Pénalisation ou dépénalisation?

Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede jeannetperz le Mar 28 Jan 2014 11:50

j ai jamais dit qu il fallait étendre le salaria moi suis assez dac avec l article de picard et d autres d ailleurs; Si tu pars depuis ce point vue t es coincé ? Pir a bien compris et bien malin utilise une partie de l article de picard contre vous, mais il va pas au bout car lui aussi est coincé. Vos positions se renforce dans leurs contradictions: toi étendre la marchandise et le salaria voir le ptit capitalisme ; lui en refusant de reconnaître que le salaria est une des formes de la prostitution le pire c est pib se dit marxiste. Moi suis anti capitaliste veut détruire toute forme de prostitution donc de salaria. donc je revendique pas comme Pit le niveau d 'exploitation mais je cherche a détruire la condition même de l exploitation. le strass ne vise pas cela mais le meilleur rapport de gain dans le capitalisme. Voire sut forum noir et rouge a débat prostitution, voila et j y reviendrait plus vu comment certains jouent cliché.
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede bajotierra le Mar 28 Jan 2014 13:09

Moi suis anti capitaliste veut détruire toute forme de prostitution donc de salaria. donc je revendique pas comme Pit le niveau d 'exploitation mais je cherche a détruire la condition même de l exploitation


on est d'accord là dessus
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede Specifix le Ven 31 Jan 2014 02:33

En tout cas, j'attends toujours que pit's vienne débattre.

"Je ne comprends pas, là." :hehe:
Il est libre de poster, et il ne le fait pas.
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede Protesta le Ven 31 Jan 2014 20:29

En tout cas, j'attends toujours que pit's vienne débattre.


...et là tu peux toujours rêver! :mrgreen:
"Salut Carmela, je suis chez FIAT! Je vais bien... Si,Si, nous pouvons parler tranquillement, c'est Agnelli qui paye!"
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede jeannetperz le Sam 1 Fév 2014 19:30

le désert crois ou croit au choix faut être libertaireeeeeeeeeee
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede Groucho Marx le Mer 19 Fév 2014 13:46

Sur des mensonges de zéro macho:
le 1er février avait lieu une manif de soutien aux femmes espagnoles. Zéro macho prétend y avoir été agressé.
http://www.ladepeche.fr/article/2014/02 ... trass.html

La réponse de féministes toulousaines qui étaient là:
http://site.strass-syndicat.org/2014/02 ... tes%C2%A0/

PAS DE MORALISATEURS DANS NOS MANIFESTATIONS FÉMINISTES !
Communiqué de féministes toulousaines réunies en Assemblée Générale non-mixte.

La manifestation du 1er février a été organisée en assemblée générale non mixte réunissant des groupes, associations et individuEs féministes, dont Le Planning Familial, ATTAC, l’APIAF, le STRASS, Osez le féminisme… Malgré la diversité des positionnements il a été convenu que la manifestation pour défendre le droit à l’IVG impliquait aussi le droit de chacunE à disposer de son corps.

Nous nous devons ainsi de saluer le sang-froid des personnes qui se sont opposéEs à la présence opportuniste de Zéro Macho. Contrairement à ce que, l’article publié le 3/02 dans La Dépêche du Midi prétend, c’est l’ensemble du cortège qui précédait le groupe de Zéro Macho qui s’est stoppé pour dénoncer collectivement la présence d’une banderole putophobe dans la manifestation, en demandant son retrait. Les personnes qui se sont ensuite présentéEs face aux zéro macho n’étaient pas une vingtaine d’individuEs aux visages masqués mais un petit groupe de 5 à 6 militantEs féministes à visages découverts dont une membre du Strass.

A l’inverse, ce sont les 4 zero macho -hommes cis- qui, en squattant une manifestation pour le droit à l’IGV avec une banderole abolitionniste, ont agressé les travailleuses du sexe présentes. Ce sont bien eux qui nient à certaines femmes/trans le droit de disposer de leur corps, s’érigeant en maîtres à penser afin d’imposer leur vision de ce qui est acceptable qu’une femme fasse de son propre corps et ce qui ne l’est pas.

De plus, leur communiqué du 1er février dernier « Zéromachos agressés lors d’une manifestation pro-IVG », relayé dans la presse écrite est tout simplement transphobe : il fait référence à des « hommes membres du Strass », quand il s’agit d’une femme trans.

Il est également mensonger et calomnieux : la violence décrite y est fausse, il n’y a eu aucune menace, aucun coup, aucune insulte (leur putophobie est une triste réalité). D’ailleurs, le groupe de « pro-féministes » est parti avec le sourire et la promesse orale que ce qui venait de se passer « allait leur rendre service ».

