Russie

Re: Russie

Messagede vroum le Mer 23 Mar 2011 08:40

Soutien aux anarchistes russes.
Les jeunes anarchistes de Barnaoul ont besoin de votre soutien.


http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article991

Dans la nuit du 1er février 2011 à Barnaoul, s’est tenue la Graffiti Art manifestation. Au cours de cette action, les représentants de l’élite politique de la Russie actuelle ont été ridiculisés et ont été présentés en tant que « parasites » de la société. La réaction de « la police de sécurité publique » (qui est en effet la police politique, soutenant le régime totalitaire et étant une des institutions les plus corrompues) n’a pas tardé. Le 2 février 2011, les représentants du « Centre E » (le Centre pour la prévention de l’extrémisme) ont fait irruption au domicile de trois anarchistes : Serguey Sandine, Daniïle Malichkine et Vitaliy Leonov.

Les activistes ont été amenés dans un poste de police. Ils y ont été retenus plus de vingt-quatre heures sans manger ni boire et on les empêchait de dormir. Pendant ce temps-là, la pression (y comprit la violence physique) a été exercée sur les jeunes activistes, afin qu’ils « avouent tous » et « balancent » leurs camarades à « la police de sécurité publique ». Les actions des agents de la police ont provoqué une grave crise d’asthme chez Serguey.

Plus tard, au cours de la soi-disant perquisition (illégale car sur une feuille d’autorisation de la perquisition, il n’y avait pas de sceau), les agents de la police ont saisi certaines affaires personnelles des activistes dont trois ordinateurs et du matériel bureautique.

Des dégâts causés pendant la manifestation artistique sont insignifiants (à peu près, 1000 roubles soit 25 euros). Bien qu’il n’y a aucune preuve de la participation à cette affaire de Serguey, Daniïle et Vitaliy, une affaire pénale a été déclenchée par les représentants du « Centre E » sur la base de l’article 213 p. 2 du Code Pénale de la Fédération de Russie (« Hooliganisme pour des motifs de haine politique commis et prémédité par un groupe de personnes »). Cet article prévoit une peine d’une durée maximale de 7 ans d’emprisonnement.

Pour payer les frais d’avocat, Serguey, Daniïle et Vitaliy ont besoin d’argent (120 000 roubles soit 3000 euros). Cette somme est trop élevée pour les jeunes activistes puisque tous les trois sont des étudiants issus de familles aux revenus modestes.

Il y a seulement un mois, ces activistes ont organisé un concert pour récolter de l’argent pour un orphelinat. Aujourd’hui, nous comptons sur vous pour les aider car dans un pays totalitaire chacun de nous peut se trouver dans la même situation.

Une souscription est ouverte afin de leur venir en aide. Vous pouvez envoyer vos chèques à Publico, 145 rue Amelot, 75011 Paris (mention soutien anarchistes russes)
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Re: Russie

Messagede Denis le Mer 23 Mar 2011 19:06

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Re: Russie

Messagede Nico37 le Sam 6 Aoû 2011 21:46

Incendies et explosions, les anarchistes russes attaquent l’État - 05/08/11

Depuis deux ans, les actes criminels visant des symboles de l’Etat russe, ainsi que ceux du capitalisme, se multiplient dans le pays. À l’origine de ces actions violentes, principalement des incendies criminels, se trouve un réseau d’anarchistes russes prêts à tout pour se faire entendre.

La première de ces attaques remonte à 2009. Lors de la célébration du 1er mai, journée internationale des travailleurs, 250 anarchistes s’étaient regroupés à Saint-Pétersbourg avec l’autorisation de la mairie de la ville. Avant même le début de leur marche, des officiers OMON, les troupes spéciales du ministère russe de l’Intérieur, avaient arrêté 137 d’entre eux au motif qu’ils prévoyaient d’attaquer un groupe de nationalistes russes rassemblés pour la même occasion. Une attaque que les anarchistes niaient avoir planifié. Trois jours après ces arrestations, plusieurs voitures de police ont été incendiées à proximité du commissariat de Svetlanovsky à Saint-Pétersbourg. Le lendemain, c’est un poste de police entier qui était réduit en cendres à Nizni Novgorod.

Après ces premiers incidents, les incendies criminels se sont multipliés dans le pays. Entre 2010 et 2011, des voitures et des postes de police, mais aussi des voitures de luxe, des centres d’affaires, des bureaux d’inscription militaires, un chalet témoin qui faisait la promotion de maisons de luxe près de Moscou et des antennes locales de Russie Unie, le parti au pouvoir, ont été incendiés. Dernière cible en date, un bureau local de Russie Unie situé à Moscou a été réduit en cendres le 22 juillet dernier. Aucune victime n’a jamais été à déplorer car les bâtiments, comme les voitures, étaient toujours vides au moment des crimes.


Un poste de police à proximité de Moscow à la fin du mois de juin.

Ces actes ont tous été revendiqués par différents mouvements anarchistes qui se disent regroupés de façon informelle dans un réseau Black Bloc. Les Black Bloc sont desrassemblements éphémères et non hiérarchisés d'individus anonymes ayant pour but des actions violentes notamment contre les symboles du capitalisme. Les membres partagent leurs expériences et collaborent pour établir leurs cibles et leurs modes d’action. Quiconque souhaite prendre part à ces incendies criminels est libre de le faire. Jusqu’à présent la police n’a retrouvé aucun individu lié à ce réseau.

Déjà présents en Europe, les réseaux Black bloc ont été particulièrement actifs pendant les manifestations contre l’austérité à Londres et en Grèce.


Le bureau de Russie Unie à Saint-Petersbourg, le 31 décembre 2010.

" Employer des méthodes plus radicales nous permet d’atteindre des objectifs plus importants avec moins de moyens "

Blacblocg écrit en anglais le blog " Black Bloc, nouvelles de la guérilla anarchique".

Les formes pacifiques de luttes (réunions, campagne de communication, etc…) n’ont pas ou très peu d’effets dans notre pays car finalement peu de gens sont prêts à descendre dans la rue pour manifester. Les actions radicales et "dangereuses" attirent bien plus l’attention du public et des médias. Un bon exemple de cette théorie est le combat pour la protection de la forêt de Khimki [En juillet 2010, un groupe d’écologistes russes dénonçait le projet de construction d'un tronçon de la nouvelle autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg au beau milieu du parc forestier de Khimki]. La campagne de sensibilisation, plutôt calme au début, a reçu bien plus d’attention après que les "anti-fascistes" se sont attaqués à des locaux de l’administration de Khimki. Nous considérons que ce n’est que suite à cette action que le combat des écologistes a reçu le soutien de personnalités comme Yuri Shevchuk [chanteur de rock engagé qui dénonce le manque de démocratie en Russie] ou Artemy Troitsky [un des critiques musicaux les plus reconnus en Russie] et que tout s’est accéléré [Les écologistes n’ont toutefois pas réussi à empêcher la construction de l’autoroute et des actions anarchistes ciblent aujourd’hui le matériel de construction].


Des bulldozers incendiés dans la forêt de Khimki à la fin du mois de juin 2011.

Donc, il y a deux ans, nous avons décidé d’employer des méthodes plus radicales. Nous voulions pouvoir atteindre des objectifs plus importants, mais avec moins de moyens. Et jusqu’à présent, cette méthode s’est révélée efficace. Grâce à nos actions de ces deux dernières années, plus de gens se sont reconnus dans les opinions anarchistes que pendant toute la période d’anarchisme pacifique de la Russie moderne.

" Jusqu’à sa disparition, nous verrons toujours l’État comme un ennemi "

Il y aussi quelques chose de très personnel, voire d’ "existentiel" dans notre lutte. Etant anarchistes, jusqu’à sa disparition, nous verrons l’État comme un ennemi. Imaginez-vous voir votre ennemi jour après jour sans faire quoique ce soit d’autre que de dire aux gens qui vous entourent à quel point il est mauvais – et la plupart des gens s’en fichent d’ailleurs pas mal. Voila comment les anarchistes russes ont vécu ces 25 dernières années. Mais heureusement cette période est terminée. L’État n’a pas encore disparu, mais nous pouvons provoquer de véritables dégâts.

Nos attaques n’ont pas fait de victimes jusqu’à présent, pas même un officier de police ou quelque autre représentant de l’État. Eviter de blesser les gens est notre premier principe et toutes nos actions sont clairement organisées dans ce sens.

Nous ne pensons pas que nos actions vont faire l’objet d’une importante répression. Aujourd’hui, l’État russe n’a pas de moyens, pas d’instrument efficace, et surtout, n’a pas la volonté politique de nous réprimer."

" Ils vont exaspérer l’Etat, justifier un durcissement de la police et discréditer l’opposition "

Oleg Kozyrev habite à Moscou. Il est écrivain et milite pour la démocratie en Russie.

Je suis pour la lutte non-violente. Mes modèles sont Gandhi et Martin Luther King. Je ne peux pas approuver ce nouveau mode d’action des anarchistes et ce même si personne n’a été blessé jusqu’à aujourd’hui. Le risque que ces actions ne fassent des victimes dans le futur existe.

Ils mettent le feu à des bureaux d’inscriptions de l’armée, mais ces locaux sont la plupart du temps situés dans des immeubles. Ils ont de la chance que les bâtiments n’aient pas intégralement brûlé. Quand ils lancent une bombe, il peut très bien y avoir un passant innocent dans les parages. Et même s’il y a une victime qui symbolise l’autorité, ça reste de la violence et rien de bon ne peut en résulter.

Les incendies criminels, les explosions et autres méthodes brutales ont des conséquences déplorables. Elles vont exaspérer l’État, justifier un durcissement de la police et discréditer l’opposition. Les nouvelles générations devraient plutôt apprendre de l’Histoire de notre pays que les Russes ont beaucoup souffert des extrémistes révolutionnaires.

Il est évident que les anarchistes deviennent de plus en plus forts politiquement en Russie. Ils mènent de très nombreuses actions, se battent contre le fascisme et tous les abus de pouvoir des forces de l’ordre. Et je soutiendrai leurs actions tant qu’elles seront pacifiques, justes et adaptées. Mais je ne peux pas soutenir les incendies criminels. J’ose espérer qu’ils seront assez sages pour laisser tomber ces méthodes."

Oleg Kozyrev / Billet écrit avec la collaboration de Ostap Karmodi, journaliste.
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Russie

Messagede hector le Mer 7 Déc 2011 16:03

tiens et tant que t'y est trouve moi des arguments pour defendre Poutine.

http://observers.france24.com/fr/conten ... egislative
hector
 

Re: Russie

Messagede hector le Sam 10 Déc 2011 00:08

On dirait que tout les dictateurs on eu les même cours du soir en politique. vous trouvez pas qu'on dirait un peu kaddaffi.

Contestation russe : Poutine accuse Washington

Le Premier ministre Vladimir Poutine a mis en garde l'opposition contre tout débordement qui sera réprimé "par tous les moyens légitimes", et a accusé les Etats-Unis d'avoir fomenté la contestation contre les législatives, un scénario du "chaos".

