Libye

Re: Libye

Messagede Specifix le Mer 13 Juin 2012 02:11

bajotierra a écrit:
D'accord je n'avais pas compris et pour :
"Constance > bah c'est ça donne moi des ordres toi. allez retourne sucer la bite de ton chef."
tu penses qu'il ne s'agit là que de l'expression d'un "mal à s'exprimer".


c'est clair que là il faut réagir ,

mais vis avis d'un tout nouveau membre , mon avis est que le ban n'est pas la premiére action a faire .


Je suis pas pour les méthodes de police.
Ce qu'il faut, à mon avis, c'est ne pas lui amener de l'eau au moulin, ne pas lui répondre. Il n'y a rien de plus frustrant.
Je suis pour une totale liberté sur un forum qui n'a pas vocation à être un lieu de décision, mais un lieu de discussion.
La liberté avec ses aléas en terre capitaliste. Laissons les simples d'esprit se ridiculiser tout seul.
Laissons-les s'isoler dans leur médiocrité !
Specifix
 
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Re: Libye

Messagede Specifix le Mer 13 Juin 2012 02:19

A la limite, mettre leurs messages en corbeille, s'il n'y a vraiment rien dans le message, et, si la volonté est de, clairement, de foutre le boxon.
Specifix
 
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Re: Libye

Messagede fabou le Lun 18 Juin 2012 19:05

Quand le gouvernement libyen pratique le chantage

Tripoli libérera l'avocate du fils de Kadhafi à condition qu'elle donne des informations sur l'entourage de son client.

Melinda Taylor (photo fournie par la CPI).
Melinda Taylor (photo fournie par la CPI). Crédits photo : -/AFP

En Libye, le désordre a franchi quelques crans de plus, cette semaine. Maintenant, ce sont les diplomates et les représentants de la justice interna­tionale qui sont visés. Par les milices mais aussi par le gouvernement provisoire lui-même. Les locaux du Comité international de la Croix-Rouge à Misrata ont été, mardi, la cible d'une attaque, faisant un blessé et causant des dégâts importants au bâtiment.

Un porte-parole gouvernemental a par ailleurs reconnu exercer un chantage digne des mé­thodes de feu Mouammar Kadhafi sur une avocate australienne de la Cour pénale internationale (CPI), Melinda Taylor. Cette dernière, qui fait partie de la défense de Seïf al-Islam Kadhafi, fils du dictateur déchu, a été appréhendée alors qu'elle rendait vi­site à son client et placée en détention provisoire pour quarante-cinq jours, de même que les trois autres membres de sa délégation. Selon le porte-parole, Mohammed al-Harizi, l'avocate, âgée de 36 ans, sera libérée à condition de fournir des informations sur un ancien bras droit de Seïf al-Islam Kadhafi, Mohammed Ismaïl, en fuite.

Le porte-parole s'est montré catégo­rique. À la télévision australienne, qui lui demandait si Melinda Taylor serait libérée à condition de révéler l'endroit où se trouvait Mohammed Ismaïl, le porte-parole a répondu «Oui, oui». Melinda Taylor est accusée d'espionnage par le bureau du procureur, entre autres d'avoir tenté de remettre à Seïf al-Islam une «lettre codée» de Mohammed Ismaïl.
Les élections reportées

Une délégation de la CPI était mardi en route pour la ville de Zintan, où sont détenus Melinda Taylor, son interprète et deux membres du greffe de la CPI.

Comme Seïf al-Islam, la juriste australienne est prisonnière d'Ajmi al-Atiri, chef d'une brigade de la puis­sante tribu des Zintan, qui porte le nom de la ville et qui s'enorgueillit d'avoir pris Tripoli en août 2011. Cette brigade refuse obstinément de livrer Seïf-al-Islam, tant au gouvernement qu'à la CPI.

Comme la plupart des autres chefs de guerre, Ajmi al-Atiri affirme pourtant être passé sous les ordres de l'exécutif. En réalité, ces groupes armés travaillent pour eux-mêmes, faisant fi d'un gouvernement très affaibli. La validation du chantage des Zintan par un officiel libyen équivaut à une reconnaissance de l'ordre milicien.

Les dirigeants de Tripoli paraissent ainsi entraînés dans une chasse aux étrangers qui s'est également traduite par des incidents graves à Benghazi, dans l'est du pays: attaque à la roquette lundi contre un véhicule de l'ambassade britannique, précédée le 6 juin par l'explosion d'une bombe contre la mission diplomatique américaine.

Ce dernier attentat a été revendiqué mardi par «Les Brigades du cheikh emprisonné Omar Abdul Rahman», du nom d'un djihadiste égyptien incarcéré aux États-Unis. La bombe, selon le groupe, visait à venger la mort du numéro deux d'al-Qaida, le Libyen Abou Yahya al-Libi, tué par un drone américain au Pakistan. L'irruption d'al-Qaida dans la Libye de l'après-Kadhafi, si elle se confirme, ne fait qu'augmenter la confusion.

-> http://www.lefigaro.fr/international/20 ... antage.php


Les milices de Kadhafi, «armées jusqu’aux dents» en Tunisie ?!

Certains rapports font état de la présence de nombreux miliciens pro Kadhafi équipés d’armes lourdes et très sophistiquées qu’ils auraient réussi à introduire sur le territoire tunisien…

Dans une information parue sur Leaders, l’ambassadeur de Libye à Tunis estime le nombre de Libyens résidant actuellement dans notre pays à 537.000.

L’immense majorité est constituée de familles qui ont fui leur pays à cause de la situation sécuritaire et d’hommes d’affaires préférant opérer désormais à partir de la Tunisie en attendant la normalisation de la situation en Libye.


L’ambassadeur n’a pas n’exclu la présence, parmi eux, de certains éléments appartenant à l’ancien régime et d’autres poursuivis par la justice libyenne.

Et c’est le plus inquiétant dans l’affaire, car certaines informations ne cessent de filtrer sur la présence, sur le sol tunisien, de nombreux éléments des fameuses anciennes milices de Kadhafi "Kataeb Kadhafi" qu’on dit armées jusqu’aux dents.

Certains rapports estiment qu’ils posséderaient même des armes lourdes et très sophistiquées qu’ils auraient réussi à introduire sur le territoire tunisien lors de la période de la révolution et même après !

De nombreuses questions se posent dans ce sens. Qu’elle est, aujourd’hui, la quantité des armes libyennes, présente sur le sol tunisien et vers qui seront-elles pointées ?

Et peuvent-elle être utilisées contre des intérêts tunisiens si la Tunisie décidait de livrer Baghdadi Mahmoudi aux autorités libyennes, surtout après les menaces proférées par certaines milices proches de l’ancien régime de Kadhafi lorsque notre gouvernement a exprimé son intention de le faire ?

Ou alors, ces armes seront-elles utilisées dans une vaste attaque sur la Libye dans le but d’entraîner ce pays frère dans une guerre civile ?

De nombreux scénarios sont malheureusement envisageables, poussant les autorités tunisiennes à une très grande vigilance.

-> http://www.espacemanager.com/politique/ ... nisie.html


Un livre à récemment été publié, il s'agit d'une biographie de l'ex autocrate libyen, qui à la lecture de cet article ne me semble pas dénué d’intérêt :
Comment naît un tyran

Le portrait d’un homme à la fois idéaliste et opportuniste, féodal et moderne, civilisé et barbare.

En renversant le roi Idris en 1969, le jeune officier rêvait de faire passer la Libye de l’ère moyenâgeuse à celle de la modernité en donnant le pouvoir au peuple et en fusionnant avec des pays voisins pour créer, enfin, une grande puissance économique et politique arabe. Du jeune bédouin pauvre au dictateur impitoyable, Hélène Bravin brosse le portrait d’un homme à la fois idéaliste et opportuniste, féodal et moderne, civilisé et barbare. Un homme qui aura réussi à se maintenir au pouvoir pendant plus de quarante ans. Extraits 

Mouammar Kadhafi est né en pleine Seconde Guerre mondiale, en juin 1942, à̀ Abu Hadi, à̀ vingt-cinq kilomètres au sud de Syrte, entre les pâturages du Wadi Tlal et les palmeraies du Shatti. De nombreuses rumeurs ont couru sur l’identité de ses parents. En France et en Italie, on s’est ainsi longtemps demandé si son père n’était pas un officier corse des Forces aériennes françaises libres (FAFL). D’anciens soldats racontent en effet l’histoire d’un jeune officier corse, Albert Preziosi, né en 1915 dans le village montagnard de Vezzani et engagé dès 1940 dans les FAFL à̀ Londres. Le prétendu père de Mouammar Kadhafi – dont la base aérienne de Solenzara, en Haute-Corse, porte aujourd’hui le nom –, aurait eu un accident dans le désert libyen à̀ bord de son Hurricane et aurait été recueilli par des Bédouins de la tribu Sanoussi. Il y aurait noué une idylle avec une jeune femme, dont il aurait eu un fils, Mouammar. L’hypothèse est de toute évidence improbable. Les forces françaises dirigées par le général Leclerc sont bien intervenues en Libye, mais la chronologie des opérations n’a laissé aucune place à quelques échappées amoureuses de soldat corse. C’est seulement mi-décembre 1941 que le général Leclerc a entrepris la conquête du Fezzan. Or Mouammar Kadhafi est né six mois plus tard, en juin 1942, dans la région de Syrte, à̀ plus de sept cents kilomètres au nord… Mouammar Kadhafi peut donc difficilement être le fruit d’une union entre un soldat corse et une Libyenne. On doit cette rumeur à̀ un journal français d’extrême droite, Minute, qui, en 1977, malgré les faits et l’absence de cohérence historique, a prétendu le contraire. La manœuvre visait, semble-t-il, à̀ discréditer les nationalistes corses soupçonnés d’être soutenus par Kadhafi. À l’appui, des photos, peut-être retouchées, d’un homme dont les traits évoquent vaguement ceux de Kadhafi. Le bruit a persisté jusqu’à̀ aujourd’hui.

