Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

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Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede kuhing le Jeu 26 Juin 2008 11:53

Aprés les marins-pêcheurs, le routiers v'la t'y pas que ce sont les viticulteurs qui se mettent à gueuler maintenant , cré vingt dieu !

Mais ça vaut pas, on va dire ! :non: les viticulteurs c'est des vilains petits patrons !

Et bin si ça vaut, parceque ça montre bien que le système est en bout de course et que même ceux qui travaillent à leur compte ne peuvent plus éponger les défaillances de la société capitaliste et le chomage en particulier.
Parceque les charges sociales sont tellement lourdes qu'ils n'y arrivent plus.
En plus il y a bien sur l'histoire du prix du baril de pétrole mais faut bien pomper des taxes pour engraisser l'état et payer les beaux costards de SAS le Tsar Nicolas 1er.
Et le Tsar Nicolas y veut pas s'habiller chez Tati :non:

Donc c'est l'impasse :gratte:

Alors buvons zun coup pour soutenir les viticulteurs :party: et réfléchissons tout de même pour trouver où se trouve la sortie.
kuhing
 

Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede Parpalhon le Jeu 26 Juin 2008 14:25

kuhing a écrit:Mais ça vaut pas, on va dire ! :non: les viticulteurs c'est des vilains petits patrons !

:shock: :?:
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede kuhing le Jeu 26 Juin 2008 14:33

Parpalhon a écrit:
kuhing a écrit:Mais ça vaut pas, on va dire ! :non: les viticulteurs c'est des vilains petits patrons !

:shock: :?:


Bin oui c'est une objection qu'on m'a opposée à propos des marins-pécheurs.
(que je ne partage pas)
kuhing
 

Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede happilhaouer le Jeu 26 Juin 2008 15:26

Ce qui est marrant c'est que le fait d'etre propriétaire en agriculture veut pas toujours dire grand chose, y a des agriculteurs en fermage qui gagne vraiment énormement et des agriculteurs "proprio" qui tiennent à peine.
Si j'ai un peu de mal avec les revendications de cotas pour certains pecheurs parcontre j'en ai vraiment pas pour ce qui est de dénoncer les marges qui se font sur le dos des viticulteurs et d'autres.
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede Parpalhon le Jeu 26 Juin 2008 15:45

et le truc c'est que le petit agriculteur le jour où son truc se casse la gueule c'est pas qu'un travail qu'il perd, mais sa maison, ses terres .....
Et puis y a qu'à voir, c'est tellement bien agriculteur que plus aucun jeune ne veulent le faire :roll:
Et les vignerons ... à part ceux qui sont de gros propriétaires et qui roulent en 4x4, c'est à dire pas beaucoup, les autres ils galèrent trop ... toujours plus de taxe ( enfin moins pour ceux de Montpellier apparemment :roll: comme quoi le "Midi rouge" fait peur), et l'augmentation du prix du pétrole arrange pas les choses ...
Un vigneron que je connais bien a dit un jour " Étant donné la merde dans laquelle on est, je voudrais pas que mes enfants reprennent mon affaire " :(
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede L'autre facteur le Jeu 26 Juin 2008 18:30

Certes, mais contrairement aux salariés, petits patrons pécheurs ou petits patrons routier ou encore petits agriculteurs ; ils sont tous propriétaires de leur outil de production, même quand il ne vaut pas grand chose. Ce qui les place un peu différemment dans le processus de production capitaliste.
Que dans le jeu de la concurence capitaliste, ils trinquent en premier et risque de perdre leur outil de travail, rien de surprenant ; qu'il galèrent rien de surprenant. Mais ils ne sont pas exploité par un patron, donc ils ne peuvent pas être porteur (en tant que classe) d'un refus de l'exploitation et aspirer à un monde débaressé de celle-ci. Plus logiquement leur énemie est l'état, celui qui taxe, mais aussi celui qui distribu : chomeurs etc.... Et oui trop de charges sociales :) . Leurs salariés leurs coutent trop cher... Mais état à qui ils demandent par ailleurs de garantir leur bénéfice. Comme les grands patrons qui sont pour l'individualisation des bénéfs et la socialisation des pertes, mais à une échelle évidement plus petite qui correspond à de quoi survivre (aujourd'hui, avec la crise), ceux qui les rends bien évidement plus sympathique. C'est pour ça qu'on parle de "petits" patrons-pécheur etc...
Les fondement sont les mêmes, mais ils ne vivent pas dans l'opulence et travaillent dur.
Cependant, c'est pas pareil que les mouvement de salariés, et ce type de mouvement, comme ceux des petits commerçants, sont plutôt versés à aller vers les tendances poujadistes, de par leur origine de classe.
Cependant, effectivement, la multiplication des faillites peut créer des situations politiques et sociales trés tendues. Mais il est bien hasardeux de penser quelle puisse être un apport pour la construction du communisme libertaire
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede croquemitaine le Jeu 26 Juin 2008 18:55

