformer tout un peuple d’hommes et de femmes libérés par un fleuve de sang, en un magma informe et bêlant, qui se rue et se bouscule vers son propre abattoir.

D.Benchenouf
le quotidien d'algerie
tagrawla
 

Re: repression syndicale en Algérie

Messagede apeqli le Mer 9 Oct 2013 09:45

http://www. elwatan.com/actualite/human-rights-watch-denonce-la-repression-contre-les-syndicats-07-10-2013-230568_109.php

Human Rights Watch dénonce la répression contre les syndicats

L’organisation internationale de défense des droits humains, Human Rights Watch, a dénoncé dans un rapport publié, hier, les atteintes et la répression dont sont victimes des syndicats indépendants en Algérie.

«L’Algérie affirme qu’elle s’est engagée sur une voie de réformes politiques, mais ensuite fait volte-face et menace des syndicats indépendants qui cherchent à instaurer une justice sociale et de meilleures conditions de travail. Les travailleurs ne devraient pas risquer d’être licenciés ou jetés en prison pour avoir pris part à des activités syndicales pacifiques», indique Joe Stork, directeur par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW. L’ONG internationale estime que «les autorités algériennes devraient cesser de mettre des entraves à la création de syndicats indépendants ainsi qu’à l’organisation et à la participation dans des manifestations pacifiques et des grèves du travail... Les autorités ont bloqué des manifestations, arrêté arbitrairement des militants syndicaux et poursuivi certains d’entre eux au pénal pour l’exercice pacifique de leurs activités syndicales».

HRW note que cette répression a engendré «un climat d’intimidation et de peur empêchant que se développent des syndicats indépendants en parallèle des syndicats appuyés par l’Etat qui existent déjà». L’ONG, qui s’est entretenue avec 20 syndicalistes, note que «des fonctionnaires ont été renvoyés suite à des grèves pacifiques et des leaders syndicaux emprisonnés pour des accusations à motif politique».
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