Nous le répétons, le STRASS et les personnes qui se sont opposéEs à Zero Macho sont pro pute, et le disent haut et fort ; « mon corps, mon choix » est valable pour toutes les luttes. Pour que chacunE puisse avoir le droit de disposer de son corps, sans pression moralisatrice, que ce soit pour l’IVG, la prostitution, les parcours trans, le port du voile…

Des féministes toulousaines réunies en assemblée générale non mixte
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede bajotierra le Lun 17 Mar 2014 18:04

"A l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, plusieurs dizaines de femmes, travailleuses du sexe, ont été arrêtées lors d’une gigantesque rafle conduite dans le bois de Boulogne. "


http://site.strass-syndicat.org/2014/03 ... -belkacem/
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede Specifix le Lun 17 Mar 2014 18:17

... Ou comment on essaie de hiérarchiser les femmes ...
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede Protesta le Sam 19 Avr 2014 15:53

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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede Protesta le Sam 19 Avr 2014 15:59

Qu'est ce que nous avons à nous emmerder, à diffuser la propagande Anarchiste! Nous qui sommes parait il des libéraux, nous devrions être d'accord avec Moudenc! Mais moudenc est un vrai Anarchiste, donc nous sommes encore plus libéraux que Moudenc!
Juste une petite salutation aux Anarchistes abolitionistes, qui n'ont pas fini d'être con! :slt: :slt:
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede Groucho Marx le Sam 14 Juin 2014 19:48

http://www.huffingtonpost.fr/jeanfranco ... ref=france

Prostitution et projet de pénalisation des clients : des effets déjà délétères sur le terrain
Publication: 12/06/2014 10h23

Pour "lutter contre le système prostitutionnel", une proposition de loi adoptée par l'Assemblée nationale fin 2013 propose de renforcer la lutte contre le proxénétisme et la traite des êtres humains, l'abolition du délit de racolage, un volet social dont la faisabilité et les conditions d'accès restent à discuter, et la pénalisation des clients.

Il existe un consensus sur la nécessité de lutter contre toutes les formes d'exploitations et de protéger des personnes qui le souhaitent, mais le sujet qui nous mobilise actuellement est l'impact de la pénalisation des clients sur la santé et l'accès aux droits des personnes se prostituant. D'ailleurs, on observe déjà la mise en place de stratégies de contournement des prostitué(e)s et des clients eux-mêmes alors que la loi n'est pas encore effective. Cette mesure va de fait mettre aussi à mal les autres dispositions nécessaires qui représentent pourtant une avancée en matière de respect des droits fondamentaux.

Médecins du Monde intervient dans plusieurs villes auprès des personnes se prostituant depuis plus de dix ans avec pour objectif d'améliorer leur accès aux soins et aux droits et témoigner des difficultés qu'elles rencontrent pour en bénéficier...

Sur la base de notre expertise médicale de terrain, nous constatons qu'il existe un gradient pour les personnes se prostituant en matière de choix, de vulnérabilité, d'exploitation avec des hommes, des femmes, des personnes en situation administrative précaire ou non. De fait il n'existe pas de groupe social uniforme soumis à des contraintes similaires mais une réalité plutôt complexe ou chacun avance selon des motivations qui lui sont propres.

Dans les faits, la prostitution reste souvent, de manière plus ou moins pérenne, un moyen de subsistance ultime. Développer cet argument ne consiste pas à accepter une fatalité mais à rappeler que des stratégies de contournement se mettent souvent en place pour contrer des dispositifs juridiques répressifs dès lors qu'il s'agit de survie, c'est-à-dire de vie ou de mort à court et moyen termes.

On connait déjà les effets contre productifs de dispositifs tel que le délit de racolage censés aider les personnes. L'expérience en Suède nous montre que la pénalisation des clients engendrera une confusion sur le caractère légal ou illégal de la prostitution, relèguera les personnes vers des lieux plus reculés et plus exposés à la violence et donc plus dangereux. Le pouvoir de négociation avec les clients sera diminué ainsi que le travail des acteurs médico-sociaux qui auront de la peine à accéder aux personnes. On observera une plus grande défiance vis-à-vis des forces de l'ordre et donc un réflexe moindre à y recourir en cas de violence subie, ce qui constitue de fait un recul du droit.

En France, certains témoignages et observations de terrain nous rapportent déjà un impact de la proposition de loi visant à pénaliser des clients. En effet, les équipes ressentent une tension liée à la concurrence plus marquée du fait de clients devenus plus discrets. Les rendez-vous sont donnés dans des lieux plus isolés, très loin des centres villes, ce qui génère un danger et une peur supplémentaire du fait d'une plus forte clandestinité. On voit se développer par ailleurs de nouvelles méthodes de travail faisant appel entre autre à des intermédiaires et davantage à internet.

