Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

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Re: Alternative libertaire de juillet-août est en kiosque

Messagede tatave le Ven 27 Aoû 2010 07:29

pierot a écrit:Je poste ici, en attendant une éventuelle mise en ligne sur ce site anarcho-individualiste, la réponse d'une camarade, qui n'a pas envie de prendre la peine de s'inscrire sur l'En Dehors :
Non seulement le mariage légal est une prostitution lorsqu’il est une spéculation de l’un des époux sur l’autre, mais il est toujours une prostitution puisque la vierge ignore ce qu’elle fait en se mariant.
Quant au devoir conjugal, ce n’est ni plus ni moins encore que de la prostitution ;
Prostitution, la soumission au mari ; prostitution, la résignation et la passivité.
Prostitution encore que l’union libre, quand elle passe de l’amour à l’habitude.
Prostitution enfin, tout ce qui rapproche les sexes en dehors du désir et de l’amour."

Pierrot je viens de lire ce texte mais (par exemple) le dernier paragraphe me semble faire références à des concepts largement dépassés en 2010 en Europe.
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Re: Alternative libertaire de juillet-août est en kiosque

Messagede pit le Ven 17 Sep 2010 16:19

Réponse d’AL à la réponse du Strass du 24 août 2010 :

Le Strass, Syndicat du Travail Sexuel, a rédigé une réponse au dossier sur la prostitution paru dans le mensuel Alternative Libertaire des mois de juillet et août 2010 coordonné par la commission antipatriarcat (dossier disponible sur le site Internet d’Alternative libertaire : http://www.alternativelibertaire.org/sp ... ubrique196 ) Dans sa réponse, le Strass se place au niveau de l’argumentation et non de l’invective, c’est pourquoi nous considérons utile de leur faire une réponse qui permet de mieux expliciter les raisons de notre désaccord avec ses positions.

Le Strass nous répond qu’il n’est pas pro-prostitution. En tant que militant-es communistes libertaires, bien souvent aussi syndicalistes, nous lui répondons qu’il nous semble qu’il y a une confusion qui revient constamment dans ses propos, une ambivalence. S’agit-il d’un syndicat de défense « de la légalité du travail sexuel » ou d’un « syndicat de défense des travailleurs et travailleuses du sexe » ? Nous pensons que le nom du syndicat est sans ambiguïté, il s’agit d’un syndicat de défense du « travail sexuel » et non de défense des travailleurs du sexe au sens où l’a entendu le mouvement ouvrier. Le Strass est un syndicat qui défend les intérêts d’une corporation de métier, c’est un syndicat de défense d’artisans du travail sexuel. Or, un syndicat de travailleurs au sens du mouvement ouvrier ne défend pas un métier, mais des travailleurs contre les abus des patrons. En ce sens, il ne pourrait y avoir de syndicat de travailleurs et de travailleuses du sexe que comme organisation de défense des personnes prostituées exploitées dans des réseaux de prostitution.

Le second point de divergence d’un point de vue syndical tient selon nous au rapport au métier. En tant que communistes libertaires et que syndicalistes, nous ne considérons pas que le maintien d’un emploi soit toujours la priorité lorsqu’il met en danger la santé des travailleurs ou des citoyens en général. Par exemple, nous ne militons pas pour le maintien de l’emploi dans le secteur nucléaire ou de l’armement, mais pour la reconversion de ces emplois dans d’autres types d’activité. Par conséquent, pour notre part, sur la question de la prostitution, nous pourrions aussi avoir des divergences avec des personnes qui diraient que l’abolition de la prostitution est un objectif, mais qu’en attendant il faut maintenir l’emploi prostitutionnel.