Je suis moyennement d'accord, c'est réglé un peu vite les choses, les sitations sont ce qu'elles sont, éffectivement le fait qu'ils ont propriété de leurs moyens de production les range dans une autre classe, mais je suis pas d'accord quand tu les mets tous dans un sac "poujadiste et boutiquier".
Par exemple prend les travailleurs indépendants et bien ce sont quand même des travailleurs. Est ce que quand tu bosses à ton compte, car tu en a les moyens (de savoir et d' outils), tu ne peux pas 'porter un refus de l'exploitation' ? Des camarades qui sont dans des créneaux où on peut se le permettre bossent en indé (certains copains dans le batiment par exemple), être leur propre patron cela fait pas d'eux des exploiteurs, pour moi.
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Messagede happilhaouer le Jeu 26 Juin 2008 18:58

moi j'avous j'hallucine un peu de lire ça...
Perso des petits agriculteurs je les vois davantage dans le processus révolutionnaire que pas mal de professions de la classe moyenne.
Il suffit pas de voir la possession des moyens de productions pour estimer de ça mais ce qu'il y a à gagner dans un changement radical de la société. Et quand je vois des agriculteurs aujourd'hui la possession de leur terre ça me parrai vraiment que dalle quand de toute manière on te dicte ce que tu doit produire, de quelles manières, dans quelles quantités... ça vaut largement le patron de certains!!
Dernière édition par happilhaouer le Jeu 26 Juin 2008 19:36, édité 2 fois.
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede Parpalhon le Jeu 26 Juin 2008 19:18

les paysans sont des gros privilégiés c'est clair !!!
pour les agriculteurs que je connais, au boulot à 14 ans, sans avoir le choix, à ne même pas avoir une idée de ce que sont les 35 heures, à s'être pourri la santé pendant des années car ils sont manipulés par les grosses firmes qui leur refilent des produits de traitement super dangereux...
En plus un agriculteur à son compte doit savoir tout faire, de la comptabilité, avoir une bonne force physique, des qualités techniques ( notamment pour les vignerons), et du marketing.....
Et en plus de ça on les compare aux poujadistes !!!
Moi je dis vivement que l'agriculture française meure complètement et que les États-Unis nous refilent leurs OGM et leur vin traffiqué !!!!
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede Parpalhon le Jeu 26 Juin 2008 19:23

Et les agriculteurs que je connais n'ont même pas une idée de ce que veut dire l'anarchie parce qu'ils ont pas le temps de mettre le nez dans des bouquins ou d'aller sur le net ...
Au lieu de leur taper dessus il faudrait plutôt se désoler de voir disparaitre ce beau métier !!!
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede L'autre facteur le Ven 27 Juin 2008 16:11

Bon je suis allé un peu vite, agriculteur ou marin-pécheur, ce n'est pas une classe homogéne. Il y a des disparités et des comportements politiques variés. Mais quand même. Pourquoi, le syndicalisme agricole est il représenté à une majorité écrasante par la FNSEA et son équivalent pour les jeunes agriculteurs ? Est ce que j'abuse tant que ça, quand je parle de comportements politiques proche du poujadisme dans le monde agricole en mouvement ? Je ne crois pas.
Bien sûr il n'y a pas que ça. Il ne s'agit pas de mettre tous et donc chaque agriculteur dans le même sac poujadiste. Ce serait effcetivement idiot et faux. Ce que je voulais dire, c'est qu'en tant que mouvement, il y avait une tendance majoritaire à des comportements politiques qui rapproche du poujadisme. Et personne ne me reprends sur les revendications que portent ce mouvement et le sens que je met en avant de celles-ci.
Quand je dis qu'ils peuvent difficelement être porteur d'un refus de l'exploitation et d'un projet débarassé de celle-ci, je vais aussi un peu vite. Il y a des disparités de statut, de taille d'exploitation et une histoire agricole de mise en commun des moyens : coopératives etc... qui expriment des éléments contradictoires, qui laisse des espaces qui expliquant l'existance d'autres composantes comme la Conf Paysanne ou le Modef (coco). Il existe d'ailleurs des mouvements qui remettent en cause l'agriculture productiviste, la nature des échanges nord-sud etc...
Mais, nombre d'entre eux ont des salariés, même les petits agriculteurs (un ou deux). Sans compter l'utilisation de la main-d'oeuvre saisonnière (sans-papiers rélativement souvent, pas déclaré le plus souvent). Du coup, en tant que positionement de classe, lorsqu'ils se regroupent pour défendre leurs intérêts, leurs exploitations, leurs gagne pain (je ne le nie pas) comme aujourd'hui, de quelles revendications sont-ils porteurs ? Ces revendications vont-elles (même partiellement) dans le sens d'un refus de l'exploitation ? Assez peu me semble-t-il. C'est tout ce que je voulais dire.
Après, ça n'enlève pas qu'il ont une maitrise trés faible des choses. Oui, c'est vrai que ce sont les grands groupes agroalimentaires qui fixe le jeux, qu'ils y sont inféodés ; et qu'on peux penser qu'ils aurait à tout à gagner à l'instauration d'une société communiste libertaire. C'est vrai qu'ils n'ont pas une vie de rêve ; qu'ils travaillentent... je n'ai pas dit qu'il était des privilégiés. Je n'est jamais dis ou pensé qu'ils étaient des rentiers :) . Mais je pense qu'il faut être lucide sur leurs mouvements. Et pour faire dans la provo gentille, un patron d'une boite de 50 salariés qui bosse à 90% pour la sous-traitance de Peugeot, il est où dans un système de classe ? Et s'il se bat avec d'autres patrons de la sous-traitance pour que Peugeot ne lui baisse pas ses marges (parcequ'il risque de fermer boutique). Se mouvement est-il complétement le notre ? Se battront t-ils pour l'autogestion et la fin du salariat ?
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede Parpalhon le Ven 27 Juin 2008 22:32

un diaporama de la manif de Montpelier sur le site de la Dépêche : http://www.ladepeche.fr/Les-echauffourees-de-la-manifestation-des-viticulteurs-a-Montpellier_di102.html
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede happilhaouer le Sam 28 Juin 2008 10:42

