NPA : le bluff libertaire de la LCR

Débats politiques, confrontation avec d'autres idéologies politiques...

NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede Chadagova le Jeu 19 Juin 2008 15:22

NPA : le bluff libertaire de la LCR


Y'a pas mal de débats aujourd'hui sur le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), notamment la volonté de la LCR de s'ouvrir à certains courants anarchistes, je pense au groupe Alternatives libertaires (issu des thèses du "communisme libertaire" théorisé par D. Guérin), ainsi qu'à différents intellectuels libertaires comme Michael Lowy, M. Gaetano ou Miguel Abensour. Ces anarchistes là avaient participé à un numéro de la revue théorique de la LCR, Contre Temps en 2003, portant pour dossier " Changer le monde sans prendre le pouvoir : nouveaux libertaires, nouveaux communistes ".

Ce numéro est en quelque sorte la première marche qui a été construite entre ces anarchistes là et la LCR, et l'éditorial appelait carrément à recréer une " Nouvelle Première Internationale " (édito écrit en commun par Corcuff et Löwy), où se côtoieraient certains anarchistes et certains communistes. Mais ce numéro était déjà caractéristique des divisions qu'il y a aujourd'hui dans la LCR vis-à-vis des libertaires, et de leur jeu actuel de séduction.

En vieux loup de la LCR, Daniel Bensaïd, intangible, s'opposait déjà dans ce numéro (et récemment dans la Revue internationale des idées) aux thèses de John Holloway dans son livre Changer le monde sans prendre le pouvoir dont un article ouvrait le n°. Bensaïd descendait le mouvement zapatiste et tenait la position traditionnellement impuissante, dans une vision de prise du pouvoir de l'Etat. Dans le vieux débat libertaires/communistes, on pouvait déjà se demander en quoi Bensaïd était-il un « nouveau communiste » ?

Ce numéro également rodait déjà bien l'argumentation pour séduire les anarchistes syndicalistes. On mettait en avant les présences côté à côté depuis 10 ans de certains anarchistes et des communistes dans les manifs et les luttes de terrain (certaines organisations anarchistes cherchant systématiquement à être présentes dans toutes les manifs contre la réduction des services publics, des retraites, etc.), et donc finalement un point commun entre les frères ennemis. Ainsi on voyait dans Sud-PTT « des thématiques marxistes et un esprit libertaire », et dans cette veine on mettait en avant tous les mouvements où le marxisme et l'esprit libertaire s'étaient fondus pour ne devenir plus qu'un. L'entreprise était légitimée par exemple, avec une étude historique sur les « Industrial Workers of the world » américain qui est un cas d’école en la matière, etc.

Que demander de plus pour fonder le NPA ? Déjà AL en 2001 avait appelé à voter Chirac dans un contexte peut-être compréhensible même si très largement exagéré. Et pour le referendum de 2005 également, certaines organisations ont poussé à aller voter. En 2007 déjà, la tentative unitaire de la candidature J. Bové essaye de se rallier des " libertaires ", vraiment pas reconnu d'ailleurs dans le milieu (le couac de Onfray, le poète Youlountas et autres). En janvier 2008 devant la roue du Paon que leur fait la LCR avec le NPA, G. Davranche et T. Renard publient dans AL un article " Multiplication des nouveaux partis " où ils disent toutes leurs réticences devant la création du NPA. En février dans AL, 3 personnes de la même organisation leur répondent et commencent eux à loucher drôlement sur le NPA. Une condition est posée par ces auteurs pour leur rapprochement : l’acceptation par la LCR de l'idée de « fronts anticapitalistes » différents et complémentaires, et notamment une auto-organisation des luttes à la base, c’est-à-dire l'idée que « le parti n'est pas la seule construction possible » (la seule...).

