cnt educ et elections professionnelles

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cnt educ et elections professionnelles

Messagede scrash le Ven 8 Mai 2009 14:53

voilà j'entends deci delà que la cnt educ voudrait se présenter aux élections professionnelles...

C'est quoi ce délire ?
Avez vous des infos ?
scrash
 

Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede Nico37 le Ven 8 Mai 2009 16:39

oh c'est pas nouveau qu'ils participent localement, Emancipation notament avait un entrefilet (sur la Nièvre il me semble). Mais faudrait chercher et je pense néanmoins que ça reste marginal...
Je pensais que ces militants étaient passés à Sud éducation mais visiblement pas...
Et il faudrait parler de la participation ponctuelle dans le privé à certaines élection CE/CHS-CT...
Nico37
 

Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede CNT-AIT Paris le Ven 8 Mai 2009 16:46

Oui dans la nièvre (il y a des tracts sur leur site je crois).A Bordeaux aussi je crois ...

Sinon certains membres éminents des Vignoles, du style cramponnés au micro dans les manifs parisiennes, sont élus dans leur lycée ... mais pas sous l'étiquette Vignoles ... Double discours ...

néanmoins que ça reste marginal...


C'est avec ce genre d'argument que l'introduction de la participation systématique dans le privé a été opérée ... (ce qui a amené, une fois qu'on était devant le fait accompli, à la scission ...)
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Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede Nico37 le Ven 8 Mai 2009 16:58

CNT-AIT Paris a écrit:Sinon certains membres éminents des Vignoles, du style cramponnés au micro dans les manifs parisiennes, sont élus dans leur lycée ... mais pas sous l'étiquette Vignoles ... Double discours ...

La double carte ceci dit n'est pas interdite à la CNT Vignoles et par ailleurs, il est possible qu'il y ait des listes intersyndicales (c'était rare avant, ça commence à ne plus l'être...). Pour Bdx, je me renseigne mais ça me semble improbable, c'est une des UR les plus intègres (il est question de défédération à cause de la dérive réformiste).
Par contre, pour la suite du fil, ça serait bien de ne pas fonctionner sur la mémoire/"on m'a dit que", ou du moins de donner des réf. les plus précises possibles (je pense qu'il y a plusieurs lecteurs d'Emancipation sur ce forum, s'il retrouvent le n° et la page voire s'ils ont le courage de taper ou scanner le §))...
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Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede Roro le Ven 8 Mai 2009 21:24

CNT-AIT Paris a écrit:Oui dans la nièvre (il y a des tracts sur leur site je crois).A Bordeaux aussi je crois ...


M'étonnerait que ce soit le cas sur Bordeaux, la Vignolle bordelaise étant largement tendance anarcho-syndicaliste et anti-électoraliste. Peut-être un ou deux, ce qui m'étonnerait cependant, ça ferait l'effet d'une bombe une telle nouvelle, probable même que ça ferait imploser la CNT locale.
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Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede CNT-AIT Paris le Jeu 14 Mai 2009 01:11

En ce qui concerne la région parisienne c'est pas du on dit ni de la mémoire ... ou alors de la mémoire vive ... :D

Pour bordeaux j'ai du confondre avec les PTT (ils s'étaient présentés aux élections - notamment mutuelle - dans le passé). Quant à dire que la Vignoles bordelaise est farouchement anti anarchosyndicaliste, possible. L'ancien secrétaire confédéral bordelais d'il y a quatre-cinq ans, qui avait des boutons quand on parlait d'anarchisme, à quitter les Vignoles ? (cf son interview dans Politis "le réveil des chats noirs" Ca se trouve sur le net).
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Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede qierrot le Jeu 14 Mai 2009 02:19

Je suis bien d'accord avec vous, c'est vraiment horrible de voir des syndicalistes vouloir faire du syndicalisme...Je ne sais même pas où ils ont trouvé çà dans l'histoire de cet anarchisme qui prend ses sources dans l'histoire du mouvement ouvrier...ni comment les uns et les autres avez pû avaler à ce point l'appel à voter aux élections politiques de 36 en Espagne par cette CNT dont certains se bataillent l'héritage...? :wink:
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Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede bajotierra le Ven 15 Mai 2009 10:32

Ainsi donc quierrot doit penser que puisque Kropotkine a soutenu l'entrée dans la guerre de 1914/1918 nous n'aurions, en tant que lecteurs de la "conquête du pain " , que le choix de soutenir les boucheries chauvines .( Avec sa position sur l'état palestinien nous y sommes ) .

