Etats Unis d'Amerique

Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Sam 10 Avr 2010 09:53

C'est un fait indiscutable que tous les Etats disposent de moyens qui permettent aux forces de répression d'intervenir sur ordre en utilisant l'arme de l'assassinat, de l'internement et de la terreur. Mais ce recours est loin d'être systématique. En tout cas, il ne faudrait pas tomber dans la paranoia.

Néanmoins, je ne nie pas que les milices paramilitaires existent et tendent à se multiplier aux Etats-Unis. J'ai posté plus haut (le 5 mars) un article qui en parle.
Mais je manie avec des pincettes tout ce qui provient d'une certaine presse dite "indépendante" comme le Grand Soir, Contreinfo, Alterinfo, mondialisation.ca, et leurs délires conspirationnistes.
Certains articles qui puisent leurs sources dans Fox News, parviennent même jusqu'à Courrier International. comme celui qui annonçait le mois dernier que le gouvernement américain se préparait à emprisonner des millions (oui je dis bien des millions) d’opposants dans des camps de concentration situés sur des bases militaires aux quatre coins du pays.
Si tu veux, je peux le mettre en ligne dans un topic que j'avais créé au début de l'année "les délires du net" (il y aura au moins une lecture).

Il n'y a rien de nouveau sous le soeil. Le scénario du complot contre la démocratie est tellement présent dans l'inconscient des américains qu'il a été utilisé maintes fois par Hollywood depuis le maccathysme.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede spleenlancien le Sam 10 Avr 2010 12:13

Tu as raison, Antigone,d'être vigilant et de soumettre les sources à la critique, c'est bien le minimum à faire si l'on veut être crédible.
Qui est Glenn Greenwald ?
C'est un avocat, journaliste spécialisé dans questions politico-juridiques. En 2006 il écrivit un best-seller "How would a Patriot Act ?"
http://translate.google.fr/translate?hl ... 1I7ADSA_fr
Qui est Keith Olberman ?
C'est un journaliste, présentateur sur MSNBC de l'emission Countdown. Dans cette émission il choisit de traiter les cinq sujets du jour qui lui paraissent les plus importants. C'est une émission phare de la gauche US.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Keith_Olbermann
Dans l'article que je propose, Greenwald commence par citer des articles du NYT et du Washington Post, généralement considérés comme serieux.Ce qui pose problème n'est pas Mister President puisse commander des "opérations spéciales" mais que celles-ci puissent concerner des citoyens US. C'est là que le bât blesse. :shock:

J'essaye moi aussi, avant de poster de me prémunir du danger de propager de fausses nouvelles mais je ne saurais prétendre à l'infaillibilité. Aussi je ne suis pas têtu et s'il s'avére que j'ai posté un hoax, j'éditerai immédiatement pour vous tenir au jus et m'imposerai 8 jours entiers à l'eau claire... :peur:
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Sam 1 Mai 2010 10:58

WSWS - 22 avr 2010
pour les anglophones; "Layoff notices sent to thousands of US teachers"
http://www.wsws.org/articles/2010/apr20 ... -a22.shtml

Des milliers de lettres de licenciement envoyées aux enseignants aux Etats-Unis
Par Andrea Peters

Des centaines de milliers d'enseignants des établissements solaires publics de tous les Etats-Unis risquent d'être licenciés à la rentrée prochaine.
Face à des déficits budgétaires énormes, les districts scolaires de tout le pays ont envoyé des lettres de préavis aux employés pour les avertir qu'ils ne seront probablement pas repris à la rentrée prochaine. Si c'est une hécatombe en Californie, dans l'Illinois, à New York, dans le Michigan et le New Jersey, pratiquement toutes les régions sont également touchées.

Ces lettres de préavis de licenciement ont été envoyées à 22.000 professeurs en Californie, 17.000 en Illinois, et 15.000 à New York. Les emplois de 8.000 employés des écoles publiques du Michigan, de 6000 dans le New Jersey, et de 5.000 en Oklahoma sont également menacés.
Et ces chiffres vont probablement augmenter dans les mois à venir. Les autorités de l'Illinois annoncent que jusqu'à 20.000 personnels d'éducation pourraient perdre leur emploi dans cet état. En Californie, 4.000 autres personnes pourraient être également licenciées.
Le Secrétaire de l'Education, Arne Duncan, annonçait en début de semaine que 100.000 à 300.000 postes de la fonction publique d'éducation étaient menacés. Une étude réalisée par l'American Association of School Administrators indique que 90% des administrateurs des districts scolaires du pays envisagent de réduire les emplois à la rentrée prochaine. Ce qui représente une augmentation d'environ 30% par rapport à l'année précédente.

Ces licenciements massifs sont dûment approuvés par l'administration Obama. Le 1 mars, Obama avait publiquement annoncé qu'il soutenait le licenciement de l'ensemble de l"'équipe pédagogique de Central Falls High School à Rhode Island.
Saluant cette mesure comme étant ce qu'il convenait de faire si les équipes ne réussissaient pas à augmenter les performances, il donnait ainsi le feu vert à une attaque en règle contre les enseignants de tout le pays. L'administration Obama a également lié des aides publiques fédérales indigentes à la mise en application de ces mesures, ainsi qu'à l'expansion des "charter schools". La crise que doivent affronter les écoles à la rentrée prochaine est aggravée par le fait que la plupart des états ont dépensé leur part des 100 milliards de dollars d'aides fédérales perçues en 2009. Le sénateur Tom Harkin a proposé un plan de sauvetage du système éducatif de 23 milliards de dollars. L'allocation d'une telle somme, qui ne représente que 6 milliards de plus que les coupes budgétaires qui ont été effectuées pour l'éducation en Californie ces deux dernières années seulement, serait, donc, dérisoire pour sauver le système éducatif aux US.
De toute façon, la législation proposée par l'élu de l'Iowa n'est que de l'esbroufe. Comme le faisait remarquer le New York Times, dans un article daté du 21 avril, la proposition de Harkin ne serait probablement pas adoptée car elle augmenterait le déficit actuel.
Certains secteurs des grandes villes sont particulièrement touchés par les licenciements d'enseignants. Detroit a averti 2.000 enseignants — 40 % de l'ensemble du personnel éducatif – qu'ils risquaient de se retrouver sans emploi en septembre.
Les préavis de licenciements arrivent juste après l'annonce par la municipalité de la fermeture définitive de 41 écoles en juin et de 13 autres d'ici les deux prochaines années.

A Los Angeles, qui a déjà réduit son budget pour l'éducation d'1 milliard de dollars l'an dernier, 5200 personnes ont reçu un préavis de licenciement le mois dernier. Depuis, 2000 postes auraient été sauvés suite à des négociations avec les syndicats, qui ont abouti à ce que les suppressions de postes soient remplacées par une réduction de l'année scolaire de cinq jours et une diminution de salaire en conséquence. Cependant, la ville risquant de subir de nouvelles réductions budgétaires pour l'éducation publique d'un montant de 600 millions de dollars pour l'année qui vient, de nouvelles suppressions de postes sont sans doute à envisager. A Chicago, les responsables de l'éducation publique comptent licencier 3200 enseignants et 880 non-enseignants. Dans la ville voisine d'Elgin, Illinois, qui représente le deuxième plus important district scolaire de l'état, 1.079 salariés ont reçu des préavis de licenciement.
C'est le même scénario catastrophique dans des localités, grandes ou petites, dans tout le pays. Les responsables de l'éducation publique à Cleveland, Ohio, ont annoncé 775 licenciements, dont 650 enseignants. A Flint, Michigan, où le budget de l'éducation est en déficit de 15 à 20 millions de dollars, 261 enseignants perdent leur emploi au mois de juin. Autour de Washington, le comté Prince George envisage la suppression de 800 postes. A Flagstaff, Arizona, 500 salariés ont reçu des lettres de licenciement – parmi lesquels des membres de l'administration, tous les conseillers d'éducation et les documentalistes, ainsi que les enseignants d'arts plastiques, de musique et d'Education Physique.

La liste est encore très longue. Tout cela contredit les affirmations officielles de reprise économique. Les rentrées fiscales, qui servent aux états à financer l'éducation publique, continuent de stagner ou de baisser. Les licenciements massifs ne sont qu'une facette de la crise. Une enquête réalisée par "l'Association of School Administrators" indique que 62% des districts scolaires du pays ont l'intention d'augmenter les effectifs des classes, 34 % envisagent la suppression de l'université d'été, et 13 % —en augmentation de 2 % par rapport à l'année dernière — envisagent d' imposer une semaine scolaire de quatre jours.
En outre, des établissements scolaires ferment, le service de ramassage scolaire est réduit ou supprimé et des programmes éducatifs ou extrascolaires sont supprimés.
Alors que les élus voués au capital profitent de la catastrophe fiscale des états pour démanteler le système public d'éducation, il y a des tentatives conjointes, avec l'aide des syndicats, de monter les différents groupes de la classe ouvrière les uns contre les autres pour empêcher une lutte commune.

En Californie, le gouverneur républicain Arnold Schwarzenegger est favorable à une législation qui permettrait de licencier les enseignants quelle que soit leur ancienneté. Schwarzenegger, qui a soutenu la réduction du budget de l'éducation de 17 milliards de dollars, tente actuellement de se poser en défenseur des jeunes enseignants qui se donnent du mal. Ce sont en général les premiers à être licenciés quand il y a des vagues de licenciements. Il est suivi en cela par de nombreux démocrates, parmi lesquels Gloria Romero, sénatrice de Californie et présidente du comité sur l'éducation au sénat US.
L'objectif du projet de loi n'est pas de protéger les meilleurs enseignants de l'état, mais plutôt d'économiser des millions de dollars en s'attaquant aux postes d'enseignants mieux payés et avec plus d'ancienneté pour les remplacer par des salariés plus jeunes et moins rémunérés. Cette législation a pour objectif de détourner la colère populaire générale contre les licenciements massifs pour la transformer en hostilité envers des enseignants plus âgés soi-disant "au bout du rouleau" et de semer la zizanie entre les enseignants eux-mêmes.

Les syndicats en Californie, qui sont contre ce projet de loi, contribuent à ces divisions en refusant de lutter pour défendre les emplois de tous les enseignants, quelle que soit leur ancienneté.
Partout, dans tout le pays, il y a des tentatives de faire adopter des lois qui augmenteraient les taxes sur les ventes et d'autres impôts pour renflouer les caisses publiques. Lors d'un rassemblement dans l'Illinois, mercredi dernier, au cours duquel des milliers de personnes manifestaient contre les réductions de postes dans l'éducation, la revendication principale des syndicats des salariés du public était de demander une hausse des impôts sur le revenu de 3 à 4%. Une telle mesure forcerait les gens qui travaillent, et qui perdent leur emploi et leur maison, à payer la crise économique, alors que, parallèlement, cela ne toucherait guère la fortune de ceux qui détiennent les richesses.

Les syndicats enseignants de tout le pays ont admis le principe que les réductions de postes sont nécessaires. Leur objectif principal a été d'exiger de siéger à la table des négociations afin de déterminer comment ces réductions vont être réalisées.
Dans certains cas, les syndicats négocient des baisses ou des gels de salaires à la place des suppressions de postes, comme cela s'est passé récemment à Los Angeles. Ces concessions, cependant, ne résoudront pas le problème des rentrées fiscales auquel sont confrontés les districts scolaires, et l'Etat reviendra à la charge pour en exiger encore plus. Les syndicats demanderont alors à leurs adhérents de faire de nouveaux sacrifices. En prouvant leur utilité à imposer une offensive contre l'éducation publique, les bureaucrates des directions syndicales cherchent à s'assurer que, quel que soit le nombre de postes supprimés, ils resteront en place.
Les licenciements massifs des enseignants et non-enseignants des établissements scolaires montrent bien qu'il est urgent que les travailleurs s'organisent à la base indépendamment des syndicats. Cette attaque contre les enseignants fait partie de l'offensive générale menée contre toute l'éducation publique, et il faut en appeler à l'union de tous les travailleurs pour mener une lutte commune. Les enseignants devraient se préparer à une grève nationale pour manifester contre tous les licenciements, les réductions de salaires et d'avantages sociaux, les fermetures d'écoles et les réductions d'offres d'enseignements.

Toute opposition se retrouve immédiatement face au fait que les professeurs vont devoir affronter sans doute une campagne bien orchestrée par tout l'establishment politique contrôlé par les groupes privés. Alors que des millions d'enseignants ont voté pour Obama dans l'espoir qu'il allait changer la politique de l'administration Bush, ils découvrent aujourd'hui que le président démocrate est leur pire ennemi.
La politique d'Obama obéit aux intérêts des élites financières qu'il représente. Après avoir distribué des milliers de milliards de dollars à Wall Street, le gouvernement prétend maintenant qu'il n'"y a pas d'argent pour l'éducation" ni pour les autres programmes sociaux. Les investisseurs de Wall Street, dont la relation avec le reste de la société est essentiellement parasite, empochent des salaires record, alors que les enseignants qui assument une des fonctions les plus importantes, sont contraints aux sacrifices.

La défense de l'éducation publique nécessite donc la transformation de la société aux Etats-Unis et dans le monde et d'en finir avec le système capitaliste.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Nico37 le Dim 2 Mai 2010 20:08

Les Tea Party, ces Américains racistes par patriotisme
Par Armelle Vincent | Journaliste | 09/04/2010 |RUE89

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Les Tea Party Patriots le 31 août 2009 en Arizon (Joshua Lott/Reuters).

Pour ces ultraconservateurs décomplexés, l'Antéchrist, c'est Obama. Rencontre avec ces « patriots » politiquement très incorrects.

L'idole des foules , Ann Coulter, a fait son entrée sur le podium de l'amphithéâtre de Henderson, une banlieue de Las Vegas, avec une bonne demi-heure de retard. Les trois mille « tea partiers » présents lui ont fait un accueil digne d'une diva.

Ann Coulter le 9 mars 2009 à New-York (Lucas Jackson/Reuters).Ils sont complètement excités à l'idée d'avoir bientôt l'honneur de l'entendre vomir sa bile. La plutôt jolie célibataire de 48 ans est une espèce de serpent venimeux. Longiligne, le ventre bien plat à l'air, l'abondante chevelure blonde flottant sur une petite veste noire cintrée, Ann Coulter est une experte dans l'art de débiter des propos haineux avec le sourire, et même en rigolant.

Chaque phrase sortant de sa bouche est une insulte pour quelqu'un, généralement un démocrate. La surenchère dans l'outrance des propos est son fond de commerce. Ses livres sont des best-sellers. Chacune de ses interventions, télévisuelle ou autre, est commentée. Ses conférences dans les universités sont toujours précédées de manifestations, voire d'émeutes.

Bref, à peine cette star de la politique est-elle apparue sur scène que le public s'est levé, a hurlé son nom en agitant des centaines de petits oriflammes, qui se sont superposés aux autres centaines de chemises, tee-shirts, casquettes, cravates taillées dans la bannière étoilée. Je me demande si les sous-vêtements de ce beau monde sont eux aussi des drapeaux.
Le réchauffement climatique ? Une lubie des communistes

A côté de moi, une grand-mère s'est exclamée au téléphone : « C'est merveilleux. Nous sommes entre patriotes, loyaux Américains. » Je regarde autour de moi. Pas un noir, ni un hispanique à l'horizon. Faudrait qu'ils soient masos pour venir entendre les conneries qu'Ann Coulter s'apprête sûrement à débiter.

