Bangladesh

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Messagede Nico37 le Sam 4 Juil 2009 13:42

50,000 travailleurs dans les rues et 50 usines brûlées au Bangladesh
L’agitation massive dans l’industrie du vêtement continue (lundi 29 juillet), pour le troisième jour…

À la périphérie de Dhaka, la capitale, dans la zone industrielle :
Les émeutes ouvrières et manifestations se sont intensifiées hier. Comme des milliers d’ouvriers se réunissaient le matin, à 10h un groupe se dirigeait vers la zone d’exportation proche de Dhaka, où beaucoup d’usines de vêtement sont localisées. La Police a bloqué leur progression et une bagarre féroce a commencé - dans la bataille rangée, gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc ont laissés 100 ouvriers blessés.

D’autres ouvriers ont bientôt rejoint les manifestants et les ont informés que le travail continuait normalement au complexe d’usine de Groupe de Hamim. Vingt mille ouvriers ont alors commencé à marcher sur le complexe. Comme le nombre du manifestant dans le secteur atteignait 50,000, les forces de sécurité ont été tout simplement écrasées; La direction de la police de Dhaka a déclaré

” 400 policiers supplémentaires montent la garde devant les usines les plus importantes. Nous avons fait de notre mieux pour disperser la foule, mais ils étaient trop nombreux et trop violents. »

Il a été rapporté que quelques ouvriers du complexe Hamim ont essayé de défendre l’usine et se sont heurtés aux manifestants qui s’approchaient (vraisemblablement hostiles à sacrifier leur lieu de travail à une cause plus générale – bien qu’ils soient impossible de dire s’il s’agissait d’ouvriers du vêtement ou de membres de la sécurité de l’usine et/ou du personnel de gestion). Les manifestants étaient en colère que ces ouvriers n’aient pas rejoints les manifestations du week-end au sujet de la mort de deux ouvriers du vêtement tués par des flics - et que ces patrons, à la différence d’autres, aient continué à fonctionner depuis les fusillades.

Les ouvriers se sont divisés en groupes plus petits et ont pris d’assaut le complexe, à peu près à 10h15. Ils ont aspergé d’essence les bâtiments; une usine de pull-over, trois usines de vêtement, deux usines de lavage, deux entrepôts de tissu … plus de 8,000 machines, une quantité énorme de vêtements « readymade », des tissus, trois bus, deux camions de ramassage, deux microbus et une moto ont été réduits en cendres.

La foule pensait stratégie. Une fois que les bâtiments étaient en feu, quelques ouvriers retournaient sur l’autoroute et bloquaient la circulation; les pompiers furent donc incapables d’atteindre les incendies pendant plusieurs heures (jusqu’à 15h30) – temps durant lequel les bâtiments furent entièrement brulés. En attendant, des groupes faisant partie des 50,000 autres ouvriers et d’autres manifestants (certainement d’autres ouvriers que ceux du textile, solidaires, et des habitants venant des taudis) erraient dans le secteur, attaquaient et vandalisaient 50 autres usines et 20 véhicules. On pourrait voir la fumée noire épaisse à travers la ville.

Bien que, dans des déclarations publiques, les patrons du textile aient essayé de d’entretenir la confiance internationale en faisant grand bruit de la santé économique permanente de leur industrie, il semble que quelques sociétés commencent à sentir le pincement de la crise économique. Un rapport le suggère :

“La crise mondiale actuelle explique en partie tout cela, comme par exemple, le grand nombre d’usines affaiblies en raison de la réduction des commandes. Les salaires, bas et retardés à cause de la récession ont aussi aidé à déclencher l’agitation… Beaucoup de patrons ont réduit leur main-d’œuvre pour être plus compétitif contre leurs concurrents internationaux, déclare un industriel autorisé. » (Daily Star - le 30 juin 09)

L’usine du parc Industriel d’Ashulia. Suhi le, dans laquelle le conflit qui a provoqué cette agitation a commencé (1), a licencié la plupart de ses ouvriers et a vendu à un nouveau propriétaire en février en raison d’une baisse dans ses commandes internationales. Les ouvriers licenciés ont apparemment régulièrement mené une campagne en faveur de la réembauche dans l’usine inutilisée, à un meilleur salaire.

“Un certain nombre d’ouvriers du textile ont déclaré que la fermeture des unités de S Suhi Industrial Park Ltd était principalement responsable de l’agitation dans les usines de vêtement dans Ashulia et dans les secteurs Savar.

Le Groupe Pretty a démarré en mars la production dans la seule unité industrielle de pull-over et a gardé fermé les cinq autres unités. Environ 1,000 ouvriers sans-travail des cinq unités faisaient monter la pression sur la nouvelle direction pour une reprise rapide du travail dans ces unités, ont déclaré des ouvriers du textile.

Les ouvriers des usines fermées, avec l’aide d’autres ouvriers mal payés de quelques usines voisines qui ne vont pas si bien, ont commencé un mouvement pour rouvrir les unités et augmenter les salaires, ont-ils dit

Echouant à récupérer leurs emplois, ils ont commencé à s’unir et menacer d’interrompre la production dans d’autres usines à moins que les usines de S Suhi ne soit rouvertes, a déclaré, sous anonymat, un ouvrier du groupe Ha-Meem ». (Daily Star - le 30 juin 09)

Mais les nouveaux propriétaires l’ont nié, d’une façon peu convaincante :

Manjur Rahman, le directeur et le secrétaire général du Groupe Pretty, ont prétendu que ce conflit n’avait ni rien à voir avec leur usine.

En fait, la vérité est probablement un peu plus subtile - Le conflit dans le Groupe Pretty fut l’étincelle qui fit exploser une situation qui n’attendait qu’un déclencheur. La crise économique mondiale aggrave des conditions de travail déjà sous pression, la baisse des salaires/pouvoir d’achat réels en raison de l’inflation et le chômage réel ou craint; au Bangladesh une baisse du revenu est une étape qui rapproche vite de la faim et la famine; beaucoup d’ouvriers de textile sont déjà sous-alimentés en permanence (comme décrit ici; http: // libcom.org/news/bangladesh-militarized-factory-visions-devouring-demons-capita l-15092008).

L’avenir de ce mouvement est incertain. Mais la classe dirigeante est inquiète, il peut s’étendre au port du sud-est de Chittagong, un plus petit centre de l’industrie textile, avec 700 usines.
« La sécurité a été renforcée avec une surveillance spéciale sur les secteurs de textile de la ville de Chittagong, car la tension a couvé ici pendant les violences dans les usines de vêtement à Dhaka, » ont déclaré lundi des fonctionnaires de police et les leaders d’association du textile.

Rien n’est résolu. Surveillez …

Notes
1)Voir les articles précédents ici:
http://libcom.org/news/fury-garment-wor ... t-28062009
http://libcom.org/news/more-mayhem-cops ... desh-28062
Dernière édition par Nico37 le Mer 29 Déc 2010 23:44, édité 1 fois.
Raison: correction du nom du sujet
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Re: Bengladesh

Messagede joe dalton le Jeu 30 Juil 2009 14:45

on s'en branle du bangladesh, t'as pas un truc interressant a dire sur quierot ou alayn, plutot !
tu est un troll !
joe dalton
 

Re: Bengladesh

Messagede Antigone le Sam 31 Oct 2009 18:52

Nouvelles émeutes aujourd'hui.
Des ouvriers du textile réclamaient le paiement de plusieurs mois de salaires de retard.
Les entreprises touchées de plein fouet par la crise, par l'effondrement des commandes de l'industrie du textile si pourvoyeuse de main d'oeuvre, ne trouvent même plus utile de payer leurs ouvriers. Les difficultés d'accès au crédit n'ont rien arrangé. L'affrontement était inévitable. Bilan provisoire: 2 morts et plus d'une centaine de blessés.

