Maroc

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Messagede Nico37 le Mar 4 Aoû 2009 10:12

Libération du groupe de Zahra
Liberté pour les embastillés de Marrakech !


Ils ont été arrêtés en mai 2008, emprisonnés à la prison de Boulmharez à Marrakech, sauvagement torturés par la police pour avoir protesté contre les mauvaises conditions de vie et d’études. La police s’est acharnée de manière particulièrement abjecte sur Zahra Boudkour, la seule fille du groupe. Le 11 juin ils ont entamé une grève de la faim de 46 jours à l’issue de laquelle plusieurs d’entre eux étaient dans le coma.. Un procès en appel a eu lieu le 4 août : leur détention a été prolongée. Depuis les procès sont ajournés de mois en mois …

Voilà bientôt 15 mois qu’ils subissent une détention injuste et injustifiée, que les droits de l’homme y sont bafoués, que le pouvoir qui ose parler de « marche vers un Etat de droit » s’abaisse à harceler et mépriser la jeunesse qui est l’avenir du pays. Le dernier procès a eu lieu le 28 mai. Leurs familles ont voulu y assister. Elles ont été tabassées, humiliées, menacées de viol…

Zahra est très malade, elle souffre d’une maladie gynécologique à la suite d’un viol à la matraque. On lui refuse le droit d’être examinée par un gynécologue. Le doyen de la fac s’acharne à lui faire échouer ses examens qu’elle tente de préparer malgré son état...

A bout de force elle se remet en grève illimitée de la faim. Plutôt mourir que subir ces humiliations !

"Pendant les années les plus noires du protectorat, pendant les années les plus dures du règne de Hassan II, un tel acharnement contre des prisonniers d’opinion et leurs familles était inconcevable.." Khalid Jamaï.

Merci de votre mobilisation pour tenter d’obtenir leur libération.

http://azls.blogspot.com/2009/06/libert ... es-de.html
Dernière édition par Nico37 le Mer 29 Déc 2010 23:40, édité 1 fois.
Raison: changement du nom du sujet
Nico37
 

Re: Maroc : répression des mouvements sociaux

Messagede Antigone le Lun 13 Déc 2010 18:02

Vox Maroc / blog du Monde - 11 dec 2010
http://voxmaroc.blog.lemonde.fr/2010/12 ... %E2%80%A6/

On torture bien à Marrakech…
par Zineb El Rhazoui

Quelques mois à peine après la sortie de prison de Zahra Boudkour, la plus jeune détenue politique du Maroc, une de ses camarades la remplace pour ce sinistre record.

Mardi 12 octobre 2010 vers 16h, un jeune homme élégant, la vingtaine, sonne à la porte de la maison familiale d’Ilham Hasnouni à Essaouira. “Ilham, il y a un mec qui demande après toi“, lui lance son petit frère, pensant qu’il s’agit d’un copain de fac. A peine arrivée sur seuil de la porte, cinq hommes baraqués saisissent l’étudiante de 21 ans, jettent son petit frère à terre et la tirent par les cheveux, sous les cris de sa mère, vers le véhicule noir qui l’attend pour la mener vers une destination inconnue. “Pas de doute, j’ai compris qu’il s’agissait des molosses du makhzen. La voiture noire a été la dernière chose que j’ai pu voir avant qu’ils ne me bandent les yeux. Les coups et les insultes pleuvaient pendant tout le trajet“, raconte Ilham dans son témoignage écrit depuis la prison Boulmharez de Marrakech.

L’arrestation de l’étudiante, sans mandat ni convocation préalable, intervient suite à une série d’interpellations semblables dans le milieu estudiantin de l’Université Qadi Ayad de Marrakech, après les événements du 14 mai 2008, lorsque les forces de l’ordre ont investi la cité universitaire. L’Union Nationale des Etudiants Marocains (Unem) avait appelé à une grève après des dizaines de cas d’intoxication alimentaire dans le restaurant universitaire. L’administration de l’Université avait alors refusé de prendre en charge les frais médicaux des étudiants hospitalisés. La police a procédé à de violentes rafles dans les rangs des étudiants appartenant au groupe la Voie Démocratique Basiste, les accusant entre autres de soutenir les séparatistes sahraouis.

“Oui Monsieur, soyez tranquille“, disait l’un des bourreaux d’Ilham au téléphone. Le mince filet de lumière qu’elle apercevait à travers son bandeau ne lui permettait ni de reconnaître les lieux, ni les visages. “Je me suis retrouvée menottée dans une pièce sombre, probablement dans l’une des villas réservées par le régime à ce genre de besognes“, suppose-t-elle. Aux cinq agents qui l’ont arrêtée se sont joints d’autres. “Traitresse! Fille de (…)! Dès que vous vous remplissez la panse, vous vous révoltez!“. La rhétorique est familière à ceux qui ont eu à subir les affres du makhzen. Dépourvu de citoyenneté, le sujet marocain est réduit à sa portion congrue: un tube digestif. La militante dit avoir été interpellée par le sens de cette phrase, “De quoi est-ce que nous nous sommes rempli la panse ? De répressions ? D’arrestations ? Ou bien est-ce qu’ils parlent des richesses de ce pays dont nous ne voyons que les miettes ?“.

