nouveau "Parti de Gauche"

Débats politiques, confrontation avec d'autres idéologies politiques...

Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede fu hsang le Mar 3 Fév 2009 03:49

Nico37 a écrit:
[url=http://forum-anticapitaliste.org/comments.php?DiscussionID=1418&page=1#Item_0]« Front de Gauche pour changer d'Europe
]

merde... camarade a nos pelles ,nous allons transformer l europe :D
sinon c est quoi le but de ce topic??????
bon le npa ça passe encore ils sont marrants !!!!
mais des gens qui ont soutenus a l epoque les reconduites aux frontieres ...desole ça passe pas !!! la j ai vraiment du mal
pourtant je suis assez ouvert ,je discute avec des gens du ps , du pc et tutti quanti mais faire la promo du PG (quoi que tu en dises nico si tu l as mis c est pas pour rien .ces gens ,c est des elus (je te pale pas des militants ) )c est pire que les fafs , style chevenement(ou joxe ) !!!! bref .... qu ils crevent gauche ou droite mais en silence!!!
fu hsang
 

Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 le Mer 4 Fév 2009 14:32

Compte rendu rencontre MRC/Parti de Gauche - janvier 2009


Deux délégations du MRC et du Parti de Gauche se sont rencontrés à notre demande. Jean-Pierre Chevènement, Jean-Luc Laurent, George Sarre, Sami Nair, Catherine Coutard et Marie-Françoise Bechtel composaient la délégation du Mouvement Républicain et Citoyen, Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez, Eric Coquerel, Audrey Galland et Hélène Duclos-Gildas, celle du Parti de Gauche.

Il a essentiellement été question des Européennes. Le Parti de gauche faisant sa proposition du Front de Gauche et le MRC, en retour, nous donnant la primeur d'un texte titré « Position du MRC pour les élection européennes » qui devait ensuite être envoyé aux formations de gauche (PS, PC...). Ce texte se concluant par la volonté du MRC de faire des Européennes « une grande victoire de la Gauche française toute entière ».

L'exposé préliminaire de Jean-Pierre Chevènement a relié cet appel à l'aspiration du MRC, déjà claire depuis des mois, de travailler à une formation unique de toute la gauche. Il s'agit pour le MRC d'intégrer dans le même parti les socialistes mais aussi des courants historiques de la gauche comme le PCF ou les Républicains de gauche ce qui permettrait, selon eux, de refonder la gauche sur des bases plus à gauche, en rupture avec le néolibéralisme et avec la ligne empruntée par la social-démocratie depuis le tournant de 1983. De fait le MRC propose un texte effectivement porteur d'une vision sociale de l'Europe en rupture avec les dogmes véhiculés par les différents traités européens. Mais si ce texte souligne « les menaces et les contradictions dont le traité de Lisbonne est porteur », il fait l'impasse sur la nécessité de rompre radicalement avec lui.

Le parti de Gauche a souligné la contradiction de proposer un projet pour une autre Europe, de dénoncer les traités antérieurs dont le Traité Constitutionnel européen tout en proposant une alliance à un parti qui en a été non seulement le défenseur dans la gauche française mais le revendique encore puisque le projet du parti Socialiste présenté par Martine Aubry fait référence au Manifesto qui lui-même valide le Traité de Lisbonne. Pour le PG, il est illusoire de penser que le PS modifiera son cap parce qu'il signerait un texte commun s'engageant pour une Europe plus sociale, ce dernier a déjà porté ce type de revendications par le passé qui ne coûtent rien quand, ensuite, dès qu'il est au pouvoir il signe des traités qui imposent l'inverse ou les promeuvent quand il est dans l'opposition ! Pour le PG, il n'est donc ni possible, ni souhaitable de s'allier avec le PS non seulement parce que cela supposerait de faire l'impasse sur le mot d'ordre « refus du Traité de Lisbonne » mais parce qu'aux européennes le moment est venu de clarifier la situation entre les deux lignes qui fracturent la gauche en France et en Europe - celle de l'accompagnement du libéralisme et celle du refus de la logique du système capitaliste dominant. C'est nécessaire, utile et possible car le référendum sur le TCE a démontré que le rapport de force dans l'électorat, qui plus est celui de gauche, pouvait être favorable aux forces qui se sont retrouvées sur le non de gauche. Il est donc possible à la fois battre la droite et changer la donne à gauche. Et cette possibilité sort sans doute renforcée par la crise capitaliste qui confirme l'ineptie de la politique actuelle de l'Union Européenne. Mais cette victoire n'est possible que si l'unité de toutes les forces de gauche qui sont claires sur ce point se réalise. Le MRC a évidemment toute sa place dans le Front de Gauche en cours de constitution que le Parti Communiste Français et le Parti de Gauche ont commencé à initier et qui est ouvert à tous.

Les représentants du MRC expliquent qu'ils ne font que commencer le tour de table. Vis-à-vis du Front de gauche, ils exposent leurs interrogations : quelle ligne politique la nouvelle direction du PS va-t-elle emprunter ? Par le passé, notamment aux élections européennes de 2004, le MRC a privilégié une alliance avec le PCF et à chaque fois ce parti n'a pas été jusqu'au bout de ses intentions unitaires avec eux. Jean-Pierre Chevènement s'interroge également sur le caractère décisif de ces élections. George Sarre insiste cependant pour que le PG fasse une proposition concrète rapidement. Surtout la délégation du MRC explique que la discussion au sein de leur parti ne fait également que débuter. Les réactions sensiblement diverses de membres de leur délégation sur la proposition du Front de Gauche le confirment. C'est son CN de février qui devrait trancher. Jean-Luc Laurent conclue en expliquant que c'est pour le moment « ni oui, ni non ».