A la trappe toute la méthodologie réflexice qui est le propre de l'anarchisme mlilitant et qui consiste a tirer les bilans de qui a était fait afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs ! Qu'est ce qu'on est bien alors a SUD avec le petit drapeau rouge et noir siglé de la boutique a pins ......Et , puisqu'on se donne cette bonne conscience dans la reproduction du pire, pensons a Proudhon qui a participé aux élections de 1848 cela laisse toujours une bonne marge comme en 2002 et l'appel au vote chirac ...........
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Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede Berckman le Ven 15 Mai 2009 12:36

La CNT educ tolére depuis qqs années la présentation individuelle au CA (et non avec l'étiquette syndicale), à titre expérimental, sou contrôle du syndicat de rattachement. Les bilans sont globalement négatif, mais cela permet parfois d'amener justement les collègues sur une critique du CA (en en montrant les impasses). En général l'expérience n'est pas rééditée.

Le dernier congrès a été l'occasion de discuter des modifications du droits syndical lié à la réforme de la "représentativité". Jusqu'ici il n'était pas nécessaire de participer aux élections professionnelles dans le secteur public pour accéder aux "droits syndicaux" minimaux : panneau d'affichage, heures d'informations syndicales, autorisation spéciale d'absence, dépot des préavis de grève.
Il faut savoir que dans le public, contrairement au privé, seuls les organisations syndicales "représentatives" peuvent déposer un préavis de grève. Pour être "couvert" en tant que grèvistes, il faut qu'un préavis soit déposé. Dans le privé, il suffit d'être 2 et de communiqué les motifs de la grève.
Jusque là les préavis de grèves déposés par les syndicats de la CNT-FTE étaient reconnu, ce qui permettait de couvrir les collègues qui partaient en grève, et notamment, et à la CNT d'appeler seule à la grève (ce qui a permet de développer notamment des stratégie de grève reonductible) si cela était nécessaire, y compris pour "couvrir" des collègues non syndiqués en grève.
La CNT-fte voit maintenant ses préavis de grèves contestés (avec en perspective la même volonté liquidatrice que pour la CNT-PTT), et ce s'appuyant sur la modification des règles de représentativité qui rend maintenant incontournable la participation aux élections pour l'accès à des droits syndicaux (il s'agit non plus d'un critère parmi d'autre comme auparavant, mais d'un critère devenu déterminant).
Pour le moment cette remise en cause n'a pas lieu partout : les préavis sont contestés à Lyon, et pour les ATOS en Seine Saint Denis (menace de mise à pied suite à une grève).
C'est pour anticiper cette situation que le congrès de la fédération de l'éducation a autorisé la participation aux élections professionnelles, pour faire face à la répression syndicale, mais sous le contrôle de la fédération.
Pour l'instant, à Lyon, le choix a été d'abord de faire un recours au TA, parrallèlement à une campagne pour la défense des droits syndicaux.
L'enjeu c'est notamment la capacité de développer des mouvements de grève en dehors des OS majoritaires (principalement le SNES) et donc la possibilité de construire des mouvements reconductibles.
Personnellement je pense qu'il faut mener une campagne de fond de défense de la liberté d'expression et d'organisation pour l'ensemble des salariés, pas uniquement les seuls droits syndicaux, ce qui n'empêche pas de faire des choix tactiques permettant de préserver temporairement le droit de grève (et donc la possibilité de déborder les OS majoritaires). Avec en ligne de mire : abrogation des ordonnances PErben (monopole du préavis par les OS représentatives), non à toutes les restrictions du droit de grève.

Par contre, la présentation de la nièvre s'est faite à l'époque par la politique du "fait accompli", c'est à dire hors cadre fédéral. C'est un problème, et l'exclusion a été évoquée, mais n'a pas obtenu une majorité.

