Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede vroum le Lun 1 Avr 2013 09:45

13 avril 2013 - Toutes et tous à Notre-Dame-des-Landes

Appel :
Depuis le 16 octobre, la résistance déterminée à l’opération d’expulsion de la ZAD incarne un espoir : celui que nos vies, nos habitats, nos champs ne soient plus broyés par les logiques marchandes et par les visions stériles de l’aménagement du territoire. Plus de 200 comités locaux de solidarité ont fleuri ces derniers mois, et ici où là, du bocage nantais aux autres zones à défendre, nous voulons de nouveau envisager des victoires.

Le 17 novembre, nous avons montré que malgré l’invasion policière, ils ne pourraient pas vider la ZAD de ses habitant-e-s et que nous pouvions être 40 000 à revenir et reconstruire. Début janvier, une assemblée agricole lançait un appel à projets sur les terres de la ZAD expropriées par Vinci pour remettre en place les potagers détruits et les démultiplier avec l’arrivée de nouveaux et nouvelles paysan-ne-s. Vergers, blés, légumineuses, poules et potagers...une dizaines d’initiatives s’élaborent d’ores et déjà.

Le début du mois d’avril sera un moment charnière : la fin de la « commission de dialogue » proposée par le gouvernement pour « mieux expliquer la nécessité de l’aéroport » signifiera le retour possible d’opérations d’expulsions de grande ampleur. En face, la dynamique d’occupation de la ZAD, relancée le 17 novembre dernier, se tourne à présent vers des projets agricoles destinés à s’implanter dans la durée. La remise en culture, en masse, des terres expropriées sera notre manière de tirer le trait sur un dialogue fantoche – et de célébrer les quelques mois passés à (re)construire, malgré l’incessante occupation militaire des routes du bocage. Cette manifestation sera aussi une manière de prendre de l’avance sur d’éventuels travaux en allant s’installer sur une partie des terres menacées à court terme.

Cette manifestation sera le fruit de ce qui se compose progressivement entre des paysans et des occupant-e-s venu-e-s s’installer pour défendre la zone : défrichage et occupation des terres maraîchères du Sabot en mai 2011, défense de la ferme du Rosier puis de la Châtaigne à l’aide de plusieurs dizaines de tracteurs enchaînés en novembre, occupation in extremis avant sa destruction de la ferme de Bellevue fin janvier... Au-delà de ces quelques dates emblématiques, la régularité des assemblées agricoles ainsi que les complicités nouées au quotidien, aussi bien autour d’un repas que derrière une barricade, ne cessent d’invalider les catégories fermées dont use le pouvoir pour qualifier et diviser les opposant-e-s au projet d’aéroport.

Ce qui se joue aujourd’hui à NDDL rappelle et renouvelle l’histoire dense de certains mouvements paysans locaux au cours des décennies passées : liens forts avec les grèves et mouvements de 68, actions directes face aux diktats de l’industrie, occupations de terre contre les « cumulards »...

Forte de ce terreau, la manifestation du 13 avril, en écho à la journée mondiale des luttes paysannes en appelle à une communisation des terres et des pratiques. Nous entendons par là :

- une forme de partage en porte à faux avec les grandes concentrations agricoles et les freins posés à l’accés au foncier pour les projets d’installation paysanne.

- l’entraide, la mutualisation de moyens, d’outils, mais aussi les possibilités d’installations collectives

- un dialogue fécond entre savoir-faire agricole traditionnel et pratiques expérimentales, entre professionnel-le-s et paysan-ne-s hors-cadre.

- des réflexions communes autour de la question alimentaire : sur une production autonome en rupture avec les logiques agro-industrielles, sur les liens possibles avec Nantes et ses habitant-e-s.

- la capacité de relier la question agricole à des formes de vie, d’habitat et à des luttes sociales.

En pratique il s’agira, le 13 avril, de partir outils en mains en plusieurs cortèges depuis les bourgs alentours et de converger sur la ZAD pour se redéployer en direction des différents projets et chantiers agricoles. Au programme et suivant les facteurs hydrométriques : plantation de vergers, de haies et de bosquets aromatiques, pose de ruches, défrichage, repiquage de semis, installation de structures (serres, cabanes à outils...), drainage des terrains, nettoyage des fossés, réparations des clôtures détruites durant les affrontements et balisage des chemins forestiers... Seront aussi prévus des foires aux semences, des expositions de variétés anciennes et aujourd’hui clandestines, des discussions et ateliers autour des pratiques agricoles – et en soirée, des fêtes, bals et banquets.

Nous invitons donc à cette occasion tou-te-s les opposant-e-s au projet d’aéroport à se mobiliser. Venez fêter le retour du printemps et montrons-leur qu’ici comme ailleurs, nous ne voulons ni de leur aéroport ni du monde qui va avec. Rendre fertile ce qu’ils veulent rendre stérile, là est notre force.

(Une liste de besoins plus précis liés aux diverses installations sera transmise quelques semaines avant la manifestation)

## En résumé :

- 10h rv. fourche en main pour plusieurs cortèges depuis les bourgs alentours pour aller occuper les terres et commencer les chantiers

- à midi, chacun-e est invité à amener une tarte à partager.

- le soir, bal et banquets
(plus d’infos pratiques, sur les rv, besoins matériels, l’accueil et autres à venir sur le site : zad.nadir.org/semetazad)

Pour tous contacts : semetazad@riseup.net
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede gloubi le Sam 20 Avr 2013 12:19

Personnellement je n'ai pas le sentiment que la révolution sociale partira de NDDL.
Mais ce n'est qu'une impression et je me goure peut-être complètement.
Donc voici les dernières news là-dessus :

source

L’Etat souhaite calmer le jeu, après la publication de rapports préconisant de nouvelles études sur le projet d'aéroport.

Par AFP
Les gendarmes se sont retirés pendant la nuit de vendredi à samedi de la zone de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, où ils étaient présents depuis fin 2012 face aux opposants au projet d’aéroport nantais, a indiqué samedi la préfecture de Loire-Atlantique. «Les gendarmes sont partis dans la nuit. On revient à un régime normal de présence de gendarmerie comme sur le reste du département», a déclaré à l’AFP un haut responsable de la préfecture, confirmant des témoignages donnés par des opposants à l’aéroport sur place.

L’Etat souhaite par ce geste calmer le jeu dix jours après la publication des rapports de trois commissions qui ont préconisé des études complémentaires avant le lancement des travaux. «On est en train de réorganiser notre dispositif, c’est-à-dire que l’on tente une configuration qui ne soit plus une présence permanente des forces de l’ordre mais des interventions au coup par coup en cas de besoin», a expliqué le responsable de la préfecture.

Le préfet Christian de Lavernée «a souhaité envoyer ce signe», a-t-il ajouté, précisant que la nouvelle configuration était soumise à des conditions comme l’absence d’obstacles à la circulation, au travail des agriculteurs et à la possibilité pour les différents experts de faire les relevés scientifiques demandés dans les rapports des commissions. «Si on n’y arrive pas, on sera malheureusement obligés de revenir à la situation antérieure», a-t-il averti.

Depuis octobre et l’évacuation d’opposants à l’aéroport, entre 150 et 200 gendarmes se relayaient en permanence à deux points de contrôle routier sur la zone d’aménagement différé (ZAD), surnommée «zone à défendre» par les adversaires du projet. De leur côté, entre 100 et 300 manifestants anticapitalistes se sont réinstallés dans des cabanes en plein milieu de la ZAD. Après une trêve de plusieurs mois, des affrontements ont opposé gendarmes et «zadistes» lundi, faisant trois blessés du côté des forces de l’ordre et au moins un du côté des opposants. Deux d’entre eux ont été interpellés.
gloubi
 

Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede vroum le Ven 24 Mai 2013 11:36

En piqué sur le Grand Ouest : photo du mouvement

In Le Monde libertaire # 1707 du 23 au 29 mai 2013 http://www.monde-libertaire.fr/france/16447-en-pique-sur-le-grand-ouest-photo-du-mouvement

Il est difficile d’avoir une vision complète de la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et son monde tant les acteurs sont nombreux et variés…
Survol.



