Russie

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Messagede vroum le Mer 15 Sep 2010 11:56

Soutien aux antifascistes Alekseï Gaskarov et Maxime Solopov

http://fa73.lautre.net/spip.php?article236

Dans un article précédent, nous avons évoqué les luttes menées autout de la forêt de Khimki en périphérie de Moscou qui avait permis de faire reculer le gouvernement russe sur un projet d’autoroute. Deux antifascistes arrêtés suite à l’action du 28 juillet sont toujours incarcérés. Une campagne en faveur de leur libération est en cours. Le texte d’appel est reproduit ici.

Appel à des Journées d’action internationales pour Alekseï Gaskarov et Maxime Solopov

Les 17-20 septembre 2010

Le 28 juillet 2010 plus de 200 personnes, jeunes antifascistes et anarchistes ont mené une manifestation spontanée devant la mairie de Khimki (la banlieue nord de Moscou), à la défense de la forêt de cette ville qui a été abattu au profit du grand business. L’action lors de laquelle plusieurs vitres ont été brisées, a trouvé un large écho. De leur côté, les autorités y ont répondu par des répressions. Au lendemain de l’action deux militants des mouvements sociaux connus, Alekseï Gaskarov et Maxime Solopov ont été arrêtés. Ils sont menacés de 7 ans de prison pour vandalisme bien qu’il n’y ait pas de preuves de leur complicité à des actes illégaux. D’autres militants, surtout des antifascistes, subissent des poursuites policières.

La lutte pour la conservation de la forêt de KhimkI dure déjà depuis trois ans. D’après les projets des autorités, c’est à travers de cette forêt que doit être construite l’autoroute à péage Moscou-St-Petersbourg, la première de tel type en Russie ; ce qui menera à une dégradation de la situation écologique locale et privera les moscovites et les banlieusards d’une zone de recréation en plus. Malgré l’existence des plans alternatifs pour l’autoroute qui permettraient de se passer d’une déforestation et au dépit des protestations actives des écologistes et de la population locale, les autorités ont refusé d’y prêter l’oreille. Au contraire, elles ont fait plusieurs démarches visées à imposer le silence aux contestataires.

Plus d’une fois les autorités de Khimki (en concertation avec la compagnie de bâtiment chargée des travaux) ont recouru à la violence contre les défenseurs de la forêt de la ville : en négligeant l’opinion publique, en refusant de permettre des actions de protestation, en appellant les nationalistes à disperser les piquets des écologistes et des habitants de la ville, en arrêtant illégalement et en attaquant les journalistes. Les “personnes inconnues” ont mutilé le rédacteur en chef du journal local “Khimkinskaïa Pravda” Mikhaïl Beketov qui avait âprement critiqué les autorités, et ils ont assassiné le metteur en pages d’un autre journal d’opposition, Sergueï Protazanov.

Après l’action du 28 juillet 2010 la police russe et les services secrets ont déclenché une chasse aux antifascistes sans précédents. Les personnes une fois signalées à l’attention du Centre anti-extrémiste et du Service fédéral de sûreté (l’ex-KGB) en tant qu’antifascistes, sont amenées de force aux interrogatoires, les visites à domicile illégales se tiennent chez eux ; il y a des cas des pressions physiques atroces pour arracher des dépositions dont l’instruction a besoin.

Ayant peur d’une vague montante des protestations contre la déforestation, les autorités ont enfin reculé en exprimant la volonté de reviser le projet de l’autoroute. Mais il n’y a pas lieu de crier victoire. Alekseï Gaskarov et Maxime Solopov sont toujours en prison sans droit, pris en otage par les autorités. A la fin septembre se tiendra la prochaine audience pénale qui devra prononcer sur une mise en liberté d’Alekseï et de Maxime dans l’attente du jugement. Tous ceux qui s’inquiètent de leur sort, doivent faire tout leur possible pour les arracher de la prison. La Campagne pour la mise en liberté des otages de Khimki appelle à des Journées d’action internationales les 17-20 septembre 2010 pour mettre de la pression sur les autorités russes en vue d’obtenir la libération d’Alekseï et de Maxime.

Nous appelons à organiser des manifestations devant les ambassades, les consulats, les missions économiques et culturelles de la Fédération de Russie, aux événements publics et culturels qui ont des rapports à la Russie, tout comme d’envoyer des télécopies et des lettres au tribunal, au Parquet et au gouvernement russes (la journée principale de la campagne fax sera lundi le 20 septembre). Les adresses nécessaires et les détails supplémentaires sur les répressions en Russie seront bientôt communiqués.

Vous pouvez les trouver aussi sur notre site web : http://khimkibattle.org en anglais, allemand, français et russe.

Unissez-vous à l’action ! Campagne pour la mise en liberté des otages de Khimki Tel. : +7 (915) 053-59-12 http://khimkibattle.org info@khimkibattle.org
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Messagede vroum le Mer 15 Sep 2010 21:26

Solidarité avec les activistes biélorusses.

Communiqué de la Fédération anarchiste


15 septembre 2010

La Fédération anarchiste s'inquiète de la situation en Biélorussie. Début septembre, suite à l'attaque de l'ambassade russe à Minsk, la police a arrêté différentes personnes.

À ce jour 7 compagnons sont encore détenus : Igor Bogachek, Valeriya Khotina, Sergey Sliusar, Nikolay Dedok, Alexey Zhingerovsky, Alexander Frantskevich et Anton Laptenok.

Deux autres personnes ont été arrêtés, Vladimir Volodin and Tatiana Seminischeva sans réelle charge. La détention des sept personnes arrêtées le 3 septembre a été prolongée.

Certaines sites anarchistes russes et biélorusses ont publié une déclaration d'un groupe anarchiste inconnu revendiquant l'attaque au cocktail molotov contre l'ambassade russe et déclarant soutenir l'action des défenseurs de la forêt de Khimky. Pour le moment, on ne connait pas grande chose ni sur ce groupe ni sur ses activités. Mais selon son communiqué, la police a arrêté des personnes innocentes.

La situation se complique car la police poursuit ses recherches, avec arrestations et interrogatoires de militants. La plupart des personnes interpelées le sont pour le simple fait d'être dans les répertoires téléphoniques des personnes arrêtées.

La Fédération anarchiste condamne les arrestations arbitraires et la répression dont sont victimes les militants sociaux. Elle condamne la criminalisation des mouvements sociaux et la politique sécuritaire des États qui utilisent des faits divers pour museler les libertés individuelles et collectives.
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Re: Russie

Messagede Johan le Jeu 23 Sep 2010 14:37

Istanbul - Action in solidarity with Khimki Prisoners

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On the night of 19th. September the embassy of the Russian Federation was attacked by a group of anarchists using the black color bombs.

The action which was made for solidarity with Alexei Gaskarov and Maxim Solopov, the two anarchists which were arrested because of their actions for defending the Khimki Forest, the flyers which were entitled as " Freedom for the Khimki Prisoners " were distributed.

After the action two activists were put under surveillance. After six hours of surveilance they were set free. The flyer which was distrubuted had a warnings for the Russian Goverment for releasing Alexei and Maxim.

The declaration of the action:

Освободим химкинских заложников!
(Free Khimki Prisonars)

The public had supported the demonstration which has been spontaneously realized by over 200 anti-facists and anarchists outside the town administration building, in defense of the Khimki Forest near the Moscow suburb of Khimki, which was at that time in the process of beings cutting down for the needs of big business. The authority had responsed to this demonstration with force and had arrested two well known social activists Alexei Gaskarov and Maxim Solopov one day later.
We are here for the solidarity with all the prisoner comrades who have been arrested as they campaign for their life in earth which is coveted by industrial capitalism in all quarters of the planet. And we are warning the russian government on release Alexei and Maxim!
Release Alexei and Maxim!
Our solidarity is behind the nations and our most powerful weapon !

Свобода Алексей и Максим
(Free Aleksei and Maxim)

http://internationala.org/index.php/isy ... ylemi.html
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Re: Russie

Messagede vroum le Dim 26 Sep 2010 12:40

Le mouvement anarchiste en Russie


De la révolution de 1905 et 1917 à nos jours

S'il est vrai que la Russie a donné au mouvement anarchiste international de nombreux penseurs intéressants et des organisateurs - Bakounine et Kropotkine à Makhno, Voline et d'autres - le mouvement lui-même n'a pas été en mesure de prendre fermement racine dans le pays, qui dans les derniers siècles a été soumis à un régime, parfois autoritaire et totalitaire. D'importantes périodes d'exception ont été les révolutions de 1905-07 et 1917-21, quand les anarchistes connurent un certain soutien et le mouvement vécut des moments florissants. Ces moments, toutefois, étaient assez courts et après la liquidation des anarchistes dans les années vingt, par les bolcheviks, pendant des décennies, le mouvement n'était plus présent dans le pays - tous les anarchistes ont été tués, emprisonnés, forcés à la clandestinité ou à quitter la Russie.

Nous devons comprendre que la situation du mouvement anarchiste en Russie et en ex-Union soviétique est très différente de celle des autres pays européens (alors que nous pouvons la comparer à celle de la Chine après Mao). Les derniers vestiges du mouvement en URSS avaient été physiquement supprimés dans les années trente. Dans les années soixante qui ont suivi, chaque percée anarchiste dans le pays fut réduite au silence par la violence. Alors que dans des pays comme la Bulgarie, les anarchistes qui avaient émigré après la Seconde Guerre mondiale pouvaient voir la renaissance du mouvement dans la fin des années, en Russie, dans les faits, aucun anarchiste n'avait survécu si longtemps. A La chute de l'URSS, il ne restait probablement que quatre anciens anarchistes, qui étaient jeunes (la vingtaine) quand les derniers groupes ont été emprisonnés. Ils étaient très vieux et en mauvaise santé (merci au goulag), en 1989-90, lors de la ré-émergence du mouvement. Pour celui-ci, en substance, il n'y avait aucune tradition vivante de l'anarchie quand il est reparti de zéro, vingt-cinq ans auparavant.

Orientations différentes

C'est seulement après la Perestroïka, que les dissidents et des initiatives sociales indépendantes ripostèrent ouvertement. Le mouvement anarchiste n'a pas fait exception, en effet, les anarchistes étaient l'opposition la plus active dans la période 1988-1992. Depuis le début des années quatre-vingt, il y avait quelques petits groupes clandestins qui sont devenus plus tard le noyau du mouvement résurgent. Un de ces groupes et probablement le plus influent, l'Obschina (la Communauté), était basé à Moscou, au cours de la période de la Perestroïka et publiait un samizdat influents ayant le même nom. Auparavant, c'était un groupe clandestin marxiste (gardez à l'esprit que dans un état orwellien qu'est l'Union Soviétique, l'influence de l'idéologie officielle était énorme, tandis que d'autres opinions et idées ont été sévèrement censurée), puis depuis 1987, il est présenté comme un groupe « socialiste indépendant ». Cette différence majeure est principalement attribuable à la connaissance des critiques bakouniniste du socialisme d'état, ainsi que d'autres tendances socialistes et anarchistes. L'Obschina faisait partie du mouvement montant « informel », un adjectif qualifiant des activités non contrôlées par le Parti communiste - des groupes de défense contre la destruction des monuments historiques jusqu'aux environnementalistes et les organisations politiques émergentes. Avec l'avènement de la Glasnost et de la Perestroïka, le contrôle idéologique a été un peu relâché et a ouvert un espace pour certaines activités publiques au grand jour. En 1989, des groupes qui soutenaient les principes d'autogestion, ont formé une confédération anarcho-syndicaliste (KAS). En 1989-90, la presse anarchiste en Russie est arrivé à hauteur de tirages de 10.000 à 30.000 exemplaires. Pour un temps, la KAS a fonctionné comme l'organisation des divers groupes anarchistes, pas nécessairement les anarcho-syndicalistes. Plus tard en 1990-91, sont nés d'autres réseaux et associations.

Anarchistes aujourd'hui: quelques-uns, mais ...

Après l'échec de la tentative de coup d'état des derniers bureaucrates communistes en août 1991, l'Union Soviétique a cessé d'exister et les nouveaux États ont émergé des décombres de celle-ci. Les réformes libérales - la privatisation, la libéralisation des prix, qui ont également été caractérisé par une forte inflation - a provoqué une « insatisfaction politique » dans la majorité de la population. L'existence dans la nouvelle Russie est maintenant devenu une course pour la survie dans le capitalisme «sauvage». Cette réalité a également tué les mouvements démocratiques de masse, qui ont depuis commencé à décliner. Dans la dernière décennie du XXème siècle, les anarchistes ont également traversé plusieurs crises. Alors que le mouvement était l'opposition la plus active et la plus déterminée au communisme soviétique et au capitalisme à la fois, depuis 1993-94, il a connu une baisse significative. Dans les dernières années du siècle, un petit réseau de groupes, principalement actif dans le domaine de l'environnement et dans les campagnes contre la guerre a résisté. Ce n'est qu'au tournant du siècle qu'il y a eu une légère augmentation du nombre, principalement en raison de l'afflux des jeunes venus de la scène punk émergente et indépendante. Mais le problème demeure: très peu de jeunes restent dans le mouvement pour pouvoir donner un apport de maturité, de connaissances et d'expérience. Le renouvellement élevé reste un problème.

Le plus grand réseau anarchiste présent aujourd'hui est Action Autonome, qui sert d'organisation communiste libertaire et est en grande partie composée de jeunes engagés dans les luttes sociales, écologiques et antifasciste. En Russie, sont également présentes diverses organisations anarcho-syndicaliste, de petite taille. En Sibérie, les anarchistes sont au coeur de le Fédération du Travail de Sibérie (SKT), l'organisation syndicaliste révolutionnaire qui remonte seulement au années soixante et est un syndicat minoritaire actif dans diverses régions de la Sibérie. Le Khraniteli Radugi (les Gardiens de l'arc-en-ciel), qui entre les années soixante et le début du nouveau siècle a organisé plusieurs événements pour l'environnement, a été dissous, mais les anarchistes sont toujours actifs dans diverses batailles sur l'environnement local, comme dans la campagne anti-nucléaire. Un nombre considérable d'anarchistes ne font partie d'aucune organisation, d'envergure nationale, mais il sont actifs dans des collectifs et dans les luttes locales.

