Manifestations/Emeutes en Grèce

Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede vroum le Dim 2 Déc 2012 20:17

Actualités grecques. Un nouveau paquet de mesures anti-sociales
dimanche 2 décembre 2012 http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article1090

Mercredi 7 Novembre Le Parlement Grec a voté un nouveau paquet de mesures d’austérité. Il est presque impossible de décrire en détails toutes ces mesures et leur impact sur la vie des Grecs, même dans les grandes lignes, mais, en général, on peut dire qu’en incluant un grand nombre de licenciements, une baisse supplémentaire des salaires, des pensions et des avantages, ils détruisent ce qui était resté debout après trois années d’austérité.

L’âge de la retraite augmente de 2 ans ce qui signifie que la majorité des travailleurs partiront à la retraite à 67 ans, même ceux qui pouvaient prendre leur retraite l’année prochaine. Réduction des retraites entre 5 et 15 %, réduction des primes de Noël et de Pâques pour tous les retraités et les fonctionnaires, selon les cas et les conditions, réduction voire arrêt des prestations sociales, comme les indemnités chômage, les aides contre la pauvreté, les prestations familiales et même les prestations pour les handicapés.

Ils introduisent également une modification rétrospective de la convention collective nationale du travail qui a été déclarée anti-constitutionnelle par une commission spécialisée du Parlement elle-même, mais qui ne semble pas déranger le Gouvernement. Selon cette modification, le salaire minimum sera gelé et, à partir d’aujourd’hui, réglementé par le Ministre du Travail lui-même. Il n’y aura pas d’augmentation pour tous sur l’échelle des salaires, les employeurs ont le droit de donner un préavis plus court avant le licenciement, une prime de licenciement plus faible, une contribution moindre aux fonds de pension et de santé sur les heures de travail selon leur volonté. Enfin, les employeurs ne sont pas obligés de suivre la convention nationale si ils ne veulent pas la signer !

De nouvelles hausses d’impôts indirects, des mesures contre le revenu des agriculteurs, des licenciements dans le secteur public et la flexibilité totale pour les fonctionnaires. Le paquet de mesures contient la poursuite de la privatisation du secteur public, renforçant la privatisation des soins hospitaliers, comprenant un forfait d’hospitalisation (un patient hospitalisé devra payer 25 euros), ce qui, pour un pays avec plus de 30 % de chômage, signifie que des milliers de gens ne seront plus être en mesure de payer un traitement médical.
***

Grèce, les 6 et 7 Novembre : grève générale La Confédération générale des syndicats Grecs a appelé à la grève générale pendant 48 heures les 6 et 7 Novembre.

Mardi 6 Novembre, premier jour de la grève générale. Quelques milliers de personnes se sont rassemblées dans la matinée, au musée national, point de rassemblement, à proximité de l’École polytechnique, pour manifester. Il semble que les grèves continues dans le secteur des transports et les grèves générales au cours de la dernière période ont empêché les gens d’y assister. Malgré la présence d’un grand nombre d’escadrons de police anti-émeute, de policiers en civil et d’unités de police en moto dans la plupart des rues et des rues secondaires menant à la place Syntagma, les manifestants l’ont occupée jusqu’à une heure du matin. Ce fut une journée de grève calme et assez décevante !

Le deuxième jour, les choses ont été différentes. Dans l’après-midi, quand le paquet de mesures a été soumis au vote, il y a eu plusieurs appels à se rassembler à l’extérieur du Parlement. Beaucoup de grévistes ont été arrêtés par la police, leurs unités ont attaqué et bloqué les manifestants qui tentaient de se rendre au point de rassemblement. De plus, des stations de métro dans le centre d’Athènes ont été fermées par la police et, à plusieurs reprises, les policiers ont procédé à des arrestations préventives afin d’empêcher les manifestants d’atteindre la place Syntagma.

Malgré la mobilisation de la police, au moins 100 000 manifestants se sont ressemblés à 18h 30 devant ou à côté du Parlement Grec. À 19h, les manifestants ont commencé à pousser les grilles qui protégeaient le Parlement et dès qu’ils ont réussi à détruire une petite partie, les unités de police anti-émeute sont intervenues. Des cocktails molotov (bombes incendiaires) ont été lancés par les manifestants pour se défendre contre les attaques de la police. D’énormes quantités de grenades lacrymogènes et de grenades assourdissantes ont été utilisées par les escadrons de la police anti-émeute pour forcer les manifestants à évacuer la place. Mais les manifestants voulaient rester et ils se sont regroupés chaque fois qu’ils ont été forcés de se disperser par les gaz. La pression des manifestants était si intense que les policiers ont utilisé pour la première fois des canons à eau contre des personnes au cours d’une grève.

Il y a eu des affrontements en dehors du Parlement et autour de la place Syntagma pendant des heures jusqu’à ce que la pluie commence à tomber. Il était étonnant de voir que les gens n’avaient pas envie de quitter la place ! Mais la combinaison des gaz lacrymogènes et de la pluie a rendu la place irrespirable pour la majorité des manifestants. La plupart d’entre eux ont quitté la place sous les attaques des escadrons de police anti-émeute. Quand les groupes de grévistes ont quitté la place, les unités de police les ont attaqué, causant un grand nombre de blessés. Au moins 40, certains d’entre eux ont été soignés par des médecins et des infirmières en grève dans une sorte de centre de santé improvisé dans un hôtel de la région.

Après une ultime tentative pour reprendre la place Syntagma, vers 22h des unités de police anti-émeute ont finalement quitté la place sous une pluie battante. 103 interpellations, 5 arrestations, au moins 40 manifestants blessés et 7 policiers. Le sévère paquet de mesures d’austérité a été adopté par le Parlement après le vote à minuit.

GROUPE DE COMMUNISTES LIBERTAIRES (ATHENES)
***

COMMENTAIRE SUR LA GRÈVE GÉNÉRALE DE 48 HEURES

Dehors, les flics avec leur APC, des produits chimiques, des fusils, des motos et, pendant ce temps, d’une manière éhontée à l’intérieur, le Parlement a voté pour la baisse des salaires et des pensions, pour le licenciement de milliers de personnes et de nombreuses autres choses honteuses. Dehors, sous la pluie, une gigantesque opération de police se déroulait contre les manifestants qui étaient restés, utilisant des gaz lacrymogènes pour les disperser.

L’État a de l’argent. Il a de l’argent pour faire respecter un État policier dans les rues. Il de l’argent pour acheter des tonnes de produits chimiques et les APC. Il a de l’argent pour armer les unités spéciales de répression.

Tant que les gens ne sont pas prêts à perdre une journée de salaire, à risquer de perdre deux ou trois choses élémentaires, leur misère physique et morale est certaine. Tout ce système de répression, la pulvérisation de gaz lacrymogène, le bouclage des rues autour de la Constitution par la police anti-émeutes, alignée coude à coude, ne visent à rien d’autre qu’à nous forcer à courber la tête et nous taire. Leur objectif est de vider les rues, de nous forcer à rester à la maison plongés dans la dépression ou à fuir à bord d’un avion et d’émigrer.

Mais cet endroit ne leur appartient pas. La lutte pour cette terre et sa liberté est un combat que nous menons depuis des années. Peu importe combien de flics ils ont mis en place, cette lutte ne va pas s’arrêter. Peu importe les mesures qu’ils prennent au Parlement, le nombre de voix aux élections, rien n’est fini et rien ne pourra prendre fin selon leur souhait.

Nous n’avons rien d’autre à faire que de donner une place à la rage, comme le dit un récent slogan anarchiste écrit dans une rue d’Athènes.

GROUPE DE COMMUNISTES LIBERTAIRES (ATHENES)
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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede vroum le Mer 26 Déc 2012 17:18

[Grèce, Athènes] Petit rapport sur l’évacuation du squat Villa Amalia
mardi 25 décembre 2012


http://www.federation-anarchiste.org/sp ... rticle1104

Petit rapport sur l’évacuation du squat Villa Amalia.

Jeudi 20 décembre à 7h du matin, les forces de police anti-émeutes ont attaqué le squat Villa Amalia dans le centre d’Athènes sous le prétexte d’une plainte anonyme. Les policiers ont arrêté huit camarades qui ont été transférés à la Préfecture de police. La police a fouillé le lieu en présence d’un procureur et d’un témoin des squatters pendant plusieurs heures et à la fin de la fouille tous les camarades ont été arrêtés et inculpés de crime. Les agents de police ont scellé le squat et depuis lors le bâtiment est surveillé en continu par des escadrons de police anti-émeutes. Dès les premiers moments, des centaines de camarades se sont rassemblés devant le squat répondant à l’appel à la solidarité. Le matin même, plusieurs camarades sont allés à la mairie d’Athènes pour intervenir auprès des autorités municipales et le maire. Plus tard, une assemblée a eu lieu dans une université à proximité afin d’organiser un mouvement de solidarité pour la libération des squatters arrêtés et contre l’évacuation de la Villa Amalia. Dans un premier temps, une démonstration de solidarité spontanée de 1000 camarades a eu lieu dans la nuit dans le centre d’Athènes et a pris fin à proximité du squat.

Vendredi 21 décembre, les camarades arrêtés ont été transférés aux tribunaux par des policiers lourdement armés et présentés au procureur. Motif de l’inculpation : délit de fabrication de matières explosives ce qui signifie que lundi 24 décembre, ils seront présentés au Juge d’instruction qui décidera de l’acte d’accusation définitif. Ils resteront jusque là dans la Préfecture de police. Le squat Villa Amalia a été un espace politique et culturel pendant 23 ans. Toutes ces années le squat a accueilli de nombreux événements politiques et assemblés ainsi que des concerts et pièces de théâtre. Un collectif logement, une imprimerie collective et une bibliothèque font également partie de celui-ci. Le squat Villa Amalia est un emblème du mouvement squat, un centre du mouvement anarchiste et un avant-poste de la lutte sociale et de classe à Athènes. Et le restera !

Ne touchez pas aux squats !