Notre divergence, comme nous l’avons déjà exprimée dans le mensuel AL avec la défense de la prostitution comme un métier, tient en particulier au point suivant. Nous ne nions pas que la prostitution soit de fait un travail pour un certain nombre de personnes, mais cela ne signifie pas que cela suffise à passer du fait au droit. Un état de fait ne suffit pas à légitimer un droit. Or, défendre la légalité de la prostitution consiste à légitimer le fait que l’activité sexuelle devienne un travail. Et, pour reprendre l’analyse de Marx dans le Livre III du Capital, « la liberté se trouve au delà de la nécessite ». Si l’on défend la liberté sexuelle et le fait que la sexualité a avant tout pour fin le plaisir, alors il nous semble dangereux de défendre le fait qu’elle devienne une activité professionnelle, car le travail est d’abord ce que l’on accomplit par nécessite, pour pouvoir reproduire sa force de travail. C’est d’ailleurs ce que reconnaît le Strass : « en général, la raison pour laquelle nous exerçons le travail du sexe n’est pas à la suite d’une demande d’un client mais pour des raisons économiques ». Or, une part importante de la lutte des femmes a consisté à défendre la reconnaissance pour elle d’une sexualité qui ne soit ni assujettie à la reproduction biologique, ni à une activité économique de subsistance. Et c’est bien ce que souhaite le système capitaliste, à savoir que toute activité devienne un travail et puisse donc être échangée comme un service marchand afin de produire une plus-value.

Refuser de légitimer la transformation de la sexualité en travail, cela ne signifie pas renoncer à soutenir les prostitué-es, mais cela conduit à défendre la possibilité pour les personnes prostitué-es d’accéder à d’autres emplois ou de défendre le droit au logement et à la formation professionnelle pour tous.

En tant que libertaires, nous sommes pour l’autonomie des opprimé-es. Mais, il faut bien se rendre compte que lors d’un mouvement de lutte mené par des opprimé-es, il y a toujours des positions différentes parmi eux et elles et le soutien qu’on leur apporte est fonction de ces proximités idéologiques. Ainsi, il existe des mouvements d’ex-prostituées, de « survivantes », qui demandent l’abolition de la prostitution. Pour une personne qui n’exerce pas cette activité, doit-elle croire plutôt les représentants du Strass ou ces mouvements d’ex-prostituées ? Du fait de nos positions féministes et anticapitalistes, il nous semble que la cohérence nous amène plutôt à nous rapprocher de ces mouvements d’ex-prostituées qui revendiquent l’abolition de la prostitution [1] .

Enfin, si le Strass cite à son appui une référence à Emma Goldmann, nous pouvons citer bien plus de textes d’auteur-es libertaires critiquant la prostitution. L’un des arguments constants des anarchistes contre le mariage est d’ailleurs le fait qu’il s’agit d’une forme de prostitution [2] . C’est ce que l’on peut lire dans cet extrait de L’amour libre de Madeleine Vernet (1907) :

« Donc, le mariage, l’amour, le désir, sont trois choses distinctes :

Le mariage, c’est la chaîne qui retient l’homme et la femme prisonniers l’un de l’autre.
L’amour, c’est la communion intégrale des deux.
Le désir, c’est le caprice de deux sensualités. Je laisse le mariage, dont je suis l’adversaire, pour en revenir à la question de l’amour libre. J’ai dit que l’amour doit être absolument libre, aussi bien pour la femme que pour l’homme. Et j’ajoute encore : l’amour ne peut véritablement exister qu’à la condition d’être libre. Sans la liberté absolue, l’amour devient de la prostitution, de quelque nom qu’on le revêt. Le fait de vendre son corps à un prix plus ou moins élevé, à une nombreuse clientèle, ne constitue pas seulement la prostitution. La prostitution n’est pas seulement l’apanage de la femme, l’homme aussi se prostitue. Il se prostitue quand, dans le but d’un intérêt quelconque, il donne des caresses sans en éprouver le désir. Non seulement, le mariage légal est une prostitution lorsqu’il est une spéculation de l’un des époux sur l’autre, mais il est toujours une prostitution puisque la vierge ignore ce qu’elle fait en se mariant. Quant au devoir conjugal, ce n’est ni plus ni moins encore que de la prostitution ;
prostitution, la soumission au mari ; prostitution, la résignation et la passivité. Prostitution encore que l’union libre, quand elle passe de l’amour à l’habitude. Prostitution enfin, tout ce qui rapproche les sexes en dehors du désir et de l’amour. »