Banco pour la LCR ! Une aile de la LCR est en effet intéressée depuis quelques années par des thématiques libertaires, notamment la nouvelle génération qu’incarne Besancenot qui dit-on va jusqu’à refuser à choisir entre son héritage communiste et « libertaire ». Ce serait eux dit-on les « nouveaux communistes »… Devant cet affichage « libertaire » de certains courants de la LCR, et voyant que décidément certains jeunes communistes quittent leur formatage vis-à-vis des anarchistes bien exprimé naguère par Jacques Duclos dans, Anarchistes d’hier et d’aujourd’hui, comment le gauchisme fait le jeu de la réaction, C. Bourseiller (de tradition conseilliste/situationniste on dira « confusionniste »), met la pression sur la LCR, en sortant Extrêmes gauches : la tentation de la réforme, Textuel, 2006. Dans son livre, entend s'adresser aux militants d'extrême-gauche, et cet auteur (hormis qu'il dresse un tableau de l'extrême-gauche et du mouvement anarchiste en France) attaque la tentative de séduction trotskiste et dénonce déjà le contenu du fameux virage « libertaire » de certains courants, qui lui apparaît très contradictoire.

Il montre bien par exemple que les luttes de la LCR (essentiellement composée de militants des services publics) portent toujours sur un renforcement de l’Etat, et le fameux « antilibéralisme » n’a été que cela depuis plus de 10 ans : la revendication d’un Etat fort contre le secteur privé (l’Etat selon eux, étant du côté du « travail » et non du « capital », si l’on considère la fausse opposition travail-capital qu’ils utilisent, on baigne là dans le marxisme le plus traditionnel), c’est ça qu’ils appellent « l’anticapitalisme »... Bien sûr tous les communistes de la terre et ceci depuis la fossilisation des marxismes depuis un siècle, disent espèr dans 100 000 ans, la fin de l’Etat, mais tout le paradoxe des communistes ou anciens communistes est là : On renforce l’Etat, tout en affirmant la nécessité de le voir dépérir dans 100 000 ans pour passer au socialisme (le refus de la séparation entre les fins et les moyens étant le trait des anarchistes sur cette question). C’est là aussi la position de Paul Ariès, qui lui aussi est bien formaté par sa formation communiste.

Mais il y a plus, Bourseiller montre aussi que la LCR s’est toujours perçue comme complémentaire du PS, dans ce sens où elle considère les partis de la social-démocratie comme des partis ouvriers « dégénérés ». Ainsi pour Bensaïd, il n’y a pas de rupture, de coupure entre le camp révolutionnaire et la social-démocratie, mais continuité et consubstantialité, c’est simplement une question de dégénérescence. C’est là une autre forme de la très vieille interprétation de Trotski de la bureaucratisation de l’URSS stalinienne. Il l’expliquait par le contexte particulier de la révolution russe (Castoriadis avec Lefort quand ils étaient dans la section française de la IVe internationale, se sont justement opposés théoriquement à cette interprétation et ont développé leur propre thèse). La LCR s’est donc depuis toujours considérée comme en quelque sorte le pôle du « retour aux fondamentaux », la « vraie gauche », la « gauche de gauche », le « 100% à gauche », quoi ! Et dans cette vision simplement « dégénérée » de la social-démocratie, la LCR a toujours appelé aux seconds tours à voter à gauche, c’est-à-dire PS. Cette stratégie qu’était en train de roder la LCR, la stratégie de « Plus à gauche que moi, tu meurs ! » et surfant sur un électorat « gauche plurielle » qui se sentait trahi par le libéral-socialisme et la gestionnarisation du PS, Jean-Claude Michéa dans Brèves remarques sur l’impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche. Impasse Adam Smith le dénonçait dès 2003, non pas pour lorgner sur la droite ou la nouvelle droite et l’extrême-droite, mais pour retrouver le positionnement de surplomb d’un certain anarchisme qui ne s’est jamais retrouvé dans le spectre politique, c’est-à-dire le spectre de tous ceux qui participent encore à la religion politique, à cette croyance illusionnée dans les capacités d’un parti de changer le cours de la vie.

Avec AL, le débat sur le NPA s’est cristallisé sur la participation aux élections et sur la forme parti. Certains anarchistes n’ont que soulevé ces questions. Facile pour la LCR ! Pour les élections, la LCR propose « une totale indépendance vis-à-vis du PS » et que « nous ne croyons pas pour autant changer la société par un jeu d’alliances entre partis dans le cadre de combinaisons parlementaires majoritaires dans ces institutions, c’est-à-dire celles d’un Etat et d’une société où ce sont les multinationales qui font la loi ». Tous les mots comptent dans cette phrase (AL de février, réponse de Besancenot, et cie, p. 4), on noie magnifiquement le poisson : au lieu de dire que nous ne croyons pas changer la société par les urnes, on nous pond une phrase qui met tellement de conditions qu’on en rigole encore. Deuxièmement, la LCR dit que bien sûr à côté des élections il faut « créer une défiance majoritaire vis-à-vis du système », c’est-à-dire qu’il faut des luttes sociales sur le terrain.