Compte rendu élaboré par Eric Coquerel, SN chargé des relations extérieures et unitaires.
Nico37
 

Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede willio le Mer 4 Fév 2009 20:15

Ce parti t'intéresse tant que ça Nico ? :lol:
Je sais que t'es fan du postage massif de communiqués/comptes-rendus, mais là j'en vois pas vraiment l'intérêt. C'est quoi le but ?
Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Et bien ! vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande.
Anselme Bellegarrigue
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 le Mer 11 Fév 2009 00:44

Premiers enseignements du congrès du NPA
Lundi, 09 Février 2009 14:22

Dès sa fondation, le Parti de Gauche n'a pas caché l'importance qu'il accordait au congrès fondateur du NPA. Ce dernier clôturait en effet ce week-end un cycle de congrès susceptibles de dessiner une nouvelle donne dans la gauche française. La crise du système capitaliste, et les périls qu'elle révèle toujours plus crument, n'a fait que renforcer l'importance de ces rendez-vous politiques. Les congrès du PCF en décembre et du PG fin janvier ont joué leur rôle en donnant corps au Front de Gauche pour changer d'Europe. Plusieurs mouvements politiques ont depuis dit leur intérêt pour cette construction. Dans le même temps, NPA, PCF et PG ont, avec sept autres mouvements, tenu à soutenir les mobilisations sociales, à commencer par la grève interprofessionnelle du 29 janvier, en signant un texte comprenant un ensemble de mesures pour l'emploi, les salaires, une autre répartition des richesses et contre les licenciements. Deux cadres unitaires qui illustrent notre conception d'un Front politique permanent contre la droite, à la fois dans la rue et dans les urnes. Acteur évident du Front social tel que l'a dessiné l'appel « Ce n'est pas à la population de payer la crise », le NPA allait-il répondre de la même manière à notre proposition de forger avec nous le Front de Gauche aux Européennes ? Tel était pour nous l'enjeu principal de ce congrès fondateur comme en ont témoigné « l'adresse au Front de Gauche » adoptée lors de notre propre congrès et le message que nous avons envoyé à ses délégués.

Premier constat : ceux qui nous disaient depuis des semaines que le NPA allait balayer d'un revers de main cette proposition en sont pour leurs frais. L'unité des forces disponibles pour rompre avec la logique capitaliste aux élections européennes, et plus précisément le Front de Gauche, ont constitué l'enjeu principal des débats de ce congrès. La conclusion n'est pas non plus celle que ces observateurs attendaient... Certes, l'amendement à la résolution européenne la plus proche de la logique dessinée par le Front de Gauche a été rejeté, mais le texte majoritaire s'est finalement infléchi vers une ligne plus unitaire que prévu puisque le NPA se dit prêt à « explorer immédiatement » un accord durable, y compris pour les élections européennes. Il n'y a donc plus d'obstacle à la réunion conjointe que nous allons proposer au NPA avec le PCF dans les jours à venir afin d'étudier les conditions qui rendraient possibles un tel rapprochement.



Mais nous voulons poursuivre ce dialogue avec la méthode qui est la nôtre depuis que nous œuvrons à cette alliance : sans mise au pied du mur, fraternellement, mais avec franchise et transparence. C'est pourquoi nous disons qu'à côté des ces points évidemment positifs, ce congrès fondateur a également envoyé des messages plus inquiétants quant à l'issue de notre démarche unitaire. Nous n'avons pas vécu comme de bons signes, même si ils ont été minoritaires, plusieurs interventions très sectaires qui ont fleuri dans la commission Europe du samedi matin, ni la volonté évidente de faire disparaitre plusieurs des animateurs les plus importants de la sensibilité « unitaire » de la première instance de direction pourtant large du NPA.



Mais l'essentiel est que l'unité aux Européennes reste à priori envisageable pour le NPA. Nous aborderons donc les discussions avec ce parti avec la ferme volonté de parvenir à un terrain d'entente. Et donc avec l'espoir que certains des points contenus dans la « résolution Européennes » et qui définissent le « cadre » de l'unité pour le NPA soient des propositions pouvant évoluer et non des conditions prétextes placées là pour justifier à l'avance l'échec de la démarche. Il est vrai que la question de la sortie du « nucléaire », seule mesure aussi précise soumise dans ce cadre, interroge : si elle n'est pas du ressort de la politique de l'Union Européenne, on sait par contre qu'elle constitue un des points de divergence le plus évident entre les forces susceptibles d'intégrer le Front. Tout comme le préalable d'un accord durable dépassant le cadre des prochaines élections - une méthode qui n'a jamais été utilisée par la LCR - pour intégrer les échéances des régionales. Nous avons évidemment lu la volonté d'indépendance vis-à-vis du PS qui va avec. Si elle consiste à refuser de participer à un gouvernement ou tout autre exécutif dominé par ce parti et appliquant son programme social-libéral, nous pourrons alors mettre en débat les conditions pratiques qui permettraient d'avancer. S'il s'agit de définir à l'avance cette indépendance comme un principe, quelque soit le cas de figure et quelque soit le rapport de force, cela risque fort d'annihiler toute chance de rassembler un jour une majorité de gauche sur un programme clairement en rupture avec la logique capitaliste. Or, si nous sommes bien sûr convaincus que placés à la tête d'un gouvernement nous ne pourrions appliquer une telle politique de rupture sans mobilisation sociale le soutenant, nous ne connaissons pas d'autre voie que celle du suffrage universel pour y accéder démocratiquement.
Nico37
 

Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 le Dim 8 Mar 2009 14:43

Raoul Marc Jennar (NPA)