Torture au rythme des tambours

“Ceux de Marrakech nous font savoir qu’ils la veulent cette nuit“, a pu entendre Ilham dans une conversation entre deux agents. “Lorsqu’ils sont venus m’embarquer, j’ai reçu un coup de pied qui m’a fait perdre mon équilibre… Lève-toi espèce de (…)!, m’ont-ils intimé. Au moment de monter en voiture, j’avais le tournis tellement j’avais reçu de coups sur la tête“. Un cortège de deux voitures l’emmène vers la ville ocre où les événements avaient eu lieu deux ans auparavant. “J’étais consciente que ce qui m’attendait n’allait pas être facile“. Les témoignages qui filtraient depuis la prison de Boulmhrarez au long des deux années écoulées étaient en effet terrifiants. Après la sanglante descente dans la cité universitaire Qadi Ayad, les longues journées de torture et les parodies de procès, les détenus de la Voie Démocratique Basiste ont dû faire face à des conditions de détention particulièrement difficiles.

“Après un trajet qui m’a semblé interminable, ils m’ont fait descendre un escalier, puis je me suis retrouvée de nouveau menottée sur une chaise“. Les interrogatoires commencent: identité, études, opinions politiques, fréquentations, complicités, etc. Les questions pleuvent, ponctuées de coups de poings lorsque les réponses ne sont pas au goût des enquêteurs. “Après une durée que je suis incapable d’estimer, j’ai été emmenée dans une autre pièce à l’étage supérieur. Les visages ont changé mais pas les questions, ni les réponses, jusqu’à ce qu’une sonnerie de téléphone vienne annoncer la fin de la première séance, et le début de la deuxième“. Ilham est de nouveau embarquée dans un véhicule, un fourgon cette fois-ci. Le trajet assez court indique que la destination se trouve en ville. “On m’a fait descendre un long escalier. Je me suis retrouvée dans un sous-sol humide et sombre où j’allais passer la nuit“.

Ilham n’avait pas la moindre idée d’où elle pouvait se trouver, mais elle n’allait pas tarder à le deviner. Dans le silence de son cachot, elle commence à distinguer des sons de fête, percussions et pas de danse. L’Histoire se répète, comme Zahra Boudkour, Ilham fait escale dans le tristement célèbre commissariat de Jemâa El Fna. Sous la place emblématique du tourisme Marocain, classée patrimoine oral de l’Unesco, des dizaines, qui sait, peut-être des centaines de détenus croupissent dans le noir et l’humidité. Les champs des Gnaoua et les flutes des charmeurs de serpents couvrent les cris de ceux que l’on torture quelques mètres plus bas. La foule de touristes ignore que sous ses pieds se trouve le lieu où Zahra Boudkour a subi des coups de barre de fer sur le crâne et les parties génitales, où elle a été déshabillée devant ses camarades mâles et gardée nue pendant trois jours alors qu’elle avait ses règles. La superbe image de carte postale qu’offre la place Jemâa et Fna cache les ténèbres où échouent les damnés du régime.

“Quelques heures plus tard, la porte s’ouvre, de nouveaux visages font leur apparition. La série de questions reprend, mais cette fois-ci, les bourreaux n’attendent même plus les réponses, ils m’ont tabassée à coups de pieds jusqu’à l’évanouissement“. Ilham a ainsi perdu connaissance à plusieurs reprises, à chaque fois elle est tirée de son coma pour être de nouveau passée à tabac. “Durant toutes ces séances, je n’ai jamais réellement pu distinguer les visages, mais je savais que j’avais affaire aux assassins d’Abderrazak Gadiri dont la mémoire ne m’a pas quittée un instant“. L’étudiant avait succombé à une blessure à la tête le 31 décembre 2008 suite à une autre invasion de la cité universitaire Qadi Ayad par les forces de police. De nombreux témoignages avaient alors pointé la responsabilité d’un agent de police surnommé “Lâaroubi” [le gueux en dialecte marocain] qui se trouvait en compagnie du Vice-préfet de police de Marrakech Mohammed Toual et du chef de la police touristique de la ville Moulay El Hassan El Hafa. A ce jour, aucun coupable n’a été jugé pour le meurtre de Gadiri.

“De retour au cachot, j’avais tellement envie de dormir, mais l’humidité et le grondement des tambours de la place Jemâa el Fna m’en ont empêché“, poursuit Ilham. La trêve a été de courte durée, ses tortionnaires sont revenus la chercher pour un énième interrogatoire. “Qui vous finance?“, lui lance l’enquêteur. Là où il ne faut voir qu’une organisation étudiante qui milite pour la gratuité de l’enseignement, l’augmentation des bourses ou l’accès aux moyens de transport, le régime peut voir une conspiration contre sa pérennité, probablement financée par des “ennemis du Maroc”. Les questions s’enchaînent, sur les complicités, les autres camarades, etc. Fin de l’interrogatoire, Ilham est de nouveau embarquée dans un fourgon, direction le Tribunal pour comparaître devant le procureur du roi. “Une horloge accrochée au mur indiquait 9h du matin. J’ai donc passé deux jours sans manger au commissariat de Jemâa el Fna“.

