Turquie

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Messagede Nico37 le Mar 4 Aoû 2009 11:06

Turquie - Harcèlement antisyndical : 32 syndicalistes demeurent sous les verrous

Bruxelles, 27 juillet 2009 : La Confédération syndicale internationale (CSI) et la Confédération européenne des syndicats (CES) ont adressé une lettre conjointe au Premier ministre de la Turquie, condamnant avec véhémence la vague incessante de persécutions, de licenciements arbitraires, de procédures judiciaires iniques et d’arrestations de membres de la Confédération des syndicats des employés publics (KESK), affiliée aux deux confédérations. A l’heure actuelle, 32 personnes demeurent sous les verrous et n’ont pas accès à une procédure régulière.

Le 15 août prochain doivent démarrer en Turquie les négociations collectives nationales portant sur les conditions d’emploi des salariés du secteur public. Or quand elles y font allusion, les autorités turques parlent de « pourparlers consultatifs collectifs », ce qui, en soi, représente une entorse à la Convention nº 98 de l’Organisation internationale du travail (OIT) relative à la négociation collective ratifiée par la Turquie. La CSI et la CES considèrent que ces événements, qui relèvent du harcèlement, affaiblissent la position de négociation du syndicat et représentent, par-là, une atteinte grave à la Convention nº 87 relative à la liberté d’association.

La CSI a déjà écrit au gouvernement turc à trois reprises (le 28 mai, le 15 juin et le 18 juin) pour dénoncer l’arrestation d’un grand nombre de membres et de dirigeants de la KESK et de l’une de ses principales organisations affiliées, le syndicat des enseignants Egitim-Sen. Trente-cinq d’entre eux ont été arrêtés le 28 mai et 22 d’entre eux demeuraient sous les verrous à l’heure d’écrire ces lignes. Dix membres et dirigeants de la KESK se trouvaient déjà derrière les barreaux auparavant. Les lettres de la CSI sont, toutefois, restées sans réponse.

« Il est absolument inadmissible qu’à l’approche des prochaines négociations collectives sur les conditions de travail, le syndicat du secteur public de la Turquie soit la cible d’une telle campagne de persécution, avec des détentions qui transgressent non seulement les normes internationales mais aussi la législation nationale turque. Les citoyens d’un pays démocratique ne peuvent être détenus arbitrairement et être privés d’une procédure régulière », a déclaré Guy Ryder, secrétaire général de la CSI.

Les organisations des travailleurs peuvent uniquement faire valoir leurs droits dans un climat ou leurs membres et leurs dirigeants soient à l’abri de la violence, des représailles ou des menaces, de quelque nature qu’elles soient. Aussi la CSI et la CES ont-elles exhorté le gouvernement turc à veiller à la libération immédiate et inconditionnelle de l’ensemble des membres et dirigeants de la confédération KESK et de son affiliée Egitim-Sen.

La CSI représente 170 millions de travailleurs dans 312 organisations affiliées dans 157 pays et territoires. http://www.youtube.com/ITUCCSI

Pour plus d’informations, veuillez contacter le Service Presse de la CSI au: +32 2 224 0204 ou au +32 476 621 018.
Nico37
 

Re: Turquie

Messagede Nico37 le Mar 12 Jan 2010 20:58

Immigrés africains de Rosarno en Calabre, Kurdes de Kazanli et Roms de Selendi en Turquie... à présent, ce sont des Turcs de Turquie (exigeant la fermeture de la base militaire américaine d'Incirlik et aspirant à l'indépendance de la Turquie) qui subissent les lynchages des Turco-nazis (assistés par les services secrets) à Edirne.

Ci-dessous, la vidéo et une photo (en attaché) des scènes de lynchage de quelques militants du Front populaire ainsi que le communiqué du Comité des libertés :

http://video.milliyet.com.tr/Edirne-yin ... htm?auto=1


Barbarie à Edirne !


A Edirne, quelque 200 membres du Front populaire (Halk Cephesi) venus d'Istanbul campaient depuis six jours déjà aux abords d'Edirne (nord-ouest de la Turquie ) en attendant de pouvoir entrer dans la ville afin d’y organiser une conférence de presse pour dénoncer le lynchage par les Loups Gris puis l'incarcération de cinq de leurs camarades universitaires alors qu'ils faisaient signer une pétition exigeant la fermeture de la base américaine d'Incirlik.

Le 3 janvier dernier, les autocars de ces militants avaient été bloqués sur l’autoroute par une horde de fascistes mobilisés par les forces de l'ordre.

Face au refus catégorique des autorités locales de laisser entrer les manifestants dans la ville et d'assurer leur sécurité, hier après-midi, les militants du Front populaire ont tenté de briser l'encerclement fasciste et policier et d'atteindre le centre-ville pour y organiser le meeting prévu.

Cependant, seule une poignée de militants est parvenue à atteindre le bâtiment de la direction des postes située au cœur d’Edirne, les autres manifestants ayant été stoppés dans leur progression par la police et les militants d'extrême-droite..

A peine ont-ils commencé la lecture de leur communiqué que les quelques manifestants de gauche ont été assaillis comme des brebis au milieu de loups enragés (1).

Certains des militants lynchés, parmi lesquels de jeunes femmes, ont été tabassés à mort sous les insultes et les appels au meurtre.

Même leurs chasubles et leurs calicots recouverts de slogans anti-impérialistes ont été brûlés par les fascistes.

Les barbares qui se sont livrés à cette orgie haine et de sang, pour la plupart sympathisants du Parti d’action nationaliste (MHP) et du Parti de la Grande Union (BBP), étaient en réalité encadrés et provoqués en permanence des membres des services secrets et des policiers en civil venus de provinces voisines ainsi que par des officiers en retraite. Vendredi dernier, une enquête journalistique menée auprès de la population locale avait révélé que les Andrinopolitains ne connaissaient aucun des lyncheurs, ces derniers venant probablement de régions et de villes extérieures. Les soupçons concernant l’identité occulte des lyncheurs se sont confirmés aujourd’hui via le quotidien progouvernemental Zaman qui a révélé que les contrôles d’identité effectués par la police officielle auraient permis de démasquer l’origine militaire des agents provocateurs (2).

Après leur action téméraire, les membres du Front populaire s’en sont retournés à Istanbul dans la soirée. Aujourd’hui, une soixantaine d’entre eux ont donné une conférence de presse sur la place Taksim pour témoigner de la provocation dont ils ont fait l’objet et pour annoncer leur retour à Edirne pour défendre leurs « camarades incarcérés ». D’après eux, « la population d’Edirne n’était pas impliquée dans les lynchages ».


On a appris en fin d’après-midi qu’au total, 43 membres du Front populaire, universitaires pour la plupart, ont été tabassés par la police et mis en garde à vue dans les villes d’Eskisehir, d’Erzincan et de Kars.

Notre Comité des libertés s’engage à poursuivre partout en Europe, la campagne pour la libération des militants anti-impérialistes incarcérés.


Comité des libertés
comitedeslibertes@gmail.com
Le 10 janvier 2010


(1) Vidéo publiée sur le site du quotidien libéral Milliyet : http://video.milliyet.com.tr/Edirne-yin ... htm?auto=1

(2) Lien vers l’article du quotidien Zaman révélant les dessous de la provocation : http://www.zaman.com.tr/haber.do?habern ... r-kusatmis
Nico37
 

Re: Turquie

Messagede Nico37 le Sam 6 Fév 2010 19:34

AP 02/02/2010

Quelque 200 ouvriers ont entamé mardi un mouvement de grève de la faim de trois jours afin de protester contre des licenciements et la perte de droits liés à la privatisation de l’entreprise nationale de production de tabac.
Plusieurs milliers d’employés de l’entreprise ont participé à des manifestations à Ankara, la capitale, depuis décembre, réclamant le rétablissement de leurs droits, ainsi qu’ils le revendiquent.

Mardi, des salariés ont commencé à cesser de s’alimenter dans le cadre d’un mouvement qui doit durer trois jours.

Le gouvernement a refusé de céder à leurs demandes, leur proposant des indemnités de licenciement ou des contrats avec un salaire moindre.

Six organisations syndicales représentant un million de salariés ont appelé à une journée de grève jeudi en signe de solidarité avec les employés de l’entreprise.


La grève de salariés du cigarettier turc, symbole de la lutte contre les privatisations
LE MONDE | 03.02.10 | 15h46 • Mis à jour le 03.02.10 | 15h46

Ankara Envoyé spécial

Le campement de fortune des ouvriers de Tekel, l'ancien monopole turc des tabacs, a pris racine dans les rues glaciales du centre-ville d'Ankara. Sur des barbecues, des sardines et des marrons grillent, et les caisses de bouteilles de raki circulent dans les allées bondées.

Emmitouflés sous des couvertures, près de 2 000 travailleurs, licenciés ou menacés de l'être en raison de la privatisation de leur entreprise, font grève depuis cinquante jours, installés devant le siège de la centrale syndicale Türk-Is. Calés autour de poêles à charbon, sous des bâches en plastique, les "Tekel" sont bien décidés à ne pas bouger de leur camp, tant qu'un compromis n'aura pas été trouvé avec le gouvernement.

Environ 12 000 fonctionnaires sont directement concernés par la dissolution du groupe, vendu en 2008 au géant British American Tobacco (BAT) pour 1,72 milliard d'euros. Pour compenser la perte de leur emploi, après la fermeture d'une centaine de sites à travers le pays, l'Etat a proposé aux salariés des postes précaires dans l'administration.