Alternative libertaire, le 15 septembre 2010


[1] Voir par exemple les textes suivants : http://sisyphe.org/spip.php ?article2834 ou http://sisyphe.org/spip.php ?rubrique95 ; ou encore le « Manifeste des survivantes de la traite et de la prostitution », Conférence de presse donnée au Parlement européen, « Qui parle au nom des femmes en prostitution ? », le 17 octobre 2005

[2] Voir par exemple Joseph Déjacques, L’humanisphère, 1859 et E. Armand, La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse, Paris, Zones, 2009
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Re: Alternative libertaire de juillet-août est en kiosque

Messagede Schwàrzlucks le Ven 17 Sep 2010 20:34

Texte intéressant mais je relèverai juste un défaut à mon sens. On parle d'abolition mais qu'il faudrait tout de même lutter pour le Droit au logement et les aider à retrouver un boulot plus décent.

Seulement, des associations existent d'ores et déjà et font ce boulot non ? Or, il existe toujours beaucoup de prostitution. Pourquoi ? Des revenus assez élevés probablement. De plus l'abolitionnisme (d'Etat, j'entends) risque malheureusement très fortement d'impliquer la répression envers ces gars et filles. Malheureusement je pense que tant que ce système est en place il n'y a aucune chance de sortir de l'impasse de la prostitution, seule la destruction du capitalisme (ainsi que de la valeur travail, etc.) pourrait le permettre. En attendant, des individus trouveront toujours ceci, malgré l'esclavage et les gros risques que cela induit, plus avantageux d'un point de vue financier.
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Re: Alternative libertaire de juillet-août est en kiosque

Messagede pit le Ven 17 Sep 2010 21:19

oui, d'abord et en effet il y a des luttes sur les questions de logement, de revenu social, ou socialisé, etc...et il n'est pas question de s'en prendre aux prostitué-es, ni de s'en remettre à l'Etat, mais il est question de positionnement politique. :wink:
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Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede pit le Dim 19 Sep 2010 11:15

Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne : http://www.alternativelibertaire.org/sp ... ubrique196
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Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede vroum le Dim 19 Sep 2010 13:52

Minidossier appélistes : Une lubie radicale-chic : la haine de la démocratie

http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article3656

Dans le ressac actuel du mouvement social sont apparues des formes exacerbées d’impatience révolutionnaire. Ivres de textes hermétiques et de fraternités claniques, certains groupes ont saboté les grèves étudiantes de Rennes en 2007 et de Toulouse en 2009. Actifs au sein de la mouvance autonome, ils s’y distinguent par leur haine de la démocratie. Retour sur un phénomène heureusement circonscrit aux campus.

Cet article s’insère dans un petit dossier sur la mouvance appéliste. Lire les autres articles :
- Parmi les objectifs : « abolir les assemblées générales »
- Deux lignes de partage au sein de la mouvance autonome
- Analyse : Une mystique communautaire

Université Rennes-II, mercredi 7 novembre 2007. Réunis en assemblée générale, environ 1 500 étudiantes et étudiants votent la grève avec blocage de l’université pour demander le retrait de la loi d’autonomie que la ministre, Valérie Pécresse, a baptisé Liberté et responsabilité des universités (LRU). Le campus, qui avait été un des bastions du mouvement contre la Loi d’égalité des chances (dit « mouvement anti-CPE ») en 2006, s’apprête à accueillir, dès le week-end suivant, une coordination nationale avec 6 autres facs en train de se mobiliser contre la LRU.
Deux pôles antagoniques

Las, dès les premières assemblées générales (AG), une fracture apparaît entre deux visions du mouvement. D’un côté, un pôle que l’on qualifiera de « syndicaliste de lutte », animé par SUD et la CNT (et où on retrouve les militantes et les militants d’AL et de la LCR) ; de l’autre, un pôle qu’on qualifiera d’« autonome » par raccourci. Par raccourci car en réalité, il est emmené par une fraction très spéciale, dite « appéliste » parce qu’elle s’est exprimée à travers une série de manifestes lyrico-révolutionnaires dont le premier fut, en 2003, L’Appel.