Menottée à une chaise, Ilham commence à succomber à la faim, la soif, la douleur et l’épuisement. Ce n’est qu’à 18h qu’un policier la conduit devant le juge d’instruction. “Qui a brûlé la cité universitaire? Combien êtes-vous?… Je n’étais pas étonnée par ses questions. Pour ma part, j’avais envie de lui dire: qui interdit aux étudiants l’accès à la cité ? Qui a tué Gadiri ?… Il a fini par me lire une longue liste d’accusations: responsabilité d’incendie, destruction de biens de l’Etat, rassemblement armé…“. Aussitôt sortie du cauchemar de l’enquête, Ilham se retrouve de nouveau dans un fourgon qui l’emmène à la prison de Boulmharez, “Abou Ghraib Marrakech”, comme la surnomment ceux qui y ont effectué un séjour. C’est de son dortoir surpeuplé qu’elle a sorti son témoignage et qu’elle continue à se battre pour ses droits fondamentaux en attendant d’être jugée.
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Re: Maroc

Messagede Antigone le Lun 31 Jan 2011 20:27

Belga, RTBF - 31 jan 2011
http://www.rtbf.be/info/articles/revolt ... sin-du-roi

Maroc: le cousin du roi prédit une vague de protestation

Le Maroc ne fera "probablement pas exception" parmi les pays arabes après la révolution tunisienne et les manifestations qui secouent actuellement le pouvoir en Egypte, a estimé lundi le cousin du roi du Maroc Mohammed VI, le prince Moulay Hicham.

Surnommé le "prince rouge" car critique vis-à-vis de la monarchie marocaine et du système politique dans ce pays, Moulay Hicham souligne, dans une interview au journal espagnol El Pais, que le "Maroc n'a pas été encore atteint" par la vague de contestation sociale et politique qui secoue les pays arabes. "Mais il ne faut pas se tromper: presque tous les systèmes autoritaires seront affectés par la vague de protestation. Le Maroc ne sera probablement pas une exception", estime le cousin germain de Mohammed VI. "Reste à voir si la contestation sera sociale ou bien aussi politique et si les formations politiques, influencées par les récents événements, bougeront" commente encore cet homme de 46 ans, qui occupe la troisième place pour la succession au trône du Maroc.

Le prince Moulay estime que dans ce pays la "dynamique de libéralisation politique entamée à la fin des années 90 a pratiquement pris fin. Redynamiser la vie politique marocaine dans le contexte régional, en évitant les radicalismes, sera un grand défi". La révolution tunisienne et les manifestations égyptiennes représentent une "rupture par rapport aux schémas antérieurs" n'ayant "aucun caractère religieux", "anti-impérialiste" ou "anticolonialiste". "L'Europe doit se réveiller, arrêter d'appuyer des dictatures qui ne sont pas viables et appuyer à fond les mouvements qui aspirent à un changement durable", estime encore le prince Moulay.

Les autorités marocaines veulent prévenir toute tentation d'établir un parallèle avec l'Egypte et la Tunisie

Dimanche, le gouvernement a démenti avec fermeté avoir rappelé des troupes déployées dans le Sahara occidental pour parer à d'éventuelles manifestations dans des villes marocaines, comme l'affirmaient des médias espagnols. Le ministre des Affaires étrangères Taieb Fassi Firhi a convoqué l'ambassadeur d'Espagne et eu un entretien avec le chef de la diplomatie espagnole pour leur exprimer l'"indignation" du Maroc face à ces "agissements irresponsables".

La situation en Egypte faisait lundi la Une de la plupart des journaux, et de nombreux Marocains sont restés collés à leurs téléviseurs ces derniers jours pour suivre - notamment sur la chaîne satellitaire al-Jazeera - les manifestations de masse contre le pouvoir du président Hosni Moubarak. Mais, hormis un rassemblement prévu lundi en fin d'après-midi devant l'ambassade d'Egypte à l'appel de plusieurs ONG, aucune manifestation publique de solidarité n'avait eu lieu pour l'instant.

Un débat sur l'éventualité d'une contagion au Maroc des événements de Tunisie et d'Egypte agite néanmoins la presse marocaine.
Dans une interview au Nouvel Observateur, Aboubakr Jamai, fondateur d'un journal critique aujourd'hui disparu, le "Journal hebdomadaire", a ainsi suscité une levée de boucliers dans plusieurs journaux proches du pouvoir. M. Jamai estime notamment dans cette interview que "si le Maroc s'embrase, la disparité des richesses y est telle que la révolution y sera beaucoup plus sanglante qu'en Tunisie".

Certains organes de presse trouvent un "plaisir jubilatoire à faire le parallèle entre ce qui s'est passé en Tunisie et la situation au Maroc. Ils connaissent mal leur pays", a écrit pour sa part l'hebdomadaire francophone la Vie éco.
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Re: Maroc

Messagede Antigone le Mar 8 Fév 2011 18:39

Reuters, 20minutes - 03 fev 2011
http://www.20minutes.fr/ledirect/664272 ... uvernement