Libération immédiate des squatters de la Villa Amalia !

Groupe des communistes libertaires (Athènes)

Informations reçues dimanche 23 décembre.

Traduction par Fédération Anarchiste

[Pour en savoir plus]

[in english]

http://blog.occupiedlondon.org/2012/12/ ... main-here/

http://blog.occupiedlondon.org/2012/12/ ... in-athens/

[en français]

http://paris.indymedia.org/spip.php?article12572

http://paris.indymedia.org/spip.php?article12578
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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede JPD le Dim 13 Jan 2013 10:38

Aujourd’hui samedi 12 janvier, plus de 10 000 manifestants ont défilé dans les rues d’Athènes comme première riposte à la vague répressive.

Il semble maintenant faire peu de doute que l’Etat grec a lancé une attaque importante et soutenue contre les squats et le mouvement anarchiste en général. Au cours des dernières semaines, en plus de Villa Amalias, deux autres squats situés dans le centre d’Athènes ont été attaqués par les forces de police.

traduction et article sur : http://oclibertaire.free.fr/
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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede makno le Mar 15 Jan 2013 16:40

Manifestation contre la répression a l'encontre des squat et pour la liberation de 92 compagnons(es) interpeler lors de l'évacuation de Villa Amalias.

Solidarité internationale a nos compagnons(es) Grecs !

Toutes protestations et actions en direction de l'ambassade,consulats ,instituts culturels etc..seront les bienvenues.

Video
http://www.youtube.com/watch?feature=pl ... xcaICY2y2o

Image

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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede vroum le Ven 25 Jan 2013 13:09

Soutenir les luttes des camarades grecs

Communiqué de soutien de la Fédération anarchiste italienne (FAIt)


http://i-f-a.org/index.php/fr/communiqu ... ades-grecs

Nous tenons à exprimer notre solidarité avec les camarades grecs qui, ces derniers jours, ont été violemment attaqués par la police grecque. Nous avons parlé de l'évacuation de la Villa Amalias et de Skaramaga, squat historique et symbole du mouvement libertaire athénien, et l'arrestation de centaines d'anarchistes qui avait réoccupé le squat de la Villa Amalias.

Le mouvement anarchiste en Grèce a mis en place, ces dernières années, des réponses fortes face aux attaques impitoyables menées contre les travailleurs.

Des réponses faites d'actions directes, de réappropriation des espaces physiques, en organisant des assemblées populaires dans les quartiers, l'autogestion en milieu de travail. Une réponse qui refuse toute forme de délégation qui emprisonne la volonté de changer ce système qui montre chaque jour ses limites. Une réponse qui a su rassembler des dizaines de milliers de personnes, travailleurs, étudiants, chômeurs, des Grecs et des immigrants, parce que la lutte est celle de tous les exploités, quelle que soit leur origine. Une réponse qui fait peur aux patrons et à l'État, non seulement parce que cela montre qu'il y a une alternative à l'atomisation sociale, l'aliénation et l'exploitation, mais que cette solution est plus que jamais nécessaire. Nécessaire, car il est maintenant clair que l'État et le capital ne font que détruire toute relation sociale qui n'est pas médiée par l'argent ou par des rapports de domination. Nécessaire parce que la crise appauvrit les classes laborieuses et les classes moyennes et que ce n'est rien de plus qu'un autre vol effectué par ceux qui gèrent l'argent et le pouvoir.

Les camarades grecs ont été en mesure de construire une réponse à ce crime et pour cette raison, ils sont attaqués par la police soutenue en cela par l'Aube dorée, groupe paramilitaire nazi. Ce n'est pas un hasard si, en temps de crise et de mobilisations populaires, l'appareil d'État utilise la main-d'œuvre fasciste. Il en a été ainsi en Italie, il en est donc ainsi en Grèce en 2013.

En fait, la Grèce n'est pas loin de la péninsule italienne. Ici aussi, l'État réduit à néant les résultats d'un siècle de luttes ouvrières et populaires. Là aussi, l'État s'attaque aux mouvements sociaux, évacue les sites occupés, attaque les travailleurs en lutte, tire des gaz lacrymogène contre des étudiants, en battant jusqu'à ceux qui s'opposent à la destruction de l'environnement et au militarisme. Pour cela, il est nécessaire de rejeter la vision nationaliste de la crise, le non-sens de la souveraineté monétaire au niveau national en tant que réponse à l'Europe des banques. Il faut s'attaquer aux soi-disant différences anthropologiques qui créent la crise, tout en se référant aux thèses racistes. C'est une vision déformée qui assurera une plus grande consolidation des mécanismes de discipline et de domination de l'État et qui s'exprime, dans sa forme la plus complète, dans le sacrifice des classes subalternes sur l'autel des guerres nationalistes.

Les luttes des anarchistes en Grèce sont nos luttes, nos luttes sont celles des anarchistes grecs, tout comme sont nos luttes celles de celles et ceux qui, partout dans le monde, s'opposent à l'exploitation classiste, raciste et sexiste, et construisent, tous les jours, une société d'individus libres et égaux.

Nous invitons tout le mouvement anarchiste à la plus grande solidarité possible.

Fédération anarchiste italienne. Milan 13-1-2013
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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede vroum le Mer 30 Jan 2013 09:53

[Grèce] L’usine autogérée de Viomijanikí Metaleftikí (Industrie Minière) à Thessalonique est en marche

mardi 29 janvier 2013

http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article1117

L’usine autogérée de Viomijanikí Metaleftikí (Industrie Minière) à Thessalonique est en marche

En mai 2011, la direction de l’usine de Viomijanikí Metaleftikí (Industrie Minière), une filiale de Filkeram-Johnson, entreprise de production de carreaux de faïence et de matériaux de construction, abandonne l’usine sans payer les plusieurs mois de salaires dus aux travailleurs. En réponse, les ouvriers de l’usine cessent le travail à partir de septembre 2011. L’Assemblée des travailleurs réunie le 25 janvier 2013 décide, à la quasi unanimité, que l’usine sera autogérée par les travailleurs, sans patron ni autres parasites ou médiateurs. L’usine autogérée ouvrira vers la mi-février 2013.

Voici ci-dessous le communiqué de l’Initiative Ouverte de Solidarité et de Soutien à la Lutte des Travailleurs de Viomijanikí Metaleftikí (Industrie Minière), publié sur la page web du Syndicat des Travailleurs (http://biom-metal.blogspot.gr/) de l’entreprise déjà autogérée.

En pleine crise, les ouvriers de Viomijanikí Metaleftikí (Industrial Minera) s’attaquent au cœur de l’exploitation et de la propriété.

Alors que le taux de chômage atteint les 30% et que leurs revenus sont réduits à néant, les travailleurs de Viomijanikí Metaleftikí (Industrie Minière) ont en assez des belles paroles, des promesses et des évasions fiscales. Sans salaire depuis mai 2011 et sans travail, leur usine ayant été abandonnée par ses dirigeants, ils prennent la décision lors de l’Assemblée Générale de leur syndicat de refuser un chômage de longue durée qui semble inévitable et de lutter pour reprendre l’usine entre leurs mains et la faire fonctionner par eux-mêmes. Dès octobre 2011, ils revendiquent, par une déclaration officielle, la création d’une coopérative ouvrière entièrement autogérée et la reconnaissance juridique du projet comme de tous ceux qui lui succéderont. Ils revendiquent également le versement des fonds nécessaires à la remise en marche de l’usine. Cet argent leur appartient, puisque ce sont eux qui créent la richesse de la société. Le plan qu’ils ont eux mêmes élaboré s’est d’abord heurté à l’indifférence totale de l’Etat et des diverses bureaucraties syndicales. Cependant, il a reçu un accueil enthousiaste de la part du mouvement populaire, qui a créé l’Initiative Ouverte de Solidarité à Thessalonique, puis d’autres initiatives dans de nombreuses villes du pays, et qui s’efforce depuis 6 mois de faire passer le message de Viomijanikí Metaleftikí à toute la société.

Viomijanikí Metaleftikí, c’est maintenant ! Les ouvriers n’attendront pas plus longtemps que l’Etat en faillite montre dans la pratique son intérêt et son soutien théorique (même les 1000 euros de soutien économique extraordinaire promis par le Ministère du Travail ne sont pas arrivés jusqu’aux ouvriers, le ministre de l’Economie Sturnaras n’ayant pas signé l’autorisation de subvention !) C’est maintenant que l’usine Viomijanikí Metaleftikí (Industrie Minière) doit se remettre en marche, comme toute autre usine qui a fermé, fait faillite ou qui licencie, mais en étant gérée par ses travailleurs, et non par des patrons anciens ou nouveaux. La lutte n’a aucune raison de se limiter à Viomijanikí Metaleftikí. Pour qu’elle se généralise et triomphe elle doit s’étendre à toutes les usines et entreprises fermées, car c’est seulement grâce à un réseau d’usines autogérées et occupées que Viomijanikí Metaleftikí pourra survivre et devenir la pionnière d’une organisation différente de la production et de l’économie, sans exploitation, sans inégalités et sans hiérarchies. Les usines ferment les unes après les autres, il y a deux millions de chômeurs, et la grosse majorité de la société est condamnée à la pauvreté et à la misère par un gouvernement tripartite, celui de la Troïka formée par le PASOK (les socialistes), ND ( Nouvelle Démocratie, parti conservateur) et le DIMAR (le parti de gauche démocratique), comme par les gouvernements antérieurs. Exiger que les usines passent aux mains des ouvriers est donc une réponse logique face au désastre que nous vivons au quotidien, et c’est la seule réponse possible face au chômage. C’est pourquoi la lutte de Viomijanikí Metaleftikí est aussi la nôtre. Nous appelons tous les chômeurs et tous les travailleurs, tous ceux qui subissent la crise, à se mettre aux côtés des travailleurs de Viomijanikí Metaleftikí et à les soutenir maintenant qu’ils commencent à démontrer par la pratique que les ouvriers n’ont pas besoin de patrons. Nous vous appelons à rejoindre une caravane de lutte et de solidarité qui arrivera à Thessalonique pour trois jours de lutte. Nous vous appelons à prendre part à la lutte et à organiser la bataille où que vous soyez, via des assemblées fonctionnant en démocratie directe, sans bureaucrate, pour faire disparaître tous ceux qui détruisent nos vies par une grève générale illimitée à caractère politique ! Ainsi toutes les usines et toute la production seront aux mains des ouvriers et nous pourrons organiser l’économie et la société que nous voulons : une société sans patrons ! Viomijanikí Metaleftikí, c’est maintenant ! Au travail ! Nous ouvrons le chemin pour que l’autogestion ouvrière soit partout. Nous ouvrons le chemin pour une société sans patrons.