Du côté du pouvoir… Le piège de la commission de dialogue, initiée par le gouvernement pour intégrer les contestataires les plus légalistes, n’a heureusement pas fonctionné… dans la mesure où le principe même de l’aéroport n’était pas sur la table ! Ayant des représentants dans ce gouvernement, seul Europe écologie-Les Verts s’était félicité de cette prétendue ouverture. Niant l’évidence, même s’il compte des militants impliqués dans l’opposition à l’aéroport, ce parti est de fait complice de la répression.
Ainsi, l’apparence de concertation n’a guère freiné l’occupation policière et militaire, ni les arrestations ni les procès. Une personne a passé cinq mois en prison !
Si cette commission a conclu à la justification d’un nouvel aéroport, en revanche elle a émis de grandes réserves concernant ses conséquences écologiques et les mesures compensatoires censées y remédier. Elle préconise une nouvelle étude qui prendrait deux ans, repoussant d’autant la construction. Simple avis, le gouvernement n’est pas tenu de le suivre.
La présence quotidienne policière a été levée le 20 avril. Mais les raisons en sont
obscures. Certains y ont vu une conséquence des réserves émises par la commission de dialogue. D’autres évoquent le redéploiement des forces de police pour les manifestations « sociales » annoncées en mai et juin.
Parti socialiste, UMP, une bonne partie des fédérations PCF, etc. défendent toujours le développement qu’impliquerait, selon eux, le projet d’aéroport.
Passons maintenant du côté des opposants et des diverses tactiques utilisées.

Les « institutionnels »
Même si le qualificatif est artificiel, par « institutionnels » nous entendons la coordination des opposants qui réunit les associations dont la principale est l’Acipa, les organisations non gouvernementales, les partis politiques, les élus et les syndicats opposés à cet aéroport. En réponse aux promoteurs de l’aéroport Grand Ouest, ces « institutionnels » ont effectué un boulot immense, notamment le contre-argumentaire juridique, social, écologique. Ils ont aussi organisé de grands événements durant l’été, avec fresque humaine, élargissant les contributions à la lutte contre tous les grands projets inutiles et à leur nécessaire convergence. Cette perspective a permis de donner au combat à NDDL, limité d’abord à une dimension régionale, une audience nationale et même internationale. Pour autant, ce n’est pas la dynamique capitaliste ni celle de l’État qui est dénoncée.
Grand rassemblement de solidarité et d’affirmation du refus de l’aéroport (40 000 participants), la chaîne humaine du 11 mai n’a pas échappé à la politique du spectacle et donc ne tranche pas avec la société qui a conçu cet aéroport, notamment par la location d’un hélicoptère pour donner des images aux grands médias. Les processus de décision et le budget pour élaborer cette chaîne peuvent aussi être soumis à critique. Avant l’invasion policière, ces « institutionnels » se démarquaient profondément des zadistes et n’hésitaient pas à les critiquer, le squat, les actions directes illégales comportant parfois de la violence… Pour la coordination de la lutte, les zadistes n’étaient pas toujours pris au sérieux, et les décisions prises en commun pas toujours respectées. La répression a effacé ces dissensions mais elles réapparaissent dans certains communiqués. Les élections municipales de 2014 préoccupent les partis politiques… De fait, les grands médias relaient à nouveau prioritairement la parole de ces partis.

La ZAD
Composée de groupes et individus très divers, lieu de vie et d’expérimentations sociales pratiquant le plus possible l’autogestion, c’est le changement de société qu’elle propose qui a généré le plus grand courant de sympathie. Avec la répression, elle a vu affluer un grand nombre de personnes sur la zone. Il n’y a jamais eu autant de monde ! Et donc parfois avec les problèmes que cela génère, d’autant que compte tenu du contexte d’occupation, il n’a pas toujours été simple de transmettre l’historique du lieu, comment on y vit, ce qui y est recherché…
Durant l’occupation policière et militaire, au nez et à la moustache des bleus, de nombreux lieux ont été construits collectivement. Une coordination des différents groupes de la ZAD est même apparue nécessaire, chacun préservant son autonomie. Maintenant que la pression policière est levée, beaucoup aspirent à vivre leur vie, à réaliser leurs cultures pour s’installer dans la durée… tout en continuant la lutte, mais en se préservant un peu du « tourisme militant ». De fait, il n’y a plus de lieu central d’accueil pour les gens de passages ou les nouveaux arrivants. Cet aspect est en réflexion car c’est à partir des liens tissés que s’est constitué un réseau de résistance.

Les « Copains »
Les Copains 1 sont des collectifs de paysans (souvent affiliés à la Confédération paysanne), organisés par département, qui tentent de réfléchir à ce que pourrait être l’occupation des terres libres quand le projet d’aéroport sera abandonné et notamment pour accompagner et pérenniser l’installation de nouveaux paysans sur des fermes à échelle humaine, respectueuses de « l’homme » et de l’environnement. La ferme de Bellevue est la première à avoir reçu son soutien. L’opération « Sème ta ZAD » de mise en culture de la zone, à compter du 13 avril, s’est faite en coordination avec les Copains.

Les comités locaux
Depuis l’arrivée des forces de l’ordre le 16 octobre, des collectifs se sont constitués dans toute la France, et même au-delà. On en dénombre 200 environ aujourd’hui. Ces comités prennent de manière autonome des initiatives, aussi bien pour populariser la lutte contre l’aéroport, récolter des fonds, mettre la pression sur le groupe Vinci (opération péage gratuit) et le Parti socialiste. La lutte, très créative, a remis au goût du jour les pratiques d’action directe, transgressant au besoin la légalité.
Le lieu construit collectivement le 17 novembre, La Châtaigne, est maintenant géré, chaque semaine, par un nouveau comité qui élabore son propre programme.
Un slogan mobilisateur est « La ZAD est partout ». Il peut être compris de deux manières : outre relayer le combat anti-aéroport il sert aussi de références à des luttes locales contre des projets capitalistes et étatiques mortifères.
Au-delà de la pétition, de l’interpellation des élus, et du rassemblement de protestation, les terrains convoités par les pouvoirs sont désormais occupés. Ainsi, vient de s’ouvrir une zone à défendre, dans le bois de Troncay (dans le Morvan) contre un projet industriel d’incinérateur-scierie ne correspondant pas aux besoins locaux et générateur de pollution. D’autres occupent depuis décembre 2012 la ferme des Bouillons à Mont-Saint-Aignan (près de Rouen), achetée par le promoteur immobilier Immochan, et y développent une agriculture alternative. Près d’Avignon également, des terrains sont occupés collectivement à l’issue d’une manifestation pour maintenir une agriculture face à un projet d’autoroutes.

Et maintenant ?
Le gouvernement cherche à l’évidence l’enlisement. Pourtant, la lutte semble réussir à s’inscrire dans la durée et à essaimer. Cette lutte a aussi conduit nombre de personnes à manifester devant le tribunal de Saint-Nazaire en solidarité avec les personnes poursuivies, mais également à écrire aux prisonniers de la lutte.
Le soutien aux emprisonnés n’est pas le plus mince des acquis de cette lutte, sortant le combat anticarcéral de son confinement. Elle montre combien la taule s’inscrit comme outil de contrôle par l’État de la contestation sociale et non comme une prétendue protection de la société.
Pour terminer, savourons ce mot du président PS du conseil général de Loire-Atlantique, Jacques Auxiette : « Chercher à faire en sorte que le gouvernement réussisse sur ce projet, qu’il n’y ait pas de dérapage. Ce n’est pas plus compliqué qu’au Mali ! » « Assumer quand on expulsera. C’est ça l’État de droit. »
Eh oui, c’est cela l’État : la guerre à l’extérieur et… à l’intérieur !

Stef
Groupe Lochu, Vannes

1. Copain : Collectif d’organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport. (Ndlr.)
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede vroum le Lun 3 Juin 2013 09:23

D’Atenco à Notre-Dame-des-Landes : l’aéroport en question

http://www.monde-libertaire.fr/international/16457-datenco-a-notre-dame-des-landes-laeroport-en-question

À l’occasion du week-end « chaîne humaine », un groupe de Mexicains, en tournée en France pour informer sur leur lutte, est passé à la ZAD. Le samedi soir, le groupe de musiciens a joué et le dimanche, en fin de matinée, deux d’entre eux, accompagnés d’un documentariste et d’une copine traductrice, sont intervenus devant une cinquantaine de personnes présentes sur la ZAD.
Avant de commencer leur intervention, les deux compagnons mexicains nous interprètent avec chant et guitare Sí, Zapata Vive.
S’ensuit une prise de parole passionnée et inspirée au sujet de la lutte des paysans contre le projet d’aéroport à Atenco. Ces deux porte-parole vivent la lutte depuis des années de l’intérieur et cela se voit, la rage et l’espoir se sentent. Il y a une réelle volonté de partage avec les militants de la ZAD tant les luttes semblent proches et les espoirs communs, malgré la distance géographique, culturelle ou sociale. Tout finit en chanson et en coups de gueule repris par tous : « La tierra no se vende, se defiende ! » (La terre ne se vend pas, elle se défend !)