Maroc: La manifestation prévue le 20 février n'inquiète pas le gouvernement

Le gouvernement marocain a déclaré jeudi qu'il n'était pas inquiet d'un appel à manifester pacifiquement le 20 février en faveur de réformes politiques et de la démission du gouvernement, pourvu que la manifestation ne porte pas atteinte aux intérêts nationaux.
Un groupe a réuni sur Facebook plus de 3.000 adhésions à une manifestation, le 20 février, destinée à « rétablir la dignité du peuple marocain » et à réclamer des réformes démocratiques et constitutionnelles et la dissolution du parlement.
Les pays arabes suivent de près tout signe d'instabilité après les soulèvements en Tunisie et en Egypte, mais Khalid Naciri, porte-parole du gouvernement marocain, a déclaré que les autorités étaient sereines face aux appels à manifester lancés sur internet.
« Le Maroc (...) s'est engagé il y a longtemps dans un processus irréversible de démocratie et d'élargissement des libertés publiques », a dit Naciri, cité par l'agence MAP. « Que les citoyens puissent s'exprimer librement ne nous trouble nullement », a ajouté Naciri, qui est aussi ministre des Communications.
Il a néanmoins souligné que de telles manifestations ne devaient pas porter atteinte aux intérêts nationaux ni aux valeursconstitutionnelles. Rien n'indique qu'il en soit autrement, a-t-il ajouté.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Le Monde - 08 fev 2011
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2 ... _3212.html

Maroc: un mouvement islamiste appelle à "un changement démocratique urgent"

Le mouvement islamiste marocain Justice et Bienfaisance, interdit mais toléré par les autorités marocaines, a appelé lundi à un "changement démocratique urgent" et à "l'établissement de mécanismes mettant fin à l'autocratie".
Dans un texte publié sur son site Internet, il "salue les manifestations en Tunisie et en Egypte" et appelle "à un changement fondamental démocratique urgent (...) afin d'instaurer une véritable séparation des pouvoirs". Il réclame aussi "l'abrogation" de l'actuelle Constitution.

Justice et Bienfaisance, qui se "définit comme un mouvement pacifique à référence islamique", est l'un des mouvements islamistes les plus importants du Maroc. Il est dirigé par le cheikh Abdessalam Yassine, 83 ans, un ancien inspecteur de l'enseignement influencé par le soufisme. "Pour les autorités, [ses membres] seraient entre 30 000 et 40 000. Mais les responsables du mouvement islamiste estiment que celui-ci compte près de 200 000 adhérents", a déclaré le politologue Mohamed Darif, spécialiste de l'islamisme marocain. "Mais la principale force de Justice et Bienfaisance est son organisation et sa capacité de mobiliser", ajoute-t-il.

En finir avec la Benalisation"
"Des millions de Marocains souffrent de la pauvreté et du manque. Il est injuste que la richesse du pays soit accaparée par une minorité", souligne le mouvement sur son site Internet. "Nous demandons aux autorités de mettre un terme à la 'benalisation' [du nom de l'ex-président tunisien Ben Ali] que connaît le Maroc et de crédibiliser les institutions constitutionnelles", précise encore Justice et Bienfaisance.

Jeudi dernier à Rabat, le ministre de la communication, Khalid Naciri, a assuré à la presse que le Maroc "s'est engagé depuis longtemps dans un processus irréversible de démocratie et d'ouverture de l'espace des libertés". "Les citoyens peuvent s'exprimer librement (...), tant que cela se déroule dans le plein respect des intérêts vitaux". Il s'exprimait ainsi après des appels, diffusés sur le Web, à une manifestation pacifique le 20 février, en faveur d'une "large réforme politique".

Le Maroc doit veiller à ce que les bénéfices du développement économique "soient partagés par tout le peuple marocain", a estimé lundi le commissaire européen à l'élargissement, Stefan Füle, en évoquant les "leçons" des événements de Tunisie et d'Egypte. M. Füle a souhaité que les autorités marocaines "avancent davantage" sur la voie des réformes qu'elles ont engagées. Il a notamment cité les domaines "de l'éradication de la pauvreté, du développement social (...), des réformes démocratiques, de la liberté d'expression et de la réforme de la justice", lors d'un point de presse commun avec le chef de la diplomatie marocaine.
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Re: Maroc

Messagede Antigone le Sam 12 Fév 2011 11:35

La grève de la fonction publique a été suivie à 80 % à l'échelle nationale, indiquait-t-on jeudi de source syndicale.

Liberté (Algérie) - 11 fev 2011
http://www.liberte-algerie.com/edit_arc ... ?id=150574

La fonction publique était en grève hier et appelle à “un changement urgent”
Vive tension sociale au Maroc
par Merzak Tigrine

Outre l’appel, sur Facebook, à une grande marche pour le 20 février prochain, suivi par celui de l’association Justice et Bienfaisance, pour un “changement urgent”, le Maroc a été secoué, hier, par une grève des personnels des différents départements ministériels, des collectivités locales et autres établissements publics. Des avertissements à accélérer les réformes promises.

Pour protester contre la dégradation du pouvoir d'achat, l'échec du dialogue social depuis 2008 et les tergiversations du gouvernement dans l'application de ses engagements relatifs à la suppression des échelles de un à quatre, les personnels de différents départements ministériels, les collectivités locales et les établissements publics marocains soumis au statut de la Fonction publique, ont observé, hier, une grève qui a été suivie d’un sit-in devant le siège du ministère de la Modernisation des secteurs publics.
C’est à l’appel de l’Union syndicale des fonctionnaires, affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT) que cette action a été décidée. Elle revendique notamment une augmentation générale des salaires, la suppression des échelles de 1 à 4 dans les collectivités locales et les établissements publics et une promotion exceptionnelle des fonctionnaires depuis 2003. Elle réclame aussi le respect des libertés syndicales.