Le petit Mouammar est en fait né de l’union d’un Libyen, Mohamed Abdou Salam Abou Miniar, et d’une Libyenne, Aïcha Ben Niran, ses parents officiels. Sur sa mère, issue de la petite tribu de Slalma, installée dans la région de Mizda, en Tripolitaine, les rumeurs n’ont également pas manqué. En Libye, on prétend qu’elle n’est pas sa mère biologique. Mais le sujet étant tabou dans le pays, à̀ l’instar des autres pays arabes, la question n’a pas dépassé le stade de la rumeur. En revanche, à̀ l’étranger, et notamment en Israël, elle a été beaucoup débattue. En 2010, la chaîne télévisée israélienne Channel 2 a ainsi interviewé deux Israéliennes d’origine libyenne qui affirmaient être des parentes éloignées du dirigeant libyen. La plus âgée des deux, Guita Brown, a prétendu être sa cousine au deuxième degré (la grand-mère de Guita Brown étant la sœur de la grand-mère de Kadhafi). La seconde, Rachel Saada, la petite-fille de Brown, est allée plus avant dans ses explications: “La grand-mère de Kadhafi, juive elle-même, a d’abord été mariée à un Juif. Mais il ne la traitait pas bien, alors elle l’a quitté et a épousé un cheikh musulman. (…) Leur fille est la mère de Kadhafi”, a-t-elle assuré. Et Rachel Saada de poursuivre: “Si la grand-mère de Kadhafi s’est convertie à̀ l’islam en se mariant au cheikh, selon la loi religieuse juive (et le bon sens), elle est restée ethniquement juive !” “Donc si je comprends bien, Kadhafi a non seulement des Juifs parmi ses parents, mais en plus, il est lui-même juif ?!”, conclut le présentateur. Une filiation pour le moins surprenante pour le dirigeant libyen, connu pour son antisionisme virulent. Une chose est sû̂re, sa mère officielle, Aïcha, a été enterrée au cimetière des Martyrs d’Al-Hani, à Tripoli, où repose également son père, mort en 1985. À chaque visite de chefs d’Etat étrangers, Kadhafi les emmène déposer une gerbe sur leur tombe.

Ce que l’on sait sur les toutes premières années de Kadhafi se résume à quelques éléments assez banals. C’est un enfant très désiré, notamment par son père, un bedawi (Bédouin) qui loue parfois ses services sur les marchés de la région. Ce dernier a trois filles (Salma, Zadna et Atiga) et aucun garçon, de quoi entacher l’honneur de la famille. L’arrivée d’un fils serait une vraie bénédiction. En juin 1942, son rêve se réalise enfin : Aïcha Ben Niran donne naissance au petit Mouammar – “doué d’une longue vie” -, baptisé ainsi en l’honneur d’un antique marabout du même nom. La famille vit assez pauvrement sous une tente du clan des Ghous, appartenant à̀ la kabila (tribu) arabe des Qadhdhâfa, ou Kadhafa. Cette petite tribu de la région de Syrte (située au nord, à la frontière de la Tripolitaine, de Benghazi et des oasis du Sud) s’est également installée à Sebha (au sud, dans la région du Fezzan). Une partie non négligeable de la tribu vit aussi à cheval sur la frontière égypto-libyenne. Kadhafi, dont la prononciation libyenne est Gaddafi et la transcription généralement retenue mais impropre, Kadhafi, n’est d’ailleurs pas un patronyme mais un nom d’usage signifiant “de la tribu des Qadhdhâfa”. Là̀ où̀ vit la famille, on trouve de la verdure, de l’eau, mais, avant tout, le désert. Les journées sont très chaudes et, la nuit, la température est au plus bas. Pour avoir plus chaud, la hutte de taille modeste a été confectionnée en poil de chèvre, selon la technique ancestrale. La vie y est si rude que les Libyens considèrent cet endroit comme quasiment inhabitable.

La famille garde un petit troupeau de moutons et de cabris ainsi que quelques chamelles. Elle travaille pour la tribu bédouine des Oulad Souleiman, qui domine le sud de la Libye. La tribu commerce avec le Soudan, les Touaregs d’Afrique au nord du Niger et les Toubous du nord du Tchad, lesquels sont également présents dans le sud de la Libye. Les Kadhafi travaillent plus particulièrement pour les Seif al-Nasser, une famille de cette kabila. Ils sont donc perç̧us comme des Libyens de “seconde zone”. Mouammar restera manifestement très marqué par cette enfance servile, commune dans le système tribal mais toujours mal vécue. “Les petites tribus du désert ont toujours été considérées comme des tribus marginales, très difficiles, avec une hiérarchie très précise, absolue. Le chef est vraiment dominant. On ne peut le contester”, témoigne Kamel Almarache, journaliste à̀ la Jana, l’ex-agence de presse officielle libyenne. Nombreux sont ceux qui pensent en Libye que la vie de Mouammar est l’histoire d’une revanche sociale.

Le petit Mouammar est élevé principalement par sa mère et ses trois sœurs: son père quitte souvent la tente pendant de longs mois pour emmener les bêtes paître à̀ près de trois cents kilomètres de la famille. Sa mère assume tout, de l’éducation des enfants à̀ la gestion financière du foyer. Kadhafi sera particulièrement marqué par cette atmosphère féminine. Elle sera sans doute à l’origine de sa conception assez particulière de la femme dans la société libyenne : presque l’égale de l’homme, elle doit cependant respecter les traditions. Ses premières années sont à̀ l’image de celles des autres enfants de sa tribu : simples. Il ne va pas à̀ l’école et garde les moutons et les chèvres toute la journée. Il cultive aussi un peu d’orge et de blé. C’est manifestement une habitude qu’il a conservée : lors de la révolte de 2011, on a trouvé un petit potager aux abords de l’une de ses maisons; quelques rangées de légumes assoiffés attendaient là̀ d’être à nouveau arrosées. Le soir, avant de se coucher, on ne lit pas au petit Mouammar les contes d’Andersen ou ceux de Monte-Cristo. On lui raconte l’histoire de sa tribu, les campagnes de 1920 contre les Italiens lors desquelles son grand-père a trouvé la mort, les bombardements allemands pendant la Seconde Guerre mondiale et les nombreuses batailles de chars dans le désert… Fasciné, comme tous les enfants en quête de héros imaginaires, il apprend que les Arabes ont connu une immense période de grandeur avant d’être colonisés et que ce sont les bergers bédouins, ceux qui ne possèdent rien, qui se sont le mieux battus contre l’ennemi. Autant de récits qui font naître chez lui un sentiment très mitigé et très contradictoire vis-à-vis de l’étranger, une répulsion profonde mêlée d’admiration.

Au sein de la famille, il participe aux corvées ménagères, qu’il exécute sans broncher. S’il est un petit garçon serviable et souriant, il est aussi renfermé sur lui-même. “Le désert pousse à̀ l’isolement, à̀ la méditation. Le Bédouin s’identifie au désert. Ce milieu lui impose un mode de vie très rude, comprenant de nombreux risques et contraignant ses habitants à̀ des changements répétitifs de lieux”, écrit Zidan Mohamed. “Pour survivre dans ce milieu rude et supporter ses contraintes, il est indispensable d’avoir deux armes, le physique et le mental. Ainsi, les sages de la tribu apprennent aux plus jeunes comment s’adapter à̀ un style de vie très difficile et faire face aux difficultés du quotidien”, poursuit-il. C’est indéniablement cet environnement sauvage qui a forgé le caractère et les valeurs de Kadhafi : une confiance en soi inébranlable, une étonnante capacité de survie, cette fierté qui l’empêche de renoncer, mais aussi ses emballements émotionnels souvent exagérés, son audace poussée jusqu’à̀ l’insolence, sa méfiance destinée à̀ se préserver, sa nervosité et son asociabilité.