Un projet d’aéroport à San Salvador d’Atenco
En 2001, Jaime Fox monte un projet d’expropriation du territoire d’Atenco qui couvre 15 000 hectares pour y construire un aéroport. La Constitution le lui permet, comme elle permet à tout projet dit « d’utilité publique » et présenté par une grande entreprise de voir le jour, y compris au mépris des populations locales, de la sauvegarde de la terre cultivable ainsi que de la protection de l’environnement. Il n’y a donc pas de consultation des communautés.
Dans un premier temps, les habitants prennent peur : leur survie dépend de la terre pour eux et leurs familles. Leur survie, mais aussi leur mode de vie (autonomie, racines, traditions, etc.) : c’est un peuple qui va disparaître.
Les médias à la solde du pouvoir et du capital en rajoutent dans la désinformation. Les hommes politiques corrompus cèdent aux promesses des entreprises. Les partis politiques divisent l’opinion.

La lutte
Par conséquent, c’est dans l’autonomie des assemblées de communautés, dans la conviction et dans l’unité de toutes et tous (rôle des femmes reconnu depuis peu dans la lutte) que va se construire la résistance, une résistance qui dure depuis plus de treize ans. Plus de treize communautés représentant 150 000 indigènes se révoltent et s’organisent.
Ils tentent les moyens légaux sans succès, puis passent à une résistance active.
Leur symbole est la machette, grand couteau utilisé par tous les indiens pour se déplacer et travailler.
Dès 2002, il y a des provocations, des emprisonnements, des assassinats organisés par l’État. Au bout de neuf mois de lutte, le décret est supprimé. Le projet de barrage abandonné.
Cependant, en 2006 1, la police et l’armée se lancent à nouveau dans la répression. Ces communautés qui vivent dans l’autonomie sont décidément dangereuses pour l’État. Il y a plus de 200 emprisonnés, une quarantaine de femmes violées. La résistance persiste, le mouvement ne pardonne pas et n’oublie pas.
Aujourd’hui, le gouvernement de Pena Nieto (ancien gouverneur de la région d’Atenco) remet en route le projet d’aéroport. Il achète les terres. Des entreprises minières s’installent pour rechercher or, argent, eau. Les ressources du pays sont livrées au capital.
La lutte continue, mais elle a besoin du partage de l’information et de la solidarité internationale. Ces communautés d’hommes et de femmes ont acquis la conscience de leur force et de leur capacité à faire obstacle à ces projets de destruction. Ils ont acquis la conviction que seule la base pourra mener ce rapport de force en toute autonomie et dans l’autogestion de leur lutte.
Les mouvements de résistance de Bello Monte au Brésil, en Italie contre le TGV Lyon-Turin ou en France contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sont de même nature : sauvegarde de la terre, lutte contre le capital et invention d’une autre vie. À nous de ne rien lâcher !

1. La révolte d’Atenco débuta les 3 et 4 mai 2006, lorsque environ 1 000 agents de police délogèrent un groupe de floriculteurs qui manifestaient contre la création d’un supermarché sur un des terrains de Texcoco (État de Mexico).

Virginie Benito - groupe de Rouen de la FA
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede vroum le Ven 9 Aoû 2013 22:15

Mad zad, ce que l’expérience nous dit sur nous

vendredi 9 août 2013 http://paris.indymedia.org/spip.php?article14006

Cet écrit est spontané, mais n’émane pas moins de constats réfléchis. Il ne prétend pas décrire la ZAD, mais prend la ZAD comme point de départ pour une critique de « nos milieux ». Ça part de choses vécues pour en extirper des analyses personnelles. Ce n’est pas « on » ni « nous » qui parle, mais « je », histoire de laisser à l’individu et à ses ressentis toute leur place.

La ZAD, c’est avant tout une expérimentation (a)sociale, un microcosme de vie alternative au milieu d’un monstrueux foutoir. Pas juste un squat, mais un agglomérat de squats au milieu des champs et des bois. C’est des gens et des gentes de tous horizons et de tous milieux, réuni-e-s par une volonté commune de vivre en autonomie (pas en autarcie, en tout cas pas tout de suite). Le projet d’aéroport, c’est plutôt un prétexte. Pour certain-e-s, la lutte politique au sens large n’est aussi qu’un prétexte, mais on en reparlera. En tout cas la plupart sont sincères et de bonne volonté. Les autres sont arrivé-e-s là par hasard.

Les occupant-e-s de la ZAD ont tou-te-s plus ou moins pris la fuite. Elles/Ils ont quitté ce que certain-e-s, séduit-e-s par les délires conspirationnistes et/ou mystiques, aiment à nommer « Babylone » : la société contemporaine, avec son lot d’aberrations capitalistiques et sécuritaristes. Elles/Ils sont les indésirables et les insoumi-se-s que l’en-dehors n’a pas (encore) réussi à soumettre ou à absorber. Leurs manières d’exister et de penser en font les folles et les fous d’un monde et d’une société qui ne leur correspondent pas : les dément-e-s ont trouvé leur asile. Leur asile, c’est la zone.

A leur liberté toute acquise, les occupant-e-s ont offert des élans de créativité et d’initiative. Chaque lieu a son identité, ses folles inventions, ses visiteur.euse.s impertinent.e.s, ses habitudes et ses lubies. On y respire, on y souffle, on y cultive et on y partage. Et celle ou celui qui ne fait que passer sans s’incruster n’aura que rarement mauvaise opinion de l’atmosphère générale. Elle/Il aura bien des ouï-dires négatifs, mais ne les prendra pas pour argent comptant : ailleurs, les anarcotouristes colportent la rumeur qu’à la ZAD vivent des héro.ïne.s, et cela en dépit des descriptions peu flatteuses de la presse tout-venant et des râles de riverains mécontents.

J’endosserai donc le rôle d’iconoclaste. Je veux aussi répondre à quelques textes publiés dernièrement et qui tentent d’analyser les conflits générés au sein et par la zone. Je diviserai ma bave de crapaud en parties, par soucis didactique ou parce que j’ai la prétention de rendre mon propos plus accessible :

PARANO CONFORTABLE

Comme le souligne le texte « A propos du mépris de classe sur la ZAD » publié sur zad.nadir.org le 23/07/2013 (qui par ailleurs reproduit ce même mépris de classe qu’il voudrait pointer du doigt), il y a bien sur la zone un échantillon du « milieu anar’ » (est-ce vraiment un milieu homogène ? Le cas échéant, celui-ci est-il vraiment anarchiste ?) importé d’ailleurs et qui s’est installé là dans la perspective de faire vivre une lutte, LA lutte ou encore LES luttes. Ce mini milieu, en transit longue durée sur la ZAD, a amené avec lui ses réflexes endogènes, ses habitudes militantes et son langage avant-gardiste. Il y a quelque chose d’agréable à retrouver ces repères sur place lorsqu’on appartient déjà à ce milieu et qu’on se retrouve parachuté là. Mais si on prend du recul, toutes ces normes propres à la sphère anarchiste paraissent bien pédantes. Il y a de l’entre-soi, c’est certain, et il peut s’avérer bien oppressant. Mais je n’irai pas jusqu’à affirmer qu’il est petit-bourgeois, ou alors ce milieu là constitue une nouvelle bourgeoisie en soi. Peut-être une bourgeoisie en devenir, qui se reconstruirait un sentiment de propriété autour de ses squats et érigerait son mode de vie en norme à imiter (c’est sans doute un peu l’effet que produisent les brochures pratiques qui foisonnent dans nos infokiosques).

En tout cas, il y a quelque chose d’oppressant dans l’air et qui émane de ce mini-milieu, une volonté de voir toute la zone, ses occupant-e-s (ancien-ne-s ou nouvelles/eaux) et ses visiteur-euse-s adopter une même vision du monde et les mêmes modes de vie et de lutte. On se focalise sur des manières de parler, on cherche à épurer le langage, à bannir des termes en pensant que ça aidera à combattre les actes auxquels ils renvoient. Surtout, on se coopte entre « personnes de confiance » et on fait de la rétention d’information, on protège jalousement ses liens privilégiés avec le monde extérieur, avec ses camarades de lutte dans nos villes d’origine ou ceux tissés sur place avec les habitant-e-s du coin. Le réseautage est devenu la valeur suprême de la lutte politique en ces temps d’inertie combative. On se réjouit d’agrandir notre « armée de l’ombre », mais on reste incapable de créer de véritables passerelles avec ce-lle-ux qui nous ressemblent moins, comme par exemple ce-lle-ux que le texte « A propos du mépris de classe sur la ZAD » voudrait voir constituer une classe en soi : les « arraché-e-s ».