"Le gouvernement essaie de nous faire travailler dans des conditions indignes, tonne le président du syndicat Tek Gida-Is, Mustafa Türkel. Les ouvriers perdraient leur statut de fonctionnaire, sans aucune sécurité d'emploi sur la durée. Nous nous opposons aux privatisations telles qu'elles sont menées par ce gouvernement."

Ce conflit social, qui a commencé en décembre 2009, embarrasse au plus haut point le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, dont la politique économique est contestée par les fonctionnaires et les classes populaires.

Ignorés pendant plus d'un mois par le gouvernement, les grévistes se sont remis à espérer une issue positive. Mais, après plusieurs rencontres, les négociations entre les syndicats et le gouvernement sont restées dans l'impasse, mardi 2 février. "C'est une lutte pour notre honneur. Nous continuerons à nous battre par tous les moyens", clame Binali Ildan, un ancien ouvrier de l'usine d'Istanbul.

Depuis cinquante jours, les "Tekel" ont multiplié les manifestations dans les rues de la capitale, parfois réprimées sans ménagement par la police, et ont même observé, pendant plusieurs jours, une grève de la faim, qui a conduit trois d'entre eux à l'hôpital. "Nous sommes très affectés par l'inhumanité du gouvernement, se plaint l'un d'eux, Ibrahim Kiraç. Nous sommes sous la pression du FMI (Fonds monétaire international) et du capitalisme international."

Une société rentable

Inflexible, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé, mardi, "une campagne idéologique contre le gouvernement" et une "instrumentalisation" des travailleurs. A Ankara, de nombreux passants continuaient pourtant à venir soutenir le mouvement. "Sans le soutien des citoyens, nous n'aurions pas pu tenir tout ce temps", avoue un ouvrier.

Mais si le gouvernement maintient sa position, le conflit risque de se durcir. Les "Tekel" devaient reprendre, mercredi, leur grève de la faim. Les six principales centrales syndicales représentant fonctionnaires et salariés du privé ont appelé à une journée de grève jeudi. Une grande manifestation est prévue à Ankara.

Depuis 2002, plusieurs centaines d'entreprises publiques ont été privatisées par le parti islamo-conservateur au pouvoir. La loterie nationale, les centrales électriques ou les usines de sucre sont parmi les prochaines sur la liste. Le plan a été supervisé par le FMI, avec lequel la Turquie négocie depuis plus d'un an un nouvel accord. De toutes ces sociétés, Tekel était l'une des plus rentables.

Née en 1925 de la nationalisation de la Régie intéressée des tabacs de l'Empire ottoman, une entreprise française, elle avait déjà cédé sa branche alcool en 2003. Le parti de M. Erdogan, réélu en 2007 pour ses bons résultats économiques, est accusé par l'opposition de mener une politique ultralibérale et doit faire face depuis plusieurs mois à une série de mouvements sociaux dans les services publics.

Guillaume Perrier
Nico37
 

Re: Turquie

Messagede Antigone le Mar 16 Fév 2010 18:17

CCI , rapporté par Indymedia Nantes - 07 fev 2010

Turquie : Solidarité avec la résistance des ouvriers de Tekel...

Nous reproduisons ci-dessous le compte-rendu de la grève des ouvriers du tabac de Tekel, publié par la section du CCI en Turquie, et dont la presse ailleurs n’a pas soufflé mot, instaurant un véritable black-out.

Le 14 décembre 2009, des milliers d’ouvriers des entreprises de Tekel 1 de douzaines de villes en Turquie ont quitté leurs maisons et leurs familles pour monter sur Ankara. Ces ouvriers ont fait ce voyage pour lutter contre les horribles conditions auxquelles les contraint l’ordre capitaliste. Cette lutte exemplaire qui dure depuis près de deux mois à présent est portée par l’idée d’une grève permettant à tous les ouvriers d’y participer. Ce faisant, les ouvriers de Tekel ont commencé à mettre en œuvre et à être porteur d’un mouvement pour l’ensemble de la classe ouvrière dans tout le pays. Ce dont nous essayons de rendre compte ici est l’histoire de ce qui s’est passé dans cette lutte. On ne doit pas oublier que ce compte-rendu ne concerne pas les seuls ouvriers de Tekel mais les ouvriers du monde entier. Nous remercions chaleureusement les ouvriers de Tekel pour avoir rendu possible l’écriture de cet article en poussant les luttes de notre classe en avant et en nous expliquant ce qui s’y passait.

Les ouvriers de Tekel sont entrés en lutte contre la « politique du 4-C » de l’Etat turc. Ce dernier a placé des milliers d’ouvriers en plus de ceux de Tekel sous les conditions de travail du « 4-C ». Ces conditions sont celles qui attendent déjà des centaines de milliers d‘ouvriers, ceux du secteur du sucre en étant les prochaines victimes. A côté de cela, de nombreux secteurs de la classe ouvrière ont fait l’expérience d’attaques similaires sous d’autres appellations. Qu’est donc que ce « 4-C » ? Il s’agit de fait d’une pratique de « protection » mise en avant par l’Etat turc lorsque le nombre d’ouvriers qui ont perdu leur travail à cause des privatisations a augmenté. Cela implique d’abord, avec une sérieuse baisse de salaire, que les ouvriers du secteur public soient mutés dans différents autres endroits et secteurs de l’Etat dans les pires conditions. La pire d’entre elles introduite par le « 4-C » est qu’elle donne à l’Etat-patron un pouvoir absolu sur les ouvriers. Ainsi, le salaire, qui est fixé par l’Etat et qui est déjà massivement réduit, est simplement un prix maximum. Il peut être réduit arbitrairement par les dirigeants des entreprises d’Etat. De plus, les heures de travail sont complètement dérèglementées et les directeurs d’usine ont arbitrairement le droit de faire travailler les ouvriers aussi longtemps qu’ils veulent, jusqu’à « la fin de la tâche qui leur est assignée ». En retour, les ouvriers ne touchent rien pour ce travail supplémentaire. Avec cette politique, les patrons ont le pouvoir de virer les ouvriers arbitrairement, sans qu’il y ait une quelconque compensation salariale. La période où les ouvriers peuvent travailler varie de trois à dix mois par an, rien ne leur étant payé durant les mois où ils ne travaillent pas, la durée de travail étant une fois encore arbitrairement décidée par les patrons. Malgré cela, il est interdit aux salariés de trouver un deuxième travail pendant les périodes où ils ne travaillent pas. Les remboursements de sécurité sociale n’existent plus pour eux et toute assurance médicale leur est supprimée. Les privatisations, tout comme la politique du « 4-C », ont commencé depuis longtemps. Dans les entreprises de Tekel, seuls les départements de l’alcool et de la cigarette étaient privatisés, et ce processus a conduit les usines de tabac à fermer. Nous pensons qu’il est clair que le problème n’est pas seulement celui des privatisations. Il est évident qu’aussi bien le capital privé que l’Etat veulent surexploiter les ouvriers en les soumettant aux pires conditions d’exploitation et qu’ils joignent leurs forces dans cette attaque. En ce sens, on peut dire que le combat des ouvriers de Tekel est né des intérêts de classe de tous et est l’expression de la lutte contre l’ordre capitaliste tout entier.

Il faut encore expliquer la situation du mouvement de la classe ouvrière en Turquie dans la période où les ouvriers de Tekel ont déclenché leur lutte. Le 25 novembre 2009, une journée de grève était organisée par le KESK, le DISK et le Kamu-Sen 2. La semaine où les ouvriers de Tekel se sont rendus à Ankara, deux autres luttes ouvrières étaient en cours. La première était des manifestations de pompiers qui devaient perdre leur emploi début 2010, la seconde était une journée de grève des cheminots contre le licenciement de certains collègues pour leur participation à la grève du 25 novembre. La police anti-émeutes, devant la montée des luttes, attaqua brutalement les pompiers et les cheminots. Les ouvriers de Tekel ne furent pas traités de façon différente. Jusqu'à 50 cheminots ont perdu leur emploi pour avoir participé à la grève. Plusieurs ouvriers ont été arrêtés et placés en garde à vue. Les pompiers allaient mettre du temps avant de se remettre de ces attaques, et malheureusement les cheminots ne l'ont pas encore fait. Ce qui a poussé ceux de Tekel aux avant-postes de la lutte en décembre est le fait qu’ils se sont organisés pour se défendre contre les mesures répressives de l’Etat et qu’ils ont su garder leur lutte vivante et active.