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui a sévèrement critiqué dès lundi le déroulement des législatives, "a donné le la pour certains activistes à l'intérieur du pays, elle (leur) a donné le signal", a déclaré Poutine lors d'une réunion avec des représentants de son mouvement, le Front populaire.

"Ils ont entendu le signal et, avec le soutien du département d'Etat, ont commencé à travaillé activement", a ajouté le Premier ministre. "Nous comprenons tous qu'une partie des organisateurs (des manifestations) agissent selon un scénario connu", a poursuivi l'ex-agent du KGB.

"Mais nous savons aussi que dans notre pays les gens ne veulent pas que la situation évolue comme cela s'est passé au Kirghizstan ou il n'y a pas longtemps en Ukraine", a-t-il ajouté, évoquant les révolutions dans ces ex-républiques soviétiques en 2005 et 2004, dans lesquelles Moscou avait vu la main des Occidentaux.

"Personne ne veut le chaos", a ajouté l'homme fort de la Russie, qui ambitionne de revenir au Kremlin à la présidentielle de mars prochain.

Des milliers de Russes ont manifesté depuis dimanche pour dénoncer les résultats des législatives remportées par le parti au pouvoir Russie unie, de manière frauduleuse selon l'opposition.

"Si les gens agissent dans le respect de la loi, on doit leur accorder le droit d'exprimer leur opinion", a déclaré Poutine à propos de ces manifestations.

"Si quelqu'un enfreint la loi, alors les forces de l'ordre et le pouvoir doivent exiger le respect de la loi par tous les moyens légitimes", a-t-il ajouté.

Des centaines de personnes ont été interpellées lors de ces manifestations dispersées sans ménagement à Moscou et Saint-Pétersbourg, et nombre d'entre elles, dont plusieurs leaders d'opposition, ont été condamnées à des peines allant jusqu'à 15 jours de prison.

(AFP)
hector
 

Re: Russie

Messagede fabou le Sam 10 Déc 2011 00:19

Personnellement je ne vois pas beaucoup de similitudes avec la situation libyenne, mais là n'est pas le sujet.

[Révolution des neiges] « C’est maintenant qu’il faut agir »

Le régime s’était bien préparé. Pendant les élections, près de 50.000 jeunes “pro-Kremlin”, du mouvement “nachiste” (“Nachi” : “les nôtres”) avaient été envoyés à Moscou pour y combattre toute activité ou action menée par l’opposition. Ces jeunes sont principalement des étudiants qui, en échange de leur activité militante, reçoivent une chambre dans un hôtel à Moscou et quelques euros par jour. Nombre d’entre eux s’étaient vu dire qu’à moins de suivre les instructions qui leur avaient été données, ils allaient rater leurs examens à l’université. Mardi soir, 5000 de ces jeunes ont été alignés sur la place où les manifestants comptaient se rassembler, tapant sur des tambours, brandissant des drapeaux russes et criant ‘‘Rossiya, Rossiya !’’ (Russie, Russie). Cependant, les opposants manifestants sont parvenus à détourner leur “slogan” : entre chaque ‘‘Rossiya’’, ils criaient en réponse : ‘‘Biez Poutina, biez Poutina !’’ (sans Poutine, sans Poutine).

Autour des nachistes se trouvaient plusieurs rangs de police anti-émeute en tenue complète. Toutes les places alentours étaient bloquées par des bus et des camions de la police. Selon le Ministère de l’Intérieur, 51.000 policiers anti-émeute ont été amenés dans la capitale “pour protéger la sécurité du public”. Des détachements entiers de ces troupes ont repoussé les manifestants hors des rues, arrêtant des centaines d’entre eux. Un grand nombre des 300 personnes arrêtées lors des premières manifestations, lundi, ont déjà été trainés en “justice” mardi pour y être condamnés à jusqu’à 15 jours de prison. Il ne fait aucun doute qu’un destin similaire attend de nombreuses autres personnes mercredi et les jours suivants.

Il est important de constater que presque toutes les personnes présentes à la manifestation légale de lundi, tout comme à la manifestation spontanée de mardi, étaient des jeunes, pour qui bien souvent il s’agissait de la toute première manifestation. Il ne semblait pas y avoir un large sentiment nationaliste lors de ces actions, ce qui semble indiquer que jusqu’ici, l’extrême-droite n’a pas mobilisé.

Une autre manifestation a eu lieu à Saint-Pétersbourg, avec 200 arrestations, et, cela mérite d’être souligné, on a vu une autre manifestation à Rostov-sur-le-Don, principal port russe dans le sud du pays (1 million d’habitants). Les partisans du CIO en Russie ont participé aux manifestations, armés de leur journal et de tracts. La manière clandestine dont nous avons distribué notre tract, échappant aux yeux de la police, l’a vite rendu très populaire — tout comme d’ailleurs le fait étonnant que nous étions absolument la seule organisation présente avec un tract.

Étant donné le nombre de personnes arrêtées et le manque de toute stratégie de la part des initiateurs des manifestations, la question de savoir si ces actions vont se poursuivre ou non reste ouverte. Par exemple, des orateurs lors du meeting de mardi ont dit que ces élections parlementaires n’étaient là que pour faire élire les “larbins”, mais qu’il faut maintenant se préparer aux choses sérieuses : les élections présidentielles de mars 2012. Dans les faits, ce qu’ils disent est qu’il faut laisser tomber les actions. Mais les jeunes dans la foule chuchotaient que c’est maintenant qu’il faut agir.

(…)

Rob Jones, Comittee for a Workers’ International, Moscou, 9 décembre 2011
http://www.socialisme.be/psl/archives/2 ... um=twitter.


La police russe interpelle des centaines d’opposants

Trois jours après les élections parlementaires russes, marquées par des accusations de fraudes massives, la tension est montée d’un cran à Moscou. Pour la troisième fois consécutive, des rassemblements ont eu lieu mercredi soir près de la place du Triomphe, haut lieu de la contestation politique dans la capitale, aux cours desquels 70 personnes ont été arrêtées, selon l’opposition. À Saint-Pétersbourg, une manifestation, qui avait rassemblé quelque 250 personnes sur la perspective Nevski, s’est soldée par 100 interpellations. L’appel avait été lancé sur Facebook par un groupe baptisé « Contre le parti des escrocs et des voleurs », en référence à Russie unie, la formation de Vladimir Poutine, qui a subi un sérieux revers électoral dimanche.

L’ampleur de la mobilisation policière n’a pas empêché une autre formation d’opposition, intitulée « Pour des élections libres et honnêtes », d’appeler à un nouveau meeting samedi, à Moscou : une invitation qui était relayée mercredi par près de 10.000 internautes. Mardi déjà, 569 opposants avaient été interpellés dans la capitale et 200 à Saint-Pétersbourg, dont l’ancien vice-premier ministre Boris Nemtsov et le nationaliste Edouard ­Limonov. La foule a été dispersée et plusieurs journalistes ont été appréhendés. Pour sa part, le blogueur Alexeï Navalny, l’une des nouvelles figures de la contestation, a écopé de quinze jours de prison, la peine maximale prévue dans le Code administratif.

Cette bouffée de ­colère a surpris en premier lieu les Moscovites, traditionnellement apathiques. Aux côtés des habituels opposants au régime de Vladimir Poutine, qui étaient depuis plusieurs mois en voie de marginalisation, apparaissent désormais des jeunes « sans aucune culture politique », observe Ian Ratchinski, le vice-président de l’organisation Memorial.

« Citadelle assiégée »

La manifestation de lundi a rassemblé au moins 2000 personnes (10.000 selon les organisateurs), une ampleur sans précédent depuis des années. « Ces deux groupes n’ont rien en commun, mais, s’ils devaient s’agglomérer, ça pourrait devenir dangereux pour le régime », estime Mikhaïl Vinogradov, directeur du Fonds de la politique pétersbourgeoise.

Si la question d’un « printemps arabe » est désormais posée, très peu d’experts croient en l’avènement d’un tel scénario. Pire, instruits par les désordres démocratiques des années 1990, la majo­rité des Russes le redoute. Les leaders traditionnels d’une opposition farouche à Poutine ne bénéficient quasiment d’aucun crédit dans la population, tandis que les militants historiques se méfient des nouvelles vedettes de la contestation comme Alexeï Navalny. « Si le pouvoir tombe, personne ne sera en mesure de le ramasser », craint Ian ­Ratchinski. À l’instar de l’ancien président Mikhaïl Gorbatchev, les opposants appellent sans y croire à une annulation du résultat des élections et à un nouveau vote. En face, tout aussi désemparé, le Kremlin n’a pas encore trouvé la parade. Vladimir Pou­tine cherche à se distancier de Russie unie, qui l’a pourtant officiellement adoubé, il y a dix jours, pour l’élection présidentielle.

Mercredi, le premier ministre est allé lui-même à la commission électorale déposer sa demande d’enregistrement pour le scrutin de mars 2012. « Poutine va augmenter les pensions et les salaires, histoire d’élever sa cote de popularité. Parallèlement, le pouvoir va recourir à la fameuse rhétorique de la citadelle russe assiégée par l’Occident, mais je doute que ce genre de propagande soit encore effi­cace », prédit Alexeï Malachenko, expert à l’institut Carnegie. Exemple : la commission électorale a accusé l’ONG Golos, qui recense les fraudes, d’être « financée par l’étranger ». Dans l’immédiat, c’est la manière forte qui est privilégiée face aux manifestants dont la télévision d’État ignore les mouvements.

Leur presse (Pierre Avril, LeFigaro.fr), 8 décembre 2011
fabou
 

Re: Russie

Messagede hector le Sam 10 Déc 2011 00:26

Le Premier ministre Vladimir Poutine (...) a accusé les Etats-Unis d'avoir fomenté la contestation contre les législatives, un scénario du "chaos".
hector
 

Re: Russie

Messagede hector le Sam 10 Déc 2011 00:27

Pardon je suis peut un peu "hors sujet"...
hector
 

Re: Russie

Messagede hector le Sam 10 Déc 2011 00:49

par contre la c'est moind drole


09 décembre 2011
RUSSE BLANC – Le blanc, symbole de la contestation russe

A chaque révolution (aboutie ou non), sa couleur ou sa fleur ! L'Ukraine a eu l'orange, la Géorgie, le rose, l'Iran, le vert, la Tunisie, le jasmin, le Portugal, les œillets. L'opposition russe n'échappe à la règle, qui a choisi la sienne, [url]ce sera le blanc, la couleur des tsars[/url], raconte la BBC.