Cela dit, la pasionaria est habile, malheureusement pleine de verve et de -mauvais- esprit. Elle démarre sur les chapeaux de roues. Pas question de décevoir ces braves gens qui sont venus assister à un lynchage verbal :

« Vous savez pourquoi je suis en retard ? En arrivant dans ma chambre d'hôtel, j'ai vu le petit mot laissé par la direction, vous savez celui qui vous demande de réutiliser les serviettes pour ne pas gaspiller l'eau ?

Devinez ce que j'ai fait ? J'ai ouvert tous les robinets et les ai laissés couler. »

Rires déchaînés de la foule. Nous sommes donc dans le Nevada désertique, qui souffre d'une grave pénurie d'eau. Elle poursuit :

« Vous savez que c'est l'Heure de la Terre ce soir, de 20 heures à 21 heures ? Ah ah ah… Alors, non seulement j'ai allumé toutes les lumières, mais j'ai ouvert les fenêtres [dans les hôtels modernes de Vegas, les fenêtres ne sont pas ouvrables, mais passons] et mis l'air conditionné à fond.

Et j'ai planifié toutes mes interviews télévisées entre 20 heures et 21 heures pour utiliser le plus d'électricité possible. »

C'est à mourir de rire. Le public est plié en deux. Le réchauffement climatique ? Quelle supercherie… Une lubie des communistes au pouvoir.

« Obama n'a pas gagné les élections »

Au cours des trois dernières semaines, j'ai passé un peu de temps avec des militants du Tea Party, ce mouvement de « libertarian » extrêmistes dont Sarah Palin et Ann Coulter sont les figures féminines préférées.

Je voudrais croire que certains membres au moins de cette nébuleuse sont des gens censés. Pourtant, si je m'en tiens à mon expérience, je n'ai croisé que des allumés, des hystériques, des paranos remplis de fiel et d'amertume.

On comprend leur colère : le chômage les guête, leurs moyens ont été réduits, ils sont souvent démunis. Pendant ce temps là, des cadres de Wall Street continuent de s'en mettre plein les poches et des politiciens corrompus amassent de petites fortunes sur leurs dos. Ce qu'on comprend mal, c'est qu'ils finissent par militer contre leurs propres intérêts.

« Les démocrates détestent les pauvres, ils veulent nous appauvrir davantage », m'a déclaré une jeune fille le mois dernier en Arizona, après avoir entendu un discours de Sarah Palin.

Sur le Président américain, j'ai entendu des trucs délirants :

« Nous ne sommes pas racistes puisqu'Obama n'est pas noir, il est Kenyan et nous considérons que seuls les noirs américains sont noirs. »

« On ne sait même pas si son nom est vraiment Obama, ni d'ailleurs si sa mère est vraiment sa mère. »

« Obama n'a pas gagné les élections. Il a engagé l'organisation Acorn pour inscrire des clodos, des poivrots et des morts sur les listes électorales afin d'être élu. »

Pour 24% des républicains, Obama est l'antéchrist

Ces gens inventent ou avalent les théories les plus farfelues pour justifier leur profond dépit d'être gouvernés par un président noir et leur désir de l'écarter une fois pour toutes du pouvoir. « Certains parlent de prendre les armes », m'a confié Carl Maness, un pasteur à mi-temps. « Ecoutez 104.1 “The Truth” [la vérité, ndlr] et vous verrez ».

J'ai suivi le conseil et me suis branchée sur cette radio diffusée dans le sud de l'Arizona. Je suis tombée sur la harangue furieuse d'un animateur qui, une minute, criait à la tyrannie, au communisme dont nous sommes désormais les victimes, et la suivante, dénonçait en termes injurieux le peuple indien puisque c'est lui qui profitera le plus de la réforme de la santé en amassant des fortunes sur le dos des Américains.

Ne me demandez pas d'expliquer, je n'ai strictement rien compris au raisonnement de ce forcené, sinon qu'il incitait à la haine et au racisme.

Un sondage mené par l'institut Harris vient de révéler que 24% des républicains et 14% des Américains sont persuadés que Barack Obama est l'antéchrist en personne ! Les membres de la milice chrétienne Hutaree démantelée récemment dans le Michigan opéraient justement guidés par la conviction que l'antéchrist occupe la Maison Blanche.

Le site Web World Net Daily soutient cette thèse avec « preuves » à l'appui. Il est de plus en plus fréquent de voir des illustrations du Président avec des cornes, des dents de Dracula, des yeux clairs cernés de rouge.
Près de mille groupuscules d'extrême droite aux Etats-Unis

Il ne suffisait plus qu'il soit déjà :

* Un sans-papier méritant la déportation (vu qu'il a fabriqué son acte de naissance),
* Un musulman clandestin soutenant secrètement des organisations terroristes,
* Un communiste sournois voulant imposer un régime marxiste,
* Un nazi comparable à Hitler,
* Un traître inféodé à un gouvernement mondial fantomatique auquel il aurait déjà livré le pays.

Depuis l'ascension au pouvoir d'Obama, on assiste à un retour en force des milices. D'après le Southern Poverty Law Center, une organisation qui traque les groupuscules d'extrême droite, leur nombre est actuellement estimé à 926, contre 602 en 2000.

Et la plupart sont armés jusqu'aux dents. A tel point d'ailleurs que les armureries ont du mal à fournir leurs clients en munitions. Aussitôt arrivées, elles s'envolent de leurs étagères. Un drôle de climat.
Nico37
 

Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Jeu 6 Mai 2010 16:46

Internationalism (CCI) - 05 avr 2010

Des étudiants californiens combattent les plans d’austérité

Le 4 mars 2010, après des mois de restrictions budgétaires draconiennes et de congés imposés dans le système d'enseignement supérieur à travers les États-Unis, diverses organisations, y compris un certain nombre d'organisations gauchistes, mais aussi anarchistes, ont appelé à une journée nationale d’action. Le slogan adopté était « sauvez l'éducation », une façon trompeuse de définir les questions en jeu, car il est utilisé pour maintenir le mouvement étudiant dans l'illusion du réformisme démocratique et aussi pour caractériser les coupes dans l'éducation publique comme « spécifiques » à ce secteur, comme si c'était le seul soumis à des attaques. C'est pourquoi il y a souvent une mauvaise définition de la question, comme si l’éducation était victime d’une émasculation politique. En fait, la crise de l'éducation est une conséquence directe de l'aggravation de la crise généralisée du capitalisme et la lutte des étudiants doit être comprise dans ce contexte. Le positionnement correct du mouvement étudiant dans un conflit de classe plus large est essentiel pour comprendre le dynamisme de la lutte alors que les contradictions du capitalisme s’exacerbent. Il est également important de comprendre les faiblesses, les limites, mais aussi les potentialités du mouvement étudiant, si l’on veut que ce potentiel se concrétise au maximum.

Le contexte : la crise économique

Personne ne sera surpris d’apprendre que la Californie est le théâtre des actions les plus nombreuses, les plus populaires et les plus préparées du mouvement étudiant. La Californie est le siège de trois systèmes d'enseignement supérieur : University of California (UC), California State University (CSU) et California Community College (CCC), le CCC étant le plus grand système d'enseignement supérieur au monde. Ces trois systèmes englobent respectivement 160 000, 433 000 et 3 000 000 d’étudiants, soit environ 10% de l’ensemble de la population de la Californie. La grave crise financière de l'État, avec un déficit de 20 milliards de dollars, a entraîné des restrictions que le gouvernement tente désespérément de conjurer en ne remboursant pas ses prêts. La situation en Californie est si grave que les grands dirigeants financiers, comme le directeur de la banque JP Morgan Chase, ont caractérisé la situation budgétaire de la Californie comme étant pire que celle de la Grèce. Cette situation a conduit « L'État du Soleil Brillant » à faire subir aux trois systèmes d'enseignement supérieur des réductions drastiques de plus en plus importantes. Pour l'année scolaire 2009-2010, il y a eu une réduction budgétaire totale de 1,7 milliard de dollars répartie de façon à peu près égale entre les trois systèmes, chacun d’entre eux devant trouver sa propre façon de s'y adapter. UC et la CSU ont augmenté leurs frais de scolarité de 30% et ont institué des réductions de salaires et de congés pour leurs employés, tandis que les campus du CCC ont réduit leur nombre de classes, au point que les étudiants ne peuvent pas s'inscrire dans les classes nécessaires au transfert ou à l'obtention d’un diplôme.

Cette situation est particulièrement toxique lorsqu'elle se combine avec la dette qui pèse souvent sur les diplômés de ces systèmes d'enseignement supérieur. La California Postsecondary Education Commission, une institution fédérale, a déclaré en 2007 que « la hausse des frais de scolarité et le coût élevé de la vie mettent la pression sur les familles à faible revenu et sur celles à revenu moyen, ce qui pousse les élèves et les parents à contracter des dettes importantes. » Il est à noter que ceci a été écrit en 2007, avant la crise financière, alors que depuis l’économie dégringole en spirale. Au moment du rapport, les dettes moyennes pour les diplômés des systèmes d'enseignement supérieur de Californie étaient de 12 459 $ pour une scolarité sur quatre années et de 9 214 $ pour une scolarité sur deux années. Ce n'est toutefois pas la fin de l'histoire, dans la mesure où, souvent, ces prêts sont encore aggravés par les prêts des parents des étudiants du premier cycle (PLUS), qui sont souscrits pour payer l'éducation de leurs enfants et qui se montaient respectivement en moyenne à 12 066 $ et 12 742 $. Cela permet de mieux percevoir le poids de la dette pour une multitude d'élèves dans le système éducatif de Californie.

C'est dans ce cadre que la nature de classe des attaques à l’encontre de l'éducation commence à prendre forme. La hausse du coût de l'éducation, qui se manifeste dans les fractions les plus vulnérables de la population étudiante comme le fardeau d’une dette croissante et les restrictions budgétaires aggravées par cette hausse forment le cadre des agressions généralisées et directes à l’encontre du niveau de vie de la classe ouvrière. Pour beaucoup, l’éducation fonctionnait comme un moyen de parvenir à une meilleure situation matérielle et le système public d'éducation en Californie fut jadis l'un des plus accessibles. Le mécanisme de la dette étudiante est utilisé pour incorporer la population étudiante dans l'appareil d'État et pour dissuader de prendre des mesures radicales. À bien des égards, les prêts aux étudiants d'aujourd'hui relèguent la condition d'étudiant à une forme moderne d'esclavage de la dette et cette condition tend à encourager la docilité. Alors que la crise du capitalisme s'approfondit, c'est la classe ouvrière qui est invitée à supporter le poids de ces mesures d'austérité pour résister à la tempête de la crise capitaliste. Cette opération se trouve répétée dans l’ensemble de l'économie. Comme la réalité de la crise assombrit les lunettes habituellement teintés de rose des économistes, même des plus optimistes, de la bourgeoisie, la classe ouvrière est de nouveau appelée à subir la force de la récession à travers des licenciements, des mises en congés, des réductions de salaire, et des suppressions de salaire social, comme l’illustre l’assaut actuel sur l'éducation publique.
Cette situation ne se limite pas aux États-Unis. Les mesures d'austérité sont annoncées dans tout le monde industrialisé. L'attaque de l'éducation en Californie est en lien direct avec les attaques portées contre la classe ouvrière à l'échelle mondiale..

Faiblesses et potentialités du mouvement étudiant

Le mouvement étudiant de Californie se comprend mieux non pas comme une entité en soi mais comme une constellation de mouvements. Bien qu'il existe de nombreuses idées présentes dans le mouvement étudiant, la plupart des étudiants organisateurs sont inévitablement inexpérimentés et souvent leurs actions font le jeu des syndicats. Avec les restrictions budgétaires qui affectent directement les travailleurs, sur chaque campus séparément, les syndicats sont dans une position de force pour maintenir une influence solidement établie.

Les étudiants sont mobilisés par les syndicats, souvent par groupes sur le campus, pour promouvoir une soi-disant solidarité « ouvrier-étudiant » et sont ensuite canalisés dans des actions visant à promouvoir le jeu syndical - d'où le slogan populaire dans les manifestations d'étudiants « Nous avons le pouvoir / Quel pouvoir? / Le pouvoir du syndicat ! » Au-delà de manifestations symboliques et inoffensives sur les campus isolés, les syndicats et leurs alliés dans la population étudiante font aussi la promotion de l'idéologie électoraliste qui invite les élèves à écrire à leurs députés à Sacramento et à faire pression pour une suppression des restrictions budgétaires. Ces demandes qui sont souvent formulées à partir d’une conception mystifiée de l'université et à travers la promotion de l'appareil syndical, empêchent la prise de conscience de la nature de classe de la crise elle-même. Les étudiants ignorent aussi bien le fait que l'État de Californie est tout simplement incapable de fournir le moindre financement dans le contexte d'un déficit massif et que le rétablissement des budgets des différents systèmes d'enseignement supérieur nécessiterait de l'État des réductions dans d'autres secteurs prétendument au service de la population : il n’y a rien à espérer du cadre étroit du chauvinisme syndical. Semblant se détacher

de ce cadre, il y a un camp constitué de leaders étudiants qui appellent à une responsabilisation des syndicats, mais à travers l'utilisation d'une rhétorique très idéologiquement raciste qui vise en réalité à remplacer la classe par la race. Lors d'une récente réunion de défenseurs de cette idée,, l'un d'eux a parlé de « recadrer le débat afin de comprendre que l'idéologie anti-noir a créé du capital ». L'accent est celui d’une rhétorique "anti-noir", mais développée dans le cadre d’une hiérarchie des opprimés, elle est présentée comme une forme d'analyse de la crise de l'éducation, comme une « crise raciale ». Ce cadre est incroyablement réactionnaire et il aggrave les divisions au sein du mouvement étudiant selon des critères raciaux. Ce groupe est numériquement marginal, mais il est influent, dans sa capacité à exploiter les divisions encouragées par la classe dirigeante depuis plus d'un siècle.

Il y a cependant des étudiants qui s’en libèrent et reconnaissent cette dichotomie comme deux manifestations bourgeoises qui se disputent les restes d'un système malade... Ces étudiants fonctionnent en suivant une ligne de valeurs largement communiste-libertaire et leur faveur va à une variété de tactiques souvent décriées par les syndicats et leurs partisans comme étant trop "incendiaires". Les tactiques de lutte populaire qu’ils préconisent sont l’occupation de bâtiments et diverses formes de protestations conflictuelles comme le blocage des autoroutes. Un slogan adopté dans ce camp est « tout occuper, ne rien demander », et ils sont fortement influencés par le situationnisme. Ils s'inspirent également dans une certaine mesure des luttes étudiantes grecques dans ce qu’ils décrivent comme leur assaut contre la « marchandisation de la vie » (bien que, si l'on considère que les étudiants grecs se sont également décrits comme appartenant à la «génération 400 euros », nous ne pouvons que nous demander quel accès aux «marchandises» les étudiants de Californie ont vraiment !) Théoriquement, ce regroupement est le plus susceptible d’avoir compris la crise de l'éducation comme faisant partie de la crise permanente du capitalisme. La base de leur slogan est que le capital ne peut pas se permettre la moindre concession, la moindre réforme, et qu’il reste donc à prendre en charge ce qui existe et à le réorienter pour une utilisation par tous. Ce groupe, bien que très habile à faire sa publicité, est encore une très petite fraction au sein du mouvement étudiant.