On voit qu'en Iran actuellement, les grêves sont provoquées pour les mêmes raisons: non paiement des salaires. Ce serait aussi le cas dans d'autres pays: Inde, Malaisie...
Comme le textile est le secteur clé de bon nombre de pays sud-asiatiques, d'autres luttes et émeutes sont attendues au cours des prochains mois.

Métro - AFP - 31 oct 2009

Une émeute ouvrière réprimée dans le sang au Bangladesh

Au moins deux personnes ont été tuées et 100 autres blessées samedi après que la police bangladeshie eut ouvert le feu contre des milliers d'ouvriers de la confection qui protestaient contre des salaires impayés, a-t-on appris de source policière.
Il s'agit des plus graves incidents dans un conflit social depuis que la crise économique a frappé le Bangladesh.

Les deux personnes ont été tuées dans la zone industrielle de Tongi, 40 km au nord de la capitale, après qu'environ 15.000 ouvriers ont commencé à lancer des pierres sur la police qui a répliqué, selon elle, par des tirs de balles en caoutchouc.
Mais selon un responsable de l'hôpital universitaire de Dhaka, Abdul Baten, "tous les blessés ont été atteints par des tirs à balles réelles, et certains sont dans un état grave", a-t-il déclaré à l'AFP.

Plusieurs policiers ont été blessés ainsi qu'une centaine de manifestants, dont neuf ont été transportés à l'hôpital, selon cette source.
"Les policiers ont dû tirer des balles en caoutchouc pour disperser les ouvriers qui lançaient des pierres et des briques sur eux", a assuré l'inspecteur Shafiqul Alam, ajoutant que deux personnes ont été tuées.

Les ouvriers, qui ont érigé des barricades et incendié des véhicules, exigeaient le paiement de trois mois de salaire de la part de leur employeur, la Nippon Garments, une entreprise bangladeshie qui a fermé ses portes en invoquant la chute de son carnet de commandes.

Selon un dirigeant syndical, Montu Ghosh, la Nippon Garments avait invité les ouvriers à venir se faire payer samedi matin.
"Mais ils ont fermé l'usine dans la nuit et envoyé la police la garder. Les ouvriers sont devenus furieux en constatant que les employeurs étaient partis sans les payer".

L'industrie de la confection, qui emploie 40% de la main-d'oeuvre industrielle du pays, a rapporté 80% des 15,5 milliards de dollars d'exportation du Bangladesh l'an dernier.
En juin, environ 50.000 ouvriers s'étaient affrontés à la police lors de manifestations contre des salaires impayés ou réduits, faisant des dizaines de blessés.

Selon Fazlul Haque, président de l'Association des industriels et exportateurs de la confection, "les distributeurs occidentaux, qui sont nos premiers acheteurs, ont réduit leurs commandes et serré les prix. Les grandes entreprises ont pu, plus ou moins, s'adapter, mais la plupart des petites et moyennes sont confrontées à une situation très difficile".
Selon les syndicats, les entreprises ont réduit les salaires pour conserver leurs commandes face à la concurrence du Vietnam, de la Chine ou de l'Inde.
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Re: Bengladesh

Messagede Antigone le Sam 27 Fév 2010 19:14

Extrait d'un texte plus global sur les luttes ouvrières qui ont été signalées ces derniers mois dans le monde, qui revient sur les dernières grèves au Bengladesh.

Echanges et mouvements (Dans le monde, une classe en lutte) - 23 fev 2010

Le drame du prolétariat du tiers-monde

Cela se passe au Bangladesh mais pourrait tout autant concerner les travailleurs exploités dans les délocalisations des pays du monde entier, pouvant fournir au capital des multinationales des pays ex-industrialisés une abondante force de travail dont l’exploitation au plus bas coût possible est garantie par la misère et un régime de fer.
Dans les précédents bulletins, nous avons souvent évoqué les grèves tournant à l’émeute des travailleurs des usines de confection, notamment à l’automne dernier lorsque ces grèves ont commencé à amorcer un mouvement généralisé, finalementontenu par les différentes formes de répression. Ces grèves n’ont pas cessé pour autant mais sans prendre ce caractère insurrectionnel.

Parmi les derniers conflits, le 11 janvier dernier à Savar, dans la banlieue de Dhaka, les travailleurs d’Envoy Garment se sont mis en grève pour leurs salaires. Sortis de l’usine, ils ont édifié des barricades sur les axes routiers proches mais en ont été délogés par l’intervention des forces spéciales de répression sociale, la « Rapid Action Battalion ».

Une autre grève évoque un autre problème. Les travailleurs du thé à Habigang dans le nord du pays sont entrés en grève illimitée pour obtenir le rétablissement de leur comité syndical élu par eux, dissout par le gouvernement et remplacé par un comité désigné à la botte du pouvoir. Un texte émanant des cercles du pouvoir tente d’analyser la situation des entreprises du pays totalement dépendantes des multinationales, et qui pour rester en activité doivent trouver difficilement un équilibre entre les conditions du marché capitaliste et les revendications les plus élémentaires des exploités. Le texte fait ressortir que la situation est encore plus complexe du fait de l’exploitation politique des conflits sociaux, et de la corruption des syndicats reconnus qui feignent l’opposition dans ces conflits (les provoquant au besoin) pour gagner des avantages dans les entreprises.
Sous la pression de la base, confrontée à la baisse d’un niveau de vie déjà misérable, ces syndicats lancent pour le début février une campagne pour une augmentation générale des salaires (le salaire actuel mensuel de 1 662 takas — 16 euros — devrait selon eux être porté à 5 000 takas soit 50 euros). On voit mal comment une telle revendication peut être soutenue alors que la plupart des grèves non seulement revendiquent l’application du salaire légal, mais souvent visent simplement le paiement de salaires en retard. Le texte pose le dilemme devant lequel se trouvent les travailleurs, un chantage qui n’est pas seulement celui de l’entreprise qui les exploite mais celui auquel doit faire face la masse énorme de travailleurs exploités dans les pays du tiers-monde (et de plus en plus dans les pays ex-industrialisés) : si vous revendiquez des salaires plus élevés, l’entreprise n’obtiendra pas de commandes des multinationales et devra fermer.

Ce dilemme est de plus en plus exacerbé par la crise, les multinationales imposant à leurs sous-traitants des conditions de plus en plus drastiques quant aux coûts et conditions de production. Les travailleurs du monde entier se trouvent ainsi pris dans le réseau mondial d’une compétition entre eux dont ils ne pourraient se libérer que par la fin du capitalisme, qui se nourrit de cette concurrence entre producteurs.
La lutte des travailleurs du Bangladesh et d’ailleurs, pour la survie la plus élémentaire, n’est pas un combat sans importance, même s’il apparaît comme un élément d’une lutte permanente dans un affrontement mondial avec le capital. Même à cette échelle, toute lutte contraint le capital à une fuite en avant pour trouver constamment les coûts de production les plus bas. Il trouve ainsi sans cesse des limites à cause de la résistance des travailleurs, ce qui, malgré les apparences, accentue la profondeur de la crise que ceux-ci doivent affronter aujourd’hui.
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Re: Bengladesh

Messagede Antigone le Dim 20 Juin 2010 13:39

RFI - 19 jun 2010
http://www.rfi.fr/asie-pacifique/201006 ... ne-blesses

Au Bangladesh, une manifestation d'ouvriers du textile fait une centaine de blessés

Une manifestation qui a rassemblé plus 50 000 ouvriers du textile au Bangladesh a dégénéré samedi 19 juin faisant une centaine de blessés parmi les manifestants et une quarantaine parmi les forces de l'ordre. A l'origine de ce mouvement violent, la revendication d'une augmentation de salaires, parmi les plus bas au monde.