Evénements :

Dimanche 10 février, 18h : Assemblée des Initiatives de Solidarité de toute la Grèce au cinéma Aléxandros.

Lundi 11 février :
- Manifestation depuis le centre de Thessalonique (Kamara) à 17h00.
- Concert dans le stade Ivanofio, à 20h00

Mardi 12 février : Tous à l’usine ! Rendez-vous 11h00 Kamara, 12h00 Ikea

Initiative Ouverte de Solidarité et de Soutien à la Lutte des Travailleurs de Viomijanikí Metaleftikí (Industrie Minière)

Transmis par l’Union Syndicale Libertaire – Relations Internationales http://athens.ese-gr.org/ (28 janvier 2013)

Traduction par Fédération Anarchiste, 29 janvier 2013.

[SOURCE : http://verba-volant.info/es/comienza-a-funcionar-la-fabrica-autogestionada-de-viomijaniki-metaleftiki-industrial-minera/]
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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede vroum le Lun 1 Avr 2013 09:09

Interview du groupe anarchiste grec AK (Mouvement Antiautoritaire)

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?breve493

Des anarchistes grecs parlent du mouvement anarchiste en Grèce

Cette interview a été réalisée le 20 janvier 2013

Le week-end dernier (12 janvier 2013), à la manifestation la plus massive de ces dix dernières années, des milliers d’anarchistes ont défilé pour protester contre les expulsions violentes des squats « Villa Amalias », « Rue Patision » et « Skaramagka » à Athènes et contre le climat extrêmement répressif créé par la police ces derniers mois en Grèce.

Voici une interview de l’un des groupes anarchistes le plus important numériquement en Grèce – le Mouvement Antiautoritaire (AK - Antieksousiastiri Kinisi) – où ils parlent du climat social et politique actuel en Grèce, de la menace de l’extrême droite et du travail du mouvement anarchiste.

Pourriez-vous nous rappeler quelques données sur la crise actuelle et le programme d’austérité imposé à la Grèce ? Et comment cela affecte la classe travailleuse ?

La crise actuelle a frappé profondément la société grecque. Le chômage et la pauvreté ont considérablement augmenté. Il y a des foyers sans nourriture et sans électricité. Chaque jour des gens perdent leur emploi. Et nous, nous pensons que ce n’est que le début. En fait, c’est une nouvelle expérience de la « doctrine du choc ».

L’anarchisme a des racines profondes dans de nombreux endroits de la planète. Quand a-t-il émergé pour la première fois en Grèce ? Quels sont vos points forts et vos faiblesses ?

Les anarchistes ont été présents en Grèce depuis 1900. Mais la croissance importante du mouvement anarchiste a eu lieu dans les années 1980. Le mouvement a beaucoup de points forts et aussi de points faibles. Ce que nous voulons mettre en avant, c’est la solidarité et la participation des travailleurs, des migrants et des prisonniers dans les luttes sociales, la force de la jeunesse et la lutte contre la répression et le capital. Nous devons aussi mentionner tout spécialement la lutte et les confrontations qui se mènent contre les coupes budgétaires et les mesures du FMI.

Qu’est-ce qu’est la Mouvement Antiautoritaire (AK) ? Dans quel genre d’activités et de luttes, en termes d’unions et de campagnes communautaires, est-il impliqué ?

AK est un réseau d’assemblées réparties dans quelques-unes des villes grecques. Nous sommes impliqués dans une variété de luttes. À l’heure actuelle nos campagnes principales sont liées au soutien aux travailleurs de l’entreprise « Vio.Me ». Ils sont sur le point de prendre le contrôle de l’usine et la mise en place du travail auto-organisé. Nous sommes également actifs dans la lutte en solidarité avec les habitants de Halkidiki (Chalcidique), Kilkis et de la Thrace qui luttent contre les mines d’or qui vont être construites dans la région (un investissement « express » qui pourrait être une catastrophe pour la région).

Et en général, nous participons au soutien à toutes les luttes sociales contre les options catastrophiques d’exploitation de l’Etat et du capital.

Également, à Thessalonique, nous participons à deux centres sociaux, « Micropolis » et « Scholeio » où nous essayons de recréer des choses nouvelles, en termes de formes organisées, de structures sociales et d’économie solidaire pour répondre à la crise et au travail comme proposition de modes de vie différents et pour une société différente. Vous verrez, les choses en Grèce sont dans une situation critique et nous sommes basiquement face à deux options : ou la brutalité de masse ou la créativité.

Dans ce processus, nous collaborons avec un grand nombre de personnes et de groupes de Thessalonique et de toute la Grèce qui travaillent sur des projets similaires. Et enfin et surtout, nous aimerions parler de notre focalisation sur la lutte contre le fascisme qui est aussi une question cruciale car le parti radical néo-nazi de Grèce continue de se développer.

Combien y a-t-il d’anarchistes incarcérés dans les prisons grecques ?

Ils doivent être plus de 20. La plupart ont été accusés de lutte armée.

De nombreuses sections des médias étrangers comme le quotidien The Guardian ont mis l’accent sur le développement alarmant du parti d’extrême droite « Aube Dorée », comparant la situation actuelle avec la République de Weimar du début des années 1930. Qui sont-ils ? Et, que font les anarchistes et les antifascistes pour combattre leur influence ?

Il y a une croissance des néo nazis en général, et pas seulement du parti extrémiste « Aube Dorée ». Ce développement n’est pas uniquement provoqué par la crise mais aussi par l’État. « Aube Dorée » a toujours été un instrument de l’État dans les domaines où la police ne pouvait pas agir. Le gouvernement a agi de manière beaucoup plus nazie que les Nazis – la création de centres de détention pour refugiés, les tabassages de manifestants, de refugiés, les tortures récentes des antifascistes dans les commissariats, la fraternité bien connue entre la police et les membres de l’« Aube Dorée » (50% des policiers ont voté pour eux)... Tout ce qui précède a contribué au développement des nazis.

Avec le développement de l’« Aube Dorée », il y a aussi une croissance significative du mouvement antifasciste. En plus des efforts pour informer et avertir la société du rôle d’« Aube Dorée » et de ses relations avec la police, il y a aussi le combat de rue pour les maintenir hors des rues et réduire leur présence dans la société. Jusqu’à présent, il semble que nous ayons la force nécessaire pour le faire malgré l’aide qu’ils reçoivent de l’État.

Quelle est votre opinion à propos de la croissance du parti de la gauche radicale Syriza ? Et savez-vous si beaucoup d’anarchistes ont voté pour eux lors des dernières élections ?

Premièrement, Syriza n’est pas du tout radical. Rappelons notre déclaration après les dernières élections : « Bienvenue à Syrisa dans l’enfer de l’autorité ». Syriza a obtenu ce développement en profitant du mouvement de la place Syntagma, mais il n’est pas le mouvement. Il s’agit d’un parti de gauche qui lutte pour gouverner.

Nous ne savons pas combien d’anarchistes ont voté pour Syriza. Ce que nous savons, c’est que notre assemblée, à Thessalonique, n’a pas du tout voté.

Malgré plus d’une douzaine de grèves générales, l’administration actuelle de la « Nouvelle Démocratie » continue d’imposer ses infâmes mesures d’austérité à la demande du FMI et de l’UE. Quelle est selon vous la prochaine étape ? Et quel rôle devrait être celui des anarchistes dans ces luttes ?

Il est difficile de prévoir l’étape suivante. Tout ce que nous avons compris après trois ans de lutte contre ce régime répressif et vraiment déterminé, c’est que les méthodes « traditionnelles » de lutte contre leurs politiques ne sont plus du tout efficaces actuellement. C’est pour cela qu’en ce moment, nous essayons de créer de nouveaux liens avec différentes parties de la société qui vont nous aider à résister et construire quelque chose de nouveau. Nous allons essayer de montrer à la société qu’il y a une voie alternative sans État et sans capital. C’est une voie difficile et nous le savons, mais nous ne combattrions pas pour cela si nous pensions que c’est impossible. Nous ne pouvons pas parler pour les tous anarchistes, nous parlons de nos choix et de notre stratégie en tant que AK.

Quel rôle peuvent jouer les anarchistes en dehors de la Grèce pour vous aider ?

La solidarité est un aspect très important aujourd’hui. Cela aide les gens à continuer à se battre et leur donner du courage. Il est également vital de faire pression sur les autorités. Il est très utile de voir qu’il y a des camarades et des gens en dehors de ton pays qui se soucient vraiment de vous et de ce qui se passe ici. Nous sentons que nous ne sommes pas seuls dans cette attaque contre l’État et le capital.

En outre, nous sommes toujours à la recherche de rencontres et de collaborations avec des groupes et des collectifs de l’Europe et en particulier des pays PIGS (Portugal, Italie, Grèce, Espagne) pour partager des idées, des expériences et des formes de lutte. Nous ne devrions pas être seuls dans cette recherche. Vous ne devriez pas être seuls non plus à ce sujet. Nous sommes tous ensemble. Pour cette raison, au cours de la dernière année, nous avons participé au réseau anticapitaliste européen M31 (http://march31.net/).