Ces divisions sont profondes et sont un gros handicap pour la dynamique portée par le mouvement étudiant. Une forme populaire d'organisation apparue sur les campus est constituée par des assemblées générales à la composition variée. Dépendant souvent entièrement de qui les a réunies, elles sont dominées par l'un des camps présentés ci-dessus et il devient très difficile d’aller de l’avant en présentant une opinion dissidente. C'est encore dû à l'inexpérience des nombreux étudiants qui se sont impliqués dans ce mouvement, ce qui permet aux bureaucrates syndicaux les plus expérimentés et à leurs partisans de transformer ces espaces en des plates-formes pour leurs organisations.

Toutefois, de nombreux étudiants sont de plus en plus conscients de la présence d’éléments opportunistes au sein du mouvement. Comme les contradictions de la démocratie capitaliste sont progressivement démasquées par l'arrogance de ses représentants et par leur incapacité à faire la moindre concession, une grande partie de la discussion au sein des assemblées générales les plus libres s’est orientée vers les idées concernant la solidarité étudiants-travailleurs par-delà les syndicats et la législation. Une certaine ambivalence existe toujours sur la question des grèves et sur celle d’un engagement plus militant dans la classe ouvrière, mais il y a une augmentation notable de la radicalisation de la population étudiante depuis le 4 mars.

Il y a un intérêt accru pour toucher non seulement les travailleurs mais aussi les élèves et leurs enseignants des lycées et collèges. Le succès arraché avec le rassemblement du 4 mars à Oakland où plus de 1000 étudiants sont sortis de leurs écoles et ont participé à un rassemblement - de nombreux orateurs n’avaient encore jamais parlé devant un public, mais de façon vraiment encore enfantine, ils gueulaient dans des porte-voix des slogans contre la casse du système d'éducation public. Il y a beaucoup d'énergie potentielle au sein du mouvement étudiant en Californie parce que, malgré les efforts de ceux qui cherchent à masquer la nature de classe de la crise, il y a un nombre croissant d’étudiants qui rejette l'ensemble de ce discours et cherche d'autres explications. Il y a une compréhension croissante que le problème auquel sont confrontés les étudiants n'est pas un problème de mauvaise gestion, mais de profonde crise du système de production qui affecte le monde entier.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede spleenlancien le Mar 25 Mai 2010 09:57

Du rififi chez les barbouzes, après la demission de Dennis Blair, Director of National Intelligence, le 20 mai 2010.

http://www.rue89.com/2010/05/24/terrori ... ris-152349

David Servenay, Rue 89 a écrit:La lune de miel Paris-Washington serait-elle terminée ? En matière d'échange de renseignements, les relations Obama-Sarkozy ont mis fin à une décennie de coopération tous azimuts, notamment en matière de lutte anti-terroriste. Alliance Base, structure multilatérale et opérationnelle, a fermé l'été 2009. Faute de résultats et en toute discrétion. Enquête.

Samedi, le New York Times révélait que la démission de Dennis Blair est en partie liée à un désaccord sur la politique franco-américaine en matière de renseignements. Le directeur du renseignement américain voulait imposer un pacte de non-espionnage entre les deux pays, un accord écrit que la Maison Blanche a refusé. Au grand dam de la présidence française.

Eté 2009, fin de l'expérience « Alliance Base »
Ce n'est pas le seul hiatus. Il y a un an, les patrons des services de renseignements de six pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Canada et Australie) ont discrètement mis fin à l'expérience « Alliance Base » lancée fin 2002 à Paris. L'information a été confirmée à Rue89 par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui refuse d'en dire plus.

Cette structure, logée dans des bureaux proches du SGDN aux Invalides, avait pour mission de mutualiser les échanges d'informations entre « grands » services, avec une dimension opérationnelle.

Autrement dit, Alliance Base pouvait recruter des sources, interpeller des suspects, les transférer vers des pays tiers ou encore s'assurer que les apprentis terroristes seraient placés en détention, grâce aux vertus du système judiciaire français. Elle a aussi pu mener des opérations de « neutralisation ». Bien sûr, personne ne confirme cette dernière tâche.

En 2002, l'affaire n'avait pas été sans complications. L'équipe de l'ancien patron de la DGSE, Jean-Claude Cousseran, s'y était d'abord opposée. Motif : pourquoi compliquer une coopération qui fonctionne déjà bien ?

Voici comment la présente Alain Chouet, alors chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE :

« Alliance Base a d'abord été une suggestion des Américains. A un moment donné, cela a posé des tas de problèmes sur le mode du “ qui fait quoi ? ”. C'est une vraie mauvaise idée : cela revient à faire monter des paras dans un sous-marin pour tirer dans la même direction. Pourquoi à Paris ? Il allait falloir que l'on explique cela à nos alliés des pays arabes. Cela ne nous paraissait pas pertinent, car la coopération fonctionnait et ça n'a rien apporté de plus en matière de qualité. »


Les Français renâclent, car en matière d'échange de renseignements, la règle du tiers est un principe cardinal. Lorsqu'une information émane d'un service étranger, le service réceptionnaire s'engage à ne pas la livrer à un tiers. Sinon, il prend le risque d'intoxiquer son interlocuteur. Et de s'auto-intoxiquer en retour.

Finalement, les Français acceptent Alliance Base après l'arrivée de Pierre Brochand en juillet 2002 à la tête de l'espionnage tricolore. Ils imposent au dispositif leur langue de travail et un patron : le général Gérard Martinez, numéro 2 de la direction de la recherche de la DGSE, chargé un temps des relations avec les services étrangers. La cellule est pleinement opérationnelle au printemps 2003.

Quel bilan ? Quels résultats ?
Combien d'opérations a-t-elle mené ? L'information est classifiée « secret-défense ». Certaines sources citées par les premières enquêtes du Washington Post en 2005 puis par des médias français, avancent le chiffre de 60 suspects arrêtés. Où, quand, comment ? Là encore, dans la communauté française des spécialistes de l'anti-terrorisme, le bilan est aussi méconnu que la structure.

Pour Yves Bertrand, inamovible patron des Renseignements généraux (1992-2004), et à ce titre animateur des réunions du groupe Minorités associant une fois par semaine l'ensemble des services engagés dans la lutte anti-terroriste, les Américains avaient un intérêt objectif à initier ce type de structure :

« Les Américains ne nous prenaient pas au sérieux avant le 11 septembre. Après, cela a changé, car l'événement a été le révélateur du danger. Nous avions l'héritage des colonies qui a fait que nous avons été les premiers à subir la montée du fondamentalisme islamique. »


En clair, Washington met sa puissance technologique et financière au service de « l'axe du bien », en échange de l'apport indispensable des réseaux humains légués par l'Histoire aux anciens empires coloniaux (France et Royaume-Uni).

Ne pas mélanger renseignement et judiciaire
Christian Ganczarski, un Allemand arrêté en juin 2003 à Roissy débarquant d'un vol en provenance d'Arabie Saoudite, semble avoir été l'une des cibles d'Alliance Base. En février 2009, il a été condamné par la justice française à dix-huit ans de réclusion criminelle pour complicité dans l'attentat contre la synagogue de Djerba qui avait fait 21 morts en 2002.

Ganczarski avait alors été présenté par l'accusation comme un proche d'Oussama Ben Laden et le responsable des télécommunications et de l'informatique utilisées par Al Qaeda.

Depuis sa fermeture, les avis sont plus mitigés sur l'efficacité de la cellule créée à Paris. Pour les Etats-Unis, l'avantage était de voir une telle structure délocalisée hors de leur territoire. Comme le résume crûment Alain Chouet :

« Après 2001, c'est le branle-bas de combat. Les politiques disent : “ On met tout sur la table ”. Le système bulldozer américain se met en place. On fait un “ zinzin commun ” où tout le monde va tout se dire.

J'étais assez réservé, car on ne peut pas mettre en commun des informations à usage judiciaire et des informations à usage action. Vous polluez les procédures judiciaires et vous cassez le renseignement, car un juge a besoin de l'identité des gens et du cheminement de l'information. Au pire, on risque l'intoxication du canal de communication et au mieux la fin du renseignement. »


Christophe Chaboud, ex-chef de l'Unité de coordination de la lutte contre le terrorisme (Uclat) et seul officiel à avoir commenté l'existence d'Alliance Base (cela lui a d'ailleurs coûté sa carrière) expliquait en septembre 2006 sur France Info :

« C'est un dispositif opérationnel d'échanges et de mise en commun d'un certain nombre d'éléments, qui permettent d'améliorer l'efficacité des services qui y participent. Il y a eu des résultats positifs, quelques-uns, mais très significatifs. »


Lesquels ? La réponse est aux archives pour une bonne soixantaine d'années.

L'anti-terrorisme inspirée par la lutte anti-narcotique

Contrairement aux idées reçues, l'administration Bush n'est pas à l'origine de la structure qui servit de modèle à Alliance Base. Les « Counter-terrorism intelligence centers » (CTIC) visant des cibles islamistes ont été créés à la fin des années 90 pour intensifier la lutte contre les foyers islamistes des Balkans et dans le Caucase. Eux-mêmes étaient inspirés de la lutte anti-narcotique mise en place par la CIA en Amérique du sud.
Après le 11 septembre, le réseau des CTIC s'est étendu au continent africain. A Alger, Abdelaziz Bouteflika a très vite accepté, sous la pression des généraux, le principe d'une coopération renforcée en matière de lutte anti-terroriste. Dès 2002, l'Algérie est devenue le poste avancé de cette nouvelle guerre.

Rapidement suivie par le Sénégal et la Côte-d'Ivoire, qui ont accueilli au même moment des CTIC locaux : équipés et formés par les Américains, pour soutenir les services secrets locaux.

Il y a tout juste un mois, les pays frontaliers de la zone sahélienne ont inauguré à Tamanrasset un comité d'Etat-major commun, sorte de centre de renseignement destiné à coordonner les milliers de soldats engagés dans la répression des bandes armées qui sillonnent le désert, au nom d'Al Qaeda.

En installant à Paris le « QG de la croisade », comme le surnomme Alain Chouet, Jacques Chirac a donc pris un certain risque politique, au moment où la France refusait d'entrer en guerre contre l'Irak :

« A l'époque, nous ne voulons pas laisser penser à nos interlocuteurs des pays arabes que nous épousons les thèses américaines. En accueillant Alliance Base, la France se désigne comme cible. Le quartier général de la croisade est à Paris. Donc on fait le boulot, mais on la ferme. »


Aucun responsable politique n'a d'ailleurs livré le moindre détail sur cette croisade secrète.



Le Monde du 25 mai donne d'utiles infos complémentaires : http://www.lemonde.fr/ameriques/article ... _3222.html

+ d'infos sur le CTIC (en anglais) : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/co ... 02070.html
Les articles du Washington Post sur Alliance Base (en anglais) : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/co ... 00530.html
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Jeu 17 Juin 2010 13:15

Le Monde - 17 jun 2010
http://www.lemonde.fr/ameriques/article ... r=RSS-3208

Etats-Unis : un homme condamné à mort sera fusillé vendredi

Vendredi 18 juin aux Etats-Unis, un condamné à mort va être attaché sur une chaise devant un peloton d'exécution. Un événement très rare, vestige de pratiques d'"un autre âge" selon les abolitionnistes, dans un pays qui met à mort couramment par injection.

Ronnie Lee Gardner, 49 ans, a décidé le 23 avril qu'il préférait mourir sous les balles plutôt que par intraveineuse. L'Etat de l'Utah a aboli cette méthode d'exécution en 2004 mais les habitants du couloir de la mort condamnés avant cette date conservent le droit de choisir entre les deux possibilités.

M. Gardner sera le troisième homme à être fusillé depuis le rétablissement de la peine de mort aux Etats-Unis en 1976, le 1 217e en tout. La seule autre méthode encore utilisée aux Etats-Unis reste la chaise électrique, choisie par quelques rares condamnés dans les Etats où elle fonctionne encore.

Même si elle devenue rarissime, l'exécution par balle connaît un rituel aussi rodé que les autres. A 00 h 05 locales (8 h 05 à Paris), le condamné va être solidement attaché à une chaise, dans la chambre d'exécution. A moins de 8 mètres en face, cinq représentants des force de l'ordre armés de fusils, dont un avec des balles à blanc.

Une cible en tissu blanc sera épinglée sur son cœur, une bassine à ses pieds pour recueillir son sang, selon la presse locale. Lorsqu'il aura prononcé ses dernières paroles, sa tête sera recouverte d'une cagoule et les cinq bourreaux feront feu, sans savoir lequel provoquera la mort du condamné. Les témoins présents ne pourront pas voir le visage des tireurs.

LA FAMILLE DE LA VICTIME OPPOSÉE À L'EXÉCUTION

"Il est difficile de comprendre comment nous pouvons encore pratiquer cette forme de barbarie", explique Elisabeth Semel, professeur à l'université de Berkeley et spécialisée dans les questions de peine de mort. "Le peloton d'exécution est tellement anachronique !" ajoute cette spécialiste opposée à la peine capitale. Selon elle, être fusillé est la méthode la plus rapide et la moins douloureuse de mourir.

En 1977 et plus récemment en 1996, deux condamnés à mort avaient déjà réclamé le peloton d'exécution. L'Utah a exécuté six personnes depuis 35 ans. "L'Utah est un Etat à prédominance mormone, ses choix politiques sont très influencés par les mormons et dans cette religion, l'idée de l'expiation par le sang est très significative", explique Mme Semel, en rappelant toutefois que plusieurs responsables de l'Eglise mormone ont publiquement condamné l'exécution de vendredi.

Ronnie Gardner a été condamné en 1985 pour le meurtre d'un avocat pendant qu'il tentait de s'enfuir du tribunal où il était jugé pour un meurtre l'année précédente lors une attaque à main armée. La famille de la victime, Michael Burdell, réclame la commutation de sa peine en prison à vie. "Si les droits des victimes existent bien, Michael n'aurait pas voulu que Ronnie Lee soit exécuté", a déclaré son ancienne compagne lors d'une audience devant le comité des grâces de l'Utah.

"Le peloton d'exécution attire beaucoup d'attention, c'est pourtant une anomalie qui arrive dans un contexte où la peine de mort est elle-même sous le feu des critiques", a assuré Diann Rust-Tierney, directrice de la Coalition américaine pour l'abolition de la peine de mort. "Les gens regardent différemment aujourd'hui la manière dont nous dépensons nos maigres ressources pour une poignée de condamnés", a-t-elle ajouté, en rappelant le coût exorbitant de la peine de mort aux Etats-Unis.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede BlackJoker le Jeu 17 Juin 2010 14:41

"Le peloton d'exécution est tellement anachronique !"

Clair. C'est tellement plus moderne, doux et démocratique la petite piqure, qu'on se demande pkoi utiliser l'exécution à l'ancienne! Remarque ça occupe 5 personnes pour tuer le type, peut être une mesure efficace face au chômage!
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Ven 18 Juin 2010 11:23

Ce qui est effrayant de remarquer, c'est que tous les détails qui participent à la cérémonie de l'éxécution ont été ajoutés les uns après les autres, au fil de l'Histoire des Etats-Unis, à la demande de fonctionnaires de Justice et de gouverneurs. Les procédures utilisées pour l'organisation de cette éxécution représentent la somme des "recherches" effectuées depuis que les armes à feu existent pour mettre en scène la mort d'un individu.
Il faut avoir l'esprit perturbé et une imagination maladive pour avoir l'idée de donner des cartouches à blanc à l'un des membres du peloton. il faut croire que le jour où on a eu cette idée géniale pour donner un peu de piment à une éxécution, le spectacle a été tellement apprécié que les autorités ont dû s'en féliciter et se dire "on fera pareil pour le prochain"... et ainsi de suite.
On comprend alors pourquoi les procédures de mise à mort doivent être respectées à la lettre et reproduites avec soin. Elles représentent la quintescence d'une culture.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Polack le Ven 18 Juin 2010 18:11

j'espère que les derniers mots du condamné ont été pour ses bourreaux.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede conan le Ven 18 Juin 2010 20:45

Voilà un texte qui traduit bien l'essence du réformisme... :confus:
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede spleenlancien le Mer 23 Juin 2010 18:20

On a presque oublié la marée noire de Louisianne. Hélène Crié-Wiesner nous brosse un tableau réaliste de la situation.