Personnellement c'est surtout la politique du fait accompli, le non respect de la démocratie syndicale par certain-e-s acamarades qui me choquent, plus que des choix tactiques, certes insatisfaisant, mais qui sont liés à une stratégie de défense des possibilités d'actions syndicales, et du droit syndical.
L'objectif ne doit pas être la "représentativité" mais la liberté d'organisation et d'expression sur le lieu de travail. Le cadre légal ne doit être vu que sur le plan tactique, pas comme un objectif en soi.
Berckman
 

Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede scrash le Sam 16 Mai 2009 11:28

Merci pour ces précisions Berckman.
scrash
 

Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede vroum le Mer 29 Sep 2010 15:09

Je quitte la CNT

dimanche 26 septembre 2010

Lettre ouverte aux adhérent-es du syndicat CNT de l’Éducation de Paris.


Source : Dernier numéro de la revue libertaire internationale Divergences : http://divergences.be/spip.php?article2109

Je suis fils de l’exil espagnol, d’un ouvrier anarchiste catalan et d’une paysanne aragonaise. C’est en 1969, à l’âge de 16 ans, que j’ai adhéré à la CNT et aux JAS (Jeunesses anarcho-syndicalistes) de Lyon. À cette époque, je suis devenu ouvrier de la métallurgie, par la suite, j’ai participé à la création de l’ORA (Organisation révolutionnaire anarchiste). À cette époque, sur la lancée de mai 68, dans les facs, dans les usines, dans les quartiers, dans les AG et sur les barricades… le pouvoir, la hiérarchie et le capitalisme étaient contestés par des millions de grévistes, d’étudiants et de salariés. L’utopie était en marche, les ménagères, les retraités, les illuminés, les enragés, les immigrés, les étudiants, les syndicalistes portaient en eux les rêves les plus fous, les plus audacieux.

Plus tard, en 1971, j’ai adhéré, comme beaucoup de révolutionnaires de ce temps-là, à la CFDT. Nous pensions alors que l’engagement de cette organisation dans le camp autogestionnaire et dans le soutien aux luttes ouvrières les plus avancées, comme à Lip, pouvait permettre le développement d’un courant révolutionnaire dans la classe ouvrière… C’était sans compter sur la capacité des bureaucraties syndicales à empêcher le développement de toute tentative d’autonomie ouvrière et à pouvoir recycler des mots d’ordre comme : « L’imagination au pouvoir », « C’est possible : on fabrique, on vend, on se paie », « L’autogestion sociale passe par l’autogestion des luttes »…

À 20 ans, je suis devenu insoumis à l’armée, par refus du militarisme, du colonialisme et de la résignation. Insoumission totale, civile et militaire, j’ai rejoint ceux de Paris, de Barcelone et d’Amsterdam, toutes les tribus de la conscience autonome, tous les réfractaires au vieux monde : les irréductibles, les indigènes, les poètes maudits, les flibustiers, les hérétiques, les squatteurs, les saboteurs, les guérilleros du quotidien, les artisans du Vrai Art Nouveau, les résistants au fascisme… Exils, clandestinités, pirateries en tout genre, huit années de cavale, de liberté envers et contre tout.

Je me suis installé à Paris en 1983, où j’ai entamé ma carrière universitaire. Puis, j’ai ré-adhéré à la CNT en 2000, en rejoignant un certain nombre de mes vieux amis de la CNT et de l’ORA au sein du syndicat de la communication, de la culture et du spectacle.

En mai 2000, j’ai participé avec enthousiasme au projet « Un Autre futur » de la CNT. À cette époque, de nombreux travailleurs adhéraient à la CNT, la rue des Vignoles était un havre fleuri et accueillant (tout le contraire d’aujourd’hui !) pour tous ceux qui rejetaient le pouvoir, ses courroies de transmission et le syndicalisme d’accompagnement, de cogestion : le syndicalisme réformiste. La semaine « Un Autre futur » avait rencontré un immense succès médiatique et l’affluence aux concerts, aux projections, aux expositions, aux meetings et à la manif du 1er mai était massive.

Hélas, l’équipe d’organisation du projet « Un Autre futur » se heurta très vite aux critiques de ceux qui avaient des difficultés à s’inscrire dans le cours du temps et à comprendre la nécessité pour la CNT de s’ouvrir, de sortir du ghetto dans lequel elle restait enfermée. Quel péché avaient commis les organisateurs d’« Un Autre futur » ?

