Prostitution

Re: Prostitution

Messagede Protesta le Dim 9 Sep 2012 17:57

Et que dit Al sur la question??

http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article3684



[…] Pour nous, la prostitution ce n’est pas :

- de la sexualité au sens plein du terme pour les femmes et les hommes qui s’y soumettent mais le moyen de gagner de quoi (sur)vivre ;
- le combat contre la morale judéo-chrétienne et pour la liberté sexuelle mais le renforcement de la distinction entre « la femme bien » (la mère) sans désir sexuel, et la putain ;
- la liberté, mais un choix forcé pour les femmes et les hommes qui veulent en sortir, pour celles et ceux qui auraient aimé ne pas y entrer, pour celles et ceuxqui n’ont pas d’autres façons d’échapper à la misère, pour celles et ceux qui sont soumis-es à l’esclavage des proxénètes. Combien parmi celles et ceux qui disent faire ce métier librement et l’aimer sont payé-e-s pour le dire, ou menacé-e-s ?
- un métier comme les autres puisque jouir de quelqu’un n’est pas jouir du travail de quelqu’un ;
- une activité compatible avec notre projet de société. Si nous entendons les prostitué-e-s qui affirment leur libre choix et leur volonté de faire ce « travail », nous pensons qu’acheter des relations est incompatible avec une société d’égalité et de liberté.
Pour nous, la prostitution c’est :

- une des formes extrêmes de l’oppression sexuelle des hommes sur les femmes. Elle est une des manifestations de l’appropriation masculine du corps et du travail des femmes, et de certains hommes alors assimilés aux femmes. Cette oppression se fonde aussi sur l’ignorance imposée aux femmes de leurs corps et de leur plaisir (à travers en particulier les livres d’éducation sexuelle pour les enfants et les adolescent-e-s où n’apparaît pas toujours le mot « clitoris »), sur l’image de la sexualité donnée par la pub, la pornographie ou les multiples revues pour hommes (les femmes sont disponibles, consommables, pour un rapport sexuel destiné au plaisir des hommes), sur son affirmation dans les médias, les discours, les affiches, l’éducation, sur le rejet ou la dévalorisation de l’homosexualité. Partout, qu’il n’y a qu’un type de rapports sexuels légitime : le rapport hétéro-sexuel dominant-dominée ;
- la tolérance grivoise envers les clients, voire la complaisance, et le mépris envers les prostituées ;
- un rapport d’oppression économique entre les hommes riches et les femmes pauvres comme dans le tourisme sexuel, entre les hommes qui peuvent se les payer et les femmes qui ont besoin de gagner de l’argent, l’étape ultime de la marchandisation du corps des femmes. Parce que nous ne voulons pas d’un monde où les femmes ou les hommes font les gestes de l’amour et/ou du désir et du plaisir pour gagner de quoi vivre, parce que nous ne sommes pas concerné-e-s par la morale mais bien par le droit à la dignité et à l’égalité, parce que nous voulons une liberté sexuelle réelle pour tous et toutes, nous sommes abolitionnistes.

Et supprimer la prostitution dans la société d’aujourd’hui passe par les moyens de la lutte contre l’oppression des femmes par les hommes et par des moyens spécifiques :
En matière d’éducation :

- l’information des femmes sur leurs corps, leur plaisir, leur droit inaliénable de dire « non », et leur droit de dire « oui » aux relations sexuelles librement consenties ;
- l’information, l’éducation des hommes sur l’oppression sexuelle, sur la réalité de la prostitution ;
- l’information, l’éducation de tous et toutes pour rendre la prostitution aussi inacceptable humainement que l’esclavage ou l’inceste.
En matière de droits des personnes :

- l’accès des prostitué-e-s comme de toute personne à la protection sociale : accès à la CMU, aux mutuelles complémentaires, à la retraite….
- la suppression de l’impôt sur les revenus non commerciaux qui les frappe ;
- l’application des dispositifs et le renforcement des moyens concernant la protection et l’accueil des mineur-e-s et des jeunes majeur-e-s ;
- le combat contre le sexisme dans la pub (combat contre la pub ?) et dans les médias, que les stéréotypes véhiculés soient la faiblesse et la soumission des femmes ou la virilité conquérante et la violence des hommes.
Par rapport aux autres personnes concernées :