Rapidement, les deux pôles s’opposent. D’un côté, les syndicalistes de lutte qui ont travaillé à la mobilisation sur le terrain, ont conscience que les étudiantes et les étudiants ne sont pas prêts à se lancer à la légère dans un « CPE bis » [1]. De l’autre, les appélistes ne sont comme « pas redescendus » du CPE depuis un an, et se comportent comme si le mouvement ne s’était jamais arrêté.

Alors que la LRU commence à peine à faire frémir les amphis, les appélistes veulent sans transition « élargir la lutte » (à peine existante) à l’abrogation de l’ensemble du processus de Bologne [2], provoquant au sein de l’AG des dissensions bien inutiles à ce premier stade de la mobilisation. À peine la grève avec blocage votée, les appélistes ne trouvent rien de mieux à faire que de piller une cafétéria du Crous en agressant les salarié-e-s, anéantissant les chances d’élargissement du mouvement aux personnels Biatoss. L’occupation de la fac elle-même est ensuite confisquée par leur obsession de recréer artificiellement l’ambiance du CPE : le fameux hall B est recouvert de plus de tags en une semaine qu’en deux mois de grève durant le CPE, les slogans surréalistes des autonomes fleurissant partout tandis que sur les murs apparaît un « Appel de Rennes » délirant qu’aucune AG n’a jamais voté. La plupart des nouvelles et nouveaux venus désertent, ne se reconnaissant plus dans une occupation qui, d’ores et déjà, n’est plus la leur.

S’étant rendus maîtres du terrain, les appélistes tentent alors de prendre complètement le pouvoir : chaque fois qu’ils y sont assez nombreux, ils imposent dans les commissions mandatées des décisions qui n’ont jamais été débattues en AG, foulant aux pieds l’autogestion avec le même mépris qu’auraient des bureaucrates Unef ou une secte léniniste. Dès les premières manifestations, ils multiplient les coups de force pour les faire dégénérer, alors qu’elles sont loin d’être assez massives pour empêcher les flics de faire absolument ce qu’ils veulent, provoquant arrestations et passages à tabac. En fait les appélistes, sans doute trop habitué-e-s à vivre entre eux, se montrent incapables de comprendre les dynamiques et les rythmes d’un mouvement de masse. Ce qu’il ne faut surtout pas rater dans un mouvement, c’est justement le démarrage. Ce n’est que dans un second temps que, le mouvement opérant, on peut élargir les revendications, les débats et l’imaginaire. Les choses n’allant jamais assez vite selon elles et eux, ils cèdent alors au substitutisme, en agissant à la place du mouvement. Plutôt qu’agir pour une ample grève dans laquelle ils n’auraient pas le pouvoir, ils préfèrent « découper à gauche » – pour reprendre une vieille formule maoïste – en faisant fuir les grévistes les moins radicaux et prendre la tête d’une petite agitation plus tapageuse que dangereuse.
Logorrhée romantique

À Rennes en 2007, pris de court, révolutionnaires et syndicalistes de lutte ne sont pas parvenus à faire face à ce sabotage de la mobilisation. À peine démarré, le mouvement est parti en morceaux. Et quand il n’est plus resté plus qu’un noyau d’irréductibles ivres de slogans vengeurs et de logorrhée romantique, les antigrévistes et l’administration de Rennes-II ont eu le champ libre pour rétablir l’ordre…

Deux ans plus tard, rebelote à Toulouse. Arrivés sur l’université du Mirail durant le CPE, les appélistes ont commencé à se faire remarquer l’année suivante dans le mouvement étudiant, en bafouant les décisions collectives, par exemple en distribuant un tract insultant les automobilistes lors d’une action péage gratuit. Mais aussi, de façon générale, en refusant de se plier aux tours et à la limitation du temps de parole en AG, ces verrous démocratiques ayant justement pour fonction de limiter la nuisance de certaines fractions politiciennes.

Au bout du compte, au début d’une AG, l’un d’eux tague « mort à la démocratie » dans l’amphithéâtre, puis se jette contre une militante de l’Unef qui intervenait à la tribune. Ébranlée par ce happening pathétique, l’AG vote peu après la levée du blocage à une courte majorité. Consternation furieuse des syndicalistes de lutte.