Cette double argumentation de séduction est encore plus évidente dans le texte de Corcuff et cie le 7 juin dans Le Monde :

Citation:
« C’est un constat historiquement assez banal que ceux qui ont conquis le pouvoir gouvernemental pour changer la société ont souvent été pris par lui, oubliant la transformation sociale. On ne peut donc plus faire aujourd’hui l’économie d’une critique libertaire dans le rapport au pouvoir d’Etat ».


Là, M. Corcuff et cie, se moquent de nous, ou alors Trotski est un libertaire et il fallait le dire avant, on avait pas vraiment compris comment il avait organisé l’Armée rouge… Ce « constat historiquement banal », il faut avouer que l’expression venant d’un trotskiste peut-être pleine de sens. Est-ce que M. Corcuff et le bureau politique renient finalement l’interprétation selon laquelle l’apparition de la bureaucratie eu URSS ne résultait que d’un accident historique s’expliquant à la fois par le caractère arriéré de l’économie russe et l’isolement de la révolution prolétarienne sur la scène mondiale ? C’est ça que l’on voudrait savoir.

Est-ce qu’ils adhérent à cette interprétation qui fonde le trotskisme, et alors en effet il vaut mieux dissoudre la LCR… ou alors, de manière claire, est-ce qu’ils adhèrent à une « critique libertaire dans le rapport au pouvoir d’Etat » (là-aussi tous les mots comptent) ? Les auteurs organisent la confusion en disant finalement que l'interprétation de Trotski de la " dégénerescence " de la révolution russe équivaut à la critique libertaire du pouvoir. On se moque de qui ? La critique libertaire a justement pour principe de dire que c'est pas du tout une explication par les circonstances qui peut expliquer le dévoiement de la révolution.

L’impression que nous donne aujourd’hui la LCR, n'est donc pas du tout celle d'un virage vers la critique libertaire du pouvoir séparé. Aujourd’hui, pour feinter leur « tournant libertaire », Besancenot, ses amis et plus encore Corcuff et le bureau politique de la LCR (qui viennent de publier une tribune « Gauche radicale ! Chiche », dans Le Monde, 7 juin), utilisent toujours la même argumentation pour cacher leur attachement à l’Etat : c’est ça qu’ils appellent les « nouveaux communistes »... En réalité avec les arguments que lancent Bensaïd, Corcuff, le bureau politique ou Besancenot, on se demande où ils sont les « nouveaux communistes », tellement les arguments sont traditionnels. Le « nouveau communiste » Bensaïd est-il là quand il s’accroche au matérialisme historique annonçant toujours que l’histoire est déterministe et qu’elle va du « communisme primitif » au socialisme, en passant par le capitalisme, et donc que l’Etat est a accepter avant de le dissoudre dans 100 000 ans ? Mince on croyait que c’était là la position classique ! Où est donc le changement ? En réalité, la LCR tient à être d'accord avec l'idée de l'auto-organisation des luttes (bien sûr elle ne dit mot sur ce que sont les syndicats...), mais son accpetation de l'idée de " fronts anticapitalistes ", est là pour conserver toujours les mêmes positions.

Pas besoin d'aller très loin pour avoir de gros doutes sur la tentative de séduction, il suffit de lire M. Besancenot ! oui..oui.. « je suis un libertaire », mais je suis pas d’accord avec le « rythme du dépérissement de l’Etat » (sic ! AL, p. 4), ce qui montre très bien que lui aussi et encore, il se place dans l’argumentation marxiste traditionnelle des étapes dialectiques nécessaires (déterministes), dans leur déploiement méthodique et obligé et vogue la marche royale du progrès . Après que la LCR est rejetté récemment la sainte " dictature du prolétariat " du marxiste Engels, comme " phase de transition " entre le capitalisme et le socialisme, voilà qu'on nous la refourgue avec la formule laconique de " rythme du déperissement de l'Etat " : où est le changement sur le fond ?

