Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Débats politiques, confrontation avec d'autres idéologies politiques...

Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede BLACKPANTHER le Ven 25 Sep 2009 21:57

POLACK,

Je me suis expliqué avec toi,là-dessus.....

Je t'ai dit CLAIR et NET que j'arretai les "SMILEYS"....
(voir mon post....)


Tu veux quoi de plus?
Que j'aille en pélérinage à genoux jusqu'à la tombe de KROPOTKINE?

"TU PENSES QUOI DE CA?" s'adressait à NICO37
et avait un rapport avec la CGT.......

Tu me cherches des poux dans la téte alors que j'ai
tout fait hier pour enterrer la hache de guerre(avec
un dernier smiley "on trinque....")

Polack,je crois,et j'espère que c'est un
malentendu....


Peut-etre veux-tu un ENGAGEMENT ECRIT:

"Je sous-signé BLACK ZOMBIE" m'engage
à ne plus diffuser de "smileys" sur cette liste".

VOILA.......

Pour moi,l'incident est clos.....

cordialement

BLACK ZOMBIE
BLACKPANTHER
 

Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Antigone le Lun 5 Oct 2009 18:13

Lu dans Zoom-42
La CGT et le Medef du Roannais ont élaboré une "charte partenariale" inédite permettant aux 300 entreprises du textile et de la métallurgie de la région de placer leurs salariés en formation plutôt que de les licencier.
Cette charte signée jeudi 1er octobre "vise à privilégier la formation des personnels d'entreprises en difficulté plutôt que le licenciement pur et simple", selon la sous-préfecture de Roanne.
Elle a été paraphée par la Direction départementale du travail et de l'emploi et la formation professionnelle (DDTEFP), l'Etat, la CFDT, la CFTC, FO, la CFE/CGC, les syndicats patronaux du textile et de la métallurgie, ainsi que par les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) de la formation professionnelle.

"Les licenciements sont souvent synonymes de pertes humaines, de pertes de savoir-faire. L'objectif est de sauvegarder l'emploi et d'éviter que les gens ne sortent de l'entreprise", a déclaré Bernard Gabert, président du Medef du Roannais.

"Cette charte doit nous permettre de sortir la charge des salaires des entreprises en difficulté tout en nous offrant la possibilité de qualifier un peu plus nos salariés et des les récupérer quand les entreprises rebondiront", a-t-il ajouté.

"La formation professionnelle est un outil plus précieux que le chômage partiel pour faire face à la crise", a souligné Serge Lenoir, secrétaire général de l'union locale CGT.

"Nous avons convenu avec le Medef que face à la crise, il n'y avait rien à y gagner à se bagarrer. Si il n'y a pas d'industrie, il n'y a pas de salariés, pas de salaires. Si il n'y a pas de salariés, il n'y a pas d'industrie et pas de chiffre d'affaires", a-t-il estimé.

Le dispositif sera financé par les fonds de formation collectés auprès des entreprises, des fonds de la région Rhône-Alpes, d'Etat et européens qui "se chiffrent en millions d'euros" pour le bassin d'emploi de Roanne, selon la CGT et le Medef.

Le Roannais est touché par des plans sociaux chez Manitowoc (grues), GPV (enveloppes), ICBT (machines textiles), Samro (remorques) ou Dirickx (clôtures). Il compte 35.047 salariés, dont 7.658 dans le textile et la métallurgie.
Ni rouge, ni noir. Révolutionnaire sans drapeau.
L'Autonomie, ça devrait ressembler à ça
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede willio le Mar 6 Oct 2009 12:20

Excellente la citation en gros ! Ben c'est vrai quoi, si ya pas de patrons ya pas d'entreprises, si ya pas d'entreprises ya pas de travail, si ya pas de travail c'est la fin du monde ! :clap:
Vive la CGT et ces analyses aussi pertinentes que subversives.
Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Et bien ! vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande.
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede conan le Mar 6 Oct 2009 12:50

Avec le MEDEF, battons-nous pour le salariat, l'accaparation des moyens de production, la croissance et la productivité à tout crin ! :lol:
On dirait que c'est un fake, mais en fait non... c'est stratégique : la CGT innove ; elle se descend toute seule par l'autodérision !
"L'anarchie, c'est la victoire de l'esprit sur la certitude" Georges Henein
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede fu hsang le Mar 6 Oct 2009 21:47

merde l IS est vivante
fu hsang
 

Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede BlackJoker le Mar 6 Oct 2009 22:33

fu hsang a écrit:
Antigone a écrit: Ah si les anarchistes pouvaient enfin s'éveiller au monde moderne !


faut pas trop en demander , c est si rassurant de regarder le passé ^^


Sauf que cette phrase en question ne veut pas dire gd chose.
C'est quoi "les anarchistes" ?
Ensuite stop les généralités. Il y a un paquet de gens dans l'anarchisme qui ne fantasment pas sur l'Espagne de 36. Et les coco-lib, puisque ce sont surtout d'eux qu'il s'agit ici, ne sont pas "Les anarchistes", au mieux une branche seulement ( et encore, perso pour moi ils n'ont pas gd chose d'anarchiste mais c'est mon avis personnel...).
BlackJoker
 

Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede fu hsang le Mar 6 Oct 2009 23:42

lol
y a pas que les com lib qui regardent le passe , si seulement y avaient qu eux ^^
quant aux anarchistes , je les critiques et j en suis alors bon t es "" ...que dire , si je ne dois plus faire de generalites , c est la mort de l exception culturelle française ^^
pour moi un nanar c est ce que j ai dit au dessus ...ça te va ??
fu hsang
 

Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede BlackJoker le Mer 7 Oct 2009 09:50

Ok je me suis mal exprimé.

fu hsang a écrit:lol
y a pas que les com lib qui regardent le passe , si seulement y avaient qu eux ^^


Oui. On peut étendre ça à d'autres orgas et individus ne se réclamant pas ( du moins pas seulement) du communisme libertaire. Mais je parlais d'une manière générale sur la glorification de certains mouvements révolutionnaires dans l'histoire.

fu hsang a écrit:quant aux anarchistes , je les critiques et j en suis alors bon t es "" ...que dire , si je ne dois plus faire de generalites , c est la mort de l exception culturelle française ^^
pour moi un nanar c est ce que j ai dit au dessus ...ça te va ??