L'autre facteur a écrit:Mais quand même. Pourquoi, le syndicalisme agricole est il représenté à une majorité écrasante par la FNSEA et son équivalent pour les jeunes agriculteurs ?


Peut etre un peu à cause de l'ouvrierisme du mouvement ouvrier, combien avaient condamné les paysans à disparaitre au nom du progrès? Quand ça allais pas jusqu'au plus profond mépris. Perso je m'étonnes pas. D'ailleurs meme aujourd'hui et dans le mouvement anar la question de la terre (sujet réac, biensur) est quasiment absente.
Après en tant que classe elle est surement pas homogène ça c'est clair! Déjà avant il y avait des grandes familles qui louaient plein de fermes à des familles paysannes, il y avait des ouvriers agricoles qui bossaient chez les gros propriétaires, des journaliers...
Mais quand meme une grande partie était pauvre, avait tendance à aller vers la collectivisation et une partie assez importante des agriculteurs se voit dans la suite de ça. Meme si aujourd'hui les pratiques sont très éloignés et inquiétantes.
Donc pour ça avec une identité de classe avec son historicité je trouve pas vraiment qu'on peut les comparés à des concessionnaires auto. Je pense que les agriculteurs en essayant de leur faire coupés avec les plus gros, la fnsea etc. sont capables de faire leur auto-critique (combien sont dégoutés par leurs propres pratiquent!) et de devenir une force révolutionnaire. Et puis bon la révolution si c'est pour mourir de faim au bout de 3 jours, bof.
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede Chadagova le Sam 28 Juin 2008 11:49

Je crois que c'est Marx qui comparait les agriculteurs à un sac de patates, dans la mesure où cette classe n'arrivait pas à développer une conscience révolutionnaire et à devenir "une classe pour soi". De l'eau à coulé sous les ponts depuis papy Marx.
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede happilhaouer le Lun 30 Juin 2008 11:14

Un texte que je trouve pas mal sur certains aspects:

« Qui sommes-nous, nous, pauvres vignerons ? Nous sommes ceux dont chaque espoir s’est traduit par plus de misère. Nous sommes ceux qui, rivés au sol, demandent à ce sol leur pitance. Parmi les gueux, nous sommes les plus gueux. »

Le Tocsin,Dimanche 7 mai 1907, Argeliers, Aude



En France, les campagnes ont encore occupé la une des médias, à l’occasion de sabotages contre l’implantation des premiers plans de céréales transgéniques, puis du saccage du McDonald à Millau. C’est chaque fois le même scénario : les hommes d’État, et les journalistes à leur solde, cloîtrés dans la capitale, affichent à l’ordinaire le plus souverain mépris pour les « ploucs » des provinces, incapables à leur yeux de la moindre initiative autonome. Lorsque le voile du silence est déchiré, ils ressortent les poncifs les plus éculés sur les belles traditions campagnardes de la France. Pour y comprendre quelque chose, mieux vaut abandonner le terrain du spectacle pour nous préoccuper de la réalité.
DANS LE PASSE, la France a été l’État le plus centralisé d’Europe, dont la grande majorité de la population était composée de paysans parcellaires. Mais, n’en déplaise aux nostalgiques, le capitalisme a depuis longtemps modifié la structure de la société campagnarde. Elle n’a plus grand-chose à voir, sauf parfois dans quelque vallée enclavée de haute montagne, avec les images d’Epinal. Deux guerres mondiales, puis l’accumulation forcenée du capital dès les années 50, sous l’égide de l’Etat et par le biais des plans d’aménagement du territoire national, l’ont labourée en profondeur.

La manifestation la plus évidente de la modification de la société rurale est la désertification rapide de régions entières. Mais, de façon plus générale, ce sont les formes de propriété, les modes de travail et les façons de vivre qui ont été bouleversés en profondeur. A sa façon, le capitalisme a surmonté l’antique opposition entre la ville et la campagne. Le même délire totalitaire des urbanistes qui détruit les villes reconstitue, sur la base de la désertification, des pseudo-campagnes désormais recouvertes de masses informes de résidus urbains et saignées par les tranchées des autoroutes et des chemins de fer à grande vitesse. A la suite des premières, transformées en centres urbains, les secondes sont devenues pour l’essentiel des zones rurales périphériques dont les locataires n’ont plus grand chose à voir avec les villageois d’antan.