Quand le second mouvement anti-LRU éclate en 2008-2009, la participation des appélistes à la lutte devient de plus en plus délirante, se limitant à la proposition d’actions aussi inutiles que dangereuses, comme d’aller se planquer dans une manifestation lycéenne pour jeter de faux cocktails Molotov sur les CRS… Les relations sont de plus en plus tendues avec les syndicalistes de lutte, qui ne goûtent pas ces plaisanteries, mais le conflit n’éclate réellement qu’à la rentrée suivante. Cela démarre par des insultes, des menaces, puis le sabotage de l’occupation collective de l’ancienne Maison des étudiants, qui devient un squat trusté par les appélistes. Ils s’y isolent un temps pour « libérer » ce lieu mais, rapidement, s’y ennuient, ne supportant pas l’idée que le mouvement soit privé de leur présence.
Agressions physiques à Toulouse

C’est à ce moment que le clash se produit entre le pôle que l’on continuera d’appeler « syndicaliste de lutte » (SUD, CNT, AL, NPA, FSE…) et le pôle appéliste qui a agrégé à lui certains jeunes de la CNT-AIT [3] et de la CGA [4].

Lors de l’AG du 24 novembre, alors que la salle se remplit, les appélistes se postent au premier rang de l’amphithéâtre – d’habitude ils et elles préfèrent s’agiter au fond. À peine la tribune a-t-elle été mise en place qu’ils se mettent à vociférer. L’un d’eux est alors autorisé à lire un texte nébuleux, appelant à la constitution de « comités de guerre » ( ?) pour remplacer les AG et annonce que leur objectif est désormais de perturber toutes les AG, « lieux d’oppression ». Ceci fait… il arrache le fil du micro ! Les syndicalistes rebranchent calmement le micro. Mais par la suite, chaque fois que la tribune essaie de parler, un appéliste arrache le fil. Au bout d’un moment, un militant de Sud se lève et le repousse, donnant ainsi dans le piège qui lui était tendu. Aussitôt, une trentaine d’appélistes se ruent sur lui dans un bel ensemble. S’ensuit une altercation, avec des coups et des chaises qui volent, le tout sous les yeux de quelques centaines d’étudiantes et d’étudiants éberlués ! Échec et dispersion de l’AG.

Galvanisés par cette « victoire », les appélistes amorcent dans les jours suivants une escalade. Ils et elles rendent public un texte assez pathétique de formules toutes faites (mais numérotées à la manière des situationnistes de jadis), dans lequel ils affirment qu’ils ne pouvaient « plus laisser cette obscénité qu’est l’AG se dérouler paisiblement ». Puis le local de Sud est tagué. Enfin, à au moins trois reprises, des syndicalistes sont agressé-e-s à la sortie d’un bar. Le 1er février, une demande d’explication dégénère, c’est l’affrontement et les appélistes ont le dessous. Depuis, c’est la paix armée… jusqu’au prochain mouvement ?

Gaspard (AL Rennes), Dany (AL Toulouse)

[1] L’article « Facs : Allegro ma non troppo » paru dans Alternative libertaire d’octobre 2007 est tout à fait représentatif de ce souci.

[2] Processus de nivellement de l’Enseignement supérieur sous l’égide de l’Union européenne.

[3] La CNT-AIT est issue d’une scission de la CNT en 1993. Se délitant au fil des années, elle a renoncé à toute prétention syndicale, pour devenir aujourd’hui un groupe gauchiste principalement occupé à dénigrer d’autres groupes gauchistes.

[4] La Coordination des groupes anarchistes (CGA) est une scission de la FA, fondée sur le refus de demeurer dans la même organisation que des groupes qui avaient appelé à voter Chirac en mai 2002. D’orientation pro-syndicaliste, assembléiste et lutte de classe, elle n’est pas à l’image de ses jeunes militants toulousains qui ont attaqué l’AG du 24 novembre 2009.
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Messagede fabou le Dim 19 Sep 2010 17:05

C'était pas obligé de posté ce truc sur le forum ....
fabou
 

Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede hocus le Dim 19 Sep 2010 17:33

Comment ça fabou ? Qu'est ce qui va pas avec ce texte ?