- parler des clients, sans qui la prostitution et le proxénétisme n’existeraient pas ;
- identifier les raisons de leur consommation de prostitué-e-s pour lutter contre cette consommation ;
- une réelle volonté politique de lutter contre le proxénétisme et les mouvements d’argent liés à cette activité et favorisés par la mondialisation capitaliste et sa libéralisation des transferts de capitaux, et le renforcement des moyens attribués à cette lutte.
Pour permettre aux femmes de sortir de la prostitution :

- l’offre aux prostitué-e-s de structures et de moyens leur permettant de se poser-reposer ;
- l’offre de formations qualifiantes, librement choisies ;
- la régularisation immédiate des prostitué-e-s étrangèr-e-s, avec prise en charge d’une protection, internationale et nationale, pour elles/eux et leurs familles ;
- l’offre aux prostitué-e-s d’un revenu de substitution entre la prostitution et un travail ;
- des campagnes d’information auprès des prostitué-e-s pour les informer sur ces moyens offerts.

Nous défendrons ces moyens dans toutes les luttes et en particulier dans les luttes féministes. Nous ne participerons pas aux luttes revendiquant des droits attachés au « métier » ou au statut de prostitué-e-s, mais avec les prostitué-e-s aux luttes universelles qui les concernent aussi (lutte pour les droits sociaux universels, lutte contre les lois sécuritaires).

Congrès d’Agen d’AL (2006)


Bon ensuite comment on aboli la prostitution? En pourchassant le client pardi! Voire le foutre en taule puisque c'est un violeur!
Tout ça c'est bien beau, bien pragmatique, bien réaliste (bien reformard aussi oups je sort), mais la proposition que vous faites pour l'abolition de la prostitution, suppose aussi des moyens de répressions, en tout cas vous qui voulez œuvrer dans ce sens, à faire des propositions à l'état, cela ne pourra fonctionner que comme ça: à coup de flic, de répression et d'emprisonnement, bon c vrai j'oublie que je devrais savoir que les clients sont forcément des violeurs dominants...

:fume:
"Salut Carmela, je suis chez FIAT! Je vais bien... Si,Si, nous pouvons parler tranquillement, c'est Agnelli qui paye!"
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Re: Prostitution

Messagede Groucho Marx le Dim 9 Sep 2012 19:33

Je lis beaucoup sur ce forum que les clients de prostituées seraient des violeurs.
Quelques remarques:
1- c'est nier la parole de prostituées qui elles ne se sentent pas violées. C'est une attitude de négation de la parole à mon avis incompatible avec une éthique anarchiste.
2- c'est nier la possibilité pour une femme de donner son consentement dans des situations qui ne sont pas des situations d'agressions, mais des situations qui ne conviennent pas moralement aux abolitionnistes. On est là en plein discours sexiste qui nie aux femmes la possibilité de vivre leur sexualité comme elles l'entendent.
3- c'est au final une sorte de banalisation inversée par rapport à la banalisation masculiniste du viol, car c'est un détournement du sens de ce terme qui le rend inopérant.

Un petit article pour illustrer tout ça:

http://www.acontrario.net/2012/03/05/vi ... sentement/

Du « non » du viol au « oui » de la prostitution
Morgane Merteuil | 5 mars 2012 |

« Je suis fatiguée », « Je n’ai pas envie », « Pousse-toi », « Laisse-moi dormir », « Vraiment, je ne rigole pas », « Arrête ! », « Tu me fais mal ! », « Je te dis que tu me fais mal ! » : les manières d’exprimer un « non » sont infinies.

Et quand bien même la fatigue, la lassitude, l’épuisement psychologique seraient autant d’entraves à la transformation de ce « non » en résistance physique, le laissant à l’état de simples mots, faire fi de ce « non », peu importe la manière dont il est formulé, et continuer à agir sans prendre en compte la valeur de ce « non », faire comme si c’était un « oui », c’est un viol.

Parce que la parole de l’autre, et donc l’expression de son non-désir, n’a pas été prise en compte, l’inacceptable s’est produit. Inacceptable car négation de la parole, négation de la valeur de l’autre, de son droit à disposer de lui-même, de son droit à espérer que sa parole soit prise en compte.