Je pense encore aujourd’hui avec émotion au décès de Gérard Mélinand, un vieux copain de l’ORA, quelques jours après la semaine « Un Autre futur », alors qu’il avait été la cheville ouvrière de ce projet. Gérard, meurtri, épuisé, contre qui un acte d’accusation avait été dressé, contre qui des insultes vengeresses avaient été proférées. Les instigateurs de cette campagne calomnieuse ont agi avec arrogance, mais aussi par ignorance et avec beaucoup de mépris.

C’est dans un climat détestable au sein du syndicat de la Comm’ que nous avons créé, en 2001, la revue sociale et culturelle « Un Autre futur ». J’en suis devenu le directeur de publication. C’était pour nous comme une continuation de la semaine de mai 2000, pour permettre à la CNT de renforcer son audience et d’intervenir sur notre champ d’activité principale : la culture. Mais la machine à briser les rêves s’était emballée, comme la semaine « Un Autre futur », la revue du même nom allait très vite trouver ses détracteurs au sein même du syndicat de la Comm’. En fait les mêmes qui quelques mois plutôt avaient tenté de saborder le projet « Un Autre futur », plus quelques autres. « Revue culturelle pour bobos », « pas assez d’articles sur la question sociale écrits par de vrais travailleurs » (mais qui étions-nous ?!), « trop de signatures de célébrités, trop d’intellos… » Eh oui, notre péché avait été d’avoir intégré dans notre rédaction Tardi, Michel Boujut et Dominique Grange, de pouvoir compter parmi nos dessinateurs, entre autres, Siné et Pétillon. « Adèle Blanc-Sec, Jack Palmer, un régent du collège de pataphysique et les Nouveaux partisans à la CNT, mais vous n’y pensez pas camarades, il ne faut pas désespérer les limonadiers de la rue des Vignoles ! » Si nous avions écouté les mous du cigare qui nous critiquaient, Cartier-Bresson, Tardi, Gatti, Jean-Michel Carré, Jean-Louis Commoli, Noir Désir, Nilda Fernandez, François Béranger, l’ami Serge Utgé Royo, la fanfare des mineurs gallois de Tower Powery et tant d’autres n’auraient jamais du pouvoir participer à la semaine « Un Autre futur » !

Ensuite, vint l’heure de la scission au sein de la Comm’, inévitable et nécessaire pour certains. Sous prétexte que le secteur presse et médias étaient en plein développement, les instances (le bureau confédéral) labellisèrent le SIPM (Syndicat indépendant de la presse et des médias). Les pourfendeurs de l’ombre s’affichaient au soleil, impasse des Vignoles. Qu’importait le fait que la Comm’ soit affaiblie par cette scission et qu’elle ne s’en remette jamais. C’était l’un des plus gros syndicats de la région parisienne, à l’époque il était composé de sections actives à la Cité des sciences, à la FNAC, à la BNF, ou à la Cinémathèque française. Il allait être victime une nouvelle fois des manœuvres, des scissions et des accusations. La question est de savoir aujourd’hui qu’est devenu le SIPM et combien de véritables sections syndicales il représente ?

Quand la revue « Un Autre futur » fut sabordée par la Comm’, j’ai rejoint le syndicat de l’Éducation de Paris. En 2005, nous avons créé, avec mes amis Hervé et Sylvain (des compagnons valeureux), la section syndicale de l’université Paris 3, où je suis technicien depuis 1999. C’est donc tout naturellement que j’ai rejoint l’Éduc’.

Six belles années d’engagement lors de toutes les grèves et les blocages contre le CPE et la LRU, mais aussi pour la défense des étudiants, des personnels non-enseignants et enseignants. Six années durant lesquelles nous avons démontré aux personnels et aux enseignants que la CNT n’était pas au niveau local, contrairement à l’image que l’on donnait dans nos manifs, une organisation de mélomanes amateurs de street-punk-rock, de pogoteurs enfiévrés, de buveurs de kro, de paradeurs virilistes, mais une organisation de travailleurs. Nous avons été à l’origine au sein de la fac, du ciné-club « Les écrans rebelles », du RUSF, d’AG, de meetings, de débats, de concerts et même de cours de salsa… Le départ de nombre de nos adhérents (et en particulier celui d’Hervé Naveau, le meilleur d’entre nous tous !) et les difficultés à en syndiquer de nouveaux, ont fait que la section est aujourd’hui moribonde, sans secrétaire, sans trésorier et sans cotisants… Ce n’est pas la démonstration de force d’une trentaine de jeunes français issus des classes moyennes (voir supérieures pour certains) et en plein bouleversement hormonal, dans les couloirs de Censier, lors de la réunion antifa du 1er juin dernier, qui rendra possible de nouvelles adhésions. Depuis cette parade, la CNT est définitivement grillée syndicalement sur Paris 3. Comment cet antifascisme germanopratin qui ne franchit jamais le périph’, peut-il s’opposer aux développements des thèses autoritaristes et xénophobes, à une extrême-droite revigorée par l’échec de Sarkozy, à « la bête immonde » comme l’appelait Baudelaire ?