Les opposants russes arboreront donc un ruban blanc en signe de ralliement samedi lors de la grande manifestation de contestation des résultats des élections législatives. Sur Internet et les réseaux sociaux – notamment sur VKontakte, le Facebook russe –, des voix s'élèvent pour défendre cet étendard. Comme le rapporte, sur Twitter, Ilana Moryoussef, la correspondante de Radio France à Moscou :
hector
 

Re: Russie

Messagede fabou le Sam 10 Déc 2011 23:59

Compte-rendu de la manifestation à Moscou

Lors de l’immense manifestation à Moscou le 10 décembre contre le régime de Poutine, 400 personnes se sont retrouvées dans le “bloc anarchiste et antifasciste”, cortège qui a regroupé des anarchistes comme les militant(e)s de l’Action Autonome (Автономное действие) mais aussi des marxistes révolutionnaires comme les militant(e)s de l’Action Socialiste de Russie (РСД) et autres internationalistes. Un affrontement verbal a opposé le bloc anarchiste et antifasciste à des nationalistes mais ces derniers ont préféré prendre leurs distances avec une unité de lutte antifasciste.

Image

Lors de la manifestation, ce bloc a lancé des slogans opposés à tous les politiciens et au système parlementaire et pour l’auto-organisation.

Tract distribué à Moscou le 10 décembre par l’Action Autonome :

Notre candidat : l’auto-organisation

Le 4 décembre ont eu lieu les élections à la Douma d’État. 450 membres sont sensés représenter pendant 5 ans les intérêts de 140 millions de citoyens russes. Ils continueront à piller le pays et à se pavaner dans de grandes limousines noires dans les rues de Moscou. Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi, peu importe que la majorité soit Russie Unie ou un autre parti.

Il n’y a qu’un seul moyen pour mettre fin à cette pratique vicieuse ; le chemin que nous ont montré nos grands-parents en 1917.

L’opposition libérale accuse le gouvernement de fraude. Les élections ont probablement été truquées, mais même si cela n’avait pas été le cas cela ne changerait pas grand chose.

La démocratie représentative n’est pas la démocratie. Démocratie, c’est quand les gens se gouvernent eux-mêmes avec leurs propres structures d’auto-organisation, fondées sur une base socialiste. Il peut y avoir de démocratie quand des gens contrôlent tout au nom du peuple.


Le groupe de Moscou de l’Action Autonome


Traduit du russe (Автономное действие) par Solidarité ouvrière, 10 décembre 2011.

-> http://juralib.noblogs.org/2011/12/10/c ... -a-moscou/
fabou
 

Re: Russie

Messagede vroum le Mar 13 Déc 2011 13:35

Russie – Les voies que les urnes referment, la rue les ouvre !

http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article1027

Nous assistons à une vague de contestation en Russie suite aux élections législatives et aux dénonciations de fraude qui ont conduit à la victoire du parti de Vladimir Poutine. Ces manifestations traduisent un mécontentement profond face l'emprise de Poutine sur la vie politique russe.

Cet événement nous rappelle le mouvement de protestation qui avait suivi les élections en Iran. Quand le peuple peut prendre la parole, il sort du cadre imposé par le pouvoir et met en avant ses revendications de liberté et de justice.

Assiste-t-on à l'émergence d'un mouvement des « Indignés » russes ? Les manifestations vont-elles se poursuivre, s'intensifier ? C'est pour l'instant trop tôt pour le dire mais il est sûr que « quelque chose » est en train de se produire.

Nous connaissons la violence dont peut faire preuve le pouvoir en Russie et nous serons vigilants à ce que les manifestations ne soient pas réprimées et apportons tout notre soutien aux militant.e.s de Russie et d'ailleurs.

Les anarchistes ont toute leur place dans de tels mouvements populaires qui se battent pour plus de liberté, plus de pouvoir dans la prise de décision. Bien entendu, il ne s'agit pas pour nous de défendre un autre parti politique mais de pointer les aberrations du système représentatif et de gagner toujours plus de liberté d'action et de manifestation. Les mouvements de contestation ouvre des voies pour l'autogestion dans l'organisation même des luttes et dans les perspectives qu'elles ouvrent. Ces luttes doivent pouvoir s'appuyer sur un mouvement social diffus et sur des luttes syndicales (appel à la grève) afin de pouvoir renverser le pouvoir et gagner de nouveau droits, de nouveaux espaces de liberté. Là encore, nous saurons être présents aux côtés des manifestant.e.s, notamment des groupes anarchistes. Nous relaierons les appels à la solidarité et diffuserons toutes les informations utiles à la compréhension et à l'essor de nouveaux mouvements sociaux en Russie et ailleurs.

Élections, non ! Autogestion, oui !

Fédération anarchiste, 145 rue Amelot, 75011 Paris


http://federation-anarchiste.org/
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Re: Russie

Messagede vroum le Mer 14 Déc 2011 13:34

Tahrir russe

Posted on 14/12/2011 by Pavillon Noir : http://fa86.noblogs.org/?p=1666

Ce texte de Mikhail Magid est adressé aux anarchistes russes mais il nous semble intéressant de le traduire en français car, à notre avis, il reflète bien l’ambiance qui règne aujourd’hui en Russie et les questionnements qui se posent aujourd’hui devant les anarchistes russes.

Tahrir russe

D’où ça vient ?


J’ai remarqué que tous les militants politiques, tous ceux qui étaient actifs ces dernières années, commencent à se demander les uns les autres : mais qu’est-ce qui se passe ? Comment se fait-il que la société russe, si apolitique, absolument non encline à protester, s’est soudainement soulevée ?

L’indifférence politique qui durait depuis 15-20 ans s’est terminée. Elle a pris fin rapidement, soudainement, de façon inattendue. Comment expliquer ça ? Bien sûr, en Russie, il y a des problèmes fondamentaux, ils ont certainement un impact sur la situation dans le pays. On peut parler de la pauvreté d’une grande partie de la population (surtout en province)… Mais, aujourd’hui, c’est Moscou qui se rebelle, la ville la plus riche de la Russie. On peut évoquer la corruption, mais elle existe déjà depuis longtemps. On peut parler de la crise économique mondiale qui affecte également la Fédération de Russie, mais la situation n’est pas aussi difficile qu’en 2009 … Dans la recherche de réponses, je suis allé sur la place de Triomphe…

"La jeunesse mène la danse "

Il est intéressant de voir des milliers de jeunes, essentiellement des étudiants, dont beaucoup ont participé pour la première fois dans les actions et manifestations. Beaucoup sont venus par groupes. (…) En fait, l’ambiance sur place est plutôt gaie, les gens sont un peu excités, les jeunes ont clairement pris plaisir à la participation à ce meeting, il y a des émotions et de l’adrénaline. (…)

Aujourd’hui, le mécontentement couvre divers segments de la population. Sans doute, ce sont les élections qui en ont joué le rôle important : d’abord, des publicités ennuyeuses, puis les falsifications trop évidentes, trop flagrantes. Le fait que Poutine s’est fait sifflé à l’Olympique (1) (grand centre sportif à Moscou, NdT) a également joué un certain rôle : il semble que c’est ce sifflement qui ait fait éclater un barrage d’obéissance et de silence (ces «bouuuu » et sifflets sont maintenant devenus symboles de la protestation). Mais c’est la jeunesse étudiante qui sort sur l’avant-scène : une nouvelle génération qui était élevée dans une relative stabilité politique et sociale. Ils n’ont pas peur des cataclysmes sociaux, parce qu’ils ne se souviennent pas des années 90, mais la dictature d’un vieillissant colonel les irritent visiblement. Ils veulent des changements. En outre, le système politique et économique corrompu crée très peu d’ascenseurs sociaux pour eux, et les réformes d’éducation ne mènent à rien de bon. Soudain, la Russie est confrontée à la révolte des jeunes, des étudiants. Bien sûr, ce mouvement n’est pas aussi radical que celui des années 1968 -1977 en France et en Italie, mais c’est déjà quelque chose. 5-10 mille de participants aux manifestations à Moscou pendant deux jours d’affilés est une situation impensable dans le passé récent.

En cas de nouvelles protestations, d’autres groupes sociaux et forces politiques commenceront à s’y impliquer en influençant sans doute le cours d’événements et les slogans des manifestants.

Les différentes forces

Si les manifestations continuent, ils vont inévitablement attirer toutes les forces hostiles au régime. Hier, un groupe de nationalistes est apparu lors du meeting. La presse écrit qu’ils tentaient de se battre avec les « Nashi » (sbires de Poutine, une jeune branche du parti « Russie unie »), et ont même jeté sur ces derniers des torches enflammées, mais je ne le voyais pas. Une fois, j’ai entendu des slogans « Russes en avant », mais à cause du bruit général et des sifflets, on ne pouvait pas dire qui l’a crié (A noter que certains manifestants ont tenté de résister aux « Nashi », quand ceux-ci ont forcé, rangs serrés, avec le battement des tambours, sur la foule.) (…) J’ai également aperçu des trotskystes distribuant leurs journaux.

Les anarchistes et Tahrir russe

C’est peu probable que dans un proche avenir aura lieu un vrai Tahrir russe : l’ampleur des protestations n’est pas encore la même. Mais pour toutes les forces politiques d’opposition, il est évident qu’elles ne peuvent pas se tenir à l’écart. Les jeunes venus au meeting sont prêts à discuter, à débattre. Hier, dans la foule, se sont spontanément formés, un peu partout, de tels points de discussion. D’autre part, spontanément, il y règne les humeurs démocrates. Les gens parlent au sujet des élections, de la corruption. Mais cela ne signifie pas qu’on ne peut pas discuter avec eux.

Nous pouvons et nous devons discuter, propager les idées du socialisme anti-autoritaire (libertaire) et international. Pour le moment, il n’y a pas d’autre révolution pour nous. En tout cas, travailler avec le « Tahrir russe » et différents mouvements est assez productif. Cette stratégie serait plus utile que de rester chez soi, dans l’espoir que «le prolétariat lui-même va faire une révolution auto-organisé», ou de jeter des bouteilles avec des cocktails Molotov dans les commissariats de police.

Cette stratégie n’implique en aucun cas aucune alliance avec les libéraux-démocrates ou avec des socialistes autoritaires (bolcheviks, sociaux-démocrates). Etre dans la foule avec quelqu’un ou collaborer avec lui c’est très différent. Sinon, nous commencerons à penser que, en 1905 ou en 1917, les anarchistes n’auraient pas dû aller à des rassemblements de masse et de prendre la parole là-bas, parce qu’il y avait les bolchéviks et les cadets.

Au contraire, si nous allons à ces actions c’est afin d’y défendre notre ligne, pour mener une campagne en faveur de nos idées. Il est inacceptable de faire des actions communes, par exemple, avec des léninistes ou avec des social-démocrates du Vpered (En avant) et d’autres groupes semblables, sinon les masses ne comprendront jamais toute la spécificité des socialistes anti-autoritaires (des anarchistes et communistes à gauche) et en quoi elles diffèrent des socialistes autoritaires.

Bien sûr, si les flics commencent à arrêter et tabasser des gens manifestant pacifiquement sur la place, vous essayez de résister avec tout le monde, mais ça c’est autre chose.