Je ne dis là rien de nouveau, rien qui n’ait été dit et redit (et tant mieux, car on ne le dira jamais assez), notamment par celles et ceux qui, se définissant ou non comme féministes, luttent pour que la valeur de ce « non » soit reconnue, et luttent pour un changement des mentalités jusqu’à ce que quiconque, et notamment les femmes, soient reconnu, en toutes circonstances, en tant que sujet ayant le droit d’exprimer un choix et d’espérer que celui-ci soit respecté, pour que l’inacceptable ne se reproduise plus.

Pourtant, parmi celles et ceux-là mêmes, il en est qui, par leurs discours, nient paradoxalement la valeur d’autrui : je parle de celles et ceux qui assimilent sans cesse viol et prostitution, et pour qui la prostituée ne saurait dire « oui ».

Dire que la prostitution est un viol en soi, c’est dire que la personne qui a dit oui, en réalité, disait non. Faire passer nos clients pour nos violeurs, c’est dire qu’ils sont de ceux qui voient un « oui » là ou il y a en réalité un « non ».

Une pute est censée pouvoir dire non à tout moment du rapport ; si alors le « non » n’est pas pris en compte, il y a viol. Point.

C’est pourquoi il faut donner à quiconque, putes incluses, les moyens de dire non ; on sait que ce « non » est parfois difficile à « agir physiquement » : j’ai parlé plus haut de la lassitude, de la fatigue qui peut être une entrave à l’expression physique de ce « non » ; mais la précarité, la peur d’une violence considérée comme « allant de soi » dans la prostitution, sont tout autant d’entraves à « agir ce non » .

Autrement dit, pour que l’inacceptable ne se reproduise plus, il faut faire reconnaitre la valeur d’autrui, de sa parole, pour que le « non » soit pris en compte en tant que tel; la parole de l’autre en tant que telle doit être reconnue : on ne peut reconnaître la valeur du « non » d’autrui sans reconnaître la valeur de son « oui ». Cela implique d’admettre la notion de consentement chez les putes.

Aussi, aujourd’hui, je me pose une question, qui n’attend pas de réponse, mais que j’aimerais que chacunE se pose : les personnes qui ne peuvent accepter le « oui » des putes en tant que telles mais qui continuent d’agir comme si elles y voyaient un « non » sont-elles moins condamnables que celles qui ont un jour assimilé le « non » d’autrui à un « oui » ?
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Re: Prostitution

Messagede frigouret le Dim 9 Sep 2012 19:51

Je suis d'accord, mais pour que ce oui ou ce non prenne toute sa valeur nous avons besoin d'égalité.
8-)
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Re: Prostitution

Messagede Johan.M le Dim 9 Sep 2012 20:01

frigouret a écrit:Je suis d'accord, mais pour que ce oui ou ce non prenne toute sa valeur nous avons besoin d'égalité.


Carrément oui. T'en connais beaucoup des putes issues de la haute société ? Non elles sont en grande majorité du côté de celles qui galèrent et qui cherchent a trouver de quoi vivre a tout prix. Ca rejoint les discours de ceux qui disent : /pourquoi tu rales a cause de ton boulot ? Tu l'as choisi non ?/. Rien d'égalitaire et libertaire.
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Re: Prostitution

Messagede l'inoculé le Lun 10 Sep 2012 01:34

Salut,
Moi aussi je pense que la question du consentement -qui est donc celle du libre-arbitre et du libre-agir- est essentielle dans ces cas-ci, mais aussi dans toutes les relations interindividuelles, quelles qu'elles soient (en tout cas dans tous les échanges). Aujourd'hui, on est, tôt ou tard, "obligé/e/s" d'échanger avec autrui, certes; mais pas forcément avec ceux/celles qu'on n'aime pas, ni selon des schémas/pratiques imposés au préalable*. Vendre ou offrir son corps c'est -comme l'a très justement fait remarquer M. Groucho- pas plus absurde -ni dangereux- que vendre ses compétences, son travail intellectuel, sa force, sa sueur, ou -pire- sa rancœur... Le sexe c'est très agréable, ça fait kiffer tout le monde, alors pourquoi ne pas le vendre / l'échanger / le partager? Alors savoir si on vend ou si on donne son corps, quelle partie, comment -dans quelles positions- et avec combien de partenaires, si c'est payé avec du fric ou avec des salades... à mon avis c'est presque du détail: le plus important c'est bien le libre consentement à l'échange.