D'ailleurs, la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) ne s'y est pas trompée. Dans un avis rendu le 22 mai 2014, elle "se félicite de l'attention toute particulière portée à la traite des êtres humains dans la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel". Par ailleurs, elle adhère aux mesures d'accompagnement administratif et social des personnes en situation de prostitution tout en rappelant que ces mesures doivent s'inscrire dans une politique plus globale qui ne doit pas se limiter qu'à un parcours de sortie de la prostitution. De plus, la CNCDH approuve les mesures visant la répression de la traite et de l'exploitation contenues dans la proposition de loi, et se félicite de l'abrogation du délit de racolage passif dont les effets ont rendus la prostitution moins visible et les personnes plus vulnérables. Enfin, la commission défend la poursuite des clients de la prostitution de mineurs mais réfute la généralisation de la pénalisation des clients de la prostitution qui pourrait s'avérer contre-productive en isolant davantage les victimes de la traite et de l'exploitation sexuelle.

Ne nous trompons pas de débat, protéger les personnes qui se prostituent ne se résume pas à une lutte contre les inégalités hommes femmes et la bienveillance théorique ne suffit pas. Dans ce débat sociétal global, il s'agit de rappeler qu'en matière de prostitution se côtoient des enjeux de santé, de droits sociaux, d'immigration et de sécurité avec comme fil rouge la précarité dans la plupart des cas.

Prendre à bras le corps la question de la prostitution, c'est au fond s'attaquer aux inégalités sociales. Or punir indirectement les personnes se prostituant en les forçant à adopter des stratégies de contournement dangereuses revient à instaurer un climat de défiance dont notre société doit pouvoir se passer pour mieux protéger celles et ceux qui y ont légitimement leur place.

Par Dr Jean-François Corty, Directeur des Missions France, Médecins du Monde et Irène Aboudaram, Coordinatrice de la mission auprès des personnes se prostituant à Nantes, Médecins du Monde
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede bajotierra le Lun 7 Juil 2014 17:50

Comme on pouvait s'y attendre le résultat de toute cette campagne menée par l'ordre moral et Alternative Libertaire c'est la répression des prostitués

http://www.ladepeche.fr/article/2014/07 ... gueur.html

un commentaire parmi d'autres ..

"Estrosi interdit les drapeaux etrangers à Nice.
Juppé déplace la mendicité à Bordeaux.
Ménard nous refait le coup du couvre-feu à Béziers.
Et maintenant Moudenc "ghettorise" la prostitution..

Actions d'éclat s'il en est, à l'image d'une classe politique sans idéal."

C'est vraiment scandaleux que de pseudos libertaires se soient associés a ces cyniques Tartuffes
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede Groucho Marx le Mar 8 Juil 2014 01:01

LES PUTES RACOLENT AU CAPITOLE !
NON À L'ARRÊTÉ ANTI-PROSTITUTION !