Ou alors le changement des « nouveaux communistes » est-il dans l'argumentation de M. Corcuff qui écrit que « toutefois, il ne s’agit pas pour nous d’évacuer la question du pouvoir. La LCR a d’ailleurs déjà dit depuis plusieurs années qu’elle était prête à soutenir [admirons le mot « soutenir »… quand on affirme la « totale indépendance vis-à-vis du PS] une expérience gouvernementale qui inverserait le cours néolibéral des politiques dans la perspective d’une sortie du capitalisme ».

Source : L'en dehors.

Besancenot représenterait l'aile libertaire de la LCR :mrgreen:
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede kuhing le Jeu 19 Juin 2008 16:39

ça, ça a le mérite de m'énerver. :guitare:

c'est vraiment de la récup. de bas étages.

Et qu'il y en ait qui se laissent avoir ça m'énerve encore +

Besanenot libertaire ? pas de problèmes mais alors qu'il le prouve en appelant à la grève générale et à l'autogestion généralisée à la base quand il repassera chez Patrick Sébastien et qu'il donne la parole à quelqu'un d'autre que Jean-Pierre Coffe.

D'ailleurs je vois pas pourquoi ils veulent racoler les "libertaires" on a, parait-il, une idéologie d'enfants de 13 ans et on ne représente rien.

Alors, svp, faites nous pas chier , le temps des pyramides est révolu
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede Chadagova le Jeu 19 Juin 2008 18:02

Stratégie électorale, tout ça pour récupérer des voix.
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede RickRoll le Jeu 19 Juin 2008 19:39

Chadagova a écrit:
En janvier 2008 devant la roue du Paon que leur fait la LCR avec le NPA, G. Davranche et T. Renard publient dans AL un article " Multiplication des nouveaux partis " où ils disent toutes leurs réticences devant la création du NPA. En février dans AL, 3 personnes de la même organisation leur répondent et commencent eux à loucher drôlement sur le NPA. Une condition est posée par ces auteurs pour leur rapprochement : l’acceptation par la LCR de l'idée de « fronts anticapitalistes » différents et complémentaires, et notamment une auto-organisation des luttes à la base, c’est-à-dire l'idée que « le parti n'est pas la seule construction possible » (la seule...).

[...]

Avec AL, le débat sur le NPA s’est cristallisé sur la participation aux élections et sur la forme parti. Certains anarchistes n’ont que soulevé ces questions. Facile pour la LCR ! Pour les élections, la LCR propose « une totale indépendance vis-à-vis du PS » et que « nous ne croyons pas pour autant changer la société par un jeu d’alliances entre partis dans le cadre de combinaisons parlementaires majoritaires dans ces institutions, c’est-à-dire celles d’un Etat et d’une société où ce sont les multinationales qui font la loi ». Tous les mots comptent dans cette phrase (AL de février, réponse de Besancenot, et cie, p. 4), on noie magnifiquement le poisson : au lieu de dire que nous ne croyons pas changer la société par les urnes, on nous pond une phrase qui met tellement de conditions qu’on en rigole encore. Deuxièmement, la LCR dit que bien sûr à côté des élections il faut « créer une défiance majoritaire vis-à-vis du système », c’est-à-dire qu’il faut des luttes sociales sur le terrain.


J'ai un peu l'impression que l'article vise à discréditer AL en tant qu'orga. Les gens d'AL seraient soit des vendus au NPA, prêts à virer leur cutti et à joindre les communistes si ceux-ci sont un peu plus critiques envers l'Etat ; soit des imbéciles qui ne voient pas qu'on essaie de les séduire pour les flouer.

En tant que militant d'AL, je ne peux que m'insurger contre cette interprétation. Certes certains membres d'AL préfèrent se rapprocher des trotskistes. Mais ils ne sont effectivement que 3.

Pour le fait de lutter aux côtés de la LCR, de LO ou de la CGT, même si je ne partage pas toutes leurs idées, il faut bien reconnaître que les classes dominées subissent des humiliations et des attaques assez énormes actuellement et que le nombre fait la force pour lutter contre les "réformes". Ça ne veut pas dire qu'on est pas libertaire.