Les manifestants qui gagnent environ 20 euros par mois demandent une augmentation sensible du salaire minimum exigeant qu'il soit porté à 58 euros par mois.
Le gouvernement s'est engagé en avril dernier à ce que les salaires progressent mais les propriétaires des usines textiles ne proposent qu'un coup de pouce de 3 euros seulement par mois.

Le textile représente les trois quarts des exportations du Bangladesh et la moitié de ces exportations prennent le chemin de l'Europe. Le secteur emploie près de 2 millions et demi d'ouvriers, pour l'essentiel des femmes. Afin de conserver un marché très concurrentiel, les industriels tirent au maximum les coûts vers le bas. D'autant plus que la crise économique mondiale touche aussi le Bangladesh.
La croissance, à cinq et demi pour cent actuellement, est la plus basse enregistrée depuis 2002. De plus, l'industrie est handicapée par de fréquentes coupures d'électricité en raison d'une production d'énergie insuffisante par rapport aux besoins.
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Re: Bengladesh

Messagede hocus le Dim 20 Juin 2010 17:33

Beaucoup de nos vêtements sont produits au banglasdesh. C'est écrit sur les étiquettes.
hocus
 

Re: Bengladesh

Messagede Ming Li Fou le Dim 20 Juin 2010 18:38

Reste à voir si les prolos français vont aller massivement s'acheter des vêtements dans les boutiques de commerce équitable.
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Re: Bengladesh

Messagede Nico37 le Dim 20 Juin 2010 18:54

T'as du textile produit en Europe aux conditions d'exploitation occidentales.
Bon fraudrait cinder le sujet !
Nico37
 

Re: Bengladesh

Messagede Antigone le Dim 27 Juin 2010 12:51

AFP, Le Monde - 24 jun 2010
http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... _3234.html

Textile : retour au calme au Bangladesh après les grèves

Les 800 000 ouvriers travaillant dans 700 usines textiles situées au Bangladesh, qui étaient en grève depuis le 19 juin pour réclamer des salaires plus élevés, ont repris le travail mercredi 23 juin. Le mouvement avait provoqué de violentes manifestations, rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes et réprimées par les forces de l'ordre.

Mardi, dans la zone industrielle d'Ashulia, au nord de Dacca, la police anti-émeute a tiré des balles en caoutchouc et des bombes lacrymogènes sur les manifestants pour les disperser. Pour la quatrième journée consécutive, ils avaient érigé des barricades avec de vieux pneus, mis le feu à des camions, et lancé des projectiles sur les forces de l'ordre.

Ces mouvements ont créé un "climat de panique et d'anarchie", avec le saccage d'une cinquantaine d'usines, empêchant de livrer des commandes à temps, selon le patronat des fabricants et des exportateurs de textile (BGMEA). Celui-ci avait décidé le même jour la fermeture de ces usines jusqu'à nouvel ordre.

Le ministre du travail, Mosharraf Hossain, avait alors promis, à l'issue d'une réunion d'urgence avec le patronat du textile, des hausses de salaires, mais avait aussi menacé de "mesures énergiques" les manifestants. Mercredi, après avoir reçu l'assurance du gouvernement que la sécurité serait garantie pour entamer des négociations, le BGMEA a décidé de rouvrir les usines. Celles-ci travaillent aussi bien pour les enseignes Walmart, H&M, Tesco, Carrefour, Metro que pour de grandes marques comme Tommy Hilfiger, Gap ou Levi Strauss.

Les ouvriers exigent un salaire d'au moins 5 000 takas (60 euros) par mois ; l'actuel salaire minimum, fixé en 2006, n'est que de 2 000 takas. Le Bangladesh est le pays où les ouvriers du textile sont le moins bien payés de la planète, selon l'International Trade Union Confederation, spécialisée dans le droit du travail et basée à Vienne (Autriche).

Les ouvriers affirment qu'ils ne peuvent plus subvenir aux besoins de leurs familles, en raison de la récente hausse des prix des biens de consommation. Rashida Akter, une jeune couturière de 23 ans employée sur un site de Dacca, dit ainsi qu'il lui "est devenu impossible de payer, comme par le passé, toutes ses factures avec un salaire de 1 200 takas".

Au Bangladesh, l'industrie du textile représente 80 % des exportations et pèse, dans la balance commerciale, 12 milliards de dollars (9,8 milliards d'euros). Elle emploie quelque 2 millions de personnes, soit 40 % de la main-d'oeuvre nationale, réparties dans 4 000 usines. La plupart des employées sont des femmes.

Selon Gildas Minvielle, directeur de l'Observatoire économique de l'Institut français de la mode (IFM), le Bangladesh représente, pour les fabricants de prêt-à-porter, une alternative à la Chine, essentiellement dans le façonnage des vêtements bon marché et de la maille.

Jean-Marc Genis, le président exécutif de la Fédération des enseignes de l'habillement ajoute que "toutes les grandes enseignes font du "sourcing" en Asie, sans jamais concentrer toutes leurs commandes dans un seul pays. Elles sont dispersées entre la Chine, le Vietnam, le Bangladesh, le Cambodge, selon les prix et le savoir-faire local en façonnage". Vu l'extrême multiplicité des fournisseurs, si l'un ne peut pas effectuer une commande, cette dernière est rapidement délocalisée ailleurs.

C'est l'essence même de la problématique sociale de la mondialisation dans le secteur du textile. Aucun des pays n'a vraiment de prise sur les commanditaires, ces géants du prêt-à-porter qui diversifient jusqu'à 700 ou 1 000 le nombre de leurs sous-traitants sur la planète entière. Cela leur permet de jouer la concurrence, d'imposer les tarifs les plus bas et de ne pas être trop dépendants de ces usines.

Cette tendance s'est accrue avec "le phénomène de changes qui n'est pas favorable aux vêtements de grande consommation : ils sont vendus en euros mais produits en zone dollar", souligne Evelyne Chabalier, directrice des études économiques de l'IFM.
Nicole Vulser
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Re: Bengladesh

Messagede hocus le Sam 3 Juil 2010 00:14

hocus
 

Re: Bengladesh

Messagede Denada le Sam 3 Juil 2010 08:30

Putain de flics de merde.
Apparemment, on n'avait le choix qu'entre deux voies : persévérer dans l'arnaque ou devenir un clochard - Bukowski.
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Re: Bengladesh

Messagede Antigone le Sam 3 Juil 2010 12:28

C'est un peu ancien mais je ne m'étais pas connecté entre temps....

AFP, Cyberpresse - 27 jun 2010
http://www.cyberpresse.ca/international ... ations.php

Grève générale au Bangladesh: plus de 200 arrestations

Plus de 200 personnes ont été arrêtées dimanche au Bangladesh où le principal parti d'opposition a appelé à une grève générale, a-t-on appris de source policière.
Des centaines de manifestants ont été dispersés à coup de gaz lacrymogène et de bâtons par les forces de sécurité dans la capitale Dacca.