Comment la lutte de Tekel commença-t-elle ? Il y avait déjà une forte minorité qui voulait se battre, dès le 5 décembre, lors d’une cérémonie présidée par Tayyip Erdogan 3. Les ouvriers de Tekel, avec leurs familles, apostrophèrent à l’improviste Erdogan pour lui demander ce qui allait leur arriver. Ils interrompirent son discours en disant : « Les ouvriers de Tekel attendent que vous leur donniez de bonnes nouvelles par rapport à nos revendications » Erdogan répondit : « Il y a malheureusement une espèce d’individus qui s’est répandue en Turquie. Ce sont des fainéants qui veulent gagner de l’argent sans faire aucun travail, en se prélassant. L’ère où l’on gagnait de l’argent en se la coulant douce est terminée (…) Ils pensent que l’Etat est une vache à lait inépuisable et que quiconque n'en profite pas n’est qu’un porc. Voici comment ils posent le problème. Nous ne tolérerons plus cette mentalité et ce genre de situation. Si vous n’êtes pas d’accord pour accepter les règles du 4-C, vous êtes libres de créer vos propres entreprises. Nous avons dit cela aussi. Nous avons eu un accord avec vos syndicats. Je leur avais parlé et je leur avais dit : ‘Vous avez du temps. Mais faîtes ce qui est nécessaire pour faire adopter notre point de vue.’ Comme nous avons eu leur accord, eh bien là, le processus de négociation s'est terminé et nous avons laissé passer encore un ou deux ans. Mais certains sont encore ici pour dire des choses comme nous voulons garder notre travail et continuer comme avant, nous voulons garder les mêmes droits. Non, nous avons déjà négocié ces choses-là. 10 000 ouvriers de Tekel nous coûtent quarante milliards par mois. » 4 Erdogan n’avait pas idée des ennuis qu’il allait s’attirer. Les ouvriers, qui, pour la plupart avaient soutenu le gouvernement auparavant, étaient à présent en colère. La question de comment lancer une lutte était discutée sur les lieux de travail. Un ouvrier d’Adiyaman 5 explique le processus dans un article qu’il a écrit, publié par un journal gauchiste : « Ce processus a stimulé les collègues ouvriers (…) Ils ont commencé à voir le vrai visage du Parti de la Justice et du Développement (AKP) à cause des mots d’insultes prononcées par le Premier ministre. La première chose qu’ils firent a été de cesser d’être membre du parti. Dans les discussions qui démarraient sur les lieux de travail, nous avons décidé de protéger notre travail tous ensemble. » 6 Le syndicat 7 avec lequel Erdogan disait avoir passé un accord, et qui n’avait fait aucune action sérieuse pour les défendre, appela à un rassemblement à Ankara. En conséquence, les ouvriers prirent la route vers la capitale.

Les forces d’Etat avaient préparé une attaque sournoise contre les ouvriers dès le début. La police anti-émeutes arrêta les bus qui transportaient les ouvriers, déclarant qu’elle ne pouvait laisser passer les ouvriers des villes kurdes où les usines Tekel sont concentrées, mais que ceux des régions de l’Ouest, de la Méditerranée, du Centre anatolien et de la mer Noire pouvaient passer. Cela avait pour but de dresser les ouvriers kurdes et les autres les uns contre les autres, et donc de diviser le mouvement sur des bases ethniques. Cette manœuvre déchira en réalité deux masques de l’Etat : celui de l’unité et de l’harmonie et celui de la réforme kurde 8. Mais les ouvriers de Tekel ne sont pas tombés dans ce piège de la police. Les ouvriers de Tokat en tête 9, ceux venant d’en-dehors des villes kurdes protestèrent contre cette position de la police, et insistèrent avec détermination pour que tous entrent dans la ville ensemble et que pas un ne reste derrière. La police ne sachant pas quelle position le gouvernement risquait finalement d’adopter, finit par permettre aux ouvriers d’entrer en ville. Cet incident a fait en sorte que des ouvriers de différentes villes, différentes régions et ethnies tissent des liens profonds sur un terrain de classe.

Le 15 décembre, les ouvriers de Tekel ont démarré leur manifestation de protestation en face du quartier général du Parti de la Justice et du Développement à Ankara. L’un d’entre eux présent ce jour-là explique : « Nous avons marché sur le quartier général du Parti de la Justice et du Développement. Nous avons allumé un feu le soir et attendu en face de l’immeuble jusqu’à 22 h. Quand il se mit à faire trop froid, nous sommes allés au gymnase Atatürk. Nous étions 5000. Nous avons sorti nos tapis et des cartons pour y passer la nuit. Au matin, la police nous a repoussés vers le parc Abdi Ipekçi et nous a encerclés. Certains de nos camarades ont marché à nouveau vers le bâtiment du parti. Alors que nous attendions dans le parc, nous voulions aller à la rencontre de nos camarades et ceux qui étaient face à l’immeuble désiraient nous rejoindre : la police nous attaqua avec des tirs de gaz lacrymogène. Nous avions marché quatre heures. Nous avons passé la nuit dans le parc, sous la pluie. » 10 L’attaque la plus brutale de la police eut lieu le 17 décembre. Celle-ci, agissant évidemment sur ordre et peut-être afin de cacher le fait qu’elle n’avait pas pu empêcher les ouvriers kurdes d’entrer en ville, attaqua les ouvriers à l’intérieur du parc avec une grande violence et une véritable haine. Le but était de disperser les ouvriers. Cette fois-ci encore, il y avait quelque chose que les forces de l’ordre n’avaient pas prévu : la capacité des ouvriers à s’auto-organiser. Ces derniers, dispersés par la police, s’organisèrent sans l’aide d’aucun bureaucrate syndical et se réunirent dans une manifestation massive face au siège du Türk-Is 11 l’après-midi. Le même jour, n’ayant pas d’endroit où rester, ils occupèrent deux étages du bâtiment. Les jours suivants le 17 décembre, des manifestations eurent lieu dans la petite rue en face du siège du syndicat Türk-Is, au centre d’Ankara.

La lutte entre les ouvriers de Tekel et les syndicats du Türk-Is a marqué les jours suivants cette date jusqu’au Nouvel An. De fait, même au début de la grève, les ouvriers n’avaient pas confiance dans les dirigeants syndicaux. De chaque ville, ils avaient envoyé dans toutes les négociations deux ouvriers avec les syndicalistes. Le but était de faire en sorte que tous soient informés de ce qui se passait réellement. A la fois Tek Gida-Is et Türk-Is, ainsi que le gouvernement, attendaient que les grévistes renoncent au bout de quelques jours face à la fois au froid glacial de l’hiver d’Ankara, à la répression policière et aux difficultés matérielles. Évidemment, les portes de l’immeuble du Türk-Is furent immédiatement fermées un court moment pour empêcher les ouvriers d’y pénétrer. Contre cela, ces derniers réclamèrent avec succès que les femmes puissent se reposer dans l’immeuble et utiliser ses toilettes. Les ouvriers n’avaient pas l’intention de repartir. Un sérieux soutien leur fut apporté par la classe ouvrière d’Ankara et surtout par des étudiants des couches prolétariennes devant les difficultés matérielles. Une partie peut-être réduite mais néanmoins significative de la classe ouvrière d’Ankara se mobilisa pour accueillir les ouvriers chez eux. Au lieu de renoncer et de repartir, les ouvriers de Tekel se rassemblèrent chaque jour dans la petite rue en face de l’immeuble du Türk-Is, et commencèrent à discuter de comment faire avancer leur lutte. Il ne fallut pas longtemps pour réaliser que la seule solution pour dépasser leur isolement était d’étendre leur lutte au reste de la classe ouvrière.

Dans ce contexte, les ouvriers combatifs de toutes les villes qui avaient vu que le Tek Gida-Is et le Türk-Is ne faisaient rien pour eux essayèrent d’établir un comité de grève avec pour but principal de transmettre leurs revendications aux syndicats. Parmi ces revendications se trouvait la mise sur pied d’une grande tente pour les grévistes afin de célébrer collectivement le Nouvel An, ainsi que l'organisation d’une manifestation devant l’immeuble du Türk-Is. L’exécutif des syndicats s’opposa à cette initiative. Leur argument était qu’après tout, quel besoin avaient-ils des syndicats si les ouvriers se portaient en avant et prenaient le contrôle de leur lutte dans leurs propres mains ?! Cette attitude contenait derrière une menace à peine voilée : les ouvriers qui étaient déjà seuls craignaient d’être encore plus isolés si les syndicats leur retiraient leur soutien. Le comité de grève fut donc supprimé. A présent se posait la question de la volonté des ouvriers de conserver le contrôle de la lutte. Rapidement, ils s’efforcèrent de former des liens avec les ouvriers des usines du sucre qui se heurtaient déjà aux mêmes conditions du 4-C et allèrent vers les ouvriers des environs et dans les universités où ils étaient invités à expliquer leur lutte. En même temps, ils continuaient leur lutte contre la direction du Türk-Is qui n’était en aucune façon derrière eux. Le jour où le comité exécutif du syndicat se réunit, les ouvriers forcèrent les portes du quartier général syndical. La police anti-émeute fut mobilisée pour protéger le président du syndicat Mustafa Kumlu face aux ouvriers. Ceux-ci criaient des mots d’ordre comme : « Nous liquiderons qui nous trahit », « Le Türk-Is à votre devoir, vers la grève générale », « Kumlu, démission ». Kumlu n’osa pas se montrer jusqu’à ce qu’il ait annoncé une série d’actions, y compris lancer des appels à la grève et accepter les manifestations hebdomadaires face au bâtiment du syndicat. Il avait peur pour sa vie. Même après cette déclaration de Kumlu, les ouvriers ne le croyaient toujours pas. Un ouvrier de Tekel venant de Diyarbakir 12 déclara dans une interview : « Nous ne suivrons aucune décision prise par la direction syndicale pour arrêter la grève et nous faire repartir. Et si une décision d’arrêter la grève sans rien gagner est prise comme l’an dernier, nous pensons à saccager l’immeuble du Türk-Is et à y mettre le feu » 13. Il exprimait le sentiment de nombreux autres ouvriers de Tekel. Le Türk-Is revint sur son plan d’action lorsque la première grève d’une heure connut un taux de participation de 30% pour tous les syndicats. Les leaders syndicaux furent tout autant terrifiés que le gouvernement lui-même à l’idée de voir la lutte se généraliser. Après la chaleureuse manifestation du Nouvel An devant l’immeuble du Türk-Is, un vote à bulletins secrets fut organisé parmi les ouvriers pour décider s’ils continuaient ou retournaient chez eux. 99% votèrent pour la poursuite de la grève. Dans le même temps, un nouveau plan d’action, suggéré par le syndicat, commença à être mis en discussion : après le 15 janvier, il devait y avoir un sit-in de trois jours, suivi par une grève de la faim de trois jours et un jeûne complet de trois jours. Une manifestation avec une participation massive devait également avoir lieu, comme l’administration du Türk-Is le promettait. Les ouvriers pensaient au départ qu’une grève de la faim était une bonne idée. Étant déjà isolés, ils ne voulaient pas être oubliés et ignorés et pensaient qu’une grève de la faim pouvait éviter cela. Ils pensaient être embourbés face au Türk-Is et ressentaient le besoin de faire quelque chose. Une grève de la faim pouvait agir comme intimidation aussi pour le syndicat, pensaient-ils.