Pour le reste, je partage tout à fait les analyses de cet article. Le NPA qui cherche a faire de la récup' (NPA qui soit dit en passant s'en est pris plein la tronche au congrès d'AL en mai dernier). Le fait qu'il faut bien lire entre les lignes et analyser à fond ce que disent les autoritaires pour nous séduire. Quand Besancenot dit qu'il ne croit pas à la démocratie représentative dans le cadre d'une société capitaliste, il ne dit pas s'il y croit ou pas dans une autre société... Quand Corcuff dit qu'il faut faire une critique libertaire de l'Etat, il ne dit pas qu'il faut le supprimer...
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede FRED le Jeu 19 Juin 2008 21:41

Au sujet de AL, il me semble que AL a ressemant envoyez Petre la LCR.
Les textes qu'ils contribués a soumettes aux membres de la LCR, était systématiquement contesté par la direction de la LCR, pour imposé un communisme autoritaire.

Je me trompe ?
FRED
 

Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede kuhing le Ven 20 Juin 2008 08:53

The Koala Avenger a écrit: En tant que militant d'AL, je ne peux que m'insurger contre cette interprétation. Certes certains membres d'AL préfèrent se rapprocher des trotskistes. Mais ils ne sont effectivement que 3.
...

Ce qui est regrettable c'est que 3 personnes puissent réussir à faire comme si toute une organisation était impliquée.
Je ne connais pas G Davranche mais c'est vrai qu'on l'associe de + en + à AL et il ne faudrait pas qu'on assiste à une dérive à la Besancenot.
Un autre membre d'AL aussi notamment sur le forum LCR revendiquait l'appellation "libertaire" pour AL en opposition à celle "d'anarchiste" et il fallait vraiment se battre pour remettre les choses en place et qu'il finisse par admettre du bout des lèvres que ce n'était que sa position et non celle de toute son organisation.
Bien que je pense qu'on en soit pas là je pense avec AL, en tout cas je l'espère, faites attention tout de même à une certaine tendance à la "starisation" qui pourrait poindre.

En tout cas nous ne nous ferons pas récupérer nos appelations "d'anarchistes" ou de "libertaires", ni par l' état major du NPA ni par personne.
Et, Louise Michel était anarchiste
kuhing
 

Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede RickRoll le Dim 22 Juin 2008 15:18

Ben pour l'instant, AL est sur une position d'alliance sur les LUTTES au quotidien, mais pas pour une alliance idéologique sur le fond avec d'autres orgas. Et je confirme ce que tu dis kuhing. Voilà, c'est fini pour AL.

Pour le fond, c'est vrai que le NPA fait du pieds à tout le monde, mais pour l'instant hors de question de s'allier avec eux. En effet, au niveau local, quand on parle aux militants NPA de participer ensemble à des luttes avec d'autres orgas, ils nous demandent "pourquoi s'allier ? Prends ta carte au NPA !"
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede kuhing le Lun 23 Juin 2008 09:36

The Koala Avenger a écrit:
Pour le fond, c'est vrai que le NPA fait du pieds à tout le monde, mais pour l'instant hors de question de s'allier avec eux. En effet, au niveau local, quand on parle aux militants NPA de participer ensemble à des luttes avec d'autres orgas, ils nous demandent "pourquoi s'allier ? Prends ta carte au NPA !"

ok je vois le genre.
c'est de la caricature d'un fonctionnement parachuté d'une direction.
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede Vilaine bureaucrate le Mar 24 Juin 2008 15:18

Perso, je suis plus interessée par l'efficassité* que par des querelles de chapelle, que par des vierges effarouchés.. qui veulent garder leur integrité anarchiste. Je ne vois pas ou est le pb, les temps sont durs, que des gens aillent s'encarter a la LCR ou NPA bah je trouve ça , bien. Une fois en Ag une nana était tout étonné que l'ag applaudisse un militant juste parce qu'il se presentait LO. Les temps sont durs faut vraiment etre un petit bourgeois pour ne pas comprendre qu'il faut s'entendre.

*efficassité qui consiste a se battre pour defendre ses droits et gagner
efficassité de mettre en echedc le gouvernement
... pour le reste on y est pas. :roll:
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede Olé le Mar 24 Juin 2008 15:24

Vilaine bureaucrate a écrit:Perso, je suis plus interessée par l'efficassité* que par des querelles de chapelle, que par des vierges effarouchés.. qui veulent garder leur integrité anarchiste. Je ne vois pas ou est le pb, les temps sont durs, que des gens aillent s'encarter a la LCR ou NPA bah je trouve ça , bien. Une fois en Ag une nana était tout étonné que l'ag applaudisse un militant juste parce qu'il se presentait LO. Les temps sont durs faut vraiment etre un petit bourgeois pour ne pas comprendre qu'il faut s'entendre.