En fait ma phrase s'adressait à Antigone. Bref je chipote peut être en me relisant, mais j'ai bloqué dessus donc j'y réagis.
D'autant que je suis assez d'accord avec le reste de ses propos, sans rentrer dans le détail. J'ai bloqué sur "Les anarchistes" mais en fait c'est la phrase en elle-même qui trouve un écho important dans la pensée néo-libérale actuelle ( je ne prête pas du tout à Antigone cette intention !) ou l'on parle souvent de "s'ouvrir au monde du 21ème siècle" "regarder devant et plus en arrière" , "s'éveiller au monde actuel" qui sont autant d'expressions idéologiques pour faire passer l'idée que le capitalisme néo-libéral est synonyme de modernité ( avec les mythes du progrès et de la modernité qui vont avec) et relayer ses critiques au rang de vieilles choses poussiéreuses et dépassées.
Bon je m'arrête là ce n'est pas le sujet.
BlackJoker
 

Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Nico37 le Jeu 8 Oct 2009 23:18

Accord CGT-Medef : former plutôt que licencier

FRANCE INFO - 4 OCTOBRE 2009

La CGT et le Medef se sont mis d’accord vendredi dernier dans la région de Roanne pour une "charte partenariale". Elle permet aux 300 entreprises du textile et de la métallurgie du Roannais de surmonter la crise en plaçant leurs salariés en formation au lieu de les licencier.
Une telle concorde entre syndicats et patrons est suffisamment rare pour être signalée. La CGT et le Medef ont signé vendredi une charte qui « vise à privilégier la formation des personnels d’entreprises en difficulté plutôt que le licenciement pur et simple », comme l’explique la sous-préfecture de Roanne où a été paraphé l’accord. La CFDT, la CFTC, FO, la CFE/CGC, les syndicats patronaux du textile et de la métallurgie mais aussi l’Etat, la Direction départementale du travail et de l’emploi et la formation professionnelle ainsi que les Organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) de la formation professionnelle ont signé le texte.

Accord CGT-Mededef à Roanne, le reportage de Maurice Fusier (1'57")

Au cours des dernières années, les plans sociaux dans la métallurgie et le textile se sont multipliés dans le Roannais. 7.600 emplois sur les 35.000 que compte le bassin d’emploi de la région dépendent de ces deux branches. « Nous avons convenu avec le Medef que face à la crise, il n’y avait rien à y gagner à se bagarrer. S’il n’y a pas d’industrie, il n’y a pas de salariés, pas de salaires. S’il n’y a pas de salariés, il n’y a pas de chiffres d’affaires », a expliqué Serge Lenoir, secrétaire général de l’union locale CGT.

« Les licenciements sont souvent synonymes de pertes humaines, de pertes de savoir-faire », fait valoir Bernard Gabert, président du Medef du Roannais. « Cette charte doit nous permettre de sortir la charge des salaires des entreprises en difficulté tout en nous offrant la possibilité de qualifier un peu plus nos salariés et de les récupérer quand les entreprises rebondiront », souligne-t-il. « La formation professionnelle est un outil plus précieux que le chômage partiel pour faire face à la crise », confirme Serge Lenoir.

Les plusieurs millions d’euros nécessaires au dispositif selon la CGT et le Medef seront apportés par les fonds de formation collectés auprès des entreprises, des fonds de la région Rhône-Alpes, des fonds de l’Etat et au niveau européen.


CGT et le visage de son recentrage : Jean-Christophe Le Duigou

Le journal Fakir vient de paraître avec un long dossier intitulé "Mais que font les syndicats ?" Dedans, des reportages de l’usine Goodyear au procès des Continental, jusqu’à une carte postale apportée à Bernard Thibault. Cet article trace le portrait du méconnu, et néanmoins influent, n°2 de la CGT, Jean-Christophe Le Duigou.

« Bonne nouvelle » se réjouit Valeurs actuelles, « le premier hebdomadaire libéral de droite » : « Le secrétaire confédéral de la CGT, Jean-Christophe Le Duigou vient de rejoindre son corps d’origine, l’administration des impôts, avec une promotion : il sera conservateur des hypothèques. (…) Tout cela montre quand même une formidable capacité de récupération de notre système. »

Rares sont les syndicalistes, luttant dans leur entreprise, à obtenir ainsi une « promotion ». D’autant plus après trente années d’absence comme permanent. A moins que l’Etat ne délivre ici une récompense.

« Confrontations » feutrées

Peu d’hommes, en effet, auront autant œuvré pour l’abandon, à la CGT, du syndicalisme de lutte. Pour l’acceptation, en 2003, de la réforme des retraites – puis des régimes spéciaux en 2007. Pour le « Oui », évidemment, au Traité Constitutionnel Européen. Pour la transformation de l’ « adversaire patronal » en « partenaire social » - et pas seulement à la table des négociations.

Il a ainsi co-fondé, en 1991, le « lobby d’intérêt général » « Confrontations Europe ». Où il côtoie Jean Gandois (ex-n°1 du CNPF, ancêtre du MEDEF), Jean Peyrelevade (ancien PDG du Crédit Lyonnais), Michel Pébereau (PDG de BNP-Paribas), Franck Riboud (PDG de Danone), Francis Mer (ex-PDG d’Usinor, ministre de l’Economie de Raffarin). Nul doute que ce « mouvement civique », financé par l’Union Européenne, contribue à une violente « confrontation » des points de vue…

La preuve : siégeant au Fonds de Réforme des Retraites, Le Duigou a approuvé, sans tiquer, que cet argent public soit placé sur les marchés financiers : « Le choix, dès 2002, a été d’investir dans des entreprises cotées pour soutenir l’économie », explique-t-il. Spéculer en bourse devient « soutenir l’économie » : Christine Lagarde ou Laurence Parisot ne diraient pas mieux. Grâce à ce choix judicieux, le FRR vient de perdre 7 milliards d’euros. Notre avenir est assuré…

Direction intellectuelle

Sa pensée sociale-libérale n’est pas isolée. Elle irrigue tout l’appareil.

« Pourquoi Bernard Thibault n’est pas venu à Goodyear ? »

Je questionne Christophe Saguez, cette fois. Le secrétaire de l’Union Départementale de la Somme.

« On l’a sollicité, mais son emploi du temps ne le permettait pas. Et l’objectif, pour la CGT, c’est d’être dans la proposition, plus que dans la contestation – qui est bien souvent une fausse radicalité. »

Il me tend un quatre pages, « Défendre et développer l’emploi et l’industrie. »

Ancien salarié de Procter, Christophe est un gars sympa. Qui ne veut se fâcher ni avec la base ni avec le boss. Qui n’affirme rien de trop tranché. Qui prête sa voix à l’appareil. Je le titille sur ma marotte : « Qu’est-ce que tu penses du protectionnisme ?

Les hommes ont toujours tenté de développer le commerce avec d’autres pays, ce qu’il faut c’est un développement harmonieux… Les choses se jouent dans le cadre de la Confédération Européenne des Syndicats, c’est au niveau européen qu’on peut gagner des droits…

Mais c’est du vent, la CES ! je le brusque.

Pas du tout : malgré des limites, on trouve là des points d’appuis importants. »

La vulgate, encore. Tant mieux : preuve que l’organisation fonctionne. Qu’elle tient un discours, de ses dirigeants à ses permanents. Mais d’où lui viennent ces idées ? Je lui demande : « On a plein de littérature syndicale, notre revue d’abord. » Il me montre « Analyses et documents économiques, n°111-112 ». « Tu peux l’emporter. » Merci.

Je le feuillette.

En page 2, « Analyses et documents économiques est placé sous la direction de Jean-Christophe Le Duigou. »

En page 9, le dossier « Face à la crise, quelle politique de relance ? » offre un papier du même Jean-Christophe Le Duigou : « Cinq priorités pour une politique industrielle » : 1, « Donner la priorité au développement des emplois et des qualifications » ; 2, « Accroître l’effort de recherche et d’innovation » ; 3, « Une politique de l’énergie cohérente » ; 4, « Assurer le financement de la croissance des entreprises » ; 5, « Recréer les conditions d’une démocratie économique en France et en Europe. »

Je survole, maintenant, le quatre pages « Défendre et développer l’emploi et l’industrie », avec ses « Cinq priorités pour une politique industrielle et de développement de l’emploi ». Les mêmes que dans la revue (« reconnaissance des qualifications », « recherche et innovation », etc.), sauf que la 4 et la 5 sont inversées. Aucune proposition « démagogique », par exemple sur des « taxes douanières contre le libre-échange », ou sur « la confiscation des profits », etc.