Dans l'ensemble, nous parlons encore de pas d'avantage que quelques milliers de militants au niveau national, ce qui n'est pas un grand nombre. Mais les anarchistes sont souvent une voix forte et indépendante dans les luttes sociales dans le pays. Au cours de la dernière décennie, on a connu une certaine croissance qualitative et quantitative du mouvement et une présence vivace d'anarchistes non seulement à Moscou, à Saint-Pétersbourg et d'autres grandes villes mais aussi dans de nombreux villages de province.

Mikhail Tsovma



(L'article a été publié en italien dans le jounal A Rivista Anarchica, No.355, été 2010. La version italienne est consultable en ligne: http://www.anarca-bolo.ch/a-rivista//35 ... ussia1.htm)

Traduit de l'italien par Nicolas
Relations internationales de la Fédération Anarchiste http://federation-anarchiste.org/
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Re: Russie

Messagede spleenlancien le Ven 1 Oct 2010 04:32

Image

Un groupe d'artistes de St Petersbourg appellé "voina " ou guerre retourne des voitures de police en 9 secondes pour protester contre la corruption ambiante...

Article original ( en anglais ) : http://juralibertaire.over-blog.com/ext ... 16712.html

Article en français avec une vidéo... :hehe:

http://juralibertaire.over-blog.com/art ... 27341.html
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Re: Russie

Messagede Johan le Mar 5 Oct 2010 22:51

Moscow anarchists blocked the Minsk highway in solidarity with the Belarusian friends
Monday, October 04, 2010

(A slightly edited machine translation)
+++++++
Moscow anarchists blocked the Minsk highway in solidarity with the Belarusian
friends


We, a group of Moscow anarchists in the early morning on October 1 blocked with burning tires Minsk highway between Odintsovo and Krasnoznamensk in protest against the persecution of fighters for freedom and justice of the fascist regime of Lukashenko.

With a symbolic act on the road linking Moscow and Minsk, we want to draw attention to the Russian public on the important issue, which is covered. Right now the capital of the Republic of Belarus in prison languishing good and honest people - Niikolay Dzyadok Alexander Frantskevich and Igor Truhanovich. All of them - the anarchists - the fighters for freedom, equality and justice and against dictatorships in Belarus and worldwide.They are accused of burning police stations and the Russian embassy (which was set on fire on August 30 in solidarity with the defenders of Khimki Moscow region forests, are now exposed to predatory harvesting, with the consent of the authorities). This radical challenge to the Belarusian and Russian oppressors served as a pretext for mass arrests, threats and beatings of social activists. In fact - the main reason for the arrest of our comrades from Minsk are their beliefs and active lifestyle - now they face major prison time. In total, through the hands of the KGB and the police took dozens of people - one of the detainees, Tatiana Seminischevu, the scoundrels in uniform drove up to the fact that she cutted her veins - it was a miracle that this did not resulted a serious harm. People get just released after several days in a prison cell without charges, since there may not be any evidence against an innocent person, "result" did not have. A similar fate awaited many others - in this momentin the dungeons are only three guys whose names are mentioned above - they Lukashenka and his henchmen, apparently set out to avenge all his impotent anger and vile.

We call upon all honest and caring people in Russia and around the world: Help people in distress! You feasible means of protest to the Belarusian
authorities and their representatives in Russia: the embassies, consulates, Belarusbank, do not buy Belarusian goods, tell us about the situation, family and friends - do not let the people rot in jail in silence - act in any manner to which you have enough imagination ! Make a contribution.

You can also write and send a letter of support to those arrested: now he, more than ever, we need the kind words, a sense of shoulder solidarity.

STOP INJUSTICE!

Video from the action:

http://rutube.ru/tracks/3639765.html?v= ... 008b4abd03
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Re: Russie

Messagede Johan le Dim 10 Oct 2010 17:51

Source: http://antifasrusses.samizdat.net/



Bilan des journées d’action internationales en solidarité avec les otages de Khimki
oct 052010

La destruction de la forêt de Khimki et la répression qui l’entoure sont devenus des événements de portée internationale. Les autorités locales de Khimki, l’entreprise de travaux publics française Vinci, les partenaires commerciaux russes ainsi que les ministères et les officines de sécurité de la Fédération de Russie ont tous montré que ce qui les intéressait dans cette affaire, c’était leurs intérêts mesquins, leurs profits commerciaux.

Lorsque les droits sociaux et environnementaux des habitants sont régulièrement bafoués, lorsque les forces de l’ordre du pays prennent leur revanche sur des mobilisations populaires et des actions de désobéissance, et ce avec l’approbation (même implicite) des multinationales, la réponse est une mobilisation qui se manifeste à l’échelle mondiale.

Les journées d’action des 17-20 septembre en ont été une illustration parfaite : en effet, au cours de ces 4 jours, des militants (auxquels se sont joints des gens qui se sentaient concernés par la situation des deux antifascistes russes) ont mené pas moins de 36 actions de solidarité dans 32 villes, de douze pays différents. À Salonique (Grèce), à Berlin, Hambourg, Bochum, et Düsseldorf (Allemagne) ; à Seattle (États-Unis) : à Cracovie (Pologne) ; à Kiev, Kharkov, Ternopil et Zaporojie (Ukraine) ; à Lucerne (Suisse) ; à Istanbul (Turquie) ; à Londres (Grande-Bretagne) ; à Stockholm (Suède) : à Rome (Italie) et à Copenhague (Danemark). À Paris (France), Athènes (Grèce) et New York (États-Unis), il y a même eu deux actions. En Russie, il y a eu des mobilisations à : Ijevsk, Irkoutsk, Kazan, Saratov, Cheboksary, Moscou, Petrozavosk, Saint-Pétersbourg, Omsk, Tyumen et Yaroslav (avec, dans certaines villes, deux actions). Il y a eu aussi des actions à Mexico City, à Budapest et à Ufa, pour lesquelles il n’y a pas encore de photos ou de compte rendus publiés sur Internet.

Notons enfin que fin août, début septembre, avant le lancement officiel de la campagne, des actions spontanées ont eu lieu à Tel Aviv, Paris, Berlin, Moscou, Kiev, Minsk, Saint-Pétersbourg et Ijevsk.

À côté de ces actions, de nombreux fax, courriers et e-mails de protestation ont été envoyés à Medvedev, aux procureurs et aux juges, par des citoyens lambdas et par des personnalités russes ou étrangères. Plus de 700 cartes postales ont également été collectées par les militants russes au moment des rassemblements qui ont eu lieu en Russie puis elles ont été apportées au siège de l’administration présidentielle. À ce jour, on sait que la juge Galanova, en charge du dossier d’Alexeï, a répondu à un courrier envoyé par la CNT-AIT de Madrid.

De fait, les actions brutales de l’administration locale de Khimki et de la police russe ainsi que la légèreté de la justice russe (déclaration officielle au sujet de l’absence de présomption d’innocence) ont encore une fois renforcé à l’étranger l’image d’une Russie autoritaire et répressive, contre laquelle on pourrait envisager des sanctions, tout comme on pourrait sanctionner les entreprises étrangères qui participent à ce jeu violent.


Bilan des agressions racistes pour le mois de septembre 2010
oct 082010

En septembre 2010, les attaques perpétrées par des néonazis ont fait un mort et au moins 14 blessés. En septembre 2009, 9 personnes avaient été assassinées et 36 blessées dans de telles attaques. En tout, depuis le début de l’année 2010, on a dénombré en Russie 23 meurtres et au moins 241 agressions commis par des néonazis.

En septembre, des violences ont été enregistrées dans la région de Moscou (un mort, 7 blessés), à Rostov-sur-le-Don (au moins 5 blessés) et dans la république de Sakha (Iakoutie, 2 morts). En tout, depuis le début de l’année, on a enregistré des faits de violence dans 39 régions russes.

Malgré cela, Moscou et sa région (11 morts, 94 blessés), Saint-Pétersbourg et la région de Leningrad (un mort, 35 blessés) et Nijny-Novgorod (2 morts, 14 blessés) restent les régions où il y a le plus fort taux de violence. Le nombre de victimes enregistrées dans les autres régions est de 10.

Rappelons que ces statistiques n’incluent pas les victimes de bagarres de masse ni celles des incidents survenus dans les régions du Nord-Caucase.

Après plusieurs procès pour violence raciste menés en août 2010 (13 verdicts de culpabilité prononcés), un seul procès s’est terminé en septembre par un verdict de culpabilité. Il s’agissait de l’affaire concernant deux policiers de Kaluga qui avaient tabassé deux personnes originaires d’Asie centrale par pur racisme. Au cours de l’instruction d’une autre affaire (agression et tabassage d’un citoyen indien à Arkhangelsk), il y a eu conciliation entre les parties.

En tout, depuis le début de l’année 2010, 63 verdicts de culpabilité ont été prononcés dans le cadre d’affaires de violences racistes. 217 personnes ont été condamnées, parmi lesquelles 76 ont échappé à leur peine pour des raisons variables ou ont été condamnées à une peine avec sursis sans sanctions supplémentaires.

Deux autres verdicts de culpabilité ont été prononcés à l’encontre d’organisations racistes et xénophobes : dans la région de Tchéliabinsk, Alexander Lozovsky a été condamné à une peine avec sursis pour avoir créé une organisation extrémiste et diffusé de la propagande raciste, et dans la région de Krasnodar, un militant du RNE (Unité nationale russe) a été condamné à une amende conséquente.

En tout, depuis le début de l’année 2010, 39 verdicts de culpabilité ont été prononcés en vertu de l’article 282 (contre la haine raciale et les organisations extrémistes), 5 en vertu de l’article 280, et 5 en vertu des deux articles à la fois. 59 personnes ont été condamnées, parmi lesquelles 27 ont été condamnées à des peines avec sursis sans sanctions supplémentaires.

En septembre 2010, deux organisations extrémistes ont été interdites : le 15 septembre, un groupe islamiste et le 22 septembre à Nijny-Novgorod le Parti national-socialiste des ouvriers de Russie.

Il n’y a pas eu de mise à jour de la liste fédérale des publications et organisations extrémistes en septembre 2010.
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Re: Russie

Messagede Antigone le Mer 13 Oct 2010 15:36

Il faut croire que le football et la télé n'abrutissent pas assez.

AFP, La Tribune de Genève - 12 oct 2010
http://www.tdg.ch/depeches/monde/etat-v ... triotiques

L'Etat veut que 50 % des Russes s'enrôlent dans des programmes patriotiques

Le gouvernement russe a adopté un plan d'action pour que, d'ici 2015, un Russe sur deux soit enrôlé dans des évènements ou des mouvements destinés à leur apprendre le patriotisme, selon un plan d'action publié mardi. Approuvé par le Premier ministre russe Vladimir Poutine le 5 octobre, ce programme doit assurer "la formation d'une conscience patriotique chez les Russes, en tant que facteur d'unification de la nation", selon le texte du décret.

La création d'évènements ou lieux culturels à caractère patriotique, comme la réalisation de films, l'ouverture de clubs et de musées, doit permettre à ce que d'ici 2015 "la part des citoyens qui participent à des évènements patriotiques" passe à 50 %. Ce programme se fixe aussi pour objectif que l'opinion positive des Russes sur ces évènements passe de 40 % actuellement à 90 %. Ce plan d'action coûtera quelque 777 millions de roubles, soit près de 18,6 millions d'euros.

À cette fin, le gouvernement veut cibler en particulier les plus jeunes et compte presque doubler, à 1.400, le nombre de colonies de vacances "patriotiques". Le nombre d'éducateurs doit pour sa part passer de 20.000 à 45.000 en 2015. À partir de 2001, suite à l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, alors président, les autorités russes ont multiplié les programmes d'éducation patriotique en Russie, où l'effondrement de l'URSS et la période trouble des années 1990 ont été vécus comme une humiliation.

L'État russe prête depuis cinq ans une attention particulière à l'industrie du cinéma, déjà perçue comme une arme idéologique à l'époque soviétique, en limitant les subventions aux films plus "humains" et plus "patriotiques".
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Re: Russie

Messagede Johan le Dim 24 Oct 2010 13:12

Aujourd’hui : libération de Maxim Solopov !
oct 18 2010

Aujourd’hui, lundi 18 octobre, Maxim Solopov a été remis en liberté, conformément à la décision du tribunal de la région de Moscou. En échange d’une assurance écrite stipulant qu’il ne quitterait pas la ville, Maxim a été remis en liberté après une audience à Khimki : de 11h à 16h, le tribunal de Khimki a statué sur la remise en liberté de Maxim. Il aura fallu cinq heures à la juge Svetlana Galanova, dont trois heures de délibéré, pour accepter la décision prise par le tribunal de la région de Moscou.

Maxim a donc été remis en liberté en échange des garanties qu’il avait données lors de la précédente audience (dont celles de Lev Ponomaryov, président du mouvement pour les droits de l’homme, et Yekaterina Di Santo, professeure à l’université où étudie Maxim). Ces derniers étaient présents à l’audience, et Yekaterina Di Santo a témoigné devant la cour qu’il fallait relâcher Maxim pour qu’il puisse continuer ses études et travailler dans la recherche. Elle a dit au tribunal que Maxim est « quelqu’un de très doué, un bon étudiant et [qu’elle était] heureuse qu’en plus de tout cela, il soit aussi un antifasciste. »

Les arguments de l’accusation et du procureur étaient les mêmes qu’à la dernière audience, et donc invalides à ce titre. Les seules nouveautés, évoquées par un enquêteur, Yermilov, étaient les déclarations d’un témoin qui aurait incriminé Maxim, des photos qui montrent une personne masquée de noir qui serait soi-disant Maxim et un document fourni par le Service Fédéral de Sécurité (FSB, successeur du KGB), selon lequel Maxim aurait été arrêté plusieurs fois au cours de manifestations « illégales ». Lorsqu’on a demandé à Yermilov comment il reconnaissait Maxim sur les photos, il n’a pu fournir aucune preuve.

Maxim a pris la parole devant le tribunal et a demandé que son propre témoignage soit pris en compte par les juges, y compris sa déclaration sur « le manque de professionnalisme des forces de l’ordre qui l’ont pris en otage ».