L’effet Mélenchon : jusqu’où ?
Il n’est pas difficile de comprendre la satisfaction que ressentent bien des gens lorsqu’ils apprennent qu’une personnalité du PS quitte ce parti sur une posture de gauche. Une telle démarche a été attendue depuis si longtemps, surtout s’agissant d’un acteur politique exprimant avec talent les valeurs de gauche, qu’elle suscite une sorte d’engouement. Enfin ! pensent beaucoup. Et cela les comble, tant les postures suffisent, aujourd’hui, à emporter les adhésions. « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas » aurait dit Voltaire. On ne fera donc pas grief à Mélenchon d’avoir changé, même si, en dépit de sa marginalité au sein du PS, il a avalé toutes les couleuvres néolibérales de ce parti depuis 1983, y compris la synthèse du Mans qui effaçait le « non » de gauche au TCE dont, pourtant, il fut un défenseur éloquent. On le fera d’autant moins que son geste contribue à désacraliser une des pires dérives de la gauche : la primauté du parti sur ses raisons d’être. Le culte quasi religieux du parti, entretenu par quasiment toutes les églises de la gauche, inspirées par Lénine ou par Blum, explique pour une grande part que furent acceptées toutes les dérives, staliniennes, social-démocrates ou néolibérales. Je me réjouis de voir le NPA inscrire dans son texte fondateur qu’un parti politique n’est pas une fin en soi, mais seulement un outil pour réaliser des objectifs. Mais suffit-il de créer un nouveau parti pour rester cohérent avec des valeurs et des principes ? N’est-ce pas d’ailleurs le procès que font au NPA tous ces petits groupes qui invoquent bruyamment l’indispensable unité et nous accusent de sectarisme après s’être eux-mêmes structurés en entités autonomes et jalouses de leur autonomie ? Procès auquel nous répondons en affirmant que la valeur d’un choix politique se détermine par son contenu, les luttes auxquelles on participe pour l’exprimer et les stratégies qu’on adopte pour le mettre effectivement en oeuvre. C’est la raison pour laquelle au-delà des formules incantatoires sur l’indispensable unité à la gauche du PS, ce qui importe, c’est que soit précisé le contenu du projet de ce qu’on appelle, selon la formule de Pierre Bourdieu, « la gauche de gauche ». Et c’est là que, pour ma part, j’attends les signataires de l’appel de Politis, les CUAL, les « unitaires » de différents partis et le PdG de Mélenchon : - contre le capitalisme ou contre le néolibéralisme qui n’est qu’un moment de l’évolution du capitalisme ? Sur ce point, force m’est de constater que rares sont les structures politiques à la gauche du PS qui dénoncent le capitalisme comme tel. C’est d’ailleurs le discours contre le néolibéralisme qui a soudé le « non » de gauche au TCE. Pas une remise en cause radicale du système. Or, il est manifeste que le capitalisme est à l’origine à la fois de la question sociale et de la question écologique ; - contre le productivisme ou simplement pour diminuer les excès de nos modes de consommation ? Est-on prêt à aller jusqu’au bout de l’analyse et accepter cette réalité selon laquelle il n’y a pas de sortie du productivisme sans sortie du capitalisme ? Il n’y a pas de remise en cause des modes de consommation sans contrôle de la production. Aujourd’hui, ceux qui décident de ce qui est produit décident de ce qui est consommé. Une critique du mode de consommation se réduit à de l’incantation et ne conduit qu’à une impasse si elle n’implique pas une critique des finalités et des modes de production ; - contre les causes des nuisances ou seulement contre les nuisances ? Il n’y a pas d’arrêt aux nuisances, à l’exploitation du vivant, à la dégradation de la biodiversité et à l’épuisement des ressources naturelles sans passage d’un système fondé sur la valeur d’échange à un système fondé sur la valeur d’usage. Le système actuel ignore le coût des usages qu’il fait des ressources et des écosystèmes. Invoquer l’écologie sans remettre en cause ceux qui sont à l’origine des maux qu’on dénonce et les logiques qui les animent, c’est réduire l’écologie à un argument électoral. C’est faire du capitalisme vert. C’est refuser une solution durable aux problèmes écologiques. On ne peut pas être écologiste et accepter le capitalisme ; - pour le nucléaire ou pour les économies d’énergie et les énergies alternatives ? PS et PCF ont soutenu inconditionnellement le tout nucléaire français qui implique une société sécuritaire, qui nous a fait perdre des dizaines sinon des centaines de milliers d’emplois dans le secteur des économies d’énergie et des énergies alternatives (l’Allemagne et l’Autriche nous le prouvent) et qui compromet gravement l’avenir des générations futures. Ce ne sont pas les formules ambiguës de la phraséologie des 125 propositions qui offrent à cet égard un choix clair et des certitudes sur les engagements ; - contre le nucléaire militaire et pour la sortie de la France de l’OTAN ou le refuge dans des formules qui laissent le choix aux autres et permet de ne pas en faire ? Sur ces questions majeures, les 125 propositions n’apportent pas davantage de réponse claire ; - pour une Europe puissance érigée en forteresse ou pour une Europe solidaire et ouverte ? Là aussi, on est en droit d’exiger des choix clairs de la part de gens qui n’ont pas remis en cause les lois Pasqua lorsqu’ils en ont eu l’occasion et qui, au contraire, les ont renforcées. C’est le gouvernement PS-PCF-Verts qui a donné une base légale au fichier créé en toute illégalité par Pasqua ; - pour le centralisme et l’impérialisme culturels ou pour la diversité des langues et des cultures en France, en Europe et dans le monde? L’hostilité de Mélenchon à la diversité culturelle, son refus de voir la France ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires justifient que la question soit posée ; - pour la construction d’une véritable alternative de gauche ou pour la préparation d’une simple alternance ? La question de la stratégie est centrale si on veut éviter de construire des coalitions qui, une fois arrivées au pouvoir, se résignent au « principe de réalité ». Et caricaturer cette exigence en la qualifiant de « posture protestataire » n’est pas une manière satisfaisante de répondre aux problèmes que pose le pouvoir. Certes, « se refuser à toute idée de pouvoir, c’est finir par s’accommoder de celui qui est en place » (O. Besancenot, préface à Evolution et révolution d’Elisée Reclus, 2008), mais le pouvoir n’est pas une fin en soi pour celles et ceux qui refusent de confondre engagement politique et activité professionnelle. L’accès au pouvoir ne peut déboucher sur la transformation que s’il s’accompagne d’un surgissement populaire puissant, comme 1936 nous en a fourni un exemple d’ailleurs incomplet. La liste est longue des questions majeures qu’il faut clarifier faute de quoi l’incohérence d’un projet ne permettra pas de construire une unité durable et ne servira qu’à faire illusion le temps d’un scrutin, fut-il européen. RMJ
Nico37
 

Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 le Mer 22 Avr 2009 00:02

Entretien avec Jean-Luc Mélenchon dans le Magazine La décroissance Lundi, 20 Avril 2009

1) Que pensez-vous des idées de la décroissance et d'antiproductivisme ?

Je n'ai jamais cru que la croissance du PIB était une mesure neutre. Dans les années 1970 cet indicateur faisait déjà l'objet de rudes critiques pour son indifférence au contenu social de la production et de l'échange. Plus tard, je crois avoir vite compris qu'il n'était guère pertinent non plus pour mesurer le degré de développement humain. Dès 1991, dans mon livre «A la conquête du Chaos» je propose que l'action gouvernementale soit pilotée sur la base de l'indicateur de développement humain que le PNUD venait de mettre au point, en intégrant les objectifs du «développement durable», sur la base d'une lecture du rapport de madame Brundtland que j'avais faite dans une édition canadienne ! Ces concepts furent introduits dans le texte de congrès de la «gauche socialiste» que j'avais rédigé pour le congrès de Bordeaux du PS en 1992. Au conseil général de l'Essonne j'ai ainsi rendu majoritaire un temps l'idée de bâtir les politiques sectorielles à partir d'un indicateur de ce type. Pour autant, je ne crois pas non plus que le mot d'ordre de décroissance suffise à rendre compte de l'ensemble des nécessités de rupture dans notre mode de développement. Mais j'admet la force d'interpellation du terme et donc son contenu heuristique. Je suis donc attentif à ce que les points de vue exprimés sous cette terminologie ne soient pas éliminés du débat ou de ma propre réflexion.