*efficassité qui consiste a se battre pour defendre ses droits et gagner
efficassité de mettre en echedc le gouvernement
... pour le reste on y est pas. :roll:

Je me doutais bien que l'argument de bourgeois allait vite arriver de la part d'un(e) rouge. On est contre le npa donc on est de vilains petits bourgeois, contre-révolutionnaires aussi hein?
On a vu par le passé la façon dont les rouges remercient les anar une fois la révolution venue.... :roll:
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede kuhing le Mar 24 Juin 2008 15:37

Vilaine bureaucrate a écrit: . Les temps sont durs faut vraiment etre un petit bourgeois pour ne pas comprendre qu'il faut s'entendre.

ok pas de problèmes pour s'entendre mais alors que penses-tu de ce que rapporte koala advenger sur son post juste au dessus du tien (je crois qu'il est à Tours)? :
Koala a écrit:En effet, au niveau local, quand on parle aux militants NPA de participer ensemble à des luttes avec d'autres orgas, ils nous demandent "pourquoi s'allier ? Prends ta carte au NPA
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede willio le Mar 24 Juin 2008 16:08

Vilaine bureaucrate a écrit:Les temps sont durs faut vraiment etre un petit bourgeois pour ne pas comprendre qu'il faut s'entendre.


C'est ce que les réformistes ne comprennent pas justement...il faut s'entendre ok...alors entend toi avec les anars. :D
Car autant s'entendre directement sur ce qui peut aboutir sur une société libre non ? Vouloir aller vite c'est bien, mais encore faut-il aller dans le bon sens. :wink:
Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Et bien ! vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande.
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede Roro le Mar 24 Juin 2008 16:13

Vilaine bureaucrate a écrit:Perso, je suis plus interessée par l'efficassité* que par des querelles de chapelle, que par des vierges effarouchés.. qui veulent garder leur integrité anarchiste


Excuse-nous d'avoir une éthique politique.

Les temps sont durs faut vraiment etre un petit bourgeois pour ne pas comprendre qu'il faut s'entendre.


T'as raison ! Je vais aller boire un pot avec Juppé ! Il voudra sûrement faire une révolution anarchiste avec moi !
Ton discours me rappelle furieusement celui que Lénine a servi aux anars avant de les envoyer au goulag...
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede RickRoll le Mar 24 Juin 2008 19:53

Y'a pas de problème pour s'allier avec des militants NPA sur des luttes ponctuelles, si l'intégrité politique de toutes les personnes qui s'allient est respectée, que les choses sont faites de manière concertée et en tenant compte des avis de chacun. Par contre, à partir du moment où l'un des groupes veut prendre le pas sur l'autre, prendre le contrôle de ce qui est fait, ou absorber l'autre groupe, ou décider de manière unilatérale, c'est non.

Or j'ai remarqué que ça arrive souvent avec les orgas communistes (je dis pas tout le temps car il y a des collaborations fructueuses). C'est souvent aux autres qu'ils demandent d'abandonner leurs idées ou leurs projets, mais ils ne veulent jamais laisser tomber les leurs.
RickRoll
 

Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede kuhing le Mer 25 Juin 2008 08:58

The Koala Avenger a écrit:Y'a pas de problème pour s'allier avec des militants NPA sur des luttes ponctuelles, si l'intégrité politique de toutes les personnes qui s'allient est respectée, que les choses sont faites de manière concertée et en tenant compte des avis de chacun. Par contre, à partir du moment où l'un des groupes veut prendre le pas sur l'autre, prendre le contrôle de ce qui est fait, ou absorber l'autre groupe, ou décider de manière unilatérale, c'est non.
.

Voilà une position claire avec laquelle je suis en parfait accord.
Et j'y étendrais même la notion de "groupe" à celle d'individus.
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede Clown le Sam 28 Juin 2008 00:47

Vilaine bureaucrate a écrit: Les temps sont durs faut vraiment etre un petit bourgeois pour ne pas comprendre qu'il faut s'entendre.