Les témoignages fournis par les enquêteurs ont été démontés par la défense : Lev Ponomaryov a d’ailleurs rappelé que ce genre d’audience devait se prononcer non pas sur la culpabilité de Maxim, mais seulement sur la façon de le garder à la disposition de la justice. Il a ajouté que la Procurature était en train de vérifier la légalité des auditions qui ont eu lieu hors de la présence de l’avocat de Maxim (auditions au cours desquelles de multiples pressions ont été exercées sur lui, d’ailleurs).

La cour a pris en considération les arguments de la défense et a décidé de libérer Maxim Solopov. « C’est tout ce qui s’est passé ces derniers temps qui a été pris en considération. Aussi bien le soutien très large que les garanties données à la cour ont été pris en compte. La libération de Maxim est le résultat de tout ce que nous avons mis en œuvre. », a déclaré Lev Ponomaryov après l’audience.

Ce qu’il évoque, ce sont bien sûr les journées d’action internationales initiées par la Campagne pour la Libération des Otages de Khimki, au cours desquelles des gens se sont mobilisés dans 35 villes de 12 pays différents. Le tribunal de la ville de Khimki, de même que d’autres institutions administratives russes, ont également reçu des centaines de lettres de protestation en provenance du monde entier.

Le 15 octobre dernier, le tribunal de la région de Moscou a également annulé la précédente décision du tribunal de la ville de Khimki au sujet du maintien en détention d’Alexeï Gaskarov. Dans son cas, il y aura une nouvelle audience au tribunal de Khimki le mercredi 27 octobre 2010.

Pour autant, les charges ne sont pas abandonnées, ni contre Maxim ni contre Alexeï qui n’est pas encore sorti de prison. Pour nous, antifascistes, il reste encore beaucoup à faire…



Aujourd’hui : libération d’Alexeï Gaskarov !
oct 22 2010

Le vendredi 22 octobre 2010, Alexeï Gaskarov a été remis en liberté : au tribunal de Khimki, la juge Svetlana Galanova a pris la décision de libérer Alexeï sans prendre en compte la requête de l’accusation qui voulait le voir rester en détention préventive. Alexeï a réagi en disant qu’il ne s’attendait pas à une telle décision parce qu’il n’avait pas confiance dans le système judiciaire russe.

L’accusation n’a pas présenté de nouveaux arguments pour étayer sa demande de maintien en détention, si ce n’est un rapport du FSB. Selon ce rapport, Alexeï Gaskarov est membre de l’Antifa AJI (apparemment Association de Jeunesse Informelle) depuis 2007 ; il entretient de nombreux contacts, y compris au niveau international, ce que viennent corroborer ses nombreux voyages à l’étranger ; il a participé et organisé des actions de protestation non autorisées ; et il a été arrêté la dernière fois le 20 mars 2010, au cours de la Journée de la Colère.

Dans son témoignage, Alexeï a déclaré que l’antifascisme n’était pas un crime, et que son opinion antifasciste ne pouvait justifier qu’il soit arrêté. Quant à ses voyages à l’étranger, ils ne regardaient que lui. Il a ensuite expliqué à la cour qu’il était présent le 20 mars à la Journée de la Colère en tant que correspondant de l’Institut pour l’Action Collective (IKD) et qu’après son arrestation, il avait été relaxé de toutes les charges. C’est à nouveau en tant que correspondant de l’IKD qu’il s’était rendu à Khimki le 28 juillet, ce qu’a confirmé une lettre des directeurs de l’Institut.

Lev Ponomaryov, militant des droits de l’homme, qui était à l’audition en tant que conseiller de la défense, a également exprimé son étonnement de voir l’accusation faire des idéaux antifascistes un trait de caractère négatif alors qu’en réalité, la société devrait être fière de ces personnes-là parce qu’elles la protègent du fascisme. Selon Ponomaryov, c’est une bonne chose qu’il y ait des gens qui soient fermes dans leurs positions.

La cour a écouté le témoignage d’Andrei Demidov, le directeur de l’IKD : il a confimé qu’Alexeï avait été envoyé à Khimki en tant que correspondant de l’Institut. Quant à Semionovsky, l’avocat d’Alexeï, il a rappelé que cinq citoyens respectables (Lev Ponomaryov, président de l’organisation Pour les droits de l’homme, Sergueï Kovalyov et Liudmila Alexeeva, militants des droits de l’homme, Ilya Ponomaryov et Oleg Shein, députés à la Douma) s’étaient engagés en faveur de son client.

Le 18 octobre, le tribunal de la ville de Khimki avait ordonné la libération de Maxim Solopov. Comme Alexeï Gaskarov, Maxim Solopov avait été accusé de hooliganisme pour sa participation présumée à l’action de protestation qui avait eu lieu devant la mairie de Khimki au mois de juillet.

Tous ceux et toutes celles qui ont fait campagne pour la libération des otages de Khimki se réjouissent avec Maxim Solopov et Alexeï Gaskarov pour leur remise en liberté ; néanmoins, ils/elles savent qu’ils/elles n’ont pas atteint tous leurs objectifs et ont bien l’intention de continuer à se battre jusqu’à ce que toutes les accusations contre eux soient abandonnées.
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Re: Russie

Messagede Johan le Jeu 4 Nov 2010 19:56

Russie: l'extrême-droite s'empare de la fête de l'Unité
04.11.10 - 18:25

Image

Une kyrielle de groupes russes d'extrême droite et des mouvements pro-Kremlin ont mobilisé des milliers de personnes lors de deux défilés concurrents à Moscou pour célébrer la journée de l'Unité du peuple, une fête qui reste peu connue du grand public.

Les jeunesses pro-pouvoir Nachi ont indiqué avoir réuni 15 000 personnes pour une "Marche russe" le long de la Moskova, dans le centre de la capitale pour marquer cette journée commémorant la libération de Moscou en 1612, occupée alors par l'armée polonaise.

A l'extrême sud-est de la ville, les mouvements nationalistes, antisémites, se réclamant de courants ultra-orthodoxes et anti-immigration ont pour leur part rassemblé entre 5000 et 7000 militants, selon des journalistes de l'AFP sur place, pour un défilé dénonçant le pouvoir russe, coupable à leurs yeux de laisser la Russie aux mains des non-Russes.

"Depuis 1612, au Kremlin, il n'y a ni Polonais ni Suédois. Il ne reste que les youpins. C'est eux l'occupation et elle est encore plus effrayante, horrible et dure pour la nation Russe", martèle le colonel Vladimir Kvatchkov, qui dirige la Milice populaire.

Les manifestants, en majorité de jeunes hommes dont beaucoup cachaient leur visage derrière des cagoules ou des masques chirurgicaux, lançaient des slogans tels "L'Europe aux blancs et la Russie aux Russes" ou encore "Moins d'immigrés, plus d'argent".

Envolée des crimes racistes

Les crimes racistes en Russie ont connu une envolée depuis la chute de l'URSS alors que parallèlement des centaines de milliers de ressortissants d'ex-républiques soviétiques, en particulier d'Asie centrale, sont venus travailler dans les grandes villes russes.

"A Moscou, cela fait peur maintenant de marcher dans la rue, 70% des viols sont commis par des ressortissants d'Asie centrale", affirme Alexandre Belov du Mouvement contre l'immigration clandestine.

Un jeune homme, le visage caché derrière une écharpe bleu et se présentant sous le nom de Stavropol, martèle, lui, que le Kremlin est sous le contrôle d'un complot "judéo-maçonnique, surtout judaïque" avant de dénoncer lui aussi l'immigration.

"On n'a absolument pas besoin d'eux (...) qu'ils rentrent chez eux travailler et y construire leurs mosquées", martèle-t-il.

Moins de monde à Saint-Pétersbourg

Dans la deuxième ville de Russie, la mobilisation était bien moindre, avec environ 300 militants d'extrême droite défilant à Saint-Pétersbourg. "Les autorités détruisent la Russie et les Russes et ne pensent qu'à se remplir les poches", estime Sergueï, 21 ans.

La journée de l'Unité du peuple a été instituée en 2005 par l'actuel Premier ministre Vladimir Poutine (président de 2000 à 2008) avec pour but de cimenter l'identité nationale en Russie, celle-ci peinant à s'enraciner depuis la chute de l'URSS.

Mais cette célébration reste méconnue des Russes, selon un sondage de l'institut Vtsiom réalisé auprès de 1600 personnes. Seul 1% classe cette fête parmi les plus importantes en Russie et tout juste 10% en connaissent le nom exact et ses origines historiques.

AFP


Quelqu'un sait si nos amis antifas russes organisaient quelque chose?
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Re: Russie

Messagede Antigone le Dim 7 Nov 2010 12:38

AFP, Le Temps - 06 nov 2010
http://m.letemps.ch/Page/Uuid/fae1913e- ... _agression

Un journaliste russe dans le coma après une nouvelle agression

MOSCOU - Un journaliste politique du quotidien russe indépendant Kommersant était dans un coma artificiel samedi après avoir été grièvement blessé par deux agresseurs à Moscou, ses collègues dénonçant une nouvelle attaque contre la liberté de la presse en Russie.

"Oleg Kachine a été grièvement blessé et hospitalisé. Il va être maintenu dans un coma artificiel pendant les prochains jours", a indiqué le journal. Le journaliste de 30 ans souffre d'un grave traumatisme crânien, a indiqué son épouse Evguenia Milova. Il a aussi des fractures d'un tibia, des mâchoires inférieure et supérieure, des phalanges des mains. Il a dû être amputé d'un doigt, et les médecins n'ont fait pour l'instant "aucun pronostic" sur son état, selon Kommersant.

Le journaliste a été agressé dans la nuit de vendredi à samedi par deux hommes qui l'attendaient dans la cour de son immeuble rue Piatnitskaïa, en plein centre de Moscou, selon des témoins. "Il avait le visage en sang, les jambes aussi, il montrait sa main fracturée", a raconté une voisine interrogée par la télévision russe. Une enquête a été ouverte pour "tentative de meurtre", a indiqué le Parquet de Moscou.
Remarquant que ni son i-phone, ni l'argent qu'il avait sur lui n'avaient été volés, les collègues d'Oleg Kachine ont estimé que l'agression était sans ambiguïté liée aux reportages et enquêtes du journaliste. "Il est clair que les gens qui ont fait ça n'aimaient pas ce qu'il disait et ce qu'il écrivait", a déclaré le rédacteur en chef de Kommersant, Mikhaïl Mikhaïline.

Journaliste politique à Kommersant, un des principaux quotidiens indépendants à Moscou, Oleg Kachine couvrait les activités de la présidence russe, mais aussi les manifestations de l'opposition.
Il avait aussi travaillé sur les mouvements de jeunes, notamment extrémistes, et avait couvert ces derniers mois les manifestations contre la construction controversée d'une autoroute à travers la forêt de Khimki dans la banlieue de Moscou. La mobilisation contre ce projet a contraint fin août le président Dmitri Medvedev à en suspendre la réalisation. Emblématique, selon ses détracteurs, de la primauté d'intérêts privés sur le droit en Russie, ce dossier a donné lieu à plusieurs reprises à des violences.

Un activiste écologiste local, Konstantin Fetissov, agressé mercredi dernier, est dans un état très grave et a lui aussi été plongé par les médecins dans un coma artificiel, a indiqué samedi le mouvement de défense de Khimki.
Un journaliste local, Mikhaïl Beketov, avait été passé à tabac en 2008 par des inconnus et amputé d'une jambe après des mois dans le coma. L'enquête n'a à ce jour rien donné.
Le président Medvedev a ordonné samedi au procureur général Iouri Tchaïka et au ministre de l'Intérieur Rachid Nourgaliev de superviser personnellement l'enquête sur l'agression d'Oleg Kachine. Les criminels doivent être punis", a-t-il également écrit sur Twitter.

Plusieurs dizaines de collègues du journaliste et de représentants de l'opposition ont pour leur part manifesté devant le siège de la police de Moscou. "Tant que nos journalistes seront battus et intimidés, nous n'aurons pas d'Etat de droit ni de démocratie", a déclaré l'ex-dissidente soviétique et défenseur des droits de l'Homme Lioudmila Alexeeva.

De nombreux journalistes ont été agressés, blessés ou assassinés ces dernières années en Russie, les enquêtes de police ne débouchant que très rarement. Le cas le plus connu est celui de la journaliste d'opposition Anna Politkovskaïa, assassinée à Moscou en 2006. Quatre ans après, le commanditaire de ce meurtre n'a toujours pas été identifié par la justice.
Selon le Comité pour la protection des journalistes, basé à New-York, 52 journalistes ont été tués en Russie depuis 1992.
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Re: Russie

Messagede Antigone le Dim 21 Nov 2010 13:48

Le Courrier de Russie - 17 nov 2010
http://www.lecourrierderussie.ru/2010/1 ... -a-moscou/
En cliquant sur ce lien, vous y verrez leur dernière oeuvre

Voïna : trois activistes arrêtés à Moscou

Le pouvoir ne veut plus jouer à la guerre
Trois activistes du groupe Voïna qui avaient renversé des véhicules de la milice de Saint-Pétersbourg ont été arrêtés à Moscou et deux d’entre eux sont actuellement détenus. Selon l’un des membres du mouvement, l’arrestation s’est déroulée à proximité du métro Begovaïa et la milice a arrêté trois responsables de cette action : Natalia Kozlionok, Oleg Vorotnikov et Leonid Nikolaev. D’après l’agence de presse Interfax, cependant, il s’agirait en fait de Vorotnikov, Nikolaev et d’un troisième membre dont on connaît seulement le surnom, « Bely ».

L’action « Révolution de palais » a eu lieu le 16 septembre dernier. Les activistes de Voïna avaient retourné, devant le chateau Saint-Michel de Saint-Pétersbourg, une voiture de la milice dans laquelle un milicien s’était endormi puis, sur les quais, encore d’autres véhicules de la police routière. Trois mois auparavant, dans la nuit du 14 juin 2010, les activistes avaient dessiné un gigantesque symbole phallique sur le pont Liteïneskiï, de sorte qu’à l’ouverture du pont, le phallus se dresse face au siège du FSB.