Un des textes les plus significatifs écrits par les ouvriers de Tekel a été publié ces jours-là. Il s’agit d’une lettre écrite par un ouvrier de Batman 14 aux ouvriers des usines de sucre : « A nos sœurs et frères ouvriers honorables et travailleurs de l’usine de sucre. Aujourd’hui, la lutte remarquable que les ouvriers de Tekel ont développée est une chance historique pour ceux dont les droits ont été retirés. Pour ne pas rater cette chance, votre participation dans notre lutte nous rendrait plus heureux et plus fort. Mes amis, j’aimerais spécialement indiquer que depuis longtemps les syndicalistes vous promettent l’espoir qu’ils « vont s’occuper de cette affaire ». Cependant, comme nous sommes passés par ce même processus, nous savons bien que ce sont de gens aisés qui n’y ont aucun intérêt vital à défendre. Au contraire, vous êtes ceux auxquels les droits seront enlevés et dont le droit au travail sera retiré. Si vous ne prenez pas part à la lutte aujourd’hui, demain sera trop tard pour vous. Cette lutte ne sera victorieuse que si vous êtes dedans et nous n’avons aucun doute ou manque de confiance en nous-mêmes pour nous en occuper. Parce que nous sommes sûrs que si les ouvriers sont unis et agissent comme un seul corps, il n’y a rien qu’ils ne puissent réussir. Avec ces sentiments, je vous salue avec ma plus profonde confiance et mon plus profond respect au nom de tous les ouvriers de Tekel. » 15 Cette lettre n’appelait pas seulement les ouvriers du sucre à rejoindre la lutte ; elle exprimait aussi très clairement ce qui s’était passé pour ces ouvriers de Tekel. En même temps, elle exprimait la conscience partagée par nombre d’entre eux qu’ils ne se battaient pas que pour eux-mêmes mais pour la classe ouvrière tout entière.

Le 15 janvier, d’autres ouvriers de Tekel vinrent à Ankara pour participer au sit-in. A présent, ils étaient presque 10 000 sur la place Sakarya. Certains membres de leurs familles étaient venus avec eux. Les ouvriers avaient pris des jours de congés maladie et des vacances pour venir à Ankara et la plupart d’entre eux devaient revenir plusieurs fois pour renouveler leurs permis de vacances. Presque tous les ouvriers de Tekel étaient présents 16. Une manifestation avec une large participation fut planifiée pour le samedi 16 janvier. Les forces de l’ordre craignaient cette manifestation car elle pouvait faire naître la généralisation et l’extension massive de la lutte. La possibilité que des ouvriers arrivent le samedi pour la manifestation en passant la nuit et tout le dimanche avec les ouvriers de Tekel pouvait conduire à la construction de liens forts et massifs. Aussi, la police insista pour que la manifestation démarre le dimanche, et le Türk-Is, dans une manœuvre typique, affaiblit un peu plus la manifestation en faisant en sorte que les ouvriers des villes kurdes ne viennent pas. Il avait été aussi calculé que passer deux nuits dans l’hiver glacé d’Ankara, sans bouger en sit-in dans la rue, briserait la résistance et la force des ouvriers. On vit lors de la manifestation du 17 janvier que ce calcul était une sérieuse erreur.

Celle-ci commença dans le calme. Les ouvriers qui se rassemblaient à Ankara et plusieurs groupes politiques commencèrent à 10 h à marcher de la gare vers la place Sihhiye. Dans la manifestation, sous le regard de dizaines de milliers d’ouvriers, d’abord un ouvrier de Tekel, puis un pompier et un ouvrier du sucre prirent la parole sur une estrade. L’explosion de colère n’eut lieu qu’après quand Mustafa Kumlu s’installa à la tribune. Kumlu, qui ne s’est jamais préoccupé de la lutte ni des conditions de vie des ouvriers de Tekel fit un discours complètement modéré, conciliateur et vide. Le Türk-Is avait fait un effort particulier pour garder les ouvriers à distance de l’estrade et avait mis devant les ouvriers métallurgistes, qui n’étaient pas du tout au courant de ce qui se passait devant eux. Mais ceux de Tekel, leur demandant de les laisser passer, s’arrangèrent pour venir directement devant la tribune. Tout au long du discours de Kumlu, ils firent de leur mieux pour l’interrompre avec leurs mots d’ordre. La dernière offense à l’égard des ouvriers fut l’annonce qu’après Kumlu, ce serait Alisan, un chanteur de pop qui n’avait rien à voir avec le mouvement, qui allait donner un concert. Les ouvriers investirent l’estrade, commençant à crier leurs mots d’ordre et malgré le fait que les chefs syndicaux baissaient la sono, les ouvriers qui étaient venus à la manifestation reprirent le micro. Pour cette fois, le syndicat perdit complètement le contrôle. C’était les ouvriers qui l’avaient. Les chefs syndicaux, se ruant sur l’estrade, commencèrent à faire des discours radicaux d’un côté et à essayer de l’autre d’en chasser les ouvriers. Comme cela ne marchait pas, ils essayèrent de les provoquer les uns contre les autres et s’en prirent aux étudiants et aux ouvriers qui venaient les soutenir. Les syndicalistes tentèrent encore de diviser les ouvriers qui étaient à Ankara depuis le début de la lutte de ceux qui étaient arrivés récemment, et ils essayèrent de cibler ceux qui venaient offrir leur aide. A la fin, les chefs syndicaux tentèrent de faire descendre ceux qui occupaient l’estrade, et convainquirent l’ensemble de retourner rapidement devant l’immeuble du Türk-Is. Le fait que les discours concernant les grèves de la faim et les jeûnes complets étaient mis en avant pour faire tomber les mots d’ordre sur la grève générale est, selon nous, intéressant. En aucun cas retourner vers l’immeuble du Türk-Is n’était assez pour éteindre la colère des ouvriers. Des mots d’ordre comme « Grève générale, résistance générale », « Türk-Is ne doit pas abuser de notre patience » et « Nous liquiderons qui nous trahit » étaient à présent criés devant le bâtiment. Quelques heures plus tard, un groupe d’environ 150 ouvriers se mit à casser la barricade dressée par les bureaucrates devant les portes du bâtiment et l’occupèrent. Les ouvriers de Tekel qui cherchaient Mustafa Kumlu dans l’immeuble commencèrent à crier « Ennemi des ouvriers, larbin de l’AKP » lorsqu’ils atteignirent la porte de Kumlu. Après la manifestation du 17 janvier, les efforts pour mettre en place un autre comité de grève resurgirent parmi les ouvriers. Ce comité était constitué d’ouvriers qui ne pensaient pas qu’une grève de la faim était une façon adaptée pour faire avancer la lutte et qu’il fallait au contraire étendre celle-ci. L’effort pour le former était connu de tous les ouvriers et soutenu par une très grande majorité. Ceux qui ne le soutenaient pas activement, n’étaient pas non plus contre. Parmi les tâches assignées au comité, plutôt que de transmettre leurs revendications aux syndicats, l’objectif fut de mettre en œuvre la communication et l’auto-organisation dans les rangs ouvriers. Comme le précédent comité de grève, celui-ci était entièrement composé d’ouvriers et complètement indépendant des syndicats. La même détermination d’auto-organisation permit que des centaines d’ouvriers de Tekel puissent se joindre à la manifestation des employés du secteur de la santé qui était en grève le 19 janvier. Le même jour, alors qu’il avait été permis à seulement une centaine d’ouvriers de participer à une grève de la faim de trois jours, 3000 ouvriers les rejoignirent, malgré le sentiment général parmi les ouvriers que cette grève de la faim n’était pas le moyen le plus approprié pour faire avancer la lutte. La raison qu’ils invoquaient était qu’ils ne voulaient pas laisser leurs camarades faire cette grève de la faim seuls, qu’ils voulaient, par solidarité, s’engager avec eux et partager ce qu’ils allaient traverser.