(source : http://www.alasbarricadas.org/noticias/node/24027)
Traduction : XYZ / OCLibertaire
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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede vroum le Mer 15 Mai 2013 15:42

Crise, austérité, grèves interdites... l’état d’exception permanent

lundi 13 mai 2013, par XYZ http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1353

Alors qu’un nouveau train de mesures d’austérité visant cette fois particulièrement les fonctionnaires a été voté fin avril, la grève des enseignants du secondaire appelée pour le début de la période des examens a aussitôt été interdite par un nouvel ordre de réquisition, indiquant une fois de plus, après la grève interdite des travailleurs du métro d’Athènes et des marins, qu’un « état d’exception permanent » s’installe durablement en Grèce afin d’imposer à tout prix les pires mesures d’austérité de toute l’Europe et de faire taire les résistances.

Petit tour du laboratoire européen des politiques actuelles du capital où l’imposition des mesures de licenciements, de baisses des salaires, de démantèlement de la santé publique, de destruction sociale se conjugue avec la fermeture progressive et continue des espaces d’expression et d’antagonisme.



1. Nouvelle loi « omnibus » d’austérité du 28 avril

Une loi établissant de nouvelles mesures d’austérité a été votée par le parlement le dimanche 28 avril. La procédure était semblable à celle mise en œuvre par le gouvernement pour le vote du dernier mémorandum en novembre 2012, lorsque le projet de loi avait été adopté non seulement avec la procédure d’urgence, mais rédigé en un seul article, afin de priver les députés de la possibilité de voter contre certaines clauses. Une loi « omnibus » (« pour tout » en latin) est une loi qui comporte plusieurs sujets ou aspects disparates en un seul bloc.
Le projet de loi comprend d’autres réformes, comme le nombre de versements que les débiteurs devront effectuer pour payer leur impôt à l’Etat et les cotisations sociales.

Il s’agit là de l’enregistrement législatif des décisions prises par la troïka au début de ce mois, contre le versement d’une nouvelle tranche de financement.
Athènes s’attend maintenant à recevoir des 8,8 milliards d’euros à la mi-mai. Il est prévu que le versement, prévu de longue date, d’une tranche de 2,8 milliards d’euros de cette somme sera approuvé par le groupe de travail de la zone euro le 29 avril. L’autre tranche, de 6 milliards, doit être octroyée lors de la prochaine réunion de l’Eurogroupe du 13 mai prochain : l’Etat a en effet besoin très rapidement de ces fonds pour payer les fonctionnaires, les retraités et les obligations dont l’échéance prochaine est le 20 mai.

Le point le plus important portait sur les licenciements dans la fonction publique. Bien que le nombre d’employés du secteur public ait diminué de façon constante depuis le début de la crise, c’est la première fois que le gouvernement va éjecter directement des fonctionnaires.
Le ministre de la Réforme administrative Antonis Manitakis a expliqué aux députés que le gouvernement choisirait les 15.000 fonctionnaires qu’il doit mettre à pied d’ici fin 2014, dont 4000 en 2013.
Il a précisé que ces licenciements ne concernaient pas le plan de mobilité forcée qui vise d’ores et déjà 25.000 fonctionnaires.

Le ministre Manitakis a dit que les fonctionnaires visés par les licenciements venaient de cinq domaines. Le premier est formé de ceux qui sont reconnus coupables d’infractions. Selon le ministre, quelques 1.500 fonctionnaires font face actuellement à des procédures disciplinaires.
Les fonctionnaires qui travaillent dans des organisations qui sont fusionnées ou dissoutes perdront également leur emploi. Cela se fera par un processus d’évaluation qui se déroule actuellement et qui conduira à sélectionner ceux qui seront virés.
Le ministre a ajouté que les employés du secteur public qui ont eu des mutations forcées ou qui sont placé dans le système de « réserve de main-d’œuvre » auront la possibilité de partir volontairement à la retraite.

Enfin, Manitakis a déclaré que les conditions dans lesquelles chaque fonctionnaire a été recruté seront vérifiées et que les personnes embauchées de manière frauduleuse seraient licenciés.

Ces 15.000 suppressions de postes ne sont qu’un début. Un avis de la troîka parle de la suppression nécessaire de 150.000 emplois de fonctionnaires dans les années à venir. Les 25 000 personnes mise dans la « réserve de l’emploi » en font partie.

Deuxième baisse du salaire minimum pour les futurs fonctionnaires

Un ajout de dernière minute du Ministre des Finances Stournaras établit un nouveau salaire minimum en cas de recrutement dans la fonction publique de chômeurs qui ont bénéficié de programmes de l’Agence Nationale pour l’Emploi. Ce maximum s’élève à 490 euros par mois, et seulement 427 euros pour les moins de 25 ans. Ces montants sont bien inférieurs au SMIC en vigueur, qui avait lui-même été abaissé, et de fait en abolissent le principe.
Cet amendement permet aux autorités locales, en particulier les municipalités, les régions, d’embaucher – dans des contrats à durée déterminée – des travailleurs pour un salaire minimum inférieur au salaire minimum commun qui avait déjà été abaissé de 22% au printemps 2012 (et de 32% pour les moins de 25 ans).
Le nouveau salaire minimum des fonctionnaires sera abaissé à 490 euros, soit 90 euro de moins que le salaire minimum général. Le nouveau salaire minimum des moins de 25 ans, est fixé à 427 euros par mois, ce qui correspond à une baisse de 70 euros par rapport au salaire minimal des jeunes Grecs.
Pour mémoire, le salaire minimal pour les plus de 25 ans est actuellement de 586 euros, celui des moins de 25 ans avait été abaissé à 490 euros.

En répondant à des députés qui critiquaient ces mesures salariales, le ministre des Finance a répondu : « Il est vrai que 490 euros est un bas salaire, mais n’oubliez pas que, dans ce cas, nous parlons de personnes qui sont au chômage. Ce sera un soulagement pour eux. »

Les médias internationaux et grecs se sont empressés de saluer la décision de réduire le service public "hypertrophié" de la Grèce mais ont négligé quelques points importants, tout d’abord le fait que cette "hypertrophie" du service public grec par rapport à d’autres pays européens est pour le moins douteuse, d’après les chiffres même de l’OCDE.

Comment contourner la Constitution

La permanence de l’emploi pour les fonctionnaires avait été établie dans l’histoire récente du pays afin de limiter le clientélisme et d’éviter qu’un gouvernement nouvellement élu puisse les licencier afin de recruter ses partisans. Ceci explique le fait que les services et organismes où sont employés les fonctionnaires à licencier seront dissouts, car la Constitution ne permet pas de licencier des fonctionnaires en masse dans d’autres cas que ceux-là. Parallèlement, la même loi omnibus d’austérité prévoit aussi que des employés des services régionaux et municipaux pourront désormais être recrutés sans la supervision du Conseil .Supérieur pour le Recrutement du Personnel, une agence indépendante établie en 1996 pour superviser le recrutement des fonctionnaires et éviter les recrutements par favoritisme politique.
En bref, ces clauses de la loi du dimanche 28 avril permettent de contourner la Constitution sur la permanence dans l’emploi des fonctionnaires et ouvrent la voie à de nouveaux recrutements sur la base du clientélisme et l’embauche de chômeurs en dessous du SMIC officiel.

Les deux grands syndicats grecs, GSEE et ADEDY, ont organisé une petite manifestation devant le parlement pendant le vote. Les partis de l’opposition ont exprimé des objections quant à la constitutionnalité de la procédure parlementaire. La loi a été votée par 168 voix, contre 123 et une abstention.

2. Les enseignants travailleront plus, les vacataires seront au chômage et la grève est interdite

Mercredi 23 avril, le ministre de l’Education a annoncé que les enseignants feront gratuitement dorénavant 2 heures de cours supplémentaires par semaine, et de 4 heures pour les enseignants ayant plus de 20 ans d’ancienneté. Les 10.000 enseignants embauchés cette année en CDD à des postes de remplaçants, ne seront pas repris à la prochaine rentrée scolaire.
Les enseignants grecs en colère ont appelé vendredi 10 mai à une grève à partir du 17 mai, soit le premier jour des examens de fin d’année.

L’appel de la Fédération des enseignants des écoles publiques de l’enseignement secondaire de Grèce (OLME, pour son sigle en grec) est dû à la colère des enseignants à cause des suppressions de postes de remplaçants (10 000 vacataires), les mutations de 4000 enseignants d’une région à l’autre et l’augmentation de deux heures de leur semaine de travail à partir de septembre, décision du gouvernement prise dans le cadre du dernier paquet de mesures adopté par le Parlement en avril dernier, en échange d’une nouvelle « aide » au sauvetage des créanciers internationaux. Les enseignants ont déjà subi ces dernières années, des baisses de salaire de 20 à 30%.

Les enseignants qui ont lancé cet appel à la grève cherchent mobiliser des centaines de milliers de lycéens et parents d’élèves.

Selon le Conseil de la Fédération syndicale qui a voté cet appel à 9 voix sur 11, il y aura une grève de 24 heures le 17 mai, suivie par cinq jours de grèves du 20 au 24 mai. Si la décision est ratifiée par les assemblées syndicales locales à travers le pays le 15 mai, la grève aura une incidence sur la conduite des examens d’entrée à l’université pour la première fois en 25 ans. En 1988 en effet, une grève des enseignants avait eu lieu pendant la période des examens.

Le porte-parole de la OLME a déclaré à la presse que tous les syndicats soutenaient cette grève sauf le PAME (le « front syndical » du Parti Communiste).

Le gouvernement a immédiatement annoncé que cette grève n’aurait pas lieu et qu’il recourt pour cela à une mesure de « mobilisation civile » (réquisition), comme ce fut le cas pour les camionneurs en 2010, les travailleurs des collectivités locales (ramassage des ordures) en 2011, ceux du métro d’Athènes et ceux des transports maritimes en 2013.

La mobilisation civile immédiate des enseignants est une procédure en vertu de laquelle les civils (comme des équipements, véhicules…) sont mobilisés (comme dans l’armée) pour répondre à des menaces « nationales » comme une guerre ou une catastrophe naturelle. Elle se surtout et de plus en plus à briser des grèves. Toute personne recevant un ordre de "mobilisation civile" doit s’y conformer immédiatement, sinon, elle risque la prison et de perdre son emploi.