C’est un levier discret, mais essentiel : la fraction la plus centriste détient, à la CGT, l’outil intellectuel. Qui maintient le débat économique dans les limites convenues. Dont les propositions mesurées sont reprises dans des tracts, sur des affiches. Bref, qui orientent la réflexion des militants.

Représentatif

L’ironie, bien sûr, c’est que Le Duigou a, sur les retraites, accompagné les reculs successifs. Tandis que la sienne, fin 2009, s’annonce dorée : « Sa promotion lui permettra de partir dans de bonnes conditions, relate Le Monde, la pension des fonctionnaires étant calculée sur les six derniers mois de salaire » - qui s’effectuent, pour lui, dans « un des postes les mieux payés de Bercy ».

C’est un indice, à coup sûr, d’une évolution de la CGT : centrale ouvrière désormais guidée par un haut fonctionnaire – qui ne saborde pas sa carrière. La confédération est désormais truffée d’« experts » : depuis 1965, le nombre de permanents au sommet était multiplié par cinq – tandis que les adhérents étaient divisés par trois. Et cette CGT respectable se tourne vers les cadres supérieurs – plus volontiers qu’elle ne cause de « prolétaires »…

François Ruffin

Le journal Fakir est un journal papier, en vente chez tous les bons kiosquiers ou sur abonnement. Il ne peut réaliser des enquêtes, des reportages, que parce qu’il est acheté.

http://www.fakirpresse.info
Nico37
 

Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Nico37 le Dim 25 Oct 2009 16:20

CNU 14-15-16 OCTOBRE 2009 DE LA CGT EDUC’ACTION Point d’information sur les rencontres CGT/FSU

mercredi 21 octobre 2009 par James Connolly

Nous avons déjà abordé à plusieurs reprises le rapprochement entre la CGT et la FSU. Il nous semble que ce rapport introductif au CNU de la CGT Educ’Action, élaboré par le camarade Godard, mérite d’être porté à la connaissance des militants syndicalistes attachés à l’unité organique du syndicalisme de classe... Continuons le débat et élargissons le !!!

Vous avez, dans votre pochette, différents documents qui vont servir de points d’appui à mon intervention.

Tout d’abord, je vous ai transmis les comptes-rendus des différentes réunions du groupe de travail confédéral, comptes-rendus que vous avez déjà eus puisque retransmis au CNU dès leur arrivée à la CGT Educ. La 1ère réunion a eu lieu le 10 mars 2009, à la CGT, sur demande de la FSU. Nous étions 8 dans la délégation conduite par Bernard Thibault et Gérard Aschieri conduisait également une délégation de 8 personnes. Nous partions un peu dans l’inconnu pour cette réunion car, si nous savions que la FSU souhaitait renforcer le travail en commun avec la CGT, nous ne savions pas dans quelle mesure, ni quelles seraient ses propositions.

Après un échange partagé sur l’actualité, Frédérique Rolet co-secrétaire générale du SNES, est entrée dans le vif du sujet de façon très claire en affirmant que la FSU était arrivée au bout de la logique d’autonomie. Gérard Aschieri lui, complétait en constatant la même chose et en affirmant que l’heure n’était plus à la confédéralisation de la FSU. Si la FSU s’est un peu implantée dans la Fonction Publique Territoriale, elle est quasiment absente de la Fonction Publique Hospitalière et totalement absente du secteur privé. Gérard Aschieri souligne d’ailleurs, dans cette réunion, la limite de cette situation car, si l’on reconnaît à la FSU l’expertise pour parler d’éducation, on ne lui reconnaît en même temps que cette expertise.

Il est vite apparu clairement, dans cette réunion, le souhait de travail en commun de la FSU relayé également par Bernard Thibault et l’ensemble des participants présents autour de la table.

Dans l’optique éventuelle d’un rapprochement entre nos deux organisations, il était entendu entre tous les participants que cela ne saurait être qu’une initiative « de sommet ». Aussi a-t-il été décidé d’impulser un travail en commun qui se déclinerait sur plusieurs points en région : le lien entre formation, qualification et travail, l’articulation entre recherche publique et recherche privée et enfin la problématique de la petite enfance. Une initiative autour d’un débat à Paris sur l’avenir du syndicalisme pouvant avoir lieu en invitant tous les acteurs concernés.

Pour mener à bien ces différentes pistes de réflexion, a été décidée la création d’un groupe de travail placé sous l’autorité direct de Bernard Thibault pour la CGT. Vous trouverez la composition de ce groupe de travail à la fin des comptes-rendus de réunion, il est composé de Jean-Marc Canon (CEx confédérale), Baptiste TALBOT (Secrétaire général de la FD des Services publics), Richard Béraud (Secrétaire général de la FERC), Lionel Lerogeron (Secrétaire général de l’UD de la Manche), Christophe Godard (Co-Secrétaire général de l’Éduc’action) pour la CGT et de Gérard Aschieri (secrétaire général de la FSU), Gilles Moindrot (co-secrétaire général du SNUIPP), Frédérique Rolet (co-secrétaire généralz du SNES), Jean-Michel Drevon (bureau national FSU « Ecole Emancipée ») et Jean-Marie Canut (membre du Conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie) pour la FSU.

Ce groupe de travail s’est réuni plusieurs fois depuis sa création afin de donner du contenu aux 4 thèmes mis en avant lors de cette réunion du 10 mars. Nous nous sommes fixé comme objectif d’organiser 2 ou 3 initiatives avant le congrès confédéral de décembre et celui de février pour la FSU.

Après discussion sur nos « forces » en présence dans différents départements pour mener à bien ces initiatives communes, il en est ressorti l’organisation d’une journée sur la formation professionnelle en Normandie et sur la petite enfance en Midi-Pyrénées.

L’initiative sur la recherche aura lieu après les congrès. Le colloque sur l’avenir du syndicalisme est, lui, organisé sur Paris, au conseil économique et social, probablement dans la semaine du 16 au 20 novembre 2009 et sous l’égide de l’association des journalistes de la presse sociale. Cette configuration « neutre » devrait permettre la participation de plus grand nombre.

La région Midi-Pyrénées a été choisie au regard de la présence de camarades travaillant déjà sur le sujet de la petite enfance, aussi bien à la CGT Educ’action qu’à la fédération des services des publics mais aussi à la FSU. L’implication des camarades de l’éducation dans l’interprofessionnel étant aussi un atout important.

Un groupe de travail a été constitué avec Gilles Moindrot, et Baptiste Talbot, groupe de travail dans lequel j’ai demandé à Aline Louangvanassy de participer. L’initiative aurait dû avoir lieu le 17 novembre mais la présence de Bernard Thibault à cette date étant plus que compromise, nous avons décidé d’un commun accord avec les camarades de Midi-Pyrénées de la repousser après le congrès.