Bien que les ouvriers de Tekel aient fait des réunions régulières entre eux selon les villes d’où ils venaient, une assemblée générale avec tous les ouvriers participants n’avait pas été possible. Cela étant dit, depuis le 17 décembre, la rue face à l’immeuble du Türk-Is avait pris le caractère d’une assemblée générale informelle mais régulière. La place Sakkarya, ces jours-là, était pleine de centaines d’ouvriers de différentes villes, discutant comment développer la lutte, comment l’étendre, quoi faire. Une autre caractéristique importante de la lutte fut comment les ouvriers des différentes régions ethniques réussirent à s’unir contre l’ordre capitaliste malgré les provocations du régime. Le mot d’ordre « Ouvriers kurdes et turcs tous ensemble », lancé dès les premiers jours de la lutte, l’a exprimé très clairement. Dans la lutte de Tekel, de nombreux ouvriers de la région de la mer Noire dansèrent le Semame, et de nombreux kurdes firent la danse d’Horon pour la première fois de leur vie. 17 Un autre aspect significatif de l’approche des ouvriers de Tekel a été l’importance qu’ils donnèrent à l’extension de la lutte et à la solidarité ouvrière, et cela non pas sur la base étroite du nationalisme mais sur celle incluant le soutien mutuel et la solidarité des ouvriers du monde entier. Aussi, les ouvriers de Tekel évitèrent que des factions de la classe dominante dans l’opposition se servent de la lutte pour leurs propres buts car ils n’avaient aucune confiance en elles. Ils furent attentifs à comment le Parti Républicain du Peuple 18 (CHP, Cumhuriyet Halk Partisi) attaquait les ouvriers qui étaient licenciés de Kent AS 19, comment le Parti du Mouvement Nationaliste 20 (MHP, Milliyetçi Hareket Partisi) a joué son rôle dans l’aggravation de la politique étatique et anti-ouvrière. Un ouvrier a exprimé cette conscience très clairement : « Nous avons compris ce que nous sommes tous. Ceux qui ont voté pour la loi de privatisation nous disent aujourd’hui comment ils comprennent notre situation. Jusqu’ici, j’ai toujours voté pour le Parti du Mouvement Nationaliste. Ce n’est que dans cette lutte que j’ai rencontré des révolutionnaires. Je suis dans cette lutte parce que je suis un ouvrier. Les révolutionnaires sont toujours avec nous. Le Parti du Mouvement Nationaliste et le Parti Républicain du Peuple font cinq minutes de discours ici et puis s’en vont. Ils y en avaient parmi nous qui les chérissaient lorsqu’ils sont venus ici. A présent, la situation n’est plus la même. » 21 L’exemple le plus frappant de cette conscience s’est vu lorsque les ouvriers de Tekel ont empêché de parler des fascistes de l’Alperen Ocakları 22, la même organisation qui avait attaqué les ouvriers de Kent AS qui manifestaient dans le Parc Abdi Ipekçi parce qu’ils étaient Kurdes. La lutte de ceux de Tekel a également constitué un important soutien aux pompiers qui avaient été brutalement attaqués après leur première manifestation en leur redonnant le moral pour reprendre la lutte. De façon générale, les ouvriers de Tekel ont donné l’espoir non seulement aux pompiers mais à tous les secteurs de la classe ouvrière en Turquie qui veulent entrer en lutte. Ils ont fait en sorte de permettre à tous les ouvriers de participer à la grève. C’est pourquoi aujourd’hui, ils se tiennent fièrement à l’avant-garde de la classe ouvrière en Turquie. Ils ont permis aux ouvriers de Turquie de sortir du sommeil où ils étaient depuis des années en les faisant rejoindre les luttes ouvrières du monde entier. Ils représentent les graines de la grève de masse, comme celles qu’on a vu secouer le monde ces dernières années de l’Egypte à la Grèce, du Bangladesh à l’Espagne, de l’Angleterre à la Chine.

Cette lutte est toujours en cours, et nous pensons qu’il n’est pas encore temps d’en tirer toutes les leçons. Avec l’idée d’une grève de la faim et d’un jeûne total poussée en avant d’un côté, et de l’autre celle d’un comité de grève mis en œuvre par les ouvriers qui ne trouvent pas adaptée la grève de la faim pour la lutte et veulent au contraire l’étendre, avec les bureaucrates du Türk-Is qui font partie de l’Etat d’un côté et de l’autre les ouvriers qui veulent une grève générale, il est difficile de prévoir ce qui attend cette lutte, où elle ira, quels résultats elle obtiendra. Ceci étant dit, nous devons mettre l’accent sur le fait que, quelle qu’en soit l’issue, l’attitude remarquable des ouvriers de Tekel laissera des leçons inestimables pour toute la classe ouvrière.

Gerdûn - Courant Communiste International

1 Tekel est la compagnie qui a eu le monopole d’Etat de toutes les entreprises de production d’alcool et de tabac.

2 Respectivement, la Confédération de Gauche des Syndicats des Ouvriers du Secteur Public, la Confédération des Syndicats Ouvriers Révolutionnaires, et la plus importante, la Confédération des Syndicats des Employés du Public, connu pour ses sympathies pro-fascistes.

3 Premier ministre, également dirigeant du Parti de la Justice et du Développement ou AKP (AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi).

4 http://www.cnnturk.com/2009/turkiye/12/ ... ke...72.0/

5 Ville du Kurdistan turc.

6 http://www.evrensel.net/haber.php?haber_id=63999
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Re: Turquie

Messagede Antigone le Sam 3 Avr 2010 12:56

Secours rouge - 02 avr 2010

Turquie: Manifestation ouvrière violemment réprimée

Cela fait des mois maintenant que les ouvriers de l'usine Tekel manifestent à travers la Turquie.
Plus de 10.000 d'entre eux ont été récemment licenciés après que Tekel ait été vendu au British American Tobacco Investments Ltd. par le gouvernement turc. La manifestation d'hier, pour laquelle le président de la Confédération des Syndicats Turcs ne s'était pas vu accorder l'autorisation demandée au ministre de l'Intérieur, avait pour objectif d'attirer l'attention sur la condition critique de tous les ouvriers licenciés. Le gouvernement leur a attribué des contrats pour travailler ailleurs, mais à des conditions insuffisantes (CDD renouvelables tous les 11 mois plutôt que des CDI,...) par rapport à celles dont ils disposaient chez Tekel.
Les forces de l'ordre ne se sont pas privées pour disperser ce rassemblement non autorisé de faire usage de leur gaz lacrymogène afin d'aveugler et de disperser les manifestants.

Euronews - 02 avr 2010

Turquie : les salariés de Tekel ne baissent pas les bras

Les ouvriers de Tekel ont affronté les forces de l’ordre à Ankara. 15 personnes ont été arrêtées par la police qui repoussait les manifestants à coups de matraque et de gaz lacrymogènes. Les salariés de Tekel, l’Entreprise publique de production de Tabac et d’Alcool, protestent contre la réduction de leurs salaires, mais aussi de leur temps de travail. En décembre dernier, ils ont été des dizaines de milliers, venus de toute la Turquie, à suivre une grève de 78 jours pour défendre leur travail et leurs droits. Bravant le froid, ils avaient vécu sous des tentes à Ankara jusqu’en mars.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2002, l’AKP, comme les gouvernements précédents, a accéléré la privatisation des entreprises publiques au profit des grandes entreprises multinationales étrangères. En février 2008, TEKEL était acheté 1,7 milliards de dollars par le groupe britannique British American Tobacco, deuxième cigarettier mondial.
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Re: Turquie

Messagede Nico37 le Lun 19 Avr 2010 18:37

Turquie : Aggravation de l’état de santé de Güler Zere

Le 6 novembre dernier, la militante turque du DHKP-C Güler Zere était libérée après 14 années de détention pour raison de santé. Atteinte d’un cancer en phase terminale, c’est suite à quatre mois de combats face aux autorités turques ainsi que grâce à une grosse mobilisation internationale qu’elle est sortie de prison. Dans les premières semaines, son état de santé s’était progressivement amélioré, mais aujourd’hui, nous apprenons qu’elle a été transportée à l’hôpital d’Istanbul dans un état critique. Il semblerait que son cancer de la gorge se soit aggravé au point qu’elle ne puisse plus manger, et selon son avocat, elle vivrait ses derniers instants. ’Elle est restée trop longtemps en prison. Ils ne l’ont laissée sortir qu’après que son cancer se soit répandu dans tout son corps. La seule chose qui peut être faite maintenant, c’est de tenter de soulager sa douleur’.
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Re: Turquie

Messagede Antigone le Sam 22 Mai 2010 17:57

Les images de la répression policière sur Euronews ne sont plus disponibles...

AFP, Le Quotidien (Luxembourg) - 20 mai 2010
http://lequotidien.editpress.lu/index.p ... corps.html

Accident minier en Turquie: 28 corps retrouvés,la sécurité en question

Les corps sans vie de 28 mineurs turcs ont été retrouvés jeudi dans une mine de charbon du nord de la Turquie où ils étaient coincés depuis lundi après un coup de grisou, relançant la polémique sur la sécurité, après ce troisième accident en six mois.

"Nous avons retrouvé les corps de 28 personnes", à plus de 500 mètres de profondeur, a dit le ministre de l'Energie Taner Yildiz aux chaînes de télévision sur les lieux de sinistre où il dirigeait les opérations de secours. Selon le ministre, les mineurs sont morts d'asphyxie. Taner Yildiz a précisé que les secours tentaient de localiser les deux autres mineurs portés disparus après la déflagration dans la mine Karadon, près de la ville portuaire de Zonguldak sur les bords de la mer Noire. Aucun contact n'a pu être depuis établi avec eux depuis l'explosion provoquée par un coup de grisou.

Huit mineurs qui s'étaient retrouvés coincés dans un ascenseur après l'explosion ont pu être sauvés. Le ministre a promis un contrôle plus accru sur les mines du pays. Mercredi, les 400 secouristes qui ne travaillaient qu'à l'aide de marteaux et de pics sous terre pour ne pas provoquer un feu dans les galeries où l'odeur du méthane se faisait encore sentir, avaient indiqué qu'il fallait encore quatre jours pour parvenir aux hommes bloqués. Il s'agit du troisième accident en six mois dans une mine turque. Les violations des règles de sécurité ont contribué par le passé à des accidents.