Petite anecdote, le lendemain de la parade musclée des antifas, le concierge de mon université, connaissant mon appartenance à la CNT, est venu m’interroger : « mais je ne comprends pas, pourquoi tu invites les fascistes à un débat sur l’extrême-droite ? » Ce n’est qu’après-coup que j’ai compris qu’il voulait parler de mes petits camarades du SO. Antimilitariste et antiautoritaire convaincu, je réprouve depuis de nombreuses années toute forme de violence et de virilisme. « L’illusion de nos paroles radicales occulte la misère de nos actes » écrivait le MIL espagnol en 1973, peu avant son auto-dissolution, une phrase hélas toujours d’actualité.

Le climat qui règne au sein de la régionale parisienne est délétère. J’ai l’impression qu’un désastre se prépare avec les manœuvres visant le syndicat du nettoyage de la région parisienne. Le seul syndicat dans la région ayant une réelle présence dans son secteur d’activité. Il regroupe plusieurs centaines de travailleurs, africains pour la plupart, il existe depuis 20 ans et il a été à l’origine de nombreuses grèves victorieuses, dans le métro notamment. Et voilà qu’une poignée d’individus, qui s’est emparée de l’union régionale, s’apprête à faire le ménage au Nettoyage et à demander l’exclusion d’Étienne Deschamps, le salarié du syndicat pour les questions juridiques.

Et pourquoi ? Parce qu’Étienne est un permanent et qu’à la CNT on refuse les permanents. Il est facile de dire cela lorsqu’on fait partie d’un syndicat regroupant 4 ou 5 personnes et que l’on a aucune pratique syndicale de terrain, mais que faire lorsqu’il s’agit d’un syndicat regroupant des centaines de travailleurs ? Qui prend en charge les questions juridiques et administratives ? Les travailleurs, après leur journée de labeur ? Le problème est là, la CNT n’est pas une organisation de travailleurs, elle campe sur des positions idéologiques qui empêchent tout développement syndical. La CGT espagnole et la SAC suédoise sont des organisations syndicales révolutionnaires composées de véritables syndicats de travailleurs, il y a longtemps que ces organisations ne se posent plus le problème d’avoir des permanents ou pas. Et ce par nécessité, afin de permettre à l’organisation de fonctionner et de se développer. Les tenants d’une orthodoxie anarcho-syndicaliste dépassée feraient bien de rendre visite à nos compagnons espagnols et suédois.

Étienne Deschamps a fait parti du groupe de compagnons qui a redonné vie à la CNT française il y a une trentaine d’années, je connais son engagement politique et syndicale, je connais le courage de ses choix, il se bat aux côtés des travailleurs du nettoyage depuis 20 ans et je trouve immonde le procès qui lui est fait.

Enfin, je voudrais finir en vous parlant des éditions CNT-RP dont je fais partie depuis plusieurs années en y publiant de cravachant livres anarchistes. Face aux éditions, nous retrouvons les inquisiteurs de toujours, ceux qui depuis des années remettent en question le groupe qui anime les éditions. Nos choix éditoriaux et le type de fonctionnement que nous avons adopté sont contestés. Mais parmi nos détracteurs, et dans la CNT plus généralement qui propose des ouvrages, qui les achète, qui les promotionne, qui les diffuse ? Très peu de cénétistes parisiens, seuls les compagnons de province s’intéressent à nos publications.