L’ordonnance rendue par le premier ministre visant 86 000 enseignants, comprend des références à une potentielle « perturbation importante de la vie sociale et économique du pays » et de à « graves dangers pour l’ordre public et la santé des candidats participant aux examens d’entrée à l’université ».

Le syndicat OLME a appelé les lycéens et les parents d’élèves à se mobiliser contre cette interdiction de faire grève.

Lundi, le syndicat des fonctionnaires ADEDY a appelé à une grève de soutien de 24 heures le mardi 14 et a annoncé qu’il était prêt à faire de même le 17 mai.
Le syndicat OLME appelle à des rassemblements de protestations ce lundi 13 mai dans la soirée dans de nombreuses villes du pays. Des syndicats et associations de parents ont appelé à rejoindre ces rassemblements. Une grève de 24 heures pourrait être appelée le 16 mai, soit la veille de la date prévue.

3. Grèves de la faim

Les grèves de la faim se sont multipliées en Grèce ces derniers mois, afin de protester soit contre les conditions de détention, soit le traitement des immigrés et des réfugiés, soit pour les deux raisons à la fois.
On a rapporté deux nouveaux cas cette semaine, l’un à Larissa et l’autre à Mytilène. A Larissa, les détenus de la prison locale protestent contre leurs conditions de détention. Dans l’île de Mytilène, 12 Afghans et 4 Syriens récemment arrivés en Grèce ont commencé une grève de la faim pour protester contre le fait qu’ils sont dans un vide juridique, avec des conséquences absurdes et tragiques. La police et les garde-côtes refusent de les arrêter et de les enregistrer car les centres de détention sont insuffisants. Par conséquent, les réfugiés sont coincés dans le port de Mytilène sans pouvoir aller nulle part, et sont obligés de vivre, dormir, manger et se laver où et comme ils peuvent. Leur seul soutien vient de bénévoles de la communauté locale, qui leur fournissent de la nourriture et des articles d’hygiène de base. L’absurdité de leur situation est évidente quand on pense qu’ils supplient la police de les arrêter, afin d’obtenir un ordre de déportation qui leur permet de rester en Grèce pour un mois et ce qui leur permettrait de quitter l’île devenue une prison à ciel ouvert afin de poursuivre leur voyage vers les pays d’Europe du nord.

4. Aube dorée

Une femme de 23 ans est décédée cette semaine après environ un mois à l’hôpital après avoir été battue par son compagnon, dont on sait qu’il est un membre de l’Aube dorée. Au-delà du caractère tragique de ces événements, de nombreux activistes qui s’inquiètent de la tolérance des autorités vis-à-vis de l’Aube dorée ont remarqué qu’alors que l’agresseur est en cavale, la justice et la police n’ont pas publié sa photo et son identité, alors que c’est une pratique courante, pour ne pas dire systématique, dans le cas de suspects de gauche ou anarchistes.

L’Aube dorée a aussi fait parler d’elle cette semaine en cherchant à organiser une distribution de nourriture pour Grecs seulement à Athènes. La distribution a été interdite par le maire d’Athènes, Giorgos Kaminis, qui a par la suite été agressé par le député de l’Aube dorée Germenis. Le maire lui-même a cependant été critiqué en raison du fondement légal de sa décision : il a déclaré que la distribution de nourriture sur la place Syntagma était une « occupation illégale de l’espace public », alors que la loi grecque contre le racisme suffit à interdire un événement « pour les Grecs seulement » comme discriminatoire.

Enfin, beaucoup d’utilisateurs de Twitter ont signalé que le vendredi saint, des membres de l’Aube dorée étaient présents sur les péages des autoroutes du Péloponnèse. Au péage d’Eleusis, ils ont soulevé les barrières pour laisser les véhicules passer sans payer. Il faut souligner là encore que la police les a laissés mener leur opération et repartir sans les déranger, alors que les membres du mouvement "Den Plirono" ("Je ne paye pas"), qui mènent une campagne contre les tarifs exorbitants des péages, se retrouvent systématiquement confronté à la police anti-émeute.

5. Skouries contre la mine d’or

Les habitants de la Chalcidique du nord-est ont manifesté encore une fois le 1er mai contre les projets d’exploitation minière d’or et de cuivre dans la forêt de Skouries. La manifestation a été repoussée par la police anti-émeute, qui a utilisé d’abondantes quantités de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Entre-temps, le président du Syndicat de la Police de Chalcidique, Ioannis Kyrgiafinis, a dénoncé le fait que la police de la région a été transformée en compagnie de sécurité privée pour la compagnie minière Hellas Gold et sa compagnie-mère Eldorado Gold. Kyrgiafinis a dénoncé publiquement le niveau de dépense à la charge de l’Etat pour une opération dans laquelle 80-90 policiers sont présents sans cesse dans la forêt de Skouries, et les heures de travail quotidiennes de ses collègues, qui sont excessives, mais aussi le fait que le reste de la Chalcidique se retrouve sans policiers pour gérer les problèmes du quotidien, qui devraient d’ailleurs s’accroître avec le début de la saison touristique.

Dimanche 12 mai dans la matinée, deux manifestations était organisées dans la forêt de Skouries. L’une à l’appel des femmes à l’occasion de la fête des mères et l’autre, « mixte », comme elles se font chaque fin de semaine pour se rendre compte de l’avancement des travaux, notamment la coupe des arbres qu’effectuent des bûcherons sous la protection de la police.

Trois femmes ont été arrêtées par la police et sont poursuivies pour entrave à la circulation des véhicules de la société Hellas Gold. Selon des témoins, une quatrième femme pratiquement arrêtée a mordu un policier et a réussi à s’échapper. Une autre a été saisie violemment et cou et doit porter une minerve. Les manifestants ont é bloqués et ont pu continuer en s’échappant dans la forêt.

Par ailleurs, un manifestant est hospitalisé suite aux blessures qu’il a reçues lors d’affrontements avec les forces de l’ordre.

Selon la police, lors de ces affrontements, des coups de feu auraient été tirés sur la police par un « inconnu » et cela semble-t-il avec un fusil de chasse. Ces tirs auraient provoqué 7 blessés légers dans les rangs de la police. Certaines chaînes de TV, notamment Méga TV, propriété de Bobolas, l’actionnaire grec de Hellas Gold, disent que 7 policiers ont été blessés « par balles », alors qu’aucun hôpital de la région n’a signalé de telles blessures ou par chevrotine.

L’avocat des trois femmes qui ont été arrêtées dimanche matin a déclaré qu’elles sont accusées de résistance contre les autorités, de sédition et de tentative de libération de détenu.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

12 mai 2013

Aujourd’hui, fête des mères en Grèce, un grand nombre de femmes ont manifesté pacifiquement dans la région montagneuse de Kakavos, une fois de plus, pour la défense de leur terre, de leur vie et de l’avenir de leurs enfants. Elles ont été encerclées par la police anti-émeute et frappées sans pitié. Deux mères de trois enfants chacune, ont été blessées. Une des femmes blessées est à l’hôpital tandis que la seconde est parmi les trois détenus qui ont été transférés au siège de la police de Chalcidique.

Les femmes qui se sont rassemblées dans la montagne ont été menacées par des employés de Hellas Gold et des policiers.

Dans le même temps, un groupe d’habitants qui étaient rassemblés dans une autre partie de la montagne, en essayant d’atteindre l’endroit où la forêt est déboisée, sont tombés sur les policiers antiémeutes qui les ont agressées avec des gaz lacrymogènes.

Nous dénonçons la police grecque, qui pendant une longue période, avec un grand déploiement de forces, empêche les résidents d’approcher les zones publiques de la montagne de Kakavos, où Hellas Gold perpètre ses opérations. Nous dénonçons la police grecque pour les services de protection qu’elle fournit à cette société et à son soutien pour ses activités illégales. Nous condamnons la répression et la violence policière brutale auxquelles les populations locales font face tous les jours.

Nous déclarons que nous continuerons notre lutte pour protéger notre terre et nos vies.

Nous demandons instamment à tous les citoyens de se maintenir en soutien et en solidarité avec notre lutte pour l’environnement, pour nos vies et pour la défense de nos droits constitutionnels et humains.

(SOS Halkidiki)


6. Chômage : nouveau record européen

Les statistiques pour le mois de février 2013 viennent de tomber. Le taux de chômeurs atteint 27% de la population active (31% chez les femmes et 24% chez les hommes) contre 21,9% un an auparavant et 26,7% en janvier 2013.

Près de deux tiers des jeunes de 15-24 ans non scolarisés sont touchés (64,2%) contre 54,1% en février 2012.

Et dans la tranche de 25 à 34 ans, plus du tiers (36,2% contre 29% il y a un an) sont à la recherche d’un emploi.

En février, le nombre de chômeurs en Grèce s’élevait à 1,32 million tandis que les personnes ayant un travail étaient 3,568 millions.

7. Dette, crise, privatisations…

Le gouvernement grec s’est montré optimiste sur l’amélioration de la situation dès 2014. On croit rêver surtout quand il prévoit, lui et la troïka, une augmentation de la dette/PIB à 175% en fin d’année 2013. Sans doute peuvent-ils y croire parce qu’ils vont entamer cette année le programme de privatisation des entreprises publiques, défini il y a plus de deux ans et qui a pris du retard.

Parmi les premières mises en vente, il y a celle qui s’occupe des jeux et des paris sportif : la seule qui gagne beaucoup d’argent ! Il y a quelques jours, le ministre des finances s’était félicité du succès de la « première grande privatisation », la vente pour 652 millions d’euros de 33% de parts publiques du lucratif organisme de paris sportifs Opap au consortium gréco-tchèque Emma Delta. Une vente de 33% d’une société qui, en 2012, aurait rapporté 505 millions de bénéfice net… quelques mauvais esprits ont relevé que les acheteurs avaient réalisé une excellente affaire.