Et dans ce travail de réseautage, consistant à établir à droite et à gauche des rapports de confiance supposée, qu’on accomplit consciencieusement dans l’objectif fantasmé de voir se constituer autour de soi le « groupe affinitaire » tant idéalisé, (affinitaire, un mot de notre novlangue à nous), on reproduit ces réflexes sécuritaires tant honnis, ceux-là mêmes sur lesquels on ironise par ailleurs : « Combien d’autonomes faut-il pour changer une ampoule ? » On s’imagine que les personnes avec lesquelles on partage son lieu de vie et le quotidien, ces ami-e-s qu’on connaît depuis « un bon moment », sont ce-lle-ux sur lesquels on pourra compter dans l’action et en cas de coup dur. C’est le pouvoir insaisissable de l’affect, dont toute personne ayant été balancée aux flics par son ou sa meilleur-e ami-e (pas volontairement, mais par faiblesse le plus souvent) se méfie comme de la peste. Aucune affection ne préserve de la trahison (voir le cas exemplaire de l’infiltré Mark Kennedy). Et c’est bien conscient de tout ça qu’on entretient malgré tout cette distance artificielle et paranoïaque avec les « nouvelles/eaux arrivé-e-s », les empêchant de participer aux petites actions qu’on organise entre ami-e-s, aussi peu risquées soient-elles. A quel moment ce-lle-ux-ci seront mis dans la confidence, et surtout pourquoi, cela reste un mystère : l’affinité est une notion tout à fait subjective.

Une chose semble pourtant certaine, il faut « faire ses preuves ». Pas en exhibant son CV militant bien sûr, mais plutôt en cultivant l’attitude parfaite de l’anti-héros, réservé et discret, qui attend son tour de parole pour faire part de son initiative, évite à tout pris les tournures de phrase impératives et dépose spontanément son portable dans la petite boîte en fer de la pièce voisine après avoir pris soin d’en enlever la batterie (accordant ainsi tout son importance au mythe urbain de l’écoute d’ambiance et dédaignant le fait que l’indic présent se gardera bien de dire qu’il a gardé son portable allumé dans sa poche). Pour autant, il faut savoir montrer qu’on est déterminé et capable, qu’on prendra vraiment part à l’action collective. Et les timides qui n’auront pas pris d’autre rôle auront celui de faire fonctionner « l’autogestion », en se chargeant des « tâches ménagères », tandis que les autres iront jouer à exister politiquement (au sein du milieu anar’), en organisant de nuit « LA lutte ».

Tous nos modes d’organisation politique sont désuets (et même parfois ridicules) et dénotent notre incapacité notoire à nous adapter aux réalités contemporaines de la répression. Mais plus gênant encore, ils trahissent le fait que nos peurs sont inadaptées au manque de danger réel de nos actions et que notre rage est essentiellement démonstrative. Notre manière d’appréhender la lutte politique est conditionnée par notre position de privilégié-e-s : on cultive la peur de la répression tout en ne prenant aucun risque réel. On est bien conscient-e-s que le régime démocratique nous permet presque tout, mais on est paralysé-e-s à la pensée qu’il pourrait se montrer impitoyable si on allait plus loin. A quoi sommes nous vraiment prêts ? Sommes nous vraiment radicalement engagé-e-s contre l’état actuel des choses ? Est-ce qu’on se donne réellement les moyens de mettre sur pieds une force collective ? Enfin, notre engagement dans la lutte correspond-il à une forme de passe-temps excitant ou à une véritable volonté de combattre l’état des choses ?

DE L’ALCOOL A BRULER

Jusque dans nos manières de consommer, nous reproduisons les schémas de la société que nous prétendons combattre. Nous savons critiquer ce-lle-ux qui boivent trop ou réagissent mal à l’alcool, mais nous refusons de remettre en question la consommation d’alcool en soi. Nous mettons en pratique la récup et le vol, mais l’alcool (et la fumette) restent des biens de consommation que la plupart du temps nous achetons. Et même dans les événements que nous organisons, l’alcool est bien souvent vendu à prix fixe, car il permet de faire du bénef pour financer la lutte : plus de braquages comme dans les années 1970 – 1980, mais le commerce de la défonce. Et on s’accommode plutôt bien de cette accoutumance qui détruit bien souvent notre organisation collective.

A la ZAD, comme partout ailleurs, l’emprise de l’alcool sur certain-e-s n’est plus à démontrer, et sa consommation génère des conflits à répétition. Pour autant, l’idée de développer une zone « safe » ne sera jamais évoquée, comme l’idée de combattre les drogues ne l’est jamais. Se donner le moyen de refuser des produits mis entre nos mains par la société pour nous soumettre n’est pas une priorité et semble même carrément hors de propos, tant notre libéralisme en la matière justifie toutes les formes de défonce. Alors évidemment, il n’est pas question d’énoncer des interdits, mais il est bien dommage de constater qu’on ne juge pas bon de s’organiser collectivement pour combattre ce fléau pourtant bien capitaliste, comme l’a fait le Mouvement autonome italien contre les drogues dures dans les années 1970. En attendant, on préfère à ce type de solution celle beaucoup plus stigmatisante consistant à distinguer les bon-ne-s des mauvais-e-s buveur-euse-s.

Entre les assemblées bordélisées, les violences physiques (souvent à caractère sexiste), les réflexes d’auto-destruction et les actes inconscients lors d’actions collectives ou individuelles, l’alcool a depuis longtemps fait la démonstration de sa nocivité (et pas seulement chez les « arraché-e-s » si magnifiquement dépeints par le texte précité), mais on continue de reproduire les discours normés visant à justifier sa consommation « de manière modérée », comme s’il fallait absolument légitimer son existence (et du même coup celle de ses producteurs, qui sont bien souvent des multinationales bien grasses dont l’éthique n’a rien à envier à celle de Vinci). Il serait pourtant bien à propos de comparer les discours en faveur de la consommation d’alcool à ceux en faveur du port d’arme. Petite provoc.

En tous cas, on gagnerait peut-être à devenir straight edge. On semble déjà convaincus du bien-fondé des arguments vegan, alors pourquoi pas pousser le bouchon un peu plus loin ?

CA SE CHICANE

On a déjà parlé des anar’ et assimilé-e-s, mais pas des autres, ce-lle-ux qui sont arrivé-e-s sur la ZAD par d’autres biais que le « milieu » libertaire et l’engagement politique. Certain-e-s voudraient les mettre dans une catégorie alors qu’ils sont bien plus divers qu’il n’y paraît. Simples passager-e-s séduit-e-s par les possibilité d’alternative, vagabond-e-s venu-e-s trouver asile ou échoué-e-s là par hasard, teufeur-euse-s parachuté-e-s là suite au Festizad, bandit-e-s en fuite ou ado en cavale, baroudeur-euse-s et hippies en traveling, punks attiré-e-s par la vie sans contrainte, aucun substantif unique ne saurait qualifier cette multitude en stagnation sur la zone.

Pour autant, une identité s’est construite lors des affrontements de l’hiver 2012-2013, celle de « zadiste ». Rejetée par les un-e-s (nos anar’) parce que jugée réductrice, elle est au contraire revendiquée par les autres (tout-e-s les autres), parce qu’elle a le mérite de créer du commun et qu’elle signe d’un nom l’acte de défit que constitue l’occupation de la zone. En tout état de cause, elle renvoie à l’idée de territoire à défendre.

Qui dit territoire, dit limites et voies d’accès. Les rapports entre le dedans et le dehors, entre ce-lle-ux qui habitent et ce-lle-ux qui ne font que passer, entre les ancien-ne-s et les nouvelles/aux, sont condamnées à s’accentuer au fur et à mesure que s’affrontent des conceptions différentes de la défense des lieux, à savoir s’il faut ouvrir ou fermer les portes. Ce n’est donc pas étonnant que la grande majorité des discussions agitant la zone soient focalisées sur la question du contrôle des routes. Depuis la fin de l’occupation militaire, seuls des faux accords ont été trouvés sur la pertinence des barricades et des chicanes, sur la nécessité de garder les routes ouvertes ou de les fermer, de s’ouvrir sur l’extérieur ou de sécuriser au maximum la zone contre les interventions policières à venir, etc.

Et c’est notamment autour de la question des chicanes que s’est cristallisé le conflit entre les « gentil-le-s » et les « méchant-e-s » occupant-e-s, entre ce-lle-ux qui choisissent le compromis avec les paysan-ne-s et habitant-e-s historiques du coin afin de maintenir en vie la lutte contre l’aéroport et le monde qui va avec et ce-lle-ux qui voient en elles/eux des ennemis de classe (ce que sont les propriétaires terriens et les gros exploitants, il faut bien l’admettre) à bouter hors de la zone du fait que ces premier-e-s se sont déjà réapproprié-e-s cet espace et construit une identité en son sein. Les motivations politiques des un-e-s et des autres ne sont pas les mêmes : quand les un-e-s s’illusionnent encore d’une alliance bancale avec les opposant-e-s historiques, les autres ont déjà pris fait et cause pour un zone autonome sur laquelle construire des alternatives, y compris en jetant dehors leurs ennemi-e-s de classe et en bloquant totalement les accès au « monde extérieur ».

Quand les un-e-s voudraient voir la ZAD comme point de départ pour construire un combat politique plus large, d’autres la considèrent avant tout comme point d’arrivée pour s’émanciper tout de suite de la société qu’ils ont fui.