Conformément à l’article du code pénal russe sur les actes de vandalisme perpétrés par un groupe de personnes à l’encontre de représentants du pouvoir, les trois activistes risquent jusqu’à sept ans de prison.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Courrier international - 08 nov 2010
http://www.courrierinternational.com/ar ... la-liberte

"Voïna" ou l’art de la guerre pour la liberté

Adepte de l'art conceptuel de rue, le collectif artistique russe Voïna excelle dans les performances tonitruantes et subversives dirigées contre les autorités et le pouvoir jugés fascisants. Dans une interview accordée à Courrier International, les responsables du groupe défendent une nouvelle radicalité de gauche, inspirée et héroïque.

Comment s'est constitué le groupe artistique Voïna ?
Lionia Iobnouty ["le Taré"] : C'est Oleg Vorotnikov qui l'a fondé en 2007. Au début, il ne comptait que quelques personnes, mais aujourd'hui, elles sont des dizaines, voire des centaines à prendre part à chacune de nos actions. Vorotnikov reste le cerveau du groupe.
Kozlionok ["Cabri"]: Mais Lionia Iobnouty est notre président et notre super-héros. C'est lui qui a sauté sur le toit d'une voiture du Service Fédéral de protection des personnalités devant le Kremlin !
L. I. : Kozlionok est notre coordinatrice en chef, et elle est le cœur de notre troupe. Alexeï en est l'éminence artistique, le concepteur de nos performances.

Pourquoi ce nom de "Voïna" ?
Alexeï Ploutser-Sarno : Voïna signifie "Guerre". Nous avons déclaré la guerre à tout ce monde de l'art glamouro-fasciste qui produit des objets d'art morts.

Pourriez-vous nous parler des premières actions de votre groupe ?
O. V. : Le 1er mai 2007, nous avons balancé des chats errants dans un MacDo. Double profit : les chats ont pu manger des hamburgers, et les employés faire connaissance avec l'art contemporain de gauche.
K. : Ensuite, le 24 août 2007, nous avons réalisé Le festin. Nous avons dressé des tables dans un wagon du métro de Moscou et célébré le repas de funérailles de notre ami, le peintre Dmitri Prigov.
A. P-S. : Le 29 février 2008, au moment de l'élection de Medvedev à la présidence, nous avons organisé une partouze dans une salle du Musée national de biologie, à Moscou, sous le slogan "J'encule Medvejonok".
K. : Medvejonok, en russe, c'est un petit Medvedev ["Medved" signifie "ours"].
A. P-S. : Nous voulions dresser le portrait de la Russie en campagne électorale. Aujourd'hui, en Russie, tout le monde encule tout le monde, et le président Medvejonok jouit devant ce spectacle.
K. : Il aime voir les gens souffrir.
O. V. : Le 6 mai 2008, au moment de la prestation de serment du nouveau président, nous avons fait l'Humiliation du flic dans sa propre maison, en lançant des tartes sur le chef de la police, carrément dans son bureau, et en l'arrosant de thé.

Vous prenez de plus en plus de risques. Comment parvenez-vous à échapper à la prison ?
A. P-S. : Oui, depuis le 22 mai 2008, avec La censure suce, nous sommes passés à des actions de protestation dures.
O. V. : Le 3 juillet 2008, nous avons fait Le flic en soutane de pope, un pillage de supermarché en plein jour par un militant qui avait passé une soutane par-dessus un uniforme de policier. En Russie, tout le monde crève de peur devant la police et les popes, et les vigiles du supermarché avaient tellement la trouille qu'ils n'ont pas réagi.
K. : Le 7 septembre 2008, nous avons monté des exécutions capitales, toujours dans un supermarché, en pendant des travailleurs immigrés, des juifs et des homosexuels. C'était une offrande symbolique à Iouri Loujkov, le maire corrompu de Moscou [limogé fin septembre dernier] pour sa politique homophobe [toutes les tentatives de gay prides dans la capitale russe ont été sévèrement réprimées], xénophobe et esclavagiste.
L. I. : Pour ne pas se faire arrêter, il faut agir très vite.

Laquelle de vos actions a été le plus dangereuse, et laquelle a eu le plus d'écho ?
? : La plus dangereuse a été Bite au cul. C'était le 29 mai 2009, quand nous avons donné un concert punk dans une salle de tribunal, durant le procès du commissaire d'exposition Andreï Eroféïév [jugé pour incitation à la haine religieuse à cause de l'exposition Art interdit 2006]. Nous avions fait entrer en douce des guitares électriques et des micros, et dès l'ouverture de la séance de ce tribunal de la honte, nous avons chanté Tous les flics sont des salauds, ne l'oubliez pas !
L. I. : Notre action la plus célèbre, c'est bien sûr Révolution de palais. Tard dans la soirée du 16 septembre dernier, nous avons renversé sept voitures de police dans le centre de Saint-Pétersbourg, avec des policiers corrompus et ivres dedans.
A. P-S. : C'est ainsi que nous avons procédé à la réforme symbolique du ministère de l'Intérieur, en les mettant sans dessus dessous.

Que cherchez-vous, finalement ? Vous avez un programme ?
O. V. : Nous sommes entrés dans une nouvelle ère. Toute cette pitoyable masturbation artistique pseudo-libérale avec des programmes, c'est dépassé. Il est temps de s'opposer pour de bon au lieu de se contenter de jouer avec les mots.
K. : Nous ne rédigeons pas de manifestes, nous enculons le pouvoir russe extrémiste de droite avec notre Bite de 65 mètres.
A. P-S. : Kozlionok fait allusion à note Bite prisonnière du KGB. Nous avions tracé sur la partie mobile d'un pont levant, le pont Liteïny de Saint-Pétersbourg, les contours d'un pénis géant de 65 mètres de long sur 23 de large, 30 secondes avant que ce pont de 4 tonnes soit relevé, dressant cette bite monstrueuse et menaçante juste devant les fenêtres du FSB [autrefois KGB].
L. I. : Notre objectif politique est de créer un front de gauche de la jeunesse, pour lutter contre la réaction de droite qui s'est emparée de la Russie.
A. P-S. : En matière artistique, notre but est de montrer la communauté artistique glamour et conformiste sous son vrai jour, pour que tout le monde puisse en rire. Elle est vendue, fascisoïde et reproduit de la merde artistique complètement ringarde.
K. : Nous, nous créons un art nouveau, honnête, héroïque et monumental.
O. V. : Et totalement gratuit !

Qui est l'idéologue, chez vous ?
O. V. : Nous avons quatre centres intellectuels dans le groupe, nous quatre qui répondons à votre interview.

Quelles sont vos racines artistiques et politiques ?
A. P-S. : Politiquement, nous puisons dans les traditions des décembristes russes, ces nobles qui ont amené le soulèvement de 1825, et chez les activistes français type 1968.
O. V. : Nous sommes proches des mouvements de protestation actuels des anarchistes de gauche européens.
A. P-S. : Artistiquement, nous regardons du côté de l'art révolutionnaire russe des années 20 et de l'actionisme viennois.
L. I. : Et aussi de l'amour absolu de la liberté et de la froide intrépidité russe.

Vous considérez-vous comme une opposition non parlementaire alternative ?
O. V. : En Russie, l'opposition non parlementaire est détruite et démoralisée. Elle n'est pas prête à entreprendre des actions radicales.
A. P-S. : Et tout le reste du bla bla mou libéral et intellectuel au sujet de la liberté, c'est puéril.
L. I. : Pendant que la revanche extrémiste de droite noie la Russie dans le marécage du fascisme, les intellectuels sont occupés à régler leurs comptes entre eux. La population ne les entend pas.
A. P-S. : Dans la Russie actuelle, notre groupe artistique, Voïna, est l'une des rares forces que tout le pays entend. Nos actions sont regardées par des millions de personnes. La seule Révolution de palais a été vue par plus de 20 millions de spectateurs.

Vous ne semblez pas craindre les pouvoirs publics, la police ou les tribunaux. Comment voyez-vous votre avenir ?
A. P-S. : Notre avenir, c'est la liberté !
L. I. : Nous n'avons pas peur des tribunaux ni des juges. Nous leur disons d'aller se faire foutre.
K. : Nous ne nous présentons jamais aux convocations des tribunaux. Nous menons une vie clandestine d'anarchistes.
O. V. : Cela fait longtemps qu'il n'y a plus de tribunaux indépendants en Russie, ni de juges indépendants. Les juges appliquent ce que leur ordonne le pouvoir corrompu, et s'il n'y a pas de système judiciaire, pourquoi en aurait-on peur ?
L. I. : Nous sommes des résistants. Quand nous réalisons une performance nous attaquons toujours les premiers, mais le reste du temps nous essayons de nous tenir le plus loin possible de la police pour ne pas être salis par sa merde.

Comment supportez vous le fardeau de la gloire ?
O. V. : Des tas de provocateurs et d'escrocs tournent autour de notre groupe, comme Piotr Verzilov. Il a trahi Shitman, un de nos militants, il l'a donné à la police.
K. : Dans une interview sur la chaîne REN-TV, ce faux-cul de Verzilov a affirmé au journaliste qu'il était l'auteur de toutes les actions de Voïna pour 2010, alors qu'il a été piteusement chassé du groupe en 2009 !
L. I. : Sur Radio Svoboda, ce traître m'a appelé son "ami et camarade", sans avoir honte de mentir au journaliste qui l'interviewait.
O. V. : A ce propos, la seule source d'informations fiable sur nous est notre blog, mais Internet est envahi de faux blogs à nos noms. Il existe une fausse page Live Journal de Lionia Iobnouty, un faux compte Twitter de Voïna, un faux groupe sur le site V kontaktié, des play-list bidon sur You Tube, une fausse page Live Journal du groupe Voïna qu'alimente anonymement le traître Verzilov, sous le pseudo de wisegizmo, où il parle de lui à la troisième personne en se dépeignant sous des traits héroïques.
A. P-S. : Des dizaines de personnes qui n'ont rien à voir avec nous se présentent comme membres du groupe, trompent les gens et en retirent un bénéfice. Mais le plus drôle, c'est quand ces personnes étrangères au groupe organisent des expositions de Voïna alors que nous n'en faisons pas nous-mêmes.
L. I. : Par principe, nous refusons d'exposer en Russie. Hors de question de collaborer avec l'industrie de l'art, vendue, plongée jusqu'au cou dans des intrigues puantes dans les coulisses du pouvoir.

Quelle a été votre exposition la plus réussie, puisque vous en avez fait dans plusieurs pays d'Europe ?
O. V. : En réalité, notre "exposition" la plus réussie, elle se déroule actuellement à Saint-Pétersbourg, puisque le ministère de l'Intérieur a ordonné que nos portraits accompagnés de photos de nos performances soient affichés dans les salles de police de tous les musées de la ville, avec la légende suivante : "Groupe Voïna, recherché pour actes de délinquance".

Pensez-vous que toutes vos actions aient été réussies et aient atteint leur but ?
A. P-S. : La Bite prisonnière du KGB a été applaudie par des centaines de milliers de spectateurs, et ce que nous en avons dit sur notre blog a été retiré par les services secrets et évincé de tous les hauts de liste dans les moteurs de recherche. C'est cela, notre but, être entendus.
K. : Et montrer à tout le monde un exemple d'audace.
L. I : Et appeler tout le monde à ne pas avoir peur du pouvoir russe extrémiste de droite.

Votre groupe, c'est de l'art, de la politique, ou un jeu ?
O. V. : Si Voïna est un jeu, c'est un jeu mortel. Nous jouons à la liberté !
A. P.-S. : Nous faisons de l'art de rue politique et protestataire. Et l'art constitue le moyen le plus puissant de lutter en faveur de la liberté. C'est pour cela que nous créons une nouvelle sorte d'artiste russe, un intrépide Robin des Bois !

Propos recueillis par Philippe Randrianarimanana
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Re: Russie

Messagede Antigone le Mer 15 Déc 2010 18:32

RFI - 14 dec 2010
http://www.rfi.fr/europe/20101214-relan ... ontroverse

Moscou relance un projet d'autoroute controversé

Les tronçonneuses et les bulldozers vont reprendre du service dans la forêt de Khimki, au nord-est de la capitale russe.
La porte parole du président Medvedev a confirmé l’information. La construction du tronçon de l’autoroute Moscou-Saint Petersburg va reprendre là où elle avait été arrêtée.

C’est donc un coup dur pour les défenseurs de l’environnement et les riverains qui luttent depuis trois ans contre ce projet. Cet été, leur appel semblait pourtant avoir été entendu par le chef de l'Etat qui avait ordonné la suspension des travaux, mais le gouvernement a tranché, le chantier, conduit par le groupe français Vinci, va finalement reprendre, au même endroit.

Les autorités ont beau affirmer que les dégâts seront limités, les opposants au projet se disent prêts, eux, à poursuivre leur combat. Un combat que les opposants ont déjà payé très cher. Le rédacteur en chef d’un journal local, Mikhaïl Beketov, a été sauvagement attaqué il y a deux ans. Lourdement handicapé il ne peut toujours pas marcher. Le mois dernier, le journaliste de Kommersant Oleg Kachine, qui couvrait aussi cette affaire, a été violemment agressé. Deux jours avant, un autre opposant à ce chantier avait été, lui, grièvement blessé à coups de battes de base-ball.
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Re: Russie

Messagede vroum le Ven 14 Jan 2011 16:10

Interview avec un militant anarchiste russe

http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article973

jeudi 13 janvier 2011

Igor Ogorodnikov, militant de l’Action Autonome (NdT : AD en russe) a contacté la Fédération anarchiste lors de son séjour à Paris. Il a participé à l’exposition La Russie, l’autre visage organisé en juillet 2010 sur le parvis de l’Hôtel de Ville à Paris1. Igor y a tenu un stand d’une ONG russe Baïkal Environmental Wave pour laquelle il travaille. Il a volontiers répondu à nos nombreuses questions.

- Igor, parles-nous un peu de toi.

- Je suis participant de l’Action Autonome depuis 2005. En ce moment, je suis le coordinateur du groupe d’Irkoutsk. Un liaison de l’AD a été crée à Irkoutsk1 en 2003. Aujourd’hui notre groupe est composé de six personnes. Auparavant, nous étions plus nombreux, mais cela ressemblait plus à un groupe d’affinité anarchiste (NdT : une soi-disant "anarcho-toussovka"). Cet "anarcho-toussovka" existe toujours à Irkoutsk car aujourd’hui, les anarchistes n’aiment pas entrer dans les organisations. Ce n’est pas très à la mode. Notre groupe AD-Irkoutsk fait donc partie d’un mouvement plus large, nous nous connaissons tous et faisons aussi des choses ensemble.