À quoi donc le petit Mouammar peut-il rêver quand il garde les brebis ? À jouer un rô̂le parmi les tribus ? Aux autres pays qui s’étendent derrière les dunes? On raconte que le désert et ses mirages donnent l’illusion d’un pays immense, sans frontières… Mais son destin semble déjà̀ tout tracé ́: il sera berger, comme son père.

Mohamed va toutefois modifier cette destinée. Très religieux, mais pauvre, il met son fils entre les mains d’un maître bénévole afin qu’il lui apprenne le Coran. L’apprentissage de la religion est déterminant pour le jeune enfant. La lecture quotidienne et répétitive du Livre sacré est à l’origine de ses espoirs et de sa vision de la société. De cette expérience naîtra sa conception du socialisme coranique, un socialisme teinté d’islam. Depuis Idris Ier, au pouvoir depuis 1951, l’école est gratuite. Cela permet à̀ Mouammar d’entrer en primaire à̀ la confrérie musulmane as-Sanoussiya de Syrte, située à̀ près de sept cent cinquante kilomètres de Wadi Tal. Le sacrifice pour la famille est réel. C’est à̀ la fois un berger et le garçon de la famille qui s’en vont. Mais son départ est aussi vécu comme un honneur. Son père, sa mère et ses sœurs n’ont pas eu accès à l’enseignement. Kadhafi a dix ans, un âge assez tardif, quand il prend le chemin de l’école. Il n’a rien dans les poches pour étudier décemment. Selon Guy Georgy, ambassadeur français en Libye après le coup d’État de 1969, “la famille étant trop pauvre pour payer une pension, il se nourrissait chichement et dormait sous les vérandas ou à̀ la mosquée même”. Pour le jeune écolier, qui dort, mange, et prie à̀ la mosquée, l’islam prend désormais tout son sens. À partir de ce moment, la religion sera toujours pour lui, avant tout, une solidarité entre les musulmans.

Mouammar rattrape son retard. Il réussit, car c’est un enfant intelligent et vif, si ce n’est précoce, à̀ étudier en quatre ans le programme des six années du cycle primaire. Passionné de mathématiques, il n’est pas rare qu’il aide ses copains de classe à̀ faire leurs devoirs. En les cô̂toyant, il prend sans doute conscience de sa différence. Il est doué, certes, mais il ne possède rien, ni biens ni argent, et cela se remarque, même en Libye… Se sent-il haï̈, exclu parce qu’il ne peut pas manger à̀ sa faim, dormir dans un lit confortable ? Quoi qu’il en soit, il a conscience de ses origines sociales. Toute sa vie, il portera les stigmates de la pauvreté. On peut retrouver la trace de ce traumatisme dans certaines de ses douze nouvelles écrites et publiées à Syrte de 1993 à 1995 par la Maison djamahiriyyenne de publication de distribution et publicité. Il y parle de sa confrontation avec les villes où̀ vivent des tribus sédentarisées aisées. “Je suis un pauvre Bédouin perdu [...] ne portant pas de certificat de naissance [...], son bâton sur l’épaule, ne s’arrêtant pas au feu rouge [...], se disputant avec l’agent de police et ne le craignant pas [...], mangeant sans se laver les mains”, écrit-il dans une nouvelle intitulée Escapade en enfer. Dans un autre passage très explicite, on peut lire : “Je suis un Bédouin illettré, je ne sais pas ce qu’est la décoration ni ce que peuvent être les égoûts [...]. Je bois l’eau de pluie et l’eau du puits dans mes mains jointes [...], je filtre les té̂tards dans le bord de ma cape, je ne nage bien ni sur le ventre ni sur le dos, et je ne connais pas la forme de la monnaie…” Le témoignage d’un de ses camarades de classe aussi démuni que lui, Mouftah Ali 4, atteste également le manque d’aisance de Kadhafi. “J’ai connu Kadhafi en 1955, lorsque nous fréquentions l’école de Syrte. Il était en cinquième et moi en deuxième année. Nous étions si pauvres que souvent nous n’avions même pas de quoi nous payer un goûter”, raconte-t-il. Un autre de ses camarades de classe qui vit actuellement en France, El Giabu Ramadan, témoigne également : “Les parents de Kadhafi n’avaient que des dattes séchées à lui donner pour calmer ses pleurs, à̀ l’instar des autres familles pauvres. Il en connaît bien le goût.” C’est sur ce terreau que le sentiment révolutionnaire, le socialisme et l’égalitarisme inspirés des idées de Nasser vont naître et se développer.

La gratuité des études lui permet d’entrer, à quatorze ans, au collège de Sebha, au Fezzan, où̀ il devient pensionnaire – sa famille s’installe également dans la région.

Il y restera six ans. Les discours de Gamal Abdel Nasser résonnent dans sa tête, davantage encore que la voix de Dieu. Plus éveillé que la moyenne de ses petits camarades, il enregistre durant toute sa scolarité les moindres paroles de ses professeurs, majoritairement égyptiens. Il est donc vite entièrement acquis au nationalisme du Raï̈s qui, depuis sa révolution, en 1952, appelle inlassablement le monde arabe à̀ prendre conscience de sa dignité, à̀ recouvrer sa liberté et son unité, à adhérer à̀ la modernité sans renier son passé ni ses traditions, à̀ faire “refleurir l’âge d’or d’un islam dynamique, porteur de lumière et de vérité”, selon les termes de Nasser.

Socialisme, nationalisme arabe… Mouammar s’imprègne de ces nouveaux mots. Mais, à l’heure du collège, sa pensée n’est pas encore claire. Il est bouillonnant. Pendant la crise de Suez, en 1956, il manifeste dans les rues sa solidarité avec l’Egypte en scandant les mots de nation et d’unité avec tout l’enthousiasme de ses quatorze ans. C’est son premier acte de soutien politique au nationalisme. Il veut aussi combattre Israël et puise dans l’actualité tous les prétextes possibles pour affirmer ses convictions : l’explosion de la bombe atomique française au Sahara en 1960, la mort de Patrice Lumumba en 1961, le leader africain de l’ex-Congo belge. Tout est bon pour l’aider à̀ construire sa conscience politique et affermir ses combats : le nationalisme arabe et son pendant, la révolution. En peu de temps, il devient un agitateur hors pair en organisant à̀ son tour ses toutes premières manifestations… devant le consulat de France. La mise sous tutelle française du Fezzan, depuis la signature du plan Bevin-Sforza, en 1949, le révolte. La Tripolitaine a, quant à̀ elle, échu à̀ la Grande-Bretagne et à l’Italie. Ironie du sort, ce sont ces trois puissances qui demanderont le départ de Kadhafi de Libye lors de la révolte de 2011.

Nasser a captivé l’adolescent, mais celui-ci est encore trop jeune pour saisir la véritable teneur de la pensée du Raïs. Il sait cependant deux choses. Tout d’abord, que son pays est dominé par des étrangers : les Anglais et les Américains ont installé des bases militaires et exploitent indûment le pétrole, découvert en 1955. En deuxième lieu, que l’injustice et la corruption règnent dans le royaume. Le pays est mal géré. Les mesures prises par l’Etat pour maintenir les agriculteurs sur leur sol sont restées sans effet. À part quelques tribus propriétaires de grandes terres qui profitent de la rente pétrolière, les champs ont été désertés. L’or noir est vite devenu une véritable plaie pour les Libyens. Il a fait surgir une mentalité de rentier chez nombre d’entre eux. Kadhafi et ses camarades sont également choqués par la gabegie des dirigeants politiques, de l’administration et par la dissolution des mœurs qui apparaît dans les grandes villes en pleine expansion. Enfin, le roi ne soutiendrait pas les intérêts de la nation arabe exprimée par Nasser et refuserait de mettre à̀ la porte les étrangers. Le rêve de Kadhafi se précise de plus en plus. Il est avant tout important de restaurer la grandeur de la Libye. Comment ? Et avec quels moyens ? Cela, il ne le sait pas encore. Si les choses apparaissent confuses, il sent que la donne internationale est en train de changer. L’adolescent a besoin de s’identifier à̀ une révolution. Mais à̀ laquelle ? Celle de la Chine nationaliste de Mao, le leader révolutionnaire et homme d’Etat chinois ? À la révolution cubaine de Fidel Castro ? La révolution nassérienne est indéniablement celle qui se rapproche le plus de ses aspirations et de sa culture musulmane et bédouine : solidarité, unité arabe, et surtout, reconquête de sa fierté… appelée fakhr chez le Bédouin nomade. Celle-ci fait partie de sa culture. Elle exprime “l’attachement à̀ la tribu, mais aussi à̀ la terre, à la langue et plus généralement à tout ce qui est propre au Bédouin”, comme l’explique Zidan Mohammed. Mais elle a aussi son revers: le fakhr peut déclencher des comportements excessifs et des conflits.