Les paysans parcellaires avaient leurs préjugés. Mais ils avaient au moins le souci de ne pas trop épuiser les sols et les animaux. Ils savaient que leur fertilité n’est pas inépuisable. Ils les laissaient se reconstituer et les aidaient à le faire, entre autres par la rotation des cultures. L’industrialisation de l’agriculture exige, elle, que les sols et les bêtes rendent gorge au plus vite, que la polyculture et l’autosubsistance soient réduites à la portion congrue. Au nom du progrès, les agriculteurs ont perdu dans leur masse le souvenir des savoir-faire et des solidarités villageoises. Ils partagent désormais les représentations réifiées des agrocrates pour qui les sols et les espèces sont les bancs d’essai de manipulations chimiques grandeur nature, voire génétiques. La plupart d’entre eux déversent sans complexe, tous azimuts, leurs éprouvettes géantes bourrées d’engrais, d’insecticides et d’antibiotiques et participent ainsi à la stérilisation de la vie. Sous la houlette de l’Etat, via l’Inra et l’école d’agriculture, ils sont devenus des techniciens, puis, avec la spécialisation et la dépréciation du travail, des opérateurs, chargés, entre autres tâches répétitives, de contrôler l’état des cultures et des élevages assistés par ordinateur. Ceux qui sont hostiles au productivisme à outrance et aux nuisances qu’il engendre, qui refusent de produire, de consommer et de faire consommer à autrui n’importe quoi, qui tentent de perpétuer des connaissances et des formes d’entraide communautaire d’autrefois, de les développer sous le label du bio, restent des exceptions.

Les tracteurs ont favorisé depuis longtemps la concentration des parcelles et transformé leurs possesseurs héréditaires en débiteurs à vie du Crédit agricole, criblés d’hypothèques. Les semences hybrides leur ont porté le coup de grâce. Elles ne permettent pas aux agriculteurs de garder en partie le grain récolté pour réensemencer les champs, ce que les paysans ont fait pendant des millénaires, et encore moins d’améliorer les espèces qu’ils cultivent. Ils doivent les racheter chaque année aux semenciers, qui les fabriquent, eux, par croisement et sélection forcés.

Dans le meilleur des cas, les hybrides sont stériles au bout de quelques années à peine. Dans le pire, dès la première année, telles les variétés de maïs trafiqué qui sont devenues l’une des bases principales de l’alimentation animale et humaine, dans les pays capitalistes avancés du moins. La hausse de la productivité se réalise ainsi au prix de la perte de la faculté de reproduction et de la dépendance accrue des derniers agriculteurs traditionnels aux groupes agroalimentaires. Adaptées à la monoculture intensive et extensive, les graines hybrides génèrent des plantes fragiles, qui pompent le maximum d’eau et exigent des masses croissantes de pesticides et d’engrais artificiels pour survivre dans le milieu qui leur est devenu hostile. En quelques décennies, l’agriculture céréalière est devenue la vache à lait des trusts, de la Lyonnaise des eaux à Rhône-Poulenc.

DEJA A L'EPOQUE de la révolution de 1848, Marx soulignait que « la parcelle du paysan n’est plus que le prétexte qui permet au capitaliste de tirer de la terre profit, intérêt et rente et de laisser au paysan le soin de voir comment il réussira à se payer son salaire » (1). Il y a longtemps que les agriculteurs ne négocient plus l’essentiel des marchandises sur les marchés des bourgs, à l’exception des zones reculées et des branches particulières, comme le bio. Les firmes leur fournissent les marchandises à traiter, leur reprennent pour les livrer à d’autres, avant de les revendre elles-mêmes.

Bien sûr, les systèmes contractuels peuvent recouvrir des situations de classe très différentes. Les propriétaires aisés, sinon cossus, qui emploient des salariés par intermittence, en particulier des sans-papiers originaires d’Europe centrale, sont eux aussi soumis à de tels systèmes. En bas de l’échelle, les smicards à façon de l’agrobusiness possèdent au mieux leur lopin et leur habitation, à titre de propriété nominale. Ils sont soumis à l’une des formes du travail salarié à domicile, faite de labeur acharné, de chômage forcé, de recherche de travaux annexes pour boucler les fins de mois. D’ailleurs, l’activité rurale est de plus en plus déconnectée de l’activité agricole : elle est liée au tourisme, etc. Pour les plus ruinés, les modiques subventions parviennent à peine à couvrir l’entretien de la famille et à assurer l’équivalent du RMI.

Pourtant, dans les campagnes, les représentations et les termes que l’on emploie pour parler de la lamentable situation sont en constant décalage par rapport à ce que l’on subit. Bien peu reconnaissent comme telle leur situation de classe et la plupart s’accrochent encore au mythe de leur fantomatique propriété. Voilà qui fait l’affaire des propriétaires réels de l’agriculture. L’État maintient la fiction du libre marché, dans la mesure où, pour les premiers concernés, il est synonyme d’autonomie. Les agromanagers, en versant des salaires aux pièces sous forme de prix, qui plus est indexés sur les prix de marché manipulés par l’État et la Commission européenne, font des bénéfices accrus à moindre frais. On aurait tort de n’y voir que des formes obsolètes condamnées à disparaître. Selon la formule bien connue, le plus archaïque est aussi le plus moderne. Les salaires aux pièces alignés sur les bénéfices de l’entreprise sont aujourd’hui portés aux nues par les apologistes du capitalisme fin de siècle.