- Quelle est la spécificité de l’AD par rapport aux autres organisations anarchistes ?
- En fait, il y a une multitude d’organisations anarchistes en Russie en ce moment. Il paraît que l’ADA (NdT : l’Association des mouvements anarchistes russes) existe toujours. Il y a quelques temps, nous avons fait connaissance avec un groupe de l’ADA de Krasnoïarsk2. La SKT (NdT : Confédération sibérienne du travail) est actuellement en crise, je ne sais pas pourquoi, il ne se développe pas beaucoup. Nous travaillons souvent ensemble, une partie de notre groupe est dans la SKT – depuis que nous avons commencé à faire des actions avec des ouvriers. Il existe également la MPST (NdT : Union Interprofessionnel des travailleurs) et la KRAS (NdT : Confédération des anarcho-syndicalistes révolutionnaires). Ces derniers se disputent entre eux, bien que leurs positions, globalement, se ressemblent beaucoup. Par ailleurs, il y a une grande quantité de différents groupes d’affinité. Il y a de nombreux antifascistes politisés et d’anarchistes non-organisés. Quant à l’AD, elle n’est pas énormément populaire car les gens croient, je ne sais pas pourquoi, que c’est une organisation autoritaire qui manipulent ses participants. Mais notre mode de fonctionnement n’est pas autoritaire : on a un congrès une fois par an qui prend toutes les décisions importantes. Chaque groupe a un coordinateur. Il y a un conseil de coordination composé des coordinateurs des différents groupes. Les coordinateurs y prennent les décisions et expriment les opinions de leurs groupes. Le manifeste de l’AD décrit toutes les procédures, y compris les délais nécessaires, de prises de décisions. On a des cotisations régulières. L’AD a une caisse commune et chaque groupe a sa propre caisse pour la réalisations de ses projets.

- Les coordinateurs sont élus par les participants du groupe ?
- Oui, bien sûr. Mais, selon les groupes, cela peut légèrement varier. Pour certains, ce n’est qu’une simple formalité. Dans notre groupe, il y une rotation de ce mandat. Après chaque congrès, on choisit un nouveau coordinateur de notre groupe pour que chacun puisse apprendre à exercer cette mission. Cette année, le congrès de l’AD aura lieu au mois d’août, à Crimée, en Ukraine. C’est très loin de chez nous – à 6000 km, et nous ne pourrons pas y envoyer nos délégués. Mais nous avons une liste des questions à traiter3. Nous y trouvons, par consensus, des réponses. Par la suite, nous envoyons toutes nos réponses, remarques, propositions, au congrès, et les camarades les prendront en compte. Actuellement, l’AD a des groupes et des membres individuels dans une vingtaine de grandes villes russes ; un groupe en Ukraine existe depuis cette année. À mon avis, l’AD est une des plus importantes organisations anarchistes en Russie, avec un règlement et fonctionnement plus ou moins efficaces. Je crois que l’on est plus d’une centaine à l’AD.

- Les groupes de l’AD choisissent eux-mêmes leurs activités ?
- Oui, mais il existe des recommandations : par exemple, il est préférable de travailler avec tel ou tel groupe, tel et tel sujet qui est à l’ordre du jour. Mais, en fait, cela dépend beaucoup de la région. Irkoutsk est très loin de Moscou. À l’époque où la protestation contre les constructions dites "sauvages" a été très intense à Moscou, dans notre région, elle venait de naître. Quand à Moscou ce mouvement s’est calmé, chez nous, au contraire, il s’est bien développé. Les activités peuvent donc varier considérablement d’une région à l’autre.

- Qu’est-ce que les constructions "sauvages" ?
- En gros, c’est la protestation des habitants contre les constructions à proximité des habitations. Les compagnies de construction cherchent à tout prix, parfois illégalement, à avoir des terrains extrêmement rentables dans les centres urbains. Ils agissent en coupant des parcs et jardins en villes. Parfois, ils font la pression sur la municipalité afin de changer des projets communaux de construction. Par conséquent, à la place des écoles et des crèches, des bâtiments plus rentables sont construits. Tout ça se passe à côté des habitations des gens. Les compagnies de construction s’approprient ainsi de l’espace publique destiné au repos et aux loisirs de la population. En outre, ces construction "sauvages" posent de nombreux problèmes liés aux nuisances sonores diurnes et nocturnes, sur les chantiers de construction. À Irkoutsk, ce problème existe aussi. Une nouvelle agglomération ("microrégion") est en cours de construction au centre de la ville. Mais au centre d’Irkoutsk il y a beaucoup d’anciennes maisons en bois, la terre y est très chère. De différents moyens, parfois criminels, sont utilisés pour s’approprier ces terrains. Les maisons sont brûlées, les gens sont forcés de déménager dans les maisons moins chères. Cela engendre la protestation.

- Quelles sont vos autres activités à Irkoutsk ? Des activités écologistes, antifascistes ?
- Oui, les activités écologistes sont également assez développées chez nous. Nous avons commencé à faire des actions écologistes en 2005, lorsque le gouvernement russe avait pour projet de construire un oléoduc liant l’océan pacifique et la Sibérie de l’Est. C’était un gros projet qui aurait permis d’acheminer le pétrole de l’extrême Est vers d’autres parties de la Russie. L’oléoduc devait passer dans la région d’Irkoutsk, près du lac Baïkal, à travers de nombreux affluents du lac. Et comme les compagnie de pétrole ont souvent des accidents, une grande quantité de pétrole aurait pu être rejetée dans le lac Baïkal. Pour l’éco-système unique de ce lac ce projet constituait une grande menace. Par conséquent, il a suscité un grand mouvement de protestation. Ce sont des organisations écologistes qui ont commencé à protester, en premier lieu – Baïkal Environmental Wave, et les anarchistes, les premiers, les ont soutenues. Nous avons fait connaissance avec cette organisation et préparé des actions ensemble – piquets, manifestations, – bref, tout ce que nous savons faire. Ensuite, le mouvement de protestation s’est bien développé : cinq – six mille personnes ont participé aux manifestations à Irkoutsk en 2006 – ce chiffre est considérable pour la Russie et cela a suscité un grand retentissement dans tout les pays. Pour une ville de province c’était un mouvement important.

- Aujourd’hui, où en est ce projet ?
- Lors de sa rencontre avec Angela Merkel, chancelière allemande, Poutine lui a annoncé qu’il existait un problème à Baïkal et a proposé de transférer l’oléoduc à 40 km du lac. L’oléoduc a donc été construit plus loin et ne touche pas la zone du lac Baïkal. Cela représente une grande victoire du mouvement écologiste. Nous pensons que les anarchistes y ont joué, aussi, un grand rôle. Sur le plan politique, cela constitue un succès car nous avons montré que même dans notre système non-démocratique nous pouvons faire pression sur les autorités et obtenir des résultats. Bien sûr, dans ce mouvement, ont participé d’autres anarchistes : la SKT ainsi que des anarchistes non-organisés. Cela a commencé avec le groupe de l’AD-Irkoutsk, ensuite, les différentes actions de solidarité ont été organisées dans d’autres villes, avant tout – à Moscou.

- Combien d’anarchistes participent aux manifestations à Irkoutsk et en Russie ?
- Irkoutsk est une petite ville, ce 1er mai, nous étions environ une trentaine d’anarchistes issus d’organisation ou non. Si on suppose que le nombre d’anarchistes manifestants le jour du 1er mai reflète l’état du mouvement anarchiste, on peut alors dire que celui-ci est en progression. Par exemple, l’année dernière, à Moscou, les anarchistes étaient 200 à 300 à manifester. Cette année, ils sont cinq cent. Bien sûr, cela ne veut pas dire grande chose, car ce n’est pas le nombre de manifestants anarchistes qui compte mais leurs activités réelles au niveau local.

- Le mouvement de protestation est devenue plus fort à cause de la crise ? Le syndicalisme s’est développé dans votre région ?
- Certainement, mais chez nous la protestation fut très liée à l’écologie. Au début de la crise, en 2008, dans notre région, a été fermée l’usine de cellulose et de papier de la ville de Baïkalsk. Selon la direction, ses produits n’étaient plus demandés. Un jour, la direction a tout simplement annoncé aux travailleurs que l’usine serait fermée le lendemain. Les gens sont restés sans rien, aucune compensation n’a été versée car l’usine a déclaré être endettée. La direction a tout de suite trouvé le bouc émissaire : selon lui, c’est à cause de la pression du mouvement écologiste que l’entreprise a été fermée. La protestation des travailleurs a duré presque une année, les syndicats officiels ont été très actifs. Malheureusement, nous n’avons pas pu nous coordonner avec eux en raison de la distance importante entre Baïkalsk et Irkoutsk (50 km), et par le fait qu’il n’y a pas d’anarchistes là-bas. Petit à petit, le mouvement s’est épuisé : la direction a commencé à payer ses dettes aux travailleurs, les gens ont trouvé du travail ailleurs, ou, ont déménagé. Aujourd’hui les autorités parlent de la réouverture de l’usine. Elles disent vouloir apaiser la situation sociale. Mais sa réouverture constitue une menace sérieuse pour l’environnement. L’usine est très vieille, son équipement est dans un état lamentable : personne ne veut investir dans sa rénovation. Avant la fermeture de l’usine, il y a déjà eu plusieurs incidents dangereux pour les ouvriers1. L’ancienne direction du syndicat officiel a été licenciée pour avoir défendu les droits des travailleurs trop activement. La direction actuelle du syndicat se trouve complètement sous la tutelle du patronat : elle diffuse dans les médias des messages contre les écologistes, rallient auprès d’elle des travailleurs (en leur donnant en échange des bouteilles de vodka, de l’argent, ou carrément en faisant la pression) pour briser les rassemblements des écologistes.

- Il est très difficile d’établir un dialogue avec les travailleurs de l’usine ?
- Oui, ce n’est pas facile car le syndicat actuel fait tout pour empêcher ce dialogue. Sinon, des travailleurs sont bien conscients de la menace que constitue l’usine pour l’environnement : ils constatent l’état déplorable de l’équipement.

- Et si les travailleurs demandaient la rénovation de l’usine, des installations purifiantes ? Seriez-vous alors d’accord ?
- Non, tout le monde comprend qu’il n’y aura jamais aucune rénovation réelle. Personne n’y fera d’investissements. D’ailleurs, beaucoup de travailleurs ne demandent qu’à être embauchés autre part, ils n’exigent pas forcement la réouverture de cette usine mais plutôt la création d’emplois dans d’autres endroits. Je pense que sans la pression de la direction et du syndicat officiel, notre travail en commun avec les ouvriers serait tout à fait possible. Nous ne connaissons pas les motifs réels de la réouverture de cette usine. Nous nous posons beaucoup de questions. En fait, la direction et les autorités annoncent qu’il manque de mains d’œuvre et font appel aux habitants d’autres régions. C’est très bizarre car si ils veulent réellement créer des emplois au niveau local, à quoi bon chercher des travailleurs à l’extérieur ? En outre, il peut s’agir du lobbying. En effet, le propriétaire de l’usine, l’oligarque Deripaska, a de bonnes relations avec Poutine. Cela a pu contribuer à la réouverture. Il n’est pas exclu que l’entreprise sera, par la suite, vendue à un autre propriétaire.

- Les activités antifascistes font partie de vos préoccupations ?
- Bien sûr, nous étions très actifs dans ce domaine, mais depuis 2007, nous le sommes moins dans la région. En 2007, nous avons organisé un campement de protestation écologiste près de la ville d’Angarsk. Nous avons protesté contre un plan de construction d’un Centre International d’Enrichissement d’Uranium traitant les déchets nucléaires en provenance d’autres pays y compris de la France. Après une semaine de protestation, la nuit du 21-22 juillet, le camp a été attaqué par un groupe de personnes armées de barres de fer. Suite à la violente attaque, Ilya, membre de l’AD de la ville de Nakhodka est décédé, plusieurs personnes ont sérieusement été blessées2. C’était scandaleux. La police a assez rapidement arrêté les attaquants. Mais elle ne dit toujours rien sur l’engagement de certaines personnes dans le mouvement de l’extrême droite. Cependant, c’est évident. Plusieurs des personnes arrêtées ont reconnus leur appartenance au mouvement néo-nazi. Ils disent avoir attaqué le camp de protestation, justement parce des antifascistes y ont participé. Mêmes les médias ont parlé de la confrontation des néo-nazis et antifascistes, bien que d’autres éléments criminels - des voyous - y ont également participé. On ne peut exclure la possibilité de liens entre les attaquants et la direction de l’usine, mais il n’y a aucune preuve. Le fait est que la police était au courant de ce qui se passait. Elle surveillait notre camp en permanence et n’a pas pu ne pas voir un groupe de 20-30 personnes armées de barres de fer s’approcher de nous. A ce jour, la procédure pénale est en cours contre 21 attaquants. Nous ne lâchons pas cette affaire. Nous (et moi personnellement car je faisais parti des blessés sérieux lors de cette attaque) essaierons de tout faire pour que la police déclare que les néo-nazis y ont participé. Pour le moment, la police le nie, elle protège les néo-nazis. C’est très tendance en Russie : soit la police nie l’existence de l’extrême droite soit elle l’utilise contre l’extrême gauche. Ça se voit surtout à Moscou. Chez nous, à Irkoutsk, on le voit moins. En attendant le jugement, les néo-nazis dans notre région se sont un peu calmés. Mais nous sommes très vigilants. Sinon, les activités antifascistes sont de grande actualité en Russie. Les idées nationalistes sont assez populaires auprès de la population et les groupes néo-nazi en profitent. C’est pour cela que ces groupes se développent, aujourd’hui, de plus en plus. Mais, à mon avis, ce mouvement se développe plutôt sous forme de clubs d’intérêt, de supporters de foot, et non comme des organisations politiques. Heureusement, les néo-nazis se limitent, aujourd’hui, seulement aux actions dans la rue. A Irkoutsk, il existe des organisations politiques fascistes mais elles sont tellement confuses que les nazis de la rue ne peuvent pas trouver un langage commun avec eux.