Progressivement, l’idée de lancer un mouvement révolutionnaire s’impose à̀ lui. Elle va peu à̀ peu prendre corps au fil des manifestations où̀ il rencontre des jeunes qui nourrissent les mêmes rancœurs que lui contre le régime. Au sein de son collège, il commence déjà̀ à choisir ses camarades en vue de la préparation de la révolution, endossant les attributs d’un chef. “Kadhafi observait attentivement chaque collégien dans les différentes classes, s’intéressant exclusivement à̀ ceux qui étaient brillants et courageux”, écrit Guy Georgy. Il lui faut des “gens de tête”, audacieux, pour concevoir une révolution, mais aussi tous ceux qui croient à̀ l’unité arabe. Il met bientôt sur pied, à̀ l’intérieur même de l’école, un mouvement secret, une “cellule politique”. Le jeune homme sait se montrer prudent : les traces écrites sont interdites, les membres communiquent uniquement par oral, des surveillances sont mises en place, les membres apprennent à̀ échapper à la police et à̀ rester discrets.

Parallèlement à̀ ces actions subversives souterraines, il s’instruit. Afin de mieux comprendre comment pense l’Occident et comment faire la révolution, il lit. Très attiré par la Révolution française, il consulte en arabe tous les livres sur le sujet. Il dévore les écrits des encyclopédistes, les discours des orateurs révolutionnaires, des girondins, de Danton, de Robespierre, du Premier Consul. Il compulse Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Destutt de Tracy, puis Charles Fourrier, le Père Enfantin, Victor Considérant. Mais aussi Mao Zedong, dont la pensée aura une assez forte influence sur lui. La littérature allemande fait également partie de sa bibliothèque : Clausewitz, Bismarck, Karl Marx, qu’il assimile au diable à̀ cause de son manque de religion. Il arrive aussi à̀ se pro- curer des livres et des publications en provenance d’Egypte qui portent sur la révolution nassérienne de 1952, et s’imprègne également d’Ibn Khaldoun, l’inégalable historien, sociologue et penseur maghrébin du XIVe siècle, qui a beaucoup écrit sur le caractère singulier de la société bédouine. Kadhafi aime méditer quelques-unes de ses pensées. Elles lui sont probablement revenues lors de ses conflits avec les Occidentaux : “Si tu n’es pas pourri, ils diront que tu es fou. Si tu es pourri, ils te cracheront dans le dos. Mais si tu es fou, ils auront peur de toi, ils ne te pardonneront pas de leur ressembler et te combattront jusqu’au moment où̀ tu montreras ta force. Alors, ils s’inclineront et c’est pourquoi, jusqu’à̀ ce jour-là̀, tu dois attendre patiemment et leur présenter un visage impénétrable.”

Malgré sa prudence, l’expérience subversive de Kadhafi tourne court. Il est renvoyé du collège après avoir organisé une grande manifestation, le 5 octobre 1961, suite à̀ l’échec de la tentative de fusion égypto-syrienne. Il se réfugie à̀ Misrata, sur la côte tripolitaine. Là̀, il arrive tout de même à s’inscrire en deuxième année du secondaire. Il a alors dix-neuf ans. Durant ses deux années passées à Misrata, il écrit déjà ses propres discours, fabrique des banderoles et rédige des tracts et des slogans antiroyalistes. Au fil du temps, l’idée de faire tomber le roi Saïd Mohammed Idris al-Sanussi finit par s’imposer. Pour Kadhafi et ses compagnons, ce descendant direct du fondateur de la puissante confrérie des Senousis (1835), qui compte des fidèles depuis le Hedjaz (Arabie saoudite) jusqu’aux rives du Niger, est un traître. Monté sur le trône en 1950 grâce aux étrangers, ce roi âgé de soixante-dix-huit ans continue à̀ pactiser avec eux malgré l’indépendance du pays acquise en 1951. Contre monnaie sonnante et trébuchante, il a autorisé les Américains et Anglais à̀ construire des bases militaires, et les Italiens comme les Français, ces colonisateurs, sont toujours là̀. Le jeune Mouammar n’a aucun mal à̀ convaincre ses camarades : la répression (policière, censure de la presse, interdiction des partis politiques), la corruption et le sentiment nationaliste gagnent de plus en plus de terrain en Libye. “Nous devions constituer le premier mouvement politique strictement libyen, sans aucun contact ni avec des formations ni avec des gouvernements étrangers, arabes ou autres”, relate un de ses compagnons. Quelques mois après l’arrivée de Mouammar Kadhafi à̀ Misrata, la première cellule pro-révolution est formée.

Son baccalauréat de philosophie en poche, Mouammar décide, en 1963, d’entrer à̀ l’école militaire de Benghazi, appelée communément Académie. Très ambitieux, il y prépare simultanément une licence d’histoire et une thèse sur la stratégie militaire. Il y entraîne ses camarades de classe ; Abdesselam Jalloud, Abdel Moneim al-Houni ou Omar al-Meheishi font notamment partie des élus. Au contact des corps de l’armée, il comprend rapidement que seule l’armée pourra faire tomber Idris Ier et permettra d’émanciper la Libye des étrangers. Contrairement au milieu universitaire, en effet, l’armée n’est pas noyautée par les communistes et les Frères musulmans, déjà̀ bien implantés en Libye. Et elle le prend plus au sérieux que les étudiants qui le jugent “rêveur”. Il abandonne alors l’idée d’une révolution civile pour envisager la possibilité d’un coup d’Etat de l’armée. Au fil du temps, d’autres militaires viennent grossir la cellule, au point que Kadhafi crée, au sein même de l’école, un groupe de soixante-deux officiers qu’il appelle “les officiers unionistes libres” en référence à l’Association clandestine des officiers libres de Nasser. Cette association formera l’ossature du coup d’Etat à venir. Deux ans après son entrée à l’Académie, Kadhafi choisit le corps des transmissions à̀ la caserne de Garyounis, près de Benghazi. Il y recrute d’autres éléments qui souhaitent, eux aussi, l’unité arabe, la liberté, le nationalisme de Nasser, et qui sont tout aussi indignés par la dérive du pays dirigé par “un roi qui règne mais ne gouverne pas”, comme l’écrit Moncef Djaziri. Fin 1965-début 1966, Kadhafi voyage pour la première fois hors de Libye : il fait un court stage de quelques mois comme officier des transmissions en Angleterre au British Army Staff College (ou Staff College, Camberley).

En 1967, une nouvelle rancœur s’installe au sein de l’armée : le roi ne participe pas à̀ la guerre israélo-arabe de 1967, désavouant ainsi l’idole, Nasser. Plus que jamais, les compagnons sont décidés à réaliser leur coup d’Etat. “En cinq ans, Kadhafi avait réussi à tisser sa toile et à̀ rassembler son vaste troupeau. Ses onze compagnons les plus proches étaient placés aux postes clefs. Il disposait désormais, dans toutes les casernes de Libye, d’un réseau de comités d’officiers subalternes et de soldats, et, dans les villes, de nombreuses personnalités triées sur le volet qui s’étaient converties à̀ ses conceptions. Son mouvement fonctionnait comme une organisation religieuse et les “fidèles” étaient soumis à̀ une discipline rigoureuse, à l’observation des prières et à̀ l’ascétisme. Nul ne devait boire ni fumer en sa présence, les responsables devaient verser la totalité de leur solde à̀ la révolution. Le charisme du chef irréprochable, convivial et affectueux faisait le reste”, écrit Guy Georgy. Tous devaient être célibataires afin de ne pas être freinés par leur famille.

Un an après, Mouammar Kadhafi prend le pouvoir. Il n’a que vingt-sept ans. (…)

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Kadhafi : Vie et mort d’un dictateur, éditions : Bourin Editeur

-> http://www.lenouveleconomiste.fr/commen ... ran-15213/
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Re: Libye

Messagede fabou le Lun 18 Juin 2012 19:14

Libye: Une loi contre l'apologie du régime Kadhafi invalidée

La Cour suprême libyenne a invalidé ce jeudi une loi interdisant l'apologie de Mouammar Kadhafi ou de ses partisans. «Au nom du peuple, la Cour a décidé d'accepter l'appel concernant la loi 37 de 2012, jugée inconstitutionnelle», a déclaré le juge Kamal Bachir Dahan.

Salah al Merghani, l'un des avocats qui contestaient le texte au nom de la liberté d'expression, a parlé d'un pas important en faveur de la démocratie, à trois semaines des législatives du 7 juillet, premières élections libres de Libye.

La loi 37, adoptée le 2 mai à l'initiative du Conseil national de transition (CNT), au pouvoir depuis le renversement du «guide», a suscité l'indignation parmi les représentants de la société civile et les juristes. Outre l'apologie de l'ancien régime, punie de peines de prison ferme, elle interdisait de «dénigrer la révolution du 17 février».