Un député du parti nationaliste du Bangladesh (BNP, opposition) a été blessé lors de heurts à l'Université de Dacca entre partisans et adversaires de la grève, a précisé un porte-parole de la police, Walid Hossain.
Le parlementaire a été transféré à l'hôpital puis placé en état d'arrestation, selon la même source.
Au moins 12 000 policiers et membres la Force d'action rapide ont été déployés pour parer à des troubles dans la capitale de 13 millions d'habitants où la plupart des bureaux et commerces étaient fermés dimanche.

Le BNP, à l'initiative de la grève, accuse le gouvernement d'être incapable d'approvisionner correctement la population en eau, en électricité et en gaz. Il lui reproche aussi de procéder à des arrestations «arbitraires» et au harcèlement de ses partisans.
Il s'agit de la première grève générale depuis l'accession au pouvoir en janvier 2009 de la Ligue Awami après sa victoire aux législatives un mois plus tôt.
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Re: Bengladesh

Messagede julien34 le Mer 7 Juil 2010 13:42

vive la spontanéité des masses vive la lutte des classes!
le prolétariat d'asie en expansion nous fait parvenir un peu d'espoir grace a son courage dans la lutte !
la bas on ne risque pas une journée de salaire mais la vie pour une gréve
Prolétaire d'asie votre lutte et la notre!
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Re: Bengladesh

Messagede Antigone le Dim 1 Aoû 2010 10:29

Le Monde - 30 jul 2010
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/ar ... _3216.html

Bangladesh : Des milliers d’ouvriers du textile manifestent violemment

Des milliers d’ouvriers du textile au Bangladesh bloquaient des autoroutes vendredi, attaquaient des usines et mettaient feu à des magasins dans la capitale, Dacca, selon la police, afin de protester contre le montant jugé décevant de hausses salariales fixées par le gouvernement. Cinq mille ouvriers environ, qui fabriquent des vêtements de marques occidentales destinés à l’export, bloquaient la principale artère de la capitale et lançaient des pierres sur des dizaines d’usines, a déclaré un inspecteur de police. Imprimer ce texte

Des milliers d’autres ouvriers manifestaient dans un quartier commerçant de Dacca, où de nombreuses ambassades et des organisations humanitaires étrangères ont aussi leurs bureaux. « Ils sont en train de mettre à sac des usines, de brûler des voitures et de bloquer des routes », a commenté le chef de la police du quartier commerçant de Gulshan. Certains manifestants ont pillé des magasins haut de gamme avant d’y mettre le feu.

Mardi, le Bangladesh a annoncé une augmentation de 80 % du salaire minimum de ses millions d’employés du secteur textile après des mois de violentes manifestations portant sur les conditions de travail et les salaires. Un comité d’urgence sur les salaires constitué de fonctionnaires du gouvernement, d’industriels et de syndicalistes a déclaré que le minimum salarial mensuel allait passer de 1 662 takas (23 dollars) à 3 000 takas (43 dollars) à partir du 1er novembre.

Mais si certains syndicats d’ouvriers ont accepté cette hausse, d’autres l’ont rejetée, la jugeant loin des 5 000 takas initialement demandés. En juin, des centaines de milliers d’employés ont fermé une usine-clé de l’exportation textile qui fabrique notamment des vêtements pour des chaînes occidentales comme Wal-Mart, H & M ou encore Marks et Spencer.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
L'Expansion - 27 jul 2010
http://www.lexpansion.com/economie/actu ... 36352.html

Le Bangladesh augmente les salaires des ouvriers du textile

Le Bangladesh a augmenté de 80% le salaire minimum de ses millions d’employés du secteur textile après des mois de violentes manifestations ouvrières portant sur les conditions de travail et les salaires, ont annoncé mardi 27 juillet les autorités.

Un comité d’urgence sur les salaires constitué de fonctionnaires du gouvernement, d’industriels et de syndicalistes a annoncé que le minimum salarial mensuel allait passer de 1.662 taka (23 dollars) à 3.000 taka (43 dollars). « Le comité a déclaré que le minimum salarial serait fixé à 3.000 taka, ce qui inclut les indemnités médicales et l’allocation logement », a déclaré à la presse Iktedar Ahmed, qui pilotait ce comité. Imprimer ce texte

Certains syndicats d’ouvriers ont accepté cette hausse, a déclaré à l’AFP l’un de leur représentant ayant pris part aux discussions, Habibur Rahman Siraj. Mais d’autres ont rejeté la hausse, jugée décevante par rapport aux 5.000 taka initialement demandés.

Cette annonce intervient après des mois de manifestations et de violences dans le pays, organisées par les ouvriers qui estiment leurs salaires trop bas pour mener une vie décente. Le mois dernier, des centaines de milliers d’employés ont fermé une usine clé de l’exportation textile fabriquant notamment des vêtements pour des chaînes occidentales comme Wal-Mart, H&M ou encore Marks et Spencer.

L’industrie textile a toutefois battu un record des ventes le mois dernier, les exportations ayant atteint 1,72 milliard de dollars en juin, soit la meilleure performance réalisée dans ce secteur en quarante ans.
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Re: Bengladesh

Messagede Antigone le Dim 1 Aoû 2010 13:19

AFP, RTBF - 31 jul 2010
http://www.rtbf.be/info/monde/banglades ... rontements

Bangladesh: les ouvriers de Zara et H&M en grève violente

La police a tiré des balles de caoutchouc samedi pour disperser des ouvriers du textile au Bangladesh au deuxième jour d'un mouvement entamé à Dacca pour réclamer de meilleurs salaires et qui s'étend, a indiqué la police.

A Ashulia, au nord de Dacca, des combats de rues ont opposé des ouvriers du textile en colère à des forces de police anti-émeutes, alors que les syndicats du secteur ont rejeté l'offre du gouvernement de relèvement des salaires, la qualifiant "de bas de façon insultante". "Plus de 20 000 ouvriers ont quitté leur travail et nombre d'entre eux ont affronté la police à coups de pierres. Nous avons tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour les disperser," a dit à l'AFP un responsable de la police Nasir Ahmed. Les manifestants ont également brûlé des pneus, bloqué la route une importante route reliant Dacca au nord du pays, s'en sont pris à des usines et ont contraint des policiers à reculer, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les propriétaires d'usines ont répondu à la violence en décidant de fermer leurs portes, a ajouté Nasir Ahmed, expliquant que la violence était quelque peu retombée mais que la situation était toujours tendue.Au moins 10 000 ouvriers ont bloqué une route au sud de Dacca à Narayanganj, selon un responsable de la police.

Ces usines fabriquent des vêtements pour Zara, H&M,...

De violentes manifestations d'ouvriers du textile ont éclaté vendredi dans la capitale du Bangladesh après l'annonce de hausses salariales jugées décevantes. Un comité d'urgence sur les salaires constitué de fonctionnaires du gouvernement, d'industriels et de syndicalistes avait annoncé que le salaire minimum mensuel allait passer de 1 662 taka (23 dollars, un plus bas mondial)) à 3 000 taka (43 dollars) à partir du 1er novembre. Les syndicats réclament 5 000 taka pour faire face notamment aux augmentations de prix de l'alimentation. Selon la représentante du Forum des ouvriers du textile, qui a rejeté la hausse salariale, les ouvriers pourraient appeler à une grève nationale jusqu'à ce que le gouvernement accède à leur demande.

Les usines fabriquent notamment des vêtements pour des chaînes occidentales comme Wal-Mart, H&M, Zara, Marks et Spencer et Carrefour. Le secteur au Bangladesh emploie 3,5 millions de personnes. En juin, les exportations ont battu un record en atteignant 1,72 milliard de dollars, soit la meilleure performance réalisée en quarante ans.
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Re: Bengladesh

Messagede hocus le Dim 1 Aoû 2010 15:03

Actions en france chez HM et Zara ?