Article original : http://www.rue89.com/american-ecolo/201 ... unis-15596

Hélene Crié-Wiesner, Rue 89 a écrit:
On va au bout du monde, à la fin de la langue de terre carrossable longeant le Mississippi au sud, pour voir le pétrole, pour contempler ce désastre tellement spectaculaire vu d'avion, vu de la mer, vu en gros plan télé sur les oiseaux mazoutés. Mais il n'y a presque rien à voir.

Pas de pétrole à terre. Seulement des hommes affairés, des bateaux à quai, des pêcheurs devenus nettoyeurs, des gardes, des militaires, des shérifs, des engins de chantier. Mais pas de pétrole. Les marais côtiers ne sont certes pas très propres, mais pas plus sales que d'habitude. Les oiseaux s'y plaisent toujours, apparemment.

Pour voir un peu de ce pétrole qui s'écoule toujours à gros bouillon au large des côtes de Louisiane, il faut naviguer une bonne heure en partant de Venice, l'endroit accessible en voiture le plus proche des zones touchées à l'embouchure du Mississippi. Il faut surtout payer dans 800 dollars (651 euros environ) pour monter sur un bateau.

Les pêcheurs ne vont pas vous y conduire gratuitement. Et même quand vous pouvez payer, si ce n'est pas pour louer leur bateau une journée entière, ils ne seront disponibles qu'après avoir terminé leur contrat quotidien avec BP, avec les gardes-côtes fédéraux, avec les scientifiques, les politiques, les chaînes de télé cousues d'or, qui tous allongent le prix en vigueur -pas le même que d'habitude- : entre 250 et 400 dollars de l'heure (entre 203 et 325 euros environ).

« Du boulot bien payé, il y en a pour tout le monde »
C'est ainsi que ça marche à Venice, complexe portuaire sans vrais habitants, simplement doté de trois hôtels et quelques restaurants. Ce sont les cuves de stockage et les tuyaux qui font exister Venice, les entrepôts de Conoco, Exxon, Halliburton et autres businesses gaziers et pétroliers. La pêche aussi, à la crevette surtout.

Evidemment, aucun bateau ne sort plus pour pêcher, c'est interdit. Mais sur le court terme, les patrons pêcheurs de Venice ne sont pas à plaindre : BP loue toutes les embarcations disponibles, pour transporter ses nettoyeurs en CDD au large ou sur les rivages.

John Ryan Nader, jeune boss d'un business de construction à Bâton-Rouge, qui a étendu son affaire à Venice en louant des bateaux aux boîtes pétrolières (et aux journalistes à l'occasion), se frotte les mains ces temps-ci :

« Quand à Venice vous voyez des bateaux à terre en journée, c'est parce que leurs propriétaires ont choisi d'y rester. Soit ils ont d'autres revenus, soit ils détestent BP, soit ils préfèrent attendre les indemnisations promises.

Personne n'a le droit de se plaindre : du boulot bien payé, il y en a pour tout le monde. Maintenant, sur le plan écologique, c'est une catastrophe. Mais c'est autre chose. »


C'est vrai pour Venice, pas forcément ailleurs, où tous ceux qui veulent bosser pour BP n'ont pas trouvé à s'embaucher. Mais ici, le chômage n'existe pas, ni avant la marée noire, ni maintenant.

Les CDD de BP surnommés les « contrats du désastre »

Ils sont des centaines d'hommes à remplir les hôtels locaux, les mobile homes crasseux installés sur les parkings industriels, ou à dormir dans leurs voitures le temps d'un contrat. Des « desaster's contracts » (contrats du désastre), comme on les a baptisés, ou « spill's contracts » (contrats de l'écoulement).

Pas un hôtel libre à 200 kilomètres à la ronde autour de Venice. Pareil à Grand Isle, un endroit de la baie qui a été très pollué mais dont les plages sont désormais quasi immaculées, nettoyées sans relâche par l'armée de petites mains payées par BP. Propres jusqu'au prochain coup de vent à venir. Propres mais interdites au public.

Grand Isle est une longue langue de sable perpendiculaire à la côte, une de ces « barrier islands » qui, le long des côtes, protège les gigantesques et légendaires marais louisianais. L'été, l'endroit est normalement dévolu aux vacanciers. Désormais, ce sont les travailleurs qui gardent la commune en vie.

Tôt le matin, à l'heure du déjeuner, et encore le soir, une flottille de bus scolaires jaune vif vient déposer et récupérer les hordes de nettoyeurs. Leur travail est harassant dans l'humidité torride. Il leur faut des pauses et beaucoup d'air conditionné pour récupérer.

Les mêmes scènes sont visibles sur les rivages du golfe, de la Louisiane à la Floride, partout où les boulettes de pétrole sont déjà arrivées. Avec des variantes : bateaux de ramassage au lieu de bus, boudins absorbants au lieu de balais et de râteaux, unités flottantes de décontamination des bateaux au lieu de bacs à laver les bottes.

Tchernobyl, seule comparaison possible

Je ne donnerai pas ici le montant de ce qui a déjà été dépensé par BP, ou par les gouvernements locaux et fédéraux, pour combattre les effets de la marée noire. Les chiffres grimpent tout le temps, il suffit de savoir que c'est colossal.

L'ampleur de la mobilisation humaine et technique donne le vertige. A ce jour, BP a loué 447 bateaux juste pour nettoyer, aspirer, brûler le pétrole, et loger des travailleurs. Au total, 6 310 vaisseaux de toute sorte sont à pied d'œuvre. Environ 35 000 travailleurs temporaires sont rémunérés par BP.

Dans le genre, une seule comparaison me vient à l'esprit : ce que j'ai vu à Tchernobyl, juste après et dans les années qui ont suivi l'accident de 1986.

Des hommes par dizaines de milliers, affectés à un travail de fourmi, recommençant inlassablement. Des technologies dérisoires face à ce qu'il faut combattre. Des coûts faramineux. Une bureaucratie géante et démente. Une hiérarchie des tâches complètement folle, erratique.

A terme, l'URSS a fini par s'effondrer sous le poids de cet ultime coup de boutoir, mais c'est une autre histoire.

La logistique de guerre, réponse du pouvoir fédéral

La logistique à mettre en œuvre pour gérer une telle catastrophe est d'une complexité folle. A Tchernobyl, les autorités soviétiques avaient créé de toute pièce une structure mi-industrielle, mi-gouvernementale : le « kombinat ». Aujourd'hui aux Etats-Unis, BP joue le rôle du kombinat.

Au niveau fédéral, ce désastre est géré comme une guerre. Les Etat-Unis ont un certain entraînement de ce côté-là, ça va. Passé l'improvisation des deux premiers mois, le gouvernement fédéral commence à mettre en place un commandement central à peu près cohérent, à reprendre les rênes trop longtemps abandonnées à BP.

Il n'empêche qu'avec toute l'animosité du monde envers BP, on ne peut que constater une chose : opérer en mer, passer des contrats avec les professionnels des ports et de la logistique en mer, ce n'est pas quelque chose qui s'improvise, fût-ce au niveau des US Coast Guards ou de la présidence.

BP est responsable de la catastrophe, BP était aussi le seul à pouvoir engager les moyens stupéfiants qui sont en œuvre aujourd'hui. BP y laissera plus de plumes que certains ne le croient. L'Etat et les politiques n'ont plus qu'à encadrer sévèrement la gabegie financière qui se profile.

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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Dim 18 Juil 2010 10:22

Changement de société (blog)
http://socio13.wordpress.com/2010/07/12 ... -cockburn/

Les heures les plus sombres pour les uns, une époque faste pour les autres
par Alexander Cockburn (site "Conterpunch" du 09 juillet 2010)
[Le titre original «It was the best of times, it was the worst of times» est la première phrase de "A Tale of Two Cities" de Charles Dickens]

Ce sont des heures sombres. Les Etats-Unis plongent dans une dépression. Sur deux états-uniens en âge de travailler, un seul a un emploi.
Il y a quarante ans, cela aurait pu jouer. Papa allait à l’usine; maman restait à la maison s’occuper des enfants. Actuellement, juste pour tenir la route, maman et papa doivent tous les deux travailler, et les enfants vont à la crèche.

Si vous cherchez du travail en ce moment, cela prendra en moyenne jusqu’en avril 2011 pour que vous trouviez quelque chose. Au cours des deux derniers mois, plus d’un million d’Américains ont simplement renoncé à chercher un emploi, alors même qu’ils arrivent au terme des prestations de chômage. Ironiquement, ceux qui arrêtent de chercher du travail sont officiellement comptés comme des «découragés» et ne figurent pas dans les statistiques officielles du chômage. C’est d’ailleurs la seule raison pour laquelle le chiffre des chômeurs n’est pas monté en flèche pour atteindre des chiffres records.

Près de 10 millions d’Américains sans emploi ne reçoivent aucune prestation. Un enfant sur cinq vit en dessous du niveau de pauvreté – parfois de 50% en dessous – ce qui le range dans la catégorie de «l’extrême pauvreté». Partout dans les Etats-Unis, dans un Etat après l’autre, les caisses sont vides. L’Etat de l’Illinois [capitale Springfield, ville la plus importante: Chicago], celui d’où vient Barack Obama, est de fait en faillite. Il en va de même pour la Californie. Quarante-six des 50 Etats croulent sous d’énormes déficits.

Les mesures pour stimuler l’économie ont échoué. Le marché du logement est en chute libre. Il y a quelques mois, des analystes de ce marché avaient prédit qu’il y aurait encore cinq millions de saisies entre maintenant et 2010, et il semble qu’ils aient eu raison.
40 % des propriétaires de maisons menacées de saisie ont déjà chargé leurs affaires sur leurs 4 x 4, jeté les chaises en plastique dans la piscine et renvoyé les clés à la banque [aux Etats-Unis, une fois cela fait, la banque ne peut plus vous réclamer la dette hypothécaire non-payée]. Seules 30% des saisies ont été remises sur des listes de maisons pouvant être vendues. Les banques retiennent les autres pour éviter d’inonder le marché et faire encore plus s’écrouler les prix.

Pour des dizaines de millions d’Etats-uniens, la maison est un bien aussi central et crucial que ne l’était le porc pour une famillepaysanne irlandaise au XIXe siècle. Selon un vieux dicton irlandais, le cochon était «l’homme qui avait sa place près du foyer». Autrement dit, il avait une place d’honneur. Si le cochon mourait, la famille mourait de faim. Si on soustrait 20% à la valeur totale du logement [la valeur estimée d’une maison est décisive, car elle sert de collatéral auprès d’une banque pour l’obtention d’un crédit] Etats-Unis aujourd’hui, cela signifie donc des années de crépuscule besogneuses et, bien sûr, un couteau de plus planté dans le ventre de l’ensemble de l’économie.

Et pourtant… même si on ne peut pas dire que ce soit la meilleure époque, on ne peut pas prétendre que les Etats-Unis soient fauchés. Ce n’est pas le cas. Comme le remarquait Carl Guinsburg sur ce même site la semaine dernière: «Les Etats-Unis regorgent d’argent. C’est un pays très, très riche avec des montagnes et des montagnes d’argent. Les comptes privés états-uniens contiennent approximativement 10 mille milliards de dollars en argent et en liquidités. Du côté des entreprises, les firmes non financières états-uniennes détiennent plus de 1.8 mille milliards de dollars, ce qui constitue une augmentation de 26 % par rapport au mois de mars de l’année passée – c’est l’augmentation la plus importante enregistrée depuis la tenue de ces statistiques en 1952.»

Le problème est que les banques ne veulent pas prêter de l’argent, parce qu’elles pensent que les Etats-uniens ordinaires sont trop fauchés pour rembourser et payer les intérêts. Les Etats-uniens ordinaires sont d’accord. Durant la dernière décennie, ils ont porté en avant les Etats-Unis sur le dos de leurs cartes de crédit, et ils sont à bout de ressources.

Dans le jargon mesuré du FMI. «Les crises financières font souvent suite à des périodes d’expansion rapide des crédits et de fortes augmentations des prix des actifs [actions, immobilier, etc.]. Après ces récessions, les reprises sont souvent freinées par une demande privée et un crédit faibles qui reflètent en partie les tentatives des ménages d’augmenter les taux d’épargne pour rétablir les bilans.
Les récessions synchronisées à niveau mondial sont plus longues et plus profondes que les autres.»

Pour éclairer le texte ci-dessus: la récession de 1980 a achevé le Président démocrate Jimmy Carter, la récession de 1992 a fait de même pour le républicain Georges Bush Senior et a amené Bill Clinton à la Maison-Blanche. La récession de 1980-1982 et celle du début des années 1990 ont eu une dimension mondiale. [L’actuelle crise s’effectue dans le cadre d’une économie mondiale capitaliste structurée de manière différente avec la place nouvelle occupée par certains pays dits émergents, comme la Chine, l’Inde, le Brésil…]

Les Etats-Unis sont bien sûr incroyablement riches. Sinon, comment pourraient-ils offrir des déductions légales d’impôts qui permettent aux Etats-uniens de déduire les contributions qu’ils font aux Israéliens qui établissent des colonies illégales en Cisjordanie? Comment pourraient-ils payer deux millions de dollars par semaine pour l’Afghanistan – à moins que ce ne soit par jour? – pour soudoyer – directement ou indirectement – les talibans pour qu’ils laissent circuler les convois d’approvisionnement des troupes de l’armée états-unienne, lesquels convois doivent permettre à la contre-insurrection contre les talibans de se poursuivre, sinon de prospérer ?

La contre-insurrection, cela signifie des drones qui tuent des civils, ce qui profite aux talibans. Mais les drones signifient aussi des emplois aux Etats-Unis qui ne créent pas assez d’emplois. Comme l’a fait remarquer Laura Flanders dans l’émission F Word sur la chaîne Grit TV, la Garde Nationale du Wisconsin projette de construire une nouvelle base de 8 millions de dollars pour des drones. La Whiteman Air Force Base au Missouri deviendra une base de contrôle de drones. Au Dakota du Sud, la Ellsworth Force Base près de Rapid City a également gagné un contrat pour des drones.

Dans toutes ces localités, ces nouvelles ont suscité de l’allégresse: «C’étaient d’excellentes nouvelles pour la Ellsworth Force Base et pour la collectivité de Rapid City», déclarait la chaîne locale Black Hills Fox. Ike Skelton, le député démocrate du Missouri à la chambre des représentants, a confié qu’il avait travaillé durant toute une année pour obtenir le Predator [drone de l’armée de l’air, d’altitude de croisière moyenne et de longue autonomie] pour cette base. L’éditorial du Rapid City Journal jubilait: «Rapid City et le Sud Dakota sont fiers de Ellsworth et de ses nombreux partisans ».