- Vous vous réclamez tous de l’anarcho-communisme ?
- Oui, l’AD se réclame du communisme libertaire, mais nous préférons, à Irkoutsk, utiliser le terme « anarcho-communisme ». En effet, les gens d’ici ne connaissent pas le mot « libertaire » et nous ont parfois confondu avec le parti communiste ou nous ont appelé « communistes libéraux ». Sinon, dans notre groupe, il y a un communiste de gauche, marxiste.

- Quelles sont vos autres activités au sein de votre groupe ?
- Depuis un an et demie, nous portons une attention particulière à notre formation. Nous nous sommes rendu compte que beaucoup d’anarchistes ici ne connaissant pas bien les bases théoriques de l’anarchisme. Nous organisons donc régulièrement des réunions d’auto-formation : chacun, à son tour, propose un sujet théorique et prépare un exposé, ensuite, on en discute. Par exemple, la dernière formation a été consacrée à la conscience des classes. Nous avons étudié un point de vue marxiste qui prétend que les prolétaires ne sont pas capables de s’auto-organiser et par conséquent, ils ont besoin d’un guide, et un point de vue anarchiste affirmant la capacité d’auto-organisation de la classe ouvrière.

- Quels moyens de diffusion d’information avez-vous à l’AD ?
- Les militants de l’AD font des émissions sur l’internet-radio STREET UNITED3. L’AD a pensé faire sa propre radio sur internet, mais cela prend énormément de temps et d’effort. Pour le moment, il est plus facile pour nous de s’associer à un projet déjà existant. Les internet-radio montent en popularité malgré le fait qu’Internet ne soit pas encore développé partout en Russie. Si à Moscou, la moitié de la population a accès à internet, à Irkoutsk, ce n’est qu’un cinquième de la population. Mais, les prix deviennent de plus en plus abordables et internet sera de plus en plus accessible. Outre les émissions de radio, l’AD réalise la revue l’Autonome et le journal la Situation. Notre groupe fait son journal local la Sibérie Libre. Il s’adresse à la population de le région d’Irkoutsk. Nous venons de sortir le neuvième numéro. Nous avons aussi notre propre site internet. Sinon, un des militants de notre groupe, Andreï Sidorov, étudie l’anarchisme français, son histoire. Les travaux qu’il a effectué dans le cadre de sa thèse ont été édités (le livre s’appelle Sartre et le socialisme libertaire en France). En ce moment il prépare un autre livre et cherche des éditeurs.

- Il y a des anciens militants anarchistes qui ont intégré l’AD ?
- Oui, par exemple, Pyotr Ryabov, Olga Meryassova (ancienne militante de Rainbow Keepers), Dmitriy Boutchenkov de l’AD-Moscou qui a écrit récemment un livre sur l’anarchisme moderne en Russie.

- Avez-vous des contacts avec des anarchistes à l’étranger ?
- Oui, mais malheureusement très peu, principalement avec No Pasaran. D’ailleurs j’ai une rencontre-débat avec eux cet après-midi. Je vais faire une interview avec eux pour l’AD. Sinon, une femme de la Fédération anarchiste de Grande-Bretagne, il me semble, a assisté à notre dernier congrès.

10/06/2010 Natalia, groupe Idées Noires de la FA
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Re: Russie

Messagede vroum le Ven 14 Jan 2011 16:11

Présentation de l’Union interprofessionnel des travailleurs (MPST)
Russie et Biélorussie


http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article972

jeudi 13 janvier 2011

Chers camarades, Je m’appelle Michael. Je fais pas du Mouvement social-révolutionnaire. C’est une fédération de groupes anarcho-communistes et de communistes de gauche de Russie et de Biélorussie. Nous sommes tous – anarchistes ou marxistes – basés sur les principes de la lutte de classes. Nous sommes investis dans différentes activités. Nous essayons de coopérer avec les travailleurs lors des différentes grèves et mouvements sociaux. Nous défendons l’idée de conseils ouvriers et nous combattons les syndicats corporatifs, l’État et le Capital. Nous pensons que les minorités révolutionnaires peuvent et doivent un rôle actif mais ce sont les assemblées générales de prolétaires et leurs conseils qui doivent avoir le contrôle.

L’Union interprofessionnel des travailleurs (MPST).

Qui sommes-nous et que voulons-nous ?

Travailleurs, anarcho-communistes, nous sommes organisés en groupes de résistance ouvrière – interprofessionnels ou sectoriels –, ainsi qu’en fonction des lieux d’études ou de résidence. Dans nos organisations, il n’y a pas de dirigeants ni de bureaucrates ; toutes les décisions sont prises en assemblées générales par les participants de nos groupes. Nos groupes soutiennent la lutte des travailleurs pour leurs droits, quel que soit le lieu où celle-ci est menée : dans les régions, sur les lieux de travail ou dans les établissements éducatifs. Nous luttons quotidiennement pour l’amélioration des conditions de vie, pour l’élargissement des droits des travailleurs, contre la tyrannie du capital et de l’État. Dans nos luttes, nous mettons l’accent sur le développement des compétences d’auto-organisation et de solidarité. À l’aide de la propagande et des exemples d’actions directes, les unions anarchistes des travailleurs préparent la révolution sociale et le triomphe du communisme libertaire. Nous menons notre combat toujours en coopération avec le peuple, jamais à l’écart, car nous en faisons partie ! Dans cette lutte, nous formulons les revendications immédiates suivantes :
- Une journée de travail de six heures, une semaine de travail de cinq jours sans perte de salaire. Le paiement des heures supplémentaires obligatoire ;
- Des congés payés pour une période d’au moins un mois et des congés de maladie payés ;
- Des montants de salaires non inférieurs au salaire moyen de l’industrie concernée ; le paiement mensuel des salaires ;
- Mise à disposition, à tous les travailleurs immigrés en situation illégale, du droit de vivre et de travailler librement là où ils ont trouvé du travail ;
- Les conditions de travail et de vie dans les foyers de travailleurs et d’étudiants conformes aux normes sanitaires et médicales ;
- L’éducation, médecine, transports urbains, logement et services communaux gratuits ;
- La possibilité réelle pour toutes les personnes de déterminer la politique de construction et de logement de leur lieu de résidence.

Notre principal but – une société libre, anarchiste, où chaque personne puisse, en autonomie, résoudre tous les problèmes qui la concernent personnellement, et gérer collectivement et solidairement tous les problèmes d’un collectif de personnes dont elle fait partie.

Nos objectifs :
- L’expropriation des logements par des travailleurs. Toute la gestion des rues, quartiers, villes, doit être exercé par des assemblées générales d’habitants et par des organes techniques de coordination (conseils) subordonnés à ces assemblées générales ;
- La grève générale autogérée ;
- La convocation des travailleurs à des assemblées générales régulières. Lors de ces assemblées, ce sont les travailleurs qui établissent les revendications et qui prennent les décisions-clés sur le déroulement des grèves. Les grèves doivent devenir une école de l’autogestion ;
- L’expropriation des installations industrielles par des travailleurs. Les entreprises, différents établissements et services, seront gérés par des assemblées générales de travailleurs et par des organes techniques de coordination (conseils) subordonnés à ces assemblées générales ;
- L’abolition de la propriété privée, de l’administration étatique et de tout le système bourgeois. Le remplacement du capitalisme et de l’État par une société autogestionnaire gérée par l’union des assemblées territoriales, industrielles des travailleurs et de leurs organes subordonnés. Ils prendront en mains la gestion de la société : en alignant leurs intérêts et leurs besoins, ils résoudront les problèmes liés à l’organisation et à la durée du travail. Ils décideront quoi produire, pour qui et en quelle quantité.

Source : http://mpst.anho.org/%2001/01/2008
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Re: Russie

Messagede vroum le Ven 14 Jan 2011 16:12

Le mouvement anarchiste en Russie
Par Mikhail Tsovma


http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article970

jeudi 13 janvier 2011

De la révolution de 1905 et 1917 à nos jours

S’il est vrai que la Russie a donné au mouvement anarchiste internationalde nombreux penseurs intéressants et des organisateurs – Bakounine et Kropotkine à Makhno, Voline et d’autres – le mouvement lui-même n’a pas été en mesure de prendre fermement racine dans le pays, qui dans les derniers siècles a été soumis à un régime, parfois autoritaires et totalitaires. D’importantes périodes d’exception ont été les révolutions de 1905-07 et 1917-21, quand les anarchistes connurent un certain soutien et le mouvement vécurent des moments florissants. Ces moments, toutefois, étaient assez courts et après la liquidation des anarchistes dans les années vingt, par les bolcheviks, pendant des décennies, le mouvement n’était plus présent dans le pays - tous les anarchistes ont été tués, emprisonnés, forcés à la clandestinité ou à quitter la Russie. Nous devons comprendre que la situation du mouvement anarchiste en Russie et en ex-Union soviétique est très différente de celle des autres pays européens (alors que nous pouvons la comparer à celle de la Chine après Mao). Les derniers vestiges du mouvement en URSS avait été physiquement supprimés dans les années trente. Dans les années soixante qui ont suivi, chaque percée anarchiste dans le pays fut réduite au silence par la violence. Alors que dans les pays comme la Bulgarie, les anarchistes qui avaient émigré après la Seconde Guerre mondiale pouvaient voir la renaissance du mouvement dans la fin des années, en Russie, dans les faits, aucun anarchiste n’avait survécu si longtemps. À la chute de l’URSS, il restait probablement que quatre anciens anarchistes, qui étaient jeunes dans la vingtaine quand les derniers groupes ont été emprisonnés et sont maintenant très vieux et en mauvaise santé (merci au goulag). en 1989-90, lors de la ré-émergence du mouvement . Pour celui-ci, en substance, il n’y avait aucune tradition vivante de l’anarchie quand il est reparti de zéro, vingt-cinq ans auparavant.

Orientations différentes

C’est seulement après la Perestroïka, que les dissidents et des initiatives sociales indépendantes ripostèrent ouvertement. Le mouvement anarchiste n’a pas fait exception, en effet, les anarchistes étaient l’opposition la plus active dans la période 1988-1992. Depuis le début des années quatre-vingt, il y avait quelques petits groupes clandestins qui deviendront plus tard le noyau du mouvement résurgent. Un de ces groupes et probablement le plus influent, l’Obschina (la Communauté), était basé à Moscou, au cours de la période de la Perestroïka et publiait un samizdat influents ayant le même nom. Auparavant, il a été un groupe clandestin marxiste (gardez à l’esprit que dans un état orwellien qu’est l’Union Soviétique, l’influence de l’idéologie officielle était énorme, tandis que d’autres opinions et idées ont été sévèrement censurée), puis depuis 1987, est présenté comme un groupe « socialiste indépendant ». Cette différence majeure est principalement attribuable à la connaissance des critiques bakouniniste du socialisme d’état, ainsi que d’autres tendances socialistes et anarchistes. L’Obschina faisait partie du mouvement montant « informel », un adjectif qualifiant des activités non contrôlées par le Parti communiste - des groupes de défense contre la destruction des monuments historiques jusqu’aux environnementalistes et les organisations politiques émergentes. Avec l’avènement de la Glasnost et de la Perestroïka, le contrôle idéologique a été un peu relâché et a ouvert un espace pour certaines activités publiques au grand jour. En 1989, des groupes qui soutenaient les principes d’autogestion, ont formé une confédération anarcho-syndicaliste (KAS). En 1989-90, la presse anarchiste en Russie est arrivé à l’occasion à des tirages de 10.000 à 30.000 exemplaires. Pour un temps, la KAS a fonctionné comme l’organisation des divers groupes anarchistes, pas nécessairement les anarcho-syndicalistes. Plus tard en 1990-91, sont nés d’autres réseaux et associations.

Anarchistes aujourd’hui : quelques-uns, mais ...

Après l’échec de la tentative de coup d’état des derniers bureaucrates communistes en août 1991, l’Union Soviétique a cessé d’exister et les nouveaux États ont émergé des décombres de celle-ci. Les réformes libérales – la privatisation, la libéralisation des prix, qui ont également été caractérisé par une forte inflation – a provoqué une « insatisfaction politique » dans la majorité de la population. L’existence dans la nouvelle Russie est maintenant devenu une course pour la survie dans le capitalisme « sauvage ». Cette réalité a également tué les mouvements démocratiques de masse, qui ont depuis commencé à décliner. Dans la dernière décennie du XXe siècle, les anarchistes ont également traversé plusieurs crises. Alors que le mouvement était l’opposition la plus active et la plus déterminée au communisme soviétique et au capitalisme à la fois, depuis 1993-94, il a connu une baisse significative. Dans les dernières années du siècle, un petit réseau de groupes, principalement actif dans le domaine de l’environnement et dans les campagnes contre la guerre a résisté. Ce n’est qu’au tournant du siècle qu’il y a eu une légère augmentation du nombre, principalement en raison de l’afflux des jeunes venus de la scène punk émergente et indépendante. Mais le problème demeure : très peu de jeunes restent dans le mouvement pour pouvoir donner un apport de maturité, de connaissances et d’expérience. Le renouvellement élevé reste un problème. Le plus grand réseau anarchiste présent aujourd’hui est action autonome, qui sert d’organisation communiste libertaire et est en grande partie composée de jeunes engagés dans les luttes sociales, écologiques et antifasciste. En Russie, sont également présentes diverses organisations anarcho-syndicaliste, de petite taille. En Sibérie, les anarchistes sont au cœur de le Fédération du Travail de Sibérie (SKT), l’organisation syndicaliste révolutionnaire qui remonte seulement au années soixante et est un syndicat minoritaire actif dans diverses régions de la Sibérie. Le Khraniteli Radugi (les Gardiens de l’arc-en-ciel), qui entre les années soixante et le début du nouveau siècle a organisé plusieurs événements pour l’environnement, a été dissous, mais les anarchistes sont toujours actifs dans diverses batailles sur l’environnement local, comme dans la campagne anti-nucléaire. Un nombre considérable d’anarchistes ne font partie d’aucune organisation, d’envergure nationale, mais il sont actifs dans des collectifs et dans les luttes locales. Dans l’ensemble, nous parlons encore de pas plus de quelques milliers de militants au niveau national, ce qui n’est pas un grand nombre. Mais les anarchistes sont souvent une voix forte et indépendante dans les luttes sociales dans le pays. Au cours de la dernière décennie, on a connu une certaine croissance qualitative et quantitative du mouvement et une présence vivace d’anarchistes non seulement à Moscou, à Saint-Pétersbourg et d’autres grandes villes mais aussi dans de nombreux villages dans la province.