Pour rappel, les fonctionnaires des collectivités locales marocaines avaient observé, fin janvier, une grève de 24 heures en signe de rejet d’une décision unilatérale prise par le ministère de tutelle de promulguer des décrets relatifs aux statuts spéciaux pour certaines catégories de fonctionnaires.
Dans cette ambiance de protestation sociale, le mouvement islamiste Justice et bienfaisance, considéré comme l'un des plus importants du Maroc, avait appelé lundi à un “changement démocratique urgent” et à “l'établissement de mécanismes mettant fin à l'autocratie”. Cet appel intervient après celui du “mouvement du 20 février, le peuple veut le changement” et du “Mouvement de liberté et démocratie maintenant”, ainsi que d’autres groupes qui opèrent de façon similaire à ceux des internautes tunisiens et égyptiens avec les conséquences que tout un chacun connaît. “Nous appelons tous les Marocains à manifester le 20 février pour la dignité du peuple et pour des réformes démocratiques”, indique la “plate-forme” de ce groupe créé sur Facebook.
Quant au texte publié par l’association Justice et Bienfaisance, sur son site internet, il “salue les manifestations en Tunisie et en Égypte” et appelle “à un changement fondamental démocratique urgent (...) afin d'instaurer une véritable séparation des pouvoirs”. “Des millions de Marocains souffrent de la pauvreté et du manque. Il est injuste que la richesse du pays soit accaparée par une minorité”, souligne le mouvement. “Nous demandons aux autorités de mettre un terme à la “benalisation” que connaît le Maroc et à crédibiliser les institutions constitutionnelles”, précise encore Justice et Bienfaisance.

Dans le même ordre d’idées, le commissaire européen chargé de l'Élargissement, Stefan Füle, a estimé que le Maroc doit veiller à ce que les bénéfices du développement économique “soient partagés par tout le peuple marocain”, en évoquant les “leçons” des événements de Tunisie et d'Égypte.
Soulignant que sa visite au Maroc intervenait quelques semaines après la révolte tunisienne qui a chassé l'ex-président Ben Ali et tourné l'attention sur la région du Maghreb, Füle a souhaité que les autorités marocaines “avancent davantage” sur la voie des réformes qu'elles ont engagées. Il a notamment cité les domaines de “l'éradication de la pauvreté, du développement social (...) des réformes démocratiques, de la liberté d'expression et de la réforme de la justice”, lors d'un point de presse commun avec le chef de la diplomatie marocaine Taieb Fassi Fihri.
Évoquant les “leçons à tirer” de ce qui vient de se passer en Tunisie, M. Füle a souligné que le “développement ne devrait jamais sous-estimer les aspirations légitimes des jeunes à accéder au travail et à la liberté d'expression”. Il a aussi insisté sur l'importance d'éviter un écart trop important entre développement économique et développement humain et social. Le commissaire européen a indiqué avoir souligné, lors de ses entretiens à Rabat, “l'importance de veiller à ce que les bénéfices du processus de réforme soient partagés par tout le peuple marocain”.
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Re: Maroc

Messagede La Critique le Mar 15 Fév 2011 23:39

trouvé ici
http://www.kalimadz.com/fr/News-sid-Le- ... l-317.html

"Le Maroc se fait livrer du matériel anti-émeutes par Israël

Mardi 15 février 2011
Le Maroc a acheté récemment du matériel anti-émeutes à l'Etat d'Israël pour éviter des fuites dans la presse occidentale. Ce matériel, à bord de deux cargos de transport de troupes C130, a été débarqué il y a une dizaine de jours à l'aéroport militaire de Ben Slimane, selon le journaliste marocain, indépendant, Ali Lmrabet.
Le recours à Israël, signifie t-il que les pays occidentaux, échaudés par l'exemple français en Tunisie, refusent dorénavant de vendre ouvertement des équipements de répression à des régimes qui font face à des contestations populaires?
Le Roi du Maroc envisage t-il sérieusement de réprimer son peuple avec le même matériel qui sert à réprimer le peuple palestinien?
Rappelons que Ali Lmrabet est toujours interdit d'écriture dans son pays pour une durée de dix ans. Afin de contourner cette condamnation, inique et unique, Ali Lmrabet continue d'écrire pour la presse internationale et sur facebook ou il compte plusieurs milliers de lecteurs."


un signe que le tension est vive, comme dans toute la region.
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Re: Maroc

Messagede Antigone le Dim 20 Fév 2011 11:06

AP, La Presse canadienne - 18 fev 2011
http://fr-ca.actualites.yahoo.com/maroc ... 6-613.html

Maroc: Des jeunes appellent à une marche

De jeunes Marocains regroupés au sein du « Mouvement des jeunes du 20 février » veulent organiser dimanche dans tout le Maroc des marches « pour réclamer la démocratie, la justice et la vie dans dignité ». Ils ont tenu jeudi une conférence de presse au siège de l'Association marocaine des droits humains qui soutient le mouvement.