-> http://www.20minutes.fr/ledirect/953541 ... -invalidee


Libye: des milices affiliées à Al Qaida sévissent à Benghazi

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Attentats et expéditions punitives se multiplient dans la ville de Benghazi, qui ciblent plus particulièrement les symboles de la présence occidentale. Les autorités attribuent ces actes à des milices restées fidèles à Kadhafi. Des groupuscules islamiques revendiquent cependant la plupart de ces opérations.

"Nos renseignements sur les groupes islamistes libyens nous incitent à penser qu'ils ne veulent pas basculer dans le terrorisme. Nous penchons plutôt pour la thèse du complot, fomenté par des éléments de l'ancien régime, pour discréditer les nouvelles autorités libyennes, en montrant qu'elles ne contrôlent pas le situation", explique Moustafa Seguesli, chef de la commission des combattants, en charge de la reconversion des ex-rebelles.

Selon lui, ces attaques ne justifient pas de repousser une nouvelle fois les élections, qui ont déjà été déplacées du 20 juin au 7 juillet pour des raisons techniques. "A Benghazi, la vie est normale, nos enfants vont à l'école, les restaurants sont ouverts et les affaires reprennent doucement".
Une opportunité pour Al Qaida...

"Les autorités nous servent l'argument de la cinquième colonne à chaque fois qu'il y a un problème. Elle ne veulent pas admettre qu'il y a un problème d'intégrisme car elles n'ont ni la volonté ni la capacité de trouver la solution", commente de son côté un journaliste local.

Le Conseil National Libyen (CNT), qui dirige le pays depuis la chute du régime, semble en réalité impuissant à freiner la prolifération des milices armées. Tout indique qu'il est au coeur d'un opération de déstabilisation à trois semaines des élections législatives pour une Assemblée Constituante, échéance décisive pour la Libye.

La masse d'armes en circulation et la disponibilité de milices constituent dans tous les cas une opportunité pour Al Qaida qui cherche à reconstituer ses bases pour mener des actions dans les pays Maghrébins frontaliers.

-> http://www.mediaterranee.com/1552012-li ... lices.html


Les affaires continuent pendant ce temps :


Libye : Tripoli déclare l’Ouest zone militaire



Le gouvernement libyen a décrété le 16 juin une zone militaire dans l’ouest du pays, et ordonné un cessez-le-feu immédiat. Depuis six jours, des combats opposent des membres de la tribu des Machachia à des groupes armés de la tribu de Gontrar et de la ville de Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli. Les relations entre les habitants de Zenten et les Machachia se sont envenimées depuis le début du soulèvement contre le régime de Kadhafi en février 2011. Les brigades de Zenten accusent les Machachia d’avoir soutenu l’ancien régime. Ces affrontements entre milices rivales, ont fait, 15 morts et près de 90 blessés.

A un barrage, à 15 km de Zenten, les voitures passent au compte-gouttes. La région où se déroulent les combats plus à l’Est, a été déclarée zone militaire. Les Zenten, qui ont joué un rôle de premier plan lors de la guerre de 2011, affrontent leur ennemi de toujours, les Machachia.

Considérés comme des nostalgiques de Kadhafi, ils sont accusés par les Zenten d’accumuler un arsenal d’armes lourdes. Aucun moyen de vérifier ces accusations mais des deux côtés, le sentiment de haine est vivace.

Mohamed, membre de la brigade « Les héros de Zenten » affirme : « Ils travaillaient pour le compte du régime, dès le début de la révolution. Ils se sont tous opposés à la Révolution du 17 février. Ils ont soutenu Kadhafi, ses actions, ses crimes. Et ils continuent tout simplement leur méfaits ».

Attaques, arrestations et représailles se succèdent, en effet, depuis des semaines entre les deux tribus. Mais sur le terrain, les Zenten disent combattre sur quatre fronts différents les Machachia. Mais ils le feraient au sein d’une coalition d’ex-rebelles venus de toute la
Libye. Cela, pour convaincre qu’il ne s’agit pas d’une guerre tribale contre leur ennemi historique mais d’une guerre des révolutionnaires contre des nostalgiques de l’ancien régime.

-> http://www.temoust.org/spip.php?article15920
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Re: Libye

Messagede alice le Mar 19 Juin 2012 01:11

La situation ne va pas s'arranger car les Amazighs et Touaregs libyens, qui sont désormais considérés comme des citoyens de seconde zone par le CNT, vont certainement tenter, comme au Mali, de faire sécession, ce qui va entrainer l'intervention de l'armée libyenne. Bref un nouveau bain de sang en perspective pour la Libye.
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Re: Libye

Messagede fabou le Ven 13 Juil 2012 22:09

Hussam, «nettoyeur» de kadhafistes à Tunis

REPORTAGE - Ce Libyen s'est reconverti en chasseur d'ex-loyalistes installés sur le territoire tunisien.

Tunis

Deux véhicules garés sous ses fenêtres affichent des plaques d'immatriculation de la Djamahiriyya, la Libye de Kadhafi. Signe souvent peu trompeur, d'une nostalgie de l'ancien régime. Nous sommes dans un quartier moderne de la banlieue de Tunis pour retrouver un homme dont nous ne devrons donner qu'un faux prénom, Hussam, un âge, 32 ans, et rester vague sur sa région d'origine, le Djebel Nefousa, dans l'ouest de la Libye. «Ce que je fais est risqué, je dois rester prudent.» «Nettoyeur», c'est ainsi qu'il se qualifie. «Nettoyeur» de pro-kadhafistes venus trouver refuge en Tunisie et qui profitent de l'aide allouée par la Libye aux blessés de la révolution et des combats qui se poursuivent dans certaines régions.

Pour sa sécurité, il a choisi une résidence protégée. Deux entrées qui ferment le soir, un portail avec barrière et code pour les voitures. «Quand je prends l'ascenseur, j'appuie sur les boutons 2 et 4 pour brouiller les pistes. Et si quelqu'un est avec moi, je fais mine en sortant de tourner à gauche sur le palier». Son appartement bien sûr est à droite. Des volets qui restent fermés, une télévision en fond branchée sur la chaîne Libya al-Hurra et son téléphone portable qui ne cesse de sonner: «Des Libyens qui réclament de l'argent».

Car officiellement, Hussam travaille pour une de ces structures qui financent les soins médicaux des blessés (la sienne verse également jusqu'à l'équivalent de 1000 euros mensuels). Sous cette couverture en fait, il traque les kadhafistes qui «sont là sans être blessés, viennent récupérer de l'argent et vivre dans des hôtels 5 étoiles». Quand il en découvre, Hussam livre leurs noms au Conseil national de transition libyen. «Après je ne sais pas ce qu'il advient d'eux, ça ne me regarde pas.»

Être «nettoyeur», c'est passer sa journée sur Internet. «J'ai plusieurs listes à ma disposition, fournies par mes supérieurs, des proches, des connaissances. Sur ces listes, j'ai les noms de Libyens qui ont soutenu Kadhafi. Je vérifie que ceux qui se sont inscrits auprès de ma structure sont ou non de ceux-là.»
Listes noires

Le processus est long et les moyens à l'image de ceux dont disposaient les rebelles durant la guerre. Les «thuwars» pouvaient parfois tirer des roquettes à l'aide de canons fabriqués avec des tuyaux en PVC pour irriguer les champs. Hussam, lui, doit également se contenter de moyens du bord: deux PC portables connectés à Internet et deux iPad. L'appli indispensable iLocator lui permet de traquer des personnes via leur numéro de téléphone. «Je peux voir ainsi si elles retournent souvent en Libye ou non, ce qui peut être louche.»

Environ 1300 noms à vérifier. Hussam les prend un à un dans la liste des blessés - ou soi-disant blessés - accueillis en Tunisie, vérifie s'ils ne sont pas déjà dans une de celles qu'il s'est procurées: volontaires de Kadhafi - via leurs numéros de téléphone ou de passeport et leur ville d'origine - ou soldats de la brigade 32, celle de Khamis, l'un des fils Kadhafi, la mieux formée et la plus redoutée alors.

Hussam accepte de nous accompagner dans un palace de la côte. Auparavant le bâtiment accueillait certains des fils et des proches de Kadhafi. Aujourd'hui, autour de 300 Libyens, le bras en écharpe ou claudiquant, y passent leur journée, entre soins thalasso, baignade et match de l'Euro 2012 accompagnés de bière. «On comprend qu'ils n'aient pas envie de partir», glisse Hussam, qui n'a pas peur d'être repéré puisque le seul contact qu'il a avec les blessés se fait par téléphone. Il se fait donc passer pour notre traducteur.

Un homme en béquille nous assure avoir eu un accident dans un véhicule militaire alors qu'il sortait d'une opération médicale. Il ne saura dire précisément où ni à quelle date. Son numéro de téléphone fera réagir Hussam: «Ce gars a essayé de m'appeler toute la journée, explique-t-il plus tard. Il réclame son argent, mais je sais qu'il n'est pas blessé.» Nouvelle piste, nouvelles heures à fouiller sur Internet. Sur le parking en sortant, des voitures garées dont les propriétaires n'ont pas choisi d'adopter la nouvelle plaque d'immatriculation libyenne.