PSEUDO CONCLUSION

Alors bien sûr, le texte « A propos du mépris de classe sur la ZAD » amène des constats très vrais et proches des miens sur les rapports entre occupant-e-s, mais il n’amène pas pour autant une réflexion approfondie sur les schémas de domination portés par ses auteur-e-s elles/eux-mêmes. Il y a dans nos comportements toute une série d’attitudes qui nous isolent à la fois de ce-lle-ux qui nous ressemblent et des autres, à la fois différent-e-s de nous et bien intégré-e-s dans la société capitaliste. Les milieux anar’ si tant est qu’ils existent en tant que catégorie à part entière, ont commis selon moi l’erreur fondamentale de considérer qu’il fallait faire sécession de la société qu’on prétend combattre pour faire preuve d’intégrité et pour pouvoir agir sans se compromettre. La logique du squat et la production de normes qui nous dissocient complètement du « citoyen lambda » font de nous des extra-terrestre bien incapables de communiquer avec ce-lle-ux qui ne sont pas dans nos normes. Nos manières de vivre, d’agir, de penser et de parler contribuent à désagréger tout ce qui peut créer du commun et nous exposent à des conflits insolubles. La ZAD a eu ce mérite de montrer qu’on est même bien incapables de trouver un langage commun avec des personnes qui rejettent l’autorité comme nous, mais n’ont pas la même manière que nous d’interagir avec le monde. Et nous avons le même problème lorsqu’il s’agit de créer du commun avec les ouvrier-e-s, avec les habitant-e-s de banlieues, avec les migrant-e-s ou avec les personnes à la rue...

Je ne sais pas réellement si ce que je veux c’est créer un « cadre de lutteS ou tou.te.s aient leur place, leur légitimité ». J’y ai cru, mais j’aspire aujourd’hui davantage à m’organiser avec des personnes qui me ressemblent, mais qui ont compris l’enjeu de vivre en société, de ne pas faire sécession pour gagner en légitimité ou en intégrité. La légitimité n’existe pas. Et poser des cadres pour des luttes démonstratives et illusoires me paraît être une erreur, un écueil trop souvent répété. Les grandes alliances ne font pas les grandes victoires. On crée plus de commun lorsqu’on évite de se mentir mutuellement sur nos prétendues ressemblances et lorsqu’on part de nos différences pour trouver du sens commun et lutter côte à côte (un bon exemple reste celui du Weather Underground et des Black Panthers, conscients de leur nécessité d’agir séparément, mais dans un même objectif, celui de pouvoir vivre un jour ensemble sans mépris).

Alors, faut-il venir sur la ZAD... ou pas ? La question a été posée au sujet de l’accueil sur place. Je me la pose, mais en d’autres termes. Présenter la zone comme un exemple à exporter, certainement pas (Zad partout, oui mais pour quoi faire ?). A visiter comme haut lieu de résistance, encore moins. S’il faut aller sur place, ce serait plutôt pour y voir des ami-e-s, pour apporter un coup de main (ou un coup de pied) lorsqu’on y est invité ou pour participer à une rencontre lorsqu’on la juge pertinente. Tout l’agenda événementiel de l’après expulsions quant à lui, visant à garder LA lutte sous les projecteurs tout en développant une forme de tourisme engagé, n’aura été qu’une longue mise en scène travestissant la réalité sur place. Ce n’est pas étonnant de voir qu’à partir de là quantité de gen-te-s sont venu-e-s sans savoir exactement ce qu’elles/ils venaient y faire...

I.B.
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede vroum le Sam 10 Aoû 2013 13:49

Plus de 10 000 photos de la lutte à NDDL : http://www.flickr.com/photos/nddl/
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede vroum le Sam 10 Aoû 2013 18:24

À Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs,
défendons nos rêves et cultivons nos révoltes !


jeudi 8 août 2013

Le forum « On ne lâche rien ! Ni ici ni ailleurs ! », organisé les 3 et 4 août 2013, a commencé avec des prises de parole des organisateurs, de l’ADECA, d’occupants de la ZAD, de COPAIN, de « Sème ta ZAD ».
Voici celle qui a été dite à partir du mouvement d’occupation.
On va tenter de dire une parole à partir du mouvement d’occupation. On ne représente pas le mouvement d’occupation, qui est plus que jamais multiple et diversifié.
Ici sur la ZAD, nous sommes un certain nombre à avoir choisi d’occuper terrains et maisons menacés par le projet d’aéroport depuis 2007 suite à l’appel d’un groupe d’habitants. Nous avons choisi d’être présents pour tenter d’entraver chaque étape du projet : travaux préliminaires, consultation publique, procédures d’expropriation et d’expulsion. Mais aussi d’y tisser des liens avec les habitants du coin, d’y expérimenter des formes de vie et de solidarité en rupture avec celles que le capitalisme nous impose.
Pour nous, ce projet d’aéroport et ses enjeux s’inscrivent dans un cadre qui dépasse largement le territoire de la ZAD et des communes environnantes. Ce projet est un outil parmi d’autres de la logique globale du développement des infrastructures capitalistes qui détruisent des terres et des vies. Il faut dépasser la distinction fictive entre local et global. Fictive au sens où il n’existe quasiment plus aucun lieu sur cette planète qui ne soit connecté aux flux mondialisés d’énergie, de marchandises, de capitaux, d’information... Un aéroport, une ligne haute tension, une autoroute, une ligne grande vitesse, un supermarché, c’est la concrétisation faite de ciment, d’acier et de flics de la logique d’aménagement et de contrôle de la société capitaliste.
Ce n’est pas que pour la ZAD menacée par le bétonnage que nous luttons, c’est pour toutes les zones périurbaines à travers le monde entier qui subissent l’extension des métropoles, les campagnes qui sont envahies par les autoroutes et les centres commerciaux, les centres-villes qui sont vidés des populations pauvres reléguées en périphérie.
Ici comme ailleurs, une poignée de gens dans une tour à bureaux ont décidé que la vie des quelques habitants de la zone ne valaient rien, ou en tout cas moins qu’un aéroport. Ces habitants qui vivent ici depuis des années ont maintenant bien conscience de la violence des outils démocratiques dont se sont dotés l’État et les collectivités locales pour arriver à leurs fins : des mascarades d’enquêtes publiques où tout est décidé à l’avance aux procédures judiciaires sous couvert de déclaration d’utilité publique, en passant par les harcèlements et pressions psychologiques en tout genre.


*
En octobre 2012, le gouvernement a décidé d’expulser les habitants illégaux. Une vague de gendarmes mobiles s’abattent sur la zone, détruisent la plupart des maisons, des cabanes, ainsi que des terrains occupés dont la ferme maraîchère du Sabot. Ils pensent nous expulser en trois jours mais la résistance s’organise et la bataille dure pendant des semaines. Alors s’organise une solidarité comme nous ne l’avions pas imaginée : des personnes inconnues ou camarades nous rejoignent sur place, offrent leurs services ou de la nourriture, construisent des barricades ou affrontent les flics. D’autres organisent des actions et des manifestations près de chez elles, créent des myriades de comités locaux.
Le 17 novembre 2012 a lieu la manifestation de réoccupation. L’idée de cette manifestation avait germé plus d’un an plus tôt suite aux menaces d’expulsion qui se précisaient. Il s’agissait de reprendre l’initiative après une période qui s’annonçait difficile et incertaine. Elle a montré notre détermination à rester malgré la pression policière. La manifestation a rassemblé près de quarante mille personnes, beaucoup de motivation, de matériel et a notamment abouti à la construction d’un nouveau lieu collectif.
À partir de ce moment, malgré une présence policière quasi constante, un grand nombre de personnes continuent à arriver pour occuper et de nombreux nouveaux lieux voient le jour.
En avril 2013, la manifestation « Sème ta ZAD » a relancé différents projets agricoles sur la ZAD, qui nous permettent de construire une plus grande autonomie.
Nous partageons des savoir-faire autonomisants pour réduire notre dépendance vis-à-vis du travail salarié et du système marchand. Des ateliers de mécanique, des cantines collectives, des infokiosques, des formations médicales, et bien d’autres choses encore.
Ça fait pour beaucoup d’entre nous partie des nombreux moyens de résister aux bétonneurs, avec par exemple de saboter des travaux préliminaires ou bloquer l’accès aux travailleurs et aux forces de l’ordre à la solde du projet. Ainsi, en juin, les porteurs du projet n’ont pas pu mener leur énième campagne de forages à leur terme : non seulement l’un des lieux où ils et elles avaient prévu des forages était piégé avec du fumier, barricadé et défendu, mais tous les forages réalisés sur d’autres lieux ont été sabotés.