Des idées ?
hocus
 

Re: Bengladesh

Messagede Antigone le Dim 8 Aoû 2010 08:01

Je suis sûr que dans les magasins HM et Zara, ils ne savent même pas ce qui se passe au Bangladesh. C'est normal puisque ni les syndicats ni Poujadas n'en parlent. Ce serait du devoir des révolutionnaires de faire une information; après on pourrait réfléchir à des actions... mais les anarchistes ne voient pas plus loin que le bout de leur petite communauté.

Là-bas, impossible de savoir comment la situation évolue. Silence de Bangladesh news, rien sur Hindustan Times, et mis à part un article des Echos (02/08/10) mais à accès payant "Au Bangladesh, les hausses salariales font écho à la révolte chinoise"., rien de nouveau dans la presse francophone dépuis de début de la semaine,

Comme la situation sociale est tendue depuis plusieurs mois et que cette dernière révolte semble avoir été plus violente que les autres, le régime a eu l'idée d'annoncer cette semaine qu'il voulait faire juger les "responsables des exactions" commises lors de la lutte pour l’indépendance contre le Pakistan... en 1971 !!!
On désigne des méchants ou ce qu'il en reste quarante ans après, et on essaie de mobiliser les foules autour du drapeau national. On appelle cela une diversion. Le procédé est un peu grossier, mais c'est tout ce que le pouvoir a trouvé pour tenter de calmer les foules et faire oublier la misère.

Faute de mieux, je reproduis le dernier article en date.

AFP, Cyberpresse.ca - 02 aot 2010
http://www.cyberpresse.ca/international ... nt-pas.php

Bangladesh: les ouvriers du textile ne décolèrent pas

Des milliers d'ouvriers du textile au Bangladesh ont bloqué des routes et attaqué des usines lundi, au quatrième jour d'un violent mouvement de protestation contre l'annonce par le gouvernement d'un nouveau minimum salarial, jugé insuffisant.

Environ 10 000 ouvriers à Fatullah, dans le sud de la capitale Dacca, ont jeté des pierres sur la police en signe de mécontentement après la révision à la hausse de leur salaire minimum mensuel, fixé à 3 000 taka (43 dollars) alors qu'ils demandaient 5 000 taka. Leur salaire minimum actuel est de 1 662 takka.
«Ils ont attaqué des usines, monté des barricades sur la route. Nous avons dû faire usage de gaz lacrymogène et de matraques pour disperser les ouvriers», a déclaré à l'AFP le chef de la police du district, Biswas Afzal Hossain.

Le gouvernement avait annoncé mardi une hausse de 80 % des salaires après des mois de violentes manifestations portant sur les conditions de travail et les salaires. Mais si certains gros syndicats l'ont acceptée, de plus petites formations ont rejeté l'accord devant entrer en application au 1er novembre.
«Demander un salaire minimum mensuel de 5 000 taka est irréaliste», a déclaré lundi à l'AFP le secrétaire au Travail, Nurul Haq, insistant sur le fait que les plus importants syndicats avaient accepté la hausse.

Vendredi, des milliers d'ouvriers ont violemment manifesté à Dacca et dimanche, de nouveaux heurts les ont opposés à la police.
La violence s'est propagée dans des zones manufacturières autour de Dacca, y compris dans la zone d'Ashulia dédiée à l'exportation pour des chaînes occidentales comme Wal-Mart, H&M, Zara, Marks et Spencer et Carrefour.

Le secteur textile, qui emploie 3,5 millions de personnes au Bangladesh, représente 80% des exportations annuelles du pays.
En juin, les exportations ont battu un record en atteignant 1,72 milliard de dollars, soit la meilleure performance réalisée en quarante ans.


Révoltes d'ouvrières du textiles au Bangladesh (28 jul 2010).jpg

Cette photo rappelle que 80 % des ouvriers du textile sont des ouvrières. Elles participaient aux manifestations.
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Re: Bengladesh

Messagede Antigone le Dim 15 Aoû 2010 08:10

Le Monde - 10 aot 2010
http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... _3234.html

REPORTAGE
Les ouvriers du textile se révoltent au Bangladesh
par Julien Bouissou

Rafiqul préfère un rendez-vous discret au zoo de Dacca. Depuis que les violentes manifestations des ouvriers du secteur de l'habillement secouent la capitale du Bangladesh, les leaders syndicaux comme lui sont surveillés de près par des policiers déguisés en civil. S'il est aperçu en en compagnie d'un étranger, il pourrait être accusé de trahison à l'encontre de son pays, et risque la prison. Rafiqul arrive donc discrètement entre la cage des ours et celle des singes, flanqué d'un garde du corps. Il reste vigilant, surtout depuis qu'il a refusé la dernière proposition de hausse du salaire mensuel minimum.

Le 31 juillet, une commission composée de représentants du gouvernement, des ouvriers et du patronat a décidé d'augmenter celui-ci de 80 %, à 3 000 takas (32,6 euros), contre 19 euros auparavant. "Cette augmentation couvre à peine la hausse du coût de la vie. Il nous faut au moins 55 euros pour survivre. Ceux qui nous ont représentés sont membres du parti au pouvoir. Vous pensez vraiment qu'ils sont impartiaux ?", ironise le leader syndical.

Pour fixer le nouveau salaire minimum, la commission des salaires a calculé le nombre de calories journalières dont a besoin un ouvrier pour survivre. "3 200 calories par jour, soit environ 27 euros par mois", explique froidement le juge Ikteder Ahmed, président du comité du salaire minimum.

Voilà comment, au Bangladesh, un ouvrier qui doit subvenir aux besoins d'un autre que lui, comme c'est souvent le cas, tombe au-dessous du seuil de pauvreté en travaillant jusqu'à 10 heures par jour, 6 jours sur 7. Dans les jours qui ont suivi l'annonce du nouveau salaire minimum, 50 usines ont été saccagées, et près d'une centaine de manifestants ont été blessés dans des affrontements avec la police.

Le mouvement de protestation, qui dure depuis le mois de juin, a de quoi inquiéter le gouvernement. De 1995 à 2010, le chiffre d'affaire du secteur est passé de 2 à 12,3 milliards de dollars (de 1,5 à 9,3 milliards d'euros) et il représente à lui seul 7 % du produit national brut (PNB). Cette croissance est due à l'augmentation des salaires en Chine et à "un vaste réservoir de main-d'oeuvre à bas coût et aux doigts fins", explique Munsur Khaled, porte-parole de la puissante Association des exportateurs et des fabricants bangladais de vêtements (BGMEA).

Depuis vingt ans, le gouvernement du Bangladesh a tout misé sur l'"eldorado du textile". Plus de six zones franches dédiées à l'exportation ont été créées. Le gouvernement a même inventé le statut de "commercially important people" réservé aux principaux exportateurs du pays, qui bénéficient, entre autres, de coupe-file à l'aéroport et du droit au port d'arme. Et puisque la survie du Bangladesh semble passer par les exportations, les petites fourgonnettes qui portent l'inscription officielle "Urgent. Livraison pour exportations" sont prioritaires dans le trafic congestionné de Dacca.

Quelque 80 % des exportations du pays dépendent du secteur de l'habillement, qui a créé plus de 3,5 millions d'emplois. "Jusqu'à présent, la main-d'oeuvre était surtout composée de femmes, réputées plus dociles. Avec l'arrivée des hommes, les revendications sont apparues. Et l'absence de dialogue social, en raison de l'interdiction des syndicats, conduit à la violence", explique Mustafizur Rahman, économiste, directeur du Centre for Policy Dialogue, un centre de recherche basé à Dacca.