Le mouvement est né à la suite « de l'accumulation des problèmes sociaux qui sont le résultat de choix fondamentaux et de la structure du régime politique marocain hostile aux intérêts des fils pauvres du peuple ». Le mouvement réclame entre autres «une constitution démocratique qui reflète la vraie volonté du peuple, la dissolution du gouvernement et du parlement et la mise en place d'un gouvernement transitoire, une justice indépendante et équitable, le jugement des personnes impliquées dans la corruption» et la libération des prisonniers politiques.
Le Mouvement des Jeunes du 20 février demande également le plein emploi dans la fonction publique des diplômés chômeurs, « la garantie d'une vie digne aux Marocains en réduisant la cherté de la vie et en augmentant les salaires minimums ainsi que des services sociaux accessibles de meilleurs qualité accessibles à tous les citoyens ».
Le mouvement a reçu le soutien de plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme. Les organisations signataires de la déclaration de soutien à la manifestation des jeunes ont appelé «les autorités marocaines à respecter le droit d'expression et de manifestation et de ne pas faire usage de violence contre les manifestants pacifiques».

La plupart des partis politiques n'ont pas pris position encore sur la marche du 20 février, mais le principal parti islamique représenté au Parlement, le Parti du Développement et de la justice (PJD) a précisé « qu'à l'heure actuelle, il n'est pas concerné par l'appel à la marche du 20 février ». De son côté, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Khalid Naciri a déclaré que « le gouvernement aborde les revendications économiques, politiques et sociales des jeunes avec un esprit d'ouverture ».


EDIT

Le Monde, avec Reuters - 20 fev 2011
http://www.lemonde.fr/proche-orient/art ... r=RSS-3208

Maroc: des milliers de manifestants dans les rue de Rabat

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées, dimanche 20 février à Rabat, pour exiger du roi Mohamed VI qu'il transfère une partie de ses prérogatives à un gouvernement élu et prenne des mesures énergiques contre la corruption. A l'origine de cette journée de mobilisation, les organisateurs du "Mouvement du 20 février pour le changement" ont réuni sur Facebook plus de 19 000 adhésions.

Sous une pluie battante, des manifestants agitaient des drapeaux tunisiens et égyptiens, référence aux révolutions qui viennent de chasser du pouvoir les présidents Zine ben Ali et Hosni Moubarak. Un organisateur a évoqué la présence de plus de 5 000 participants, une estimation révisée à moins de 3 000 par un responsable des forces de l'ordre.
La présence policière est restée discrète. Des agents en uniforme se tenaient à distance du lieu initial de rassemblement, dans le quartier de Bab el Ahad, mais des policiers en civil étaient mêlés aux manifestants, carnet de notes à la main.

"Le peuple rejette une Constitution faite pour des esclaves!", "A bas l'autocratie!", scandaient les protestataires qui demandent également pour certains le départ du Premier ministre, Abbas el Fassi. Aucune attaque directe contre le roin n'a, en revanche, été relevée dans les slogans ou sur les banderoles des manifestants. le roi. "C'est une manifestation pacifique pour réclamer des réformes constitutionnelles, pour la dignité du peuple, contre la corruption et le gaspillage des fonds publics", a déclaré Moustapha Mouchtati, du groupe Baraka (Assez), qui a participé à l'organisation de ce rassemblement.

Samedi, un mouvement de jeunes marocains avait fait savoir qu'il se retirait du mouvement en raison de désaccords avec les islamistes et la gauche. Les jeunesses de l'association de bienfaisance islamiste Justice et Charité, interdite, se sont en revanche associées au mouvement, de même que des membres de formations de l'opposition et des militants berbères. Le principal syndicat de la presse et des organisations de défense des droits de l'homme ont exprimé leur soutien à l'initiative.

Des manifestations étaient également prévues dans d'autres grandes agglomérations du royaume, dont Marrakech, première destination touristique du Maroc. Selon un responsable officiel, quelques centaines de personnes ont participé à un rassemblement à Casablanca, capitale économique du royaume, un chiffre qui n'a toutefois pas pu être vérifié dans l'immédiat.
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Re: Maroc

Messagede Antigone le Lun 21 Fév 2011 16:50

AFP, France24 - 21 fev 2011
http://www.france24.com/fr/20110221-mar ... festations

Maroc: 5 morts, 128 blessés dans des troubles après les manifestations

Cinq personnes ont trouvé la mort et 128 ont été blessées -dont 115 membres des forces de l'ordre- lors de troubles ayant suivi les manifestations, par ailleurs largement pacifiques, qui se sont déroulées dimanche au Maroc, ont annoncé les autorités lundi.

"Les corps calcinés de cinq personnes ont été retrouvés à l'intérieur de l'une des agences bancaires incendiées par les fauteurs de troubles dans la ville d'Al Hoceima" au nord du pays, a indiqué le ministre de l'intérieur Taib Cherkaoui, dans une déclaration à la presse. Une enquête est en cours, a ajouté le ministre, précisant que 120 personnes avaient été interpellées suite aux troubles dans une demi-douzaine de villes marocaines. Des mineurs interpellés ont été remis à leurs familles.

Des milliers personnes ont manifesté dimanche dans de nombreuses villes du Maroc pour réclamer des réformes politiques et une limitation des pouvoirs du roi, répondant à un appel lancé à l'origine par des jeunes sur Facebook et repris par différentes ONG et organisations.
Le ministre de l'Intérieur a fait valoir que la "pratique démocratique" du Maroc et le "droit à la liberté d'expression que connaît le pays", ont fait en sorte que ces manifestations dimanche "se sont déroulées dans un climat pacifique empreint de sérénité et de discipline". Selon le ministre, quelque 37.000 personnes ont participé a ces rassemblements.