As tu une autre version des faits plus intéressante et/ou véridique ?
hocus
 

Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede Miaoû le Dim 19 Sep 2010 21:15

fabou89 a écrit:C'était pas obligé de posté ce truc sur le forum ....


Pourtant les faits concernant le sabotage de l'AG de Toulouse sont avérés.

Sur la note n°3, je préfère ne faire aucun commentaire si ce n'est que certains et certaines à AL devraient lire tout de même de temps à autre les productions de l'AIT, ça leur permettraient peut-être de ne pas s'éloigner de l'anarchisme. Non parce que quand on lit que la LCR fait partie du syndicalisme de lutte, avec AL (et les autres orgas anars, elles puent peut-être ? Sabotées par les appélistes certainement!), ça fait rire jaune. Surtout quand on sait que la LCR de Toulouse ne se gêne nullement pour entonner des chants à la gloire des goulags et prônant l'élimination des anars (véridique).
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Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede filochard le Dim 19 Sep 2010 21:23

Mépriser l'autogestion (dont on ne dit jamais la "nature") c'est être bureaucrate Unef ou adepte d'une secte léniniste... Et ben, après Alayn et Pierrot, j'en apprends même sur moi avec AL ! Je m'abonne !
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Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede hocus le Dim 19 Sep 2010 21:28

Ou est-ce qu'on peut trouver des textes des méchants "appelistes" (?) à propos des AG à toulouse ?
hocus
 

Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede hocus le Dim 19 Sep 2010 21:29

fliochard, tu proposerais quoi comme type d'organisation ? (moi perso j'aime pas le mot autogestion parce qu'il y a "gestion", donc ça évoque la gestion "comptable", tout ça. Après, bon, il me semble que ça signifie que ceux qui sont concernés par les décisions les prennent eux-mêmes, je peux pas mépriser ça perso)
hocus
 

Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede filochard le Dim 19 Sep 2010 21:39

J'aime pas trop non plus la partie "gestion" du terme, ça sent chiffre, rationalisation, planification, etc. Mais tout dépend si c'est autogestion ici et maintenant (en en faisant un supposé levier contre le capital, ce dont je ne crois plus) ou dans 10 000 ans, si "on est "sorti des rapports capitalistes. Le capital se contrefoutant de ce qui est produit, autogérer des usines à canons ici et maintenant ce n'est apparemment pas méprisable pour AL. C'est de cette "nature" à laquelle je fais allusion.
Dernière édition par filochard le Dim 19 Sep 2010 21:43, édité 1 fois.
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Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede Schwàrzlucks le Dim 19 Sep 2010 21:41

Le problème, proche de l'impasse, est ici le suivant. D'un côté on a les "appelistes" qui jouent aux cowboys et semblent imposer leur loi à tout le monde (sans oublier le pillage et l'agression d'un salarié d'un resto U : quel intérêt ?) et de l'autre le choix de faire les AGs mais du coup de gérer avec des merdes marxistes, socio-traîtres, etc. Impasse idéologique donc... (personnellement je ne me vois pas m'allier avec ce type de blaireaux :/)

Le problème ici est que l'autogestion proposée n'est pas celle d'une société libertaire, mais une autogestion où divers corps idéologiques qui n'ont rien à voir se confrontent et, pour certains, tentent de prendre le dessus s'ils le peuvent.