Les syndicats ne sont autorisés que dans les usines, hors des zones franches, si au moins 30 % des salariés en font la demande. Autant dire qu'ils sont quasi inexistants, même si 28 fédérations de travailleurs, à la frange de la légalité, se sont créées. "Si nous autorisons les syndicats, les travailleurs dépendront d'éléments extérieurs qui perturberont le travail", explique Shamsuz Zaman, le directeur des opérations de l'usine Gildan.

Au Bangladesh, ce sont donc les acheteurs internationaux qui jouent le rôle des syndicats. Les distributeurs, comme H&M ou Zara, viennent inspecter les usines chaque mois pour vérifier leur conformité à des cahiers des charges très stricts : respect des horaires de travail, présence d'une infirmerie, sécurité anti-incendie et nombre de travailleurs au mètre carré.

"Ce ne sont que des apparences, maugrée Arjun, qui fabrique plus de 150 tee-shirts par jour, notamment pour H&M, lorsqu'ils viennent inspecter l'usine, on nous prévient à l'avance. Et on doit leur mentir sur nos salaires et nos horaires de travail." Arjun, âgé de 20 ans, gagne environ 54 euros par mois. Il réclame la création de dortoirs, pour économiser les coûts de transport, et surtout des jours de congé, pour ne pas être licencié lorsqu'il doit s'absenter quelques jours. Avec sa soeur et ses parents, il vit dans une petite pièce à peine plus grande que le lit, sur lequel tous dorment entassés. La cuisine, un point d'eau partagé avec les autres habitants du bidonville, se trouve à l'extérieur. Sous la pression de sa famille, qui a besoin de son salaire pour survivre, Arjun s'est résigné à ne pas rejoindre le mouvement de grève.

D'autres, souvent très jeunes, ont été arrêtés pour avoir manifesté. "Il suffit que les patrons les accusent d'incitation à la violence pour que tous soient mis en prison", explique Rafiqul. Islam, par exemple, a été libéré sous caution, il y a un mois. "Je demandais juste qu'on me rémunère mes heures supplémentaires. Les patrons nous disent qu'ils sont pauvres mais pourquoi ils construisent des usines partout et roulent en Mercedes s'ils n'ont pas d'argent ?", s'agace-t-il.

L'usine où il travaille désormais produit des tee-shirts pour l'étranger mais aucun inspecteur ne vient la contrôler. Car elle ne reçoit ses commandes que des usines voisines "homologuées", lorsque ces dernières sont en surcapacité. Ici, les réprimandes sont sévères. Un contremaître hurle, la main levée, sur une ouvrière, tandis qu'à ses côtés, d'autres cousent à un rythme effréné des tee-shirts dans une chaleur étouffante. Tous sont payés à la quantité produite.

La BGMEA, qui regroupe presque tous les fabricants de vêtements du pays, assure veiller à l'amélioration des conditions de travail. "Mais nous ne pouvons pas augmenter les salaires. Sinon des usines vont fermer", prévient Munsur Khaled. Les patrons invoquent le coût des infrastructures déficientes. L'encombrement des ports retarde les livraisons, ce qui les oblige parfois à envoyer leurs marchandises par avion, et les usines doivent produire elles-mêmes leur électricité.

"Le problème, c'est que si les salaires augmentent, les usines achèteront des machines et embaucheront moins", prédit Mustafizur Rahman. Quant à savoir si le montant du nouveau salaire minimum est satisfaisant, l'économiste hésite : "Un salaire de 38 euros permet de créer des emplois, mais il ne sortira pas les ouvriers de la pauvreté."

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Le Monde - 10 aot 2010
http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... _3234.html

Le droit de grève et les droits syndicaux sont bafoués

"La répression antisyndicale s'est poursuivie sans trêve en 2009", alors que les ouvriers bangladais du secteur de l'habillement sont "les moins bien payés du monde' et que 'leur exploitation est en hausse", note un rapport publié en juin par la Confédération syndicale internationale (CSI), à Genève.

Pour être enregistré, un syndicat doit obtenir l'approbation d'au moins 30 % des travailleurs et l'autorisation du gouvernement. Il est souvent limité à l'entreprise, ce qui entraîne une fragmentation du paysage syndical. 'Le droit de grève est également frappé de restrictions', estime la CSI. Celle-ci doit être approuvée par 75 % des travailleurs et doit intervenir au cours d'une période convenue à l'avance.
Dans ces conditions, la plupart des grèves sont illégales et sévèrement réprimées par la police. "Les recours légaux étant quasiment impossibles, la manifestation spontanée est souvent la seule solution", témoigne un syndicaliste sous condition d'anonymat.

En juin 2009, le personnel de sécurité de l'usine textile du groupe Pretty a ouvert le feu sur des manifestants, faisant un mort. Lors des manifestations qui ont suivi, les affrontements avec la police ont fait deux morts parmi les grévistes.
Les entorses au droit du travail sont courantes, comme le non-respect du salaire minimal ou le retard dans le versement des salaires. D'après un rapport de la direction de l'inspection du travail bangladaise, 15 % des usines textiles n'ont pas payé à temps leurs salariés entre janvier et mai 2009.

De leur côté, les patrons accusent les syndicats d'être corrompus. Certains portent régulièrement plainte pour demande de pots-de-vin et refusent pour ce motif toute négociation.
L'autre secteur montré du doigt par la CSI concerne les chantiers de démolition de navires. Plus d'un travailleur sur cinq serait âgé de moins de 15 ans, et les conditions de travail sont jugées 'dangereuses'.
Julien Bouissou


Je suppose que les pluies torrentielles qui se déversent sur l'Asie du sud (du Pakistan jusqu'au Vietnam) ont dû interrompre les manifestations.
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Re: Bengladesh

Messagede Antigone le Dim 22 Aoû 2010 09:39

Reuters, Les Echos - 16 aot 2010
http://www.lesechos.fr/info/conso/reute ... uillet.htm

H&M: hausse de 10% des ventes en juillet

Le groupe suédois d'habillement Hennes & Mauritz (H&M) a annoncé lundi une hausse de 10% en juillet des ventes de ses magasins ouverts depuis au moins un an, une croissance qui dépasse les prévisions les plus optimistes.
H&M, numéro trois mondial du secteur par le chiffre d'affaires, affiche en outre un bond de 21% de ses ventes totales par rapport à juillet 2009, un résultat lui aussi meilleur qu'attendu.
Les analystes financiers interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une hausse de 1,7% sur un an des ventes à périmètre comparable et une croissance de 11,7% des ventes totales.
La chaîne de mode avait connu un printemps au ralenti mais la tendance s'est améliorée avec l'arrivée de l'été.
"Des ventes fantastiques, largement meilleures qu'attendu", a commenté un analyste qui a refusé d'être identifié. "L'action va en profiter."
Un deuxième analyste a déclaré que H&M regagnait des parts de marché perdues l'an dernier pendant la crise, celle-ci ayant incité une partie des consommateurs à se replier sur des marques meilleur marché.
En juin, les ventes de l'enseigne suédoise avaient augmenté de 9% à données comparables et de 20% au total.
H&M ne publie pas le montant de ses ventes mensuelles mais seulement leur évolution en pourcentage en monnaies locales, et ne fait aucun commentaire sur les chiffres qu'il publie.