*
Aujourd’hui on a la sensation d’avoir gagné une partie de la bataille car l’ampleur qu’a prise cette lutte a déstabilisé le projet. On imagine que les porteurs du projet cherchent le meilleur moyen de retomber sur leurs pieds, que ce soit abandonner le projet, le continuer ou le modifier. Mais en tout cas en trouvant une bonne excuse pour ne pas perdre la face.
Cependant, le projet est toujours là et des travaux ont lieu régulièrement. L’entrave à l’avancée du projet par tous les moyens, qu’ils soient légaux ou illégaux, peut constituer une force d’opposition qui rassemble paysans, habitant·s et occupants autour d’un objectif commun : l’arrêt immédiat du projet.
Nous ne devons pas oublier que des camarades se battent partout dans le monde contre d’autres projets et l’uniformisation et les dominations imposées par le capitalisme et les États.
Ce qui s’est passé sur la ZAD a permis de rendre visibles les enjeux des luttes locales. Ce qui s’est fait ici a commencé à se propager et permettra peut-être de montrer que la force collective et la solidarité sont des outils simples dont chacun·e peut s’emparer.
Comme on disait si bien le 17 novembre, notre rêve, c’est que tous les amis d’ici et d’ailleurs ramènent chez eux un peu de la détermination qui est née dans ce bocage. Que cette lutte, nourrie par celle du Val di Susa comme par celles de Plogoff et du Larzac, renforce à son tour d’autres combats partout dans le monde, des lutte contre les lignes THT en France à celles contre l’édification d’un barrage au Brésil.
Nos révoltes ne se limitent pas à Notre-Dame-des-Landes et à son aéroport. Pendant que les caméras et l’attention se focalisent ici, ils continuent d’expulser et de bétonner ailleurs, tous les jours, en silence... L’État oppresse, enferme, réprime partout, tout le temps. Il est confortable de fermer les yeux, facile de se résigner, mais indispensable de se révolter. Partout, pour contrer tous les Césars qui veulent aménager nos vies et nos territoires, continuons de construire des foyers de résistance irréductible.
Ici comme ailleurs, défendons nos rêves et cultivons nos révoltes.
Vinci dégage, résistance et sabotage !


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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede indigné révolté le Lun 19 Aoû 2013 15:44

n

---------------------------- Message original ----------------------------
Objet: [Zad-occupation] Faire suivre : création du collectif "Paysan sans
terre" France
De: zad@riseup.net
Date: Mar 6 août 2013 2:04
--------------------------------------------------------------------------

bonjour à tous,

Un mouvement de Paysan sans terre est sur le point de se lever en Bretagne
et partout en France (et en Europe...).
Depuis des années, de nombreuses structures ont porté ce message partout
dans le pays et à travers le monde.
Aujourd'hui, nous pensons qu'il est urgent de se rassembler en collectif
pour partager nos expériences.

L'appel est lancé à toutes les structures qui militent déjà contre
l'accaparement des terres et pour le développement des installations dans
un contexte social, humaniste et environnementale. Certaines d'entre elles
se prononcerons prochainement sur le soutien à ce nouveau Collectif des
Paysans sans terre en France.

Un blog est en cour de création: http://paysansansterre.noblogs.org

L'idée est de proposer un espace d'échange d'expérience (soutien technique
et moral, échanges, organisation d'actions etc) entre porteurs de projet.
Ensemble on est plus fort et on organise mieux son soutien !

Avant une action forte et médiatique que nous envisageons pour septembre
(plus d'infos début septembre sur le blog
http://paysansansterre.noblogs.org),
nous sollicitons pour ce blog, la participation des porteurs de projets qui
sont en lutte pour l'installation.
Toutes les expériences sont utile ! En quelques lignes chacun des projets
seront résumés pour connaître nos besoins et mesurer notre force d'action !


Merci de diffuser et de prendre contact avec ce collectif naissant au moyen
de ce mail:
*paysansansterre@riseup.net*


Ne Lâchons rien et avançons ensemble !

*le collectif PAYSAN SANS TERRE
*
*paysansansterre@riseup.net
*
*www.paysansansterre.noblogs.org*


--
Zone à défendre - http://zad.nadir.org/

Pour suivre nouvelles et appels inscrivez-vous à notre liste email/
To follow our news and callouts, subscribe to our mailing list:
http://lists.aktivix.org/mailman/listin ... occupation
Zad-occupation mailing list
Zad-occupation@lists.aktivix.org
https://lists.aktivix.org/mailman/listi ... occupation
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede indigné révolté le Lun 19 Aoû 2013 16:04

Je transmets des liens et infos pour une convergence vers des alternatives crédibles ensembles :

*Quelques thèmes qui peuvent t'inspirer pour proposer un atelier :*

Souveraineté Alimentaire // la politique de droite dans le mouvement écologique // Droits des animaux/Libération animale // Autonomie - Autosuffisance // Autogestion // accès à la terre // liens entre luttes
rurales et urbaines // ressources rurales pour les villes - CSA (Community Supported Agriculture, Agriculture non commerciale) // permaculture // propriété privée - prairies communales // L'Histoire de l'Agriculture et le
Capitalisme (Révolution Verte) // libérer la terre à travers l'achat (différentes façons d'accéder à la terre : occupation, achat, etc.) // comment organiser des résistances ou comment résister/partager et apprendre
plusieurs manières de résistance ? // énergie // botanique/savoir-faire autour des plantes et fleurs

*Ausgeco2hlt c'est quoi?*

Notre campagne se définit comme une plateforme de mise en réseau, d'auto-éducation et de prise d'action collective, réunissant groupes et individu.e.s d'horizons variés. Notre but est d'organiser un large mouvement de contestation contre RWE [1] et pour la fermeture immédiate des mines de charbon à ciel ouvert sur les terres du Rheinland.

Nous considérons que la lutte contre le charbon brun [2] fait partie intégrante du mouvement contre l'énergie basée sur le charbon, l'exploitation du gaz de schiste, le stockage du dioxyde de carbone, etc. et est solidaire des luttes contre les énergies du capitalisme fossile-nucléaire.Nous avons la conviction qu'une vraie transformation énergétique passe par la remise en question des structures de pouvoir et de monopole, et le changement radical des règles du jeu de l'économie, basées sur la libre concurence, la croyance en une
croissance illimitée et la consommation vorace des ressources

.Par conséquent nous soutenons les initiatives d'auto-détermination du mode de vie, alternatives à la consommation excessive. Nous exigeons par ailleurs la collectivisation des entreprises liées à l'énergie et un
approvisionnement en énergies renouvelables décentralisé.

*Et Reclaim The Fields?*

Reclaim The Fields est une constellation à échelle européenne de paysan.ne.s, de fermiers sans terre ou en devenir, ainsi que de personnes qui reprennent le contrôle de la production alimentaire.Nous soutenons et
encourageons des personnes qui veulent repartir vivre à la campagne et vivre sur leurs terres. Nous promouvons la souveraineté alimentaire (telle que définie dans les déclarations de Nyéléni) et l'agriculture paysanne, ainsi que les modes de vie alternatifs.Nous sommes déterminé.e.s à créer des alternatives au capitalisme grâce à une production et des initiatives coopératives, collectives, autonomes, orientées vers les besoins fondamentaux, et à petite échelle. Nous mettons la théorie en pratique et relions l'action concrète locale avec les luttes politiques globales.

*Semences*

Le groupe de travail "Reclaim the seeds" t'invite à venir avec tes semences
auto-produites et de la documentation que tu aimerais partager. Par la
pratique du troc de semences, nous voulons créer une réflexion collective
autour des semences.

*Bienvenue aux enfants!*

Le Camp se veut un espace accueillant pour les enfants qui leur permettra, ainsi qu'aux personnes affinitaires qui les accompagnent, d'être inclu.e.s dans les actions, le programme et toutes les activités du camp. Car nous sommes conscient.e.s que les actions et camps politiques constituent souvent un obstacle excluant les parents et les personnes affinitaires qui accompagnent les enfants. C'est par la prise en compte des besoins réels des enfants et des personnes qui les accompagnent que nous voulons créer un espace où chaque personne se sente bienvenu.e. N'hésite donc pas à venir au camp et à y participer! Ça nous aiderait beaucoup si tu pouvais nous prévenir à l'avance pour qu'on parle de comment organiser tout ça.

*Pas de place pour le racisme ou le sexisme - Ni sur le Camp ni ailleurs*

Le Camp s'oppose sans mélange au sexisme et au racisme ainsi qu'à toute autre forme de domination basée sur des catégories sociales hiérarchisées. Le camp se positionne fermement contre tout acte sexiste ou raciste.

*Coût du camp*

Même si on essaye d'arranger un camp aussi peu coûteux que possible, on est dépendant de ta contribution solidaire pour le rendre possible.

N'hésite pas à nous contacter si tu tiens à venir mais que le coût du voyage est trop élevé pour toi. Nous essayons de faire en sorte que tout le monde puisse venir et partager collectivement les coûts de transport, mais on ne peux rien garantir.