Le maire de Toulouse, signe aujourd'hui, lundi 7 juillet, un arrêté municipal anti-prostitution qui concerne les quartiers des Minimes, des Ponts-Jumeaux, de la gare Matabiau et Roquelaine. Les autorités policières verbaliseront ainsi les travailleusEs du sexe exerçant sur ces périmètres. L’objectif clairement annoncé dans les médias est de « faire disparaître la prostitution ».
Nous, travailleusEs du sexe toulousain-e-s dénonçons la mise en place de cet arrêté qui a été réalisé sans aucune concertation avec nous, qui sommes pourtant les premiEres concernéEs. Nous nous opposons également au projet de loi de pénalisation des clients qui aura avec l'arrêté municipal des conséquences désastreuses et exigeons l'abrogation immédiate et sans condition du délit de racolage public.
Verbalisation, pénalisation : une même logique pour un même résultat
Les travailleusEs du sexe devront se cacher pour rentrer en contact avec leurs clients, disparaître de l'espace public pour aller sur internet, dans des zones isolées, dans des maisons closes clandestines…
Plus de violences
Alors que les violences sont déjà très peu reconnues et que la police et la justice considèrent trop souvent qu'il s'agit des « risques du métier » : insultes, harcèlement, vols, agressions, agressions avec arme, exploitation, abus, viols, prostitution forcée, esclavage, tentatives de meurtre, meurtres, cette loi va aggraver la situation. Les travailleurSEs du sexe seront plus exposéEs et auront toutes les difficultés à dénoncer ces violences.
Plus de contaminations au VIH/sida et aux IST
Le constat a été unanime suite à l'application du délit de racolage, la criminalisation fait passer la santé au second plan, éloigne les travailleurSEs du sexe des associations de santé et réduit leur marge de manœuvre : il s'agit de choisir un client rapidement, ce qui rend plus difficile l'évaluation des risques de violences, la négociation des pratiques et des prix et la capacité à imposer le préservatif.
La précarité et la répression exposent déjà les femmes et minoriséEs sexuelLEs aux violences et aux abus. Au lieu de garantir l'accès aux droits des travailleurSEs du sexe, l'Etat et la mairie de Toulouse se font les chiens de garde des "riverains" qui veulent notre disparition.
Nous revendiquons:
- Le retrait immédiat de l'arrêté municipal anti-prostitution
- L'abrogation immédiate et sans condition du délit de racolage public
- Le retrait de la proposition de loi « renforçant la lutte contre le système prostitutionnel »
- Le retrait de la pénalisation du proxénétisme hôtelier et d'aide et de soutien qui entrave la solidarité entre et avec les travailleurSEs du sexe
- Une réelle politique de lutte contre les violences et les abus
- Des droits pour les travailleurSEs du sexe trans
- La délivrance d'un titre de séjour avec autorisation de travailler pour les travailleurSEs du sexe migrantEs, sans que le titre de séjour soit conditionné à l'arrêt de la prostitution
- L'accès aux droits sociaux et fondamentaux : protection sociale, logement, justice
- Que les travailleurSEs du sexe soient consultéEs et associéEs aux politiques publiques qui les concernent


Rendez-vous à 18H au Capitole vendredi 11 juillet !
Amenez vos parapluies rouges, vos masques et vos plus belles tenues de travailleus-e-s du sexe pour racoler sous les fenêtres de la mairie!

Les TravailleurSEs du Sexe Toulousain-e-s et le STRASS Toulouse (syndicat du travail sexuel)
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede Groucho Marx le Lun 12 Jan 2015 17:07

Un texte qui risque de faire bugguer certains marxistes.

http://www.icl-fi.org/francais/lebol/210/engels.html

Friedrich Engels et les lois sur la prostitution


[…] Je n’aurai pas le temps de lire ton grand discours [sur le budget] militaire avant ce soir ; j’ai beaucoup aimé celui que tu as fait sur la lex [loi] Heinze [prévoyant des peines aggravées pour le proxénétisme et la diffusion de matériaux à caractère pornographique]. Tant que la prostitution ne peut pas être complètement supprimée, le premier commandement pour nous devrait je crois être de libérer complètement les filles de toute législation d’exception. Ici au moins en Angleterre, on s’en rapproche à peu près ; il n’y a pas de « police des mœurs », pas de contrôle ni d’examens médicaux, mais les pouvoirs de la police sont toujours surdimensionnés, parce qu’il est illégal de tenir une disorderly house [un bordel] et que toute maison où une fille habite et reçoit des visiteurs peut être traitée comme telle. Mais même si cela n’est appliqué que par exception, les filles sont toujours soumises à d’horribles chantages de la part des policiers. Cette liberté relative des filles vis-à-vis de contraintes policières dégradantes leur permet de se préserver globalement un caractère autonome et respectable, d’une façon inconcevable sur le continent. Elles voient leur situation comme un malheur inévitable qui leur est un jour tombé dessus et où elles doivent se retrouver, mais qui à part cela ne doit pas nécessairement affecter leur caractère et leur estime de soi, et quand elles trouvent l’occasion de sortir de leur profession elles la saisissent, le plus souvent avec succès. A Manchester il y avait des colonies entières de jeunes gens – bourgeois ou commis – qui vivaient avec des filles comme ça, et beaucoup étaient mariés en justes noces avec elles et ils s’entendaient au moins aussi bien qu’un bourgeois avec une bourgeoise. Si à l’occasion il y en avait une qui se mettait à boire, ce n’était aucunement différent des bourgeoises, chez qui la chose n’est pas inhabituelle par ici. Certaines de ces filles, ainsi mariées, se sont fait introduire dans la bonne société bourgeoise et même parmi les squires – les hobereaux d’ici –, sans que quiconque leur ait trouvé quoi que ce soit d’inconvenant.

A mon avis, il faut avoir à l’esprit sur cette question avant tout l’intérêt des filles comme victimes de l’ordre social actuel, et il faut chercher à les préserver autant que possible de la misère – à tout le moins ne pas les conduire à la misère par des lois et des saloperies policières, comme c’est le cas partout sur le continent. On a essayé de le faire ici dans quelques villes de garnison, où l’on a introduit le contrôle et les examens médicaux, mais cela n’a pas duré ; la seule chose de bien qu’aient faite les gens de la social purity [puritains sociaux] a été de faire de l’agitation contre ça.