Notez que dès ses premiers pas le Parti de Gauche a affirmé sa volonté de rompre avec le productivisme. Nous ne sommes pas d'accord pour continuer à proposer de produire n'importe quoi, n'importe comment, en créant des besoins qui n'existent pas, en fabriquant des surproductions que l'on étanche ensuite par de la dette privée toujours augmentée, alors que les besoins sociaux et culturels élémentaires du plus grand nombre ne sont pas couverts.

Nous avons donc entrepris notre bifurcation idéologique. Le Parti de gauche est, à sa manière républicaine un parti partie prenante de l'écologie politique. Non dans le but de prendre des voix aux partis écologistes. Notre ambition est plutôt d'étendre notre compréhension de la réalité de notre temps et de radicalement changer la société, la production et les modes de consommation. On ne peut le faire sans penser l'humanité dans son écosystème. Je veux indiquer qu'avec nous, arrive une nouvelle forme de l'approche écologique, l'écologie républicaine. Celle-ci formule l'idée qu'il existe un intérêt général commun à tous les êtres humains : la protection et la culture de l'environnement et de l'écosystème qui rend la vie humaine possible. Cet intérêt général est fondateur d'une légitimité de la contrainte légale au nom de la maintenance vitale de l'écosystème. Cela signifie qu'une classe étendue de domaines entre dans le champ de l'action politique, de la délibération et de la loi. En même temps, dans la mesure où le thème entre dans le domaine de la délibération raisonnée, cela exclut bien sûr les approches écologiques de type millénariste ou mystique. Non seulement l'écologie politique ne nous paraît jouable qu'au prix de la laïcité de l'espace public mais j'ajoute que je ne partage pas les a priori contre les sciences, les techniques et l'idée de progrès du savoir que professent certains écologistes que j'ai pu rencontrer. Il s'agit ici d'une écologie des lumières si je peux me permettre cette expression. Je persiste donc à penser que la solution de nos problèmes est dans l'extension des savoirs et le renouvellement des techniques autant que dans la seule prise de conscience de la nécessité de vivre autrement. Enfin, nous nous distinguons aussi d'une partie des écologistes en ceci que nous avons la ferme conviction qu'on ne sortira pas de la crise écologique sans rupture avec le capitalisme. Un certain environnementalisme qui postule l'écologie comme « ni de droite ni de gauche », incarné aux élections européennes par les listes de Cohn-Bendit, est encore plus illusoire aujourd'hui qu'hier. Car le lien est désormais manifeste entre la nature capitaliste du mode actuel de développement et la gravité de la crise écologique.

2 ) Seriez-vous prêt à défendre des revendications comme l'abandon des programmes autoroutiers, le démantèlement des grandes surfaces, l'interdiction de la publicité à l'école ou l'adoption d'un revenu Maximum autorisé... ?

J'ai déjà défendu certaines de ces idées de longue date. Je pense en particulier à l'interdiction de la présence de la publicité à l'école que j'ai décidée comme ministre de l'enseignement professionnel, par exemple en interdisant le jeu boursier du CIC « les Masters de l'économie » dans les filières professionnelles et de BTS. Au-delà de l'école, je suis favorable à une décontamination publicitaire de l'espace public. En marchandisant l'espace public, la publicité le privatise et le met au service des intérêts de quelques uns, les firmes capitalistes, qui imposent leurs messages à tous. C'est pourquoi les mouvements antipub, injustement criminalisés, contribuent à défendre l'intérêt général. Derrière l'invasion publicitaire c'est la question d'une laïcité étendue qui est posée. Le mercantilisme qui enferme les populations dans la domination des marques et creuse les inégalités est une forme de communautarisme tout aussi dangereuse que l'ethnicisme, l'intégrisme religieux ou le régionalisme. C'est aussi un enjeu de partage des richesses car la publicité est devenue dans certains secteurs une source d'immense gaspillage financier, je pense par exemple aux télécoms, au détriment de la satisfaction des besoins élémentaires du plus grand nombre. Je crois de plus que l'idée même de publicité doit être interrogée. Comment ne pas voir sa place centrale dans la production méthodique des frustrations qui sont à la base de l'extension du productivisme et fournissent l'implicite légitimité de sa domination. Intellectuellement lié au stoïcisme, je me fais un devoir de vous citer Sénèque pour appuyer ce constat moderne: «les besoins naturels sont bornés. Ceux qui naissent d'une opinion fausse n'ont pas où s'arrêter; le faux en effet n'a pas de limite». Ainsi en va-t-il selon moi des désirs fabriqués par la publicité.

Quant au revenu maximum autorisé, le Parti de Gauche en a formulé sa propre déclinaison parmi les 29 mesures d'urgence face à la crise adoptées lors de notre congrès de Limeil Brévannes le 1er février. Nous sommes pour imposer un écart maximum de 1 à 20 entre les plus bas et les plus hauts salaires dans chaque entreprise. Même si nous sommes aujourd'hui le seul parti parlementaire à défendre ce plafonnement des hauts revenus, je pense qu'il s'agit d'une revendication sociale et démocratique qui peut emporter l'adhésion du plus grand nombre. Et d'un levier important de partage des richesses.