BAKOUNINE SIGNALAIT, à la veille de la défaite de la Commune de Paris, que « les mesures réactionnaires du pouvoir central sont, en France, décrétées au nom des paysans, même lorsqu’elles sont prises contre eux » (2). Épaulé par les chefs syndicalistes de la FNSEA, aux origines quelque peu monarchistes et vichystes, l’Etat continue, à chaque crise, à jouer le rôle de protecteur de la paysannerie. En réalité, la modernisation de l’agriculture a bénéficié en priorité aux agrariens qui, par le biais de la concentration des terres et de l’intégration à l’industrie, ont formé des trusts, lesquels contrôlent et dirigent l’ensemble de la chaîne agroalimentaire, de la production à la distribution, dans l’Hexagone et hors des frontières. En moins de cinquante ans, la France est devenue le premier exportateur d’agroalimentaire en Europe, le deuxième derrière les États-Unis sur le marché mondial.

Avec l’avancée fulgurante du capitalisme high-tech, l’intégration accrue à l’Europe, la concurrence déchaînée pour le contrôle du marché mondial, sur fond de surproduction agricole, les choses ne vont pas s’arranger pour les agriculteurs au bord de l’abîme. Le capitalisme français ne peut pas piétiner sur place sous peine de perdre de la distance face à ses adversaires, les États-Unis au premier chef. Bien qu’il existe des contradictions entre les États européens sur les modalités de la gestion et de la transformation de l’espace commun, ils sont d’accord sur l’essentiel : la concentration de la propriété foncière et la productivité agricole sont encore insuffisantes. En France même, l’Etat, en complicité avec Bruxelles, va limiter à presque rien les mesures d’assistance, indexer encore plus les primes sur les gains de productivité, développer le système de quotas et de mise en jachère obligatoire, etc. Sans hésiter à employer la contrainte. Depuis Napoléon, la gendarmerie a pour rôle traditionnel de quadriller la campagne. Progrès oblige, elle est désormais secondée par les gestionnaires de Bruxelles, assistés de satellites artificiels chargés de surveiller l’application des directives de la PAC.

Dans cette optique, la mise en œuvre à grande échelle de la transgénèse apparaît comme la nouvelle Amérique de l’Europe agricole. Les naïfs croient que l’État français hésite à le faire encore pour quelque raison humanitaire. Mais depuis plusieurs années, nous ingérons déjà du transgénique, via la lécithine de soja et les dérivés du maïs. En France, les recherches sont poursuivies de plus belle. Elles ont déjà commencé à être appliquées en grand par l’Inra sur les terrains de chasse habituels de la France, en Afrique de l’Ouest. Et la transgénèse permettra de déconnecter encore plus l’agriculture de l’alimentation. Dans l’imaginaire populaire, les deux sont liées. Pourtant, des agriculteurs cultivent déjà des céréales pour alimenter les secteurs de la bioénergie, de la pharmacie, etc. Dans l’avenir, des pans entiers de l’agriculture seront utilisés pour fabriquer des matériaux transgéniques pour l’industrie, telles les semences de colza trafiquées qui génèrent des polymères. Par contre ni l’Europe en général, ni la France en particulier, ne veulent que les États-Unis prennent le contrôle du marché agricole européen, par transgénèse interposée, qui joue ici le rôle du cheval de Troie pour renverser les barrières du protectionnisme continental. Tel est le sens des moratoires, des étiquetages et des opérations promotionnelles sur la qualité des marchandises agricoles hexagonales.
DANS LA MARCHE FORCEE vers la centralisation accrue du capital européen, le rôle dévolu à la France, située au carrefour de l’Europe occidentale, est quelque peu particulier. La variété des reliefs, des climats et des prétendus terroirs doit être mise en valeur bien plus qu’elle ne l’a été jusqu’à aujourd’hui. Il faut donc aménager les régions désertifiées pour les transformer encore plus en parcs et en villages à la française, dans lesquels les ilotes épuisés des centres urbains pourront déguster de l’authenticité rurale de pacotille, et, pourquoi pas, y développer le télétravail. Dans les années 70, les révoltés qui désertaient les mégapoles espéraient au moins réaliser ailleurs des activités communautaires en rupture avec le monde de la marchandise. Les cadres transplantés, eux, viennent avec leur ordinateur portable et veulent disposer sur place de marchandises dernier cri.

Pour réaliser de tels objectifs, à côté de l’agriculture high-tech ultraconcentrée et de l’utilisation de zones ravagées comme poubelles industrielles, la France subventionne l’agriculture et l’élevage de terroir, source de prestige et de lucratifs bénéfices sur le marché mondial, dans lesquelles la bio banalisée, déjà en partie industrialisée et financée par l’agroalimentaire, jouera le rôle de la bergère. Voilà le sort réservé à la progéniture des derniers agriculteurs : jardiniers de la nature en kit, grooms de gîte d’étape, gardiens de dépôt d’ordures. Mais, dans les plans de répartition de la population, Paris n’a pas oublié celle des mégapoles. Il compte confier la reconstruction de hameaux en ruine à des « désespérés » des banlieues casernes. Rien de tel que le travail au RMI, en plein air et au milieu des décombres, sous l’œil de la gendarmerie, pour calmer les esprits échauffés.
POUR LES LAISSES POUR COMPTE de la modernisation de l’agriculture, la source exclusive de leur malheur est ailleurs : aux États-Unis, dans le reste de l’Europe, voire dans la puissance des trusts français. D’où leurs crises de fureur, encadrées par les nervis des leaders de la FNSEA, contre les préfectures honnies, symboles du pouvoir central, aux cris chauvins d’avant le déluge « Pays, paysans ! ». Ils brûlent leurs récoltes et immolent leur bétail, en sacrifice au dieu du marché, dans l’espoir insensé de relever les cours. Tandis que, en coulisses, leurs leaders les écrasent au nom de l’unité paysanne, via le ministère de l’Agriculture et la commission de Bruxelles. Et les plus xénophobes rejoignent les miliciens chasseurs pêcheurs de la Coordination paysanne, créatures du couple vendéen de l’année, de Villiers-Pasqua.