En menant notre campagne, nous devons souligner la nécessité pour les masses de décider par elles-mêmes ce dont elles ont besoin, insister sur leur capacité de bloquer les actions du pouvoir et, dans la même mesure, du business (les libéraux n’en parlent pas). Il faut parler de la pauvreté de la majorité de la population et que les libéraux-démocrates ne seront jamais capables de résoudre ce problème (parce qu’ils ont déjà été au pouvoir dans les années 90 et que nous avons donc une expérience pratique de leurs idées). Il faut parler de l’inadmissibilité du remplacement des oligarques de Poutine par d’autres, parce que « les deux sont pires ». Il faut parler de l’alliance des gens de différentes nationalités qui se forme dans la lutte (la division ethniques profite uniquement au pouvoir). Enfin, il faut dire qu’il est inadmissible de restaurer le bolchevisme qui est aussi une dictature et un système d’exploitation.

Où on va

Si les résultats des élections reflètent, dans une certaine mesure, les résultats réelles, il s’avère que les grandes villes sont fortement opposés au Poutine-Medvedev, d’autres s’y opposent à cinquante-cinquante. Il y a une opinion (que certains sociologues partagent) que les grandes villes vont, en général, en avant et définissent la tendance du pays. Si c’est vrai, cela signifie que les humeurs dans la province sont en train de changer et vont changer. Ce processus peut être accéléré par de nouvelles élections présidentielles : la publicité de Poutine et de nouvelles falsifications vont irriter la population de plus en plus. Peut-être, les élections du président rassembleront des centaines de milliers des manifestants et non seulement à Moscou. Mais ce sera un long marathon sans issue prévisible à l’avance. Une « révolution arabe » russe ? Ça peut être elle.

On a ici le grand processus qui ne se limite pas à la Russie, il y a une vague révolutionnaire mondiale provoquée par la crise économique mondiale et l’épuisement des masses par le capitalisme néolibéral, qui, partout dans le monde, conduit vers l’accroissement de l’inégalité sociale, de la criminalité, de la pauvreté, vers la formation des dictatures (car il n’y a pas d’autre moyen pour contrôler la société pillée.)

Il n’existe aucun moyen pour éviter une révolution mondiale, se cacher de ce fait-là, bien que personne ne garantisse sa victoire. Nous ne sommes que des pions dans ce mouvement grandissant. Je vois cette vague avec un sentiment presque mystique. Même Navalny (2) n’est qu’un petit agent de changement, il ne fait que commencer à monter sur la crête d’une vague et rien de plus.

Cependant, la nouvelle révolution russe ne sera probablement ni socialiste, ni libertaire. Jusqu’à présent, dans la société, l’opposition est déterminée par deux tendances : démocrate-libérale et ethno-nationaliste. Ces éléments commenceront à s’ajuster les uns aux autres. Peut-être, ils s’uniront, dans une certaine mesure, grâce à Navalny, leader de l’opposition le plus populaire, participant régulier à la fois des rassemblements démocratiques et des marches russes (manifestation annuelle de l’extrême droite en Russie, NdT). Cela signifie que l’énergie de la protestation sociale ira dans un mauvais sens, conduira à la seconde édition des années 90. Certains oligarques seront remplacés par d’autres, avec une seconde édition d’Eltsine, en tête.

***

Les anarchistes et communistes de gauche ne peuvent pas actuellement avoir un impact majeur sur le processus révolutionnaire. Mais ils peuvent désormais utiliser le redressement social et les protestations pour fortifier leurs propres rangs et pour augmenter leur influence sur les masses. Mais pour ce faire, il faut, premièrement, participer aux événements, deuxièmement, se distinguer clairement de toutes les forces hostiles au socialisme anti-autoritaire (les démocrates, nationalistes et bolcheviks), et, troisièmement, il est nécessaire d’apprendre à parler aux gens et agir dans les conditions d’un vrai mouvement de masse.

Mikhail Magid, publié le 7/12/2011, http://shraibman.livejournal.com/739704.html

________________________________
(1) (NdT) Poutine s’est fait sifflé par le public, lors de sa prise de parole après la victoire de Fedor Emelianenko contre Jeff Monson (combats « free fight »). Voici cette vidéo qui a été regardé par beaucoup de russes : http://www.bloodyelbow.com/2011/11/26/2 ... eff-monson

(2) (NdT) Une des personnes les plus connues parmi les opposants libéraux en Russie, en partie, grâce à son blog. Connu pour sa critique virulente de la corruption et du parti de Poutine « Russie Unie ». Pour plus de détail, voir l’article dans le Monde : http://www.lemonde.fr/europe/article/20 ... _3214.html Il a aussi un autre visage, celui d’un nationaliste qui vient à chaque marche russe (manifestation annuelle de l’extrême droite en Russie) : http://sidosido.livejournal.com/3902.html
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Re: Russie

Messagede fu hsang le Ven 3 Fév 2012 12:56

petit recapitulatif des actions contre le parti en place en russie ....

Les résultats falsifiés des élections législatives semblent être une occasion sérieuse
pour plusieurs milliers de mécontentement pour exprimer leur désaccord à l'autorité
lors de manifestations de masse en Russie. En même temps nombres d'actions directes
liées a des sabotages des institutions de l'État prennent aussi de l'ampleur à pas de géant...

La lutte radicale augmente en Russie



10 - 13.12.2011 - Dans les districts urbains de Moscou: Donskoy et Novogireevo
des fenêtres ont été brisées dans les bureaux du parti au pouvoir Russie Unie.
Les Actions ot été menées par des personnes anonymes.

15.12.2011 - Dans la ville de Yuzhno-Sakhalinsk des combattantEs de la liberté inconnuEs
ont attaqué le bureau local de Russie Unie en mettant le feu.

22.12.2011 - Un groupe d'insurgéEs anarchistes a mis le feu la nuit au bureau du parti
Russie Unie dans le district d'Ivanovskoe (Moscou).
Dans leur déclaration les camarades ont déclaré: Abolir le régime de Poutine n'est pas
suffisant. Les nouveaux dirigeants de notre pays ne peuvent pas régner en fonction
des intérêts du peuple. Le problème est l'État lui-même. Notre alternative est la
société fondée sur des principes de liberté, d'égalité et de solidarité. Dans une telle
société toutes les décisions seront prises par les assemblées populaires. C'est le
moyen de satisfaire nos propres droits et intérêts et non les intérêts d'une minorité
privilégié d'oppresseurs. Il est temps pour des actions résolues!

Vidéo de cette action

23.12.2011 - Dans la ville d'Ufa le groupe révolutionnaire «Spravedlivost» (Justice)
ont brûlé le bureau central de parti Russie Unie dans la région.

Vidéo:
http://spravedlivost.do.am/news/revolju ... 4_dekabrja
_sovershili_ocherednoj_rejd_v_ufe_na_ofis_partii_zhulikov_i_vorov/2011-12-24-3

24.12.2011 - Dans la ville de Krasnodar le bureau de Russie Unie a été attaqué par
des anarchistes dans la soirée. Les camarades ont brisé quelques fenêtres et crié
des slogans devant les yeux étonnés des gens dans la rue.

30.12.2011 - Des gens de l'Armée des Insurgés, un groupe révolutionnaire, ont
attaqué le bureau du président plénipotentiaire à Saint-Pétersbourg N. Vinnitchenko par bombe fumigène.

téléchargez la vidéo

31.12.2011 - le collectif artistique Voyna (Guerre) ont brûlé dans le stationnement
un véhicule de police pour le transport de prisonniers.

téléchargez la vidéo

La même la nuit le bureau de Russie Unie a été mis en feu à Kaliningrad. Joyeuse anée!

03.01.2012 - Et de nouveau à Kaliningrad - un cocktail Molotov a été jeté à la
fenêtre du bureau de Russie Unie.

01.09.2012 - Un bureau central de Russie Unie dans la région nord-ouest de Moscou a été attaqué par des anonymes.

10.01.2012 - À Moscou un groupe de guérilla anarchistes a mis le feu à un
poste de police local dans la rue Lenskaya.

20.01.2012 - Dans la ville de Sarov la Mercedes d'un membre de l'administration
a été totalement détruit par l'incendie propagée par des rebelles urbains inconnuEs.

Révolution et liberté! Solidarité internationale de Russie!


http://www.anarkhia.org/article.php?sid=3285
fu hsang
 

Re: Russie

Messagede fabou le Dim 5 Fév 2012 17:11

Moscou : Face au régime de Poutine et aux néo-fascistes

Le 4 février, une fois encore, la population de Moscou s’est fortement mobilisée contre le régime de Poutine. Selon les sources, ce sont entre 36.000 et 120.000 manifestants qui ont manifesté hier dans les rues de la capitale de Russie.

Image

Mais cette opposition au régime de Poutine, si elle rassemble des forces progressistes, des militants d’extrême-gauche et des anarchistes, attire aussi l’opposition des libéraux et même de l’extrême-droite nationaliste et néo-fasciste. Aussi, selon le rapport publié par les communistes libertaires russes de l’Action Autonome, un cortège regroupant anarchistes et anti-fascistes a été organisé au sein de la manifestation pour s’opposer tant au régime de Poutine qu’à l’opposition nationaliste et réactionnaire.

Sous la banderole “La société n’a pas besoin d’homme fort”, anarchistes et anti-fascistes ont manifesté en scandant des slogans comme “l’antifascisme n’est pas un crime. Arrêtez les persécutions contre les antifascistes de Nijni-Novgordod” (récemment plusieurs militants antifascistes ont été arrêtés dans cette ville et leurs appartements perquisitionnés par les flics du régime), “une solution : l’auto-organisation”, “notre candidat : l’auto-organisation”, “tous les politiciens sont des escrocs et des voleurs”, etc.

Image

Face au cortège des nationalistes et néo-fascistes, les antifascistes et libertaires ont scandé “la couleur du monde n’est pas brune” et d’autres slogans contre le fascisme et le nationalisme. Il est à noter que le cortège libertaire et antifasciste a dû faire face à une petite agression de gens qui leur ont lancé des oeufs. Si des rumeurs disent qu’il s’agirait de partisans de Poutine, il est fort probable aussi que cela vienne de “l’opposition” nationaliste, qui cherche elle-même à imposer, comme le régime actuel, un Etat fort et à briser toute résistance ouvrière.

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Source et photos : http://communismeouvrier.wordpress.com/2012/02/05/moscou-face-au-regime-de-poutine-et-aux-neo-fascistes/
fabou
 

Re: Russie

Messagede unforistaruso le Mer 15 Fév 2012 06:56

La Contestation en Russie: Interview des anarcho-syndicalistes russes de la KRAS-AIT

Malgré les fraudes et la propagande, les élections législatives du 4 décembre dernier n’ont pas été le plébiscite souhaité par V. Poutine et son clan au pouvoir depuis 2000. Depuis le 10 décembre, des manifestations de contestation plus ou moins importantes ont lieu. Est-ce le début d’un réveil politique de la population russe ? Comment interprétez-vous la situation ?