Les programmes autoroutiers et les grandes surfaces posent notamment la question du tout automobile dans nos modes de vie. L'automobile devra radicalement changer. Je ne pense pas qu'on pourra complètement s'en passer. Est-ce le même débat si elles prennent leur énergie dans les piles à combustibles et en particulier celles à hydrogène ? Reste que s'impose tout de suite un rééquilibrage urgent et massif entre le routier et le rail. La condition de base pour cela est de stopper la libéralisation ferroviaire actuelle qui est une machine à augmenter le nombre de camions. La relocalisation de la production au plus prés des besoins sociaux sera aussi un levier de long terme pour limiter le routier au strict nécessaire. Quant aux grandes surfaces, je mesure la complexité du sujet avant de trancher. Elles participent d'une logique d'aménagement urbain et d'un système de distribution indissociable du reste du modèle productiviste capitaliste. Il va de soit bien sûr que je suis hostile à leur prolifération sauvage actuellement impulsée par le gouvernement. C'est une fausse réponse à la crise du pouvoir d'achat, tout comme l'obsession du discount qui est une machine à dumping social, sanitaire et environnemental. Pour autant cela ne nous dispense pas d'avoir à dire que la distribution à tous, à prix raisonnable, de produits surs et de qualité pour satisfaire les besoins essentiels n'était pas mieux assurée du temps de la petite boutique du passé! La question d'un autre modèle de distribution n'est pas épuisée par l'hostilité à la prolifération des grandes surfaces.

3) Le PG s'est déclaré contre la construction de la centrale nucléaire de type EPR à Flamanville et pour la sortie du nucléaire. D'un autre côté, vous faites pour les européennes liste commune avec le PC, dont les positions productivistes et nucléophiles sont connus, n'y a t il pas une contradiction politique ? De la même façon quelle est votre position sur la question emblématique des OGM ? Est-ce que cela créé des difficultés avec les positions du PCF ?

Des débats de fond sont ouverts à gauche, notamment sur le nucléaire, entre les partis mais aussi en leur sein. Mais nos divergences ne doivent pas nous faire perdre de vue les objectifs d'intérêt commun que partage aujourd'hui de fait toute l'autre gauche. Reste que le Parti de Gauche a effectivement dénoncé la décision non démocratique de Sarkozy de lancer la construction d'un 2ème EPR à Penly. C'est une surenchère dans la logique du tout nucléaire au détriment de la diversification urgente de nos modes de production d'énergie. La question non résolue des déchets montre qu'y compris avec l'EPR, le tout nucléaire ne donne pas au pays une énergie propre. Il ne permet pas non plus de garantir l'indépendance énergétique puisqu'il nous rend étroitement dépendants des gisements et des cours du principal combustible, l'uranium dont notre sol est dépourvu. De plus, au vu des énormes dérapages financiers de l'EPR soi disant expérimental de Flammanville, il nous semblerait logique de réorienter une partie importante de ces dépenses vers des secteurs socialement utiles et écologiquement responsables. Surtout en plein contexte de crise économique et sociale. Notre parti est favorable à une sortie maîtrisée du nucléaire. Pour ma part je suis certain que nous saurions compenser, avec la géothermie essentiellement, les besoins. Je suis partisan d'un plan de relève énergétique par ce moyen. C'est pourquoi notre parti attache tant d'importance au concept de planification écologique. Gérer la transition d'un modèle a un autre telle est la tache concrète de l'action politique.

Concernant les OGM, face aux risques agricoles et sanitaires aujourd'hui non maîtrisés, le Parti de Gauche défend un moratoire sur leur mise en culture, leur commercialisation et donc aussi leur importation. C'est une position de prudence. Mais je ne lui ferai pas dire ce qu'elle ne veut pas dire. De nombreux camarades pensent que l'accès aux organismes génétiquement modifiés n'est ni pervers, ni mauvais en soi. C'est mon devoir de mentionner leur avis.

4) Vous parlez de "planification écologique", de "volontarisme politique"... Comment ses mots sont perçus dans le climat de dépolitisation ambiant et comment concilier ce souci de planification avec le refus du dirigisme centralisateur ?

Face aux défis de la mutation écologique du mode de production et d'échange à engager, le Parti de Gauche a proposé la mise en œuvre d'une planification écologique. Bien sûr le mot planification est provocateur aujourd'hui. Il a donc une qualité d'interpellation qui nous intéresse. Que veut-il dire au cas précis ? Cela signifie l'organisation à l'échelle qui est celle des problèmes à traiter, celle du long terme d'une transition politique, économique et culturelle. Il s'agit d'organiser de façon démocratique, délibérée et techniquement maîtrisée, la transition du modèle productiviste actuel vers un autre modèle compatible avec la préservation de l'écosystème et la réponse aux besoins sociaux. Selon moi, cette perspective offre une alternative stimulante pour la recherche et l'industrie.

Nous sommes attachés au terme de planification car il pose l'enjeu d'une réorientation globale et radicale de la production, de la consommation et de l'échange. Et la planification, à condition d'être démocratique et porteuse d'implication populaire, peut permettre au peuple de redevenir maître du temps long. Aujourd'hui le temps long de la planète et des populations est dominé par le temps court des marchés, des actionnaires et des médias. La planification écologique doit permettre d'inverser cette domination. L'implication populaire est aussi la condition du succès car les changements de mode de vie induits ne se feront pas sans assumer une nécessaire bataille culturelle de masse face aux normes consuméristes et mercantiles du capitalisme.
Nico37
 

Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Alayn le Mer 22 Avr 2009 00:54

Bonsoir ! C'est quand l'alliance AL/PG ? Pour bientôt. Je vous livre un scoop (arf !)
Salutations Anarchistes !
(Sinon, Grenoble a perdu face à Rennes (1/0)en demi-finale de la Coupe de France-arf !)
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede sebiseb le Mer 22 Avr 2009 10:40

Alayn a écrit:Bonsoir ! C'est quand l'alliance AL/PG ? Pour bientôt. Je vous livre un scoop (arf !)
Salutations Anarchistes !
(Sinon, Grenoble a perdu face à Rennes (1/0)en demi-finale de la Coupe de France-arf !)