Après, je constate qu'il est souvent difficile sur ce Topic -et globalement sur ce forum- de bien comprendre de quoi exactement parle chacun des interlocuteurs:
- parle-t-on d'une situation contemporaine, caractérisée entre autres par la domination économique, phallocrate, blanche, la violence (notamment sexuelle) et le chacun-pour-soi? Parle-t-on, alors, des moyens d'améliorer les conditions de tous et toutes -et notamment des prostitué/e/s -à supposer qu'on sait qui ils/elles sont? A noter qu'apparemment ici personne ne semble vraiment être sûr de ce qu'il/elle perçoit/projette/conçoit de la prostitution, ou alors d'une manière souvent très "généraliste" (voire stigmatisante) qui me semble assez hasardeuse... Et le cas-par-cas, les individus qui combinent et se démerdent, ça vous parle?
- parle-t-on d'une situation fictive "en république anarchiste" (mon Dieu!) pour la réussite de laquelle on devrait, à l'avance, dessiner quelques principes sociaux/comportementaux (ouf! on est sauvés)? Auquel cas, je suis pas sûr de pouvoir adhérer à cet anarchisme-là (mais moi, on s'en fout)...
- parle-ton de rien du tout? Est-ce que ce n'est pas "juste" une joute verbale de plus, qui ne rime à rien? Beaucoup d'anars sont effectivement prompts aux slogans tranchants/cinglants, et ne s'embarrassent pas des -éventuelles- demi-mesures... A la suite de "la propriété c'est le vol", on sort "la prostitution c'est le viol"... Et entre le noir et le blanc, y'a quoi?

*Je préfère pour ma part les échanges "informels" aux marchés "conventionnels", mais j'ai bien intégré qu'à un moment il me faudra du fric / pièces-papier, et je vais pas me péter la tête à chaque fois qu'il faudra que j'admette que j'en gagne un peu et que j'en admette un peu dans ma poche, ni que j'admette d'en distribuer. Le fric, certes, aujourd'hui, ça semble très important, mais ce n'est que du fric -c'est une valeur virtuelle de transaction, c'est virtuel, comme les paroles, comme les sentiments: on les donne, on les prend, on les vole... on en fait ce qu'on veut; le fric on chie dessus si on veut, on le claque, on le "crame" ou on le nécronomise... Moi j'en ai rien à foutre, du fric: c'est de la merde! Je le dilapide, je le partage, et quand j'en ai plus je fais autrement: j'ai plein d'autres ressources, bien plus importantes à mes yeux!
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Re: Prostitution

Messagede bajotierra le Jeu 20 Sep 2012 17:36

Décidément la fête de l'huma réserve bien des surprises ...........

Quand le PCF fait taire et exclut les travailleurSEs du sexe.

Act Up-Paris et le STRASS ont cette année choisi de faire stand commun à la Fête de l’Humanité, qui se déroulait ce week-end. Les militantEs d’une section locale du PCF ayant proposé à nos deux structures de les héberger sur leur emplacement, nous avons donc monté une table à nos logos, afin d’y distribuer publications et matériel de prévention VIH et IST.

Deux heures après s’être installéEs, nos militantEs se sont vues priéEs de lever le camp sous des prétextes fallacieux. En essayant d’obtenir des précisions auprès du responsable de stand, l’affaire Zoughebi (http://site.strass-syndicat.org/tag/henriette-zoughebi/) ainsi que la teneur de nos discours ont été mises en avant comme raisons légitimant notre exclusion.

Plus tard dans la journée de samedi, nous avons découvert la tenue d’un « débat » organisé par Femmes Solidaires : “nous allons abolir la prostitution” (http://femmes-solidaires.org/spip.php?rubrique=16).
Alors que depuis des mois, les voix des travailleurSEs du sexe s’élèvent contre cette idée parce qu’abolir la prostitution, c’est abolir les putes (or nous ne voulons pas être aboliEs), ce ne sont pas les putes qui ont été conviéEs au débat, mais toujours la même élue PCF, qui avait à l’époque privilégié la diffamation au débat.
Ceci nous laisse entendre que le parti communiste cautionne cette censure de la parole des premierEs intéresséEs, agissant ainsi comme si nous étions déjà mortEs.