Mais des troubles ont éclaté après la fin des manifestations dans les villes de Tanger, Tétouan, Larache, Al-Hoceima, dans le nord, Marrakech et Guelmin dans le sud ainsi qu'à Sefrou (centre). Le ministre a attribué ces violences à "des fauteurs de troubles, dont des mineurs et des repris de justice". A Larache, des "fauteurs de trouble", selon lui, ont investi un immeuble des douanes et se sont emparés de drogue et de boissons alcoolisées qui avaient été saisies par les douaniers. M. Cherkaoui a enfin indiqué que 33 édifices publics, 24 agences bancaires, 50 commerces et édifices privés, ainsi que 66 véhicules avaient été incendiés ou endommagés.
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Re: Maroc

Messagede Redskunk le Ven 11 Mar 2011 22:49

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Re: Maroc

Messagede spleenlancien le Jeu 17 Mar 2011 09:46

Moins massives que celles ayant secoué l’Égypte, la Tunisie, le Yémen ou la Libye, les récentes manifestations au Maroc n’en sont pas moins symboliques d’une profonde évolution politique. Auparavant muselée, la parole se libère : les critiques se multiplient à l’encontre de Mohammed VI. Tristan, qui se rend régulièrement au Maroc, y était récemment. Il témoigne ici des mutations en cours.
Tristan, pour ArticleXI a écrit:Je ne suis pas journaliste, ni spécialiste du monde arabe. Et je n’ai pas la prétention de livrer ici une analyse poussée de la situation politique marocaine. Mon témoignage se base simplement sur mon dernier séjour dans ce pays, que je connais bien : j’ai été étonné (et réjoui) de constater une certaine libération de la parole, au sein d’une population beaucoup plus critique qu’auparavant envers le pouvoir de Mohammed VI. Les Marocains ont envie de parler, de s’exprimer sur des tabous trop longtemps réprimés. C’est tout sauf anodin.
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Je me rends au Maroc depuis plus de 15 ans, et l’omniprésence du culte du roi m’a toujours frappé. Pas un établissement sans photographie de Mohammed VI sur son trône, engoncée dans un cadre doré. Quant aux critiques à son encontre, elles étaient d’ordinaire plutôt rares. Mais pas cette fois-ci : à peine embarqué dans l’avion, mon voisin - la cinquantaine, originaire du Nord du Maroc - m’a confié son sentiment sur la situation :

« On dit qu’il ne se passe rien au Maroc, mais c’est de la désinformation : il y a eu des morts à Tanger et des manifestations dans tout le pays (le dimanche 20 février). Bien sûr, ce n’est pas la même situation qu’en Tunisie, en Égypte ou en Libye, mais les gens en ont assez. Les jeunes, surtout. La génération de mon père n’osait rien dire : la politique et le roi étaient des sujets tabous. Mais ma génération commence à faire entendre ses critiques. Et les jeunes sont encore plus remontés.
Mohammed VI a fait des progrès par rapport à son père. On a vu quelques hauts gradés être condamnés. Alors que personne dans l’entourage d’Hassan II n’a jamais été jugé, malgré une énorme corruption. Et Mohammed VI a au moins le mérite d’avoir fait cesser la forme d’esclavage qui avait cours dans son palais. Mais il lui reste d’énormes réformes à faire ; et je ne suis pas sûr, qu’il y soit prêt. Il y a aujourd’hui deux choses à faire pour moderniser le Maroc : faire cesser la corruption et instaurer la sécurité sociale.
Je suis musulman pratiquant et, il est dit dans le Coran qu’un pays doit donner chaque année 20 % de ses bénéfices aux pauvres. Tu crois que c’est appliqué quelque part dans le monde musulman ? Bien sûr que non... »

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Ces critiques entendues dès mon départ étaient récurrentes tout au long de mon séjour - chez les gens qui m’ont accueillis, mais aussi dans les bars, les taxis... À Casablanca, M. me fait un compte-rendu de la manifestation du 20 février, qui a eu lieu sur la place des Nations-Unies (rebaptisée « Mohammed V » par la royauté) :

« Avant la manifestation, les riches ont pris peur. On pouvait voir dans les magasins les rayons de pâtes complètement vidés ; mais que les Barilla, hein, pas les pâtes bon marché !
Près de 2 000 personnes ont manifesté le matin, et plus de 5 000 l’après-midi, avec quatre groupes distincts : les Berbères, qui réclament la reconnaissance de leurs droits, l’extrême-gauche marocaine, les islamistes et les étudiants/groupes Facebook. C’est un peu le problème : personne ne porte les mêmes revendications, même si tout le monde rêve de changements dans cette monarchie poussiéreuse.
L’après-midi, la police s’est déplacée en nombre, pour encadrer sévèrement les manifestants. À cause d’elle, beaucoup de gens n’ont pas participé à la manif, par peur de la répression. »

Plus tard encore, un chauffeur de taxi me confirme que c’est la « catastrophe ». Au début, je ne sais dans quel sens il utilise le mot. Grave, il me confirme alors que les gens ont eu peur de venir manifester et que le Maroc est peut-être passé à côté de sa révolution.