L'expression "petit bourgeois", j'appelle ça du vocabulaire stalinien de base, surtout quand ça signifie entre les lignes: " tu te rallies à l'unité au profit du groupe le plus influent ou on te cane". Perso j'ai pas envie de m'allier avec un groupe qui à mes yeux (marqués) rime avec gaz lacrimo en gel et matraque télescopique, donc avec flicaille.
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede Roro le Sam 28 Juin 2008 00:57

Je viens (enfin) de lire ce pavé.

Plusieurs remarques.

D'abord, rien n'ai dit sur la structure pyramidale, inhérente à tous partis politiques.

Rien non plus sur la centralisation qui est elle aussi manifeste.

Enfin, rien (ou si peu) sur le spectacle clownesque de OB chez Drucker. Ob fait du foot. C'est cool... Prochainement à la télé : OB à la mer. OB dans son appartement. OB tri le courrier. Ob... OB... et Encore OB...

Le plus marrant avec lui, c'est qu'il dit toujours à la télé qu'il y a d'autres portes-paroles à la Ligue. étrangement, on les a jamais vus... A moins que OB n'ai des dédoublements de la personnalité...
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede croquemitaine le Sam 28 Juin 2008 01:08

Vilaine buros : Les anarchistes se distinguent des marxistes par le fait de lier les moyens à la fin. Nous pensons que les moyens influencent la fin, et vice versa, et donc que si on a des méthodes de merde on aura un résultat de merde (cf. le glorieux héritage marxiste du siècle dernier) ce qui fait par exemple que nous envisageons la révolution, mais aussi les luttes et réflexions sociales, de manière très différente.
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Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede Tiago le Dim 29 Juin 2008 13:01

Article paru dans le "Politis" de la semaine du 31 janvier au 6 février 2008 :

Génération Besancenot
Le parti anticapitaliste plébiscité lors du congrès de la LCR veut être celui d'une « nouvelle génération ». Mais cette dernière, loin d'être unanimement enthousiaste, s'inquiète d'un projet trop cadré.