C’est également une époque faste pour les républicains. Ils ont de toute manière peu de sympathie pour les chômeurs-chômeuses et ils sont très motivés politiquement afin de pouvoir utiliser l’élection de midterm [élections de mi-mandat durant lesquelles les représentants de la Chambre des représentants sont réélus et 33 des membres du Sénat sur 100] du 2 novembre 2010 pour attribuer la responsabilité de la dernière en date des «époques la plus sombre» à l’administration Obama et aux démocrates.

Dean Baker, qui co-dirige le Center for Economic and Policy Research (Centre de recherche économique et politique) à Washington DC, a expliqué dans son article, «The Party of Unemployment», publié sur ce site de Counterpunch, l’arithmétique écœurante et impitoyable des Républicains : «L’Etat et les gouvernements locaux ont réduit leurs emplois en moyenne de 65’000 dollars par mois au cours des derniers trois mois [comme ils sont tenus de le faire, puisqu'ils sont légalement obligés d'équilibrer leurs budgets]. Sans une aide substantielle du gouvernement fédéral, ce rythme va vraisemblablement s’accélérer. Le projet des républicains de blocage de l’aide aux Etats pourrait ajouter encore quelque 300’000 personnes à la liste des sans emploi d’ici le début novembre. Le blocage par les républicains de l’extension des prestations de chômage [elles devaient passer à 9 mois, mais pour des raisons budgétaires elles restent à six mois] présage des résultats du même genre. Les prestations de chômage ne servent pas uniquement à fournir un revenu à ceux qui n’ont pas de travail, mais stimulent également l’économie, et c’est la raison pour laquelle les républicains tenaient tellement à les couper.»

C’est une époque très sombre. Les gens sont abattus. Je rencontre tous les jours des jeunes qui disent qu’ils ont simplement renoncé à regarder les nouvelles, tellement tout est déprimant.

Le 6 juillet, le Washington Post a publié un article par Kimberley Kindy qui établissait «qu’au cours des 77 jours où le pétrole du Deepwater Horizon s’est déversé dans le Golfe du Mexique, BP [British Petroleum], n’a récupéré ou brûlé qu’environ 60% de la quantité qu’il avait promis aux régulateurs qu’il pouvait enlever en un seul jour.»
En date du lundi 5 juillet 2010, avec environ 2 millions de barils [un baril équivaut à 159 litres] déversés dans le Golfe, les opérations de récupération qui avaient été vantées comme étant la clé pour prévenir un désastre environnemental ont prélevé moins de 900 barils par jour.

Comme l’écrivait William Empson dans son poème «Missing Dates»: «Lentement le poison remplit le réseau sanguin… Les déchets restent, le déchet reste et tue». En voyant le golfe du Mexique mourir sous nos yeux nous ne pouvons que sentir que nous affrontons les heures les plus sombres.
(Traduction A l’Encontre).
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Sam 24 Juil 2010 18:54

WSWS - 16 jul 2010
Pour les anglophones, l'article original "Imprisoned for debt in America"
http://www.wsws.org/articles/2010/jul20 ... -j16.shtml

En prison pour dette en Amérique
par Nancy Hanover

Aujourd'hui, aux Etats-Unis, on incarcère des gens qui n'ont pas payé leurs dettes, alors que la peine de prison pour dette a été abolie en 1933.

Le quotidien Minneapolis Star-Tribune raconte ces arrestations, en hausse dans tous les Etats-Unis, souvent dues à la pauvreté. Au cours des quatre dernières années, dans le Minnesota, le recours aux mandats d'arrêt contre les personnes endettées a fait un bond de 60%, avec 845 cas en 2009.
L'article indique que parfois le montant de la dette ne dépassait pas 85 dollars.

Le moyen utilisé pour forcer les pauvres à rembourser, c'est le mandat d'amener. Les travailleurs ne sont pas effectivement incarcérés pour dette mais pour n'avoir pas répondu à la convocation du tribunal.
Cependant, les auteurs des poursuites, les sociétés de recouvrement et leurs représentants légaux, se servent manifestement du système pour forcer la main aux particuliers par l'intimidation, le harcèlement ou la crainte, souvent pour des sommes d'argent dont ils ne sont même pas redevables.

En Illinois et dans le sud-ouest de l'Indiana, certains juges incarcèrent des personnes qui ont oublié de s'acquitter d'une dette sur décision du tribunal. Dans les cas extrêmes, indique le Star-Tribune, les gens restent en prison jusqu'à ce qu'ils aient versé une partie de la somme due.
En janvier dernier, un juge a condamné un homme de Kenney, Illinois, à une peine de prison "indéterminée" tant qu'il n'aurait pas réuni les 300 dollars qu'il devait à un grossiste en bois de charpente.
Ce couvreur indépendant s'était brisé le dos et le cou et constituait un dossier pour invalidité. Au bout de trois heures de garde à vue, sa femme avait réussi à le faire libérer en empruntant 300 dollars sur sa carte de crédit.

Joy Uhlmeyer a été arrêtée alors qu'elle rentrait chez elle en voiture après avoir passé Pâques avec sa mère âgée.
A la suite d'un divorce coûteux en 2006, elle avait un découvert de 6.200 dollars sur sa carte de crédit Chase. Elle a été arrêtée et a passé la nuit en garde à vue dans une cellule glaciale. Puis, elle a été emmenée dans une voiture de police, menottes aux poignets, au centre-ville de Minneapolis pour la rédaction du PV. Au bout de 16 heures, on lui a pris les empreintes digitales et c'est là qu'elle a enfin pu savoir pourquoi elle était en détention. Elle ne s'était pas présentée à une audience du tribunal prévue par Resurgence Financial, une société dont elle n'avait jamais entendu parler.

Elle raconte dans le Star-Tribune:
"Ce qui est vraiment enrageant dans tout ça, c'est le manque total d'information. Je n'arrêtais pas de me dire: 'si un mandat d'arrêt a été émis pourquoi donc n'ai-je pas été prévenue?'".

Derrière ces cas et des tas d'autres dans tout le pays, se trouvent des organismes de recouvrement et de rachats de dettes. Mais derrière ces intermédiaires se cachent les banques principales - Chase, Citigroup, etc. – qui sont les principales bénéficiaires du secteur du recouvrement. Des dizaines de milliers de procès sont couramment intentés dans les tribunaux des états par les grandes agences de recouvrement. Une fois qu'un jugement est prononcé, une date de comparution est fixée. Toutefois, si pour une raison quelconque un client ne se présente pas à l'audience à la date prévue, on peut délivrer un mandat d'amener à la suite d'un "jugement par défaut".
Dans de nombreux cas, les consommateurs n'ont pas été prévenus des poursuites dont ils font l'objet.

L'étude de la Legal Aid Society de New York (association d'aide juridique, NDT) montre que les organismes de recouvrement n'ont pas informé les créditeurs présumés qui, dans de nombreux cas, n'ont aucune preuve officielle qu'une plainte a été déposée contre eux.
Le rapport indique également que les agences de recouvrement ont engagé 450.000 poursuites à New York seulement, gagnant des jugements par défaut contre beaucoup de travailleurs. Quan d ces affaires passent au tribunal, seulement 1% des débiteurs sont représentés par un avocat.

Le Star-Tribune signale qu'il n'existe pas de statistiques nationales concernant les débiteurs qui ont été arrêtés.
Je soupçonne les sociétés de recouvrement de ne pas vouloir ébruiter ces arrestations parce que ces pratiques seraient largement condamnées", explique Robert Hobbs, directeur adjoint du National Consumer Law Center à Boston (association de défense des consommateurs)
"Aux Etats-Unis, nous avons institué de fait la prison pour dette, ce qui est largement anticonstitutionnel", dit Judith Fox, professeur de droit à la faculté de Notre Dame. "Dans certains endroits, les gens ont tellement peur de se faire arrêter qu'ils se précipitent pour rembourser des sommes d'argent qu'ils ne doivent peut-être même pas", ajoute-t- elle.

Haekyung Nielsen, 27 ans, de Bloomington, Minnesota, a raconté au Star-Tribune que la police s'était présentée chez elle avec un mandat d'arrestation deux semaines après son accouchement par césarienne.
Une société de recouvrement lui avait envoyé, alors qu'elle était à la clinique, une injonction du tribunal pour une vieille dette de carte de crédit. "Envoyer quelqu'un pour m'arrêter deux semaines après une importante opération pour laquelle il faut au moins huit semaines pour se remettre était tout bonnement incroyable", dit-elle.

Le journal de Minneapolis signale également la tendance à demander une caution dont le montant est fixé par le tribunal.
Le Star Tribune a rencontré le juge Robert Blaeser, du tribunal civil d'Hennepin County, qui explique qu'attacher une caution à un problème d'impayé facilite la procédure. Les créditeurs, dans la plupart des cas des compagnies de cartes de crédit, ont alors la possibilité de réclamer l'argent aux tribunaux.

Ils citent le cas de Vee, un ouvrier des travaux publics, arrêté en février dernier alors qu'il ramenait sa fille de l'école. Quand on lui passait les menottes, Vee raconte que sa fille, qui est asthmatique, s'est mise à avoir des difficultés de respiration à cause du stress. "Tout ce que je pensais c'était si elle allait bien et si elle avait son inhalateur", dit il.
Depuis la prison, Vee a appelé son propriétaire qui a promis de verser sa caution. Celle-ci s'élevait à 1.875,06 dollars, le montant exact de ce qu'il devait.

C'est la justice qui avait récupéré la somme impayée pour le compte de la compagnie de carte de crédit, mais Vee – comme bien d'autres – est encore traumatisé par cette expérience. Il lui reste encore à rembourser des factures de soins médicaux et de carte de crédit et 40000 dollars pour un ancien prêt immobilier.
Il dit que la vue d'une voiture de police dans son rétroviseur le fait trembler. "Les policiers vont-ils m'arrêter à nouveau? Tant que je ne serai pas parvenu à éponger mes dettes, la menace existera" dit-il.

La menace juridique d'un mandat d'amener à l'encontre de débiteurs n'est pas nouvelle. Ce qui est nouveau, c'est cette entreprise énorme, largement capitalisée et agressive du rachat des dettes et de récupération des impayés. Ces intermédiaires permettent aux compagnies de cartes de crédit et aux grandes banques qui les financent d'abord d'annuler la dette, par ex, la déclarer dans les pertes, puis revendre cette dette à une agence de recouvrement. D'après les statistiques du tribunal qu'a consultées le Star-Tribune, trois sociétés de recouvrement - Unifund, CCR Partners Portfolio Recovery Associates et Debt Equities LLC— totalisent 15% de l'ensemble des mandats d'arrestation pour dette lancés dans le Minnesota depuis 2005.

Ces agences de recouvrement cotées rachètent des dettes anciennes pour une bouchée de pain (parfois, alors qu'il y a eu prescription) et utilisent des équipes d'avocats pour recouvrer les impayés. Dans de nombreux cas, la dette est invérifiable. Le National Consumer Law Center estime qu'un procès sur dix intenté par les agences de recouvrement repose sur des renseignements erronés.

Le Star-Tribune indique que les 10 plus grandes sociétés de recouvrement du Minnesota ont encaissé plus de 223 millions de dollars à la suite de procès entre 2005 et 2009.
Cela représente des dizaines de milliers d'individus à qui on a arraché leur dernier dollar de façon discrétionnaire. La prison n'est que la mesure la plus extrême utilisée à cette fin.

Pendant ce temps, les sociétés de recouvrement sont largement récompensées pour les services qu'elles rendent au secteur financier, aux grandes banques et aux compagnies de cartes de crédit. En effet, les bénéfices des sociétés de recouvrement n'ont jamais été aussi élevés.
"Portfolio Recovery Associates" a empoché, l'an dernier, 44 millions de dollars, ce qui correspond à une marge bénéficiaire nette de 16% pratiquement inédite.

Au cours des trois premiers mois de 2010, Portfolio a réalisé des bénéfices encore plus spectaculaires, avec un revenu net en hausse de 47%. Ce ne sont pas les seuls.
"Encore Capital Group", la compagnie de gestion des comptes de créances de San Diego, a augmenté son revenu net de 21 %, c'est-à-dire de 0,44 dollars par action. Ces sociétés ont considérablement augmenté leurs bénéfices dans toutes les branches – la sous-traitance du recouvrement, les centres d'appel, les recouvrements juridiques et le traitement des faillites.


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
FUC - 21 jul 2010
de T34

Après les subprimes, les saisies immobilières, les rachats de leurs maisons à vil prix, voilà que les pauvres ont encore sur le dos les pitbulls de la finance.
Des pauvres qui, quand ils ont encore un toit au-dessus de la tête, sont pris à la gorge entre les remboursements de prêts, les factures de l'eau, du gaz, de l'électricité, du chauffage sans cesse en augmentation – et qui doivent parfois renoncer à ces services, à moins qu'on ne vienne carrément leur couper le compteur pour facture impayée.
Evidemment, tout cela pourrait s'arranger un jour ou l'autre si les débiteurs avaient un emploi stable ou si l'Etat leur versait des indemnités de chômage décentes.
Ce serait trop simple. Quand on prend aux pauvres, on prend tout, sinon, ce n'est pas drôle.
Et donc, en lieu et place des emplois stables, que trouvent-ils? Des emplois précaires, mal payés et souvent à temps partiel (je parle évidemment de ceux qui ont un emploi, le taux de chômage réel étant d'environ 20%).
Si on ajoute à cela les cotisations à verser aux assurances privées pour les soins de santé, assorties des factures énormes liées à un traitement quelconque non pris en charge par l'assurance, on se demande comment certains ne sont pas encore à la rue avec les autres.
Les requins de la finance, qui ne manquent pas d'imagination, on le voit, puisqu'ils ont tout de même réussi à se faire renflouer avec l'argent public, destiné en partie aux pauvres, justement (à qui on sucre les prestations sociales sous prétexte de "caisses vides"), et qui continuent de mener grand train, eh bien, disais-je, ces requins se sont dit qu'il restait encore des sous à racler et que les pauvres ne pouvaient tout de même pas s'en tirer à si bon compte en oubliant de payer leurs dettes.
Encore une fois les escrocs se retrouvent avec une mine d'or à exploiter et encore une fois, les élus ne trouvent rien à redire à ces arnaques qui vont encore davantage enfoncer la population – qu'ils sont censés protéger, mais, bon, on constate que c'est complètement accessoire de nos jours.
Le gouvernement US (quel qu'il soit), qui a laissé se développer les subprimes, alors qu'un enfant capable de faire une soustraction pouvait se rendre compte que le système n'était pas viable, qui a donné sans contrepartie des milliards pour renflouer les banques et autres institutions financières, ferme aujourd'hui les yeux sur cette entreprise de coercition menée par des monstres avec la complicité de la justice. Les valeurs de l'oligarchie ont l'odeur de l'argent.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Dim 1 Aoû 2010 09:55

Une douzaine de journalistes ont collecté pendant deux ans des centaines de milliers de registres publics issus d’organismes gouvernementaux et d’entreprises du secteur privé. Ces documents constituent l’état des lieux du monde du renseignement américain soumis à l’emprise de sociétés privées imbriquées et inextricables.
Cet article du Washington Post a été commenté et salué dans le monde entier comme un exemple de l'investigation journalistique.
Il ne révèle rien d'exceptionnel sur le fonctionnement du renseignement à ceci près que jusqu'à présent on avait encore à l'esprit l'image qu'en avaient laissés le cinéma et les romans noirs, celles d'une société secrète, rendue inaccessible par le fait qu'elle était directement encadrée par les services les plus obscurs de l'Etat. Cette enquête rapporte que ces vieux clichés ont vécu et qu'aujourd'hui les domaines du renseignement se sont étendus en même temps que ses activités se sont banalisées. Rien ne distingue plus les bureaux d'une officine du renseignement de ceux d'une société d'affaires. C'est devenu une gigantesque industrie soumise aux règles de la rentabilité maximale qui sous-traite et emploie des centaines de milliers de personnes.