A.F. : La situation après les dernières élections législatives peut être seulement à première vue considérée comme un réveil de l’activité politique des citoyens russes. Si on regarde cela plus minutieusement, elle s’avère plus difficile et plus triste. C’est un fait que la Russie a, de temps en temps au cours des dernières années, connu des protestations qui ont attiré plusieurs milliers de participants. Il suffit de rappeler les soi-disant « Marches dissidentes » qui ont eu lieu en 2006-2008 et qui ont été organisées par un certain nombre de mouvements d’opposition, y compris les partis libéraux. Bien sûr, les protestations actuelles dans la capitale de la Russie rassemblent beaucoup plus de monde – jusqu’à 100 000 participants (24 décembre), mais une autre question se pose : qu’est-ce qui motive ces gens ?

Selon les enquêtes sociologiques, la principale base sociale des manifestants est la classe moyenne très aisée, « des gens sans problèmes économiques », comme l’a écrit le Times. Et ils ne sont pas tant troublés par la politique comme telle que, plus spécifiquement, par le monopole du parti dirigeant au pouvoir. Beaucoup de gens sont fatigués des mensonges, de la propagande systématique dans les médias et de l’uniformité dans les hautes sphères du pouvoir. Ils exigent qu’on leur « rende leur voix » : ils ne réclament aucune réforme sérieuse du système politique de la Russie, rien qui aille au-delà du droit « de choisir un maître juste ».

Ainsi, je considère la situation comme très loin même d’un début de réveil purement politique. D’autant plus que les meetings dans la province russe dans son ensemble ont connu peu d’affluence. Concernant les rassemblements organisés dans le pays le 10 décembre, les chiffres sont très modestes : de quelques centaines de personnes (Tver, Penza, Piatigorsk, etc.) à plusieurs milliers (Novossibirsk, Krasnoïarsk, etc.) et une culmination à Saint-Pétersbourg avec 7000 participants.

D.R. : Je pense qu’on peut parler d’un début dans une certaine mesure. Certes, une grande partie de la population est fatiguée de la propagande et des mensonges idéologiques déversés des écrans de télévision. D’autant plus que ses images idylliques de la « modernisation » et de la croissance du niveau de vie sont très loin de la réalité. Quelques-unes de mes connaissances ont pris part aux travaux des commissions électorales locales, et selon leurs dires, des fraudes massives ont eu lieu à différents niveaux et lors des dernières élections, et dans le passé. Cela perturbe également la forte proportion de ceux qui votent pour les partis d’opposition.

Cependant, il faut garder à l’esprit que les protestations de décembre 2011 n’ont pas rassemblé une partie vraiment large de la population des villes en Russie. En particulier, en comparaison avec les manifestations de masse et les rassemblements qui ont eu lieu lors de la chute du Parti communiste (PCUS) en 1989-1991, quand les rues de Moscou et de Leningrad ont été envahies par plusieurs centaines de milliers (jusqu’à un million) de personnes, ce ne sont pas des résultats importants. Mais comparé aux manifestations à l’appel de différentes forces politiques, organisations de la société civile et initiatives sociales dans les années 2000, on peut parler d’une augmentation très forte de l’activité.

C’est à cette aune que nous devons évaluer la spécificité des manifestations de décembre. Il ne s’agit pas de manifestations de masse de personnes socialement défavorisées, exprimant les aspirations des déshérités. Les participants n’ont formulé aucun slogan social visant à contrer les réformes néo-libérales. Plus encore, une proportion significative des participants des manifestations à Moscou appartiennent à la « classe moyenne », selon les résultats des enquêtes sociologiques réalisées par le Levada Center. La bourgeoisie russe, les top-managers étroitement liés à elle, et les autres employés hautement rémunérés sont mécontents que la bureaucratie gouvernementale les contraigne sans cesse à « partager » leurs revenus. Une certaine portion du profit du business passe aux mains de hauts fonctionnaires en échange d’offres de possibilités pour des activités commerciales. Un rôle important est joué par un système de « relation personnelle » et autres formes de corruption.

Selon certains observateurs et participants, dans les villes de province, vous pouvez rencontrer des représentants de franges vulnérables de la population dans des proportions beaucoup plus grandes qu’à Moscou. Mais ils n’organisent pas leurs manifestations indépendamment du discours de la « classe moyenne » et ne reflètent pas toutes les autres exigences en leur donnant un caractère de revendications sociales.

Il est nécessaire de noter que les manifestations débutées les 6 et 7 décembre, et ayant abouti à un rassemblement de masse le 10 décembre, ne sont pas totalement spontanées. Ce sont plutôt une campagne de protestation pré-planifiée par l’opposition. Bien sûr, les participants sont venus volontairement. La plupart d’entre eux ne sont pas des gens politiquement engagés. Mais parmi eux, nombreux sont ceux qui ont été mobilisés par les partis politiques et différentes organisations. Un rôle important, selon les informations disponibles, a été joué par les organisations des droits de l’homme, ainsi que par les représentants des mouvements sociaux (en particulier les défenseurs de l’environnement et les automobilistes).

Lorsque vous écoutez les reportages diffusés sur Radio Liberty, par exemple, il était évident que de nombreuses organisations des droits de l’homme avaient préparé les manifestations à l’avance, les numéros de téléphone de contact avaient été définis, etc.

V.D. : Je qualifierais les manifestations de décembre à Moscou de « révoltes de yuppies ». C’est ainsi que la majorité des participants interviewés se sont appelés : des « professionnels » Dans une large mesure, ce n’est même pas la « classe moyenne », c’est le sommet de la « classe moyenne », des gens avec des sentiments darwinistes sociaux et néo-libéraux. C’est une sorte de « bourgeoisie psychologique ». Sans surprise, ils ne sont pas intéressés par les questions sociales et économiques, et encore moins par les salaires très bas de la grande majorité de la population (le « yuppie » russe ne gagne pas moins que ses collègues de l’Ouest), par la marchandisation de l’éducation et de la santé (ils peuvent se permettre d’étudier à l’étranger, et d’avoir « un mode de vie sain »). Ils sont indignés que l’oligarchie des banquiers et des services secrets ne leur permette pas d’accéder eux aussi au pouvoir.

En cela, les rebelles russes « yuppies » rappellent fortement la bourgeoisie des siècles passés, qui a fomenté une révolution contre la monarchie absolutiste. Comment se fait-il, – disait la vieille bourgeoisie – que nous, l’épine dorsale de la nation, le fondement de son économie, la force vive du pays et la base de la puissance économique, nous qui payons toutes les taxes, soyons écartés du pouvoir ? Pourquoi devons-nous garder ces fonctionnaires incompétents et corrompus, cette Cour royale avide et peu rentable, ces monopoles dégradés de longue date, incapables de concurrence libre et loyale avec nous ? C’est celui qui paye l’orchestre qui choisit la musique.

Comme leurs prédécesseurs bourgeois, les « yuppies » russes agitent le drapeau du parlementarisme et des élections libres. Et en fait, de l’omnipotence illimitée du gros argent, dictature déclarée des happy few, de la ploutocratie.

Ce modèle a prévalu à Moscou et à Saint-Pétersbourg, bien qu’il y ait des gens ordinaires parmi les manifestants qui en ont tout simplement marre du poutinisme autoritaire. Mais, malheureusement, ce ne sont pas ces gens-là qui donnent le ton.

L’opposition officielle est très divisée entre libéraux, conservateurs, communistes et nationalistes, et ne dessine aucune alternative souhaitable. Quelle est l’attitude des différents secteurs de la population à leur égard ? Quels sont les rapports de forces idéologiques au sein du peuple russe ?

A.F. : Tout d’abord, je voudrai préciser le spectre politique. On ne peut pas seulement parler de « libéraux, conservateurs, communistes et nationalistes », la situation est plus confuse, et il semble que les éléments suivants existent :

- Les libéraux sont divisés entre nationalistes et partisans du « modèle occidental ». En même temps, ces deux tendances se composent de sociaux-libéraux et néolibéraux ;

- Les communistes sont en réalité National-communistes. On les appelle aussi conservateurs.

La population en général reste hors de l’idéologie. Les protestataires contre les politiques du parti au pouvoir sont prêts à soutenir toute force politique qui se manifeste comme opposant au régime. Quant aux rapports de forces idéologiques, le grand public est fortement désidéologisé, et c’est pourquoi nous ne pouvons parler que de l’état d’esprit prévalu qui prévaut. Et cet état d’esprit est en général conservateur (nostalgie de l’État-providence autoritaire de l’URSS) et nationaliste. Beaucoup de gens partagent des idées libérales au niveau des valeurs (liberté d’expression, de réunion, etc.), mais la plupart de ces mêmes personnes sont prêtes à restreindre toutes les libertés pour « les ennemis de la Russie ». Cependant, certaines personnes sont nostalgiques du début des années 1990, car à cette époque ces « libertés libérales » étaient significativement plus élevées que dans les années 2000. Elles ont connu un déclin graduel après le putsch manqué d’octobre 1993. Pour la majorité de ceux qui prônent une telle position, l’aspect économique de cette période est nettement moins important.

D.R. : Je pense qu’on peut classer l’opposition officielle d’après d’autres critère. D’abord, les partis libéraux. Ils sont représentés par les forces « social-libérales » (le parti Yabloko) et aussi bien par les forces néolibérales. Parmi ces dernières, on trouve la majorité des organisations qui ont créé le Parti de la liberté populaire – « Pour une Russie sans arbitraire ni corruption » (Parnas) et une faction du parti La Cause Droite dirigé par le milliardaire Mikhaïl Prokhorov. Il y a aussi des forces national-libérales : elles sont représentées par le mouvement l’Autre Russie, par quelques membres du Parnas, par le Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR) et par un certain nombre de petites organisations. Si nous parlons des conservateurs, communistes et nationalistes, on peut trouver ici beaucoup d’intersections. L’idéologie nationaliste et conservatrice est largement partagée aussi par le parti dirigeant Russie Unie, par le Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF), par le Parti libéral-démocrate, et par le parti Russie Juste qui a des positions social-démocrates ou social-libérales.

En effet, on peut parler d’hégémonie culturelle des valeurs conservatrices dans la conscience sociale de la Russie actuelle. Dans les années 1990 et 2000, certains politologues ont même qualifié la Russie d’aujourd’hui de pays de la « révolution conservatrice ». Parmi les valeurs conservatrices partagées par la vaste majorité des politiciens, on peut mentionner les suivantes :

- Un patriotisme étatique impérial, s’exprimant dans une rhétorique anti-occidentale et dans les idées qui défendent la nécessité de renforcer la puissance militaire et l’hégémonie internationale de la Russie ;

- L’étatisme, allant jusqu’à la nostalgie pour un leader charismatique fort, et jusqu’à la compréhension d’un pouvoir d’Etat fort sur les citoyens comme moyen universel de salut face aux problèmes sociaux actuels ;

- Le patriarcat, qui se manifeste dans une rhétorique en faveur du renforcement des familles, de l’augmentation du taux de natalité (par opposition à la réduction du nombre des Slaves authentiques, et contre l’homophobie ;

- Le nationalisme ethnique qui se manifeste en particulier dans les sentiments anti-immigrés par rapport aux immigrants d’Asie centrale et du Caucase ;

- l’attachement à la religion orthodoxe ou islamique modérée.

