Prostitution

Re: Prostitution

Messagede MélusineCiredutemps le Lun 21 Jan 2013 01:29

Au fond, qui estime vraiment les personnes prostitué-e-s ? Par Christine Le Daoré

En matière de prostitution ce ne sont pas les clichés ni les certitudes qui manquent, mais dans ce domaine aussi, les apparences sont souvent trompeuses. Responsables, respectueux et modernes ou à l’inverse, condescendants, fatalistes et conservateurs, auxquels des réglementaristes ou abolitionnistes s’appliquent ces qualificatifs ?

Les réglementaristes affirment que doit perdurer le « plus vieux métier du monde » et revendiquent l’adoption d’un statut pour organiser les intérêts d’une minorité de prostituées « volontaires ». Les abolitionnistes quant à eux, pensent que l’égalité femmes-hommes et le respect de l’intégrité humaine requièrent un projet de société féministe et humaniste. Un tel projet ne peut se satisfaire du sacrifice d’un quota de femmes, ni au nom de l’un des plus vieux mensonges patriarcaux, la prétendue irrépressible sexualité masculine, ni au nom de l’une des plus archaïques exploitations marchandes.

Réglementaristes comme abolitionnistes veulent la régularisation des personnes prostitué-e-s sans papier, l’abrogation du délit de racolage, l’abandon de toute mesure répressive et stigmatisante à l’encontre des personnes prostitué-e-s. Tous disent vouloir lutter contre la traite, les réseaux, les violences ; en réalité, les personnes qui s’expriment en faveur de la réglementation n’abordent que très rarement et très superficiellement ces problèmes quand elles ne les minimisent, voire ne les évacuent pas. Les réglementaristes demandent plus de prévention au VIH-Sida ; alors que les abolitionnistes revendiquent une véritable alternative à la prostitution avec l’adoption d’une politique sociale inclusive ambitieuse destinée aux personnes prostitué-e-s qui le souhaitent, formée de programmes de réinsertion comportant des actions globales de santé et de prévention, mais également d’éducation, de formation, sans oublier l’emploi et le logement, etc.

Convenons-en, il s’agit bien deux conceptions politiques opposées. Il est parfaitement clair que les réglementaristes souhaitent aménager le système alors que les abolitionnistes veulent le réformer en vue de sa disparition. Avez-vous identifié l’attitude la plus conservatrice des deux ?
Les réglementaristes accusent souvent les abolitionnistes d’être en faveur de l’ordre moral, de parler en lieu et place des personnes prostituté-e-s, de les infantiliser. Ils affirment détenir la vérité et représenter l’ensemble des personnes prostitué-e-s de manière sincère et désintéressée. Seulement voilà, derrière les apparentes évidences, celui des deux projets qui dévoile une confiance dans l’humanité et son avenir, n’est pas forcément celui qui crie le plus fort.

Indéniablement, le discours réglementariste séduit par sa simplicité et le nombre restreint de ses arguments, au nombre de 5 en tout et pour tout. Arguments numéros 1 et 1 bis : La prostitution est « le plus vieux métier du monde ». C’est « un métier comme un autre ». Argument n° 2 : Les personnes prostituées sont libres de leur choix et de faire ce qu’elles veulent de leur corps. Arguments n°3 et 3 bis : La prostitution est une soupape sociale à la misère sexuelle et affective. C’est aussi un moyen de canaliser la violence masculine et même d’éviter des viols. Arguments n°4 et 4 bis : Les abolitionnistes parlent au nom des prostitué-e-s et ne savent pas de quoi ils-elles parlent. Les abolitionnistes sont des puritains et des catholiques engagés dans la moralisation de la société. Argument n° 5 : les abolitionnistes sont des « tueurs de putes » qui les assassinent au VIH Sida.

Peu importe la façon de les présenter, les intellectuels ont leur style, les activistes le leur, mais ces arguments ne varient jamais. Une rhétorique bien huilée, mais va-t-elle résister à quelques minutes d’attention et de réflexion, d’intérêt et d’intégrité ? Nombre d’articles déconstruisent efficacement ces clichés ; le superbe Scoop-it ! http://www.scoop.it/u/fee-ministe#curat ... abSelected * organisé en catégories, est une véritable mine d’or pour qui veut approfondir la question, aussi, ne vais-je répondre que succinctement à ces arguments afin de tester leur solidité et tenter d’établir laquelle des deux positions est la plus favorable aux personnes prostitué-e-s.