Le 10 novembre, aura bien lieu par contre à Caen l’initiative sur la formation professionnelle. Vous trouverez, d’ailleurs, dans vos pochettes la plaquette de présentation. La région Normandie a été choisie pour les mêmes raisons avec, en plus, une habitude de travail commun entre la CGT et la FSU qui date de plusieurs années. La présence de Lionel Lerogeron dans le groupe de travail y est pour beaucoup car le lien avec l’interprofessionnel est direct puisque, je vous le rappelle, Lionel est secrétaire général de l’UD du 50 et enseignant. Vous avez donc le détail de cette initiative dans vos pochettes et il est à noter que l’initiative de Toulouse devrait suivre le même schéma, à savoir une journée découpée en une partie tables rondes et une partie en séance plénière. Nous attendons pour ces initiatives à peu près 400 personnes et vous invitons à vous y inscrire.

Ce travail commun s’inscrit dans une période particulière puisque située juste avant les congrès de la CGT et de la FSU, juste avant la publication du texte sur la représentativité dans le Fonction Publique (il devrait sortir avant la fin de l’année) et après que les dernières élections prud’homales aient conforté la place de la CGT et constaté la très faible implantation de la FSU hors de la Fonction Publique d’Etat. Les luttes interprofessionnelles, engagées depuis le début de cette année, montrent également combien il est difficile d’obtenir une unité syndicale avec des revendications offensives dans l’état actuel de profond morcellement du syndicalisme en France.

La loi sur la représentativité incite beaucoup d’organisations syndicales à réfléchir à leur devenir et nous assistons à la multiplication de manœuvres d’appareil vouées, à mon sens, à l’échec : CGC-UNSA, CFDT-FGAAC et CFDT-CFTC à la SNCF et dans notre secteur le rapprochement annoncé entre FO et le SNETAA ainsi que la FAEN qui engage des discussions avec plusieurs autres syndicats dont la FERC. Le rapprochement avorté pour l’instant entre la CGC et l’UNSA nous montre, s’il en était besoin, que ce ne sont pas les directions syndicales qui décident seules de telles orientations. Une direction syndicale peut impulser, pointer une direction mais elle ne peut et ne doit pas faire à la place. Le sens des initiatives décrites dans mon intervention est justement d’impliquer les syndiqués en territoire, de montrer que c’est possible voir souhaitable de travailler ensemble. Si nationalement nous avons beaucoup de positions communes entre la CGT et la FSU, nous avons également de vraies divergences, notamment dans notre secteur comme par exemple la masterisation.

Mais ces divergences sont elles insurmontables ? Sont-elles de nature à empêcher cette recomposition possible du paysage syndical français ? Les enjeux sont historiques, les enseignants ont choisi l’autonomie lorsque la FEN a quitté la CGT, ils ont réaffirmé ce choix en créant la FSU et maintenant ils s’aperçoivent des limites de ce type de syndicalisme. Peut-on traiter les problèmes de l’école en dehors des problèmes de la société ? Bien sûr que non, c’est un tout et l’école n’est pas un sanctuaire, c’est une des raisons de notre engagement dans une confédération.

Cette question concernant les quelques divergences existant entre nos deux organisations amène la question de notre structuration interne à la CGT, car pour qu’il y ait rapprochement il faut qu’il y ait orientation et repères revendicatifs communs. Quelle structuration devons-nous adopter dans la CGT pour rendre cela possible sans qu’une organisation n’en domine une autre dans les votes ? Peut-on accueillir, dans la CGT, une organisation comme la FSU qui revendique environ 170 000 adhérents sans rien changer ? Je pense que non car si, sur 170 000 adhérents, 140-150 000 concernent l’Éducation nationale, peut-on les accueillir dans une fédération qui compte 29 000 adhérents dont environ 12 000 dans l’Éducation nationale ? Selon les chiffres de la confédération pour le 49ème congrès, 5 000 syndiqués sont rattachés à l’UGFF, 60 000 à la santé et environ 65 000 à la fédération des services publics pour ne prendre que les chiffres de la Fonction Publique. Cette question concernant la FSU doit être prise en compte dans notre réflexion sur les structures, notre dernier congrès et la confédération nous y engagent

Comment aborder cette question ? Nous devons travailler dans les SDEN cette question de structures, même si cela semble bien loin des préoccupations de nos syndiqués. Nous avons le challenge de les y intéresser en donnant des traductions concrètes des différentes pistes d’évolution possibles. Notre prochain congrès devra débattre de ces questions et prendre des décisions. Nous devons y réfléchir dans l’intérêt des salariés sur la question de quel est l’outil syndical le plus efficace pour porter les revendications des salariés et créer le rapport de forces le plus favorable.

Ce groupe de travail CGT/FSU doit nous permettre de construire des revendications communes en débattant sur nos différences.

En fait, on peut raisonnablement penser que le paysage syndical français sera, pendant un certain temps encore, constitué de plusieurs organisations. Je pense que leur nombre doit être réduit. C’est cette démarche que nous appelons de nos vœux dans ce groupe de travail afin de construire, à partir des revendications, le syndicalisme de transformation sociale, de propositions et de lutte dont nous avons besoin.

En tant que première confédération française, la CGT a, de ce point de vue, une responsabilité et une capacité particulières pour impulser en son sein et dans le mouvement social un débat qui peut nous permettre de répondre à une aspiration profonde du salariat.

Pour répondre aux enjeux de la crise et aux attentes des salariés, nous devons faire bouger le syndicalisme afin de le rendre plus attractif, plus efficace et plus fort. La CGT et ses organisations ont un rôle particulier à jouer, à tous les niveaux, pour permettre de grands pas en ce sens.


Débat dans la salle :
Ce sujet devait être simplement un point d’information mais, devant les enjeux soulevés, il y eu une vingtaine d’interventions. Le débat a permis de prendre connaissance de plusieurs initiatives en départements et d’écouter les inquiétudes des camarades.

Ont été soulevées les difficultés apparaissant sur le travail en commun « sur le terrain » avec les différents syndicats de la FSU qui, dans plusieurs endroits, ont une attitude qui ne favorise pas le travail collectif. Quelques camarades se posent également des questions quant à la faisabilité d’un tel rapprochement à court et moyen terme.

D’autres camarades posent le problème plus large de la recomposition syndicale en posant la question de fonds quant à savoir si la division du monde syndical est une bonne chose ou non ?

A partir de là, la question d’un syndicalisme de transformation sociale et de luttes doit se poser de manière plus large que de simples discussions avec la FSU. Toujours est-il que les SDEN souhaitent en majorité s’investir dans une approche de travail commun avec la FSU, à l’exemple de ce qui se fait dans plusieurs départements.

Christophe Godard
Nico37
 

Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede BLACKPANTHER le Dim 25 Oct 2009 22:03

????????????