[edit] Je serais en tout cas plus proche d'un mouvement anarchiste ne s'attachant pas uniquement aux problèmes étudiants mais à l'ensemble de la société (secteurs pro, d'éducation, problèmes sociaux; brefs là où on peut provoquer des bloquages énormes et changer beaucoup de choses) que d'un "mouvement étudiant" dont les effets sont faibles voire inexistants (?) (le bloquage d'une université n'a que peu d'effet sur l'économie, encore si on met en place de nouvelles relations d'étudiants à profs, une reprise en main des décisions par étudiants et profs il peut y avoir quelque chose de révolutionnaire, mais simplement bloquer une université j'ai tendance à penser que ça ne sert pas à grand chose).
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Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede hocus le Dim 19 Sep 2010 21:47

filochard a écrit:J'aime pas trop non plus la partie gestion, ça sent chiffre, rationalisation, planification, etc. Mais tout dépend si c'est autogestion ici et maintenant (en en faisant un levier contre le capital, ce dont je ne crois plus) ou dans 10 000 ans, si on est "sorti" des rapports marchands. Le capital se contrefoutant de ce qui est produit, autogérer des usines à canons ce n'est apparemment pas méprisable pour AL. C'est de cette "nature" à laquelle je fais allusion.


Je ne crois pas que AL soit une personne. fétichisme là aussi.
Mais bon comme ça a l'air d'être le sport NATIONAL de taper sur AL ici...
Et il me semblait que certaines textes de membres de cette orga critiquait justement l'idée de l'autogestion comme fin en soi à l'intérieur du système, mais la défendait si c'est dans une perspective révo. Enfin je crois.

Et évidemment c'est méprisable de produire des canons, que ce soit en régime corpocratique ou en "autogestion". Mais ce n'est pas l'autogestion qui alors pose problème.
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Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede filochard le Dim 19 Sep 2010 21:58

J'avoue que j'exagère avec AL...

Abolir la propriété n'est pas mécaniquement synonyme d'abolition du capital et de tout ce qui le constitue. "Occuper des usines" sans remettre en question ce qui la structure comme ce qui structure "l'agir humain" (les catégories fondamentales du système) c'est pas forcément synonyme d''émancipation là tout de suite. Autogérer des usines de mort(s) ce n'est pas le problème, certes, le problème c'est ce qui est "implicite" à l'autogestion, bref au monde dans lequel on est "prisonnier" - implicite c'est pas les complots alaynoïdes, hein !

Même multiplier les "espaces critiques" comme le font divers mouvements, c'est pas vraiment bien vu par les "appelistes tiqquniens ou tout ce qu'on veut y mettre" qui "s'organisent", c'est insuffisant, comme la "lutte des classes" - kobay en parlait lors d'une rencontre à Lyon il y a quelques mois, des "tiqquniens" étaient présents... Ceci dit cela n'excuse aucunement, évidemment, leurs actes énoncés dans ce texte-ci.
Dernière édition par filochard le Dim 19 Sep 2010 22:07, édité 1 fois.
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Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede hocus le Dim 19 Sep 2010 22:01

qui "s'organisent" ? C'est à dire ? Ils vont venir exproprier des terres près de chez moi pour que mes potes et moi on puisse enfin s'autosuffire en bouffe ? Et ils repousseront l'attaque policières et tout ? :mrgreen:

[je pensais à un terrain militaire qui ferais un beau champs + potager ] :mrgreen:

Non sérieux, ça m'intéresse, bon sauf si c'est tellement bien organisé qu'en parler ici les mettrait en danger...
Dernière édition par hocus le Dim 19 Sep 2010 22:04, édité 1 fois.
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Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede filochard le Dim 19 Sep 2010 22:03

En grossissant le trait, c'est ça. Ce que je ne partage pas... sauf si c'est un "terrain à faire mouches" - attention, jeu de mots.
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Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede hocus le Dim 19 Sep 2010 22:06

Ben ça me parait pas mal, si en plus on se débarasse des banques, des usines à merde (armement et bien d'autres)...des murs des "gated communities" .... ça commencerait à avancer non ?
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Re: Alternative libertaire de juillet-août consultable en ligne

Messagede filochard le Dim 19 Sep 2010 22:13

Je sais pas trop si "peut faire avancer", néanmoins c'est une forme similaire aux communautés agrophiles post-68, zapatistes... à ajouter à "l'opposition". Mais de la à dire qu'il y a un "potentiel révo" dans ces "pratiques", j'en suis peu convaincu. Alors quoi ? Que, comment faire ? Vu la tension qu'il y a entre certaines "théories" et les projets à développer, ben je sais pas trop non plus, j'essaie d'y réfléchir, ça m'arrive...
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