Pour protester contre le fait que certaines féministes soutiennent des lois répressives, nous scandons souvent : « Envoyer la police, ce n’est pas du féminisme ». De la même façon, le PCF doit entendre qu’abolir des travailleurSEs, ce n’est pas du communisme.

C’est ce que semblent d’ailleurs penser de nombreuxSES militantEs, qui nous ont exprimé leur solidarité tout au long de la fête, et que nous tenons à remercier.

Nous exigeons :

- des excuses publiques du Parti Communiste Français
- la tenue de réels débats sur le travail sexuel avec la participation des premierEs concernéEs

Contact Presse :

Cécile Lhuillier – Act Up Paris : 06.65.64.52.88
Morgane Merteuil – STRASS : 06.63.58.45.23.





http://site.strass-syndicat.org/2012/09 ... s-du-sexe/
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Re: Prostitution

Messagede pit le Jeu 20 Sep 2012 17:45

Est-ce que bajotierra pourrait un peu développer ce qui apparait comme un soutien inconditionnel au STRASS ? Il ne parait pas être le seul d'ailleurs au sein de la cnt-ait. Cela interpelle évidemment, même si le fait d'être à contre courant d'une grande partie du mouvement libertaire fait partie de leur identité, mais cela mériterait qu'on s'y arrête un peu, pour comprendre le pourquoi.
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Re: Prostitution

Messagede bajotierra le Jeu 20 Sep 2012 18:34

pit écrit
E-stce que bajotierra pourrait un peu développer ce qui apparait comme un soutien inconditionnel au STRASS ?


Des politiciens organisent des débats sur la prostitution et excluent da parole certaines prostitués , dénoncer la chose ce ne vaut pas soutien a l'un ou l'autre camp , c'est pointer qu'avec de tels procédés les premiéres victimes de la répression sont déjà ces prostitués qui sont obligées de se taire !
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Messagede Johan.M le Jeu 20 Sep 2012 19:39

Quand on organise des débats sur l'exploitation salariale on doit inviter les jaunes ? Non et c'est pareil ici.
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Re: Prostitution

Messagede pit le Jeu 20 Sep 2012 21:56

Cela ne répond absolument pas à la question.
A moins que bajotierra pense que le STRASS est un "syndicat" comme un autre, et là un syndicat qui mériterait d"avantage de sympathie que les syndicats qu'il dénonce dans l'ensemble, et tout les syndicats mis dans le même sac. Celà interroge quand même.
Qu'est-ce que vous pensez de ce que MélusineCiredutemps et moi même disons plus avant sur ce sujet ?
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Re: Prostitution

Messagede Specifix le Ven 21 Sep 2012 00:04

Johan.M a écrit:Quand on organise des débats sur l'exploitation salariale on doit inviter les jaunes ? Non et c'est pareil ici.

Il faudrait que tu expliques ce que tu entends par le STRASS n'est pas un syndicat comme un autre.
Personnellement, je pense que les Putes sont libres de s'organiser en syndicat et de militer pour leur liberté de Putes. Ce syndicat est bien plus légitime que ne peuvent l'être les syndicats collabos.
Aussi, étant les principales concernées, elles devraient avoir droit au débat.
Leur nier ce droit de parole, c'est nier leur liberté d'expression en plus de vouloir leur nier le droit à disposer de leur corps, de leur personne, comme elles l'entendent.
Comparer les Prostituées et Prostitués militants à des jaunes, c'est être à côté de la plaque. Le STRASS est, dans un sens, "libertaire" puisqu'il a comme but liberté de disposer de son corps. La liberté ne connaît pas la morale.
Le mot libertaire, je le mets entre " " pour, évidemment, le nuancer puisque, en effet, si les travailleuses veulent un statut légal, elles en appellent à l'autorité de l'Etat.
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Re: Prostitution

Messagede Johan.M le Ven 21 Sep 2012 06:56

C'est fou la CGT qui rassemble sur des bases de classe sont des salauds contre-révolutionnaires mais un syndicat petit-bourgeois qui n'est pas sur des positions de classe mais corporatistes et veut officialiser la prostitution alors que seule une très maigre poignée profite de cette ignominie c'est respectable pour des anarchistes. Le STRASS ne rassemble en aucun cas /les prostitués/ mais juste une fraction minuscule le haut du panier pas les prolos qui galèrent le plus.
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Re: Prostitution