Un grain de sable à Thessalonique

Parmi les futures privatisations, celle de la compagnie des eaux de la ville de Thessalonique(en fait, 74% est propriété d’Etat, 26% sont déjà détenus par des entreprises privées). Mais, dans la seconde ville du pays, la résistance s’est organisée depuis près de deux ans.

La privatisation des services de l’eau, notamment en Grèce et au Portugal, est l’une des conditions imposées dans le cadre des plans de sauvetage. Cette privatisation est vivement encouragée par la Commission européenne et quand le président Hollande se rend en Grèce en février dernier, ce n’est pas seulement pour vendre des frégates à la marine grecque, c’est aussi pour appuyer les candidatures des entreprises françaises à la reprise de « bons morceaux » des entreprises d’Etat mises en vente.

Une initiative locale d’habitants, l’« Initiative 136 », née en 2011 dans la foulée du « mouvement des places », les « indignés » grecs, s’oppose à la privatisation et propose la mise en place d’une gestion sociale des eaux de la ville à travers des coopératives d’habitants à but non lucratif au niveau des quartiers. En recueillant les « parts sociales » de ces coopératives auprès des habitants qui le peuvent, elle entend acheter ce qui sera mis en vente.
Au départ, il s’agissait de privatiser 40% du capital de l’EYATH, la compagnie presque publique des eaux de Thessalonique. L’« Initiative 136 » tire son nom du résultat de la division de la valeur estimée de l’EYATH (les 40% du départ) par le nombre de compteurs installés dans la ville. Chaque « part sociale » théorique serait donc de 136 euros. Ce qui est déjà beaucoup dans un pays en cours d’appauvrissement accéléré, d’autant que le projet étant basé sur le volontariat, il regrouperait logiquement beaucoup moins de personnes que d’abonnés, même s’il est prévu d’y introduire des “personnes morales”…
Depuis décembre 2012, l’objectif de la privatisation a été réévalué à la vente de 51% de la compagnie, ce qui rend encore plus difficile de réunir ces fonds, sans parler de barrières juridiques mises dans l’appel d’offre, comme le fait d’avoir une expérience dans la gestion des eaux (distribution, évacuation, traitement/assainissement) d’une grande ville de plus de 500 000 habitants, d’autant que ces compétences techniques sont mises en premier plan chronologiquement et sont donc éliminatoires.

Parmi les acheteurs potentiels, il y a Suez Environnement (qui possède déjà 5,46% de EYATH) en association avec le groupe Ellaktor du baron grec des travaux publics et des médias Georges Bobolas (oui oui, celui de Hellas Gold) et d’autres consortiums regroupant des entreprises locales (le groupe grec de BTP GEDK-Terna) et étrangères notamment la compagnie israélienne des eaux Mekorot, ainsi que l’homme d’affaires gréco-russe Ivan Savvidis qui a acheté en 2012 le club de football local Paok.

De leur côté, 14 municipalités de la région s’opposent aussi à cette privatisation et envisagent, soit de créer une société publique pour acheter ces 51%, soit de se rallier à l’ « Initiative 136 ».

La municipalité de Thessalonique, qui est opposée au projet de privatisation, a voté récemment le principe d’un référendum local sur cette décision. Le résultat n’est absolument pas contraignant pour l’Etat, mais cela fait partie de la « résistance » aux privatisations et doit être compris comme tel.
Une bataille pour l’eau va donc s’engager.

En tous cas, l’intérêt de la démarche est déjà qu’il y a une résistance, et de poser la question de la gestion collective et non lucrative de l’eau, dans une démarche visant à instaurer un contrôle collectif des habitants et empêcher que la ressource hydrique devienne une source de profit. Que cette démarche aboutisse ou pas, que cette « coopérative citoyenne » parvienne à échapper aux contraintes de l’environnement capitaliste, ce sont là des questions récurrentes concernant tous les projets coopératifs, autogestionnaires et autres, sur lesquelles ont ne peut qu’avoir des doutes si l’on y cherche là une quelconque « alternative au capitalisme ». Il s’agit là rien de plus, et au mieux, qu’une alternative à la privatisation d’une ressource certes essentielle, ce qui n’est pas du tout la même chose. Et encore, se retrouver à devoir racheter collectivement ce qui « nous » appartient, ce qui appartient à la communauté, c’est quand même assez terrible comme manière de résister et de « sortir » de la crise de la dette ! Passons...

8. Déflation

Le recul des prix à la consommation en Grèce s’est poursuivi en avril de 0,6% sur un an, selon les chiffres publiés vendredi par l’Autorité statistique grecque Elstat.
Cette baisse avait déjà été observée le mois précédent (-0,2%), ce qui constituait une première depuis 45 ans. Si elle se confirmait, cette déflation ne ferait qu’empirer les effets de la récession (6ème année consécutive en 2013), le niveau des dettes ne ferait, à même valeur nominale constante, qu’augmenter encore plus rapidement en valeur réelle.

XYZ, le 13 mai 2013
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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede vroum le Mer 22 Mai 2013 07:44

Depuis quelques mois, Radio Libertaire affiche son désir de travailler avec Radio Entasi, la radio pirate sans dieu, sans maître et sans publicité d’Athènes.

Radio Entasi a fait le superbe cadeau de dédier une émission à Radio Libertaire en présentant le quartier autogéré et la culture d'Exachia, l'historique de la radio, l'actualité des luttes antifascistes en Grèce...

Le podcast :

Part 1 ( 5 minutes avant la fin du podcast)
http://media.radio-libertaire.org/backup/21/mardi/mardi_1800/mardi_1800.mp3

Part 2 :
http://media.radio-libertaire.org/backup/21/mardi/mardi_1930/mardi_1930.mp3
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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede vroum le Jeu 4 Juil 2013 08:06

Impressions d’un Andalou sur le mouvement anarchiste en Grèce

Je vais essayer de traduire les impressions, résultats d’un voyage, que m’a donné le contact avec le mouvement libertaire en Grèce. Malheureusement, je n’ai pu ni rester longtemps ni voir beaucoup d’endroits, de sorte que ce qui est écrit ici ne doit pas être interprété au-delà de ma vision personnelle sur ce que j’ai vécu avec les camarades de là-bas. Ce n’est donc pas une analyse sérieuse du mouvement anarchiste et encore moins sur la situation du pays. Si à cela, nous ajoutons que ma militance est plus axée habituellement sur ce que l’on pourrait appeler un travail de base que sur l’analyse et la production théorique, il est certain que je vais commettre beaucoup d’erreurs. Cependant, j’espère que je pourrais vous donner une idée approximative de certains aspects du mouvement grec et que cela pourra servir de guide pour les personnes intéressées et qui n’ont pas de contact direct avec lui.

Beaucoup de choses qui se passent dans l’anarchisme en Grèce ont un lien certain avec les débats qui se déroulent dans l’État espagnol, car, excepté quelques différences, nous avons beaucoup en commun, tant pour ce qui concerne l’environnement du mouvement libertaire que la situation politique générale. Il serait souhaitable de renforcer les contacts et les liens entre les deux mouvements et les autres régions de la Méditerranée, car la situation économique et politique nous oblige à développer un mouvement libertaire fort en raison de ces éléments. En plus de la nécessité de commencer à travailler ensemble (et toujours dans une perspective internationaliste, sans rien retirer de la coordination dans des zones plus vastes de la planète), au niveau local nous pouvons apprendre beaucoup les uns des autres pour éviter les obstacles qui font qu’aujourd’hui le mouvement anarchiste dans les deux pays ne parvient pas à être une référence ou une alternative politique à un niveau populaire. Tout cela dans un moment où la gauche partidaire, qu’elle soit orthodoxe ou qu’elle porte des habits plus alternatifs, est incapable d’articuler une réponse politique claire à la régression évidente en termes de droits que nous subissons, sans même songer à proposer des modèles sociaux rupturistes, et quand en outre, la menace fasciste se cristallise jour après jour et parvient (en particulier en Grèce et en Europe de l’Est) à établir ses propres parcelles d’activité, à la fois dans la rue et dans les parlements.

Quand on arrive en Grèce, la première chose qui frappe, c’est que la politique en général et l’anarchisme en particulier, sont beaucoup plus présents dans la rue que dans notre pays. En arrivant, en voyant le paysage urbain, on ne peut pas s’empêcher de remarquer le grand nombre de graffitis et d’affiches qui remplissent les murs et le mobilier urbain. Cela s’accentue dans les universités, les lycées et les hôpitaux. Leurs murs sont, en particulier les facs, littéralement tapissés avec toute sorte de propagande politique et ils montrent presque toujours une banderole relative à une question politique. De retour dans la rue, à côté des signatures typiques des graffiteurs, abondent les tags antifascistes et surtout les A cerclés. Dans les bâtiments publics tels que les tribunaux et les bureaux du gouvernement, il y a toujours quelques graffitis ou des taches de peinture répandues pour les effacer, même si, comme ils me l’ont expliqué, ils s’efforcent d’essayer de les garder propres. Par ailleurs, la présence du fascisme d’Aube Dorée apparaît également de manière inquiétante sur les murs de certains quartiers des villes sous forme des croix celtiques, mais toujours recouvertes.

Cette importance de la politique en Grèce se confirme lorsque l’on commence à établir des contacts avec les gens de là-bas. Le nombre de collectifs politiques dans des villes comme Thessalonique et Ioannina (où j’ai été la plupart du temps) est décuplée par rapport à des villes de taille similaire dans l’État espagnol. Et cela, tant au niveau des partis de gauche de dimensions et d’espèces différentes que des groupes libertaires, des assemblées et des collectifs, ainsi que des squats et des centres sociaux qui servent d’espaces politiques. Pour prendre un exemple qui m’a beaucoup surpris, à Ioannina, j’ai rencontré des étudiants en chimie, qui ont formé un collectif de leur faculté et qui se réunissait dans un de ces centres sociaux et traitait de questions politiques et sociales, pas seulement en référence au mouvement étudiant. Des groupes comme celui-ci abondent en Grèce, ce qui permet d’avoir une idée de l’effervescence politique et de la quantité et de la variété de collectifs qui existent.