Au cliché du « plus vieux métier du monde », j’opposerais qu’il s’agit surtout d’une commodité aussi vieille que le patriarcat. Une femme peut-elle vraiment être réduite à une commodité ? Tous les avantages exorbitants de la domination masculine, en particulier s’ils constituent une violence faite aux femmes, ne doivent-ils pas être abolis ? Quant à prétendre qu’il s’agit d’un métier comme un autre, si tel était le cas, il existerait des formations et des qualifications, avec des tarifs adaptés à la compétence et qualité de service, veuillez m’excuser, mais qui donne les notes ? Présentez-moi des parents qui rêvent de ce métier pour leur chère progéniture ; expliquez-moi pourquoi l’écrasante majorité de prostitué-e-s rêve d’en sortir, et se lance dans des études supérieures ? Ce n’est pas un métier car personne en France et c’est tant mieux, n’a encore songé à le proposer comme orientation aux élèves de 4ème en difficulté, ni à l’afficher parmi les offres d’emploi à Pôle Emploi.
Je ne traite même pas les questions d’ordre juridique afférentes au rôle de l’état dans la perspective d’un tel statut ; ni tout le volet des risques de violences inhérentes à l’activité qui compromettent toute possibilité de l’assurer, la sécuriser et donc la réglementer dans le code du travail. Sans compter que le problème dans la prostitution, ce n’est pas le sexe, mais l’argent qui nourrit, entretient et conforte le système prostitueur. C’est en tous cas le bilan que font les pays réglementaristes débordés par la situation, car il est en réalité impossible de démêler la prostitution « libre » de la traite. Voyez, une critique radicale de ce premier cliché démontre que ce sont les abolitionnistes qui font preuve de modernité, accordent aux personnes prostitué-e-s l’intérêt qu’elles méritent et tentent d’éviter que la société ne se fourvoie en laissant, par exemple, s’implanter comme en Belgique ou ailleurs, des quartier entiers transformés en vitrines vivantes. En revanche, les réglementaristes ne semblent pas s’émouvoir de confiner les personnes prostituées à un rôle qui les arrange bien, tant que leur mère, sœur ou fille, ne sont pas concernées.

Aux clichés du libre choix et du moralisme abolitionniste, j’opposerais tout d’abord que de plus en plus de témoignages et d’études établissent qu’un grand nombre de personnes prostituées ont été victimes de violences sexuelles dans l’enfance. Elles sont très souvent dans le rejet de leur corps et de leur sexualité, elles vivent une dissociation et distanciation qui les anesthésient mais n’empêchent en rien les blessures, au contraire, les creusent. Se pourrait-il que les réglementaristes soient, à ce point, cyniques pour admettre que notre société n’a pas de proposition plus généreuse que la prostitution pour les aider à se reconstruire ? En outre, comment peut-on sérieusement confondre liberté sexuelle, désir et plaisir avec un consentement forcé pour des motifs purement financiers ? Certes, les fantasmes sur la prostitution ne manquent pas mais la réalité est autrement plus crue et brutale ; sentir l’odeur et toucher la peau de corps que l’on ne désire pas, être pénétré-e-s à répétition, se plier à la demande des clients, à leurs caprices, à leurs violences aussi ; à chaque passe, avoir peur de ce qui pourrait advenir, tel est le lot quotidien de la plupart des personnes prostitué-e-s. Seules quelques escortes peuvent se payer le luxe de trier leur clientèle sur le volet, ce qui d’ailleurs, n’exclue pas pour autant ni les risques, ni la dissociation. Les réglementaristes se sont-ils seulement posé la question de l’âge moyen d’espérance de vie d’une personne prostituée ? Une société ne doit-elle pas d’abord penser à protéger les personnes les plus vulnérables ? Les principes d’intégrité et de non marchandisation des corps humains ne constituent-ils pas des droits inaliénables qui doivent rester hors du commerce et des lois des marchés ? Ne trouvez-vous pas étonnantes les contradictions dans lesquelles se trouvent tant de gauchistes et d’écologistes, révolutionnaires dans tous les domaines mais ultralibéraux en matière de mise à disposition des corps des femmes ? Ne trouvez-vous pas incroyablement paradoxal que le principe de la liberté individuelle poussé à son paroxysme les conduise ainsi à accepter le sacrifice d’un quota de femmes et d’enfants, aussi de quelques hommes, alors que l’ensemble de la population serait destinée à s’épanouir en rejetant la société de consommation, en échangeant librement et gratuitement de bonnes pratiques, le tout, dans la décroissance ? De quoi seraient donc coupables ces personnes pour être ainsi laissé-e-s sur le bord du chemin ?
Enfin, les abolitionnistes ne sont pas des cathos pudibonds qui mèneraient une croisade morale, la plupart d’entre elles-eux sont féministes et humanistes ; leur position sur la prostitution n’est pas morale mais politique, ils proposent un autre contrat social et veulent abolir les violences et l’exploitation humaine dans ce qu’elle a de plus âpre. A y regarder de plus près, les abolitionnistes semblent infiniment plus attentifs aux violences faites aux femmes, au passé comme au vécu des personnes prostitué-e-s, alors que les réglementaristes s’en lavent les mains, confortablement retranchés derrière le prétexte du libre choix.