Pourquoi "La décroissance" n'est pas affilié à AL ? Je connais même des mecs de la FA qui ont été interrogés par ce mensuel !
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede qierrot le Mer 22 Avr 2009 12:25

Alayn a écrit:Bonsoir ! C'est quand l'alliance AL/PG ? Pour bientôt. Je vous livre un scoop (arf !)
Salutations Anarchistes !
(Sinon, Grenoble a perdu face à Rennes (1/0)en demi-finale de la Coupe de France-arf !)


sans commentaires... :roll:

sinon que dans le même temps et dans un autre topic ("tribunal..."), il se plaint en se posant en victime innocente, et se dit persécuté.
qierrot
 

Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Antigone le Mer 22 Avr 2009 22:28

PG... ça veut dire Parti de Gadgets ?
Ce serait donc une réplique du Parti Radical italien ?... la Chicholina en moins.
Ni rouge, ni noir. Révolutionnaire sans drapeau.
L'Autonomie, ça devrait ressembler à ça
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede conan le Jeu 23 Avr 2009 20:59

A voir les ambitieux qui se bousculent sur le créneau de l'afFront de gauche, on peut aussi se demander q'il ne s'agirait pas d'un nouvel avatar de Pif Gadget ? Avec Buffet dans le rôle de Hercule, et Mélanchon dans le rôle de Pif le chien ? Et les alternatifs dans le rôle du gadget ! On cherche encore Placid et Muzo. Ah, on me signale qu'on les a trouvés parmi les professeurs d'Attac. Bové se propose pour faire Rahan. :lol:
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 le Sam 2 Mai 2009 22:35

M. Mélenchon : "La droite a mis les bottes, les sociaux- démocrates les pantoufles"
LE MONDE | 02.05.09 | 14h38 • Mis à jour le 02.05.09 | 17h44

Toujours en colère contre ses anciens amis du Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon ne cesse de pester contre une gauche trop timide, munie d'un programme en demi-teinte. Le sénateur de l'Essonne, qui a créé son Parti de gauche, entend proposer une ligne de rupture avec le capitalisme, mais via les urnes. Pour lui, la crise économique que traverse le système capitaliste indique qu'"un monde est fini", celui du libéralisme. Candidat du Front de gauche aux européennes, en alliance avec le PCF, il tente d'attirer les électeurs déçus du PS. Et espère faire la différence avec un Olivier Besancenot.

Après un 1er Mai réussi, comment analysez-vous la crise sociale que connaît le pays ? Reflète-t-elle pour vous une colère globale ?
Oui. Mais il faut être lucide sur cette colère. Les gens ont peur de ne pas avoir d'avenir. Ils sont révoltés car ils trouvent que les conséquences de cette crise sont injustes. Mais annoncer tous les jours la révolution, c'est de la manipulation. Il y avait bien plus de violence dans les années 1970. Moi, je vois aujourd'hui un monde qui part en petits morceaux. Et un grand désarroi. Il y a donc une immense disponibilité envers la gauche. Elle est pourtant absente. Voila le drame.

Soutenez-vous la démarche d'Olivier Besancenot qui appelle à une marche nationale des sans-emploi ?
Cela me trouble un peu. Le politique n'a pas à surgir, comme ça, dans le mouvement social, en donnant des consignes. Les syndicats, par leur unité, ont levé le couvercle de la résignation sociale. Notre responsabilité est de lever la résignation politique. Le lien du social au politique n'est pas mécanique. Regardez la Guadeloupe. Ce qu'a fait le LKP est remarquable mais le mouvement social s'est arrêté aux portes du politique. A nous d'offrir une alternative politique plutôt que de faire des surenchères avec les syndicats.

Partagez-vous le pronostic de Dominique de Villepin, celui d'un "risque révolutionnaire" ?
Il voit ça comme un risque ; pour moi, c'est plutôt une chance. Sinon, comment le pays va-t-il sortir du trou noir ? Les gens qui perdent leur travail ont un vécu de bêtes prises au piège ; ils se demandent comment finir de payer la maison ou les études des gamins. Les chefs politiques leur parlent une langue étrangère, tellement loin de la réalité ! Ils se comportent en commentateurs et non en acteurs. La plupart d'entre eux ne sont pas mentalement préparés à cette crise. Ils ont bien vécu les vingt glorieuses du libéralisme. Ils ont du mal à admettre ce qui arrive. Ils sont dans le même état de sidération que celui dans lequel la gauche s'est trouvée après l'effondrement du mur de Berlin : une incapacité à nommer ce qui se passe, à proposer autre chose. Ils ne parviennent pas à comprendre que le monde d'hier est bel et bien fini.

Qui mettez-vous derrière ces "ils" ?
Tous les "importants". Mais d'abord Nicolas Sarkozy. La droite, il faut le reconnaître, a un vrai chef de guerre. Il a le sens des situations de lutte, pense tout en termes de combat, et projette toute son énergie sur un seul objectif : "Profiter de la crise" - ce sont ses mots - pour faire ce qu'il appelle des "réformes structurelles". Il est dans une logique de confrontation sociale. Mais il n'est pas sorti du cadre et sa vision pour la France est très datée : les années Reagan.

François Bayrou annonce qu'il est entré en résistance contre le sarkozysme. Pourrait-il un jour devenir votre allié ?
C'est un homme qui tient tête. Il exprime des valeurs utiles à notre temps. Mais son programme économique est de droite et il ne s'en cache pas. N'oublions pas les leçons de l'histoire : l'illusion centriste a été mortelle pour la gauche partout où elle a été pratiquée en Europe.

C'est un avertissement en direction de vos anciens amis socialistes ?
Ah ! mes amis socialistes. Ils sont toujours entre deux chaises : Martine Aubry est archaïquement sociale-démocrate. Elle vit dans un monde qui n'existe plus : celui du compromis social entre capital et travail dans le cadre de l'Etat nation. Le PS pense que le capitalisme a oublié le social et qu'il suffit d'en mettre un peu pour avoir une société plus juste. Combien de temps cette bulle d'illusions va-t-elle mettre pour éclater ? Quand on vit une récession d'une telle ampleur, on ne peut plus faire croire qu'un petit coup de croissance à l'ancienne suffira à panser les plaies. Je prône l'insurrection civique pour tout changer et organiser la transformation autour de trois axes : la planification écologique, la refondation républicaine et un nouveau partage des richesses.

Dans vos prises de position récentes, vous semblez plus indulgent envers Ségolène Royal...
Ce qui me plaît chez elle, c'est qu'elle cogne. Elle a une forme d'obstination contre Sarkozy qui est plutôt roborative. La gauche ne cogne pas assez, car le parti dominant, le PS, est dans la connivence. Voyez son positionnement européen : des promesses pour une Europe plus sociale incompatibles avec le traité de Lisbonne qu'il soutient comme Sarkozy. Un autre exemple : quand le PS continue à cultiver l'illusion qu'il veut mettre en place une régulation du capitalisme, de quoi parle-t-il ? De l'OMC et du FMI, deux institutions dont le coeur des politiques est le contraire de ce qu'il faut faire !