Dans cette perspective, le même Parti communiste n’est pas « communiste » mais plutôt social-conservateur, qui combine l’engagement à des valeurs conservatrices avec un programme de nationalisations partielles, et en termes historiques, avec la défense de la figure de Staline et de l’URSS comme une puissance impériale. Mais il y a aussi des nationalistes qui ne partagent pas les sympathies « communistes » staliniennes associées à la nostalgie du capitalisme d’Etat soviétique.

Aucun des partis politiques représentant l’opposition officielle n’a le soutien de la majorité de la population. Les initiatives civiles qui protestent contre les violations de leurs droits, sans aucun doute, ne sont prêtes à utiliser les services d’aucun parti ou organisation. Pour beaucoup de gens, il n’y a même pas de grande différence, par exemple, entre des organisations aussi diverses que le parti Yabloko, le Parti communiste, les trotskistes ou les anarchistes. Il est certain que la majorité apolitique de la population exprime son antipathie pour le régime existant. Mais sa position sur les libertés démocratiques est ambiguë. D’une part, elles sont perçues comme un moyen de protection contre les pouvoirs arbitraires. En même temps, ceux qui partagent les convictions conservatrices ont tendance à lier la mise en œuvre de leurs aspirations pour l’avenir avec un certain régime autoritaire, qui peut priver les libéraux et autres « ennemis de la Russie » de la possibilité de toute activité politique.

On doit noter que le concept de « démocratie » est fortement discrédité en Russie. Il est associé soit à l’ère Eltsine, qui est perçue comme une période de pillage total et d’« humiliation nationale », ou de couverture idéologique pour l’expansion militaire des États-Unis et d’autres pays de « l’Occident ». Les idées libérales sont attrayantes pour une large part des membres de la bourgeoisie et de la « classe moyenne », et aussi de l’intelligentsia.

V.D. : En janvier, le bloc de l’opposition a pris officiellement la forme du « Mouvement civique ». Cette opposition se compose de quatre parties : les libéraux (partis libéraux, des groupes de droits de l’homme), les « gauches » (le groupe « Front de Gauche », dans sa majorité stalinien, qui a conclu une entente avec le Parti communiste de la Fédération de Russie ; des représentants de Russie Juste), les nationalistes (les néo-fascistes, l’extrême droite, le mouvement contre les immigrants) et des représentants du « public » (journalistes, élites médiatiques, etc.). Tous sont représentés dans les organes directeurs et les comités du bloc de l’opposition et ont le droit de parole lors des manifestations.

Grâce à sa participation dans le bloc de l’opposition, l’extrême droite reçoit de fait une légitimité sociale et politique. Elle devient un acteur à part entière du jeu politique au niveau national, et cela ne peut manquer d’inquiéter. Les leaders de l’opposition cherchent à coopérer avec les nationalistes et les néo-fascistes. Ils veulent ainsi augmenter la force et le nombre d’élus de l’opposition. Dans la réalité, ils reconnaissent par là que les sentiments nationalistes sont forts dans la population, mais qu’ils n’ont pas l’intention de les combattre. Ils préfèrent les utiliser pour se débarrasser ensemble de Poutine, afin, dans un deuxième temps, de faire face à leurs concurrents.

Comment sont perçus les mouvements de contestation qui ont parcouru une partie du monde, au Maghreb, en Europe, aux Etats-Unis ? Existe-t-il des franges de la population, ou des milieux, qui y voient une source d’inspiration et souhaitent un renversement de l’ordre actuel pour l’instauration d’une démocratie directe ?

A.F. : Selon la disposition des esprits dans la société russe, en général, la population est plus ou moins indifférente vis-à-vis des mouvements de protestation à l’étranger. Par conséquent, on ne peut pas dire que quelque segment sérieux de la population que ce soit voie en eux un exemple. Ce sont des exemples qui n’ont d’intérêt que pour une petite couche de gauche radicale des différentes tendances. Un intérêt beaucoup plus grand en Russie a été suscité par les événements en Libye. Les sentiments nationalistes motivent la condamnation de l’agression de ce pays par l’OTAN. Les développements aux Etats-Unis peuvent être aussi une source d’intérêt parce que ce pays continue de rester aux yeux de beaucoup de gens l’ennemi numéro un. Pourtant, les protestations aux Etats-Unis servent parfois comme une occasion d’exprimer une joie mauvaise, nationaliste et anti-américaine.

D.R. : Nous n’observons aucun intérêt particulier pour ces événements dans le reste de la population russe. L’intérêt ne touche qu’une petite frange de groupes politiquement engagés et aussi les experts en analyses. Certains militants politiques peuvent y voir une source d’inspiration. Mais ils sont invisibles dans le paysage politique de la Russie. La majorité de la population condamne l’invasion de l’OTAN en Libye comme toute autre action de cette alliance. Les partisans de tendances libérales approuvent cette action, au contraire.

V.D. : Les protestations dans le monde entier ont suscité un intérêt principalement chez les militants politiques. Ainsi, l’approche majoritairement indifférenciée prédomine : toutes les protestations sont souvent mélangées ensemble. Par exemple, la plupart de la gauche radicale ici ne voit pas de différence fondamentale entre les protestations en Egypte, les événements en Libye ou en Syrie d’un côté, et le mouvement du 15 mai en Espagne, ou le mouvement « Occupy » de l’autre. Le fait que dans le premier cas, ça a été une révolte purement politique, sans slogans ou revendications sociales, mais avec l’idée d’une démocratie représentative et/ou un attachement à l’identité religieuse, et que dans le second, ça a été une protestation sociale avec des éléments de « démocratie directe » est le plus souvent ignoré. De leur côté, les libéraux ont accueilli favorablement le renversement des régimes autoritaires dans le monde arabe, mais ils ont une position nettement négative vis-à-vis de la contestation sociale aux Etats-Unis et en Europe. Les staliniens ont salué les changements en Tunisie et en Egypte, mais dès qu’on en est arrivé à la protestation contre les régimes en Libye et en Syrie, leur position est devenue très négative...

Un petit groupe de personnes (quelques dizaines de militants) ont essayé d’organiser quelque chose de semblable aux initiatives du 15 mai et d’Occupy. A l’été 2011, ils se sont réunis quotidiennement sur les places centrales de plusieurs villes (en particulier à Moscou et à Saint-Pétersbourg) pour faire « l’Assemblée », pour discuter des problèmes publics et sociaux et pour se solidariser avec le mouvement en Espagne. Malheureusement, ils ont été peu nombreux : en fait, une variété de militants anarchistes et gauchistes. Les gens non-politisées « ordinaires » étaient quasi-absents. Nos militants à Moscou ont pris part à ces assemblées, et nous avons informé les participants de ce qui se passe dans le mouvement du 15 mai en Espagne et dans le monde. Plus tard, certaines personnes des « assemblées » ont établi leurs propres contacts avec le mouvement européen, quelqu’un est même allé en Espagne en juillet. Puis tout s’est réduit à néant. À l’automne, on a essayé d’organiser la version russe du mouvement international Occupy : les militants de Moscou se sont appelés « l’Assemblée de Moscou ». Leur nombre est également faible, et les gens « ordinaires », non-politisées en sont aussi presque absents. Les participants se sont impliqués dans les manifestations de décembre, mais ils ont, à mon avis, échoué jusqu’ici à se démarquer d’une approche purement politicienne à visée électoraliste.

L’extrême droite est une mouvance importante en Russie : pensez-vous qu’elle puisse peser sur l’avenir du pays en profitant des tensions sociales ? Peut-elle véritablement constituer un recours auprès du plus grand nombre dans le contexte actuel de crises profondes ?

A.F. : A ce jour, on ne peut pas dire que les groupes d’extrême droite comme tels soient forts en Russie. Ce qui domine, c’est un soi-disant « sentiment nationaliste modéré ». Les manifestations nationalistes du 11 décembre à Moscou et à Saint-Pétersbourg prouvent ce fait : elles n’ont rassemblé que quelques centaines de personnes. Une autre chose est que dans les conditions d’une crise économique et sociale profonde, le nationalisme modéré se radicalisera. L’idée d’un gouvernement national fort est assez attrayante pour beaucoup de Russes qui rêvent du retour de l’ancienne puissance impériale depuis l’époque soviétique.

D.R. : Jusqu’à présent, les espoirs de démocratisation du système politique prévalent parmi les participants des récentes manifestations anti-poutinistes. On peut les caractériser en principe comme « libérales ». Mais nous devons prendre en considération que seule une minorité de la population participe aux manifestations. Le KPRF (le plus grand parti de l’opposition) est resté quelque temps en dehors des manifestations, et c’est seulement après que son chef Ziouganov a décidé de prendre la parole lors d’une réunion de l’opposition unie. De leur côté, les nationalistes, y compris les dirigeants du « Mouvement contre l’immigration illégale » (DPNI), d’extrême droite, sont activement impliqués dans la coalition des forces politiques qui organise les manifestations anti-poutinistes. Ce mouvement est un centre d’attraction aussi pour les forces ouvertement fascistes.

Pour l’instant, les dirigeants d’extrême droite se positionnent comme nationalistes « modérés » et « libéraux ». Mais il est clair que si l’opposition unie renverse Poutine et Medvedev, une lutte acharnée pour le pouvoir commencera. Il y aura une polarisation des forces. Et puis les nationalistes seront en mesure de s’exprimer plus ouvertement et radicalement. En Russie, il n’existe pas un seul parti nationaliste fort, mais il y a un grand nombre de factions radicales et « modérées » de cette sorte.

V.D. : Le fait est que le nationalisme radical organisé de type fasciste, c’est juste la pointe de l’iceberg. Il y a un certain nombre d’intellectuels, ainsi que des groupes militants et skinheads néo-nazis qui tuent les travailleurs migrants et anti-fascistes. Mais le nationalisme dans le pays est répandu beaucoup plus largement. Il a existé pendant le règne du Parti communiste, et il a surtout augmenté après l’effondrement de l’Union soviétique, quand une sorte de « syndrome de Weimar » (un sentiment d’« humiliation nationale » en raison de la défaite dans la « guerre froide » et de la déchéance du pays de son statut de grande puissance) s’est emparé de larges segments de la population. Le désastre social provoqué par l’adoption du modèle néo-libéral du capitalisme est devenu une base favorable à la recherche de boucs émissaires et au détournement du mécontentement social vers les préjugés ethniques. La jeunesse est particulièrement gravement contaminée par ces sentiments : une jeunesse qui a grandi sous le régime de Poutine, qui lui-même s’appuie sur un discours nationaliste, patriotique, anti-américain et anti-occidental.