En février, une explosion due au méthane a fait 13 morts dans une mine de charbon située dans la province de Balikesir (nord-ouest). En décembre, un drame similaire a coûté la vie à 19 mineurs dans la province voisine de Bursa. La plus grande catastrophe minière en Turquie remonte à 1992: un coup de grisou avait fait 263 morts près de Zonguldak, province où sont regroupées des dizaines d'exploitations houillères, publiques ou privées.
Le chef de l'Etat Abdullah Gül a ordonné mercredi une enquête sur ces trois accidents.
L'annonce du ministre a donné lieu à des scènes d'émotion parmi les proches des mineurs qui se sont effondrés en larmes, selon les chaînes de télévision. Les familles attendaient depuis des jours devant l'exploitation pour avoir des nouvelles des hommes portés disparus.
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan qui s'est déplacé mercredi dans la zone du sinistre a été copieusement hué par des mineurs et leurs proches qui accusaient les autorités de ne pas en faire assez pour retrouver les membres de leur famille. Ils ont violemment été dispersés par la police.

"Les gens de cette région sont en fait familiers de ces incidents. La mort fait partie du destin du métier de mineur", a indiqué le Premier ministre lors d'un discours,
critiqué jeudi par une partie de la presse. Les spécialistes ont dénoncé les gestionnaires de l'exploitation qui n'auraient pas respecté les normes de sécurité. "La compagnie qui gère la mine a-t-elle pris toutes les précautions?" s'est interrogé Cemalettin Sagtekin de la chambre des ingénieurs miniers sur la chaîne privée NTV. "Nous réclamons davantage de contrôles. La mort ne devrait pas être un destin du mineur", a-t-il dit.
La Turquie produit annuellement environ 3 millions de tonnes de charbon utilisé quasi-essentiellement pour la production d'électricité.
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Re: Turquie

Messagede Antigone le Dim 23 Mai 2010 13:23

RFI - 23 mai 2010
http://www.rfi.fr/contenu/20100523-turq ... -mer-noire

Turquie : révolte écologique sur la mer Noire
Par Jean-Arnault Dérens

Tous les dimanches des milliers de personnes originaires des bords de la mer Noire se rassemblent près des quais de Kadikoy, sur la rive asiatique d’Istanbul, pour manifester contre les projets pharaoniques qui risquent de défigurer à jamais leur région : centrale nucléaire à Sinop, centaines de barrages prévus dans les vallées qui descendent de la montagne vers la mer, de Samsun à Artvin. Parallèlement à la destruction du littoral, la pêche autrefois florissante en mer Noire est aujourd'hui menacée.


Passé Sinop, tout le littoral a été détruit par la construction de l’autoroute qui file de Basra jusqu’à la frontière géorgienne, sur plus de 600 kilomètres. L’autoroute prive les villes de tout accès à la côte. Ces bourgades champignons alignent des centaines d’immeubles souvent inachevés, qui abritent une population récemment descendue des montagnes, dans l’espoir de trouver des conditions de vie meilleure. Il n’y a pourtant guère d’emploi, hormis dans le secteur de la construction.

L’autoroute a même parfois été construite sur des terrains gagnés sur la mer, aujourd’hui menacés par l’érosion. Pour essayer de prévenir le phénomène, des digues de béton sont construites tous les quelques kilomètres. Le remède est pourtant peut-être pire que le mal, car ces digues retiennent les sédiments et ne font que déplacer le problème quelques centaines de mètres plus loin. Parfois quelques bateaux de pêche mouillent à l’abri de ces jetées, mais ces nouveaux ports, que l’on ne peut atteindre qu’en traversant l’autoroute, n’offrent aucun service et beaucoup de bateaux semblent abandonnés.

La pêche aujourd’hui menacée

La pêche, autrefois florissante en mer Noire est aujourd’hui menacée par l’épuisement de la ressource halieutique. Les marins ne remontent plus guère que des anchois, alors que nos amis d’Istanbul nous parlaient avec émotion des merveilleux poissons de leur enfance, des crabes, des araignées et des énormes turbots du Bosphore. En mer Noire, la Russie a imposé une stricte limite des zones de pêche à la Turquie, car les bateaux turcs ratissaient le fond de la mer, mais les deux pays ne se privent toujours pas de se livrer à la surpêche.

Trois centrales sont en cours de construction dans la vallée d’Ikizdere, à l’est de Trabzon. De Kalkandere jusqu’à Ikizdere, le bas de la vallée n’est plus qu’un immense chantier. Selon le dernier projet, pas moins de 15 régulateurs devraient, à terme, canaliser les eaux de la rivière. Les projets déposés par les compagnies privées qui poursuivent ces travaux sont régulièrement cassés par la justice, mais les entreprises ne se découragent pas, présentant sans cesse de nouveaux « rapports d’impact environnemental ». Ces rapports sont exigés par la loi, mais ce sont les entreprises qui doivent elles-mêmes les commanditer auprès de cabinets spécialisés, ce qui ouvre bien évidemment la porte à toutes les dérives.

L’hôtel Rizos, au-dessus d’Ikizdere, est un immense établissement thermal qui vient d’ouvrir ses portes. L’impact environnemental de ce vaste complexe mériterait d’être critiqué, mais la direction de l’hôtel a rejoint la lutte contre les barrages. Un régulateur risque en effet d’être construit à cinquante mètres de l’établissement, ce qui aurait pour effet de détourner les eaux thermales, privant l’hôtel de sa raison d’être. Le manager nous explique que l’Etat a donné son accord à la construction de l’hôtel, en assurant que les barrages resteraient limités au bas de la vallée. Un militant écologiste résume la situation : « En Turquie, l’Etat peut toujours s’offrir le luxe de promettre tout et son contraire aux uns et aux autres. Il n’est jamais obligé de tenir sa parole ».

La mobilisation unit toute la population

La mobilisation contre le barrage unit toute la population de la vallée, qui a multiplié les manifestations et les sit-in devant les chantiers. Le vice-maire de la bourgade, Nezir Bekiroglu, explique que la commune est impuissante à s’opposer à ces projets. La mairie est contrôlée par l’AKP, le parti du Premier ministre Erdogan, mais la révolte écologiste gagne aussi les sympathisants du parti au pouvoir.

Selco Guney possède une petite pension dans la vallée de la Fιrtιna, un peu plus à l’est, l’une des plus sauvages et les plus belles de la région. Cette vallée a été l’une des premières concernées par les projets de barrages, mais la mobilisation des habitants a fait, pour l’instant, reculer le gouvernement. Selco Güney est aussi le porte-parole local de la plate-forme écologique. Celle-ci fédère tous les habitants de la région, et possède des correspondants dans chaque vallée. Il nous explique que, selon les projets heureusement repoussés, la vallée de la Fιrtιna aurait dû satisfaire 0,04% des besoins énergétiques de la Turquie, alors que les écologistes estiment à 30% les pertes d’énergie liées à un système de transport défectueux, au niveau national.

Les projets de barrages se multiplient depuis 15 ans, depuis la privatisation du marché de l’énergie, et la fin du monopole du Turkiye Elektrik Kurumu, la compagnie nationale. L’Etat se contente de jouer un rôle de régulateur du marché par le biais de son agence EPDK, et cède des rivières aux compagnies privées en concession pour 49 ans. Au total, pas moins de 1300 projets de barrages auraient été déposés dans tout le pays. La Turquie, qui achetait autrefois de l’énergie à la Bulgarie, est devenue autosuffisante, mais les compagnies privées visent l’exportation, notamment vers le Caucase, tandis que les prix flambent dans les grandes villes comme Istanbul.
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Re: Turquie

Messagede Antigone le Jeu 10 Juin 2010 11:43

ICC Online - 05 jun 2010
http://fr.internationalism.org/icconlin ... rquie.html

"Si les syndicats sont de notre côté, pourquoi y a-t-il 15 000 policiers anti-émeute entre eux et nous ?"

Nous publions ci-dessous la traduction d'un article réalisé par un ouvrier de Turquie qui a participé aux luttes de Tekel et qui a sympathisé avec la section du CCI dans ce pays. Nous adressons nos plus chaleureux remerciements à ce travailleur.