Traduit par Nicolas Relations internationales de la Fédération Anarchiste http://federation-anarchiste.org/
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Re: Russie

Messagede vroum le Ven 14 Jan 2011 16:13

Russie : crise en économie et dans les têtes
La société russe dans le contexte de la crise financière mondiale


http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article975

jeudi 13 janvier 2011

Une petite excursion

La Russie moderne est un exemple de l’« espace dépolitisé ». La participation, d’une manière ou d’une autre, à la vie politique n’est pas du tout à la mode. La participation de la population se limite aux votes réguliers lors des élections. Et même ces votes sont vécus par les citoyens comme une sorte de fardeau. Cette prise de distance avec la sphère politique semble un peu étrange car les débats sur la politique dans le cadre quotidien (comme on dit en Russie « les discussions dans les cuisines ») sont toujours très répandues. Sous le terme « politique », j’entends non seulement la participation aux élections et le système parlementaire, mais, comme le dit l’ Encyclopédie de la sociologie (2003) : « … une sphère des activités où se réalisent les rapports de domination et de subordination entre les classes et couches sociales, liés à la conquête, distribution, détention, exercice ou au renversement du pouvoir ». Cependant, la notion même de la « politique » dans les milieux anarchistes est impopulaire. Au contraire, je pense qu’il est important de s’en préoccuper car « si on ne s’occupe pas de la politique, elle s’occupe de nous ». De plus, de tels domaines de notre vie comme la « politique », « économie », « sphère sociale » sont étroitement liés.

L’explication de cette situation (de la dépolitisation du public), se trouve, à mon avis, dans le changement de régime entre l’URSS et la Russie de 1989 à 1993. À l’époque de la perestroïka en URSS, de nombreuses forces politiques se sont formées et ont gagné en influence parmi la société. Dans le même temps, après des décennies de la quasi-inexistence et d’oubli, le mouvement anarchiste renaît. La Confédération syndicale des anarcho-syndicalistes (KAS) a été créée par l’union des anarcho-syndicalistes de tout l’espace de l’Union Soviétique et comprenant environ un millier de personnes. A cette époque, une grande partie de la population souhaitaient et exigeaient des changements majeurs (sociales, économiques, politiques), tandis que le régime du Parti communiste, de plus en plus souvent, « tombait en panne ». Cela nous incite à désigner cette période comme la « révolution ». Après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, ses anciennes républiques se trouvent, à des degrés divers, dans un état de « dépression » ?. En Russie, le projet économique néo-libérale, le soi-disant « thérapie de choc », est mis en place, contribuant à l’appauvrissement dramatique de millions de personnes. En 1993, le régime est dans une situation extrêmement difficile car il est en train de perdre toute la confiance de la population, qui l’a porté au pouvoir deux ans plus tôt. En fin de compte, c’est l’année 1993, qui, à mon avis, doit être considérée comme le point tournant dans l’histoire de la Russie moderne. En Russie, il existe, alors, un vaste front national-patriotique (« rouge-brun ») de protestation - nationalistes, staliniens, etc. Les anarchistes sont déjà dans un état de crise, la KAS est divisée (en deux ans, il cessera officieusement d’exister). Au moment où la confrontation entre l’opposition et le gouvernement était la plus forte, du 21 septembre au 4 octobre, des événements majeurs sont survenus à Moscou. Après l’écrasement des « rouges-bruns » par des forces armées fidèles au président Eltsine, et dans les conditions de la crise socio-économique permanente, le pays devient de plus en plus apathique au regard de la politique. On le remarque, particulièrement, sur l’exemple du mouvement de protestation minière de la fin des années 90 : les mineurs grévistes ont bloqué les chemins de fer et se sont adressés à Eltsine par ce message : « nous t’avons mis au pouvoir et nous allons te renverser ». Mais les actes n’ont jamais suivis ces paroles, et le pays reste, dans son ensemble, à l’écart de la « politique ». Dans le début des années 2000, le nouveau président - un protégé de Boris Eltsine, Vladimir Poutine, arrive au pouvoir. Officiellement, la période de sa présidence est considérée comme celle de la stabilisation. On parle beaucoup des différentes « réalisations » dans la sphère socio-économique, de la réduction du pourcentage des pauvres et de la croissance des revenus de la population. Cependant, la réalité est autre : cette stabilité est davantage basée sur des illusions. Les prix du gaz et du pétrole sur le marché mondial sont favorables au Kremlin. Mais l’industrie en Russie n’a pas réussi à sortir de l’état de crise des années 90 (dans ce contexte, l’accident du mois de mai de cette année à la mine Raspadskaya et les événements qui l’ont suivi, sont très représentatifs). Le transport public est dans un état déplorable, l’enseignement se dirige vers la commercialisation et l’élitisme et la population décroît encore plus rapidement que sous la présidence de Boris Eltsine : selon les statistiques officielles (Rosstat), de 1991 à 2001, la population est passée de 148,7 à 146,3 million, en 2009, la population a déjà atteint le seuil de 141,9 millions. D’autre part, ces dernières années, le pays devient de plus en plus autoritaire, les structures des Affaires Intérieures jouent un grand poids dans la vie politique du pays - en particulier, le MVD (Ministère des affaires intérieures, NdT) et le FSB (Service fédéral de sécurité, NdT). Après l’arrivée au pouvoir de Dmitri Medvedev, la situation n’a pas changé.

La crise et la société

La crise économique et financière mondiale (qui a commencé, selon Karl-Heinz Roth, au tournant de 2006-2007) a introduit des changements significatifs dans la vie du pays. Comme partout dans le monde et comme toujours dans l’histoire, la crise a principalement frappé les plus pauvres, tandis que le gouvernement s’est préoccupé, en premier lieu, du système bancaire (bien que le gouvernement a, également, apporté une aide économique à certaines entreprises, comme par exemple, aux sociétés « AvtoVAZ » et « Kazan Radiopribor »). Les milieux dirigeants sont bien conscients que la crise contribue d’une manière ou d’une autre à la radicalisation de la population d’une part, et à la criminalisation - d’autre part. La réponse à ces tendances est le renforcement du ministère de l’Intérieur, de la législation anti-extrémiste et la restriction des procédures concernant les activités d’opposition (il devient de plus en plus difficile d’organiser des réunions, piquets de grève et manifestations légales). Tout cela se passe dans le contexte d’incessants scandales liés au ministère de l’Intérieur - scandales liés à la corruption et aux infractions pénales. Chaque jour, on nous informe dans les actualités des cas de nouveaux meurtres, tortures, viols, extorsions, accidents de la route, etc., impliquant des policiers. Une tendance intéressante est observée si l’on examine les données statistiques sur la criminalité. En 2009, « les citoyens étrangers et les apatrides ont commis sur le territoire de la Fédération de Russie 58 mille crimes » communique le site de la MVD. Le nombre total de crimes enregistrés en 2009 est un peu moins de 3 millions. Par ailleurs, selon les données du MVD, les fonctionnaires de ce même ministère commettent, en moyenne, environ 52 mille crimes par an, tandis que le nombre d’agents de police est d’environ 1,2 millions de personnes alors que le nombre d’étrangers en Russie est environ de 15 à 20 millions (en tenant compte de l’immigration clandestine). Il est clair que tous les crimes n’apparaissent pas dans les statistiques, toutefois, les chiffres obtenues sont plus qu’intéressants. À la fin de 2008, un journaliste russe (nationaliste) Mikhaïl Delyagin a prédit une forte augmentation du nombre de crimes commis par les immigrés. Selon lui, de nombreux immigrés perdraient leur travail à cause de la crise. Jusqu’à ce jour, cela n’est jamais arrivé. Si on examine les statistiques du MVD, il faudrait craindre davantage la police que les étrangers. Autre phénomène intéressant de l’époque, il s’agit du nombre d’employés « inadéquats » du MVD. Selon le département des ressources humaines de ce ministère, à la mi-mai 2010, 520 « hauts représentants » et « deux mille chefs » de leur ministère sont soumis à des « troubles psychologiques sérieux ». Le directeur du « Centre de l’aide juridique et psychologique dans les situations extrêmes », psychiatre-criminaliste Michaïl Vinogradov, pense que le MVD compte aujourd’hui à peu près 30 % d’employés inadaptés. La politique économique dans le pays reste, comme auparavant, néolibérale. La privatisation continue (lors du sommet « Russie-2010 » qui a eu lieu en février de cette année, le vice-premier ministre Igor Chouvalov, a appelé à l’élargissement d’une liste d’objets de privatisation). Dans la sphère sociale (en premier lieu, il s’agit de l’enseignement et de la médicine), on attend la commercialisation totale. Cette loi « Sur le perfectionnement du statut juridique et sur la réforme du financement des établissement d’Etat et des municipalités » est déjà votée par la Douma (la chambre basse du parlement en Russie, NdT) et signée par le Président D. Medvedev. Ces faits contribuent à l’impopularité croissante du régime auprès la population. Tout cela se passe dans des conditions de crise économique et financière mondiale qui a engendré la chute du pouvoir d’achat des russes. En outre, la crise a sérieusement affecté l’industrie de la construction de bâtiments. A Moscou, plusieurs chantiers sont gelés ou définitivement arrêtés. Les travailleurs de tous les secteurs voient leurs salaires diminués. Il est évident que cela peut être parfois évité. Mais les employeurs utilisent le mot magique « la crise » comme prétexte aux licenciements du personnel. Le chômage est en hausse constante. Il est vrai que, officiellement, tout va bien dans le pays : la crise est surmontée, le chômage est en baisse. Selon les hauts représentants du pouvoir, les populations d’autres pays rêvent de vivre en Russie – tout va si bien ici. En paraphrasant une citation du film Les Fils de l’homme, « la Russie est un rempart de stabilité dans une mer de Chaos ».

Partie 2 : Perspectives pour l’extrême gauche en Russie

Aujourd’hui, l’extrême gauche continue d’exister uniquement à un niveau marginal. Elle n’a aucune perspective sérieuse pour les prochaines années, à moins que ne se produise un événement particulier qui change radicalement la situation. Le spectre de l’extrême gauche est assez large : maoïstes, communistes, écologistes radicaux et bien d’autres. Il n’y a aucun intérêt à étudier longuement chacun de ces mouvements. En effet, malgré la grande diversité de ces groupes, aucun d’entre eux ne peut apporter la réponse adéquate aux demandes socio-économiques et politiques du pays. Leurs activités sont souvent au-dessous de toute critique. Par conséquent, je vais me limiter à l’étude d’une petite partie des mouvements anarchistes, trotskistes et écologistes radicaux. Parmi les organisations trotskistes russes, la « SotsSopr » (« Socialnoye Soprotivlenié », en français « Résistance sociale », NdT) et le Mouvement socialiste « Vpered » (« En avant », NdT) sont les plus intéressants. Il existe de nombreux autres groupes, qui ne représentent aucun intérêt particulier en raison de leurs quasi-invisibilité dans le domaine politique. Jusqu’à récemment, on pouvait dire que la « SotsSopr » avait la capacité de se développer sérieusement, au fil du temps, en Russie. Mais ces perspectives se sont écroulées en novembre 2009, après l’exclusion scandaleuse de celle-ci du « Comité pour l’Internationale ouvrière » (KRI). L’exclusion a provoqué un conflit interne au sein de la « SotsSopr ». Le Mouvement socialiste « Vpered » a, quant à lui, de réelles perspectives d’avenir. Cette organisation fait partie de la Quatrième Internationale, l’une des plus influentes Internationales trotskistes - ce qui solidifie sa position dans le pays. Le Mouvement socialiste « Vpered » participe activement au mouvement de protestation sociale, en travaillant étroitement avec les initiatives individuelles et les grandes structures, telles que la Confédération panrusse du travail (la VKT, NdT). La crise financière actuelle est tout à fait en mesure de donner un nouvel élan au développement du Mouvement socialiste « Vpered », compte tenu du fort accent qu’il met sur les questions sociales dans ses activités quotidiennes. Mais, à ce jour, cette organisation ne comporte que quelques dizaines de personnes dans différentes villes du pays. En ce qui concerne les anarchistes et syndicalistes, la situation est plus compliquée. Une des raisons principales est l’extrême désorganisation du mouvement anarchiste - seule une petite minorité d’anarchistes font partie d’une quelconque organisation. Celles-ci sont nombreuses, mais la plupart d’entre elles sont microscopiques et sans aucune perspective, ou tout simplement très éloignées des réalités socio-économiques et politiques de la Russie. Parmi les organisations auxquelles nous devrions prêter attention, on peut noter la SKT (« Sibirskaya Conféderaciya Trouda », en fr. « Confédération Sibérienne du Travail », NdT), KRAS-MAT (« Confederaciya revolucionikh anarkho-synidicalistov », en fr. « Confédération des anarcho-syndicalistes révolutionnaires » - la section russe de l’Association internationale des travailleurs) et un certain nombre de groupes faisant partie de l’AD (« Avtonomnoyé Deistvie », en fr. « Action Autonome », NdT), notamment à Oufa et Ijevsk. L’organisation la plus importante et sérieuse est la SKT (elle compte maintenant plus de deux mille personnes, selon les membres de la SKT). Elle n’est pas purement anarchiste et se tient à des positions révolutionnaires-syndicalistes sujettes à l’anarcho-syndicalisme. Tous les membres de la SKT ne sont pas des anarchistes, cependant, l’organisation a été créée sur la base de la KAS en Sibérie. Dans le même temps, l’AD-Ufa, l’AD-Ijevsk et la KRAS-MAT comptent, chacune, au mieux, quelques dizaines de personnes. Il est difficile de dire si le mouvement anarchiste a de bonnes perspectives, en raison de sa faible influence sur la vie de la société et par son image médiatique négative. Cependant, si ces groupes participent aux actions sociales tout en laissant l’initiative à la population – le mouvement pourrait avoir de bonnes perspectives.