Cela nous amène à un aspect important (avec ses avantages et inconvénients) des mouvements politiques et en particulier du courant libertaire en Grèce : la jeunesse de ses membres. L’impression que j’ai eue de ces gars-là a été très positive, et j’ai été surpris par l’énergie et le sérieux avec lesquels ils militent. Quand ils décident d’appeler à une activité quelconque, ils s’y engagent à fond pour la faire connaître et l’organiser, en particulier dans le cas d’actions et de manifestations, mais aussi pour des conférences et des événements. Alors que, par exemple, dans une grande partie de l’Etat espagnol, un collage d’affiches se fait habituellement le plus souvent en un court moment, en Grèce ils recouvrent leur ville, et je ne me réfère pas seulement à des espaces dans lesquels beaucoup de personnes ou d’organisations collaborent, mais aussi à des collectifs indépendamment de leur taille. Cette même ardeur, on peut la voir dans les rassemblements, les manifestations et les piquets. J’ai eu la chance de participer à plusieurs de ceux-ci, qui correspondaient à des conflits de l’ESE [anarchosyndicaliste], et j’ai été impressionné par l’énergie dépensée dans ces actions, ainsi que par la capacité de mobilisation d’une petite organisation anarchosyndicaliste, par rapport celles de l’Etat espagnol. J’ai trouvé extraordinaire de voir tant de jeunes sur un piquet et leur façon de crier des slogans et leur attitude générale très active, tout cela pendant une longue période de temps, si l’on compare aux habitudes d’ici.



Il y a généralement beaucoup d’envie de faire des choses, beaucoup d’énergie. L’impression que j’ai eue des Grecs, c’est que ce sont des bonnes personnes, très généreuses, travailleurs, proches, semblables à nous mais en même temps sur un point, éloignés. Ils sont très rebelles, beaucoup plus que ce que nous voyons ici, avec un élément, même un peu innocent et idéaliste (en précisant que je viens d’une ville très versée dans le picaresque). Ils ont des perspectives très ouvertes en ce qui concerne l’anarchisme, on remarque qu’ils ne souffrent pas du poids de l’histoire, de la tradition et des organisations qui médiatisent l’anarchisme en Espagne. Peut-être qu’un élément a également à voir avec le caractère des gens du mouvement là-bas ; l’absence frappante de drogues chez les jeunes. A la fois dans le mouvement et dans le milieu universitaire, j’ai été surpris que même dans les raves les gens ne prennent pas autre chose que de l’alcool et qu’il n’y avait personne qui en vendait. On m’a dit que dans la plupart des squats, s’ils attrapent quelqu’un en train de prendre n’importe quel type de stupéfiant (y compris fumer des joints) ils le jettent de là. Il est vrai que les gens boivent, mais je n’ai pas vu une présence d’alcool aussi permanente qu’ici, et presque personne ne fume du haschisch ou de la marijuana, et encore moins dans la rue.

J’ai perçu beaucoup moins de frivolité qu’il n’y en a ici dans le mouvement okupa. Il est vrai que les gens ont une esthétique plus ou moins reconnaissable, mais ils sont plus austères et ils abusent de beaucoup moins d’éléments décoratifs (piercings, tatouages, dreadlocks, etc.). Je n’ai presque pas vu de tribus urbaines et esthétiques disons précises (punks, skins, hippies...). On ne voit pas non plus la saleté dont se complaisent souvent dans d’autres parties de l’Europe certains compagnons, que ce soit au niveau personnel ou dans les bâtiments. Comparés aux squats d’ici, la majorité de ceux que j’ai vu étaient beaucoup plus soignés et propres (avec quelques exceptions) : il est évident que les personnes s’en occupent et y travaillent plus.
En général, dans les villes où j’ai été, les squats abondent autant comme logement pour les jeunes que comme centres sociaux, souvent en mélangeant les deux. Il semble que les expulsions sont beaucoup moins fréquentes (par exemple, je suis passé dans un squat à Athènes qui fonctionne depuis 20 ans). La participation dans les squats est très élevée : cela se traduit par un grand nombre d’activités, la plupart avec des salles de sport bien équipées, des conférences, des concerts, des troupes de théâtre, de danse, des supermarchés bio et mille autres choses. J’ai un souvenir particulièrement bon de ceux que j’ai fréquenté à Thessalonique (Scholeio et Orfanotrofio) et à Ioannina (Antibiosis)

Il y a une autre manière de maintenir des espaces politiques, appelé là-bas « Centres Sociaux », qui consiste à louer des locaux, organisés de manière assembléaire par différents collectifs et avec un caractère plus stable. Parmi ceux-ci, j’ai été impressionné par ‟Micropolis”, à Thessalonique, un bâtiment géré par le Mouvement Antiautoritaire (Antieksousiastiri Kinisi - AK). Le loyer est payé grâce à un café-bar situé au premier étage et dans les étages supérieurs il y a différents projets coopératifs tels qu’un atelier d’impression, un supermarché de produits locaux issus du commerce équitable, une garderie, une bibliothèque, une infirmerie pour animaux blessés ou malades et d’autres trucs. J’ai été surpris de voir comment cela était bien organisé, mais malheureusement, je n’ai pas pu en savoir beaucoup plus sur l’organisation ou le mouvement qui le gère, au-delà de ce qui semble être une intention organisationnelle formelle dans la sphère libertaire et qui apparemment sont maintenant assez focalisés sur le thème de l’économie sociale et la récupération d’espaces. Les références que j’ai obtenues par d’autres anarchistes étaient que, dans de nombreux cas, cela semble être une organisation quelque peu centralisée, ce qui a provoqué des frictions avec d’autres collectifs, mais malheureusement je n’ai pas beaucoup d’informations sur ce sujet.

Un aspect essentiel à la compréhension du mouvement anarchiste grec, comme je l’ai déjà indiqué plus haut, c’est l’absence de tradition et d’organisations anarchistes plus ou moins classiques. Comme je l’ai déjà dit, cela a un effet positif car cela a permis l’existence d’un mouvement très jeune, ouvert et doté d’une grande force et de dynamisme. Contrairement à l’Espagne, il n’est pas tombé dans le bureaucratisme, la rigidité et les polémiques absurdes qu’a souvent généré l’‟anarchisme classique” et ses organisations, ni, de l’autre côté, dans la frivolité et la superficialité dont, peut-être par réaction, fait preuve l’anarchisme plus autonome. Mais il est également vrai qu’il a ses problèmes. En Grèce, selon ce qu’on m’a rapporté, il y a une identification, qui frôle l’absurde, de l’organisation avec l’autoritarisme et les partis politiques. Cela en arrive à influer sur les processus assembléaires dans leurs aspects les plus élémentaires. Dans de nombreux cas (ici je parle par ouï-dire parce que je ne comprenais rien des réunions auxquelles j’ai assisté) le concept de développer des accords pris par une assemblée à travers des groupes de travail est inconnu, ce qui pose des problèmes même dans la collecte des résolutions et la nomination de responsables de tâches. Il en résulte une difficulté pour la participation des personnes ayant moins de disponibilité en termes de temps que les jeunes et une difficulté pour maintenir des structures organisationnelles complexes.

Il y a aussi quelque chose que la ‟tradition” anarchiste (en grande partie l’anarcho-syndicalisme) nous a laissé dans l’État espagnol et qui manque : la conception de l’anarchisme comme une expression de la classe travailleuse et des personnes pauvres en général. Ce n’est pas qu’ici non plus nous soyons submergés sur ce point récemment, mais il y a plus de tentatives dans ce sens, du moins en comparaison avec un mouvement anarchiste d’une ampleur considérablement plus grande comme l’est le mouvement grec. Il n’y a pas en Grèce autant de mouvements de quartier ou de luttes sociales ayant un caractère antiautoritaire sans être spécifiquement anarchistes, que dans l’État espagnol. Tout semble beaucoup plus politisé, il ne semble pas y avoir le concept des mouvements sociaux tel que nous l’avons ici. Il est intéressant de noter l’évolution différente qu’a connue le mouvement des places qui a commencé à Syntagma, par rapport au 15M espagnol ; le mouvement grec a eu un caractère beaucoup moins de gauche et la plupart des anarchistes n’y ont pas participé. Est-ce un avantage ou un inconvénient ? Compte tenu de la situation politique en Grèce, il est possible qu’à partir de l’anarchisme puisse se créer un mouvement populaire libertaire, sans avoir à participer à des mouvements sociaux avec la gauche étatiste, mais je ne sais pas si le fait d’être directement auto-désigné comme anarchiste peut être une limite pour l’action politique de masse.

D’autre part, certains secteurs des anarchistes grecs (appelés nihilistes, qui pour ce que j’en sais ont une forte ressemblance avec l’insurrectionnalisme qui était en vogue ici il y a quelques années) font étalage d’un maximalisme qui les rend difficiles à se connecter avec la population et tombent dans la même erreur qui est souvent commise ici aussi, celle d’avoir une attitude de rejet des ‟gens normaux”. En faveur de ce secteur de l’anarchisme grec, il faut dire qu’il bouge beaucoup plus qu’ici, avec des actions d’une force que nous connaissons tous. Contre lui, ce caractère maximaliste les conduit souvent à accuser le reste du mouvement acrate de ‟non-anarchistes”, jusqu’à des attaques contre le reste du mouvement anarchiste de Thessalonique qui a conduit à une lamentable lutte de tendances.