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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede conan le Dim 25 Oct 2009 22:32

Ces syndicats boivent jusqu'à la lie la coupe de la représentativité, à savoir l'ennemi fondamental de l'anarchisme.
Et on ne peut pas dire que cette fois-ci, ils "font avec" : ils l'ont voulue et ils s'en repaissent.
Du coup ça pose des questions cruciales à la CNT (et notamment à la FTE, puisqu'on parle de l'education), avec l'enjeu crucial qui va se poser lorsque cette représentativité va prendre toute son ampleur d'ici à 2012, avec l'alignement prévu du droit public sur le droit privé, y compris dans l'éducation.
Faut-il accepter la participation au vote pour continuer à exister, vote qu'induit cette représentativité imposée par l'Etat et les gros syndicats pour garder des droits syndicaux et se protéger en tant que syndiqué (genre organiser des heures d'infos syndicales, avoir des autorisations spéciales d'absence pour se former ensemble etc...) ? Quitte à se ménager des garde-fous, si oui lesquels ? Est-ce viable ? Ou faut-il, quitte à perdre les maigres droits, rejeter tout cela et rester droit dans ses bottes, quitte à refaire du syndicalisme de trottoir ?
J'ai mon opinion là-dessus mais je sais que c'est partagé à la FTE...
En attendant, honte à la FSU... le syndicat pro-masteurisation... :x
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede id73160 le Dim 25 Oct 2009 23:03

conan a écrit:Faut-il accepter la participation au vote pour continuer à exister,

Il y a quand même de forte chance pour qu' ils se soient déjà partagé le morceau, non ?

Par contre la FTE a une implantation "correcte" il me semble, pas pour rivaliser avec les gros, mais honorable non ?
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Antigone le Mar 27 Oct 2009 18:46

Pour information:
Les Echos - 26 oct.2009

Congrès de la CGT : l'opposition interne veut présenter un candidat contre Thibault

Un collectif de militants de la CGT opposés à la direction confédérale, qu'ils accusent d'« accompagner le capitalisme » et de collusion avec le pouvoir, compte présenter son propre candidat à la tête de la confédération lors de son 49e congrès début décembre (à Nantes), face à l'actuel secrétaire général, Bernard Thibault. Des représentants d'unions locales et d'organisations syndicales CGT d'entreprises ont décidé, samedi, de désigner comme candidat Jean-Pierre Delannoy (métallurgie du Nord-Pas-de-Calais). Ce dernier a toutefois reconnu que, face à un Bernard Thibault largement soutenu en interne et assuré d'être réélu pour un quatrième et a priori dernier mandat, cette candidature « est complètement symbolique » car « tout est ficelé ». Selon Jean-Pierre Delannoy, le « fossé s'agrandit » et les « militants de base de la CGT ne comprennent pas la stratégie » de la direction. Ils préféreraient des « revendications très précises et ciblées », par exemple sur les hausses de salaire. « Le 49e congrès sera le coup de grâce qui verra la CGT rejoindre le banc des organisations syndicales qui sont dans une démarche d'adaptation au capitalisme », estime Jean-Pierre Delannoy.


Et la réponse publiée le lendemain sur le site du congrès:

.../...
Nos deux organisations (CGT 59 et FTM CGT ndlr) tiennent à préciser les points suivants : Le secrétaire général de la CGT sera élu à Nantes selon le processus défini par les statuts de la CGT.

Il sera désigné par le comité confédéral national parmi les membres de la commission exécutive confédérale. Celle-ci sera élue par le congrès. Les candidats à la commission exécutive doivent être présentés soit par leur union départementale, soit par leur fédération, soit par une des trois organisations confédérées particulières représentant les retraités, les ingénieurs, cadres et techniciens ou les chômeurs.

Une liste de 103 candidats a été validée par le comité confédéral national des 25 et 26 Août 2009. Elle a été publiée dans le journal "Le Peuple" du 2 Septembre afin qu’elle soit portée à la connaissance de tous les syndicats trois mois avant le congrès (Voir la liste).
Jean-Pierre Delannoy ne fait pas partie de cette liste.

Il n’a été proposé par aucune des organisations habilitées à présenter des candidatures. Ni l’union départementale du Nord, ni la fédération des travailleurs de la métallurgie n’ont d’ailleurs été sollicitées par Jean-Pierre Delannoy ou par son syndicat pour qu’il soit présenté comme candidat.
Il ne peut donc prétendre se présenter au poste de secrétaire général de la CGT.

Les désaccords de Jean-Pierre Delannoy avec les orientations de la CGT sont connus depuis de nombreuses années.
Que des conceptions différentes puissent s’affronter sur les enjeux liés à l’orientation syndicale, quoi de plus normal, dès lors que de tels débats se déroulent dans la démocratie et dans le respect des décisions prises majoritairement.

Force est de constater que depuis plusieurs mois, Jean-Pierre Delannoy refuse ces principes.
Il boycotte systématiquement les réunions organisées par l’union départementale du Nord auxquelles il est régulièrement invité comme secrétaire de la région Métallurgie.
Il a refusé d’intégrer le comité exécutif de la fédération au 38ème Congrès de la FTM en 2008, congrès au cours duquel les orientations fédérales ont été adoptées à plus de 80 % des congressistes.
Dès lors, nos deux organisations ne peuvent que s’interroger sur le refus du débat et sur les objectifs réellement suivis par cette annonce de candidature .../...


En marge de ce débat, Presse-Océan a publié un article hier qui rapporte ce que va coûter le congrès confédéral qui va avoir lieu à Nantes du 7 au 11 décembre.
Le budget prévisionnel a été estimé à 2,9 millions d'euros. Il bénéficie de subventions permises dans le cadre de la loi de 2002 dite de "modernisation du dialogue social". C'est à ce titre que la Région a voté une aide de 150 000 € et le Département une contribution de 60 000 €.
2 000 personnes sont attendues chaque jour pendant cinq jours , mais 1000 délégués seulement, soit 580 euros par délégué et par jour ! On ignorerait encore si ce budget comprend les hébergements et les transports, en général pris en charge par les structures des délégués...
Le trésorier national, Michel Doneddu, qui était interrogé à ce sujet, assurait que: « Tout cela se fait dans un cadre complètement transparent. Les comptes des organisations syndicales sont les plus contrôlés de notre pays », « Avec cet événement, il y aura des retombées économiques importantes dans tout le département. Ces subventions sont donc légalement justifiées, économiquement justifiées, socialement justifiées et politiquement justifiées ».

La grogne serait en train de gagner les militants qui rapprocheraient ces sommes pharamineuses avec l'absence de soutien constaté face à la répression qui, entre autre, a touché "les Contis", potentiellement condamnés à 63 000 euros (somme dérisoire à côté de ce que va coûter le congrès).
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Nico37 le Mer 28 Oct 2009 20:29

Les dissidents qui s'élèvent contre la direction de la CGT révèlent un malaise de l'organisation syndicale.

Ils sont désespérément minoritaires, numériquement microscopiques, et comme ils ne sont pas éligibles, ils ne pourront même pas se compter, au prochain congrès de la CGT, à Nantes, du 7 au 11 décembre. Ils sont tellement anachroniques, dans le contexte économico-médiatique actuel, qu'ils en deviendraient presque poétiques. Fantômes surgis d'un temps disparu, celui de «la lutte de classe», front contre front, quand un peuple ouvrier, encore sociologiquement repérable, rêvait de contraindre «les 200 familles» à partager la galette.