-> http://www.lefigaro.fr/international/20 ... -tunis.php
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Re: Libye

Messagede fabou le Sam 14 Juil 2012 22:45

Libye: les milices détiennent toujours des milliers de personnes

uman Rights Watch (HRW) a appelé samedi les autorités libyennes à prendre les mesures nécessaires pour prendre sous leurs responsabilités les milliers de personnes encore détenues par des milices.
Le Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) "n'est pas parvenu à reprendre sous sa responsabilité les quelque 5.000 personnes détenues arbitrairement par des groupes armés et dont certaines font l'objet de tortures sévères après l'expiration du délai" en ce sens, indique HRW dans un communiqué.

L'ONG basée à New York se réfère à une loi adoptée en mai qui stipule que les ministères de l'Intérieur et de la Défense doivent, d'ici le 12 juillet, "transférer tous les partisans de l'ancien régime devant la justice si leur culpabilité est prouvée".
"Ces détenus (aux mains d'anciens rebelles) ainsi que 4.000 autres dans des prisons sous le contrôle de l'Etat doivent tous avoir la garantie que leur droit soit respecté", ajoute le communiqué.
La plupart des détenus sont des membres des forces de sécurité du régime déchu du colonel Mouammar kadhafi, d'anciens responsables gouvernementaux, des présumés mercenaires étrangers ou des migrants sub-sahariens, selon HRW.
Les nouvelles autorités libyennes ont montré "peu de volonté politique" pour s'atteler au phénomène des groupes armés qui avaient combattu les forces de Mouammar Kadhafi, regrette HRW.
L'armée et la police n'étant toujours pas entièrement opérationnelles en Libye, ces milices en profitent souvent pour faire la loi dans le pays depuis la chute du régime de Kadhafi en octobre 2011.
L'ONU s'était inquiétée en mai que de milliers de personnes demeuraient emprisonnées en Libye, dont certaines dans des centres de détention secrets, et que la torture continuait d'y être pratiquée.
"Toute détention en dehors de la loi, y compris celle opérée par des miliciens, doit être considérée comme un acte criminel", affirme HRW, pressant le Congrès national général, qui doit émaner des récentes élections législatives, de mettre fin à ces pratiques et d'établir un réel système judiciaire.

-> http://www.leparisien.fr/flash-actualit ... 090183.php


Libye: Libération des journalistes enlevés samedi dernier à Bani Walid

Tripoli, Libye - Les deux journalistes libyens enlevés dimanche dernier dans la région de Bani Walid, à 170 km au sud-ouest de la capitale, Tripoli, ont été libérés, a appris la PANA de sources concordantes.

Cette libération a été obtenue grâce aux anciens rebelles (thowars) et aux dignitaires de la ville de Jadou, rapporte l’agence de presse libyenne LANA, qui indique que des arrangements spéciaux sont en cours pour récupérer les deux journalistes et les ramener dans la ville de Misurata, à 220 km à l'est de Tripoli.

Les deux journalistes, Abdelkadir Fassouk et Yousouf Badi, qui travaillent pour la chaîne de télévision Tobacts, basée à Misurata, ont été enlevés dans la région de Bani Walid alors qu'ils couvraient les élections législatives de samedi dernier à Mizdah, dans l'ouest du pays.

-> http://www.afriquejet.com/libye-liberat ... 41821.html
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Re: Libye

Messagede acratack le Dim 26 Aoû 2012 11:49

saif el islam sera finalement jugé en lybie. il semblerait que ce proces ne s'annonce pas tres bien. La CPI n'a pas abandonné les poursuites. personellement je n'ai aucun avis sur la question. mais je vois que certains qui en apellent constement a la souveraineté nationale vont surement regretter que ca se passe en lybie...

[quote]Saïf Al-Islam Kadhafi sera bien jugé en Libye

Le Monde.fr avec AFP | 23.08.2012 à 13h52 • Mis à jour le 23.08.2012 à 17h14
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Saïf Al-Islam Kadhafi, à Tripoli, le 23 août 2011.

Le procès de Saïf Al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, aura lieu en septembre dans la ville de Zenten, où il est détenu depuis son arrestation en novembre dernier, a indiqué jeudi 23 août le porte-parole du procureur général libyen. "Un comité du bureau du procureur général a achevé son enquête sur les crimes commis par Saïf Al-Islam depuis le début de la révolution, le 15 février [2011] jusqu'à son arrestation, et a préparé les chefs d'accusation qui doivent être retenus par le procureur général", a déclaré Taha Nasser Baara.

Selon lui, le bureau du procureur dispose de "preuves solides, sous forme [d'enregistrements] sonores, d'images, de documents et de témoignages". "Nous pensons que ces preuves sont suffisantes pour le condamner et le juger", a ajouté le responsable libyen.

PROCÈS ÉQUITABLE "IRRÉMÉDIABLEMENT COMPROMIS"

Saïf Al-Islam Kadhafi fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes contre l'humanité commis pendant la révolte qui a provoqué la chute puis la mort de son père en 2011. Mais les autorités libyennes ont déposé le 1er mai une requête contestant la compétence de la CPI pour poursuivre le seul fils de l'ancien dirigeant à être détenu en Libye, provoquant un véritable conflit diplomatique entre la Cour internationale et Tripoli.

Jeudi, la CPI a indiqué n'avoir rien reçu d'officiel au sujet d'un jugement de Saïf Al-Islam à Zenten.
"Nous n'avons pas reçu d'information officielle à ce sujet", a déclaré Sonia Robla, chef de la section d'information publique et documentation de la Cour. Mme Robla a néanmoins souligné que la procédure de la CPI contre Saïf Al-Islam était toujours en cours.

Des membres de la CPI avaient été arrêtés après avoir essayé de rendre visite à Saïf Al-Islam à Zenten. Après près d'un mois de détention, ils avaient été finalement libérés le 2 juillet, mais estiment désormais que le droit de Saïf Al-Islam Kadhafi à un procès équitable "irrémédiablement compromis".[/quote

http://www.lemonde.fr/libye/article/201 ... 96980.html
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Re: Libye

Messagede bajotierra le Sam 22 Sep 2012 09:51

Des centaines de manifestants ont délogé vendredi soir le groupe salafiste d'Ansar al-Charia de la caserne qu'il occupait au centre de Benghazi, dans l'est de la Libye, et ont mis le feu à l'installation militaire, a constaté un journaliste de l'AFP.

Sous la pression des manifestants, les membres du groupe qui avait été montré du doigt dans l'attaque du consulat américain, ont tiré en l'air avant de quitter la caserne qui a été envahie par des centaines d'habitants de Benghazi qui protestaient contre les "milices hors la loi".

Aux cris de "le sang des martyrs n'a pas été versé en vain", les manifestants sont entrés dans la caserne qui a été saccagée, pillée et incendiée, selon un correspondant de l'AFP.

"Cette brigade était un grand problème pour nous et pour tout le monde. C'était un foyer de extrémiste", s'est félicité un des manifestants, Taoufik Mohamed 32 ans.

Auparavant, des dizaines de milliers de Libyens avaient manifesté à Benghazi contre les milices armées, dix jours après l'attaque du consulat américain du 11 septembre 2012 qui avait coûté la vie à l'ambassadeur des Etats-Unis Chris Stevens et trois autres Américains.

"La mort de l'ambassadeur était l'étincelle qui a mis le feu", a estimé Adallah, un jeune manifestant.

Avant de se diriger vers la caserne d'Ansar al-Charia (les partisans de la loi islamique) les manifestants avaient déjà délogé une autre milice qui avait élu domicile dans un bâtiment de la sécurité libyenne dans le centre de la ville.

Selon des témoins, Ansar al-Charia a évacué aussi l'hôpital al-Jala qu'elle contrôlait, sous la pression des manifestants. La police militaire a pu prendre possession par la suite du bâtiment.

Au moins quatre autres installations publiques ont été désertées par des milices à l'arrivée des manifestants.

Selon un journaliste de l'AFP, des centaines d'habitants se sont dirigés vers une autre caserne située dans la région d'al-Hawari à une quinzaine de km du centre de Benghazi, occupée par la "brigade de Raf allah Sahati", un autre groupe salafiste jihadiste.

Vers 00H00 locale (22H00 GMT) des membres de ce groupe tiaient en l'air pour tenter de disperser les manifestants, dont certains sont armés.

L'attaque contre le consulat américain, déclenchée lors d'une manifestation contre le film anti-islam produit aux Etats-Unis, a illustré l'incapacité des autorités à assurer la sécurité dans le pays ainsi que la montée en puissance de groupes islamistes radicaux en Libye.