Les sites conspirationnistes RéOpen911 et le Grand soir s'en sont fait l'écho en traduisant intégralement l'article. Selon eux, grâce aux juteux contrats passés avec le gouvernement, les sous-traitants détiendraient à présent un pouvoir financier tel qu'ils seraient capables d'orienter, voire de conduire les actions du renseignement et tirer les ficelles du mooooonde !
En réalité, ce n'est qu'un lobby de plus.
Je n'ai reproduit que la fin de l'article, la partie selon moi la plus intéressante.

Washington Post - 20 jul 3010
pour les anglophones: http://projects.washingtonpost.com/top- ... urity-inc/

Top Secret America
par William M. Arkin et Dana Priest
(Traduction V. D. et apetimedia pour ReOpenNews)

(.../...)

Recherche professionels avec habilitation défense

Les recruteurs pour les sociétés qui passent des contrats avec le gouvernement rencontrent des chercheurs d’emploi ayant l’habilitation défense lors des Foires aux emplois ciblés à Mclean, Virginie.

Ce qui signifie parfois qu’il faut demander de l’aide dans des salons de discussion en ligne ou échanger des idées sur des sites internet partagés hors des réseaux militaires (noms de domaine se terminant par .mil), ce qui rencontre une résistance au sein de la culture d’auto-suffisance du Pentagone. « Notre boulot consiste à modifier la perception des dirigeants qui pourraient amener le changement », dit Saar.

Depuis le 11/9, les sous-traitants ont apporté des contributions extraordinaires – quelques bavures extraordinaires aussi – qui ont changé l’histoire et obscurci la perception du public quant à la distinction entre les actions d’officiers agissant pour le compte des Etats-Unis et des employés de sociétés privées qui ont un peu plus qu’un badge de sécurité et une arme.

Les méfaits des sous-traitants en Irak et en Afghanistan ont terni la crédibilité des Etats-Unis aussi bien dans ces pays ainsi qu’au Moyen Orient. Les mauvais traitements infligés aux prisonniers d’Abu Ghraib, certains par des sous-traitants, ont déclenché des appels à la vengeance, toujours d’actualité, contre les Etats-Unis. Les gardes de sécurité travaillant pour Blackwater ont mis de l’huile sur le feu durant cinq années de violent chaos en Irak ; ils sont devenus le symbole d’une Amérique folle furieuse.

Dans les zones de guerre, les sous-traitants, surtout ceux qui sont armés, brouillent la « ligne entre l’usage légitime et illégitime de la force, ce qui est exactement ce que recherchent nos ennemis, » a déclaré au mois de juin Allison Stanger, professeur de politique et d’économie internationale à Middlebury College et auteur de « One Nation Under Contract » (Une Nation Sous Contrat – NdT), lors d’une séance de la Commission indépendante sur la Sous-traitance en temps de Guerre.

Des fautes professionnelles se produisent également. Un sous-traitant pour la Défense appelé MZM a payé des pots-de-vin pour obtenir des contrats de la CIA, ce qui a valu à Randy « Duke » Cunningham, qui était membre du congrès de la Californie et qui siégeait à la Commission de la Défense, de se retrouver en prison. Des gardes employés en Afghanistan par ArmorGroup North America, une société privée, ont été filmés dans un scandale de moeurs.

Mais les sous-traitants ont aussi fait progresser la manière de combattre des militaires. Durant les mois les plus sanglants en Irak, le fondateur de Berico Technologies, ancien officiel de l’armée du nom de Guy Filippelli, qui travaillait pour la National Security Agency, a inventé une technologie facilitant la découverte des fabricants de bombes artisanales et aidé à réduire le nombre de victimes causées par des engins explosifs improvisés, selon des officiels de la NSA.

Les sous-traitants ont fourni des plans et du matériel pour la guerre aérienne sans pilote menée par des drones (véhicule aérien sans pilote), qui ont tué le plus grand nombre de hauts dirigeants d’Al Qaeda et fourni un flot d’images de surveillance. Une douzaine de firmes ont créé une autoroute numérique transnationale qui transmet jusqu’aux postes de commandement situés aux Etats-Unis les données sur les caches terroristes collectées à distance et en temps réel par les drones.

Des sociétés privées sont devenues si imbriquées dans les activités les plus sensibles du gouvernement que sans elles, d’importantes missions militaires et de renseignement seraient impossibles ou aléatoires. Quelques exemples:

* Au Departement du Homeland Security (DHS), le nombre de sous-traitants est égal au nombre d’employés fédéraux. Le Département dépend de 318 sociétés pour les services et le personnel indispensables, dont 19 cabinets de recrutement qui aident le DHS à trouver et embaucher encore plus de sous-traitants. Au bureau qui gère les affaires de renseignement, 6 employés sur 10 appartiennent du secteur privé.

*La NSA, qui mène des surveillances électroniques à travers le monde, embauche les sociétés privées pour lui trouver la plupart de ses innovations technologiques. La NSA travaillait jadis avec un petit nombre de sociétés ; à présent, elle en fait travailler au moins 484 et ce nombre augmente régulièrement.

*Le National Reconnaissance Office ne peut fabriquer, mettre en orbite ou assurer la maintenance de son système de surveillance par satellites, qui photographie des pays tels que la Chine, la Corée du Nord ou l’Iran, sans les quatre sociétés sous-traitantes les plus importantes avec lesquelles elle travaille.

*Chaque organisation du renseignement ou militaire dépend d’un contrat avec des linguistes pour communiquer avec l’étranger, traduire des documents et comprendre des conversations interceptées. La demande pour des employés de langue maternelle étrangère est si forte, et les sommes que le gouvernement est prêt à payer si énormes, que 56 sociétés se font concurrence sur le marché.

*Chacune des 16 agences de renseignement dépend de sociétés privées pour faire fonctionner ses réseaux d’ordinateurs, communiquer avec les réseaux des autres agences, pour collecter et analyser des bribes d’informations qui pourraient indiquer un complot terroriste. Plus de 400 sociétés travaillent exclusivement dans ce domaine pour créer des logiciels et du matériel de réseaux classifiés.

Le recours à des sous-traitants était censé faire réaliser des économies à l’Etat. Mais ce n’est pas le cas. Une étude de 2008 publiée par l’Office of the Director of National Intelligence a montré que les sous-traitants composaient 29% du personnel des agences de renseignement mais représentaient 49% des coûts. Selon Gates, les employés fédéraux coutaient à l’état 25% de moins que les sous-traitants.

Si le gigantesque Office of Naval Intelligence à Suitland peut servir de référence, le processus de réduction du nombre de sous-traitants s’effectue lentement. Y travaillent 2.770 personnes, 24/24h, dans la salle de surveillance maritime pour surveiller les navires commerciaux, ou dans les laboratoires scientifiques et techniques, ou encore dans un des quatre centres de renseignement distincts. Mais ce sont les employés de 70 sociétés informatiques qui font tourner la boutique. Ils stockent, traitent et analysent les communications et les données transmises vers et à partir de toute la flotte navale US et des navires marchands à travers le monde. « Pourrions faire tourner ce bâtiment sans les sous-traitants ? » a demandé le capitaine chargé de l’informatique. « Non, je ne pense pas que nous en serions capables. »

Le Vice-amiral David J. "Jack" Dorsett, directeur du renseignement naval, a dit qu’il pourrait économiser des millions chaque année en transférant 20% des postes occupés par des sous-traitants à des fonctionnaires. S’Il a reçu le feu vert, le démarrage a été lent. Pour cette année, un seul poste a été transformé et un autre supprimé – sur 589. « Ca me coûte les yeux de la tête, » a dit Dorsett.

* * * * *

Pour comprendre comment ces entreprises ont réussi à dominer l’ère post 11/9, il n’y a pas meilleur point de départ que le bureau de Herndon de General Dynamics. C’est là récemment, qu’un après midi Ken Pohill observait une série d’images non classées, dont la première montrait un camion blanc se déplaçant sur son écran d’ordinateur.

Le camion se trouvait en Afghanistan ; rivée au ventre d’un avion de surveillance américain, une caméra vidéo le suivait. Pohill pouvait avoir accès à une dizaine d’images susceptibles d’aider un analyste du renseignement à déterminer si le chauffeur était un conducteur de camion ou s’il faisait partie d’un réseau de poseurs de bombes pour tuer des soldats américains sur les routes.

Pour ce faire, il fit un clic sur la souris de son ordinateur. Surgit l’image de la maison du conducteur du camion avec des notes sur les visiteurs. Un autre clic. Surgit une vidéo en infrarouge du véhicule. Clic : l’analyse d’un objet lancé du côté chauffeur. Clic : imageries U-2 (NdT : photos prises depuis l’avion espion U-2 muni d’une caméra infrarouge). Clic : l’historique du déplacement du camion. Clic. Une carte Google Earth avec les forces alliées. Clic : une fenêtre de discussion en ligne avec tous ceux qui surveillent également le camion.

Il y a dix ans, si Pohill avait travaillé pour General Dynamics (Ndt : leader sur le marché de l’aviation, des véhicules de combat, construction navale), il aurait probablement travaillé au pliage de l’acier. A cette époque, le centre d’activité principal de la société se trouvait dans la ville portuaire industrielle de Groton, Connecticut, où les hommes et les femmes en bottes de caoutchouc mouillées produisaient des sous-marins, les pur-sang de la guerre navale. Aujourd’hui, le noyau commercial de l’entreprise se compose d’outils informatiques tels que la bibliothèque d’images numériques à Herndon et le dispositif sécurisé d’une sorte de Black Berry utilisé par le président Obama. Tous deux ont été développés dans un bureau tapissé de banlieue par des employés en mocassins et en talons aiguilles.

L’évolution de la General Dynamics a été fondée sur une seule et simple stratégie: suivez l’argent.

L’entreprise a adopté le style de guerre émergent, axé sur le renseignement. Elle a développé des systèmes d’identification de petites cibles ainsi que l’équipement capable d’intercepter les communications du téléphone cellulaire ou de l’ordinateur portable d’un insurgé.
Elle a trouvé les façons de trier des milliards de points de données collectés par les agences de renseignement en des piles d’ informations qu’une seule personne peut parvenir à analyser.

Elle a également commencé par absorber les petites entreprises qui pouvaient l’aider à dominer le nouveau paysage du renseignement, comme l’ont fait ses concurrents.. De 2001 à 2010, la société a acquis 11 entreprises spécialisées dans les satellites, les transmissions et le renseignement géospatial, dans la surveillance, la reconnaissance, l’intégration des technologies et l’imagerie.

Le 11 septembre 2001, General Dynamics travaillait avec neuf organismes du renseignement. Désormais, elle a des contrats avec les 16 (organismes). Ses employés emplissent les salles de la NSA et du DHS (Department of Homeland Security). La société a été payé des centaines de millions de dollars pour mettre en place et gérer les nouveaux bureaux du DHS en 2003, y compris son Centre National des Opérations (NOC), le Bureau du Renseignement et d’Analyse (OIA) et le Bureau de la sécurité (OS). Ses employés se chargent de tout, ils décident de tout aussi bien des menaces qui doivent faire l’objet d’une enquête que de répondre au téléphone.

Le résultat de General Dynamics est le reflet d’une transformation réussie. C’est également le reflet de ce qu’a payé le gouvernement des États-Unis - de loin son principal client – à la société et qui représente un montant supérieur au coût d’un tel travail, ce qui, finalement, est l’objectif de toute entreprise à but lucratif.

En 2009, la société annonçait un chiffre d’affaires de 31,9 milliards de dollars, soit une augmentation de 10,4 milliards de dollars par rapport à 2000. Selon la compagnie, son effectif a plus que doublé durant cette période, passant de 43.300 à 91.700 employés.

Le chiffre d’affaire des divisions liées au renseignement et à l’information de General Dynamics, où s’effectue la plupart de ses travaux classés secret-défense, a atteint 10 milliards de dollars au deuxième trimestre 2009, soit une augmentation de 2,4 milliards de dollars par rapport à 2000, ce qui représentait 34% de l’ensemble de son chiffre d’affaire l’an dernier.

Son siège à Falls Church reflète la rentabilité de l’entreprise : profusion d’oeuvres d’art dans un hall majestueux, de vrais repas servis dans de la vaisselle en porcelaine portant le logo de General Dynamics, un auditorium de sept rangées de sièges en cuir blanc capitonné, chacun pourvu d’un microphone et d’une station d’accueil pour ordinateur portable.

General Dynamics opère maintenant aux quatre coins du renseignement mondial. Elle aide les opérateurs du contre-espionnage, forme les nouveaux analystes. Elle détient un contrat de 600 millions de dollars passé avec l’Air Force pour l’interception des communications. Elle réalise 1 milliard de dollars par an pour maintenir à distance les pirates des réseaux informatiques des Etats-Unis et crypter des communications militaires. Elle réalise de même des opérations d’information, obscur art militaire pour tenter de convaincre les étrangers d’aligner leurs vues sur les intérêts américains.

« La communauté du renseignement américain est un marché important pour notre entreprise », a déclaré le porte-parole de General Dynamics Kendell Pease. « Avec le temps, pour répondre aux besoins très particulières de ces organismes, nous avons adapté notre organisation en vue d’offrir les meilleurs produits et services de la catégorie et à des prix abordables. »

En septembre 2009, General Dynamics a décroché un contrat de 10 millions de dollars avec l’unité des opérations psychologiques de l’U.S. Special Operations Command (commandement américain des opérations spéciales) pour créer des sites Web afin d’influencer l’opinion des étrangers sur la politique américaine. Pour ce faire, l’entreprise a engagé des écrivains, des rédacteurs et des concepteurs pour mettre en place un ensemble de sites d’informations quotidiennes adaptées aux cinq régions du monde. Ils ont mis en place un ensemble de sites d’informations quotidiennes adaptées aux cinq régions du monde. Ceux-ci ressemblent à des sites normaux avec des noms tels que « SETimes.com : les informations et les opinions du sud-est de l’Europe. » Ce qui indique qu’ils sont gérés pour le compte de l’armée se trouve en bas de la page d’accueil derrière le mot « Disclaimer » (Avertissement). C’est seulement en cliquant dessus que l’on apprend que « la Southeast European Times (SET) est un site Web parrainé par le Commandement des Etats-Unis en Europe. »

Le résultat de cette accumulation de contrats : lors d’une conférence téléphonique en avril, Jay L. Johnson, directeur général et président de l’entreprise a déclaré qu’au premier trimestre de cette année, le revenu global de General Dynamics a été de 7,8 milliards de dollars : « on s’est mis au boulot au premier trimestre », « nous sommes sur la bonne voie pour une autre année fructueuse », dit-il.


Dans l’ombre de géants tels que General Dynamics, 1.814 petites et moyennes entreprises font un travail top-secret. Environ un tiers d’entre elles se sont établies après le 11 septembre 2001 pour profiter de l’énorme flux d’argent des contribuables vers le secteur privé. Beaucoup sont dirigées par d’anciens fonctionnaires de l’agence du renseignement qui savent exactement qui approcher pour décrocher un contrat.