Les examens médicaux ne servent absolument à rien. Là où on les a introduits, la syphilis et la gonorrhée ont augmenté. Je suis convaincu que les instruments des médecins de la police sont très efficaces pour transmettre des maladies vénériennes, car ils ne prennent guère le temps ni la peine de les désinfecter. Il faut que les filles puissent accéder à des cours gratuits sur les maladies vénériennes, là au moins la plupart d’entre elles apprendront à faire attention à elles. Blaschko nous a envoyé un exposé sur le contrôle médical où il est obligé de reconnaître que ça ne sert absolument à rien ; s’il était cohérent avec lui-même, il devrait en tirer la conclusion qu’il faut légaliser totalement la prostitution et protéger les filles contre l’exploitation, mais cela semble totalement utopique en Allemagne. […]

– Friedrich Engels, lettre à August Bebel, 22 décembre 1892 (traduit par nos soins)
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede bajotierra le Mar 31 Mar 2015 09:00

http://www.lemonde.fr/societe/article/2 ... _3224.html


Comme attendu, les sénateurs ont vidé de sa substance la proposition de loi de lutte contre le système prostitutionnel, lundi 30 mars. Les élus présents dans l'hémicycle ont suivi les préconisations de la commission spéciale qui avait examiné le texte mercredi 18 mars. Ils ont rétabli le délit de racolage passif, que le texte, considérant les prostituées comme des victimes, supprimait.


Les sénateurs ont également confirmé la suppression de la pénalisation des clients de prostituées par une amende de 1 500 euros, qui avait été votée par l'Assemblée nationale en décembre 2012. Tel quel, le texte entérine le statu quo puisqu'il est conforme aux grands principes de la législation actuelle. Il a été adopté par 165 contre 44, sans les voix des élus de gauche et de certains élus centristes, qui ont voté contre ou se sont abstenus.

« Un message à contre-courant »

« Je suis déçue, attristée, je voterai contre le texte tel qu'il nous est présenté », a déclaré la rapporteure de la commission spéciale du Sénat, Michèle Meunier. L'UDI Chantal Jouanno a parlé d'une « occasion manquée pour le Sénat » et d'un « message à contre-courant ». « Les prostituées sont toujours délinquantes, le client toujours roi, les réseaux ont de beaux jours devant eux », a regretté la secrétaire d'Etat aux droits des femmes Pascale Boistard.

Tout au long du débat, les partisans de la pénalisation des clients ont martelé leurs arguments. « Il est inacceptable d'acheter un acte sexuel, a affirmé Mme Meunier. La portée symbolique de la pénalisation est forte. Il s'agit de jouer sur la demande pour tarir l'offre. »

Des arguments de plusieurs ordres leur ont été opposés. La sénatrice Esther Benbassa a défendu la liberté à disposer de son corps. Jean-Pierre Godefroy (PS) et Jean-Pierre Vial (UMP) ont mis en avant les risques de dégradation des conditions de vie des personnes prostituées soulignés par certaines associations : précarité et risque de violences accrus, éloignement des structures de soin du fait de la clandestinité, mais aussi difficulté à faire appliquer la mesure et le risque d'incohérence juridique (entre une prostitution autorisée et une interdiction du recours à la prostitution).

« Effets pervers du délit de racolage passif »

La confirmation de la suppression de la pénalisation des clients a été votée assez largement par 189 voix contre 107. Mme Jouanno a tenté sans succès de faire adopter un amendement de compromis, qui aurait pénalisé les clients de prostituées « sous contrainte ». Une solution mise en œuvre en Grande-Bretagne, qui pose toutefois des problèmes de mise en œuvre, car la contrainte n'est pas facile à établir et prouver.

Le vote sur le rétablissement du délit de racolage a en revanche été particulièrement serré, puisqu'il est passé à une voix près, par 162 voix contre 161. « Les effets pervers du délit de racolage passif sont particulièrement dommageables, a plaidé Guillaume Arnell au nom du groupe RDSE. Son bilan est peu flatteur. Il met les prostituées en position précaire face aux clients et aux logeurs, entraîne une dégradation des relations avec les forces de l'ordre et une difficulté d'accès aux soins. »

M. Vial a cependant cité à de nombreuses reprises la demande « des policiers et magistrats » de maintenir ce délit, présenté comme un moyen d'avoir accès aux prostituées, donc à leurs proxénètes et à d'éventuels réseaux de traite. L'UMP a défendu la position paradoxale qui veut que les prostituées peuvent être considérées comme des victimes, tout en étant pénalisées par le biais du racolage.