Les arguments de « soupape » sociale ne sont-ils pas confondants de renoncement quand ils suggèrent que les femmes devraient à jamais remplir le rôle qui leur est par « nature » attribué, de confidente, voire de psy de substitution ? Ils révèlent que beaucoup de gens ignorent les ressorts de la prostitution, aveuglés par des romances ou témoignages soigneusement sélectionnés et mis en scène pour servir un propos. Il arrive en effet que quelques hommes recherchent ce type de bénéfice dans l’acte prostitutionnel, mais dans la plupart des cas, il ne s’agit pas de sexualité, ni même d’affectif, mais bien de domination. Le client paye pour obtenir ce qu’il veut et n’obtient pas dans les relations gratuites et / ou égalitaires. Comment ne pas voir qu’il ne s’agit de rien d’autre que de marchandisation du corps, voire même du sentiment, ce qui évite à bien des hommes de s’engager dans une véritable relation égalitaire et compromet fortement une évolution positive des relations femmes-hommes ? La prostitution n’a que peu à voir avec la sexualité, mais avec la domination pour les clients, et pour les prostitué-e-s, la seule motivation c’est l’argent. Alors que la sexualité elle, est libre et gratuite. Les femmes se sont battues pour leur autonomie et libération sexuelle, « si je veux et quand je le veux ».
Quant à l’argument de la maîtrise du viol, tout le monde le sait, même des hommes mariés, pères de famille, commettent des viols ; avoir une vie sexuelle n’exclue pas le viol et par conséquent les deux problèmes ne sont pas corrélés même s’ils constituent l’un comme l’autre, une violence faite aux femmes ; dans un cas, le paiement autorise à forcer le consentement et s’apparente donc à un viol. Sur le dos des femmes, les réglementaristes font preuve d’un pragmatisme à toute épreuve ; une fois encore, seuls les abolitionnistes vont au-delà des idées reçues et avec un grille de lecture féministe comprennent que les femmes ne sont pas condamnées, aucune d’entre elles, à pérenniser l’éternel cliché féminin « mère/putain ». Comment font les réglementaristes pour éviter de se poser la question de la responsabilité des clients qui génèrent la demande et par conséquent toutes les violences et les trafics afférents ? Les ignorent-ils vraiment et dans la pure tradition cocardière, sous l’œil complice des mères et des femmes, comme papa, papy et des générations de goguenards avant eux, continuent-ils à déniaiser le petit, à aller aux putes comme on va à confesse, à se payer ce que la légitime refuserait et tout ça au nom du féminisme ? Alors, toujours convaincu-e-s par un tel argument ?

