A la suite des "évènements de Poitiers" (c'est à dire pour les journaflics, juste une quinzaine de vitrines brisées dont celle d'une échoppe du groupe Bouygues, constructeur de prisons/CRA/EPM), un ancien RG, aujourd'hui délégué national du syndicat majoritaire Unité Police (SGP-FO) pointe le manque d'anticipation des services de renseignements, lié selon lui à une restructuration administrative, et un manque de connaissances :
"(...)
A l’heure actuelle, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), qui traite d’ailleurs du contre-espionnage et du terrorisme. Pendant six années, j’ai travaillé au sein des Renseignements Généraux, où il existait une section appelée "contestation et violences", dans laquelle on traitait des groupes violents, qu’ils soient d’extrême gauche ou d’extrême droite. Cette section, qui a disparu du côté RG, existe toujours au sein de la DCRI, sous une nouvelle appellation. En revanche, cette unité a très probablement perdu des spécialistes qui maîtrisaient parfaitement le problème de l’extrême gauche. En d’autres termes, on a mis en place une réforme du renseignement chiffrée, calibrée, sans gérer les ressources humaines, et ainsi tenir compte des personnes qui avaient de précieuses connaissances dans tel ou tel domaine. Je ne nie pas qu’il y ait de très bons spécialistes à la DCRI, en revanche, on s’est privée de certaines personnes-ressources.
De nombreux spécialistes, qu’ils soient historiens, sociologues ou policiers, sont d’accord sur un point : pour suivre l’extrême gauche, il faut avoir la culture et la connaissance de ce milieu-là, savoir comment les appréhender. Aujourd’hui, on est peut-être en train de s’apercevoir qu’il n’y a pas suffisamment de connaissances du côté de la police pour travailler efficacement sur ces groupes-ci, qui se développent, et peuvent représenter un danger pour la République. D’autant que ces groupes n’ont aucune existence légale. Ce qui complique le travail d’enquête.(...)
n'oubliez pas d'ecrire et d'envoyer des mandats à
Patrick Dubreucq numero d'ecrou 145
centre penitentiaire de poitiers Vivonne
86370 vivonne.
. LIBERATION DE PATRICK DUBREUCQ
RASSEMBLEMENT A TOURS SAMEDI 31 OCTOBRE 2009
à 15h00 , place Jean Jaures, devant le palais de justice.
. LIBERATION DE PATRICK
. LEVEE DES INCULPATIONS ET SOLIDARITE AVEC LES CONDAMNES INNOCENTS ET BOUCS EMISSAIRES DE POITIERS
Suite aux évènements liés à la manifestation anti-carcérale du 10 octobre à Poitiers, des personnes ont été déclarées coupables de violences sur policiers sans preuves. Huit sont passés en comparution immédiate forcée à la suite de la garde à vue, et trois d'entres elles ont été condamnées de 1 à 4 mois de prison ferme, les autres à du sursis et fortes amendes. Patrick a été condamné à 8 mois de prison dont 4 fermes soupçonné d'avoir lancé une petite pile plate en direction des policiers. Dix autres personnes avaient été relachées à l'issue de la garde à vue, parmi elles trois sont poursuivies pour refus de prélèvement ADN et donc pour "rebellion".
Ce fut un procès expédié, dans le cadre d'un déchainement médiatique et d'une pression de l'Etat à travers le ministre Hortefeux. Ces personnes n'ont pas participé directement aux évènements et ont été arrêtées par la suite, se rendant à un concert organisé dans le cadre de cette journée anti-carcérale, et sont étrangères aux faits qui leur sont imputés. Elles ne servent que de boucs émissaires dans une parodie de justice. Leur seul tort semblerait d'avoir participé à une forme de contestation que ce Pouvoir ne saurait tolérer et ne sait que réprimer.