Benghazi, la deuxième ville de Libye, d'où était partie en 2011 la contestation contre le régime de Kadhafi, a été le théâtre ces derniers mois de plusieurs attaques contre des intérêts occidentaux et d'assassinats de responsables de la sécurité.


http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20 ... ghazi.html
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Re: Libye

Messagede Protesta le Mar 25 Sep 2012 22:14

Bim!

Le coup de force des habitants contre les milices armées

Les autorités libyennes ont pris hier le contrôle de quartiers généraux et de bases des milices armées de Benghazi, libérées la veille par des habitants au cours d’affrontements qui ont fait 11 morts. C’est la première fois que les habitants de la deuxième ville libyenne s’en prennent avec autant de détermination à l’une de ces milices armées qui font la loi dans le pays depuis la chute de Kadhafi en 2011. Les protestataires, des civils dont certains armés, ont d’abord délogé une milice d’un édifice du centre-ville, avant d’attaquer dans la nuit la caserne du principal groupe paramilitaire, la milice salafiste d’Ansar al-Charia (les partisans

Lde la loi islamique). L’attaque a duré plus de deux heures et s’est terminée par la fuite des salafistes. « Les habitants de Benghazi ont fait en une journée ce que le gouvernement a échoué à faire durant des mois », s’est félicitée une activiste sur Twitter. L’attaque, il y a dix jours, contre le consulat américain de Benghazi (qui s’est soldée par la mort de l’ambassadeur américain, Chris Stevens), déclenchée lors d’une manifestation contre le film anti-islam produit aux Etats-Unis, a illustré l’incapacité des autorités à assurer la sécurité dans le pays ainsi que la montée en puissance de groupes islamistes radicaux.
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Re: Libye

Messagede bajotierra le Ven 30 Aoû 2013 12:00

Araticles de cet été sur la question des grèves en Libye ,

UN SECTEUR PETRO-GAZIER SOUVENT EN GRÉVE
Les raisons des troubles en Libye sont connues. Il y a d’abord le fait que les travailleurs du secteur pétrolier et gazier sont souvent en grève, procédant à des sit-in pour empêcher la production ou l’exportation afin que leurs revendications salariales soient entendues. Un jour, c’est le port d’Al-Zawaytina (20% des exportations de brut libyen y transitent) qui est empêché de fonctionner correctement par des Libyens exigeant à la fois des hausses de salaires mais aussi une amélioration notable de leurs conditions de travail. Quelques jours plus tard, le même port est investi cette fois-ci par des chômeurs de la région qui exigent un emploi. Cela s’est aussi passé au complexe de Ras Lanouf, l’un des plus importants centre industriel du pays (on y trouve un port et une raffinerie) au grand dam du vice-ministre libyen du pétrole Omar Chakmak, conscient que de telles «grèves sauvages» font du tort à un pays qui peine à convaincre la communauté internationale qu’il est engagé dans une transition démocratique pérenne.A l’agitation sociale s’ajoute l’insécurité puisqu’il n’est pas rare, même si les informations à ce sujet filtrent peu, que des champs de production ou des terminaux soient attaqués à l’arme automatique voire à l’arme lourde. Qui est à l’origine de ces attaques ? Pour quelles raisons ? Les informations sont éparses mais il semble bien que certaines milices armées exigeraient leur dîme quant à l’exploitation pétrolière et gazière.

http://lavoixdelalibye.com/?p=8940

................et celle de l'expression de forts mouvements revendicatifs


Matériel saccagé, documents officiels jetés… Le Parlement libyen a été mis à sac, mardi 13 août, par des manifestants amazighs, un groupe berbère qui manifestait plus tôt dans la journée devant le bâtiment à Tripoli. Une action coup de poing entreprise par ces militants qui réclament davantage de considération envers la minorité berbère, forte d’environ 10 % de la population libyenne. Ces derniers estiment en effet être tenus à l’écart de l’élaboration de la Constitution du pays.


http://www.france24.com/fr/20130814-lib ... nstitution

Pour moi il est évident que toute cette ébullition sociale n'aurait pu avoir lieu dans les conditions " a la syrienne" qui prévalaient quand Kadaffi a voulu s'opposer au soulèvement populaire , l'intervention occidentale a mis fin a ces conditions sans pour autant que cela lui rapporte quelques chose, il semble que cela soit même le contraire si on ne juge pour la question du pétrole

Peut être est ce pour cela que les dirigeants occidentaux suivis par des opinions publiques , dominés par les intérêts égoistes , laissent en syrie et depuis deux ans et demi un dictateur massacrer une population qui s'était soulevée pour défendre cette liberté de grèves et de manifestations ????
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Re: Libye

Messagede gloubi le Ven 30 Aoû 2013 12:21

Je ne comprends rien à ce que tu dis .
Tu expliques que l'intervention de l'OTAN en Libye avait pour but et conséquence de liberer la population ?
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Re: Libye

Messagede bajotierra le Ven 30 Aoû 2013 12:32

N 'étant pas dans la tête des dirigeants occidentaux je n'ai jamais eu aucune prétention a connaitre leurs motivations sur ce sujet

Par contre les conséquences de l'intervention sont visibles, en liquidant le régime de Kadafi elle a rendu a la population la possibilité de faire grève et de manifester , voir de saccager le parlement , sans se faire massacrer
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Re: Libye

Messagede gloubi le Ven 30 Aoû 2013 13:29

Pas besoin d'être dans la tête des dirigeants occidentaux pour savoir que ce qui motive leurs actes , comme le disait clairement Obama hier sur la question de la Syrie ici, c'est la défense de leurs propres intérêts et donc la préservation du système capitaliste.

S'il se trouve que dans le cas présent une possible amélioration du sort des populations libyennes est à constater ça ne peut être considéré que comme un dommage collatéral pour ces mêmes dirigeants qui préfèrent le plus souvent une bonne dictature dans ce genre d'endroits.

Si l' OTAN est intervenu en Libye c'est parce que les soulèvements qui s'y passaient risquaient d'entraîner un embrassement général dans les pays arabes et au moyen-orient remettant ainsi en cause la mainmise des dirigeants occidentaux sur le marché et le commerce pétrolier.
Il leur fallait reprendre le contrôle de la situation et mettre en place un gouvernement aux ordres en Libye.

En Syrie aujourd'hui, le poids de la Russie est ses intérêts contradictoires rendent la situation plus délicate et une bonne partie (plus importante) de l'opinion publique occidentale ne suit pas ( ce qui est sans doute le signe d'une certaine élévation du niveau de conscience collectif )

Restons donc lucide : ces interventions armées n'ont pas la moindre visée humanitaire.

Personnellement je m'abstiens donc de les soutenir ou de les appeler de mes vœux tout en sachant que Kadhafi et El Assad était et sont des assassins, malades mentaux drogués au pouvoir qui ont eu et ont leurs rôle et place dans l'équilibre mondial , instable certes, mais qui permet encore au système actuel de perdurer.
gloubi
 

Re: Libye

Messagede sissoko le Mer 28 Jan 2015 03:31

alors, bientôt 4 ans après, y a toujours des gens pour soutenir l'intervention de l'otan ? Ca s'est bien passé ? Vous êtes contents ? La Lybie est sauvée ?

à tous ceux qui me traitaient de kadhafiste parce que j'étais contre cette guerre : j'espère que vous avez compris à quel point vous avez eu tort, et à quel point vous salissez l'anarchisme en osant écrire en son nom.
Tant qu'il y aura des drapeaux, il y aura des cons pour mourir dessous. Ne laissons personne penser à notre place. Résister c'est esquiver : Aikido. Résister c'est créer. L'art est la substance de l'existence, voir Nietzsche.
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Re: Libye

Messagede bajotierra le Ven 6 Fév 2015 18:17

salut ,

je ne vois pas qui a soutenu " l'intervention de l'OTAN "

par contre les prédictions de ceux qui s'élevaient contre toute aide extérieure a la population lybienne contre Kadaffi , au prêtexte d 'une "reprise en main" du pays par l'occident se sont avérées totalement fausses ! il suffit de lire par exemple ce communiqué de OCL


JPD a écrit:COMMUNIQUE DE L'OCL

NON À L’INTERVENTION MILITAIRE EN LIBYE !


L’intervention des pays soi-disant démocratiques alliés aux monarchies pétrolières n’a pas pour but philanthropique de venir en aide au peuple libyen pour aboutir à son émancipation sociale et politique.

L’enjeu n’est pas tant de capter les ressources pétrolières libyennes, que de montrer la capacité de ceux qui gouvernent le monde de stabiliser une situation régionale à leur avantage. En enrôlant le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, les Occidentaux confortent ces régimes tyranniques dans leur intervention militaire contre l’insurrection bahreïnie, et légitiment ainsi par avance les futures répressions sanglantes dans tous les pays de la péninsule Arabique et au-delà si besoin est. De plus, la Libye de Kadhafi jouait vis-à-vis de l’Europe le rôle de verrou contre l’immigration africaine, comme le lui avaient demandé ses amis Sarkozy et Berlusconi. Il est donc nécessaire pour les États européens de s’assurer que Kadhafi soit bien remplacé par un pouvoir à leur service.