Ils ne sont rien, mais ils brouillent pourtant l'image de leur centrale syndicale, depuis l'été. Et d'abord la figure du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui briguera, en décembre, un quatrième mandat. Il y a eu d'abord Xavier Mathieu, le délégué CGT des «Conti» de Clairoix qui à bout de solitude et d'impuissance à empêcher les licenciements massifs de ses compagnons de travail, a usé de l'insulte contre la personne du premier représentant de son organisation. «Les Thibault et compagnie, c'est juste bon à frayer avec le gouvernement (...), a-t-il lancé à l'adresse d'une caméra, devant son usine. Ils servent juste qu'à ça, toute cette racaille!». Depuis des semaines, les Conti se plaignaient de devoir se battre seuls, sans soutien, sans les interventions espérées du leader cégétiste, contre l'imminence du plan social qui leur était imposé.

Idem pour ceux de Ford Blanquefort, de Continental Toulouse, de Freescale ou de Goodyear. Le printemps finissait, l'été étirait ses plus belles journées, et des centaines de salariés passaient leurs vacances à faire le pied de grue, devant les grilles verrouillées de leurs entreprises, autour de leurs banderoles et de leurs pique-nique «solidaires». Obligés, on l'a vu, d'inventer à la hâte un syndicalisme de base plus radical, des tentatives de rapport de forces qui frisaient les atteintes au droit commun, dans l'espoir d'attirer l'attention des médias. Bernard Thibault devait être à la plage, comme les autres dirigeants syndicaux. «Thibault n'est jamais venu, on n'a jamais eu un appel», a encore expliqué le chef des Conti.


Jean-Pierre Delannoy, le nouvel outsider

Un autre homme a pris le relais. Encore un dur. Ouvriériste. Jean-Pierre Delannoy, le secrétaire régional de la CGT Métallurgie pour le Nord-Pas-de-Calais. Un «lutteur de classe», comme l'écrit le site de La Voixéco.

Irrédentiste de conceptions sociales considérées à peu près partout comme caduques, pour avoir assez montré leur inefficience. Cet ancien de chez Bombardier, militant de tous les combats nordistes, influencé par un prêtre ouvrier communiste dans les années 70, a symboliquement déposé sa candidature au poste de secrétaire général de sa confédération. Avec une poignée d'adhérents épars, des unions locales du Nord ou de Rhône-Alpes, il tente de faire accréditer l'idée que le temps est revenu d'un «syndicalisme de classe». «La CGT? Une dérive réformiste à la confédération, répond-il, des technocrates qui s'épuisent en discussions de salons».

«Face à la plus grave crise du capitalisme depuis les années 1920, la seule réponse ne peut pas être la lutte entreprise par entreprise ou des journées d'actions nationales tous les deux ou trois mois, en total décalage avec la réalité des enjeux et la souffrance des travailleurs», écrivent ces adhérents marginaux. A les écouter, «la direction (...) s'enfonce chaque jour davantage dans une stratégie d'accompagnement et d'adaptation au système capitaliste au lieu de le combattre réellement». Il ont même un argument plus virulent, que tous les cégétistes peuvent comprendre: pour eux, la CGT commence à ressembler à la CFDT, chantre de la co-gestion avec le patronat. Peut-être la pire des insultes.


Les dirigeants du syndicat se sentent à l'abri

La direction confédérale n'a rien à craindre. Jean-Pierre Delannoy, à Nantes, ne pourra même pas accéder à la tribune. Il ne fera pas partie des délégués mandatés. En désespoir de cause, il envisage avec ses compagnons de tenir dans la même ville un meeting pendant le congrès. Il n'empêche: c'est la première fois depuis 1948, et la scission avec FO, que le premier dirigeant, à l'aube d'un nouveau mandat acquis d'avance, voit se lever un concurrent de congrès, même de pur témoignage.

A ces contestations larvées, répétons-le, ultra-groupusculaires, comme aux quelques sifflets qui ont salué son intervention, lors de la dernière manifestation parisienne, Bernard Thibault a jusqu'ici répondu par un certain dédain: «il y a des militants qui se la racontent un peu sur le potentiel de mobilisation des salariés», a-t-il lâché. Sans doute. Reste que l'opinion a pu constater, l'été dernier, et cet automne encore, l'absence de toute parole syndicale forte, dans la crise économique. Effectivement, comme s'il était un peu inutile, désormais, de s'élever contre un capitalisme moderne, devenu, lui, plus cynique, par bien des aspects, qu'aux temps reculés de «la lutte des classes». Ce n'est pas le moindre des paradoxes de l'actualité nationale.

Philippe Boggio
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Breaking The Law le Jeu 29 Oct 2009 02:18

Marrant le texte sur les minoritaires de la cegete, comme si malgré tout il fallait sauver l'apparence revolutionnaire de ce syndic de copropriété d'exploitation sociale. En fait depuis plus de 40ans ce syndic comme bcp d'autres ne font que vivre la crise du capitalisme et de la fin de leur pouvoir de controle sociale avec le syndicat patronat. Lorsque ce capitalisme ira au bout de sa crise, il est sur que la cgt ne representera plus rien car elle vit seulement grace au systeme capitaliste. D'ailleurs on peut dire la meme chose des troskistes ou du pcf et autre partis de gauche. Pour eux La " revolution" c'est possible lorsque l'abondance economique ne mine pas trop le morale de leur fonctionnaires de la revolte et encore...
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Antigone le Dim 15 Nov 2009 22:57

Reuters - 04 nov 2009

Face à la crise, Nicolas Sarkozy mise sur les syndicats

PARIS - Face à la crise et à la montée du chômage en France, Nicolas Sarkozy mise sur les relations inédites qu'il a établies avec les grandes centrales syndicales pour désamorcer les tensions sociales.
Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, l'Elysée est devenu le centre névralgique du processus de décision, sous la houlette du très influent conseiller social du chef de l'Etat, Raymond Soubie.

Rompant avec les habitudes de ses prédécesseurs, le président avait reçu les partenaires sociaux dès les premiers jours de son quinquennat, en mai 2007, pour leur proposer de les associer à l'élaboration d'une série de réformes.
Il a multiplié depuis les rencontres avec les dirigeants de la CFDT, de la CGT, de FO, de la CFE-CGC et de la CFTC, séparément, ensemble ou lors de sommets sociaux.

"On n'a jamais vu un président de la République consulter aussi souvent les organisations syndicales en France", souligne Guy Groux, du centre de recherches politiques de l'Institut de sciences politiques de Paris, le Cevipof.
"Il y a une sorte de désacralisation des rapports entre le président de la République et les directions syndicales, ce qui est incontestablement nouveau", ajoute-t-il.
Les responsables syndicaux font état d'échanges "directs" et "sans protocole" avec Nicolas Sarkozy.
Dans un livre qui lui a valu d'être un temps en froid avec l'Elysée, le patron de la CFDT, François Chérèque, raconte les tentatives du chef de l'Etat d'établir une connivence, lors de déjeuners au restaurant ou à sa résidence de la Lanterne.

RAPPROCHEMENT AVEC LA CGT

Mais c'est sans doute avec le leader de la CGT, Bernard Thibault, que Nicolas Sarkozy appelle par son prénom, selon un ministre, que le rapprochement a été le plus spectaculaire.
"Il y a toujours des relations très confiantes avec la CFDT. Mais on a instauré pour la première fois des relations de même nature avec la CGT", explique Raymond Soubie.