L’accusation de parler au nom des personnes prostituées est-elle crédible ? Pas si l’on songe aux milliers de personnes prostitué-e-s qui ont témoigné pour dénoncer « l’enfer prostitutionnel ». Pourtant, il suffit de bien les écouter : dans les documentaires tels que « l’Imposture » de Eve Lamont http://www.tou.tv/zone-doc-l-imposture ; « Not for sale » http://www.youtube.com/watch?feature=pl ... sUo_RYR-nY ; dans le travail d’Hubert Dubois et tant d’autres, à foison, des centaines d’interviews, des heures d’audition à l’ONU et ailleurs – je ne parle pas des témoignages des personnes victimes de la traite, des mafias et réseaux, qui parlent de l’enfermement, des menaces, des viols et tortures à répétition, des drogues injectées de force, car chacun-e s’accorde à dénoncer ces crimes – mais bien de celles qui se disaient «libres » ou « volontaires ». Comme Ulla, elles expliquent clairement et simplement que pour ne pas effrayer leurs clients ou pour pouvoir enchaîner les passes le lendemain, il fallait bien se persuader et persuader l’opinion publique que la prostitution était un métier comme un autre et la banaliser. Elles nous accusent de nous être laissé-e-s berner et d’avoir bien voulu croire ce qui nous arrangeait et aujourd’hui, elles parlent de viols ; elles disent avoir, dans la plus grande complaisance et indifférence générale, autorisé pour de l’argent, des clients à les violer.
Surtout, il faut lire les « Survivantes de la prostitution », ce réseau qui s’est créé en mai 2012 : http://survivorsconnect.wordpress.com/2 ... ir-voices/, il faut lire Rebecca Mott ; elles le disent tellement mieux que nous. Alors, à part les clients qui consomment, qui encore nie et ignore ces paroles de personnes prostitué-e-s et dans quel but ? Une poignée d’activistes réglementaristes qui, avec la caution d’élus et d’intellectuels médiatiques, les dévalorisent systématiquement et à leur profit, eux qui défendent les intérêts de la libre entreprise d’une minorité d’escortes. Leurs méthodes ne sont pas toujours respectables car leurs motifs ne sont guère avouables, difficile de faire la promotion des privilèges patriarcaux et de l’exploitation quand on se prétend révolutionnaire ! Ce cliché ne supporte pas plus la critique que les autres, pire encore, il démontre à quel point, les réglementaristes refusent de se confronter à la parole des personnes prostitué-e-s.

Le dernier cliché est tellement grossier, il ne sert qu’à faire diversion et je ne vois pas comment une personne sensée pourrait lui accorder le moindre crédit. A l’évidence, tout le monde le sait, les seules personnes qui contaminent au VID-sida sont les clients qui payent plus cher pour baiser sans capote. Les abolitionnistes n’ont rien contre la prévention au VIH-Sida, bien au contraire, seulement ils considèrent que cette infection n’est qu’un des multiples problèmes de santé des personnes prostitué-e-s et surtout que se limiter aux seules actions de prévention, peut certes, dans certains cas, éviter des contaminations, mais de fait rend service au système prostitueur. Entretenir un système, est-ce une réponse satisfaisante à un tel problème de société ?

Aucun des 5 arguments réglementaristes ne résiste bien longtemps à une grille d’analyse féministe et humaniste et à une critique sans concession. En outre, les abolitionnistes ne sont pas des naïfs ni des idéalistes, ils sont confrontés à la réalité de la prostitution, chaque jour sur le terrain, comme par exemple, depuis fort longtemps le Mouvement du Nid. Ils n’ignorent pas que la prostitution ne va pas disparaître d’un coup d’un seul, même avec une loi abolitionniste, même en responsabilisant, éduquant et pénalisant le client prostitueur. La prostitution continuera d’exister, pour devenir un jour, résiduelle parce que la prévention et l’éducation auront porté leurs fruits, parce que l’égalité réelle entre les femmes et les hommes aura gagné du terrain et que dans une société féministe, cette demande-là n’aura plus guère de sens.
Le projet abolitionniste est caricaturé, il est plus riche qu’on ne l’imagine et ceux qui s’intéressent à la question, peuvent consulter le Rapport d’information Assemblée Nationale n° 334 « Prostitution : l’exigence de responsabilité. En finir avec le mythe du « plus vieux métier du monde ». Commission des lois avril 2011 Danielle Bousquet et Guy Goeffroy ; se connecter sur les sites du Mouvement du nid http://www.mouvementdunid.org et le collectif de plus de 50 associations Abolition 2012 http://www.abolition2012.fr, ne serait-ce que pour comprendre que l’abolition n’est pas la prohibition. Les personnes prostitué-e-s ne seront pas inquiété-e-s en aucune façon, mais celles qui veulent sortir du système prostitueur seront accompagné-e-s dans des parcours alternatifs. En revanche, les clients seront mis face à leurs responsabilités, ils pourront échanger sur l’acte de prostitution, ce qu’il signifie pour eux et pour les personnes qu’ils payent. Prévention, éducation, pénalisation selon des modalités qui restent à définir. Contrôler la demande pour mieux maîtriser les ravages des industries criminelles du sexe, les mafias et réseaux de la traite. Et vous ne trouvez pas que ça vaut la peine d’essayer vous ? Alors peut-être ignorez-vous l’ampleur des ravages de ce trafic criminel qui génère de formidables profits.