Nouvel examen à l'Assemblée

Le Sénat a également adopté un amendement qui rétablit la possibilité pour l'autorité administrative de bloquer des sites Internet de prostitution. Il a maintenu, contre l'avis du gouvernement, la délivrance automatique d'une autorisation provisoire de séjour d'un an aux victimes de la traite et du proxénétisme engagées dans un parcours « d'insertion sociale et professionnelle ».

Ce parcours est aujourd'hui quasiment tout ce qui reste de l'intention initiale de la proposition de loi imaginée par la députée Maud Olivier et la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale. Cependant, le texte n'a pas terminé son parcours parlementaire à rebondissements. Il doit désormais retourner à l'Assemblée. « Tout n'est pas perdu, a affirmé Mme Meunier en conclusion des débats. J'ai confiance dans le fait que nos collègues députés retrouveront le texte originel. »




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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede bajotierra le Mer 3 Juin 2015 11:29

Lyon - Le 2 juin 1975, une centaine de prostituées occupaient l'église de Saint-Nizier à Lyon, pour protester contre la répression policière.

Cet événement au fort retentissement médiatique marqua en son temps un tournant dans l'organisation "des travailleuses du sexe" mais le constat s'impose, 40 ans après, qu'il n'a rien changé sur le fond.

"On ne sortira pas tant qu'on n'aura pas obtenu des résultats, la tête haute, en étant femme et mère; pas en étant un sexe et un bas-ventre que les types attendent dehors pour leur sauter dessus. Ca, il n'en est pas question". Dans les archives de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), la voix de cette femme résonne en dehors de l'église, devant des passants médusés. C'est la première fois, qu'on entend haut et fort les revendications d'une population stigmatisée.



L'occupation durera une semaine et sera dûment médiatisée. Elle se soldera par l'expulsion de ces femmes par les forces de l'ordre. Mais d'autres mouvements similaires émergeront dans plusieurs villes en France et jusqu'à Londres pour dénoncer des verbalisations à répétition visant une "attitude de nature à provoquer la débauche" et les peines de prison prononcées à l'encontre des récidivistes.

Quarante plus tard, "c'est toujours catastrophique. Il n'y a plus beaucoup de travail car les clients ont peur. Et il y a encore beaucoup de stigmatisation", témoigne "Pat", médiatrice culturelle pour l'association lyonnaise de santé communautaire à destination des prostitués Cabiria.




"En terme de répression, rien n'a changé, c'est pire", confirme Morgane Merteuil, porte-parole du Strass, Syndicat du travail sexuel.

"La police continue de réprimer la présence visible des prostituées dans l'espace public. Mais la répression s'est adaptée: celles qui prennent des camionnettes pour éviter le délit de racolage passif sont désormais verbalisées pour stationnement abusif", explique le chercheur au CNRS Lilian Mathieu, spécialiste de la prostitution.

Elles peuvent recevoir quatre à cinq PV par jour, ajoute Pat.

L'objectif: les exclure du centre-ville. Dans les années 70 à Lyon, elles se trouvaient au coeur de la ville. Peu à peu, elles ont été poussées sur les quais, puis au sud de la gare Perrache et enfin dans le quartier périphérique de Gerland, détaille le sociologue.

- Délit de racolage passif bientôt supprimé ' -



L'occupation de l'église lyonnaise a posé la première pierre de l'organisation des "travailleuses du sexe" qui ont multiplié par la suite les initiatives collectives, commente la porte-parole du Strass.

Ainsi, l'arrivée du sida dans les années 80 a conduit à la création d'associations de santé communautaire. Ces associations, désormais présentes dans la plupart des grandes villes de France, visent à faire travailler ensemble professionnels de la santé, du social et les personnes prostituées.

Au début des années 2000, des mouvements se sont organisés autour du délit de racolage passif supprimé en 1994 mais que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, a souhaité réinstaurer en 2003. Le Strass sera créé en 2009 et, dans la foulée, des assises annuelles des "travailleuses du sexe" seront organisées. Cette année, ces rencontres ont d'ailleurs lieu à Lyon (jusqu'à mardi).

Le 2 juin est par ailleurs devenu la journée internationale des luttes des travailleuses du sexe. Une manifestation est prévue mardi à 14H00 sur le parvis de l'église Saint-Nizier. Une exposition photo doit retracer également l'évènement dans un bar à Lyon, La Fourmilière.