Le nationalisme russe a été renforcé par la guerre coloniale en Tchétchénie, et les restrictions policières contre les gens du Caucase sous prétexte de « lutte contre le terrorisme ». Le gouvernement a encouragé certains des groupes pro-fascistes (comme l`Image russe). Dans les médias, il y a une campagne constante contre le « crime ethnique », etc. Malheureusement, beaucoup de ceux qui se considèrent « de gauche » et même « anti-fascistes » sont aussi infectés par le nationalisme et le patriotisme sous telle ou telle forme. Tout cela a créé un contexte très malsain dans lequel le nationalisme est presque devenu un consensus politique. Même beaucoup de leaders populaires des libéraux (par exemple, Navalny, l’idole des protestations en décembre) se laissent aller à des déclarations nationalistes, ou même participent aux marches néo-fascistes (« Marches russes »).

Les élections présidentielles sont prévues en mars prochain. Pensez-vous qu’elles puissent être l’occasion d’un « printemps russe », et quelles perspectives lui donneriez-vous ? En tant que militants, quels sont vos principaux axes de travail actuels ?

A.F. : Je ne pense pas qu’on puisse parler de quelque « printemps » que ce soit en Russie, ni en termes de révolutions de 1848, ni en termes d’événements en Afrique du Nord en 2011. Le pouvoir a encore la situation bien en main, et Poutine, l’actuel Premier ministre (et président potentiel) peut se permettre de faire la proposition d’équiper tous les bureaux de vote de webcams pour retransmettre tout ce qu’y s’y passe via internet. De toute évidence, c’est là un geste purement démagogique, de la poudre aux yeux, mais je ne pense pas que cela soit du pur bluff. Oui, les autorités en Russie craignent la révolution, mais c’est vraiment un fantasme, parce que les autorités n’ont pas de vraies causes pour fonder ces craintes. Leur situation est encore stable.

Donc, si tous les derniers développements, ainsi que la prochaine élection présidentielle peuvent avoir quelques graves conséquences en termes de changements dans la structure politique de la Russie, alors les événements peuvent stimuler une certaine « fascisation » des hauts échelons du pouvoir : l’imposition d’une dictature semi-fasciste ou néo-fasciste ouverte avec une économie ouvertement néo-libérale. L’économie comme au début des années 1990, mais avec absence complète (ou restriction rapide) de toute forme de libertés. Nous pensons à un scénario plus ou moins à la Pinochet.

Quant à moi et à mes camarades, anarchistes et anarcho-syndicalistes, nous faisons dans la mesure de nos forces et capacités un travail de diffusion de notre analyse de la situation. Nous essayons de porter le débat sur les terrains social et économique plutôt que sur le terrain politicien.

D.R.: Bien sûr, les militants des partis d’opposition aspirent à des développements dans le sens d’un changement de pouvoir. Les organisateurs des manifestations de décembre 2011 et de janvier 2012 ne dissimulent pas leurs intentions. Mais je ne suis pas sûr que tout se passe selon ce scénario.

Tout d’abord, les dirigeants du clan au pouvoir font aujourd’hui mine de faire quelques « concessions » à la population insatisfaite. Il s’agit notamment des promesses de contrôler tous les bureaux de vote avec des webcams, de réintroduire le principe de pluralité des listes de parti et de candidats individuels aux élections de districts, d’abaisser le seuil donnant droit à des élus de 7 à 5%, de revenir à l’élection des chefs des administrations régionales (1). Un certain nombre de candidats de l’opposition (les dirigeants du KPRF Ziouganov, et de Russie juste Serguei Mironov) disent qu’ils se considèrent seulement comme « leaders de transition » qui assureront les changements et les nouvelles élections démocratiques et ensuite démissionneront. Mais il convient de noter qu’aucun des leaders de l’opposition ne remet en question le document qui a légitimé la création d’un régime autoritaire en Russie, la Constitution de Boris Eltsine de 1993. C’est ce document qui a fourni au président un pouvoir quasi incontrôlé, en transformant le Parlement en chambre d’enregistrement. Aucune des manifestations n’a mis en avant le slogan de l’abolition de cette Constitution. Ainsi, tout est réduit à la seule question de l’élection des « autres leaders ». Il est improbable que nous puissions parler d’une « révolution démocratique » en Russie. Lors des manifestations, il n’y a pas de slogans sociaux. De ce point de vue, dans une certaine mesure, nous observons une répétition du scénario égyptien. Rappelons que sur la place Tahrir, il n’y avait pas de forces susceptibles de contraindre Moubarak à faire des concessions sociales et économiques, et non pas « politiques ». Et c’est bien dommage ! En effet, il aurait sans doute été plus facile de les obtenir d’un régime affaibli que de la junte militaire qui l’a remplacé, et plus encore du gouvernement légitimement élu des Frères musulmans.

Nous, de la Confédération des anarcho-syndicalistes révolutionnaires (KRAS-AIT), avons distribué lors de manifestations de décembre des centaines de tracts appelant les participants à la lutte contre les réformes néo-libérales. Nous, anarcho-syndicalistes, soulignons que la lutte pour les intérêts sociaux et les droits civiques des travailleurs est un combat beaucoup plus important que pour le changement de pouvoir. L’arrivée au Kremlin d’opposants à Poutine, y compris de politiciens libéraux qui dirigeraient une coalition des forces d’opposition, signifierait seulement la poursuite des réformes néo-libérales. Il faut être conscient de cela et ne pas devenir un instrument dans les luttes de pouvoir entre des forces politiques nuisibles pour l’anarchisme et les véritables intérêts des travailleurs.

V.D. : Nous disons dans notre tract, que le fait que telle ou telle clique forme un gouvernement nous est égal, nous voulons vivre mieux. Nous n’avons pas besoin d’« élections justes » dans lesquelles les « poutinistes », les « libéraux », les soi-disant « rouges » et les « bruns » luttent pour la possibilité de nous exploiter. Nous voulons une vie décente ! Par conséquent, nous pensons qu’on doit exiger de chaque gouvernement russe l’accomplissement d’une série de revendications sociales : de garantir de réels droits de réunion, de manifestation, de grève et d’activité syndicale ; d’annuler les réformes économiques néolibérales ; d’abolir la loi contre « l’extrémisme » ; d’augmenter les salaires jusqu’au niveau européen moyen ; d’indexer la hausse des salaires sur la hausse des prix ; de garantir une durée de travail de six heures par jour et cinq jours par semaine maximum sans réduire les salaires ; de réduire et de geler les prix des biens et services de base ; d’interdire les licenciements sans le consentement de la main-d’œuvre ; de garantir les services médicaux, l’éducation, les transports publics et services publics gratuits. Nous pensons que tout gouvernement qui n’accepte pas ces exigences doit partir immédiatement ! Le gouvernement et l’opposition, qu’ils s’en aillent tous ! Nous ne pensons pas que la démocratie représentative avec ses élections, présidents, gouvernements et Doumas peuvent résoudre nos problèmes. Ils n’ont pas le droit de décider et de parler pour nous. Ce n’est que dans un système d’autogestion générale (ou de « démocratie directe », comme on dit parfois) dans les lieux de résidence, de travail et d’étude, que nous pouvons tous devenir maîtres de notre destin.

C’est de cela que nous essayons de convaincre la population active du pays. Mais nous comprenons que le chemin vers la conscience de la nécessité de telles actions par la population en Russie est encore très très long.

[1] Les élections actuelles se déroulent sur la base d’un système de listes présentées par les partis. La reforme proposée réintroduit un système mixte : la moitié des députes doivent être élus sur la base des listes des partis et l’autre moitie comme candidats individuels déclarés dans les districts électoraux.

Propos recueillis le 25 janvier 2012 par le collectif Lieux Communs.

http://www.magmaweb.fr/spip/spip.php?article578

http://www.magmaweb.fr/spip/spip.php?article580

http://www.magmaweb.fr/spip/spip.php?article583
unforistaruso
 
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Re: Russie

Messagede vroum le Ven 2 Mar 2012 23:08

Solidarité avec les antifa et anarchistes de Nijni Novgorod

http://www.monde-libertaire.fr/antifascisme/15397-solidarite-avec-les-antifa-et-anarchistes-de-nijni-novgorod

Du 16 au 18 mars 2012, participez aux journées de solidarité avec les antifascistes et anarchistes de Nijni Novgorod (Russie), qui risquent jusqu’à sept ans de prison pour une affaire fabriquée par la police politique, appelée « Centre anti-extrémiste » (Centre-E).
Artem Bystrov, Albert Gaïnoutdinov, Pavel Krivonosov, Dmitri Kolesov et Oleg Gembarouk ont plusieurs chefs d’inculpation. L’accusation principale est d’avoir créer l’organisation extrémiste « Antifa-Rash », qui aurait comme but, selon la police, d’agir violemment envers « les groupes sociaux » : « des skinheads, fans de foot » et « les citoyens riches de Russie ». Nous, leurs amis et camarades, anarchistes et antifascistes de Nijni Novgorod, déclarons que cette organisation n’a jamais existé et que l’affaire est fabriquée par le Centre-E pour affaiblir le mouvement libertaire.

Les accusés

Artem Bystrov est l’otage principal de l’affaire « Antifa-Rash ». Depuis avril 2011, il est assigné à domicile et n’a pas le droit de communiquer avec le monde extérieur. Pendant plusieurs années, Artem a participé à des actions antifascistes, écologistes et contestataires. Il a notamment participé au mouvement antimilitariste de Food Not Bombs (distribution hebdomadaire de repas végétaliens gratuits). Il a aussi organisé et fait le service d’ordre de nombreux concerts du milieu DIY (punk et alternatif).
Albert Gaïnoutdinov est un militant antifasciste, que le Centre-E a qualifié de « créateur et leader de l’organisation Antifa-Rash ». Il est maintenant dans l’obligation de se cacher contre la répression en vivant clandestinement pour éviter d’être de nouveau torturé par le Centre-E.
Pavel Krivonosov est antifasciste, anarchiste, membre de l’organisation libertaire Action autonome et musicien. Il a joué dans plusieurs groupes DIY de Nijni Novgorod et a participé à l’organisation de beaucoup d’événements libertaires : actions publiques, concerts, campements écologiques, festivals, etc.
Dmitri Kolesov est musicien dans le groupe de hardcore Step To Freedom.
Oleg Gemarouk, après l’arrestation, en partie à cause de son manque d’expérience et aussi suites aux tortures physiques et psychologiques, a reconnu s’être battu avec les néonazis. Il a même reconnu avoir été dans cette organisation imaginaire nommée « Antifa-Rash ». Maintenant, car Oleg travaille avec la police, nous avons rompu tout contact avec lui.

Comment aider ?

