La poste condamnée après 230 CDD

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La poste condamnée après 230 CDD

Messagede Nico37 le Jeu 4 Déc 2008 13:30

06/02/2008
La Poste condamnée à verser 66.000 euros pour 230 CDD

Soixante-six mille euros de dommages et intérêts ! la factrice de Cordes-sur-Ciel en serait tombée de vélo, hier matin : «je vais pouvoir assurer ma retraite».

Laquelle retraite promettait d’être bien maigre avant que le juge du tribunal des Prud’hommes d’Albi (Tarn), outre ces dommages, ne requalifie hier mardi ses 230 CDD en CDI depuis 1990.

Odile Guibert a suivi l’exemple de sa collègue factrice de Marssac-sur-Tarn, Christiane Cros qui est allée et a gagné en justice contre La Poste en 2006 après 574 CDD accumulés.

Derrière ces deux cas se cache le cégétiste avocat des salariés Thomas Barba, 54 ans (portait Libération 29/09/06). Cet inspecteur de La Poste pourrait profiter d’un prochain plan social pour bientôt prendre sa retraite. Il y a peu de risques que cette faveur lui soit refusée.

Pourfendeur infatigable de toutes les précarités, il est l’empêcheur de distribuer le courrier en rond qui n’a jamais passé aucun compromis avec son employeur. Il ne passe rien aux syndicats non plus.

«Je suis un homme en colère»: sortant du tribunal, Thomas Barba s’en est pris à FO, à la CFDT, à Sud et à sa propre centrale, la CGT qui, dit-il en pesant ses mots, «ont été en dessous de tout».

Ce n’était pas le rôle d’un «petit syndicat du Tarn» d’engager cette bataille. «C’était aux fédérations d’assurer ce syndicalisme de proximité. Elles nous ont laissés nous battre seuls».

Il note que FO et la CFDT ont signé en novembre 1991une convention avec La Poste reconnaissant l’intermittence. Convention jugée illégale depuis par cinq arrêts de la Cour de cassation. «Ne protestant pas, mon propre syndicat a donc accompagné cette illégalité», assène-t-il.

Mais c’est tout de même à La Poste qu’il en veut le plus. «Avec son milliard d’euros de bénéfice en 2007 et son armée de DRH pour 300.000 salariés, elle ne pouvait que savoir qu’elle était dans l’illégalité».

La Poste dont le président est nommé par le gouvernement et qui a passé des contrats de plan avec l’Etat, aurait selon lui préféré la «gestion du risque» : payer les amendes qui lui sont infligées plutôt que de régulariser les facteurs qui «vivent avec 1100 euros bruts mensuels».

Les relations entre La Poste et Thomas Barba ne se sont pas améliorées depuis qu’il a arraché le mois dernier la comptabilisation du temps d’habillage et de déshabillage de 11 facteurs en uniforme dans le temps de travail à partir de 2002. Ce qui pourrait coûter 100 millions d’euros à La Poste si elle devait appliquer ce calcul à ses 100.000 facteurs.

La Poste enfin aurait hier «franchi un pas» que Thomas Barba ne digère pas : «ses avocats s’en sont pris à ma personne, m’accusant d’être un homme avec qui il est impossible de dialoguer».

Le syndicaliste voit là des «méthodes totalitaires». Il craint que ces «attaques personnelles» ne déstabilisent les jeunes syndicalistes qui prendront un jour sa place.

Lui s’en moque : «j’ai la couenne aussi dure que le cul d’un rhinocéros».

Gilbert LAVAL


Pour le syndicat SUD PTT, il fallait réparer le préjudice subit (perte de pouvoir d’achat en particulier) pendant l’utilisation sous contrats précaires. Le syndicat SUD PTT a déposé 114 dossiers de salariés du Finistère et du Morbihan au conseil des prud’hommes de Vannes (siège de la direction commune aux deux départements).
En conciliation, La Poste n’a pas souhaitée concilier devant les juges et une audience de jugement a été programmée en février 2009.

Par la suite, La Poste par l’intermédiaire de son avocat, a souhaité négocier pour éviter le procès et payer la somme que nous demandions, soit 1 Million d’euros.
Après une longue négociation, nous sommes parvenus à une transaction. Aux 114 dossiers du départ, sont venus se rajouter à notre demande 62 autres dossiers. Au total c’est donc 176 transactions qui ont abouties.

La Poste voulait absolument éviter un procès retentissant en février 2009. 200 000 contrats CDD ont été examinés. La reprise d’ancienneté pour les 176 salariés défendus par SUD PTT correspond à près de 6 siècles de reprise d’ancienneté au total.
Les sommes totales obtenues et payées par La Poste se montent à plus 800 000 euros. Tous les salaires sont recalculés et chaque salarié va pouvoir bénéficier d’un gain de pouvoir d’achat pour l’avenir . La reprise d’ancienneté est faite à la date de première embauche à La Poste et des dommages et intérêts sont versés à chaque salarié pour réparer le préjudice.

Une décision est produite par le directeur de La Poste et doit maintenant être publiée dans tous les établissements, elle détaille la négociation avec SUD PTT et, important elle indique que TOUS LES SALARIES dépendant de cette Direction (plus de 1 500) peuvent obtenir une reprise de leur ancienneté sur simple requête.

C’est une victoire éclatante pour les salariés défendus par SUD PTT. La fédération SUD PTT va s’employer à généraliser cette victoire sur l’ensemble du territoire (plus de 150 000 salariés en France).

A lire également le communiqué de presse sur la condamnation de médiapost par les prud’hommes de Nantes

Mediapost SA, condamnée par le conseil des prud’hommes de Nantes

Communiqué de presse federation sudptt
Nico37
 

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