En définitive peu d’hommes recourent à la prostitution, peu de personnes sont prostitué-e-s « volontaires », mais des millions de prostituées de par le monde vivent en situation d’esclavage. L’humanité toute entière aspire à une société plus juste et plus humaine, évolution qui passera nécessairement par l’abolition de la domination masculine du système patriarcal. Alors pourquoi devrions-nous ralentir le processus, ouvrir nos portes aux réseaux en tous genres qui ne manqueront de s’engouffrer, et encourager nos proxénètes locaux à plus d’audace ? Avons-nous tant de temps à perdre, combien de personnes encore devons-nous sacrifier ? Depuis quand oppose t’on les intérêts d’un groupe minoritaire à un projet global de société ? Dans tous les cas, les motivations des abolitionnistes ne sont-elles pas plus élevées et généreuses, beaucoup plus optimistes aussi, que celles des réglementaristes ? N’est-il pas insupportable d’imaginer que des personnes soient sacrifiées pour de fallacieuses raisons et des privilèges patriarcaux d’un autre âge et pour les industries capitalistes du sexe ?

A mes yeux, ce qui compte autant que le projet de société féministe, humaniste et abolitionniste dans lequel je veux vivre, ce sont les femmes, les enfants et aussi les hommes, moins nombreux mais ils existent bel et bien, prostitué-e-s. Je ne veux pas tourner les yeux, je me sens concernée, ils me touchent. Ce sont leurs vies avec leurs blessures, leur courage et leurs espoirs aussi, qui m’interpellent. Je les respecte, estime profondément et je forme le vœu qu’un jour, non pas pour des raisons morales mais politiques, plus aucune personne sur terre ne soit contrainte, par la force ou par sa vie, à se livrer à la prostitution. En attendant, essayons au moins de limiter les dégâts et renforçons efficacement la position abolitionniste de la France et la coopération européenne comme internationale. Libérons-les, libérons-nous. Avançons.

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Re: Prostitution

Messagede MélusineCiredutemps le Lun 21 Jan 2013 01:32

Indécente instrumentalisation des luttes LGBT par Morgane Merteuil - Par Christine Le Daoré

Profitant de la mobilisation homophobe des anti-mariage pour tous du 13 janvier dernier, dans sa tribune « Homophobie, putophobie même combat ? » publiée le 14, dans la rubrique Rue69 du site en ligne du Nouvel Observateur, Morgane Merteuil, Porte-Parole du STRASS, instrumentalise sans scrupule, les luttes LGBT et amalgame légalisation du mariage pour tous et prostitution.

Confusion des luttes, assaisonnée de lyrisme, c’était bien tenté. Que Mme Merteuil et le STRASS se jettent sur l’occasion pour récupérer les luttes LGBT et manipuler l’opinion, ne constitue pas vraiment une surprise ; en revanche, que des journalistes, en particulier ceux du site du Nouvel Observateur, tombent ainsi dans le panneau, est beaucoup plus étonnant.

Je souhaite rappeler à Mme Merteuil que les luttes LGBT concernent des personnes, des couples et des familles qui subissent des discriminations et des violences liées à leur seule orientation sexuelle. Des préjugés archaïques les privent de droits et les placent dans des situations d’injustice voire d’insécurité.
La revendication du mariage n’a de sens que dans une perspective d’égalité des droits, car l’orientation sexuelle ne peut à elle seule priver des couples et des familles, de droits et obligations auxquels peuvent accéder les citoyens français. L’égalité des droits n’est pas négociable et ne relève d’aucune activité marchande, d’aucun marché. Les personnes LGBT, citoyens à part entière, seront les seuls bénéficiaires des luttes pour l’égalité des droits.