Pourtant, dès Mai 68, des poignées de paysans révolutionnaires tentèrent de rompre avec le mythe de l’unité paysanne. Tels ceux qui furent solidaires des grévistes, en particulier dans la région nantaise, lorsque les ouvriers de Sud-Aviation entrèrent les premiers dans la grève générale. « Nous ne serons pas les Versaillais de Mai 68 » (3), affirmait le tract diffusé dans la ville par l’éphémère Comité de liaison ouvriers-paysans. Dans les années qui ont suivi, les révoltés des villes et ceux des campagnes eurent de nombreuses occasions de lutter au coude à coude, du Larzac à l’opposition à l’implantation des centrales nucléaires et à bien d’autres plans pharaoniques de l’Etat. Quand nous regardons avec recul les luttes de l’époque révolue, il est facile d’y voir bien des naïvetés, le mythe de la vie naturelle hors des métropoles, et des limites, la panacée de la gestion du travail par les travailleurs eux-mêmes, hors du contrôle de l’Etat, qui sous-tendait l’idéologie antiproductiviste de groupes comme Paysans travailleurs. Il n’en reste pas moins vrai que des paysans radicaux abandonnèrent bien des préjugés, y compris ceux relatifs à « leur » propre propriété, affichèrent leur hostilité à l’Etat et placèrent leurs espoirs dans la montée et la convergence des luttes réelles contre le monde capitaliste.

Au cours des dernières années, les actions subversives menées par quelques ruraux et néo-ruraux incontrôlés qui, pour certains, sont membres de la Confédération paysanne, ont pu faire croire qu’elle allait reprendre le flambeau du radicalisme paysan des années 70. Mais l’influence de la Confédération a grandi, au cours de la dernière décennie, en raison inverse du recul des résistances radicales. Les sabotages, qu’elle a parfois soutenus du bout des lèvres, dans la mesure où ils lui permettaient d’avoir pignon sur rue, ne reflètent pas les positions de l’ensemble de ses membres qui, pour beaucoup, sont des transfuges de la FNSEA déçus, sans plus, par leurs leaders. Présentée comme l’héritière de Paysans travailleurs, elle n’en a repris que les travers, amalgamés aux idées à la mode à gauche de la gauche caviar, de la bio pasteurisée à l’écologisme gestionnaire de l’Etat. Sa contestation des dérives génétiques a pu faire quelque peu illusion. Mais elle est toujours restée sur le terrain réformiste du « principe de précaution » et du « moratoire sur la mise en culture et la commercialisation des semences trangéniques », contrôlés par des « comités d’éthique sur la génétique animale et végétale » (4), placés sous l’égide de l’Etat.
« L'AGRICULTURE PAYSANNE», qui constitue le noyau de son programme, est le kit idéologique de tous ceux qui en veulent à l’agrobusiness, pour les motifs les plus divers et, parfois, les plus contradictoires. En théorie, les leaders de la Confédération la définisse comme « l’agriculture qui encourage la qualité, l’emploi par l’installation de nombreux paysans et l’aménagement harmonieux du territoire », voire « l’autonomie des paysans envers l’agrobusiness » (5). Drôle d’autonomie individuelle, puisque, de leur propre aveu, la réalisation de leur programme n’a de sens que dans le cadre du marché agricole, oxygéné par les aides de l’Etat et celles de la commission de Bruxelles. Rien d’étonnant qu’ils participent aux élections des chambres d’agriculture et talonnent le gouvernement, comme n’importe quels bureaucrates syndicaux, afin d’être acceptés au Conseil économique et social, pour y jouer les conseillers du prince.

En pratique, « l’agriculture paysanne » masque les lignes de fracture réelles dans les zones rurales. Ainsi, les leaders de la Confédération demandent à intervalles réguliers que telle ou telle branche de l’agriculture récupère en partie les bénéfices monopolisés par l’agrobusiness, sans toucher aux prix de marché, pour ne pas soulever l’indignation des consommateurs. Bien entendu, la chute des cours accélère la concentration de la propriété entre les mains des patrons de la branche. Mais leur augmentation conduira au même résultat ! Car dans chaque branche, les producteurs ne sont pas sur le même pied. Loin de là. A supposer que la chose soit possible, sous la forme de soutien des cours par l’Etat, la situation des ilotes ruraux ne changera pas pour autant. Les leaders de la Confédération révèlent ainsi leur incapacité de dépasser l’horizon du capitalisme, à reconnaître la permanence de situations de classe très différentes dans les zones rurales, même si elle sont regroupées sous l’appellation non contrôlée et fallacieuse de paysannerie d’origine. En témoignent les modèles d’agriculture paysanne prospère qu’ils portent aux nues et qui servent à faire rêver ceux qui crèvent à petit feu sur leur lopin. Au nom du bio, ils font la publicité de propriétaires qui investissent dans les marchés porteurs, comme les marchandises de terroir à usage des touristes ou destinée à l’exportation, lesquelles sont bien plus vendues dans les boutiques de luxe que dans les rayons des supermarchés : foie gras, etc. Bel exemple d’activité paysanne respectueuse de notre milieu que le travail générateur de « bonne bouffe », qui repose sur les procédés les plus implacables de domestication des volatiles.