Les grèves de Tekel sont très peu connues au niveau international car un véritable black-out médiatique est orchestré par la bourgeoisie. La classe dominante préfère évidemment braquer ses projecteurs sur toutes les expressions de nationalisme (qu'elle-même engendre d'ailleurs le plus souvent) et passer sous un silence de plomb les manifestations de solidarité ouvrière entre travailleurs de différentes origines ethniques, culturelles, religieuses… Nous demandons donc à tous nos lecteurs de faire circuler autour d'eux toutes les informations disponibles sur cette lutte.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Le 2 mars, en dépit de toutes nos objections, les tentes ont été démontées par les dirigeants syndicaux et la rue en face du QG de Turk-Is a été nettoyée de notre présence, puisqu'on nous a dit que nous devions retourner chez nous. 70 à 80 d'entre nous sont restés à Ankara pour discuter de ce que nous pourrions faire les trois jours suivants. Après ces trois jours, 60 d'entre nous sont retournés dans leur ville d'origine, et 20 d'entre nous, dont moi-même, sont restés deux jours de plus. Ainsi, bien que la lutte d'Ankara ait duré 78 jours, nous sommes restés 83 jours. Nous avons convenu que nous devions travailler très dur afin de faire progresser la lutte, et moi aussi je suis finalement retourné à Adiyaman. Dès mon retour d'Ankara, 40 d'entre nous sont allés rendre visite à nos frères et sœurs de classe impliqués dans la grève de Cemen Tekstil à Gaziantep. La lutte de Tekel était un exemple pour la classe. En tant que travailleur de Tekel, j'étais fier et je pensais aussi que nous pourrions faire plus pour notre classe et que je devais contribuer à ce combat. Bien que ma situation économique ne me le permette pas et malgré l'épuisement consécutif à 83 jours de lutte et d'autres problèmes, je devais faire l'impossible pour faire aller plus loin le processus. Ce que nous devions faire était de former un comité officiel et de prendre le processus en nos propres mains. Même si nous ne pouvions pas le formaliser, nous devions lui donner forme en gardant le contact avec les travailleurs de toutes les villes, puisque nous devions retourner à Ankara le 1er avril.
Nous devons aller partout où nous pouvons pour raconter aux gens la lutte de Tekel dans ses moindres détails. Pour cela, nous devons former un comité et nous unir à la classe. Notre tâche est plus difficile qu'il n'y paraît ! D'une part, nous avons affaire au capital, d'autre part, à la fois au gouvernement et aux leaders syndicaux. Nous devons tous lutter de la meilleure façon possible. Même si notre situation économique n'est pas bonne, même si nous sommes physiquement fatigués, si nous voulons la victoire, nous devons lutter, lutter, lutter !

Bien que j'aie été loin de ma famille pendant 83 jours, je ne suis resté à la maison que pendant une semaine. Je suis allé à Istanbul pour parler aux gens de la résistance de Tekel, sans même pouvoir voir ma femme et mes enfants. Nous avons eu de nombreuses réunions du comité informel des travailleurs de Tekel, notamment à Diyarbakir, Izmir, Hatay, et j'ai participé à de nombreuses réunions avec des camarades de la commission informelle à Istanbul. Nous avons eu des réunions à l'Université Mimar Sinan, une dans l'école hôtelière de Sirinevler, une dans le bâtiment du syndicat de l'Industrie, nous avons eu des discussions avec des pilotes et d'autres travailleurs de l'aéronautique du mouvement dissident Rainbow de Hava-Is (un syndicat), et nous avons rencontré des salariés de la magistrature. Nous avons également rencontré le président du Parti de la Paix et de la Démocratie d'Istanbul et lui avons demandé que les travailleurs de Tekel puissent parler à l'occasion du jour férié Newroz. Les réunions ont toutes été très chaleureuses. Notre requête auprès du PDP a été acceptée et ils m'ont demandé de participer aux manifestations de Newroz comme orateur. Comme je devais retourner à Adiyaman, j'ai suggéré qu'un camarade ouvrier d'Istanbul parle à ma place. Pendant que j'étais à Istanbul, j'ai rendu visite aux pompiers en lutte, aux ouvriers de Sinter Metal, aux travailleurs municipaux d'Esenyurt, aux grévistes du journal Sabah et de ATV, le dernier jour, aux travailleurs en lutte du Service des Eaux et des Égouts d'Istanbul (ISKI). Nous avons parlé avec ces ouvriers pendant une demi-journée sur comment nous pouvions faire grandir la lutte et nous leur avons aussi donné des informations sur la lutte de Tekel. Les ouvriers de ISKI m'ont d'abord dit qu'ils ont commencé leur lutte avec le courage qu'ils avaient acquis grâce aux travailleurs de Tekel. Pendant la semaine que j'ai passée à Istanbul, partout où j'allais, à la manifestation ou en allant visiter des lieux de lutte, j'entendais : « Nous avons eu du courage grâce à Tekel », ce qui me rendait des plus heureux. Le temps que j'ai passé à Istanbul a été très enrichissant pour moi aussi. Il y a eu aussi bien sûr des mauvaises choses : un de mes proches est malheureusement décédé mais j'ai décidé de ne pas partir et de rester toute la semaine comme prévu.

Pour parler des choses plus noires de cette période, 24 élèves, frères et sœurs de classe, ont été expulsés de leur lycée (Mehemetcik High School) pour avoir soutenu la lutte de Tekel. A Ankara aussi, une de nos sœurs de classe du Conseil de la Recherche Scientifique et Technologique de Turquie (TUBITAK), Aynur Camalan, a été abattue. Lorsque le capital nous attaque de cette façon, nous, ouvriers, sans aucune pitié, nous devons nous unir contre lui. Aussi, avons-nous fait deux annonces dans la presse à Adiyaman et avons montré que nos amis ne sont pas seuls. Nous nous sommes aussi préparés pour la manifestation du 1er avril. Ce que les leaders syndicaux voulaient, c'était aller à Ankara avec 50 personnes de chaque ville, avec un total de mille. En tant que comité informel, nous avons augmenté ce nombre de 50 à 180 seulement à Adiyaman, et je suis moi-même venu à Ankara avec dix autres ouvriers le 31 mars. Malgré toutes les déclarations des syndicats pour limiter le nombre à 50, nous avons réussi à aider 180 travailleurs à venir (c'est nous et non les syndicats qui avons couvert les frais), car nous savions comment les syndicats voulaient manipuler, comme il le faisaient auparavant. Nous avons eu des réunions avec de nombreuses organisations massives, des associations et des syndicats. Nous avons rendu visite à Aynur Camalan, l'ouvrière de TUBITAK, qui avait perdu son emploi.

Le 1er avril, nous nous sommes réunis dans Kizilay [le centre d'Ankara, la capitale de la Turquie, NDT], mais nous avons dû faire beaucoup d'efforts pour arriver jusqu'à la rue en face de Turk-Is, parce que 15 000 policiers gardaient le bâtiment. Que faisaient tous ces policiers devant nous et devant le syndicat ? Maintenant, nous devons demander à ceux qui se dressent contre nous, même quand nous parlons des dirigeants syndicaux, même lorsque nous disons que les syndicats devraient être remis en question : s'il y a une puissante barricade de 15 000 policiers entre nous et le syndicat, pourquoi les syndicats existent-ils ? Si vous me dites qu'il est tout à fait naturel que la police protège le syndicat et les dirigeants syndicaux, cela ne veut-il pas dire que le syndicat et les syndicalistes protègent le gouvernement et le capital ? Est-ce que les syndicats n'existent pas que pour maintenir les travailleurs sous contrôle pour le compte de capital ?

Le 1er avril, malgré tout, 35 à 40 d'entre nous ont réussi à franchir la barricade, un par un, pour se retrouver dans la rue en face de Turk-Is. Notre but était d'avoir une certaine majorité et de manœuvrer pour que nos autres amis nous rejoignent, mais nous avons échoué, malheureusement, notre majorité ne pouvait pas négocier avec 15 000 policiers. Le syndicat avait précédemment déclaré que seulement 1 000 d'entre nous devaient venir à Ankara. Avec le comité informel, nous avons réussi à augmenter ce nombre à 2 300. 15 000 policiers bloquaient la route à 2 300 personnes ! Nous nous sommes réunis dans la rue Sakarya. Nous étions prêts à y passer au moins la nuit, avec tous ceux qui étaient venus nous encourager. Dans la journée, nous avons été attaqués à deux reprises par la police avec des gaz au poivre et des matraques. Notre but était bien sûr de passer la nuit dans la rue en face du QG de Turk-Is, mais lorsque nous nous sommes heurtés à la police, nous sommes restés dans la rue Sakarya. Mais pendant la nuit, les syndicalistes ont silencieusement et sournoisement appelé nos camarades ouvriers à quitter la région. Nous nous sommes retrouvés une minorité. Les syndicalistes m'ont aussi demandé à deux reprises de quitter la zone, mais nous n'avons pas tenu compte de l'appel des dirigeants syndicaux et une certaine minorité d'entre nous est restée. Lorsque les sympathisants sont partis autour de 23h, nous avons dû nous aussi partir.

Il devait y avoir un communiqué de presse le 2 avril. Quand nous avons été sur le point d'entrer dans la rue Sakarya à environ 9h du matin, nous avons été attaqués par la police, qui a de nouveau utilisé des gaz au poivre et des matraques. Une heure plus tard, une centaine d'entre nous ont réussi à franchir la barricade et à faire un sit-in. La police n'arrêtait pas de nous menacer. Nous avons continué à résister. La police a finalement dû ouvrir la barricade et nous avons réussi à nous unir avec l'autre groupe qui était resté en dehors. Nous avons commencé à marcher vers Turk-Is, mais les dirigeants syndicaux ont fait leur annonce à la presse à 100 mètres du QG de Turk-Is. Sans tenir compte de notre insistance, les dirigeants syndicaux ne sont pas descendus dans la rue en face de Turk-Is. Le syndicat et la police se sont retrouvés main dans la main, et ainsi certains d'entre nous n'ont finalement pas pu aller là où nous voulions aller. Il y avait un point intéressant parmi les choses que les syndicalistes avaient dites. Ils avaient dit que nous reviendrions le 3 juin et resterions en face de Turk-Is pendant trois nuits. Il est intéressant de savoir comment nous parviendrons à y rester pendant 3 nuits, alors que nous n'avons même pas pu y rester une seule nuit. La police devait d'abord protéger les syndicalistes contre nous et les aider à s'échapper et alors nous nous sommes retrouvés seuls avec la police. Malgré les menaces et les pressions de la police, nous ne nous sommes pas dispersés et nous avons à nouveau été attaqués avec du gaz au poivre et des matraques et avons dû finalement nous disperser. Dans l'après-midi, nous avons eu une couronne noire faite par certains fleuristes pour condamner Turk-Is et le gouvernement, que nous avons laissé en face de l'immeuble de Turk-Is.