Mme Merteuil semble avoir momentanément perdu de vue que les bénéficiaires de la prostitution sont les clients qui achètent des services sexuels et en cas de prostitution forcée (écrasante majorité), les souteneurs, proxénètes, réseaux et mafias. La prostitution est le second marché criminel après la drogue et avant les armes ; les états qui ont réglementé ne parviennent plus à endiguer la criminalité prostitutionnelle ni à distinguer sur le terrain ce qui relève ou non de la « libre » prostitution. C’est fâcheux, mais qu’à cela ne tienne, Mme Merteuil qui n’est plus à une pirouette rhétorique prés, occulte ces réalités pour mieux nous égarer.

On imagine bien que Mme Merteuil ne nous parle pas des droits des proxénètes et des réseaux. Mais de quels droits alors, nous parle-t-elle ? De ceux des personnes prostituées ? Certes, les personnes prostituées doivent être respectées et protégées par la loi, mais, nul besoin d’être réglementariste pour ça. Personne mieux que les abolitionnistes ne défendles droits des personnes prostituées. L’abolition n’étant pas la prohibition, le projet abolitionniste prévoit lui aussi l’abrogation du délit de racolage, mais il se contente pas de cela, il exige des programmes de réinsertion, sociaux et de santé, pour les personnes qui souhaiteraient sortir de la prostitution. En réalité, et qu’elle l’assume ou non, c’est bien des droits des clients dont nous parle Mme Merteuil. Les clients qu’il faudrait préserver, ménager, choyer car business is business.

Ce qu’il faut comprendre de cette tribune, c’est que Mme Merteuil et le STRASS nous condamnent à entretenir cette vieille légende, cette incroyable mystification naturaliste qui consiste à présenter la sexualité masculine comme irrépressible et justifiant par conséquent, la mise à disposition de quelques femmes qui auraient le privilège d’épancher cette anomalie héréditaire. C’est bien connu, les femmes peuvent se contrôler, éventuellement se débrouiller par elles-mêmes, les hommes non ! On y croit !

Sachez-le Madame, il est incompatible de vouloir à la fois, pérenniser les privilèges exorbitants du système patriarcal, et revendiquer l’égalité, qu’il s’agisse d’égalité réelle entre les femmes et les hommes ou d’égalité des droits pour les minorités. L’intimité humaine, en matière de sexualité comme d’affectif est protégée par la loi et doit rester en dehors des lois du marché. D’ailleurs la prostitution a bien moins à voir avec la sexualité qu’avec la domination masculine ; elle est affaire d’éducation.

Alors, Mme Merteuil, vous qui avez l’outrecuidance d’instrumentaliser les droits LGBT, sachez que cette grossière tentative de récupération est stérile car lutter pour des droits et des libertés est incompatible avec votre lutte pour l’institutionnalisation de l’esclavage sexuel des femmes et de quelques hommes.

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Re: Prostitution

Messagede MélusineCiredutemps le Lun 21 Jan 2013 01:37

Coup de tampon réglementariste !

A la lecture du texte d’Alban Ketelbuters : « Reconnaître la prostitution et non l’abolir », paru dans le Monde du 23-07-2012, je constate tout d’abord que de plus en plus d’hommes se sentent autorisés à apposer ou non, un tampon « féminisme convenable » sur nos revendications.

Nombreux sont ceux qui, comme l’auteur, vouent désormais un culte à Simone de Beauvoir ou à Elisabeth Badinter et pour le reste, ils décident s’il est ou non acceptable que nous menacions leurs privilèges patriarcaux.

Alban Ketelbuters semble avoir des connaissances approximatives en matière de féminisme. Son analyse des différents féminismes en présence est assez confuse. Pour commencer, rappelons-lui que si des féministes essentialistes se manifestent encore de temps à autres, les principaux groupes et personnalités féministes qui s’expriment et agissent aujourd’hui, y compris chez les abolitionnistes, sont égalitaires et universalistes. Et c’est tant mieux car les théories naturalistes et différentialistes qui fondent la domination masculine ne peuvent être déconstruites par un féminisme qui se contenterait d’inverser les rôles et de substituer un matriarcat au patriarcat !