Le soulèvement populaire du peuple libyen est l’opportunité attendue par les oligarchies occidentales pour reprendre la main dans une région où la multiplication des soulèvements populaires n’a cessé d’inquiéter les « démocrates patentés ». L’humanitarisme affiché pour « venir en aide » au peuple libyen n’est qu’hypocrisie et cynisme, car depuis quarante-deux ans ce peuple subit le joug de son « Guide » et se fait massacrer dans le silence à défaut de pouvoir s’exiler sans espoir de retour ; et, ces dernières années, les États et les entreprises de ce même Occident acceptaient les capitaux du régime libyen et se précipitaient en rangs serrés à Tripoli pour lui vendre des armes, et même lui proposer une centrale nucléaire !

Le peuple libyen est aujourd’hui pris en otage entre son dictateur et les puissances occidentales soucieuses d’abord de leurs intérêts économiques et géostratégiques.

Le prix à payer par le peuple libyen pour cette tentative d’émancipation sociale sera élevé en raison
• de la guerre de ce jour ;
• de la perpétuation éventuelle du régime de Kadhafi ou de ses héritiers sur tout ou partie de ce territoire ;
• ou du diktat de l’exploitation capitaliste par les bourgeoisies venues asseoir militairement une nouvelle tyrannie.


Le courage des peuples arabes qui ont osé dire ça suffit, qui nous montrent le chemin d’autres présents possibles, est admirable.
Le courage du peuple libyen debout pour ses libertés appelle respect et solidarité.
Nous sommes sensibles au sort des victimes, mais ne nous laisserons pas aveugler par une émotion consensuelle.
Notre solidarité n’est pas de nous associer au chœur des pseudo-philosophes, aussi larmoyants que va-t-en-guerre, et des médias aux ordres de l’idéologie capitaliste, mais de continuer le combat pour l’émancipation sociale et politique contre nos bourgeoisies complices de ces massacres.

O.C.L.
Le 20 mars 2011

http://oclibertaire.free.fr/
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Re: Libye

Messagede sissoko le Lun 16 Fév 2015 18:08

c'est bien de toi que je parle oui.

"ceux qui s'élevaient contre toute aide extérieure a la population lybienne" : il n'y avait d'autre "aide à la population" que les frappes de l'otan que tu as soutenues, il n'y avait pas de brigades internationales ou que sais-je. Tu persistes dans un discours d'inspiration BHLienne. Ensuite ce n'était pas la population lybienne mais la population de benghazi dont il s'agissait, et on savait déjà à l'époque que ce n'était pas tant un mouvement populaire que l'agitation de mafias. "toute aide extérieure", imbécile tiens, si tu avais pris un flingue et un billet d'avion tu aurais peut-être le droit de dire ça, mais là il ne s'agissait pour toi que d'applaudir les armées impériales faire leur sale taf, c'était ça ton "aide extérieure", gros lâche.

"au prêtexte d 'une "reprise en main" du pays par l'occident se sont avérées totalement fausses !"
qu'est-ce qu'il y a de faux là-dedans ? la lybie était un pays non-aligné et kadhafi avait des projets qui portaient atteinte à la gloutonnerie de nos maîtres. Ils se sont bien dépêché de rouvrir les robinets d'essence dès qu'ils l'ont pu, et ce qu'il reste d'état est à leurs mains.

Donc je ne sais même pas ce qu'est l'OCL, mais ils avaient raison. Avec des anarchistes comme toi, on va pas aller loin tu sais.
Tant qu'il y aura des drapeaux, il y aura des cons pour mourir dessous. Ne laissons personne penser à notre place. Résister c'est esquiver : Aikido. Résister c'est créer. L'art est la substance de l'existence, voir Nietzsche.
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Re: Libye

Messagede bajotierra le Mar 17 Fév 2015 12:54

mais là il ne s'agissait pour toi que d'applaudir les armées impériales faire leur sale taf, c'était ça ton "aide extérieure", gros lâche.


Et toi t'étais ou Sissoko ? Toi qui est si vaillant (pour mentir et insulter les autres ) t 'as pris le maquis aux côtés de la famille kadaffi ?

qu'est-ce qu'il y a de faux là-dedans ? la lybie était un pays non-aligné et kadhafi avait des projets qui portaient atteinte à la gloutonnerie de nos maîtres. Ils se sont bien dépêché de rouvrir les robinets d'essence dès qu'ils l'ont pu, et ce qu'il reste d'état est à leurs mains.


quels "projets ", quels "maitres" , quel "état est à leurs mains" ?

Tu racontes n'importe quoi.
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Re: Libye

Messagede calamar le Jeu 19 Fév 2015 13:19

C'est sur que resté a l'abris sur son fauteuil , dire non à l'intervention ou quelconque aide pour soutenir les révoltés, et les regardé se faire massacré c'est très courant aujourd'hui ( libye , syrie...), de toute façon de la part de beaucoup de personne , les kadafi et les bachar ont toujours été des amis du peuple...pour quelle raison se peuple se révolterais t-il...? Pro OTAN ou anti OTAN un débat déja fermé.
Alors que la question serais plus , comment peux t-on aider ces révoltés, ce mettre un peu a leur place, certain ont tout perdu et maintenant font face depuis a des conflits pour le pouvoir.

Dire non a toute intervention, ou dire oui à toute intervention ne sont pas des réponse appropriés. Moi restant dans mon fauteuil , à commenter des forum, étant pour la paix et qu'il y' est moins de tuerie possible , écoutons les révoltés ( ceux qui veulent bien sur une avancée vers plus de démocratie et plus de liberté ).

Mais il me semble que les discours sont en train de changer quand on voit les communiquées par rapport à ce qui se passe à Kobane.
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Re: Libye

Messagede sissoko le Mer 23 Sep 2015 21:15

Mais vous êtes des malades, arrêtez de répétez "révoltés", "il fallait aider les révoltés", c'était qui les révoltés ? C'est dans une ville, à Benghazi, et il s'est très vite avéré que ce n'était pas spontané mais dirigé par des mafieux (Benghazi est la ville de tous les traffics), qui eux-même travaillaient pour qui à votre avis ? Qui a tiré parti de la situation ? L'histoire de l'aviation qui allait bombarder les manifestants, c'était de l'intox !!!! Et vous comme des glands que vous êtes vous regardez les media du grand capital et vous gobez tout ce qu'ils disent. Et voilà, vous vous retrouvez comme des nazes à soutenir des guerres horribles, juste parce qu'on vous a raconté une histoire qui parle à vos fantasmes de faux révolutionnaires. "Le peuple qui se révolte contre le tyran", c'est tellement joli hein XXXXXXXX ?

Et quand je dis : vous n'aviez jamais vu d'émigration libyenne, maintenant vous allez être servi, Bajotierra ose me dire qu'il n'y a pas de réfugiés libyen, tout se passe très bien là-bas depuis que le tyran s'est fait équarrir-enculer-dépecer sur toutes les télés du monde.

http://www.france24.com/fr/20140801-vid ... ts-milices

Et toi t'étais ou Sissoko ? Toi qui est si vaillant (pour mentir et insulter les autres ) t 'as pris le maquis aux côtés de la famille kadaffi ?


Non mais XXXXXXXXXXX moi s'il y a les armées impériales qui débarquent à moins de 100 bornes de chez moi je me casse direct tu crois que tu vas faire quoi contre des tanks des avions et des missiles ? C'est toi le romantique ici, moi j'aime pas la guerre et j'applaudirai jamais à une guerre. XXXXXXX.

qu'est-ce qu'il y a de faux là-dedans ? la lybie était un pays non-aligné et kadhafi avait des projets qui portaient atteinte à la gloutonnerie de nos maîtres. Ils se sont bien dépêché de rouvrir les robinets d'essence dès qu'ils l'ont pu, et ce qu'il reste d'état est à leurs mains.


quels "projets ", quels "maitres" , quel "état est à leurs mains" ?


Quels maîtres ? Ceux qui dirigent les plus gros fonds spéculatifs. La très grande finance, c'est à dire des gens pour qui toi et moi on est des insectes.

Quels projets ? Kadhafi voulait cesser d'utiliser le dollar, il voulait lancer le premier satellite africain, il voulait créer un réseau économique africain et c'était un des meneurs du rapprochement des suds, entre autres. Il éatit ingérable donc il les faisait vraiment chier.

Quel état à leurs mains ? Celui de Tobrouk, bien sûr.

Note de Groucho Marx: arrête les insultes. Dernier avertissement.
Tant qu'il y aura des drapeaux, il y aura des cons pour mourir dessous. Ne laissons personne penser à notre place. Résister c'est esquiver : Aikido. Résister c'est créer. L'art est la substance de l'existence, voir Nietzsche.
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