Informations tirées de "Dans le monde, une classe en lutte" (juillet 2010) sur le site de Mondialisme. org - 20 aot 2010
http://www.mondialisme.org/spip.php?article1529

Depuis trente ou quarante ans, le capital, pour faire face à la baisse du taux de profit, puise dans l’énorme réservoir de force de travail des paysans (plus de la moitié des deux tiers de la population mondiale) chassés des campagnes par la modernisation des techniques agricoles et la compétition mondiale. L’Est et le Sud-Est asiatiques sont ainsi devenus les ateliers du monde avec des concentrations d’exploités inconnues jusqu’alors et des conditions d’une exploitation du travail dignes des tout débuts du capitalisme, bien qu’œuvrant avec des techniques modernes pour fabriquer les marchandises les plus élaborées déversées sur les marchés mondiaux. La crise économique, qui est une des conséquences des déséquilibres résultant de l’évolution de cette nouvelle organisation du marché capitaliste, a frappé d’autant plus durement ces travailleurs surexploités que leur migration récente de la campagne vers les villes s’est faite dans la précarité et l’insécurité les plus totales.
On ne peut qu’être frappé par la violence des luttes qui se sont déroulées récemment et sur lesquelles les capitaux, à la recherche des plus bas coûts de production, se sont jetés depuis des décennies et qu’ils tentent de pressurer encore davantage pour maintenir leur profitabilité. Nous ne pouvons dans ces quelques pages que donner un aperçu des luttes les plus récentes et seulement de celles qui parviennent jusqu’à nous. Les médias, et à leur remorque une bonne partie de l’ultra gauche, insistent beaucoup sur ce qui se passe en Chine sans considérer le fait que ce n’est pas seulement la Chine qui est le champ d’activités des prédateurs capitalistes, mais aussi tous les pays en développement qui peuvent garantir les plus bas coûts d’exploitation de la force de travail, et qu’entre les sous-traitants négriers de ces pays, une féroce compétition déplace les activités industrielles selon les nécessités du profit et selon la dimension de la lutte de classe qui contraint à élever ces coûts.

.../...

Bangladesh

On a souvent évoqué les révoltes récurrentes principalement dans les usines textiles — dans la confection, 4 500 usines exploitent 4 millions de travailleurs, principalement des femmes voire des enfants, avec un salaire mensuel moyen de 19 euros, les revendications oscillant entre 58 et 72 euros mensuels et les patrons en offrant 22.
Ces révoltes ont connu de dures répressions provoquant des réponses radicales : incendies d’usines et de matériels divers, destructions de machines et de marchandises, barrages routiers et batailles généralisées avec les flics et les sections spéciales anti-émeutes (outre la police et l’armée, une section spéciale militaire, le Rapid Action Battalion, est chargée de la police des émeutes, de plus une milice spéciale armée, Ansars, force d’appui de la police formée de volontaires, dispose de bases à proximité des usines). Mais depuis le début de l’année, l’aggravation des conditions de vie et la pression patronale sur les conditions d’exploitation pour faire face à la crise ont entraîné une explosion sans précédent de grèves et d’affrontements.

Le 20 avril, plusieurs milliers de travailleurs sont en grève à Narayanganj, bloquent les routes pour les salaires et pour une prime de vacances ; des usines sont vandalisées et incendiées, 40 blessés.
Le 7 mai, les 150 000 travailleurs de la navigation cessent le travail, c’est la 4e grève en dix-sept mois mais cette fois, c’est une grève illimitée (dans le sud du Bangladesh, les deltas du Gange et du Brahmapoutre forment un réseau dense de canaux et de rivières où la circulation fluviale est vitale, notamment pour l’acheminement des marchandises vers les ports).
Le 12 mai, la grève, lancée par un syndicat, est déclarée illégale. Elle est marquée par des affrontements, des menaces physiques, du chantage (retrait du permis de travail), et par le sabotage d’un pétrolier. La grève cesse, alors que la pénurie de carburant s’installe, par un accord prévoyant entre 50 et 100 % d’augmentation, la libération de tous les emprisonnés et le retrait de toutes les poursuites.
Le 13 juin à Ashulia dans la banlieue de Dhaka, 8 500 travailleurs se mettent en grève suite au refus d’une augmentation par le patron d’Envoy Group, qui est aussi le président du syndicat national patronal du textile. Suite à l’assaut du barrage routier par les flics, la guér­illa s’installe dans tout le secteur : les patrons ferment les usines, ce qui accroît le nombre des manifestants. Le mouve­ment s’étend aux bidonvilles voisins et devient une revendica­tion générale contre les conditions de vie, les bagarres commencées le dimanche s’étendent au lundi. Plus de 40 blessés.
Le mardi 15 juin, dans le centre de Dhaka cette fois, à Tejgaon, l’usine Shomaker Sweaters Ltd fermée depuis le 10 juin ne rouvre pas comme prévu. Nouveaux affronte­ments.
Le 19 juin à Savar (banlieue de Dhaka), 7 000 travailleurs du Nasa Group manifestent à l’intérieur de l’usine, revendiquant un salaire mensuel de 58 euros. Comme ils bloquent les axes routiers proches, ils sont rejoints par les ouvriers de 16 autres usines voisines et ils sont des dizaines de milliers à se battre avec les flics ; 35 usines sont pillées et vandalisées et 75 autres contraintes de fermer.
Le lundi 21 juin à Ashulia, toujours dans la banlieue de Dhaka, ils sont 50 000 à se battre avec les flics et les forces spéciales RAB ; 300 usines sont fermées, 85 vandalisées, certaines incendiées, de même que les camions de livraison. Le lende­main, le ministre du travail annonce que les salai­res seront révisés… dans les trois mois. Des poursuites sont engagées nommément contre 180 tra­vailleurs, collectivement contre 60 000.
Le 27 juin, les syndicats liés au parti d’opposition le BNP organisent une journée de grève nationale qui paralyse le pays : plus de 1 000 arrestations, certaines préventives, et plus de 500 blessés. Mais cela ne calme en aucune façon la revendication ouvrière.
Le 27 juin, toujours à Ashulia, les 1 800 travailleurs sont prêts à repren­dre le travail suite à un accord. Apprenant que 3 d’entre eux sont licenciés, ils reprennent la grève immédiatement, ravagent l’usine, molestent les dirigeants et bloquent l’auto­route. Police et Ansars les attaquent ; ces derniers sont pris à partie par des travailleurs qui tentent de leur dérober leurs armes et ils tirent pour se dégager : deux blessés dont un mortellement. De nouveau, toutes les usines du secteur explosent, les ouvriers occupent et vandalisent les usines, attaquent le camp des Ansars qui de nouveau tirent à balles : 40 blessés. C’est finalement l’armée (RAB) qui met fin à l’émeute.
Le 29 juin, des milliers d’ouvriers tentent de gagner le zone économique spéciale de Dhaka pour protester contre la mort de 2 d’entre eux et se battent avec les flics : 100 blessés. Dispersés ils se regroupent en petites bandes qui incendient plusieurs usines et magasins où 8 000 machines sont détruites, et retournent sur les axes routiers pour bloquer les voitures de pompiers.