Je n’admets pas le mépris affiché contre certains vieux compagnons, comme Solange Bidault, Eduardo Colombo, Miguel Chueca, Franck Mintz et Jean-Louis Phan Van. Ce sont des compagnons valeureux, leur engagement passé et présent ne mérite pas une mise au pilori incessante. Je tiens à leur témoigner avant mon départ toute mon amitié et toute ma solidarité. Mais je connais leur combativité, ils feront face à leurs liquidateurs et, à mon avis, il sera bien difficile de les chasser de la rue des Vignoles.

Les gens qui s’attaquent à nos vieux compagnons ont une responsabilité écrasante dans l’échec de la CNT au niveau parisien. Vae victis… Malheur au vaincu, mais il doit être entendu par tous les militants de la CNT que les responsables de cette situation doivent prendre leurs responsabilités et assumer toutes les conséquences d’un fiasco historique pour le syndicalisme révolutionnaire en région parisienne. Je ne veux pas m’acharner sur les personnes, de toutes manières, elles ont je pense conscience de l’étendue du désastre. Pour preuve de ce désastre, il y a quelques jours aux Vignoles la fête de la CNT s’est soldée par un échec total sur le plan de l’audience. Aujourd’hui même, lors de la grande manif sur les retraites, l’incapacité de la CNT à mobiliser sur la région parisienne était évidente. Le petit groupe de cénétistes rassemblé en bordure de manif sur le boulevard Beaumarchais avait beau avoir une sono tonitruante, le fait est qu’il donnait plus l’image d’un groupuscule que celle d’une organisation de travailleurs. C’était pathétique…

Il y a dans la vindicte de ceux qui demandent des têtes quelque chose de profondément malsain. La faillite programmée de la CNT parisienne, c’est aussi la conséquence d’un certain cynisme qui empoisonne la CNT comme l’ensemble de cette société malade. Le real-syndicalisme efface toute élégance, tout respect, toute considération pour les autres et finalement toute valeur collective, il faut en finir définitivement avec ce fléau.

Je suis lassé, profondément déçu depuis quelques mois par l’évolution de l’organisation. Héritier de ceux de Barcelone et du Front d’Aragon, je demeurerai syndicaliste révolutionnaire, mais je considère que la CNT n’a plus les moyens d’organiser les travailleurs sur les bases de l’autonomie et du syndicalisme de lutte. Cette situation m’amène à quitter la CNT. Le travail accompli par le syndicat du Nettoyage, le syndicat du Bâtiment, les sections de la Cinémathèque française, de la Cité des sciences, de People and Baby, l’excellent travail effectué depuis des années par nos compagnons de l’éducation (chose qui est visible à travers une publication de qualité comme « N’Autre école »), tout cela montre le potentiel de certains militants de la CNT… Quel gâchis !

Comme le disent les mutants de l’Atelier anarchiste de La Havane :

Con amor, imaginación y autonomia.

Vive la flibuste !

Paris, le 24 juin 2010

Daniel Pinós, ex-membre de l’équipe éditoriale des éditions CNT-RP, ex-membre du syndicat CNT de l’Éducation de Paris.
Dernière édition par vroum le Jeu 30 Sep 2010 08:35, édité 1 fois.
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Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede Arthur le Jeu 30 Sep 2010 07:35

Ragots, rumeurs ...
Les tenants de la vieille boutique, sous l'excuse d'une information (unilatérale), reviendrait-elle à une volonté hégémonique à jamais perdue ?
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Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede l.laurentbeaumont le Ven 1 Oct 2010 09:53

Bonjour, je suis angevin et assez fan d'histoire locale. Dans notre coin, les mouvements anarchistes furent très influents sur la scène locale (en particulier aux ardoisières de Trélazé), jusqu'à la première guerre mondiale, puis au sein de ces ardoisières (deux compagnies), les anars restèrent soit à la C.G.T, soit à la C.G.T.U., puis soit à l'U.F.S.A., soit à la C.G.T.S.R., et/ou firent des allers-retours.

Ces débats sur les délégués du personnel, quant je vois l'histoire de nos prédécesseurs, y compris de la cgtsr (considéré comme anarchosyndicalilste -et au début syndicaliste-révolutionnaire de type fédéraliste comme ils disaient), est pitoyable. A Trélazé, tous les délégués ouvriers à la sécurité étaient jusqu'à la fin des années 20 des anars ou des très proches. Ils ne blablattaient pas cent-mille ans sur une prétendue pureté quand au vote par rapport au boulot. ils s'en servaient, ils négociaient, ils luttaient et sabotaient à tour de bras quand il y avaient des grèves, voire se frittaient les renards/jaunes/traitres ou avec les militaires.

