Anar au quotidien c'est quoi...

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Anar au quotidien c'est quoi...

Messagede The Marauder le Ven 24 Oct 2014 23:56

Anar au quotidien, c'est refuser.

C'est refuser encore et encore, dans ce fatras de folie, faut refuser. Et oui, pas l'temps d'autre chose :(

Pas le temps de proposer, tout t'arrive en pleine face, tu comprends pas comment, ca t'arrive de partout, une forme de folie générale ... Les gens ont peur, partout, sont affolés, ce qu'ils disent, ce qu'ils font, ce a quoi ils te contraignent si tu veux juste vivre, et tu fais aussi avec ce que tes parents ont pu faire, on su faire, on essayé de faire, avec leurs souffrances, leurs possibilités, leur magie, leur défaites personnelles, leurs frustrations, mais aussi leur espoir...

Dans ce fatras quelle place au réel ?

Quand je me retrouve moi meme en "péril psychologique", je le sais, le vois, je l'observe, et surtout, j'essaie de l'exprimer, de la manière plus claire qui soit, avec toutes mes excuses. Rien n'y fait, j'aurais mieux fait de péter les plombs pour avoir l'approbe de la plèvre :D
J'aurais pu dominer le monde/la cité/la famille/mon ego / ...

Quand un patron, aujourd'hui, dans une boite pete les plombs (ca fait longtemps, comme coluche que j'ai pris ma retraitre du bas de mes 34 ans ...), je dis qu'il est dangereux, mais l'ouvrier finira par me repondre aujourd'hui (si je travaillais encore) qu'il a des probleme d'avec sa femme, le pôvre patrounet.

Si moi ca va pas, on me tourne un proces, alors que je ne controle pas leur vie ... Je ne fais que proposer des idée de collectif, de cohesion ... Que j'ai choisis de vivre deconnecté du réseau d'eau car j'estime que si je/on veut de l'eau propre, on a qu'a se la chercher (et ensemble, s'entend : "démocratiquement" pour de vrai cette fois, ca serait mieux). J'ai choisis d'etre aussi deconnecté du reseau elec, car je préfère avoir presque rien que d'exiger qu'on tire des cables sur des kilometres juste pour mon grille pain, que j'ai pas a ce qu'on m'amene un tuyau pour evacuer la merdre que je me suis faite moi meme comme un grand (apres tout le stade anal, c'est toute la vie qu'on l'passe) Que moi, j'ai pas fais des gosses (consciement, je ne parle pas d'aléas de parcours aussi beaux soient-il une fois au monde :) ), et pourtant on m'accablerait de ne pas participer a cette machinerie. Que je refuse d'etre a l'heure pour un enervé, dans un endroit d'exités notoires, ou la productivité est la seule "idée". Je refuse d'etre a l'heure pour un type sympa (le gentil patrounet en chef), meme si il est dans le bio, meme si il fait de l'artisanat, meme si il est rédacteur d'un journal libertaire.
Pourquoi ? Parce qu'un journal libertaire plus une pérénité dans la vie bourgeoise coute plus cher qu'une vie réellement anarchiste (coute, dans le sens du temps de travail, de la souffrance a celui-ci, et des ressources naturelles).

Le RSA et/ou 6 mois de taff de misère salariale, dans un cadre de consomation globale moindre reste toujours preferable.
Essayez de vous faire un hivers en montagne avec juste une tente et un poele a bois. Ou plus rustre, sans chauffage sous des pierrres ou une simple tente, contre une mule...
L'autonomie alimentaire peut etre tres vite accessible, a raison d'un hectare occupé globalement (surtout pas bitumé et artificalisé) pour une famille/groupe de 3 a 10 personnes, dont 2 de plus pour la foret utile et naturelle (ie: qui ne sera pas exploitée), on a de quoi gérer les besoins du territoire de la zone france (22m d'ha cultivables, 16ma d'ha utilisé si toute la population avait sa terre, sans compter les forets, marécages et autres lieu "inutilisables"). Les travaux semblent tourner vers 1h de travail en moyenne par jour sur l'année, sachant que l'hivers sera moins propice ... Il faut recentrer nos besoins régaliens. Rien qu'avec ceux-la, on peut philosopher l'après-midi, sans rien demander de plus !
Le bonheur, les bourgeois l'avaient du temps des sumériens, c'est écrit. Il est évident, meme avec un niveau de vie plus rude, que nos ancetres l'avaient a certains moments aussi, meme avant la déglaciation. La clé est dans l'égalité, on le sait, nous on sert d'interface, la surface la plus en contact, malheureusement pour nous.

En attendant, etre anar, c'est toujours répondre a ce que "les gens disents" et ca, ca devient vraiment tres épuisant, et a la fois motivant.

Faut continuer, En et encore ...

Dans des villages fasho de montagne, c'est dur dur.

Les "pauvres" semblent avoir plié sous l'idéologie bourgeoise, les plus agés, sont ... Agés, Les plus jeunes, sont "paumés", les moyens sont bien placés dans l'village (et encartés communalement sans l'etre politiquement ...), sinon y'a rien que de la sympatie indivualiste.

Bon j'y crois encore :p
J'ai trouvé des anar d'un village et ils se connaissent pas encore. On devrait faire un petit journal.
Mais le mieux c'est d'auto-gréer (parallelement d'abords) son lieu de vie, son quartier, sa commune, sa région, ensemble.

En tout cas, la lutte, c'est dès qu'un chef te parle mal, le reste n'existe pas.

La lutte, c'est plus dur, moins romantique que l'on croit.
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Re: Anar au quotidien c'est quoi...