Messagede Candide/ le Ven 21 Sep 2012 08:03

En lisant (un peu en diagonale, car il y a beaucoup de verbiage et de répétition) les pages de ce forum, un texte, parmi les premiers, m’a un peu interrogé. Il y est question sous la plume de Lehnin (ou un nom comme ça, j’aurais du prendre des notes au fur et à mesure…) de membres « éminents » du forum. Ça n’avait pas l’air d’être un trait d’humour. Les anarchistes se diviseraient-ils ente les éminents et les autres ?
Bien que n’étant pas « un éminent » et n’aspirant pas à le devenir, voici une opinion sur l’ensemble : quand on lit les textes des anti-prostitué(e)s, on a l’impression de lire du Madame Boutin. C’est pétri d’idéologie catholique. C'est du réactionnaire pur jus. J’ai volontairement écrit anti-prostitué(e)s car, sous prétexte de viser la prostitution, c’est bien à la liberté des prostitu(és) qu’ils s’en prennent. La première chose que les prohibitionnistes devraient faire, ce serait de mettre fin à leur hypocrisie et d’avouer qu’effectivement, en bout de course, ce qu’ils cherchent à liquier, ce sont les prostitué(e)s. Au moins, ce serait plus clair.
Candide/
 
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Re: Prostitution

Messagede Candide/ le Ven 21 Sep 2012 08:06

Une petite faute de frappe dans le texte ci-dessus le rend un peu incompréhensible. Au lieu de "cherchent à liquier", il faut lire "cherchent à liquider". Merci
Candide/
 
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Re: Prostitution

Messagede bajotierra le Ven 21 Sep 2012 10:08

Johan.M a écrit:Quand on organise des débats sur l'exploitation salariale on doit inviter les jaunes ? Non et c'est pareil ici.



en admettant que les prostitués qui sont contre l' abolition de leurs activité soient des "jaunes" ou des "collabos" , où donc sont les prostitués en grève pour l'abolition de leur activité ?

sont ce des gens comme pit d'AL ou henriette Zoughebi , qui ma connaisance ne sont ni gréviste ni péripapéticiens , qui ont l'exclusivité de leur représentation ?

sur le fond , je soutiens que leur discours qui veut abolir la prostitution sans abolir le cadre général de l'exploitation capitaliste , signifie que en quelques annés un gauchisme en décomposition est passé du réfomisme radical ou réformisme réactionnaire (je suis tout a fait d'accord avec candide là dessus )
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Re: Prostitution

Messagede Specifix le Ven 21 Sep 2012 15:59

Johan.M a écrit:C'est fou la CGT qui "rassemble sur des bases de classe" sont des salauds contre-révolutionnaires mais un syndicat petit-bourgeois qui n'est pas sur des positions de classe mais corporatistes et veut officialiser la prostitution alors que seule une très maigre poignée profite de cette ignominie c'est respectable pour des anarchistes. Le STRASS ne rassemble en aucun cas /les prostitués/ mais juste une fraction minuscule le haut du panier pas les prolos qui galèrent le plus.

Sans doute que le STRASS est corporatiste, mais il réagit contre le fait qu'on s'en prenne aux Putes et à leurs clientèle. On s'en prend à la liberté de passer "contrat" et de faire commerce de faveurs sexuelles dans un système dont le socle est le commerce. Ils réagissent, comme beaucoup en en appelant à l'Etat.
Pour ce qui est de la CGT, en effet, il rassemble sur des bases de classe; un peu comme les chefs religieux rassemblent sur des bases religieuses, c'est-à-dire pour mieux contrôler, canaliser les énergies pour l'un, les consciences pour l'autre. Et, tu as, bien, raison, la CGT est composée de salauds contre-révolutionnaires. Et, le pire, c'est que certains "libertaires" y adhèrent, et, donc, ce sont, aussi, des salauds comme tu le dis si bien. Certains petits délégués sont, parfois, de bonne foi, mais, ils sont, tôt ou tard rappelés à l'ordre par la hiérarchie syndicale.
Ensuite, tu devrais quand même différencier l'esclavage auquel certaines personnes sont soumises et qui, celui-là, profite à de maigres poignées, et les personnes qui ont pris la décision de recourir à la prostitution.
Et, comme le dit Bajotierra, où sont les Putes qui exigent l'abolition de la prostitution ?