Et puis, j'ai pas une opposition à la cnt, mais j'ai quand même du mal avec la vignole avec ce double discours AS/SR. Si on est as, il faut être cohérent et agir dans un discour très théorique sur l'état (et qui se défend à l'ait -je n'y suis pas), mais être SR, s'est également accepter des militantEs qui peuvent voter lors d'élections politiques traditionnelles (puisque le SR se situe hors du champ politique dans ses tâches immédiates)
non ?
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Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede conan le Ven 1 Oct 2010 11:27

Bien d'accord avec toi sur le double discours AS-SR de la CNT. Je pense comme à peu près tout le monde qu'on ne pourra pas y arriver seul et qu'il faut bien se bagarrer avec d'autres, y compris de potentiels adversaires à plus ou moins court terme. Mais je pense aussi que les anarchistes se réclamant de l'anarcho-syndicalisme devraient, dans leurs positions, présenter un discours plus clair et à mon sens plus lucide, sur les limites du syndicalisme révolutionnaire. Hélas, il n'y a plus guère que l'AIT qui tienne ce discours, et comme je ne suis pas fan de tous les discours de l'AIT, je n'adhère pas.
A vrai dire, si je suis persuadé de la nécessité de se regrouper pour sa bagarrer là où l'on se trouve et que j'essaie de le mettre en pratique quand je peux, et donc à priori pas opposé du tout au syndicalisme, je me demande encore si le syndicalisme tel qu'il existe aujourd'hui, quelles qu'en soient ses chapelles, peut servir à quoi que ce soit dans des luttes sociales conséquentes.
Enfin bon, rien n'empêche de nous retrouver par la base. Et quitte à se retrousser les manches, je préfère désormais le faire concrètement avec quelques gens motivé-e-s, quels qu'ils-elles soient, plutôt que de ramer dans un gros syndicat dans lequel j'ai l'impression de perdre mon temps.
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Re: cnt educ et elections professionnelles

Messagede bajotierra le Ven 1 Oct 2010 12:27

y compris de la cgtsr (considéré comme anarchosyndicalilste -et au début syndicaliste-révolutionnaire de type fédéraliste comme ils disaient), est pitoyable. A Trélazé, tous les délégués ouvriers à la sécurité étaient jusqu'à la fin des années 20 des anars ou des très proches. Ils ne blablattaient pas cent-mille ans sur une prétendue pureté quand au vote par rapport au boulot. ils s'en servaient, ils négociaient, ils luttaient et sabotaient à tour de bras quand il y avaient des grèves, voire se frittaient les renards/jaunes/traitres ou avec les militaires.


Vrai , mais la particpation aux élections professionnelles( qui s'est accentué en 1981 avec les lois Auroux ) a provoqué l'effondrement des pratiques d'action directe dans les générations suivantes
c' est un débat qui a été mené en ces termes au sein de la CNT -AIT dés les années 1980 (et j'y ai effectivement connu le style de personnage que tu décris ici , mais la vérité , c'est qu' en entreprise ils n'étaient plus vus par leurs collégues que comme des "grandes gueules ", auxquelles on avait recours si besoin, mais passaient pour des énérvés le reste du temps )
Ce débat a été tranché en 1993 avec le départ des possibilistes , qui considéraient qu'on pouvait a la fois préconiser la démocratie directe et la représentation syndicale , cela avait l'avantage de ratisser large mais l'inconvénient de tout grand écart

A ce sujet , militant de la CNT -AIT je ne me réjouis pas de certains étalages . Je note plutôt comment un important débat de fond est victime continuellement d'un parasitage auour de problématiques qui lui sont étrangéres (et cela a été vrai aussi en 1993 .....) . Certains militants (comme ce pinos qui auraient du rester a la CFDT car il n'a visiblement rien compris a l'anarchosyndicalisme ) se sentent obligés d'étaler leur fade existence chaque fois qu'ils quittent une organisation . Pour ma part il fait partie de ces gens qui , attirés par le nombre , ne sont là que quand tout va bien et quittent le navire dés qu'il n'est plus a l'échelle de leur soif de reconnaissance .
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