L’avocat des antifascistes Dmitri Dinze insiste sur le caractère purement politique de l’affaire « Antifa-Rash ». On le voit avec le silence complice, voire l’approbation, des pouvoirs sur les crimes commis par le Centre-E : « Il ne faut pas chercher de l’objectivité dans cette enquête. »
Début mars auront lieu les premières réunions au tribunal. Il ne reste aucun espoir que les innocents gagnent le procès… Sauf si vous participez aux journées de solidarité (16 au 18 mars) avec les antifascistes de Nijni Novgorod et organisez des actions de soutien dans votre pays !
Pendant les dernières années, on a vu de beaux exemples de solidarité internationale qui a aidé les anarchistes et antifascistes russes à rester libres malgré la répression sévère du régime Poutine-Medvedev. Il y eut les fameux otages de Khimki, accusés de l’attaque de la mairie de Khimki (la banlieue de Moscou) pendant une manifestation antifasciste : ils ont été libérés. Il y eut aussi le professeur Andreï Koutousov, que l’on a accusé aussi d’extrémisme : il a été jugé coupable et fut licencié mais il a évité la prison.
Une autre façon d’aider, c’est le soutien financier. Le procès « Antifa-Rash » dure depuis un an et il n’est pas le premier contre les libertaires de Nijni Novgorod. Nous avons beaucoup dépensé pour payer les frais de la défense, nous avons toujours besoin d’environ 2 300 euros (3 000 dollars). Même les participations modestes peuvent servir à notre tâche difficile : faire éviter la prison à nos camarades. Le plus utile serait de créer un collectif de soutien qui organiserait événement et concert de soutien dans votre ville.
Nous revendiquons l’arrêt des persécutions des antifascistes à Nijni Novgorod ! Que s’arrête cette absurde affaire « Antifa-Rash » ! La reconnaissance de l’innocence des accusés ! Que le Centre anti-extrémiste soit puni pour sa pratique cruelle et récurrente de la torture, et ce nouveau crime – la fabrication d’affaire judiciaire ! Libération immédiate et disculpation de toutes les prisonnières et tous les prisonniers politiques à Ninjni Novgorod, en Russie et ailleurs ! No pasaran !

Anarchist Black Cross Nijni Novgorod
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Re: Russie

Messagede fabou le Dim 4 Mar 2012 14:53

"Je l'ai vu hier aux infos, il disait que la paix est à notre portée. Avec un mec comme lui on est bien chez soi et chez les amis. C'est pourquoi, maintenant, je veux un mec comme Poutine"

En ce moment a la TV russe :

fabou
 

Re: Russie

Messagede fabou le Dim 4 Mar 2012 21:27

Poutine gagne 62,81% des voix

Selon les données de 22 heures, le Premier ministre russe Vladimir Poutine gagne 62,82% des voix aux élections présidentielles en Russie après le traitement de plus de 20% des protocoles, a déclaré la Commission électorale centrale russe (CEC). Poutine remporte l'élection au premier tour avec ce résultat.

Selon la CEC, le chef du Parti communiste Guennadi Ziouganov a obtenu 17,42%, la tête du Parti libéral démocrate Vladimir Jirinovski – 7,47%, l'auto-promu Mikhaïl Prokhorov— 7,47%, le leader du Parti Russie Juste Sergeï Mironov— 3,88% des voix.

Le président russe élu la première fois pour six ans.

LES RÉSULTATS PRÉLIMINAIRES DE L'ÉLECTION EN DIRECT SUR LA VOIX DE LA RUSSIE DEPUIS 21H00 DE MOSCOU

-> http://french.ruvr.ru/2012_03_04/67526951/


« Il est vraiment douteux que les résultats de l’élection reflètent le véritable état d’esprit de la société. Mais s’il n’y a pas de données sur des falsifications massives alors il sera difficile d’en discuter », a déclaré l’ex-président de l’URSS, Mikhaïl Gorbatchev, ce dimanche 4 mars 2012, à l’agence Interfax.


Près de 70.000 personnes avec des drapeaux russes et des pancartes en soutien du candidat au poste de président Vladimir Poutine se sont retrouvés sur la place Manejnaïa (place de Manège) au centre de Moscou, où à 22 heures commencera une action des mouvements pro-Kremlin.

Des colonnes se forment sur la place Pouchkine, car on attend 5000 participants au défilé de la rue Tverskaïa jusqu'à la place, où se tiendra le meeting.

Un écran a été installé à environ 900 m de la place pour retransmettre en direct ce qui se passera lors de l’action en soutien du candidat Poutine. Les gens continuent à arriver, et des forces de police sont en train de surveiller le déroulement du meeting. Un show laser est organisé actuellement sur la place Manejnaïa.
fabou
 

Re: Russie

Messagede fabou le Dim 4 Mar 2012 21:47

DIRECT Le Parisien :

19h55. Poutine et Medvedev devant plus de 100 000 de leurs partisans au pied du Kremlin. «C'est une très belle journée», a d'abord déclaré l'actuel président russe, Dmitri Medvedev. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, vainqueur de la présidentielle, a lui déclaré, les larmes aux yeux : «Nous avons gagné dans une lutte ouverte et honnête», selon des images diffusées en direct à la télévision russe. Les électeurs n'ont pas laissé «détruire l'Etat russe», a-t-il ajouté.


19h40. Les images d'un bourrage d'urnes font scandale. L'enregistrement par une webcam d'un bourrage d'urnes dans un bureau de vote au Daguestan (Caucase russe), des images largement diffusées sur internet, a fait scandale en Russie. La commission électorale centrale a promis d'annuler le résultat dans ce bureau. Les images, visibles sur Youtube, montrent plusieurs personnes qui pendant plusieurs minutes glissent des dizaines de bulletins dans deux urnes, sans se dépécher et sans s'interrompre quand viennent voter d'autres électeurs.

«Nous avons visionné la vidéo. La caméra a fixé le bourrage d'urnes dans le bureau de vote 1402 au Daguestan. Nous avons aussi reçu des plaintes de ce bureau. Je vous assure que le résultat de ce bureau sera invalidé», a déclaré le vice-président de la commission électorale centrale Léonid Ivlev, cité par l'agence Ria Novosti. Le chef de la campagne de M. Poutine, Stanislav Govoroukhine, a estimé qu'il ne s'agissait pas forcément d'un bourrage d'urnes. «Mais si la fraude se confirme, nous allons contester les résultats dans ce bureau», a-t-il souligné.

VIDEO. Les images d'un bourrage d'urnes supposé
http://www.youtube.com/watch?feature=pl ... vh18TEE2Ds
fabou
 

Re: Russie

Messagede fabou le Dim 4 Mar 2012 21:50

Poutine devant ses partisans: nous avons gagné dans une lutte honnête

MOSCOU - Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, vainqueur de la présidentielle, a déclaré dimanche devant des dizaines de milliers de ses partisans qu'il avait gagné dans une lutte honnête en remerciant les électeurs de ne pas avoir laissé détruire le pays.

Nous avons gagné dans une lutte ouverte et honnête, a déclaré M. Poutine, apparaissant des larmes aux yeux, selon des images diffusées en direct à la télévision russe.

Merci à tous ceux qui ont dit oui à la grande Russie, a-t-il lancé reprenant le slogan clé de sa campagne, aux côté du président sortant Dmitri Medvedev.

Il a estimé que les électeurs russes n'avaient pas laissé détruire l'Etat russe, devant une foule de plus de 100.000 personnes (selon la police) réunie à deux pas de la place Rouge.

Nos électeurs savent faire la différence entre le désir de renouveau et les provocations politiques dont le but est de détruire notre Etat et usurper le pouvoir, a-t-il déclaré en référence aux manifestations de l'opposition.

De tels scénarios ne passeront pas sur notre terre!, a-t-il lancé.

Vladimir Poutine qui revient au Kremlin pour un troisième mandat après ceux effectués en 2000-2008, fait face à une contestation sans précédent contre son régime.

L'opposition, qui a organisé trois manifestations massives depuis les législatives de décembre qu'elle a jugées frauduleuses, prévoit un nouveau rassemblement à Moscou lundi soir.

Cette élection était un test important pour nous, pour tout le peuple, un test pour la maturité politique et l'indépendance du pays, a souligné Vladimir Poutine.

Dmitri Medvedev qui a renoncé à briguer un deuxième mandat pour permettre à M. Poutine de revenir au Kremlin, a pour sa part estimé que le pays et chacun de nous avions besoin de cette victoire.

Nous ne laisserons pas nous prendre notre victoire!, a-t-il lancé.
-> http://www.romandie.com/news/n/_Poutine ... 122044.asp


Les témoignages de fraudes lors de la présidentielle se multiplient en Russie

A Moscou, "les mêmes personnes votent dans les bureaux n° 2164 et 2166" : les témoignages sur les fraudes électorales observées à travers la Russie affluaient dimanche 4 mars, en plein scrutin présidentiel. "A Vladivostok, au bureau n°155, des électeurs ont découvert (en arrivant) qu'ils avaient déjà voté !", indique ainsi sur son site le parti démocrate Iabloko, qui a déployé, tout comme plusieurs autres partis d'opposition, associations et médias indépendants, de nombreux observateurs dans le pays pour suivre de près le scrutin.

"Des liasses de bulletins ont été jetées dans l'urne à Briansk, Tambov, Nijni-Novgorod ou encore Novossibirsk", recense par ailleurs Iabloko, dont le candidat, Grigori Iavlinski, a été disqualifié pour l'élection fin janvier, au motif d'irrégularités dans la collecte des deux millions de signatures de soutien.

Dans la région d'Orenbourg, tout un groupe de minibus, transportant les électeurs de bureaux en bureaux pour voter plusieurs fois - une pratique appelée "le manège" - a été arrêté, indique de son côté le parti communiste. Et à Toula, au sud de Moscou, "les pneus des voitures des observateurs du parti communiste ont été crevés", une façon de les empêcher de se rendre dans les bureaux de vote pour assurer leur mission. Les observateurs de Saint-Pétersbourg recensent notamment une personne décédée dans la liste des électeurs d'un bureau de la ville.

Une "carte des fraudes" sur le site internet d'une ONG

Les témoignages se multiplient aussi sur le site de l'ONG Golos, qui réalise une carte des fraudes interactive en ligne en coopération avec l'édition russe du magazine américain Forbes. A la mi-journée, plus de 2 000 messages de personnes dénonçant des violations avaient été déjà publiés sur le site de l'ONG, qui avertit toutefois que la véracité des informations n'est pas vérifiée.

Plus que jamais, les fraudes électorales sont au centre de toutes les attentions lors de ce scrutin, qui devrait ramener au Kremlin l'actuel Premier ministre Vladimir Poutine, qui y avait déjà effectué deux mandats entre 2000 et 2008. Particulièrement depuis que des témoignages et des vidéos de violations publiés sur internet lors des élections législatives de décembre dernier, remportées avec près de 50% des voix par le parti au pouvoir Russie Unie, ont poussé des milliers de Russes à manifester contre le résultat des élections, dans un mouvement de contestation sans précédent depuis l'arrivée de Vladimir Poutine à la tête du pays.

-> http://www.francetv.fr/info/en-plein-sc ... 68867.html
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