"Elles ont été entendues timidement en 1994. La prévention du sida a aussi permis d'en faire des acteurs de santé publique responsables. Mais ça n'a pas duré. Dans le dernier projet de loi, on a intégré cette vision très misérabiliste des prostituées", commente Lilian Mathieu. Le sociologue fait référence à une proposition de loi socialiste qui propose d'abroger le délit de racolage instauré par Nicolas Sarkozy et d'instaurer en contrepartie la pénalisation des clients.

Lors de son passage fin mars au Sénat (majoritairement à droite), les parlementaires ont supprimé la pénalisation du client et ont justement rétabli le délit de racolage. Le projet de loi doit maintenant faire l'objet d'un examen en deuxième lecture à l'Assemblée nationale le 12 juin.



http://www.lexpress.fr/actualites/1/soc ... 85054.html
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede Candide le Jeu 4 Juin 2015 10:32

NON A LA POLICE DU SLIP
La question en cours n’est pas « pour ou contre le système prostitutionnel » mais « pour ou contre le projet de loi pénale » (qui fera des clients des délinquants – ce qui constituera une extension supplémentaire du champ de la délinquance – et rendra encore plus difficile la vie des prostituées).
Il y a bien sûr un lien entre les deux questions (le système prostitutionnel et le projet de pénalisation), mais, même si on répond « contre » au premier (il ne me semble pas que l’on puisse honnêtement répondre « pour » !), cela ne donne pas la clef de la deuxième question : tout en étant « contre » le système prostitutionnel, on peut légitimement être « contre » la nouvelle loi pénale, pour plusieurs raisons. L’une d’elles est que cette loi, présentée comme n’étant « que » contre la prostitution ouvre la porte à une « police du slip », une police qui aura le droit de s’immiscer encore plus dans l’intimité de nos vies, de venir à domicile voir avec qui on couche et comment on fait… L'ordre moral est de retour, on le sait. Je ne pense pas qu'il revienne aux anarchistes de le renforcer, il y a déjà bien assez de religieux et de fachos pour le faire !
Amitiés
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede bajotierra le Mer 12 Aoû 2015 11:20

Amnesty International vote la dépénalisation de la prostitution



Les 70 sections nationales de l’ONG Amnesty International ont voté ce mardi un texte commun soutenant la dépénalisation de la prostitution

Les débats ont été longs et difficiles. Ce week-end, quelque 400 membres d’Amnesty, issus des 70 sections nationales de l’ONG, étaient réunis à Dublin pour débattre d’un texte proposant de dépénaliser la prostitution. L’argument étant de mieux protéger les droits des travailleurs du sexe, particulièrement vulnérables lorsque leur commerce se fait dans la clandestinité. L’ONG estime en effet que la criminalisation de la prostitution entraîne une forte répression à l’encontre des prostituées. La semaine dernière, le débat public s’était enflammé à l’annonce de ce texte en préparation. Les opposants considèrent en effet qu’une telle dépénalisation sera surtout bénéfique pour les marchands du sexe et que les droits des prostituées n’en seront nullement mieux préservés.

Au sein même de l’ONG, les débats ont été agités. Rien n’a filtré pendant ce long week-end de discussion. En fonction de leur réalité nationale, les différentes sections présentaient forcément des positions diverses, voire opposées. En Allemagne ou aux Pays-Bas, la prostitution est par exemple légale et donc réglementée, tandis que des pays nordiques comme la Suède ont opté pour la pénalisation du client.

Après plus de trois jours de débats, les 70 sections d’Amnesty se sont donc accordées sur un texte commun, qui plaide pour la dépénalisation de la prostitution, tant pour les prostituées que les clients ainsi que, d’une certaine façon, pour les « proxénètes »... s’ils n’exercent pas de contrainte sur les travailleurs du sexe. Philippe Hensmans, le directeur d’Amnesty Belgique nous précise en effet que la volonté est de décriminaliser « certaines formes de coopération entre travailleurs du sexe qui, dans certaines législations nationales, sont assimilées à du proxénétisme. » Et le directeur de citer l’exemple de deux prostituées désireuses de s’associer pour louer un appartement afin d’y pratiquer leur commerce de façon indépendante. En Belgique, aux yeux de la loi, celle dont le nom est repris comme locataire (voire propriétaire) du lieu est considérée comme une proxénète. C’est donc uniquement ce type de « proxénetisme » que veut décriminaliser Amnesty. « Non, on ne veut pas protéger les mac, comme je l’ai entendu. Au contraire, on demande évidemment aux Etats de les poursuivre ! »

Le bureau exécutif international est à présent invité à rédiger la version finale de ce document général


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http://www.lesoir.be/959822/article/act ... ostitution
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede Candide le Dim 1 Mai 2016 21:50