Quand ce n'est pas avec Nicolas Sarkozy, c'est avec son conseiller social que les dirigeants syndicaux traitent.
Ce dialogue continu n'a pas empêché le bras de fer de fin 2007 sur la réforme des régimes spéciaux de retraite ou les accusations de trahison de la parole gouvernementale lors de celle de la semaine de 35 heures, début 2008.
Mais à mi-mandat, s'il y a un front sur lequel Nicolas Sarkozy semble pour le moment gagner son pari, c'est celui-là.

Les dirigeants des grandes centrales syndicales disent certes ne pas être "dupes" de ce qui participe à leurs yeux de la stratégie de communication du chef de l'Etat.
Ils n'en apprécient pas moins qu'il ait repris l'idée de la CFDT d'un Fonds d'investissement social, celle de la CGT d'états généraux de l'industrie, ou obtenu que l'Organisation mondiale du travail soit désormais invitée aux sommets du G20.

Les syndicats ont aussi été associés à la mise en oeuvre de l'extension du chômage partiel, pour éviter les plans sociaux, ou au traitement local des restructurations industrielles.
Quitte à crier à la récupération en faisant valoir qu'ils n'ont pas attendu le gouvernement pour signer des accords de chômage partiel dans des entreprises touchées par la crise.

PLUS DURE SERA LA SORTIE DE CRISE

La CGT n'a dit mot lors de la désignation du patron de Veolia Henri Proglio pour prendre la tête d'EDF, si ce n'est pour espérer que son arrivée permettra d'assainir le climat social dans l'entreprise.

Le fait qu'Henri Proglio ait de bonnes relations avec les syndicats a été "un élément" de la décision, confirme l'Elysée.
Les grandes centrales ont-elles indirectement rendu service au chef de l'Etat en canalisant l'expression des salariés lors des journées de manifestations de janvier, mars et mai ?
Une thèse rejetée par François Chérèque : "Je sais très bien que certains essayent de distiller l'idée dans l'opinion qu'on aurait organisé des manifestations pour empêcher les gens de se révolter. C'est une galéjade", a-t-il dit à Reuters.
Le président de la CFE-CGC, Bernard Van Craeynest, n'est cependant pas loin de penser qu'il y a "une forme de cogestion des risques d'explosion liés à la crise".

Raymond Soubie se félicite, lui, de ce que les syndicats aient eu "depuis le début de la crise un comportement totalement responsable" et qu'ils aient "condamné les extrémistes".
"Il faut comprendre que les syndicats ont besoin d'occuper le terrain contestataire. C'est une de leurs missions et s'ils ne l'occupaient pas, d'autres le feraient", souligne-t-il.

L'Elysée et la plupart des dirigeants syndicaux n'en récusent pas moins toute idée de "cogestion", terme qui renvoie aux relations entre patronat et syndicats allemands et reste tabou dans le monde syndical français, où il est associé à celle de compromission avec le pouvoir politique.
Tous s'accordent en tout cas à prédire une sortie de crise plus dure à gérer pour le chef de l'Etat que la crise elle-même.
Nicolas Sarkozy "en est conscient, j'en ai discuté avec lui", souligne le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, dont le témoignage recoupe celui d'autres dirigeants.
"La crise calme les ardeurs et il y a en France un système d'amortisseurs sociaux qui fonctionne", estime pour sa part un ministre. "Mais quand les bonus flamberont et quand la bourse remontera, les syndicats retrouveront leur vigueur."
Vincent Kessler
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede leo le Dim 29 Nov 2009 13:27

Thibault à Sarko : «Donnez- moi quatre jours, je vous promets la reprise du travail.»

Thibault, le réformiste

Le leader de la CGI sera réélu, début décembre, pour un dernier mandat Paradoxalement, il a installé une relation de confiance avec l'Elysée de Nicolas Sarkozy. Il a aussi profondément changé la culture de la première centrale syndicale française

Sarkozy, au moins, il a des c... Il défend l'industrie française !» Cri du coeur d'un parlementaire sarkozyste pur sucre ? Pas du tout ! Cet éloge émane d'un très proche de... Bernard Thibault, le leader de la CGT, qui, le 7 décembre à Nantes, va ouvrir le 49e Congrès de la centrale syndicale. Thibault va bien sûr être réélu pour trois ans à la tête du premier syndicat français. Mais ce devrait être son dernier mandat : il compte ensuite «faire monter» Frédéric Imbrecht, le leader de la Fédération de l'Energie. Ca tombe bien : ce serait Imbrecht qui - en 2004 - aurait donné à un Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, le «goût» de la CGT, au moment de l'ouverture du capital d'EDF...
Hé oui. Il semblerait que l'arrivée de Sarkozy à l'Elysée ait installé une version moderne des «gaullo-coco», le mythique attelage gaullistes- communistes d'après la Seconde Guerre mondiale. Bernard Thibault, le héros des grèves des transports de 1995, qui a 50 ans aujourd'hui, ne nie pas le réchauffement : «Pour Sarko, tous les sujets passent par des relations personnelles. Mais il y a longtemps que j'ai épuisé mes capacités d'influencer ses décisions !» Pour Raymond Soubie, le conseiller social du chef de l'Etat, «ils ont, certes, tous les deux un penchant pour l'industrie. Mais au plus le président tient tout simplement compte du principe de réalité qui fut sous-estimé dans le passé : la CGT est la première organisation syndicale française. L'équilibre est rétabli». Si François Mitterrand n'avait pas de syndicaliste préféré, de fait, le chouchou de Jacques Chirac, c'était Marc Blondel, à l'époque secrétaire général de FO. Blondel, la bonne chère, les bonnes bières. Et le préféré de son Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ? François Chérèque, le numéro un de la CFDT, le réformiste. Longtemps après la chute du mur de Berlin, ces deux hommes politiques de droite continuaient à se méfier de la CGT, historiquement trop proche des communistes.



Les signes de cette entente paradoxale abondent. Souvenez-vous de la grève des cheminots, à l'automne 2007. Le président Sarkozy décide de réformer les régimes spéciaux de retraite de la SNCF, de la RATP et des électriciens-gaziers. Il veut, en 2012, faire passer de 40 à 41 le nombre d'années de cotisation. La grève éclate à la mi-octobre. Prévue pour 24 heures, elle dure. Le secrétaire général de la CGT ne sait comment arrêter ses troupes. Didier Le Reste, un «dur», responsable de la Fédération CGT des Cheminots, est embêté : il a peur de la concurrence de SUD-Rail. Thibault se rend à l'Elysée, où Sarkozy lui répète qu'il ne cédera pas. Thibault lui dit en substance : «Donnez- moi quatre jours, je vous promets la reprise du travail.» Son entourage doute, mais Sarkozy croit à cet engagement. Thibault propose alors un deal à Xavier Bertrand, ministre du Travail : si les négociations ont lieu entreprise par entreprise, en présence d'un représentant de l'Etat, le mouvement cessera. Marché conclu. Et, après quelques hoquets... le travail reprend effectivement. Le numéro un de la CGT vient d'entrer définitivement dans le clan des réformistes !