Messagede Boehme le Sam 8 Nov 2014 01:17

La lutte, c'est plus dur, moins peinard que ce qu'on croit.

Il ne faut jamais lâcher le morceau de gigot, toujours mordre dans la chair filandreuse de ce qui se dit et se fait de nos jours. Les manies du présent, le lexique ultra-hyper-moderne, les fausses raisons qu'on te donne pour justifier l'insupportable bordel qu'est devenu ce monde. HLE : Harceler L'Existant, toujours. Ne pas lâcher l'affaire, ne rien concéder, quoi qu'il t'en coûte. Les reproches n'ont pas à se justifier dans un monde devenu injustifiable.

Mais on te fera toujours payer de pousser les corollaires, de prendre ce genre de proposition trop au sérieux. La critique, oui, mais dans les limites de la simple raison de ton copain, de ton voisin, de ton lustre, histoire qu'il puisse tout de même te mesurer, remplir une fiche anthropométrique où s'affichera une gueule que t'auras du mal à reconnaître. Tous ceux qui songent à trahir savent ça, et c'est ce qui les dissuade de vendre la mèche. En société de proximité, le collectif, en quartier, en commune, en région, les interrogations viennent toujours. Elles te somment de rendre compte des motifs de ta trahison. Qu'est-ce qui lui prend, celui-là, à vouloir menacer une "cohésion" acquise à si grand prix ? — ne serait-ce pas de l'ana... de la provocation gratuite, de l'insolence vaine ?

Et pourquoi rompre le contrat, la bienséance des copains, au risque de paraître pour un salaud justificateur de l'ordre établi ? Même le traître a son éthique. Ceux qui le savent bien appellent ça probité. Les autres n'y voient que le reflet de leurs machinations, de leurs bas calculs et de leur peur d'être seul. Ils rapetissent ce qu'il y a de plus grand en eux, eux qui tiennent à tout prix à rester petits. Les plus malins appellent ça humilité, et l'humilité, ça fait chialer, ça engendre de la solidarité, et parfois même de l'admiration. Le Christ avait pour lui un Golgotha entier de pleureuses, Judas n'avait que le petit trou de sa lorgnette.

Et c'est d'un petit trou que ceux qui luttent contre ce monde qui adore le spectacle devront se faire entendre. Ils prendront le temps d'écrire un truc dont ils calibrent les effets, sur un forum ou ailleurs, peu importe. Ou ils le chante. Ou ils le filme. Ou ils le peint. Tout est permis, du moment qu'on réussit à s'adresser de sa solitude à celle de l'autre, toujours plus isolée qu'il le croit. Le soir venu, il ira ruminer les paroles qui lui ont été adressées et se rendra compte de l'impossibilité que constitue son rapport au monde. La tentation du groupe viendra le visiter quelque fois, à l'occasion d'une vision délirante et quasi-prophétique, qui l'exhortera à laisser tomber tout à fait ses conneries et prendre sa place dans le rang de la révolution, ou bien à les garder et fonder une nouvelle école avec. Une école de la traîtrise : voilà un des nombreux paradoxes du traître. Son affaire n'est pas communicable, elle n'est pas médiatisable, et elle ne produit pas plus de vivre-ensemble, de solidarité ou de cohésion sociale. Le traître trahit le pouvoir que confère les mots, jamais la réalité à laquelle elles sont censées référer. C'est pourquoi elle restera inimaginable pour le plus grand nombre, eux qui ont le pouvoir dans la bouche jusque dans les moments où ils en parlent.

A moins qu'il n'en reste là et qu'il se mette à endosser tous les noms de l'Histoire, lui, le grand traître, l'Unique. Lui qui fonde sa cause en rien, c'est-à-dire sur lui-même, avant de chercher du regard, dans l'horizon infini qui s'ouvre à lui, un sourire amical.
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Re: Anar au quotidien c'est quoi...

Messagede The Marauder le Sam 8 Nov 2014 08:19

J'aurais pas dis ca comme ca mais oui c'est ca.

Avant hier je me suis fait traité de synthétiste anarchiste irresponsable (d'ailleurs si quelqu'un a son point de vue la dessus ...). De la part d'un gars qui a signé le traité de maastrich, qui voit du stal chez tout le monde, je me suis demandé si a son age il était pas en train de devenir tout simplement un vieux con.
Il me repproche d'etre trop radical, mais quand, pour son projet de journal politique, je lui trouve un collègue qui tient une petite auberge de cambrousse, il me dit "je traine pas dans les bar" (ca tombait bien, moi non plus, c'est pour ca que j'ai cherché a savoir avant si c'était un bar classique ou plutot une auberge)....

Il voulait faire un journal militant, sauf qu'en fait c'était SON idée et qu'apparament je voulais lui accaparer son joujou.
Moi qui était tout content de "lui avoir trouvé" un dessinateur (car il semblait seul dans son idée, et cherchait a motiver des gens, a priori), deux nouvelles autre personnes un lieu confortable pour discuter, de quoi gérer l'impression etc etc...
Ce journal ne sortira pas.

Anar au quotidien, c'est aussi se retrouver bien seul, une fois que tu as fais le tour des gens qui se parent des meilleurs intentions pour finalement beaucoup de médiocrité et de j'm'enfoutisme.

Mais tu as raison, y'a rien a lacher !

La lutte est éternelle.
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Re: Anar au quotidien c'est quoi...

Messagede Boehme le Sam 8 Nov 2014 11:53

On s'est compris, maraudeur du matin. L'industrie des papelards est foutue jusqu'au trognon. Internet redistribue la donne.

Le maraudeur du soir te salue.
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