A Herndon, Abraxas dirigée par un ancien espion de la CIA, est rapidement devenue un important prestataire de la CIA après le 11/9. Son personnel administratif a même recruté des managers d’échelons intermédiaires durant les heures de travail à la cafétéria de la CIA, comme le rappellent d’anciens officiers de l’agence.

D’autres petites et moyennes entreprises vendent des niches d’expertises techniques telles que l’ingénierie pour des satellites à orbite basse ou des capteurs long dwell. Mais la grande majorité n’a absolument rien inventé. Elle reproduit plutôt ce que le personnel du gouvernement fait déjà.

Une société du nom de SGIS, était l’une d’elles. Elle fût créée peu après les attentats de 2001.

** Une géographie alternative
Depuis le 11 septembre 2001, le monde du secret-défense créé pour répondre aux attaques terroristes est devenu une grosse affaire éparpillée sur plus de 10.000 sites aux Etats-Unis. Voir Galerie photos »

En juin 2002, Hany Girgis, 30 ans, avait mis sur pied dans sa chambre d’ami à San Diego une équipe de technologie de l’information qui décrochait quatre mois plus tard son premier contrat avec le département de la Défense. À la fin de l’année, SIGS ouvrait un bureau à Tampa près de l’US Central Command et du Commandement des Opérations Spéciales et avait réalisé des bénéfices et comptait 30 employés.

SGIS a vendu au gouvernement les services de personnes possédant des compétences spécialisées ; une des clés de sa croissance fut d’élargir les types d’équipes qu’elle pouvait réunir. Finalement, elle proposa des ingénieurs, des analystes et des spécialistes en cyber-sécurité pour les agences militaires, spatiales et de renseignement. En 2003, le chiffre d’affaires de l’entreprise était de 3,7 millions de dollars. Puis SIGS est devint un sous-traitant de General Dynamics, travaillant à un niveau secret. Satisfait de ce partenariat,
General Dynamics a aidé SGIS à obtenir l’habilitation top-secret, ce qui lui permit d’obtenir d’avantage de contrats.

En 2006, son chiffre d’affaires était multiplié par dix, soit 30,6 millions de dollars ; afin de remporter plus de contrats, l’entreprise avait embauché des employés spécialisés dans les contrats avec le gouvernement.

« Nous savions que c’était sur ce terrain que nous voulions jouer, » a déclaré Girgis dans une interview téléphonique. « Il y aura toujours besoin de protéger la patrie. »

Huit ans après ses débuts, le chiffre d’affaire de SIGS était de 101 millions de dollars ; elle disposait de 14 bureaux et de 675 employés. Selon la base de données de The Post, ceux qui avaient l’habilitation secret-défense travaillaient pour 11 agences gouvernementales.

Le marketing de la société s’est développé, lui aussi, à la fois en taille et en sophistication. Son site Web, par exemple, montrait une photo de marins de la Navy alignés sur un navire de guerre, accompagnée de la légende « Fiers de servir » puis une autre photo d’un hélicoptère de la Navy volant près de la Statue de la Liberté, avec pour légende « Préserver la liberté. » S’il semblait difficile de distinguer le travail de SGIS de celui du gouvernement, c’est qu’ils faisaient quasiment la même chose. Les employés de SGIS ont remplacé le personnel militaire au centre de télécommunication du Pentagone, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Les employés de SGIS ont fourni un service d’assistance pour les systèmes informatiques du gouvernement fédéral.

Pourtant, il semblerait qu’il y ait eu des différences cruciales.
D’une part, contrairement à ce qu’il se passe au gouvernement, si un employé de SGIS effectuait du bon travail, il pouvait arriver un beau jour au parking et, surprise, voir ses collègues applaudir devant sa dernière prime : une Mercedes en leasing, bleu foncé décapotable. Se glissant sur le siège conducteur en cuir souple, il pouvait dire : « Ahhhh... C’est grandiose », comme l’a enregistré une caméra vidéo.

Et puis, il y a ce qui s’est passé à la SIGS le mois dernier, quand celle-ci a fait la seule chose que le gouvernement fédéral ne pourra jamais faire. Elle s’est vendue.

Le nouveau propriétaire, Saillant Federal Solutions, est une société créée l’an dernier et basée à Fairfax. Il s’agit d’une société de gestion, une entreprise en capitaux propres ayant de nombreux liens avec Washington qui, avec l’achat de SIGS, a l’intention de faire fructifier les contrats.
« Nous avons un objectif », explique le directeur général et président Brad Antle, « réaliser 500 millions de dollars en cinq ans ».

Parmi les différentes entreprises du monde du renseignement américain (Top Secret America), les plus nombreuses sont de loin les entreprises d’informatique, soit les IT (pour Information Technology). 800 entreprises environ ne s’occupent que d’IT.

Certaines entreprises sont chargées d’intégrer un imbroglio de systèmes informatiques au sein d’un même organisme, d’autres établissent des connexions numériques entre différentes agences, d’autres encore ont créé des logiciels et du matériel informatique capables d’extraire et analyser des gros volumes de données.

** Technologies anti-Dissimulation
Des avatars et lasers aux caméras thermiques et capteurs d’émotivité, cette galerie multimédia présente certaines nouvelles technologies mises au point par le gouvernement et les entreprises privées pour confondre les terroristes. voir Galerie »

La dépendance du gouvernement à l’égard de ces entreprises est pratiquement totale. Leur relation étroite a été récemment exposée lors de la conférence annuelle sur la technologie de l’information de la Defense Intelligence Agency à Phoenix. Comme l’a confirmé un porte-parole de la DIA, l’agence attendait que ces mêmes entreprises informatiques, qui venaient à la chasse au chiffre d’affaires chez elle, prennent en charge la totalité de ce rendez-vous de cinq jours. Et elles l’ont fait.

General Dynamics a dépensé 30.000 dollars pour l’événement. Par une belle nuit de printemps, elle a organisé une fête à Chase Field, un stade de baseball de 48 569 places, réservée exclusivement aux participants à la conférence. Les acheteurs du gouvernement et les vendeurs d’entreprises privées ont bu de la bière et mangé des hot-dogs pendant que le discours matinal du directeur de la DIA était rediffusé sur le gigantesques tableau d’affichage tandis que des balles de baseball numériques rebondissaient au bas de l’écran.

Carahsoft Technology, un prestataire de la DIA, avait des invités à une soirée casino où les officiels du renseignement et les vendeurs ont diné, bu et misé de l’argent factice à des tables de craps tenues par des coupiers professionnels.

La société de sécurité informatique McAfee, un prestataire du département de la Défense, a accueilli des invités sur le thème social de Margaritaville (NdT : Margaritaville est le troisième épisode de la saison 13 de South Park. L’épisode parodie la crise économique.) sur la terrasse du jardin de l’hôtel face au site du congrès, où 250 entreprises avaient payé des milliers de dollars chacune pour faire la publicité de leurs services et déballer leurs argumentaires aux fonctionnaires du renseignement qui passaient par le hall d’exposition.

Les responsables gouvernementaux et les dirigeants d’entreprise affirment que ces événements de réseautage sont essentiels pour bâtir une relation solide entre les secteurs public et privé.

« Si je réalise un contact par jour, ça vaut le coup », a déclaré Tom Conway, directeur du développement commercial du gouvernement fédéral chez McAfee.

Quant à ce qu’en retire un organisme gouvernemental : « Notre objectif est d’être ouvert et d’apprendre des choses », a déclaré Grant M. Schneider, responsable des technologies de l’information de la DIA et l’un des principaux participants à la conférence. En sortant de Washington, où de nombreuses entreprises ont leur siège social, « nous obtenons une plus grande synergie.... C’est un échange avec l’industrie. »

Ce type de rassemblement se produit chaque semaine. La plupart sont fermés à toute personne n’ayant pas l’habilitation secret-défense.

Lors d’une conférence en avril de l’U.S. Special Operations Command à Fayetteville, en Caroline du Nord, les fournisseurs ont monnayé leur accès à certaines des personnes qui décident quels services et gadgets acheter pour les troupes. À la mi-mai, l’industrie de la sécurité nationale a organisé une soirée en smoking financée par les sociétés en quête d’affaires avec la défense; des dirigeants du renseignement et du Congrès étaient assis à leurs tables.

Tant d’intimité n’est pas sans inquiéter d’autres fonctionnaires qui pensent que la relation défense-intelligence-entreprise post-11/9 est devenue, comme un officier supérieur du renseignement militaire l’a décrit, un « cône de crème glacée qui se lèche lui-même ».

Un autre fonctionnaire, un conservateur employé de longue date au comité des services armés du Sénat, l’a décrit comme « un organisme vivant qui respire » impossible à contrôler ou contenir. « La quantité d’argent impliquée est simplement ahurissante », dit-il. « Nous avons construit un appareil gigantesque. Qu’allez-vous faire de ce truc ?... C’est devenu un programme pour l’emploi. »

Certains, même parmi ceux qui étaient rassemblés à Phoenix, ont critiqué la taille et l’incohérence de la communauté du renseignement et sa base de passation de marchés. « La redondance est une norme inacceptable », a déclaré aux 2.000 participants le lieutenant-général Richard P. Zahner, chef adjoint du cabinet de l’Armée pour le renseignement. « Dépensons- nous nos ressources de manière efficace ?... Si nous ne faisons pas le ménage chez nous, quelqu’un le fera à notre place. »

Lors d’une journée caractérisée par des massages du dos gratuits, du cirage de chaussures, de la crème glacée et du nectar de fruits, un autre orateur, Kevin P. Meiners, sous-secrétaire adjoint pour le renseignement, a livré au public ce qu’il appelle « la recette secrète », la clé de la prospérité, même si le budget du ministère de la défense finit par se stabiliser et cesse d’augmenter aussi rapidement.

« Les frais généraux » leur a dit Meiners - voilà dans quoi on fera les premières coupes. Autrefois, les frais généraux c’était les trombones et l’encre pour les imprimantes. A présent, c’est l’informatique, la technologie de l’information, c’est-à-dire les produits et services vendus par les hommes d’affaires présents dans le public.

« Vous devez expliquer votre travail en terme de système d’armement, pas en terme de frais généraux », leur a conseillé Meiners. « Les frais généraux pour eux - je vous livre ici la recette secrète - c’est l’informatique et les gens.... Vous devez vous mettre en tête qu’il s’agit d’un système de combat qui permet de sauver des vies chaque jour. »

Lorsqu’il eut terminé, de nombreux fonctionnaires du gouvernement se dirigèrent vers la sortie où les attendaient les vendeurs des entreprises sur les stands d’exposition. Peter Coddington, directeur général d’InTTENSITY, une petite entreprise dont le logiciel apprend à l’ordinateur à « lire » les documents, était à leur disposition.

« Vous devez vous démarquer », dit-il tandis qu’ils se dispersaient dans les couloirs. Coddington faisait virevolter des chopes de bière en verre et des stylos au-dessus de pyramides de presse-papier pour persuader les responsables de la plus grande agence de renseignement militaire de la nation qu’il détenait quelque chose dont ils avaient besoin.

Mais il lui fallait d’abord les empêcher de marcher trop vite, les ralentir suffisamment à sa hauteur pour déballer son argumentaire. Ses stylos virevoltant semblaient faire le travail. « C’est comme des papillons de nuit près d’une flamme, » chuchota Coddington.

Une fonctionnaire de la DIA tenant un cabas l’aborda. Ayant repéré les stylos, elle avait ralenti le pas. Coddington la héla : « Vous voulez un stylo ? »
Elle hésita. « Euh... J’ai trois enfants », dit-elle.
« Vous voulez trois stylos ? »
Elle s’arrêta. Dans le monde de l’Amérique Top Secret, chaque instant est une opportunité.
En lui tendant les stylos, Coddington commença : « Nous sommes une société d’extraction de texte... »

(FIN)
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede spleenlancien le Jeu 12 Aoû 2010 19:46

François Krug, Rue 89 a écrit:Ces images ont rappelé aux Américains que la crise économique n'était pas finie : 30 000 personnes massées sur un parking, pour tenter d'obtenir un simple formulaire d'aide au logement. La police a eu du mal à contenir la foule.

La scène s'est déroulée mercredi sur le parking d'un centre commercial d'East Point, dans la banlieue d'Atlanta. Les autorités avaient prévu d'y distribuer un formulaire de candidature à une aide publique au logement. Elles attendaient 10 000 personnes.

Une distribution sous protection policière
La foule a été trois fois plus importante. Certains avaient même commencé à camper sur le parking dès le dimanche soir. Débordés, les fonctionnaires ont dû distribuer les formulaires debout sur le toit des voitures, sous la protection de la police. Victimes de la chaleur, une soixantaine de personnes ont dû être hospitalisées ou soignées sur place. (Voir la vidéo, en anglais)


Les autorités avaient pourtant prévenu : le formulaire permet simplement de s'inscrire sur une liste d'attente, déjà très longue. Certains risquent même d'attendre dix ans avant que leur dossier soit retenu. Ils pourront alors bénéficier d'une subvention publique, les autorités prenant à leur charge une partie du loyer.

« Est-ce qu'on est vraiment en Amérique ? »
Dans l'Amérique de Barack Obama, ces images font désordre. Sur la chaîne d'information MSNBC, l'animateur de talk-show Ed Schultz les comparent à celles de la crise de 1929 et de la Grande Dépression, concluant : « Est-ce que nous ne valons pas mieux que ça ? » Sur le parking d'East Point, le reporter de MSNBC est encore sous le choc :

« La première chose que je me suis dite en arrivant ici, c'est : “Est-ce qu'on est vraiment en Amérique ? ” » (Voir la vidéo, en anglais)





Article original, avec les vidéos :
http://www.rue89.com/2010/08/12/crise-e ... que-162066
spleenlancien
 

Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Jeu 9 Sep 2010 14:25

AFP, France24 - 08 sep 2010
http://www.france24.com/fr/20100908-deu ... etats-unis

Deuxième nuit de heurts à Los Angeles après la mort d’un immigrant

La police anti-émeutes de Los Angeles a interpellé 22 manifestants et tiré avec des balles à blanc au cours d'une seconde nuit d'émeutes après la mort d'un Guatémaltèque, tué dimanche par la police, a-t-on appris mercredi auprès des autorités.
Des manifestants majoritairement hispaniques ont jeté des pierres, des oeufs et des bouteilles en direction d'un poste de police dans le quartier de MacArthur Park, dans le centre de Los Angeles, a décrit un photographe de l'AFP présent sur la scène.

Les protestataires arrêtés sont accusés de rassemblement illégal et refus de se disperser, a expliqué Karen Rayner, officier de police à Los Angeles (LAPD).
L'unité anti-émeute a tiré à blanc pour disperser la foule. Personne n'a été blessée, mais une personne a reçu un jet de lance-pierre, selon la police.

Environ 300 personnes avaient bloqué un carrefour plus tôt dans la soirée, et la police avait déclaré ce rassemblement illégal avant de charger.
Ces protestations se sont intensifiées après que le chef de la police Charlie Beck a déclaré mardi qu'il soutenait les officiers impliqués dans la mort par balle, dimanche, d'un Guatélamtèque qui menaçait un passant avec un couteau.
"Le suspect a porté le couteau au niveau de la tête et a avancé vers les officiers", a t-il déclaré pour expliquer que les policiers s'étaient défendus.
Le chef de la police s'exprimait au lendemain d'une première journée de protestations au cours de laquelle quatre personnes avaient été arrêtées et un policier blessé.