Parmi les activités quotidiennes de l’extrême gauche se distingue l’anti-fascisme. Les activités antifascistes représentent une forte mobilisation de la part du mouvement (en particulier, des anarchistes). Cette mobilisation est parfois tellement forte qu’elle crée une illusion de victoire imminente sur le néofascisme et le nationalisme. Bien sûr, aujourd’hui, il y a un rapport de force plus ou moins égal entre les antifascistes et les « nazis de la rue » (bien que les derniers soient toujours beaucoup plus radicaux). Mais cette bataille n’est pas gagnée pour l’extrême gauche : selon des enquêtes menées par « Levada Center », plus de la moitié de la population partagent les idées de l’extrême-droite. Par ailleurs, l’accent mis sur l’anti-fascisme a souvent deux effets secondaires : on agit sur des conséquences (le néo-fascisme), et non sur la cause (le capitalisme et le pouvoir de l’Etat), pour cela, on crée parfois des alliances extrêmement douteuses (lorsqu’un bloc anti-fasciste unit des staliniens, libéraux , marxistes radicaux et anarchistes). Quant aux écologistes radicaux, leur activité est inefficace en raison des conditions dues à la crise. D’une part, lors de la crise, certaines entreprises ont fermés sans aucune revendication de la part des écologistes (comme cela a été le cas pour l’entreprise de construction d’incinérateurs des déchets à Moscou). D’autre part, dans de telles conditions, les gens sont parfois plus intéressés à la façon de nourrir leurs familles, le reste passant au second plan. L’anti-fascisme et l’écologisme font partie des activités de l’extrême gauche. Elles sont sans doute un atout important pour l’avenir, mais sans plus. L’enthousiasme excessif pour ces activités - en particulier - dans les conditions de crise, peut mettre fin à tout espoir du mouvement de l’extrême gauche de sortir du ghetto politique où elle réside de manière permanente.

Toutefois, aucun mouvement de l’extrême gauche n’est pas capable de se développer en quelque chose de sérieux, sans un mouvement social fort. C’est à celui-ci, dans l’idéal, de former la base sociale de l’extrême gauche. Aujourd’hui, les mouvements sociaux puissants sont absents en Russie. Certes, il existe des syndicats plus ou moins combatifs, groupes et activistes syndicalistes. Il y a des petits groupes qui s’opposent aux constructions spéculatives. Mais toutes ces initiatives sont très minoritaires et ne représentent aucun danger pour les autorités. Citons en exemple, la future commercialisation de la sphère sociale ; celle-ci suscite la peur et la colère de nombreuses personnes, mais toutes ne sont pas au courant de cette réforme. Aujourd’hui, les personnes informées ne protestent que passivement : les gens condamnent la réforme en restant chez eux, très peu nombreux sont ceux qui participent aux actions de protestation. Le mouvement de grève est absent dans le pays et ses perspectives sont faibles : les gens sont assez réticents en ce qui concerne les grèves, ou, ont tout simplement peur pour eux-mêmes et leurs proches. L’évolution de la situation autour de Mezhdurechensk (suite à la catastrophe à la mine Raspadskaya la nuit du 8 au 9 mai) est très représentative. Le 14 mai, les mineurs, leurs amis ainsi que leurs proches, ont tenu un rassemblement spontané à Mezhdurechensk. Ils ont protesté contre l’indifférence totale des autorités à leur égard et contre les flagrants mensonges avancés par celles-ci concernant la qualité de vie des mineurs (le gouvernement et les employeurs n’ont pas annoncé au public les montants réels des salaires des mineurs et ont menacé de licenciement les travailleurs qui révélaient la réalité). Le soir, un groupe d’environ deux cent personnes a bloqué les voies ferrées. Les manifestants ont été violement dispersés par les OMON (forces spéciales de la police, NdT). Ensuite, les autorités ont commencé leur campagne de diffamation contre les personnes ayant barricadé les voies ferrées. On les a présentés comme une foule ivre dirigée par un criminel recherché par les forces de l’ordre. Parmi la société et les cercles de l’extrême gauche, on a beaucoup discuté sur les perspectives de cette action des mineurs. Dans le même temps, les autorités concentraient à Mezhdurechensk les forces de l’OMON et essayaient de prévenir de nouvelles protestations dans la région Kouzbass, ce qui, au final, a été réussi. En fin de compte, la protestation des mineurs - à première vue, si prometteuse - n’a abouti à rien. De petits piquets de manifestants et des rassemblements de solidarité se sont noyés dans une mer d’apathie sociale et d’indifférence. Fin mai, « les dirigeants de soixante-quinze organisations publiques, partis politiques, organisations syndicales et associations religieuses » ont signé l’ « Accord sur l’harmonie publique et le partenariat social ». La protestation s’est terminé ici – les travailleurs se sont rendus sans combat, devant le complot des autorités et sous la pression des forces de sécurité.

En Russie, des réformes très impopulaires auront lieu dans le domaine social. La pression est exercée sur les quelques syndicats indépendants et des syndicalistes. On observe la détérioration de l’écologie. La protestation légale devient de plus en plus difficile. Cela aura-t-il une incidence sur la croissance de la popularité des idées de l’extrême gauche (anarchistes) chez la population ? Et, cela contribuera-t-il à l’augmentation du nombre des militants ? – il est encore difficile de donner une réponse positive à ces questions. On observe aujourd’hui la détérioration de l’environnement socio-politique, la chute du niveau de vie d’une grande partie de la population et l’étranglement du reste des libertés données au peuple à l’époque de la perestroïka. Malgré cela, le peuple est silencieux. Cette situation est bien résumée par un camarade anarcho-syndicaliste de mon organisation, V.G. : "Il faudrait peut être l’admettre honnêtement : nous, les travailleurs de la Russie, sommes nous-mêmes responsables par le fait que les élites au pouvoir se moquent de nous ". (…) Vivre dans la Russie actuelle n’est pas seulement difficile. Ce qui est le pire - c’est l’humiliation. Parce que rien n’humilie plus que la vie parmi les esclaves tolérant leur servitude. Mon regard sur la situation est donc très pessimiste : rien de bien n’attend l’extrême gauche dans un proche avenir en Russie. Si le peuple décide de se livrer aux batailles contre les autorités, il est plus probable que cette bataille aura lieu sous les drapeaux des rouges-bruns (des nationalistes, NdT). Nous ne pouvons que continuer notre propagande dans l’espoir de trouver quand même un « contact » possible avec la société, sinon notre voix (des anarchistes, de l’extrême gauche), restera pour toujours « la voix qui crie dans le désert ».

K. S. Bessmertny, section russe de l’Association internationale des travailleurs 19/07/2010
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Re: Russie

Messagede Denis le Jeu 10 Fév 2011 11:46

"Source / auteur :

Solidarité Internationale
Andreï Koutouzov, anarchiste russe - Trois ans de prison pour des idéaux libertaires ?

mis en ligne mercredi 9 février 2011 par aktivulo

Voir en ligne : Solidarité avec les antifascistes russes http://antifasrusses.samizdat.net/

Le 6 février, quelques personnes ont diffusé le tract ci-dessous, de manière symbolique à coté de la Sorbonne (Andreï Koutouzov étant professeur de l’université). Sur des pancartes et banderoles on pouvait lire en russe "Koutouzov est innocent", "Paris suit le procès de Andreï Koutouzov" et en français "Solidarité avec Andreï Koutouzov". Il s’agissait surtout de s’inscrire dans la campagne de solidarité internationale qui débute, et qui espérons le dénoncera les crimes d’une "justice" russe aux ordres d’un régime autoritaire.

TIOUMEN EST UNE GRANDE ET LOINTAINE VILLE EN SIBÉRIE. Là bas aussi se trouvent des libertaires persécutés par l’État. La nouvelle victime des lois « anti-extrémiste » s’appelle Andreï Koutouzov : anarchiste, antifasciste, professeur d’université d’État de Tioumen et bientôt docteur en philologie.

On l’accuse selon l’article 280 du code criminel russe « d’incitation à des actes extrémistes ». Étant membre de l’organisation « Action autonome » http://avtonom.org/ et un agitateur connu de la ville de Tioumen, Andreï a déjà eu des problèmes avec le FSB (ex-KGB) et le Centre anti-extrémiste (« Centre E »). Pourtant, il n’a rien fait d’extrême. Au contraire, il lutte généralement avec des moyens on ne peut plus légaux.

ALORS POURQUOI CE PROCÈS ? Le 30 octobre 2009 pendant une action publique contre le « Centre-E » Andreï aurait distribué des tracts aux contenus dangereux et extrémistes. Mais Andreï et les témoins attestent qu’il n’a jamais distribué ces tracts. D’ailleurs, il est vraisemblable que les policiers eux-mêmes aient réalisé ces « tracts extrémistes » pour pouvoir intenter ce procès. Le tract reprend des phrases issues des textes d’Andreï Koutouzov et y ajoute des appels à des actions illégales contre le « Centre-E » et la police.

Étrangement, Andreï, organisateur de l’action publique du 30 octobre, aurait distribué des tracts avec des phrases comme « nous appelons à utiliser tous les moyens de lutte contre la police du « Centre-E » de Tioumen : faire des actions directes - jeter des pierres et faire des graffiti sur les murs des bâtiments du centre, casser les fenêtres des voitures... etc. » Des fantasmes de policier ? Plus étrange encore, la partie du tract qui fait référence aux actions illégales est remplie de fautes de style et de grammaire, qu’auraient pu faire un quelconque policier, mais difficilement un professeur d’université (spécialisé dans les langues qui plus est...).

Le pire est, qu’en dépit de toute logique, on accuse le militant « d’incitation à la haine envers un groupe social : la police » ! Le flou des lois anti-extrémistes permet à l’État russe d’utiliser celles-ci comme bon lui semble. Spécialement pour ce procès, un expert en sociologie a dû déterminer si la police était oui, ou non un « groupe social. » L’expert indépendant a conclu que les policiers sont des représentants de l’État et non de ce fait un groupe social à part entière.

Malgré tout, le procès a commencé ! Il y a déjà eu des instances et des réunions. Et cela malgré l’absurdité et les erreurs graves de procédure des dépositaires de la plainte. Il y a un grand risque que le système judiciaire russe montre une nouvelle fois qu’il est à la botte de l’État et non à la recherche de la vérité.

• Montrons notre solidarité. Que ces juges craignent que l’opinion publique mette à jours leurs crimes.
• Solidarité avec Andreï Koutouzov et avec tous les anarchistes et antifascistes opprimés en Russie.

Contacts : didi.diras[arobasse]gmail.com"

_______________________________________________________________
sources : http://www.hns-info.net/spip.php?article28375
Denis
 

Re: Russie

Messagede Denis le Ven 11 Fév 2011 20:04

lien donné par nos copains (pines) russes du RKAS :

http://avtonom.org/node/14846

Ourf !
Denis
 

Re: Russie

Messagede Antigone le Dim 27 Fév 2011 13:04

AFP, Libération - 25 fev 2011
http://www.liberation.fr/monde/01012322 ... -sans-abri

En Russie, un maire voudrait fusiller les sans-abri

Le maire de Tchita, une ville russe de 300.000 habitants, a provoqué un tollé vendredi après avoir regretté de pas pouvoir fusiller les sans-abri, un fléau social en Russie que les autorités préfèrent ignorer. Interrogé par des députés locaux sur les mesures à prendre face au nombre croissant de SDF à Tchita, le maire Anatoli Mikhalev a répondu: « Malheureusement, on n’a pas de permis pour tirer sur les sans-abri et on n’a pas de moyens légaux pour en venir à bout ». Réagissant aux critiques d’ONG et de la presse, Anatoli Mikhalev, membre du parti Russie unie du Premier ministre Vladimir Poutine, s’est justifié vendredi en disant qu’il s’agissait d’une « blague ».

Le maire a cependant tenu à souligner que ces gens « qui mènent une vie asociale et ne payent pas un rouble pour le développement de l’Etat, utilisent souvent les mêmes biens publics que les autres habitants. Dans les hôpitaux, il y a beaucoup de SDF et leur traitement coûte cher ». Selon le service de presse de Anatoli Mikhalev, Tchita, où les températures en hiver tombent souvent à -30° Celsius, compte 3000 sans-abri et seulement 120 places dans le seul centre pour les SDF.

Vladimir Loukine, délégué russe aux droits de l’homme, a condamné vendredi les propos du maire de Tchita. « Une personne qui occupe un poste important ne comprend pas ce que c’est que les droits de l’homme, ce qu’on ne peut pas dire des citoyens. Cela fait rire et cela fait peur! », a-t-il dit.

Le nombre de sans-abri en Russie est compris entre 150.000 et 350.000, selon le ministère de l’Intérieur, mais des experts estiment qu’ils sont de 1,5 à 4,2 millions sur une population totale de 141,2 millions d’habitants, selon des statistiques citées vendredi par le quotidien des affaires Vedomosti.

« Maladie sociale »
« Au lieu d’appeler à tuer les gens comme le maire de Tchita, les autorités feraient mieux de créer des centres mobiles pour les SDF où ils pourraient manger et se laver », a déclaré à l’AFP Liza Glinka, qui s’occupe de l’assistance aux SDF à Moscou. « Les fonctionnaires et les citoyens lambda ne se rendent pas compte de l’ampleur du problème », souligne Vedomosti dans un éditorial. « L’Etat peut soit nettoyer les rues et les gares des SDF, soit soigner cette maladie sociale (…). Pour l’instant, il choisit la première option», poursuit le journal.

« C’est révoltant d’accuser de tout les SDF », a confié à l’AFP Zoïa Solovieva, qui dirige à Saint-Pétersbourg (nord-ouest) l’ONG « Notchlejka » (Abri pour les SDF). Selon elle, les gens deviennent souvent sans-abri parce qu’ils ne sont pas pris en charge par l’Etat, notamment ceux qui sortent de prison. « En Russie, il n’y a pas de politique sociale ni de système d’aide à cette catégorie », déplore-t-elle.
Selon Anna Fedotova, responsable de l’ONG « Gare de Koursk. Enfants sans-abri », la plupart de ces derniers deviennent des SDF à cause de l’Etat. « Il s’agit par exemple de ceux qui sortent des orphelinats et attendent pendant des dizaines d’années que l’Etat leur octroie un logement », a-t-elle expliqué au journal Novyé Izvestia. « J’espère que le maire Mikhalev, qui incarne l’Etat et propose de résoudre les problèmes sociaux en tuant des gens, sera jugé ou démis de ses fonctions », conclut-elle.
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