Pour moi, il est clair que cette provocation politique d'interdire la prostitution ne vise qu'à encadrer un commerce qui lui échappe ... fiscalité oblige ... décidément, la morale a, souvent, de bien curieux ressorts ...
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Re: Prostitution

Messagede tatave le Ven 21 Sep 2012 16:04

Specifix a écrit:Sans doute que le STRASS est corporatiste, mais il réagit contre le fait qu'on s'en prenne aux Putes et à leurs clientèle. On s'en prend à la liberté de passer "contrat" et de faire commerce de faveurs sexuelles dans un système dont le socle est le commerce. Ils réagissent, comme beaucoup en en appelant à l'Etat.

Ils ont raison, vive la libre entreprise !!!! :lol: :lol:
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Re: Prostitution

Messagede Specifix le Ven 21 Sep 2012 19:21

Voici ce que je viens de voir dans la shootbox. voilà ce que dit Mr. pit's, toujours, aussi, débonnaire et original :
Ven 21 Sep 2012 00:08 | pit: Ah, en plus le petit monsieur repond une perle, libéral contre libertaire, syndicat patronal contre lutte des classes : viewtopic.php?f=10&t=8035&start=80#p143839
Le petit Monsieur te réponds. Peut-être que le fait de se battre pour disposer librement de son corps pour en faire commerce est libéral, mais libéral, ou pas, la liberté de disposer de son corps, c'est, aussi, libertaire. La liberté sans entraves est bien libertaire. Mais, le commerce, le salariat, la propriété privée ne sont pas des conceptions libertaires de la société. La moralité bourgeoise et puritaine comme grille de lecture pour dire à chacun ce qui est bien ou mal pour lui, ce n'est pas libertaire, non plus. Et, c'est bien cette morale qui guide les gens comme toi; car, abolitionniste, tu es pour interdire les prostituées contre leur propre gré.
Par contre, je ne suis pas d'accord pour un encadrement quelconque de la prostitution par l'Etat. Mais, c'est, bien, à mon avis, le but de toute cette mascarade.
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Re: Prostitution

Messagede Johan.M le Ven 21 Sep 2012 20:00

Dans ce cas cesse de réclamer l'abolition du salariat puisque l'immense majorité des salariés estime que leur situation est normale.
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Re: Prostitution

Messagede Specifix le Ven 21 Sep 2012 23:29

Johan.M a écrit:Dans ce cas cesse de réclamer l'abolition du salariat puisque l'immense majorité des salariés estime que leur situation est normale.

Qu'est-ce que cela a à voir avec ce que j'ai dit ?
Ou ai-je dit que l'immense majorité des salariés estime que leur situation est normale ?
C'est une affirmation de ta part ... gratuite ...
Je te rappelle que normal signifie être dans la norme, dans la référence.
Mais, leur situation n'est pas ... "normale", c'est-à-dire qu'elle n'est pas légitime.

Ils ne remettent pas en cause la norme, le système ... Car, c'est un sentiment de fatalité qui prédomine, un sentiment d'impuissance, et un manque de discernement. Leur situation n'est pas "normale", tu devrais le savoir. Les salariés, comme tous les autres, savent qu'ils sont dans une situation injuste, donc, pas "normale" ... mais, c'est "comme ça" disent-ils, ... fatalité ... on peut seulement espérer une augmentation de salaire ... d'indemnités ... de garder sa place ... encore un peu ... Va voir combien de salariés sont dans la merde ... crédit, conditions de travail, impôts, hausse des prix, licenciements, etc ... ils doivent trouver ça "normal" ... sans doute puisque Johan.M le dit ...
Et, les suicides à france télécom ? ... ça te donne, vraiment, l'impression que les salariés trouvent leur situation "normale" comme tu dis ? ...

En plus, tu effectues un glissement en parlant de "L'abolition du salariat" plutôt que de révolution.
Réduire à néant la prostitution par une loi ne sert qu'à criminaliser ...
La liberté à disposer de son corps comme on l'entend ne peut pas être remise en cause. Ce n'est pas avec une loi postulant l'abolition de la prostitution que la société capitaliste sera meilleure ou plus vivable; même pour ceux qui se prostituaient.

Explique-moi ce que tu dirais à une personne qui a pris la décision de se prostituer en pleine connaissance de cause.
Specifix
 
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