Dimanche, la police avait tué Manuel Jamines, un ouvrier de construction guatémaltèque de 37 ans, alors qu'il menaçait un passant avec une arme blanche et ignorait les sommations des officiers, a précisé la police.
Selon l'un des manifestants, Carlos Ortega, Manuel Jamines était saoul mais pas dangereux. "Le gars ne parlait pas bien l'anglais, il traînait juste dans le coin", a-t-il déclaré. "La police l'a couché au sol et l'a abattu", a-t-il dit.

Les échauffourées entre la police et les communautés noires ou hispaniques réveillent toujours à Los Angeles la crainte d'une flambée de violence comparable aux émeutes de 1992, pendant lesquelles une cinquantaine de personnes avaient trouvé la mort, après l'acquittement de quatre policiers qui avaient passé à tabac un chauffeur de taxi noir.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Ven 8 Oct 2010 16:59

FUC - 08 oct 2010
Allo les pompiers ? - Payez d'abord votre taxe !

Ce fait divers est une belle illustration du monde libéral voulu par un certain nombre d’Américains, et notamment le très à la mode Tea Party. Dans le comté d’Obion au Tennessee, les pompiers ont laissé brûler la maison d’un résident… qui n’avait pas payé une taxe annuelle de 75 dollars requise ici pour s’assurer leurs services. Gene Cranick a eu beau supplier et proposer de payer tout ce que demanderaient les pompiers pour sauver sa maison, ceux-ci ont contemplé l’incendie les bras croisés. Ils ne sont intervenus que pour protéger une demeure voisine, dont le propriétaire avait bien payé son dû.

Cet incendie illustre parfaitement la philosophie du Tea Party, souligne Robert Creamer, sur le site du Huffington Post. Un des gourous du Tea Party, Glenn Beck, a d'ailleurs déjà défendu la logique simplissime des pompiers du comté d'Obion: "Si tu paies tes 75 dollars au début de l'année, les pompiers éteindront l'incendie. Si tu ne paies pas tes 75 dollars, ils ne l'éteindront pas". "S'ils font une exception pour cette maison, qui voudra encore payer ses 75 dollars ?" plaide Glenn Beck.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Pour les anglophones, la vidéo du reportage de la télé locale:


Aporrea - 07 oct 2010
la version originale espagnole http://www.aporrea.org/tiburon/n167081.html

Les pompiers laissent brûler une maison parce que les résidents n'avait pas payé la taxe

Les pompiers d'un comté du Tennessee sont arrivés sur les lieux où un mobile home avait pris feu, mais ils n'ont rien fait pour éteindre l'incendie sous prétexte que les résidents de s'étaient pas acquittés de la taxe de protection sociale.
Les pompiers se sont précipités pour empêcher que les flammes se propagent aux propriétés voisines dont les propriétaires, eux, avaient bien payé.

Paulette Cranick, qui a perdu sa maison, a affirmé que sa famille payait habituellement cette taxe annuelle de 75 dollars, mais qu'ils avaient oublié de le faire dernièrement.
Cranick, 67 ans, a ajouté qu'elle était reconnaissante que personne n'ait été blessé par cet incendie qui s'est produit la semaine dernière et qui a détruit son mobile home dans cette région rurale du nord-ouest du Tennessee.
« Je ne leur en veux pas parce qu'ils n'ont fait qu'obéir aux ordres de leur patron. J'ai reçu des appels de pompiers qui se sont excusés », a dit Cranick à The Associated Press.

Le comté n'a pas de caserne de pompiers, mais les habitants de la région peuvent payer une taxe pour obtenir le service de la localité voisine de South Fulton.



La Tribune - 08 oct 2010
http://www.latribune.fr/actualites/econ ... -ans-.html

Les Américains pourraient travailler jusqu'à 70 ans
par Lysiane Baudu

Travailler jusqu'à 70 ans, au lieu de... 67 ans officiellement aujourd'hui, afin de toucher sa pension ? La recette n'est pas encore à l'ordre du jour aux États-Unis, mais cela pourrait venir. L'âge de départ en retraite, associé à celui sur la solvabilité des caisses publiques, fait en effet débat. Plusieurs candidats aux élections de novembre prochain, évoquent, les uns (Républicains ou émanant des mouvements des Tea Parties), cette possibilité, les autres, dans le camp démocrate, jurent de se battre jusqu'au bout pour sauver le système tel qu'il est.

Pour l'heure, un tiers des retraités américains perçoivent leur pension des seules caisses publiques. Un autre tiers, bien que percevant une retraite complémentaire privée, finance encore l'essentiel de leur pension par la manne publique. Ces caisses de l'assurance-vieillesse publique américaine affichent un confortable excédent, de 2.600 milliards de dollars (1.865 milliards d'euros). Mais à mesure que les baby boomers prennent leur retraite, sur fond de chômage élevé, qui plus est, le fragile édifice se déséquilibre.

Sonnette d'alarme

Dès cette année, les caisses distribueront plus en pensions qu'elles ne reçoivent en cotisations, et aux alentours de 2015, la situation sera inquiétante. Surtout, les dépenses du système - mis sur pied en 1935 pour protéger les victimes de la Grande Dépression - qui s'élèvent à quelque 708 milliards de dollars (508,2 milliards d'euros) pour cette année, représentent 20 % du total des dépenses publiques. De quoi alerter la Commission de réduction du déficit public, qui rendra ses recommandations en décembre, soit après les élections de mi-mandat.

Et, selon certains observateurs, les Démocrates ont déjà intrigué pour préserver le statu quo des caisses de retraite. Non seulement la présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, a écarté tout élu ayant à voir, de près ou de loin, avec les Caisses de retraite ou de santé des personnes âgées, pour cette Commission de réduction du déficit installée par le président Obama, mais en plus, certains élus démocrates ont déposé une résolution exprimant l'opposition du Sénat à toute mise en cause du système.

Pour le moment, employés et employeurs cotisent, à égalité, 12,4 % de la part annuelle du salaire inférieure à 102.000 dollars (72.860 euros), pour la retraite. Selon un récent sondage, effectué par l'AARP, l'association des personnes âgées, les trois quarts des adultes actuels ont l'intention de s'appuyer, en partie ou en totalité, sur les caisses de retraite pour leur pension.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Sam 9 Oct 2010 20:27

RHC - 06 oct 2010
http://www.radiohc.cu/frances/a_comenta ... 0/oct7.htm

Record d’expulsions aux Etats-Unis

L’ère Obama, censée établir un modèle différent de relations internationales entre les États-Unis et le reste du monde, vient de battre le record d’expulsions de sans papiers pour l’année fiscale 2010: 392 000. Selon la Secrétaire à la Sécurité Intérieure, Janet Napolitano, qui a fait l’annonce hier, 195 000 des sans papiers déportés, soit presque la moitié, avaient des casiers judiciaires bien remplis.

Les statistiques qui comprennent la période qui va d’octobre 2009 à septembre 2010, permettent de constater clairement que la situation des immigrants sans papiers devient de plus en plus difficile aux Etats-Unis et vient confirmer des dénonciations faites il y a quelques mois au sujet des «descentes silencieuses de police » pratique à laquelle se livre l’actuelle administration dans le but d’arrêter des sans papiers.
Au lieu de réaliser des opérations de police en grand apparat contre des usines et des quartiers, avec des soldats armés comme pour aller à la guerre, qui étaient les préférées de l’ancien hôte de la Maison Blanche, George Bush, les autorités actuelles mettent en pratique une nouvelle modalité, plus discrète certes, mais aussi plus meurtrières pour les rêves de ceux qui se rendent « au Paradis » à la recherche d’une vie meilleure.

Des audits sont pratiqués dans des milliers d’entreprises pour découvrir s’il y a, parmi les travailleurs, des sans papiers et les obliger, bien entendu, à les chasser. Une fois sans emploi et sans alternative, ces immigrants deviennent une cible facile pour la police, qui n’a plus recours à des déploiements exagérés de force, pour « nettoyer » les rues.
L’opération, appelée “Communautés sûres” permettrait au gouvernement -selon les déclarations de la Secrétaire à la Sécurité intérieure- d’appliquer les lois migratoires avec sagesse et efficacité, tout en accordant la priorité à la tranquillité citoyenne.
Si l’on analyse en profondeur les déclarations de cette fonctionnaire, on se rend compte que pour les autorités américaines la migration des sans papiers est une question de sécurité nationale et non pas un phénomène social survenu tout au long de l’histoire de l’Humanité.

Les arguments utilisés sont assez similaires à ceux de la Loi Arizona, à caractère raciste et xénophobe ou à d’autres variantes qui sont appliquées dans une vingtaine d’états de l’Union. Nombreux sont ceux qui pensent que la publication de ces statistiques, un mois avant les élections législatives de novembre, ont un fort composant publicitaire et aurait pour but de démontrer que les Démocrates, eux aussi sont préoccupés, tout comme les Républicains, par la sécurité.
Ce serait aussi un coup porté contre les opposants à la réforme migratoire, qui, selon l’avis de John Morton, directeur de l’Agence d’immigration et des Douanes, viendrait renforcer les lois et mettrait un terme aux irrégularités. Il s’agit aussi d’un avertissement à ceux qui envisagent de se rendre aux États-Unis à la recherche d’opportunités qu’ils n’ont pas à court ou moyen terme dans leurs pays d’origine et qu’ils ne trouveront plus dans ce pays du nord.

Les États-Unis persistent sur leur politique de fermeture de leurs portes et de blindage de leurs frontières, en dépensant pour ce faire des sommes énormes qui, investies à des fins plus louables pourraient favoriser le développement dans les pays du Sud, freinant ainsi le courant migratoire, dont l’accroissement est directement proportionnel à l’augmentation de la pauvreté.
Les riches ne comprennent pas que ce qui est le plus cher au monde, ne sont pas le luxe et l’opulence, mais la misère insultante dans laquelle ils plongent une grande partie de la population de la planète.


L'info a été peu commentée dans la presse francophone. Une dépêche de l'AFP et c'est tout. Comme elle est courte, je la rajoute pour équilibrer avec l'article de Radio Havane Cuba au dessus.

AFP, Cyberpresse - 06 oct 2010
http://www.cyberpresse.ca/international ... sommet.php

Expulsions de clandestins: les USA atteignent un nouveau sommet

Les États-Unis ont expulsé le nombre record de 392 000 immigrés clandestins au cours de l'année écoulée, la moitié d'entre eux ayant des casiers judiciaires, a annoncé mercredi la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano.
Le nombre de personnes expulsées au cours de l'exercice budgétaire 2010 qui s'est achevé le 30 septembre a effacé le précédent record de 389 000 expulsions remontant à l'année précédente.

«Cette administration s'est attachée à appliquer nos lois migratoires d'une façon intelligente et efficace qui rend prioritaires la sécurité de la population et la sécurité nationale et fait rendre des comptes aux employeurs qui brisent la loi de façon répétée et en connaissance de cause», a dit Mme Napolitano.
Quelques 12 millions de clandestins vivent sur le territoire américain, selon les estimations les plus répandues.

Le président américain Barack Obama avait promis, avant son élection, de se faire l'avocat d'un plan leur offrant un statut légal, malgré l'échec en la matière du gouvernement de son prédécesseur, George Bush fils. Mais ce projet de réforme n'a pas avancé.
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Re: Etats Unis d'Amerique

Messagede Antigone le Sam 16 Oct 2010 11:19

J'ai vu un reportage dernièrement qui expliquait que la responsable d'une compagnie de prêts hypothécaires qui a signé plus de 8 000 dossiers d'expulsions "sans même les regarder" avait juste expliqué pour se justifier "qu'il y en avait de trop".

AFP, France24 - 15 oct 2010
http://www.france24.com/fr/20101015-eta ... -menacante

Etats-Unis: la crise des saisies immobilières onéreuse mais pas encore menaçante

Le gel de centaines de milliers de saisies immobilières aux Etats-Unis pourrait coûter très cher aux banques, mais il ne devrait pas menacer l'ensemble du système financier comme l'avait fait la faillite de Lehman Brothers fin 2008.

Trois des plus grands organismes de prêts hypothécaires, Ally Bank, JPMorgan Chase et Bank of America, ont annoncé ces dernières semaines le gel de leurs saisies en cours en raison d'"erreurs" de procédure: des documents signés sans vérification ou certifiés sans présence d'un notaire. Dans une Amérique traumatisée par un chômage à près de 10% et des saisies immobilières record qui ont dépassé les 100.000 pour le seul mois de septembre, les associations de consommateurs ont été nombreuses à appeler à un moratoire généralisé.

En pleine campagne pour les élections de mi-mandat, la classe politique a embrayé. Mercredi, les autorités des 50 Etats ont joint leurs forces pour enquêter sur la question. L'agence fédérale des fraudes, l'équipe interministérielle mise en place pour lutter contre la délinquance financière à la suite de la crise de 2008, examine elle aussi le problème.
Le président Barack Obama "souhaite s'assurer que ces organismes respectent leurs obligations", a indiqué vendredi un porte-parole de la Maison Blanche, Bill Burton. De nombreux avocats ont d'ores et déjà déposé des plaintes en nom collectif pour le compte de propriétaires immobiliers dont le logement pourrait avoir été saisi indûment.

Des nouvelles qui pesaient lourdement sur les valeurs bancaires. L'action de JPMorgan Chase chutait de 4,51% vers 20H00 GMT, Bank of America de 5,40%, Wells Fargo de 4,73% et Citi 2,59%.
"Il n'y a pas d'inquiétudes sur les résultats des banques, mais sur l'étendue des coûts qui seront nécessaires pour régler cette histoire" a commenté Art Hogan, analyste de Jefferies, qui rapporte que le marché évalue à "100 à 250 milliards de dollars le coût pour toutes les banques". "C'est peut-être exagéré, mais cela s'ajoute à un environnement difficile pour les banques déjà confrontées à une réglementation et des exigences de capitaux renforcées", ajoute-t-il.

Richard Bove, analyste chez Rochdale Securities, évalue les pertes possibles du secteur à 81,9 milliards de dollars pour les banques.
La Sifma, association américaine de la finance, s'est alarmée d'un éventuel moratoire généralisé des saisies, qui serait selon elle "catastrophique". L'autorité de régulation du marché du financement du logement a appelé à reprendre "sans délai" les saisies ne présentant pas de problèmes.
Le Washington Post citait jeudi un analyste de la maison de recherche Graham-Fisher, Josh Rosner, selon lequel un moratoire total "pourrait provoquer la même situation qu'en 2008", allusion à la faillite de la banque Lehman Brothers qui avait plongé le système financier dans la tourmente.

La plupart des analystes temporisaient.

"Le pire serait que de nombreuses erreurs de procédure soient découvertes, que les 50 Etats demandent un gel de toutes les saisies qui durerait pendant des mois avec des poursuites de plus en plus importantes", indique Erik Oja, analyste de l'agence de notation Standard and Poor's, qui a revu à la baisse sa recommandation pour Bank of America vendredi.
Il juge néanmoins le scénario du pire peu probable et que "l'affaire sera gérable", même si elle imposera aux banques des dépenses d'avocats et le paiement d'amendes, ainsi que des provisions pour défauts de prêts et des capitaux propres renforcés.
Elle juge que ces difficultés ne devraient pas s'étendre aux banques plus petites, "qui n'ont probablement pas été confrontées au problème des signatures automatiques" de dossiers.


Article de Money week "Foreclosure Gate: le scandale financier qui peut détruire l'économie mondiale"
http://www.moneyweek.fr/20101041585/con ... sure-gate/
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