*Visa*

Si tu as besoin d'un visa pour venir au camp et que tu veux de l'aide pour
l'obtenir, contacte-nous sur camp2013 (at) reclaimthefields.org

*Information et contact*

Plus d'infos à jour sur le programme, comment arriver au camp, sur la
nourriture, le camping, etc. disponibles sur
www.reclaimthfields.org/camp2013

Tu peux également nous poser des questions à l'adresse suivante : camp2013
(at) reclaimthefields.org

Pour ateliers: program@reclaimthefields.org

Pour plus d'informations sur RTF et Ausgeco2hlt, rends-toi sur
reclaimthefields.org and ausgeco2hlt.de



*Pour t'inscrire au camp : reclaimthefields.org/registration*

Plus on aura de personnes incrites pour le camp, plus ça sera facile pour nous de le préparer!N'hésite pas à faire tourner cet appel à des personnes ou des groupes que tu connais, et viens au camp!

*La Résistance est Fertile!*

*L'équipe d'organisation du camp*

[1]RWE est le deuxième plus gros fournisseur d'énergie en Allemagne. Il continue à utiliser principalement le charbon pour faire tourner ses centrales, la part d'énergies renouvelables utilisées restant très faible
en comparaison d'autres compagnies européennes. RWE est critiquée pour son 'greenwashing' par des "campagnes pour le climat" alors que ses mines à ciel ouvert détruisent la nature et les villes, et font baisser le niveau des nappes phréatiques.

[2] Le *charbon brun* a une plus faible valeur énergétique que les houilles
et les anthracites et sert à la production d'énergie électrique dans des
centrales thermiques à charbon.


--
Le Comité Notre Dame des Landes Sud Vendée est un collectif d' individuEs.
Des personnes, sans-étiquette, ou de différentes associations, syndicats,
partis, organisations etc... , y participent pour:

1. Informer sur la lutte et fédérer les opposantEs de notre région
2. Agir pour relayer les actions et campagnes des différentes
composantes de la résistance
3. Soutenir matériellement et humainement les personnes en lutte sur
place par l' organisation de collectes et de déplacements
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede Lehning le Lun 30 Déc 2013 19:39

Quelques (beaux) croquis de la ZAD:
Fichiers joints
Carrefour libéré.jpg
AG Vache rit.jpg
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede Lehning le Lun 30 Déc 2013 19:43

D'autres encore:
Fichiers joints
Réoccupation (nov 2012).jpg
Installation ZAD.jpg
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede Lehning le Lun 30 Déc 2013 19:46

Il y a ça aussi avec comme "modèle" Nadejda des Pussy Riots:
Fichiers joints
ZAD vaincra.jpg
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede jeannetperz le Mar 31 Déc 2013 11:06

quant on comprend rien on soutien tout; ça Robinson un max; faux livres; fausses pudeurs, fausses pensées et faux admirateurs achetés au poids....
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede vroum le Jeu 16 Jan 2014 22:24

NDDL : Toutes et tous à Nantes le 22 février contre l’aéroport !

Appel lancé par la coordination des opposants (50 associations, syndicats, mouvements politiques et collectifs) – le COPAIN 44 – Les Naturalistes en lutte - Des habitant-e-s de la ZAD pour se mobiliser le 22 février, à Nantes, contre les chantiers de l’aéroport.

L’Etat et les pro-aéroports menacent de passer de nouveau en force. Ils prétendent débuter, dans les mois qui viennent, la destruction des espèces protégées et les chantiers de l’aéroport. Une nouvelle vague d’expulsion pourrait survenir.

Image

Nous ne les laisserons pas faire ! Les travaux ne commenceront pas !

Sur place, le mouvement est plus vivant encore qu’à l’automne 2012, les liens plus denses, les champs plus cultivés et les habitats plus nombreux... Au delà, plus de 200 comités locaux se sont créés, en solidarité avec la lutte et pour la faire essaimer par chez eux.

Nous appelons toutes les forces anti-aéroport à se joindre à la manifestation du 22 février à Nantes à 13h devant la préfecture pour leur montrer qu’il n’est pas question qu’ils touchent au bocage.

Appel lancé par la coordination des opposants (50 associations dont l’ACIPA, syndicats, mouvements politiques et collectifs) – le COPAIN 44 (collectif de Paysans) – Les Naturalistes en lutte - Des habitant-e-s de la ZAD
P.-S.

Plus d’infos : http://22fevrier2014.blogspot.fr/
"Prolétaires du monde entier, descendez dans vos propres profondeurs, cherchez-y la vérité, créez-la vous-mêmes ! Vous ne la trouverez nulle part ailleurs." (N. Makhno)
Image
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede vroum le Dim 9 Fév 2014 09:39

AÉROPORT = CAPITALISME
ARRÊT IMMÉDIAT !

UN TOURNANT DE LA LUTTE !


http://fa86.noblogs.org/?p=10906

Image

Représentative des luttes contre le capitalisme et ses conséquences pour l’Humanité et la planète, la mobilisation contre le projet d’aéroport entre dans une nouvelle phase.

Sur le terrain, avec l’occupation active de la ZAD et la mise en culture des terres saisies, avec ses 200 comités locaux à travers tout l’hexagone, elle n’a jamais été aussi forte et organisée.

Les oppositions au projet ont démontré, par des études complémentaires contradictoires et recours juridiques – qui ont retardé d’autant le projet – que l’État bafouait ses principes de légitimation (démocratie, défense de l’intérêt commun…) pour servir les bénéfices privés d’une multinationale et la construction d’une métropole du Grand Ouest fantasmée, nouveau sésame de la Croissance Économique.

Ainsi, le préfet de Loire-Atlantique a signé fin 2013 les autorisations de travaux du barreau routier et de destruction des espèces, sur la ZAD de Notre Dame des Landes, annonçant un futur passage en force. Ce qui ne serait pas nouveau pour imposer un grand projet industriel…

Lors de l’opération César en automne 2012, ce sont l’opposition déterminée sur le terrain et la solidarité qu’elle a suscitée, qui ont empêché le lancement du chantier. Aujourd’hui nous ne couperons pas à l’épreuve de force, même s’il est difficile de prévoir quand, où et comment… Si les prochaines élections municipales et européennes peuvent retarder l’offensive, celles-ci ne changeront rien puisque les deux partis susceptibles d’arriver aux « affaires », PS ou UMP, sont également pour le projet.

L’EMPLOI, UN FAIRE-VALOIR BIAISÉ

Tous les arguments des porteurs du projet ayant été démontés (Nantes-Atlantique saturé, bruits, rentabilité économique, coût réel d’une extension…), les pro-aéroport essaient aujourd’hui de vanter la création d’emplois et la relance de l’activité économique… par un financement majoritairement public de 600 millions d’euros largement sous-estimé et un Partenariat Privé Public en or pour Vinci (ce qui priverait par ailleurs de chantiers nombre de petites entreprises !).

De fait, la situation sociale se dégrade (fermetures d’entreprises, précarité croissante, diminution des services publics, des aides sociales et pensions…) avec en parallèle des aides fiscales croissantes pour le patronat : 50 milliards d’allègements de cotisations sociales et de crédits d’impôts, en échange de… promesses !

Les traités européens de libre échange avec le Canada et les USA vont déstabiliser encore plus de nombreux secteurs. Le projet de « ferme des mille vaches » d’Abbeville, stoppé par la mobilisation, incarne bien le modèle de l’agrobusiness, rentabilisé grâce au prix de l’électricité obtenue par méthanisation, sans égard pour les conséquences humaines et écologiques. Si ce modèle s’impose, il éliminera l’agriculture paysanne qui résiste encore. Cette logique du tout économique, alimentée par le gouvernement, est à l’opposé des valeurs d’entraide et d’autonomie alimentaire portées par la résistance au projet d’aéroport.

UNE AUTRE ORGANISATION COLLECTIVE POUR LE PARTAGE DE LA PRODUCTION

Ce chantage à l’emploi doit être dénoncé, en lui opposant un autre modèle de production, défini collectivement, prenant en compte les paramètres humains, écologiques et sociétaux.

Par exemple, l’initiative Sème ta ZAD rassemble depuis mars 2013 zadistes et agriculteurs pour expérimenter un autre fonctionnement collectif, en remettant en culture par différentes techniques des terrains expropriés.

Cette critique en actes du capitalisme vise aussi la logique de réorganisation urbaine à l’œuvre sur l’axe Nantes-Saint-Nazaire, future métropole qui justifie aux yeux des décideurs un aéroport international, un barreau routier et toutes les zones urbanisées qui suivront ! Là aussi, la compétition économique entre pôles urbains à l’échelle mondiale légitime une politique de concentration des moyens sur les métropoles, pour atteindre un seuil tel que leur poids démographique et leurs ressources garantissent un milieu économique propice à leur maintien dans la course internationale, par la rentabilité, la créativité et la mise en scène de leur attractivité. C’était le sens de l’opération Nantes Capitale Verte Européenne 2013.