Vous trouvez la gauche en petite forme face à la droite ?
Hélas, oui. A droite, ils assument la situation, ils se battent. A gauche, le PS est tétanisé. A droite, la relève est flamboyante : Villepin le romantique, Bayrou le Quichotte. La gauche dominante est terne. La droite a mis les bottes, les sociaux-démocrates sont en pantoufles.

L'émiettement de la gauche n'est-il pas une opportunité pour Nicolas Sarkozy ?
Bien sûr que si. C'est la raison pour laquelle j'ai essayé de rassembler ce qu'on appelle l'autre gauche et proposé de bâtir un bloc politique qui assume sa diversité et qui, avec un programme anticapitaliste, essaie de construire une nouvelle majorité politique. Les communistes ont aussi cette vision. Ils ont joué le jeu, pas Besancenot. Le NPA a choisi la voie d'un parti d'avant-garde qui se construit dans la délimitation politique avec le reste de la gauche. Si on avait réussi un rassemblement large, on pouvait espérer passer devant le PS aux européennes et construire un programme de rassemblement de toute la gauche sur une ligne de rupture. Cette perspective est reportée. Mais si, malgré tout, le Front de gauche crée une dynamique et rassemble largement, comme je le vois dans le Sud-Ouest, on aura réussi. Après, mon objectif est de poursuivre ce front, un peu comme Die Linke en Allemagne.

Propos recueillis par Françoise Fressoz et Sylvia Zappi
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Antigone le Dim 3 Mai 2009 08:52

Nico, on va finir par croire que tu as une photo dédicacée de Mélanchon sur un mur de ta chambre...
Ni rouge, ni noir. Révolutionnaire sans drapeau.
L'Autonomie, ça devrait ressembler à ça
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede joe dalton le Mar 5 Mai 2009 17:47

juste une question!
est ce que quelqu'un sait d'ou ils les thunes ? c'est qui les bailleurs de fond ?
parce que le 1er mai, la qualité de leurs autocollants, tracts, etc... ça doit couter bonbon tout ça !
que je sache, en tant que nouveau parti politique, sans elu, il ne vient pas de l'état ! alors qui finance ?
joe dalton
 

Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede kuhing le Mar 5 Mai 2009 18:26

joe dalton a écrit:juste une question!
est ce que quelqu'un sait d'ou ils les thunes ? c'est qui les bailleurs de fond ?
parce que le 1er mai, la qualité de leurs autocollants, tracts, etc... ça doit couter bonbon tout ça !
que je sache, en tant que nouveau parti politique, sans elu, il ne vient pas de l'état ! alors qui finance ?


la mafia russe sans doute :siffle:
kuhing
 

Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 le Mar 5 Mai 2009 20:22

joe dalton a écrit:juste une question!
est ce que quelqu'un sait d'ou ils les thunes ? c'est qui les bailleurs de fond ?
parce que le 1er mai, la qualité de leurs autocollants, tracts, etc... ça doit couter bonbon tout ça !
que je sache, en tant que nouveau parti politique, sans elu, il ne vient pas de l'état ! alors qui finance ?

Evidemment, comme c'est le parti qui l'a fait élire, les élus n'ont pas accès au financement de l'Etat mais traditionnellement les élus reversent une partie de leurs indemnités, au PG, ça fait sans pb 10.000€ mensuels si bien qu'ils ont au mois un (voire plusieurs) permanents. Par ailleurs, ils auraient atteint les 5.000 adhérents (soit près de 100.000€/an). Et puis il y a les dons déductibles des impôts (un peu comme les cotisations syndicales pour les 5 centrales reconnues représentatives) Et les tracts c'est le FdG, donc le PC participe aussi...
Rien d'extraordinaire donc :!:
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede leo le Mar 5 Mai 2009 23:55

Tout ça c’est bien joli mais que faut-il en penser ?

Tout d’abord, ça veut dire au moins une chose : un parti ça sert surtout à produire et à diffuser des textes, des discours, des interviews… Particulièrement en période électorale, car la quasi-totalité des partis n’existent qu’en fonction de cela.

Désolé, mais j’ai du mal à lire tout ça, tant on a l’impression de connaître ces discours par cœur.

Alors quoi le PG et de FdG ? Des dissidents du PS avec une partie des débris du PC…

Pas grand-chose à en penser. Ils veulent incarner une « vraie » gauche, laïcarde, citoyenniste, productiviste (même s’ils se disent écolos, comme tout le monde), une sorte de SFIO maintenue et marxisante avec quelques tiers-mondistes… Pas étonnant qu’ils soient soutenus par Politis, Ignacio Ramonet du Monde Diplo et une certaine intelligentsia de la gauche profonde et historique (et la petite bourgeoisie intellectuelle d’Etat : une partie du milieu enseignant traditionnellement républicaine de gauche).

Ils sont avant tout dans une compétition avec le NPA en essayant de l’affaiblir électoralement, en espérant le marginaliser, afin de mieux exister dans ce qui les motivent stratégiquement : la remise en route d’un projet d’« Union de la gauche » ou de « Gauche plurielle » contre l’autre option dite “sociale-libérale” qui est en gros l’alliance PS-Modem. Mais là-dessus, rien ne dit que l’on aura pas les deux ! Une sorte de Front Populaire nouvelle manière (c’est déjà demandé au PS en interne et ça s’exprime à l’extérieur) qui est, rappelons-le, une alliance gouvernementale du centre et de la social-démocratie, avec le soutien extérieur d’un parti “ouvrier” (c’était le PC en 36, dans notre cas ce pourra être le NPA) et des syndicats, des organisations sociales, associatives.

Dans cette perspective, les PG et FdG font aussi dans l’anti-Sarko primaire, afin d’essayer de se faire remarquer. Et pour ce faire, n’hésitent pas à convoquer les mythes et l’histoire, à entonner les hymnes à la révolution (la fin des privilèges) ou à la résistance (voir cette mouvance appelée Conseil National de la Résistance).
Dans le rapport aux luttes, aux mouvements, il se pose exactement le même problème qu’avec le NPA (et un peu LO), mais aussi le PS : ils se veulent le “débouché politique” aux luttes sociales. Il y a un texte du FdG qui circule et qui s’intitule : « Union dans les luttes, union dans les urnes ». Texte bien répercuté, sur pas mal de sites internet locaux, dans un milieu militant qui est en gros celui de la campagne du « Non » au référendum.
Bref, les partis de gauche vont être de plus en plus présents et vont donc un peu plus parasiter les mouvements, les manifs, les lieux et moments où des milliers de personnes se rassemblent.