Comme d’autres rénovateurs qui ont pris leur distance envers les centrales ossifiées, tel Sud chez les fonctionnaires de l’Etat, les leaders modernistes de la Confédération ont compris que la base traditionnelle du syndicalisme à la papa périclitait, y compris dans l’agriculture, par suite des mutations profondes que connaît, depuis plusieurs dizaines d’années, la structure de classe de la société. C’est le capitalisme lui-même qui scie la branche sur laquelle prenait appui le corporatisme paysan, borné à la défense de la parcelle. Voilà pourquoi les leaders de la Confédération récupèrent en partie les déçus de la FNSEA et cherchent des ouvertures à travers les murs des lopins afin d’élargir leur audience à d’autres couches, urbaines et rurales, y compris hors des frontières, en direction du tiers-monde, pour lequel ils préconisent leur version recyclée de l’autonomie nationale : l’autonomie alimentaire de chaque Etat. Dans l’Hexagone, la lutte contre la « mal bouffe » est le pivot de leur opération promotionnelle. Sous prétexte d’écologie et de respect du citoyen, ils caressent dans le sens du poil le chauvinisme gastronomique bien français et se font l’écho des inquiétudes de franges, encore restreintes, de la population, préoccupées par la dégradation rapide de l’alimentation et l’accumulation des scandales dans le secteur agro-alimentaire.

Là comme ailleurs, il s’agit de recycler les idées reçues qui constitue le fond de commerce de la contestation platonique de la propriété et de l’Etat afin de « légitimer notre rôle d’interlocuteurs incontournables entre le monde paysan et les pouvoirs publics » (6). La Confédération fait du lobbying, au coude à coude avec les champions de la «lutte contre le néolibéralisme », dans le style de l’Attac. Rien de plus.
PENDANT PLUS DE CENT ANS, toutes les tentatives de subversion du monde, à la ville comme à la campagne, ont buté sur la question de la propriété, en particulier de la propriété paysanne. De la prise de position des campagnes dépendait souvent le sort des grandes grèves dans les villes, voire des insurrections qui y éclataient, comme le montra l’aventure de la Commune de Paris. La famine fut toujours l’une des forces dissolvantes des révolutions urbaines, peut-être plus sournoise et plus dangereuse que la répression de l’Etat lui-même. Pour la surmonter, le rôle des paysans était déterminant : ils détenaient encore la clé des greniers. Voilà pourquoi l’une des préoccupations essentielles des ouvriers insurgés était le ravitaillement de la ville par la campagne et le type d’échanges qu’ils pouvaient mettre en place avec les paysans. Nous savons aussi que les tentatives de résoudre le problème des sources d’approvisionnement de façon autoritaire, par la terreur de la ville sur la campagne, à la mode du Parti communiste russe, c’est-à-dire par l’expropriation forcée de la propriété traditionnelle sous l’égide de l’Etat, ne fit qu’aggraver la situation.

Désormais, vu les bouleversements accomplis par le capital lui-même dans les Etats les plus avancés de la planète, la question ne peut plus être posée dans les mêmes termes. L’agriculture est devenue pour l’essentiel l’une des dépendances de l’industrie. Il en résulte que la satisfaction des besoins les plus élémentaires de la vie humaine, le boire et le manger, sans même parler du reste, devient de plus en plus problématique.

Des poussées révolutionnaires sont impensables sans le blocage prolongé de secteurs aussi décisifs de l’économie que celui de l’agroalimentaire. De telles paralysies de la production confronteront bien plus vite qu’autrefois l’ensemble de la population, y compris la population rurale, à l’angoissante question alimentaire. Pour commencer à la résoudre, il est impossible de se contenter d’exproprier les expropriateurs, de remettre en route telles quelles les principales branches de l’économie, l’agriculture en particulier. Sa résolution exige la rupture radicale la plus rapide possible avec l’ancien monde de la propriété, du travail et de l’Etat.

Pour ce faire, les révolutions à venir reprendront à leur compte, et développeront sans doute, des formes d’activité et d’entraide issues de l’histoire paysanne qui n’existent plus aujourd’hui, sous nos latitudes, qu’à l’état de traces imperceptibles. Mais gardons-nous de la nostalgie du passé mythifié, sous peine de retomber dans les ornières de la domestication, qui accompagne la propriété foncière, fut-elle celle du paysan. Sans refonder vite l’ensemble de l’activité humaine sur des bases contraires à celles qui sous-tendent la propriété et l’Etat, sans liquider l’agriculture au bénéfique de modes de culture susceptibles de transformer la nature sans la détruire, la libération des esclaves salariés du joug de l’exploitation et de la domination restera du domaine des vœux pieux.