Il existe des initiatives intéressantes telles que celle des compagnons de l’ESE, qui essaient de créer une organisation anarcho-syndicaliste dans le complexe système grec (dans lequel il n’y a pas de syndicats proprement dits comme ici, mais une sorte de corporations étatiques aux élections desquelles concourent les groupes syndicaux). Comme je l’ai dit, j’ai été surpris de l’énergie déployée sur les piquets ainsi que les excellentes relations qu’ils entretiennent avec les membres des squats anarchistes (en y participant et étant soutenus par eux). J’ai trouvé un bon point en sa faveur que le fait d’être une organisation petite et relativement nouvelle, elle n’a pas à supporter le poids des structures et souvent le folklore hérité dont nous souffrons dans l’État espagnol. D’autre part, en maintenant l’idée de la nécessité de s’organiser et de lutter dans le milieu du travail, c’est en Grèce une grande contribution à un mouvement qui pendant des années qualifiaient ces luttes comme réformistes et contraires à l’anarchisme.

Une autre initiative intéressante est l’autogestion de l’usine de matériaux de construction Vio.Me. L’employeur veut la fermer, l’abandonner, avec la réponse des travailleurs de relever le défi de poursuivre l’entreprise collectivement, soutenus par l’ESE, le Mouvement Antiautoritaire (AK) et d’autres collectifs libertaires. Actuellement, ils cherchent à relancer la production dans l’usine en réunissant les fonds nécessaires par la vente de produits de nettoyage à travers un réseau de commercialisation coopératif, avec la perspective de participer à un processus de création d’une économie sociale qui permette une alternative aux pratiques capitalistes.

Comme vous le voyez, il y a des problèmes similaires à ceux de l’État espagnol, avec des discussions semblables sur la façon de s’organiser et de se connecter avec le peuple. Malheureusement, en Grèce, en dépit de la puissance du mouvement, je n’ai pas vu une grande relation avec les classes populaires qui subissent les coupes sociales. En parlant de cela avec les compagnons de Thessalonique, nous faisions remarquer que dans le CSOA [Centre social occupé et autogéré] il y avec de très nombreuses activités mais que presque tous les participants étaient jeunes, pour la plupart des étudiants. C’est quelque chose que nous pouvons extrapoler au reste du mouvement anarchiste grec. A ma question sur l’activité de l’Aube Dorée, ils m’ont répondu qu’ils n’apparaissaient pas dans le centre-ville, car cette zone était largement dominée par les anarchistes. En revanche, dans quartiers périphériques et pauvres, ils ne savaient pas avec certitude quelle était la situation, en étant sûr toutefois qu’ils avaient ouvert un local à côté d’un commissariat de police pour ne pas être attaqués, ce qui prouve leur faiblesse dans la rue. Ils soupçonnaient qu’Aube Dorée étaient derrière l’organisation d’assemblées d’habitants pour protester contre la prostitution et l’immigration dans le quartier d’un compagnon, mais les compagnons n’ont pas participé à celles-ci pour contrer cette activité. J’ai trouvé un phénomène semblable lorsque j’ai posé la question à Athènes : là, la présence d’Aube Dorée est plus forte, en particulier dans les quartiers pauvres, tandis que l’anarchisme est présent dans les zones centrales. Cela devrait nous conduire à une importante réflexion. Dans une région où il y a quelques années, la présence de nazis dans la rue et dans la vie politique était impensable, ils ont réussi à se glisser dans les institutions et commencent à avoir leurs propres espaces dans certaines villes. Ils ont su voir et profiter des vides et des ouvertures qui leur ont été laissées, en manœuvrant habilement, en utilisant intelligemment les coups médiatiques, en réussissant à agir dans la rue avec un prétexte assistancialiste, par exemple à travers des distributions de nourriture (ce qui rend impossible une attaque directe de la part de l’antifascisme).
Globalement, l’image de l’Aube Dorée que j’ai rapportée est, d’un côté moins forte que l’alarmisme créé par les médias en Europe, mais de l’autre, elle est celle d’un mouvement beaucoup plus sinistre et dangereux, celle d’un mouvement insaisissable et qui a su se rendre difficile à arrêter. Nous devrions analyser cela maintenant que nous avons encore le temps. En Grèce jusqu’ici, ils ont réussi à faire face à une écrasante majorité de gauche dans la rue, à un mouvement anarchiste beaucoup plus développé et plus fort que le nôtre et à un antifascisme très sérieux, préparé et décidé. Mais les néo-nazis ont profité du manque de syntonie de l’anarchisme et de la gauche avec une grande partie des gens qui souffrent des coupes sociales en Grèce. Beaucoup de ceux qui sont tombés du système clientéliste du PASOK et les petits commerçants ruinés entrent dans le jeu d’Aube dorée. Si les camarades grecs sont incapables de viser juste, ils pourront faire face à un problème très grave dans les années à venir, car il y a un reflux (comme ici) des masses, fatiguées des manifestations et des protestations qui ont échoué à arrêter la paupérisation et la perte des droits dont ils souffrent. Si l’on ne parvient pas à construire une alternative pour les besoins concrets des Grecs appauvris – nourriture, travail, logement et santé – beaucoup d’entre eux vont aussi tomber dans le chantage clientéliste de l’Aube dorée, leur fournissant une force dans la rue avec laquelle ils s’affronteront à la gauche et un appui dans les institutions qui peut renverser la situation politique. Je pense que c’est là la grande question en suspens des anarchistes grecs, car la puissance du mouvement ne sera pas suffisante s’ils ne parviennent pas à articuler cette alternative populaire. Nous ici, dans l’État espagnol, nous devons également prendre note de cela, parce que si dans un pays comme la Grèce, les nazis obtiennent ces choses, ils peuvent le faire ici aussi et peut-être plus facilement.

Mais je pense que les camarades grecs ont un grand potentiel pour sortir gagnant dans cette attaque. Ce sont, comme je l’ai déjà dit, des gens de grande qualité militante, ils sont dans un pays où la gauche a toujours été forte, et surtout dans de nombreux cas ils expriment un grand intérêt pour dépasser le plafond que le mouvement anarchiste en Grèce semble avoir touché malgré toute sa force : le manque d’organisation et de connexion avec les besoins des Grecs paupérisés. Lors de mon séjour, les discussions que nous avons eues après les exposés présentant le mouvement pour le logement décent et l’occupation des terres en Andalousie étaient très intéressants et m’ont permis de voir que les gens réfléchissent beaucoup sur ces questions et sont conscients de ce qui se passe avec la montée du fascisme et les coupes sociales par le gouvernement. Au final, les défis et les débats sont semblables à ceux que nous avons ici, même si nous disposons peut-être de ressources différentes lorsqu’il s’agit de les affronter.
Que pouvons-nous tirer clairement de tout cela ? À mon avis, le fait que pour construire un mouvement libertaire fort et qui soit une véritable expression de la lutte populaire, il est indispensable de comparer les expériences, d’établir des liens, de nous voir, de parler, de nous comprendre, et finalement de combattre ensemble, ici, en Grèce et dans le reste du monde. Nous devons procéder calmement, écrire posément et clairement, mais nous ne pouvons pas nous endormir. Tout le temps que nous perdons et les occasions gaspillées sont mis à profit par le système, tant dans son versant ‟démocratique” lorsqu’il nous fait reculer dans la perte de droits qu’il nous coûtera cher de récupérer, que dans son versant fasciste qui se prépare comme alternative pour le cas où l’instabilité générée par la crise le rende utile pour les capitalistes.

Le 20 juin 2013

Original : http://www.alasbarricadas.org/noticias/node/25224

[ Traduction : OCLibertaire ]
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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede vroum le Sam 10 Aoû 2013 18:30

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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede vroum le Mer 11 Déc 2013 00:30

[Grèce] 6 décembre, affrontements avec la police

http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article1220

Les affrontements avec la police, des centaines de personnes arrêtées et détenues pendant les manifestations pour le cinquième anniversaire de l’assassinat d’Alexandros Grigoropoulos âgé de 15 ans.

13 arrestations et 191 personnes en garde à vue est le résultat de l’orgie policière menée hier à travers la Grèce contre les manifestants pour le 5ème anniversaire de l’assassinat d’Alexandros Grigoropoulos. La police a traité les manifestations avec une violence particulière et des contrôles sans précédent. A Athènes, le matin du 6 décembre, des élèves d’écoles et d’universités ainsi que des travailleurs ont protesté, une partie d’entre eux a affronté la police qui les avait encerclée et des centaines de manifestants ont été mis en garde à vue dont certains ont été emprisonnés.

Dans l’après-midi, après la fin d’une autre manifestation, des anarchistes et des membres de groupes de gauche se sont affrontés avec la police dans les rues de Exarchia, l’endroit où A. Grigoropoulos a été assassiné. Les forces de répression ont investi la zone avec des gaz lacrymogènes et lancé de nombreuses grenades aveuglantes. Des incidents mineurs ont été signalés dans d’autres villes grecques (Thessalonique, Agrinio, Volos) alors que des manifestations ont eu lieu un peu partout en Grèce, avec la participation de milliers d’étudiants.

Groupe communiste libertaire d’Athènes.

Vidéos des manifestations :
- Athènes : https://athens.indymedia.org/front.php3 ... id=1504690 https://www.youtube.com/watch?v=VpbKOcAVLAo
- Affrontements à Exarchia : https://www.youtube.com/watch?v=Ee5XED8Apao
- Thessaloniki : http://www.youtube.com/watch?v=nWg1sXG--go
- Volos : https://athens.indymedia.org/front.php3 ... id=1504911
- Agrinio : http://www.youtube.com/watch?v=o5kU5r641j4
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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede vroum le Jeu 30 Jan 2014 14:14

L'ESPACE SOCIAL LIBRE RESALTO ATTAQUÉ PAR UNE CENTAINE DE NÉO-NAZIS !

Ce week-end :
Keratsini (ouest d'Athènes, Grèce)
L'ESPACE SOCIAL LIBRE RESALTO ATTAQUÉ PAR UNE CENTAINE DE NÉO-NAZIS !
(près du lieu où a été assassiné le rappeur antifasciste Pavlos Fyssas alias Killah P)



http://www.youtube.com/watch?v=i4J2C7Fu3s8
Vidéo de 5 minutes en français
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Re: Manifestations/Emeutes en Grèce

Messagede ValentinBelov le Lun 30 Mai 2016 13:16

message envoyé en corbeille car HS
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