Cette imminence de la révolte a toujours été officiellement occultée par Mohammed VI. À preuve, cette précision de B., journaliste, la quarantaine : « En raison des évènements dans tout le Maghreb, le roi avait préparé un discours. Il était écrit depuis une semaine, et malgré les manifestations qui ont eu lieu dans tout le Maroc, pas une ligne n’a été changé. Il les a complètement ignorées. » [1]
Le roi a la trouille, pourtant. Et la peur de la contestation se lit notamment dans l’omniprésence policière : les rues de Casablanca sont truffées de patrouilles mobiles qui circulent en moto, à toute heure du jour et de la nuit. Les Casaouis s’en amusent sans être dupes.
Autre signe : une gigantesque campagne d’affichage envahit toute la ville. Une main de Fatma avec l’inscription « Touche pas à mon pays ! » est censée protéger le Maroc de cette « néfaste » révolution arabe. Ce n’est pas une campagne d’État, mais un soutien privé. L’homme qui l’a commanditée n’est autre que Mounir Majidi, le secrétaire particulier du roi, propriétaire de l’agence d’affichage FC COM qui possède tous les panneaux 4 X 3 du pays... Une campagne symbolique venant s’ajouter à la manipulation des médias, qui, lors des émeutes dans le nord du Maroc, ont unanimement dépeint les manifestants comme des casseurs.
Les quelques journaux libres ne passent pas sous silence les évènements. Actuel couvre les différentes manifestations dans tout le pays, là ou le roi les ignore. Tel quel propose cinquante réformes pour moderniser le Maroc - mais sans évincer le roi. Comme la plupart des représentants de l’élite critique, ces titres veulent passer à une monarchie constitutionnelle et initier des réformes structurelles. Parmi celles-ci : réformer l’article 24 de la constitution marocaine, qui permet au roi de nommer son Premier ministre même si les élections ont désigné quelqu’un d’autre ; autoriser les sondages d’opinions et assurer la liberté d’expression ; garantir la liberté de cultes et l’indépendance de la justice ; mettre en place une sécurité sociale pour tous ; s’assurer que le roi ne prenne pas de lourdes décisions économiques sans consulter les élus (comme ce gros cadeau fait à la France d’implanter une ligne TGV entre Tanger et Marrakech – un chantier de 20 milliards de Dirhams, dont le résultat ne servira qu’aux touristes et à la bourgeoisie marocaine) ; etc... [2].

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Mais si ces journaux s’expriment plus ou moins ouvertement, ils le font en français, ce qui limite leur portée. Quant à la presse en arabe, elle use de l’arabe littéraire, et non de la Darija, le dialecte du Maroc. La Darija n’est en effet jamais utilisé à l’écrit, ce qui crée une césure entre le langage officiel et la langue du peuple. L’officialisation de ce dialecte est d’ailleurs une revendication chère aux Marocains.
Cette césure entre l’écrit et l’oral permet au pouvoir de limiter et contrôler l’information (d’où l’importance des réseaux sociaux tels que Facebook). Il en va de même pour l’éducation, comme le rappelle M. : « Le roi laisse son école publique se dégrader. Les programmes sont vieux de 30 ans ! Seule les écoles privés, comme la Mission française, ont un bon niveau : cela permet de construire une élite, tout en s’assurant que les pauvres garderont un niveau médiocre. »

Des tentatives de garder le peuple sous contrôle et dans l’ignorance, à l’écart de la tentation de la contestation, qui pourraient ne pas suffire à enrayer l’espoir de changement qui anime une partie de la population. Les marocains parlent entre eux et aux autres. Et l’esprit critique fait son chemin...




Article original :
http://www.article11.info/spip/Maroc-Ce ... -se-libere
spleenlancien
 

Re: Maroc

Messagede rastanar le Dim 27 Nov 2016 14:34

L'homosexualité toujours considéré comme un crime dans ce pays(un crime contre dieu...n'est-ce pas !). C'est très courageux de la part des familles de les avoir dénoncer,de s'en prendre à
deux adolescentes qui découvrent leurs sexualités...et l'amour qu'elles ont l'une pour l'autre...lamentable...faut pas être bien dans sa tête pour légiféré sur les orientations sexuelles.
Il est tout à fait logique qu'on s'inquiète de leur sort et qu'elles ne croupissent pas en prison...qu'elles sortent de là.

Maroc : dénoncées par leur famille,deux ados en prison pour homosexualité.


:arrow: http://www.marianne.net/maroc-denoncees-leur-famille-deux-ados-prison-homosexualite-100247540.html


Auparavant,le titre provocateur et absurde de Maroc Hebdo :

Image


avec en légende :
Le ministère de la santé appelle à la dépénalisation de l'homosexualité au Maroc.Certes,c'est un droit individuel.Mais,quid de la morale et des valeurs religieuses ?.


On place encore la morale de la religion au-dessus des libertés individuelles ?...à ce que je sache,le moyen-âge,c'est fini !...Alors on laisse s'épanouir et on ne se mêle pas de la vie privée et
sexuelle des gens...point barre.
Le soulèvement aura lieu...tu aura beau prier ton dieu---La Canaille

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D'ailleurs j'en ai un et je vis très bien avec"---Karin Viard
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