HOMMAGE A GRISELIDIS REAL, PROSTITUEE, FEMINISTE ET ANARCHISTE
J'ai mis en ligne dans la rubrique "art" sous le titre "théâtre" le commentaire d'une info que j'aurais du mettre ici. Je résume vite fait pour pas faire trop de doublon :
La comédienne féministe Coraly Zahonero remonte sur scène pour interpréter des textes et de interviews de Grisélidis Réal la prostituée anarchiste féministe, du 27 avril au 8 mai 2016 au Studio de la Comédie Française. Pour plus d'info : émission Ping Pong du 28 avril 2016 de 19h à 20 heures (sur le site de France Culture) avec en plus l'interview remarquable de Chahdortt Djavann.
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Re: Pénalisation ou dépénalisation?

Messagede bajotierra le Mer 22 Juin 2016 12:42

Loi sur la pénalisation des clients : billet d’humeur




La militante pour les droits des transexuel.le.s, et libertaire, Hélène Hazèra réagit à l’adoption, en avril, de la loi pénalisant les clients de personnes prostituées. Le Monde libertaire lui donne la parole.


Patrick Schindler : quels sont à ton avis, les dangers de la nouvelle loi sur la prostitution qui vient d’être votée ?

Hélène Hazèra : la loi sur la prostitution est une loi qui inquiète les associations de prévention. En effet, instaurée par la loi adoptée en avril, la pénalisation des clients de personnes prostituées, risque de renforcer la vulnérabilité face au VIH/sida.

PS : Peut-on dire que cette loi vient renforcer l’arsenal de répression sociale mis en place tout azimut par le gouvernement ?

H : Absolument. Il s’agit d’un lourd coup qui vient d’être porté, avec la première floraison
printanière, aux trans travailleuses du sexe (et aux gigolos) en France : le vote définitif par le Parlement de la loi pénalisant les clients. D’abord déposée au début du quinquennat, elle s’inscrit dans un arsenal d’arrêts autoritaires du gouvernement Hollande : contre les roms, contre les putes, contre les réfugiés et dernièrement, contre les salariés…

PS : Comment qualifierais-tu cette loi liberticide ?

H : De « grande misère absolue » ! D’ailleurs, Giovanna Rincon, fondatrice d’Acceptess-T, une association majoritairement constituée de trans migrantes, précise que « depuis des mois, les revenus des filles diminuent. Pour les plus précaires, c’est la misère absolue ». Du coup, tous les scénarios qu’avaient avancé les associations de lutte contre le sida se réalisent : « Les clients sont paniqués, tout se fait trop vite, il n’y a plus le temps pour négocier le préservatif. Je conseille à nos usagères séronégatives de se mettre à la PrEP [note], tout en étant vigilantes en surveillant les autres IST [note] ».

PS : Pourtant, cette loi a été présentée par le gouvernement comme une loi féministe !

H : Oui, mais, sous prétexte de féminisme, elle met les femmes en danger. Le mépris du président de la République de l’avis du Conseil national du sida et de celui des associations de lutte contre le sida est sidérant. L’épidémie se nourrit d’ignorance ; et l’ignorance, le tabou. Le tabou est ici que les femmes trans ont des hommes mariés pour clients. Si ceux-ci se contaminent, ils contamineront leurs femmes. Sous prétexte de féminisme, on met donc les femmes en danger…

PS : Peut-on qualifier cette nouvelle loi de « chasse à la prostituée » ?


H : Tout-à-fait. Et la chasse à la prostituée est en général un sport d’intégristes religieux. Et ce qui me fait le plus de mal, en tant que libertaire, c’est que dans cette croisade, on a même retrouvé des anarcha-féministes - sous le prétexte de s’attaquer aux « échanges économico-sexuels » et aux manifestations du « système prostitutionnel » - devenir de fait les alliées du lobbying catholique intégriste du Mouvement du nid. A contrario, certaines féministes, dont Simone de Beauvoir, ont dénoncé les autres formes de prostitution et d’aliénation (dans le mariage, dans les relations homme/femmes…). Cette dernière avait d’ailleurs reçu, en 1975, une délégation de la grande grève des putes de 1975 et aidé Margo St. James à monter le Coyote (Call Off Your Old Tired Ethics) [note] , premier syndicat de prostituées dans le monde.
Aujourd’hui, il est à espérer que le collectif 8 mars pour touTEs [note] tournera à son tour, définitivement, la page d’un féminisme policier ! »…

Propos recueillis par Patrick Schindler, groupe Botul de la Fédération anarchiste

PAR : Patrick Schindler


http://monde-libertaire.fr/?article=Loi ... _dhumeur__
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