Il est certain que la situation sociale actuelle favorise la reformation d’une “gauche“ politique classique, celle des partis, même si le PS est englué dans des problèmes de leadership. Les manifestations syndicales “unitaires” qui se succèdent les unes aux autres, sans perspectives, sans autre contenu qu’exprimer un “mécontentement” (qui traduit pour moi une sorte de mise en commun d’une impuissance ou l’expression passive d’un état entre ras-le-bol et inquiétude) sont le meilleur terrain qui soit pour permettre à une gauche politique de se retrouver, de sortir dans la rue, d’essayer d’exister là et pas seulement dans l’espace aseptisé des médias, de renouer avec une base, une gauche sociale et syndicale qui s’était peut-être un peu éloignée et qui, pour certains, se posaient la question de savoir s’il ne valait pas mieux passer à l’action directe plutôt que d’attendre une perspective politique institutionnelle, classique, connue, familière et donc apparaissant comme évidente.

La discussion (si discussion il y a) sur le PG, le FdG, le PS, le NPA… n’a de sens que si on essaie de leur opposer une “autre” politique, sans partis, sans états-majors, sans la moindre recherche d’un quelconque “débouché politique” dans la sphère institutionnelle de la délégation et de la représentation.

Dire cela, c’est nous renvoyer la question à nous-mêmes : quels peuvent être les contours de cette autre politique ?
Les anarchistes, dans leur diversité, ont les moyens, les capacités, les idées, d’inventer, de reformuler intelligemment, de proposer et de susciter une politique qui ait comme ambition de défaire toutes les autres politiques et fasse droit à “l’espace politique de l’anarchie“ pour reprendre le titre du dernier livre d’Eduardo Colombo (éditions ACL), que je conseille vivement, qui n’est autre que celui de l’égalité et de la liberté.
Quel type de rapports spécifiques et donc différents la politique des anarchistes que nous sommes construit-elle avec la “population”, avec les gens, avec les exploités / opprimés / dominés auxquels elle s’adresse ? Comment créé-t-on de la solidarité, du collectif, de la prise de parole, de la démocratie directe, de la non-délégation de pouvoir ?
Comment fait-on pour casser la logique de la représentation ? Et quelle autre logique propose-t-on ? Comment favorise-t-on le protagonisme de la population (même d’une partie d’entre elle), son auto-activité, son auto-expression ? Qu’est ce qui ferait qu’à un moment donné, une partie notable de cette population, refusant de jouer le jeu de dupe de la politique officielle et de la fausse démocratie, se mettrait à redessiner les formes et contenus de la politique pour son propre compte, la mise en oeuvre de sa propre capacité à décider de ce qui la concerne ?

C’est me semble-t-il là-dessus qu’il serait intéressant d’entamer la discussion.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Roro le Mer 6 Mai 2009 14:01

Antigone a écrit:Nico, on va finir par croire que tu as une photo dédicacée de Mélanchon sur un mur de ta chambre...


En même temps, t'es dans le topic "politique générale" où l'on parle de l'ensemble des partis politique. Si Nico avait balancé l'interview de Lepen ou de Kemi Seba tu lui aurais posé une question aussi débile ? J'ose espérer que non, ceci dit j'ai des doutes.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 le Dim 10 Mai 2009 14:54

Le Parti de gauche à la Fnac : une étrange affaire

“La société de consommation comme la religion de la croissance sont bien les 2 faces d’un modèle productiviste au service du capitalisme lui-même tourné vers son objectif unique et implacable : la recherche de rentabilité du capital investi. Mais il ne suffit pas de dénoncer, de déconstruire, il faut aussi proposer. C’est bien cela la démarche du Parti de Gauche.”
Réunion du parti de gauche,1er décembre 2008

“Lors du CCE de Fnac Paris, l’entreprise a annoncé son plan de relance économique. Ce plan de relance comporte trois volets : commercial, organisationnel, et humain. Il prévoit à ce titre la suppression de 168 postes sur Fnac Paris, dont 60 au titre du projet de fermeture de Fnac Bastille.”
Courrier aux salariés de la Fnac émanant de la direction générale

Mais qu’y a-t-il donc de commun entre ces deux citations ? N’est-il pas manifeste qu’elles expriment deux projets de société antagoniques ?
Eh bien, elles ont pourtant un point commun, et pas des plus anecdotiques. Dans les deux cas, on retrouve le même homme : un nommé Franck Pupunat. Ce monsieur, tel Janus, présente au moins deux visages. En soirée, les dimanches et jours fériés, il met ses talents au service de Jean-Luc Mélenchon et de son Parti de gauche : au bureau national. En semaine, la musique n’est plus la même puisque Franck Pupunat exerce la peu honorable profession de directeur de la communication interne de la Fnac.
C’est à ce titre que les militants syndicaux de la Fnac ont eu à le connaître.
Frank Pupunat avait été chargé en 2007, par Denis Olivennes, alors PDG, de “vendre” en interne un premier plan de restructuration de l’entreprise. Ce plan s’est traduit par la suppression de 450 postes et l’instauration d’un intéressement individuel au chiffre d’affaires. Les augmentations collectives passant de ce fait à la trappe au nom de la reconnaissance “de la performance individuelle”.
En mars 2009, c’est le même Franck Pupunat qui préside à la mise en “communication” du nouveau plan de suppressions de 400 postes, incluant notamment la fermeture de Fnac Bastille.
C’est ainsi que via journaux, tracts, communiqués… la direction de la communication interne orchestre quotidiennement l’agression contre les conditions de travail et de salaire des salariés de la Fnac. Avec une hargne antisyndicale de tous les instants. Ces derniers temps, plusieurs délégués syndicaux ont été convoqués à un entretien disciplinaire ”pouvant aller jusqu’au licenciement”.
Dans ce pays, on peut donc à bon compte se prétendre de “gauche”, voire “anticapitaliste”, tout en assumant la fonction de mercenaire (grassement rémunéré) à la solde du groupe PPR.
Les militants du Front de gauche ne pensent-ils pas que la réconciliation entre le “dire” et le “faire” est une des clés de la construction d’un parti des travailleurs pour le socialisme.

Des salariés de la Fnac
Nico37
 

Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede conan le Dim 10 Mai 2009 20:21

Mouarf, elle croustille celle-là ! :mrgreen:
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