Depuis, des demandes de mise en liberté, accompagnées d'une mobilisation importante à Poitiers, ont été acceptées pour les deux étudiants incarcérés mais pas pour Patrick qui s'est vu refuser ce droit. Pourquoi Patrick n'a t'il pas pû bénéficier de cette demande de mise en liberté ? Patrick est un tourangeaux connu pour participer à nombre de mouvements et de luttes (chomeurs, logement, DAL, sans papiers...) et est humainement apprécié et pas désocialisé contrairement à ce qui est affirmé dans les médias.
Le parquet s'est permis de faire appel, Patrick repassera en jugement le 19 novembre, les deux autres le 10 décembre.
Nous exprimons notre indignation face à une telle répression aveugle, une telle parodie de justice et face à l'exercice d'une justice de classe, et exprimons notre solidarité et notre soutien à l'ensemble des condamné-es. C'est pourquoi, a la suite d'une forte mobilisation à Poitiers, nous avons décidé de nous mobiliser à Tours, comme dans d'autres villes, avec dans l'immédiat la demande de libération pour Patrick, et la lévée des inculpations pour tout-es les condamné-es. Dans la foulée le Pouvoir fait passer deux décrets qui remettent au gout du jour le décrié fichier edvige, et permet de ficher une grande partie de la population dans une logique de repression de la contestation et des mouvements sociaux. Nous tenons donc aussi à manifester notre opposition à ce typre de fichiers.
Les amendes, frais d'avocats et de justice se montent à une très grosse somme, une caisse de solidarité s'est ouverte à Poitiers pour recueillir les dons solidaires :
chèques à l'ordre de « Acratie ». Adresse : Acratie (CAR) 86310 LA BUSSIERE. Mettre au dos du chèque : “solidarité Poitiers”. Il est possible de passer par les militants tourangeaux en lien qui feront suivre.
RASSEMBLEMENT SAMEDI 31 OCT
à 15h , place Jean Jaures, devant le palais de justice.
Premiers signataires : SUD/SOLIDAIRES, Alternative Libertaire, Coordination des Groupes Anarchistes, Les Amis de Demain Le grand Soir...
fu hsang a écrit:wé heureusement qu il est innocent sinon personne ne bougerait ...
"liberez les innocents , les autres qu ils purgent leur peine " les coupables ... vous pouvez les garder
(...)
(...)Bien entendu, que des personnes solidaires réclament la libération des inculpés, qu’ils soient coupables ou innocents, n’empêche pas ces derniers de se défendre de leur accusation et de présenter au juge des garanties de représentation (un travail, un logement…). Mais mettre en avant publiquement des profils d’innocents nous conduirait à parler de la personnalité des accusés, de leur parcours de vie, de leurs habitudes, de leur situation… Ce qui non seulement est inintéressant, mais sous-entend en plus qu’il y aurait deux catégories de personnes : « les gens biens », tellement gentils et intégrés qu’ils ne peuvent qu’être innocents, et les autres, évidemment coupables, la plupart du temps appartenant aux « classes dangereuses », c’est-à-dire aux classes populaires.
En plus, s’affirmer solidaires sur la base de l’innocence des accusés et d’une dérive de la justice revient à sous-entendre que la justice devrait agir comme d’habitude, c’est-à-dire condamner les « coupables ». Au final, cela entérine le fonctionnement normal de la justice et en appelle à un Etat de droit.
Enfin, il est problématique de dire que des personnes n’ont pas le profil, qu’elles n’auraient donc jamais pu commettre des actes qui nous semblent prendre part à la conflictualité sociale. C’est affirmer que les personnes n’ont ni le profil socio-économique, ni les idées, les pensées liées aux actes reprochés. Il est évidemment nécessaire de déconstruire le montage policier et médiatique, mais lorsque cela prend toute la place dans le discours public, c’est une position politique : un tel discours conduit, même indirectement, à se démarquer des actes de révoltes. Il risque donc de participer à la logique de l’Etat qui veut, en poursuivant un acte de révolte, discréditer plus largement ce type d’acte. Mieux vaut au contraire se montrer solidaires des actes de révolte et peu importe l’innocence ou la culpabilité des personnes inculpées.(...)
viewtopic.php?f=9&t=894&p=53952#p53952
Retourner vers Luttes actuelles et manifestations
Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 2 invités