NOTES :


1 — «Le 18 brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte. » Karl Marx. œuvres choisies, tome I, Editions du Progrès.
2 — « Lettre à un Français sur la crise actuelle. » Michel Bakounine. œuvres, tome II, Stock Plus.
3 — « Tract du Comité de liaison ouvriers-paysans ». Cité de mémoire. Document sans doute introuvable aujourd’hui dans des publications.
4— « Technologies génétiques : pour le moratoire sur la mise en culture et la commercialisation, pour l’application du principe de précaution. » Communiqué de la Confédération paysanne, 17 mars 1997, siège de Bagnolet.
5 — « Agriculture paysanne : l’agriculture au service de la société. » Communiqué de la Confédération paysanne, 25 mai 1997, siège de Bagnolet.
6 — « A nous tous d’être à la hauteur ! » Editorial de « Campagnes solidaires », du 1er novembre 1999.
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede Vilaine bureaucrate le Mer 2 Juil 2008 00:42

Chadagova a écrit:Je crois que c'est Marx qui comparait les agriculteurs à un sac de patates, dans la mesure où cette classe n'arrivait pas à développer une conscience révolutionnaire et à devenir "une classe pour soi". De l'eau à coulé sous les ponts depuis papy Marx.



Pouahpouah pouah les maxistes d'amériques latine n'ont en tout cas jamais eu ce genre d'idées.. la question agraire était une question hautement révolutionnaire..


En France les agriculteurs et les campagnes ont quand meme élu Napoleon III... tu m'étonnes qu'il est la dent dure le papy..
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede Olé le Mer 2 Juil 2008 13:28

Vilaine bureaucrate a écrit:
Chadagova a écrit:Je crois que c'est Marx qui comparait les agriculteurs à un sac de patates, dans la mesure où cette classe n'arrivait pas à développer une conscience révolutionnaire et à devenir "une classe pour soi". De l'eau à coulé sous les ponts depuis papy Marx.



Pouahpouah pouah les maxistes d'amériques latine n'ont en tout cas jamais eu ce genre d'idées.. la question agraire était une question hautement révolutionnaire..


En France les agriculteurs et les campagnes ont quand meme élu Napoleon III... tu m'étonnes qu'il est la dent dure le papy..

Assez d'accord avec toi (oue ça arrive... :lol: ) en france les campagnes ont tjs baigné dans une culture politique conservatrice, de tradition catholique et réactionnaire. Et encore aujourd'hui, ça n'a pas disparu loin de là, je ne parle pas de la petite campagne à 10km de l'agglo urbaine mais des campagnes profondes.
Lors des poussées révolutionnaires de 1848 et 1871 la reaction et le désir "d'ordre" sont venus des pronvinces et surtout des campagnes. Le jour ou ils comprendront que le danger pour leur tradition vient du capitalisme en lui même et non des etrangers, on aura fait un pas. :roll:
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede Parpalhon le Mer 2 Juil 2008 23:13

Léo a écrit:Assez d'accord avec toi (oue ça arrive... :lol: ) en france les campagnes ont tjs baigné dans une culture politique conservatrice, de tradition catholique et réactionnaire. Et encore aujourd'hui, ça n'a pas disparu loin de là, je ne parle pas de la petite campagne à 10km de l'agglo urbaine mais des campagnes profondes.
Lors des poussées révolutionnaires de 1848 et 1871 la reaction et le désir "d'ordre" sont venus des pronvinces et surtout des campagnes. Le jour ou ils comprendront que le danger pour leur tradition vient du capitalisme en lui même et non des etrangers, on aura fait un pas. :roll:


:gun: :gun: :gun: :gun: :gun: :gun: :gun: :gun: :gun: :gun: :gun: :gun: :gun: :gun: :gun: :gun:

j'arrive pas à savoir si c'est une blague ou non :roll:
tous les anars sont égaux, mais certains anars sont plus égaux que d'autres
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Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede Olé le Mer 2 Juil 2008 23:27

Parpalhon a écrit:
Léo a écrit:Assez d'accord avec toi (oue ça arrive... :lol: ) en france les campagnes ont tjs baigné dans une culture politique conservatrice, de tradition catholique et réactionnaire. Et encore aujourd'hui, ça n'a pas disparu loin de là, je ne parle pas de la petite campagne à 10km de l'agglo urbaine mais des campagnes profondes.
Lors des poussées révolutionnaires de 1848 et 1871 la reaction et le désir "d'ordre" sont venus des pronvinces et surtout des campagnes. Le jour ou ils comprendront que le danger pour leur tradition vient du capitalisme en lui même et non des etrangers, on aura fait un pas. :roll:


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j'arrive pas à savoir si c'est une blague ou non :roll:

malheureusement non ce n'est pas une blague, suffit de se renseigner un peu et on arrive à ce triste constat, pas généralisable mais realiste et valable globalement.
Olé
 

Re: Bourrés des 9 heures, soutien aux viticulteurs !

Messagede happilhaouer le Mer 2 Juil 2008 23:28

Les riches et les pouvoirs sont en villes.

ça veut pas dire grand chose.
Dernière édition par happilhaouer le Mer 2 Juil 2008 23:28, édité 1 fois.
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