Les mêmes mini-émeutes continuent en juillet pour les mêmes problèmes.
Le 17 juillet, c’est le 3e jour de grève de 12 000 ouvriers aux ateliers de tissage de Narsingli pour les salaires et la sécurité de l’ emploi, avec le traditionnel blocage routier et le non moins traditionnel affrontement avec les flics et autres séides du capital. Un patron déclare que c’est une « grève irrationnelle ».
Le 20 juillet à Gazipur, les travailleurs de l’usine Advance Sweater réclamant augmentation et paiement d’arriérés sacca­gent l’usine, molestent les dirigeants et vont de nouveau bloquer l’autoroute, ils seront reçus par les flics : 10 blessés.
Le 23 juillet, à Nishchintapur près d’Ashulia (Dhaka), les trois usines du Nasa Group sont fermées suite à l’attaque par la police et les sbires du patronat des travailleurs qui manifestent et bloquent les axes routiers : 25 blessés dont 4 flics, etc.


AFP, Cyberpresse - 18 aot 2010
http://www.cyberpresse.ca/international ... ladesh.php

Prostituée: un métier reconnu au Bangladesh

La commission électorale du Bangladesh a annoncé mardi que la prostitution, légale dans ce pays à majorité musulmane, serait reconnue comme une profession et inscrite sur les nouvelles cartes d'électeurs.
La commission avait reconnu seulement 25 professions lors de la mise en circulation des premières cartes d'électeurs, mais elle a décidé d'y ajouter quinze métiers supplémentaires, dont ceux de journaliste, tailleur et prêtre, a indiqué à l'AFP un commissaire électoral, Shakhawat Hossain.
«Si quelqu'un souhaite mettre travailleur du sexe comme profession, nous l'accepterons. Il n'y a pas de problème avec cela. Après tout, c'est un des plus vieux métiers du monde. Nous respectons les droits de l'homme de tous ceux qui exercent un métier», a-t-il déclaré.
Les organisations humanitaires évaluent à 20 .000 le nombre de personnes travaillant dans le commerce du sexe, un secteur en plein boom dans ce pays de 146 millions d'habitants.
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Re: Bengladesh

Messagede Antigone le Dim 29 Aoû 2010 07:35

Le Monde - 25 aot 2010
http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html

Au Bangladesh, une mort sur cinq est dûe à l’arsenic

Araihazar District (Bangladesh) - l y a quelques mois, Atiq a vu des taches brunes apparaître sur ses bras et sur son torse. Cet agriculteur d'une cinquantaine d'années ignorait que l'eau collectée tous les jours dans le puits de son jardin était contaminée à l'arsenic, un élément chimique toxique. Atiq, qui vit avec sa famille dans une cabane en tôle, au milieu de rizières, se plaint d'être parfois fatigué. Il ignore qu'il est atteint d'un cancer.
"Malheureusement, le fait de le savoir ne changerait rien. Il n'y pas d'hôpital aux alentours qui puisse le soigner, et les traitements sont de toute façon trop chers", explique le docteur Alauddin Ahmed, du centre médical de l'université de Columbia. En 2000, l'université new-yorkaise a créé une clinique dans le district d'Araihazar, à deux heures de route de la capitale, Dacca, pour y étudier les effets de l'eau contaminée sur la santé de 12 000 villageois.
Résultat : une étude, publiée en juin dans la revue médicale The Lancet, indique que la moitié de la population bangladaise consomme une eau dont la concentration en arsenic est supérieure à la normale et provoque des cancers, du diabète ainsi que des maladies cardio-vasculaires.

4,8 millions de puits contaminés

D'après cette étude, au Bangladesh, un décès sur cinq est causé par l'arsenic. La population du pays subit "la plus importante contamination de masse de l'histoire", selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
"La magnitude du problème est cinquante fois supérieure à celle de Tchernobyl, mais elle attire cinquante fois moins d'attention", ajoute Richard Wilson, professeur de physique émérite à l'université américaine de Harvard.

Tout a commencé dans les années 1960. Pour lutter contre les épidémies du choléra et augmenter la production de riz, des millions de puits furent creusés avec l'aide financière d'organisations non gouvernementales (ONG). Dans les années 1990, des scientifiques découvrirent, mais trop tard, que cette eau souterraine était mortelle.
L'arsenic, qui existe à l'état naturel dans les sols, devient dangereux quand il est présent en concentration élevée dans certaines nappes phréatiques, à la suite de longs processus géologiques et chimiques. Près du quart des 4,8 millions de puits testés sont aujourd'hui contaminés à des niveaux jugés dangereux.
Mais l'empoisonnement à l'arsenic passe souvent inaperçu, faute de symptômes. "Ce qui n'est pas douloureux n'est pas perçu comme étant dangereux. Et il est parfois difficile de faire venir les villageois à la clinique, car c'est pour eux une journée de travail perdue", témoigne le docteur Tariqul Islam, responsable de la clinique de l'université de Columbia.

Chaque fois qu'un habitant du district d'Araihazar meurt, des enquêteurs de la clinique se rendent chez lui pour connaître ses antécédents médicaux, tester la teneur en arsenic de l'eau qu'il avait l'habitude de consommer, et en déduire les causes de son décès.
"Chez les populations exposées, le taux de mortalité est supérieur de 60 % à 70 % à la normale", explique Habibul Ahsan, le professeur de l'université de Chicago qui a dirigé l'étude publiée dans The Lancet.

Des solutions limitées

Soigner la contamination à l'arsenic est impossible : une fois absorbée, la substance reste dans l'organisme. Les médicaments étant inutiles, la clinique de Columbia teste les effets de la vitamine E et du sélénium pour améliorer la résistance de l'organisme aux effets de l'arsenic. La meilleure solution reste encore la prévention, soit en creusant des puits profonds, et donc coûteux, dans les nappes aquifères saines, soit en filtrant l'eau des puits contaminés.
Mais les réserves en eau du Bangladesh, un des pays les plus densément peuplés au monde, sont limitées. Les réserves aquifères ne sont pas suffisantes. Dans le sud-est du pays, où l'eau des rivières est salée, les habitants commencent à récolter les pluies de mousson. Cette solution est contraignante et n'est pas appliquée dans le reste du pays, car elle nécessite l'entretien de vastes réservoirs.

Lors de sa révolution verte, le Bangladesh a augmenté la superficie de ses rizières pour nourrir sa population. Or la culture d'un kilo de riz nécessite 4 m3 d'eau.
"Il n'est pas encore prouvé que le riz irrigué par de l'eau contaminée à l'arsenic soit dangereux pour la santé, mais nous savons que la contamination diminue la productivité des rizières", explique Yan Zheng, chargé des questions de l'eau au bureau du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) à Dacca. Des chercheurs travaillent à la création de variétés de riz génétiquement modifié pour résister à l'arsenic.
Dix-huit mille filtres à eau pour l'usage domestique, qui coûtent au minimum 100 dollars (79 euros), sont vendus chaque année aux ONG, qui les redistribuent à des prix modiques aux habitants des villages touchés.

Mais le plus difficile est de convaincre les villageois de les utiliser. "Même s'ils savent que l'arsenic est dangereux, ils ne changent pas forcément de comportement, témoigne Yan Zheng. Ils sont habitués à consommer la même eau depuis des dizaines d'années, et n'en voient pas encore les conséquences. Ils ont du mal à associer l'arsenic à une maladie qui tue." A tel point que l'Unicef envisage de faire appel à des psychologues spécialisés dans les changements de comportement.
A la décharge des habitants, il faut reconnaître que l'utilisation des filtres peut se révéler contraignante. Certains s'avèrent défectueux au bout de quelques mois, d'autres ne parviennent pas à faire disparaître l'arsenic d'une eau très contaminée.
Ce sont donc souvent des seaux remplis de sable qui servent de filtres, avec les risques de contamination par des bactéries et de maladies que cela entraîne. Et certains villageois rechignent à consommer une eau moins fraîche, et au goût différent, à laquelle ils ne sont pas habitués.
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