Recherche de compromis

Autre épisode : à la rentrée 2008, Nicolas Sarkozy reçoit à l'Elysée l'ensemble des syndicats. Il serre longuement la main de Bernard Thibault, lui demande s'il a passé de bonnes vacances. Mais il passe devant François Chérèque comme s'il ne l'avait pas vu. Sarkozy n'a pas du tout apprécié le livre que le leader de la CFDT vient de publier (1). Dans cet ouvrage, Chérèque révèle que le président de la République lui a proposé une amnistie, quelques semaines après le scandale de l'UIMM, Il faudra toute l'habileté de Raymonde Soubie pour ramener son patron à de meilleures intentions. Plus récemment, le choix d'Henri Proglio, le président de Veolia, pour remplacer Pierre Gadonneix à la tête d'EDF s'est fait avec l'appui de Bernard Thibault. La CGT émettait des critiques sur les acquisitions internationales de l'électricien.



Cette propension à réformer la centrale, à chercher des compromis sur les grands sujets, faisait bien partie du mandat de Bernard Thibault quand son prédécesseur Louis Viannet lui passe le relais, en 1999. Mais la stratégie n'allait pas de soi pour cet homme au parcours étonnant. Enfant, le jeune Bernard ne lit pas les journaux. Son père est bûcheron à la Ville de Paris, sa mère élève ses trois enfants. Le week-end, il bricole son Solex. A 16 ans, il entre dans un centre d'apprentissage de la SNCF. Pas rebelle pour un sou. Ce n'est qu'en 1977 qu'il s'encarte à la CGT : un vieux syndicaliste est harcelé par un petit chef, ce qu'il ne supporte pas. Moins de vingt ans plus tard, il portera pendant trois semaines la grève lancée par les cheminots (sauf les cédétistes) contre la... réforme des régimes spéciaux de retraite voulue par Alain Juppé. C'est la grève historique de décembre 1995 qui finit par faire reculer le Premier ministre.
Ce pragmatisme est davantage dans les gènes de l'autre grande centrale. «Thibault fait ce que la CFDT a décidé avant lui, et il s'y tient. Et je pense qu'il s'y tiendra, estime Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT. Le problème, c'est l'évolution nécessaire des structures de la CGT. Et ça, je ne sais pas comment il s'y prendra.» Bernard Thibault, lui, est serein. «Aujourd'hui, affirme-t-il, nous sommes dans le vrai. Nous n'avons plus de crise identitaire.» Pourtant, la contestation interne a été bruyante ces derniers temps. Il y a eu Xavier Mathieu, responsable cégétiste de Continental, qui - déçu du faible soutien de la centrale - a traité son secrétaire général de «racaille»... Et aussi Jean-Pierre Delannoy responsable de la CGT Métallurgie du Nord-Pas-de-Calais, opposant de toujours à la ligne réformistes, qui, pour la première fois, se présente à Nantes contre Thibault.
Pas de quoi affoler le numéro un. «Le syndicalisme à la «Conti» n'est pas le nôtre, explique le secrétaire général. Dans une négociation, notre premier objectif n'est pas d'obtenir la prime de départ la plus importante.» Il reste cependant beaucoup à faire, concède Thibault : «Nous n'avons toujours pas atteint le million d'adhérents E nous faut conquérir les jeunes, leur parler vrai» Autre objectif majeur : favoriser l'unité d'action pour parvenir au «syndicalisme rassemblé». Depuis quelque temps, on voit souvent Thibault et Chérèque bras dessus, bras dessous. Finies les fâcheries de 2003, quand le numéro un de la CFDT signait seul l'accord sur les retraites de François Fillon, alors ministre du Travail. Les retrouvailles ont été scellées en août 2008, avec l'accord sur la représentativité des organisations syndicales.
Le congrès de Nantes doit, enfin, s'attaquer à la question des structures de la CGT. Le nombre des dirigeants va être considérablement réduit. Ce qui signera le départ de piliers historiques comme Jean-Christophe Le Duigou, le monsieur «retraites», et Maryse Dumas, la madame «emploi». Thibault installe la relève avant de passer la main.

(1)«Si on me cherche...», avec Car oie Barj on, Albin Michel.

Longtemps Force ouvrière et son secrétaire général André Bergeron ont été les interlocuteurs privilégiés des présidents de la République comme de Gaulle, Pompidou ou Giscard d'Estaing.

Le chouchou de Jacques Chirac, c'était Marc Blondel, le patron de FO, avant qu'il ne lui préfère Nicole Notât à la suite des grèves de 1995.

Martine Gilson
Le Nouvel Observateur


http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/paruti ... 3629-.html
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Polack le Lun 30 Nov 2009 12:38

Antigone :
En marge de ce débat, Presse-Océan a publié un article hier qui rapporte ce que va coûter le congrès confédéral qui va avoir lieu à Nantes du 7 au 11 décembre.
Le budget prévisionnel a été estimé à 2,9 millions d'euros. Il bénéficie de subventions permises dans le cadre de la loi de 2002 dite de "modernisation du dialogue social". C'est à ce titre que la Région a voté une aide de 150 000 € et le Département une contribution de 60 000 €.
2 000 personnes sont attendues chaque jour pendant cinq jours , mais 1000 délégués seulement, soit 580 euros par délégué et par jour ! On ignorerait encore si ce budget comprend les hébergements et les transports, en général pris en charge par les structures des délégués...
Le trésorier national, Michel Doneddu, qui était interrogé à ce sujet, assurait que: « Tout cela se fait dans un cadre complètement transparent. Les comptes des organisations syndicales sont les plus contrôlés de notre pays », « Avec cet événement, il y aura des retombées économiques importantes dans tout le département. Ces subventions sont donc légalement justifiées, économiquement justifiées, socialement justifiées et politiquement justifiées ».

La grogne serait en train de gagner les militants qui rapprocheraient ces sommes pharamineuses avec l'absence de soutien constaté face à la répression qui, entre autre, a touché "les Contis", potentiellement condamnés à 63 000 euros (somme dérisoire à côté de ce que va coûter le congrès).


J'avais pas lu ça... c'est assez édifiant. Alors je le remet là et je fais remonter.
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Nico37 le Mar 1 Déc 2009 19:36

Un cégétiste élu secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats
Source: Les Echos

Il y a un peu plus de onze ans, la CGT votait l'adhésion à la Confédération européenne des syndicats, l'organisation concurrente de la Fédération syndicale mondiale, d'obédience communiste, qu'elle avait quitté quelques années plus tôt. Cette décision avait donné lieu à un affrontement avec les conservateurs de la CGT. A l'époque, personne n'aurait osé imaginer qu'un cégétiste accéderait au poste de numéro deux de la CES. C'est pourtant ce qui va se passer aujourd'hui. Le cheminot Joël Decaillon (photo DR), ancien membre de la CE et responsable de l'activité Europe et internationale de la CGT, parti à la CES en 1999, devrait en être élu secrétaire général adjoint aujourd'hui, lors de la réunion de son comité exécutif. Sa désignation ne sera pas actée par un congrès, mais fait suite au départ des deux numéros deux de la Confédération européenne, Reiner Hoffmann, retourné dans le syndicat allemand de la chimie, et la Portugaise Maria Helena André, nommée ministre du Travail et de la Protection. Le prochain congrès de la CES aura lieu en 2012.
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