NANTES, UNE MÉTROPOLE GENTRIFIÉE QUI EXCLUT

Cette concentration de richesses, de services, d’initiatives culturelles et d’infrastructures techniques réserve l’accès des centres de ces métropoles aux classes sociales aisées, simplement par les impôts locaux, le prix de l’immobilier et le mode de consommation proposé. La logique capitaliste à l’œuvre a ainsi chassé les classes modestes vers la périphérie et embourgeoisé le centre. Elle a regroupé les pouvoirs politiques locaux dans une présidence de communauté urbaine qui impose ses choix aux anciennes communes, intégrées et « digérées ». Le gouvernement Ayrault vient d’ailleurs d’officialiser cette tendance devenue stratégie prioritaire en désignant une quinzaine de métropoles régionales, auxquelles s’ajoutent les grandes intercommunalités, avec de nouvelles attributions. Cela ne signifie pas moins d’État mais réorganisation de cet appareil toujours plus au service du Capital, en temps réel.

Le transfert de l’aéroport à Notre Dame obéit à la logique de ce nouvel ordre local qui réorganise et polarise autoritairement l’espace, proche ou régional, pour qu’il devienne incontournable, central, rentable. L’aéroport et son barreau routier sont nécessaires à la métropolisation et en découlent. Certains opposants à l’aéroport siègent justement dans les institutions qui portent, financent et gèrent ce projet : cette contradiction constitue un point de clivage fondamental et indépassable entre eux et nous. Si l’on constate déjà une désertification des campagnes, une vie ralentie des bourgs et petites villes, condamnés aux résidences secondaires ou aux cités dortoirs, la métropole l’accentuera encore pour la majorité de la population, éparpillée et isolée, avec ses déplacements quotidiens obligés entre zones d’habitation et de travail, de commerce et de loisir. Cette sociabilité minimum induite par l’organisation de la métropole ne peut qu’encourager à la passivité et décourager les velléités de résistance. Le combat contre le projet d’aéroport soulève donc des problématiques bien plus vastes, concernant le mode capitaliste de la société à venir, l’aménagement de nos territoires et de nos vies par la force, en fonction des intérêts du Capital et de l’État. De plus, d’un point de vue de classe, en tant que travailleurs, chômeurs, précaires, nous n’avons aucunement besoin de cet aéroport et notre participation à la lutte exprime aussi une solidarité sociale avec les petits paysans locaux et les opposants précaires qui, ensemble, vivent travaillent construisent expérimentent et cultivent sur la ZAD.

POUR UN CORTÈGE ANTICAPITALISTE ET ANTI-AUTORITAIRE

Le 22 février, nous appelons à faire entendre cette expression de façon joyeuse et déterminée dans la manifestation anti-aéroport pour poser de façon explicite et visible tous ces enjeux, pour aller au fond de la critique de ce projet inutile et nuisible, et de son monde, avec en perspective l’émancipation sociale.

Après les échecs des luttes sociales ces dernières années, bloquer ce projet d’aéroport et gagner cette bataille de quarante ans (et nous gagnerons !) contribuerait à renverser la vapeur… en France mais aussi ailleurs car ce combat a pris une dimension internationale. Il s’agit de reconstruire un rapport de forces contre le capitalisme, pour favoriser les autres luttes et empêcher leur criminalisation, comme tente de le faire l’État italien qui assimile la résistance au projet de TAV Lyon-Turin à du terrorisme et qui utilise ainsi des procédures et lois d’exception, proches d’une situation de guerre.

Mener cette lutte, c’est aussi essayer de développer aujourd’hui d’autres rapports sociaux fondés ni sur la compétition et l’exploitation capitalistes, ni sur l’autoritarisme étatique, mais basés au contraire sur la solidarité, l’entraide, la lutte directe, l’autonomie et l’autogestion des mouvements sociaux.

RETROUVONS NOUS SAMEDI 22 FÉVRIER À PARTIR DE 12H, COURS DES 50 OTAGES PRÈS DE LA PRÉFECTURE, POUR AFFIRMER NOTRE REFUS DU CAPITALISME ET DE SON AÉROPORT !

Initiative soutenue par : des individus, Fédération anarchiste, Organisation Communiste Libertaire, groupe libertaire Lochu (Vannes), Alternative Libertaire, COPAIN Poitiers, Front libertaire Saint-Nazaire, (liste à compléter).
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede vroum le Sam 15 Fév 2014 10:10

Banderole de tête de la manif du 22 à Nantes
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Banderole de queue
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede vroum le Dim 23 Fév 2014 11:34

Bon communiqué des organisateurs de la manif :

Nantes/Notre-Dame-des-Landes: Communiqué des organisateurs de la manifestation anti-aéroport du 22 février
22 février, 2014

La manifestation d’aujourd’hui a connu une mobilisation inégalée.


520 tracteurs, venus de tous les départements limitrophes ont été comptés, deux fois plus que le 24 mars 2012 à Nantes. Cela marque une implication massive du monde paysan. Les tracteurs vigilants sont prêts à intervenir sur la ZAD.

Il y avait 63 bus venus de toutes les régions de France, deux fois plus encore que lors de la chaîne humaine. C’est le signe d’une mobilisation nationale et de la connexion entre Notre Dame des Landes et d’autres luttes contre les grands projets inutiles et imposés.

Il y avait entre 50 et 60 000 personnes, plus encore que lors de la manifestation de réoccupation du 17 novembre 2012. Il s’agit de la plus grosse mobilisation du mouvement.

Le défilé a été festif, créatif et déterminé, avec des batukadas, salamandres, tritons géants, masques d’animaux marquant le refus de la destruction des espèces protégées et des mesures dites de compensation. Des prises de paroles et animations ont eu lieu jusqu’à 18h square Daviais.

La préfecture avait choisi de mettre Nantes en état de siège et de nous empêcher d’être visible dans le centre-ville. C’est la première fois qu’on interdit à une manifestation d’emprunter le Cours des 50 Otages. Une partie du cortège est passée par l’Île Beaulieu. Une autre a essayé de passer par le trajet initialement prévu et a fait face à une répression policière violente avec tirs de flashball, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Cela n’a pas empêché les manifestants de rester en masse dans les rues de Nantes jusqu’à la fin.

Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti-aéroport, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la ZAD ?

Cette journée est un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain. L’opposition ne fait que croître depuis 30 ans. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’abandonner le projet d’aéroport !
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede totto le Dim 23 Fév 2014 18:36

Le gouvernement a délibérément choisi la confrontation violente. Ça va se retourner contre lui...
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede bajotierra le Lun 24 Fév 2014 19:28

Aéroport de Notre-Dame-de-Landes: ce qui est arrivé à Quentin, à Nantes, le 22 février 2014.
http://dormirajamais.org/nddl/
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Re: Un appel à la résistance à Notre Dame Des Landes

Messagede vroum le Jeu 27 Fév 2014 09:56

Lettre ouverte du mouvement armé au préfet de Loire atlantique, M. Christian de Lavernée.

Cher Christian,

Vous avez déclaré hier, « L’opposition institutionnelle à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit cesser d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ». Il nous serait facile de vous reprocher, M. Le Préfet, de vouloir à votre tour briser des vitrines.

Mais après la manifestation de samedi, autant l’avouer tout net et cesser enfin de nous cacher : nous sommes bel et bien un mouvement armé.

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Nous sommes un mouvement armé de bon sens remuant et d’idées explosives,de palettes et de vis, de pierres parfois - même s’il y a ici plus de boue et de prairies,de carottes et de poireaux, d’humour et de tracteurs, d’objets hétéroclites prêts à former spontanément des barricades et d’un peu d’essence au cas où, d’aiguilles à coudre et de pieds de biche,de courage et de tendresse, de vélos et caravanes, de fermes et cabanes,de masques à gaz ou pas, de pansements pour nos blessés, de cantines collectives et chansons endiablées, de livres, tracts et journaux, d’éoliennes et de radios pirates, de radeaux et rateaux, de binettes, marteaux, pelles et pioches, de liens indestructibles et d’amitiés féroces, de ruses et de boucliers, d’arcs et de flêches pour faire plaisir à Monsieur Auxiette, de salamandres et tritons géants, de bottes et impers, de bombes de peinture et de lances à purin, de baudriers et de cordes, de grappins et de gratins, et d’un nombre toujours plus important de personnes qui ne vous laisseront pas détruire la zad.

Vous ne nous ferez pas rendre ces armes.

Et vous, M. Le préfet, quand cesserez vous d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ?
Sincèrement,

Les Black Ploucs

Source : Zone à défendre
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