Chers frères et sœurs de classe, ce que nous avons comme question est : s'il y a 15 000 policiers qui forment une barricade entre le syndicat et les ouvriers, pourquoi les syndicats existent-ils ? Je déclare à tous mes frères et sœurs de classe, que si nous voulons la victoire, nous devons lutter ensemble. Nous, ouvriers de Tekel, avons allumé une étincelle et nous allons tous ensemble en faire une énorme boule de feu. Dans ce sens, pour exprimer mon respect pour vous tous, je tiens à terminer mon texte avec un poème (*):

La vapeur du thé s'envole alors que nos vies sont encore fraîches

Les vêtements forment une chaîne aussi longue que les routes, et il n'y a que le chagrin qui revienne

Un Bol de riz, ils disent que notre nourriture est tombée du ciel

Les désirs deviennent des routes, des routes d'où vient le travail

La faim, c'est pour nous; le froid, c'est pour nous: la pauvreté c'est pour nous

Ils appellént ça le destin, vivre avec lui, c'est pour nous

Nous qui nourrissons, nous qui avons faim, nous qui sommes à nouveau nus

Nous n'avons pas écrit ce destin, nous qui allons le briser à nouveau

Nous, travailleurs de Tekel, disons que même si notre tête touche le sol, nous laisserons toujours un avenir honorable à nos enfants.

Un travailleur de Tekel de Adiyaman

(*) il est toujours difficile de traduire un poème. Nous espérons ne pas trop avoir altéré ni le sens ni sa "musique".

Je me suis permis de retoucher quelque peu la grammaire de ce poème.
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Re: Turquie

Messagede Antigone le Jeu 6 Jan 2011 15:18

RFI - 06 jan 2011
http://www.rfi.fr/europe/20110106-turqu ... -etudiante

En Turquie, la police réprime violemment une manifestation étudiante

ISTANBOUL - Des heurts ont éclaté, mercredi 5 janvier 2011, à Ankara en Turquie entre des étudiants et la police lors d’une manifestation. Depuis plusieurs semaines, la colère gronde dans les universités du pays après plusieurs violentes confrontations avec les forces de l’ordre ces dernières semaines. C’est d’ailleurs contre ce climat de répression que manifestaient près de 500 étudiants, ce mercredi à Ankara, avant que les policiers ne les dispersent à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau.
Voilà plus d’un mois que les universités turques montrent des signes d’énervement, qui ne sont pas sans lien avec l’atmosphère de pré-campagne électorale dans laquelle le pays s’installe, avec le scrutin législatif de juin prochain qui approche.

Tout avait commencé par des œufs jetés par des étudiants sur le ministre des Affaires européennes lors d’une visite d’université. Les responsables présumés ont été poursuivis et depuis, les manifestations sont récurrentes.
Le 4 décembre, un rassemblement devant les bureaux du Premier ministre avait été si brutalement réprimé qu’une jeune manifestante enceinte avait perdu le bébé qu’elle portait et depuis, bien sûr, la colère estudiantine ne se calme pas.
C’est pour protester contre la répression policière qu’un groupe de 500 étudiants de l’Université technique du Moyen-Orient à Ankara, connue pour son activisme gauchiste, entendait marcher sur le siège du Parti de la justice et du dveloppement au pouvoir. Les 2 000 policiers ne l’entendaient pas de cette oreille, et ont tenté de disperser les agitateurs à coups de gaz lacrymogène et de canons à eau, ce qui leur a valu une pluie de pierres et de pavés.
Pour calmer la tension, le président de la République a annoncé qu’il recevrait un groupe d’étudiants à déjeuner, ce jeudi 6 janvier, pour évoquer leurs problèmes.
Jérome Bastion
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Re: Turquie

Messagede Antigone le Mar 1 Fév 2011 17:20

AFP, Yahoo actu - 31 jan 2011
http://fr-ca.actualites.yahoo.com/la-po ... 8-509.html

La polémique enfle en Turquie sur des restrictions contre l'alcool

Une nouvelle réglementation qui durcit d'un cran la vente d'alcool en Turquie provoque une virulente polémique, les laïcs dénonçant une nouvelle ingérence du gouvernement islamo-conservateur dans la vie privée et les libertés individuelles.

La nouvelle législation entrée en vigueur début janvier renforce notamment les conditions de délivrance de licence pour vendre de l'alcool, impose des restrictions à la commercialisation et limite les ventes à certains secteurs bien précis des magasins.
Nouveauté controversée: la vente et le service de boissons alcoolisées devient interdite au moins de 24 ans lors de festivals, foires et autres événements publics alors qu'à l'âge de 18 ans, tout Turc peut acheter de l'alcool dans le commerce ou trinquer en compagnie d'amis au restaurant et dispose du droit de voter ou d'acheter une arme à feu. Récemment un cinéma d'Istanbul a dû renoncer aux apéritifs lors d'une première, faute de licence appropriée, craignant une amende.

Babylon, une des boîtes de nuit branchées d'Istanbul, a décidé d'imposer des contrôles d'identité à l'entrée pour les moins de 24 ans si la soirée est sponsorisée par une marque d'alcool. "C'est une perte considérable de prestige au niveau international (...) Nous avons besoin de sponsors pour nos spectacles", a estimé Mehmet Ulug, co-propriétaire de l'établissement, cité par la presse.

L'autorité de régulation du marché des tabacs et alcools (TAPDK) et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan ont justifié ces nouvelles mesures par le souci de "protéger les jeunes" des effets négatifs de l'alcool, argument approuvé par la puissante classe conservatrice turque. Musulman pratiquant, M. Erdogan a affirmé que son parti "ne s'est jamais mêlé du style de vie de personne depuis huit ans", expliquant même que les gens pouvaient "boire à tire-larigot".

Les laïcs en colère y voient eux une nouvelle offensive du parti gouvernemental de la justice et du développement (AKP), qui prend ses racines dans l'islam politique, contre un style de vie jugé inconciliable avec la religion musulmane, qui bannit la consommation d'alcool. "L'objectif n'est pas de protéger les jeunes mais de s'immiscer de manière sournoise dans la vie sociale", pour imposer les valeurs musulmanes, accuse le chroniqueur libéral Mehmet Tezkan.

Le rejet des nouvelles règles s'est notamment traduit par des appels lancés sur Facebook à se réunir dans plusieurs grandes villes pour trinquer en public. A Ankara, ils étaient ainsi nombreux ce week-end à se rassembler dans un parc. "Nous ne sommes pas des alcooliques, nos droits sont bafoués", expliquait une jeune femme, une cannette de bière à la main. La nouvelle réglementation a par ailleurs été contestée devant la justice par plusieurs associations au motif qu'elle entrave les libertés individuelles.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2002, l'AKP a augmenté considérablement les taxes sur l'alcool, une façon selon l'opposition de décourager les gens de boire. "Nulle part ailleurs il n'y a une taxe aussi élevée, c'est comme si l'on voulait montrer que l'on fait quelque chose de mauvais", souligne Aytekin Eker qui tient un bar à Ankara.

Selon des études, les lieux de consommation se sont réduits en Turquie à cause de restrictions bureaucratiques imposées par les autorités locales et des pressions exercées pour imposer un mode de vie musulman. Les Turcs sont pourtant loin d'être de grands buveurs. La consommation annuelle est de 1,5 litre d'alcool en Turquie, contre une dizaine de litres en Europe de l'Ouest.
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Re: Turquie

Messagede Antigone le Ven 4 Fév 2011 20:05

Secours rouge - 04 fev 2011
http://www.secoursrouge.org/Turquie-Aff ... s-ouvriers

Turquie: Affrontements ouvriers/police

Aujourd’hui, le Parlement turc débat d’un nouvel ensemble de lois portant sur la législation du travail. Certaines des propositions autoriseraient les employeurs à délocaliser des travailleurs contre leur volonté, rendraient les travailleurs - et non les employeurs - financièrement responsables pour les primes de prestations maladie et permettraient aux employeurs d’engager des apprentis durant quatre mois sans salaire.

Des milliers de personnes s’étaient rassemblées ce matin dans un parc au centre d’Ankara pour s’opposer à cette possible nouvelle législation. Leur objectif était de défiler jusqu’au Parlement, ce que les forces de l’ordre ont violemment empêché. Les unités anti-émeutes avaient bloqué la route principale reliant le parc au bâtiment public avec une rangée de fourgons et de canons à eau. Dès l’arrivée de la tête du cortège, elles ont utilisé des gaz lacrymogènes et des jets d’eau pour repousser les manifestants. Ceux-ci ont répliqué en jetant des pierres, des oeufs et des bâtons aux policiers.
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Re: Turquie

Messagede rastanar le Jeu 24 Nov 2016 17:45

Que de joyeuseté en ce monde :roll: ,voilà ce qui ce passe quand on a des fous de dieu au pouvoir !,aberrant tout simplement.

http://www.ladepeche.fr/article/2016/11/22/2463603-turquie-retrait-projet-loi-agressions-sexuelles-mineurs.html

Le gouvernement Turc a retiré mardi un projet de loi controversé prévoyant l'annulation des condamnations de certains auteurs d'agressions
sexuelles sur mineur qui épouseraient leur victime,un texte qui a suscité un tollé dans le pays.


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