Avalisé à 83 % lors du congrès de la LCR, le projet en faveur d'un nouveau parti anticapitaliste — les militants parlent déjà du NPA — est sur les rails. Il devra s'adresser «aux jeunes », a indiqué Olivier Besancenot. «II faut être en phase avec notre temps et avec l'urgence de la situation, a-t-il ajouté. « Il faudra aussi renouveler, en termes générationnels, la direction.» Un nouveau parti donc, ouvert à la « nouvelle génération », fait pour les jeunes et par les jeunes.
Et quoi de mieux que l'enthousiasme et la radicalisé de la jeunesse pour dynamiser le mouvement ? Surtout si elle suit comme un seul homme le charismatique porte-parole de la Ligue, qui « était quand même le seul candidat à la présidentielle à avoir moins de 40 ans et le seul à repas avoir connu Mai 68 », rappelle Cotentin, délégué de 18 ans et étudiant en théâtre à Marseille, qui, sans avoir connu la révolte de 68, arbore néanmoins la coupe de cheveux et la tenue vestimentaire des années 1970. Mais il n'est pas sûr que l'inexpérience implique la docilité. Et si ce nouveau parti doit être «en phase » avec la jeunesse, cette dernière l'est-elle avec le projet de la direction nationale de la LCR ?
« La LCR doit s'adapter. Les jeunes se méfient des organisations politiques. Ils veulent des réponses rapides. En créant un nouveau parti, on leur dit qu'ils ne seront pas seulement les instruments d'un mouvement déjà existant mais les acteurs de la création d'un nouveau parti », explique Loïc, 23 ans, qui milite à la LCR depuis cinq ans et soutient la proposition de la direction en faveur du NPA. Cela veut-il dire que la LCR doit abandonner ses références au trotskisme et à la révolution ? « On ne pourra pas être seulement une organisation trotskiste, répond Cotentin. On laisse ouvertes les questions d'ordre général du type : faut-il se débarrasser de l'État bourgeois ? Nous voulons un mouvement qui révolutionne la société. » Mais, alors, la LCR prend-elle réellement le risque de se fondre au sein du nouveau parti et de disparaître au profit d'un mouvement pluraliste ? «Nous sommes à 100 % pour que la LCR devienne minoritaire. À Marseille, nous avons déjà un comité pour la création du nouveau parti, où la LCR est sous-représentée. Nous ne sommes que 20 sur 80 personnes », poursuit-il. Loïc nuance toutefois : « Ce n'est pas un problème si la LCR devient un courant minoritaire. À condition qu'on soit sur une ligne claire. Pas comme Die Linke en Allemagne. » D'accord, donc, pour être minoritaire en nombre, mais surtout pas sur le contenu : aucune alliance avec d'authentiques réformateurs et d'autres organisations politiques, et rejet total du PS et du PCF.
Tous sur la ligne de Besancenot ! Tel semble donc être le mot d'ordre des jeunes délégués au congrès de la LCR. Et gare à ceux qui s'en écartent (voir encadré). Cependant, comme le souligne Alain Faradji, partisan d'un rassemblement plus large : « On dit souvent que, dans la Ligue, les jeunes sont avec Besancenot. Ce n'est pas vrai ! Il y a autant de jeunes qui sont convaincus par la proposition de la plate-forme B, pour un parti pluraliste et rassembleur à la gauche du PS, que par la plate-forme A », présentée par la direction de la Ligue.
Florent Naranjo, un délégué clermontois de 23 ans, est l'un de ceux-là. «Il y a des chances pour que les jeunes soient attirés par le discours sur ce nouveau parti et surtout par la figure d'Olivier Besancenot, explique-t-il. Mais ils risquent d'être surpris par la pratique réelle et déçus parle double langage. »
Sur cette « pratique réelle », son camarade Guillaume Comptour, 21 ans, est plus précis : « À Clermont-Ferrand, nous avons soutenu la campagne Bové parce que c'était en cohérence avec ce qu'avait dit la Ligue. Pour nous sanctionner, la direction a voulu dissoudre la section et nous radier, Mais elle a préféré organiser une scission en créant une deuxième section qui nous met des bâtons dans les roues et essaye d'attirer les jeunes. Heureusement, ces derniers se rendent compte que c'est notre section qui est implantée là depuis longtemps et qui n'est pas sectaire. »
Pas si facile que ça à embrigader, «la nouvelle génération », qui fait peut-être parfois preuve d'un peu trop d'autonomie au goût de la direction nationale ! Et c'est sans doute pour cette raison que la discussion d'une «proposition commune entre les directions des JCR et de la LCR sur le travail jeune », portant notamment sur «l'autonomie» des jeunes à l'intérieur du futur parti, était aussi à l'ordre du jour du congrès. Une autonomie que la direction voudrait bien voir « cadrée ». Cette proposition établit un protocole qui permettra « la création d'un secteur jeune autonome national à l'intérieur du parti ». Assez précis, ce texte stipule, par exemple, qu'un secrétariat national se réunira tous les quinze jours et aura pour prérogative la charge « d'un journal national mensuel, des tracts jeunes et de l'animation d'un site jeune propre, intégré au portail du nouveau parti ». Pour Antoine, qui discute ce projet à la tribune, cette proposition n'a pas été négociée de manière démocratique. «Seules les directions de la JCR et de la LCR ont discuté de ce texte, explique-t-il. Les secteurs jeunes de la LCR n'y ont pas participé. De fait, on exclut une partie des jeunes de ce qui devrait être un élément du processus constituant du nouveau parti. » Guillaume confirme. Par ailleurs, « si nous sommes tous d'accord sur l'unification et l'autonomie de la jeunesse, pourquoi le faire avant le processus constituant du NPA avec une motion qui ficelle tout par avance ?», demande un autre orateur, Denis, délégué parisien. On ne peut pas commencer comme ça en réglant tout dans les moindres détails. C'est ne pas faire confiance aux jeunes. On envoie un mauvais message. » Et Antoine de conclure : « Si le NPA était autant cadré, tout le monde serait contre. »

JEAN-BAPTISTE QUIOT
Tiago
 

Re: NPA : le bluff libertaire de la LCR

Messagede kuhing le Lun 30 Juin 2008 10:05

"Et Antoine de conclure : « Si le NPA était autant cadré, tout le monde serait contre. »"

Ce sont les mêmes questions et doutes que les libertaires et anarchistes se posent depuis cette annonce de création du NPA, qui sont posées par les militants même de la LCR.
La différence est que les anarchistes savent déjà que le conditionnel de la phrase d 'Antoine est à supprimer.
kuhing
 

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