Des militantes féministes, des militantes lesbiennes aussi, revendiquent depuis fort longtemps, l’égalité des droits et notamment l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, la PMA* pour les lesbiennes et l’adoption pour tous, mais pour autant, sont hostiles à la GPA** (Nombre de militants LGBT également). Il ne faut pas tout mélanger, la GPA n’est pas une technique de reproduction, elle met en jeu la vie d’une femme pendant toute une grossesse. Qu’on le veuille ou non, il s’agit bien de l’appropriation et de la mise à disposition, par des hommes et à des fins reproductives, de corps de femmes. La question mérite que l’on prenne le temps d’y réfléchir sereinement, surtout qu’il existe d’autres solutions de parentalité et que le droit à l’enfant ne justifie pas tout.

M. Ketelbuters continue sa démonstration jusqu’à mettre sur le même plan, supériorité de l’hétéro-parentalité et abolitionnisme de la prostitution ! Que fait-il donc des militants LGBT qui se battent pour la reconnaissance et les droits des familles homosexuelles et pour autant sont abolitionnistes ? Sous le tapis ?

« L’obsession chimérique d’une juste sexualité, plus naturelle que culturelle… » Mais que peut bien signifier cette phrase ? La sexualité n’a rien de bien « naturel », elle résulte dans tous les cas, d’une culture, d’une éducation et d’expériences individuelles. En outre, j’ai beau lire des textes abolitionnistes, je n’y vois aucun argument puritain, bien au contraire. Il n’est question que de désir et de liberté, d’émancipation et surtout de sortir le sexe de l’économie de marché. Il est question aussi de prévention, de lutte contre l’exploitation et les violences.

Le consentement et l’intimité ne se marchandent pas et ne peuvent être livrés aux lois du marché. Qui fixerait le prix public, la valeur, d’un acte sexuel et en fonction de quels paramètres ?

Puis, Alban Ketelbuters qui ne recule décidément devant rien, fait référence à l’article 4. de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Certes, tout être humain a en effet le droit de disposer de son corps, mais du sien seulement, personne n’a le droit de disposer de celui d’autrui !

Certaines personnes seraient disposées à vendre ou louer leurs organes si on les laissait faire, pourtant, quelle que soit leur situation économique, la force de leur volonté, l’Etat les en empêche pour les protéger. Il devrait en être de même pour la location ou la vente d’actes relevant de l’intimité sexuelle.

Non pas pour des raisons puritaines mais parce que vendre sa force de travail physique ou intellectuelle n’a strictement rien à voir avec vendre son intimité sexuelle et aucun-e prostitué-e n’a jamais rêvé enfant de le devenir et encore moins fait ce rêve pour ses propres enfants. Ce n’est à l’évidence pas un métier comme un autre, contrairement à ce que prétendent les réglementaristes. Qui voudrait trouver à Pôle emploi demain, de telles offres d’emploi ?

Que dire encore de cet argument qui consiste à juger les abolitionnistes « coupables de condamner à la misère et à la criminalité les personnes prostituées » ?

A l’évidence, Alban Ketelbuters n’a pas fait la différence entre abolitionnisme et prohibitionnisme. Si les abolitionnistes font un travail de lobbyng politique, ils réclament avant tout l’abolition de l’article 225-10 -1 du Code pénal sur le racolage passif, réglementation répressive exercée à l’encontre des personnes prostituées. Présents sur le terrain, ils font un travail de prévention considérable et aident les personnes prostituées qui le souhaitent à en sortir.

Notre universitaire n’a pas non plus compris que les abolitionnistes ne s’en prennent pas aux prostituée-e-s qu’ils respectent, mais veulent questionner la demande : éduquer, voire pénaliser les clients afin de les mettre face à leurs responsabilités. Car c’est bien avant tout d’égalité femmes-hommes et d’un projet de société dont il s’agit.

Comment, un petit garçon, élevé en sachant qu’il aura toujours des femmes prostituées à disposition, pourrait-t’ il jamais considérer une femme comme son égal ?

Je me demande aussi comment notre universitaire a réussi à éviter de lire les rapports publiés par les Etats qui avouent être dépassés par les problèmes générés par une politique réglementariste ? Les trafics se sont développés massivement et sont devenus incontrôlables. Est-ce dans une telle société que nous voulons-vivre ?

Mais le summum de la malhonnêteté intellectuelle est atteinte lorsqu’il prétend que « les abolitionnistes ont une vision étroite de « l’identité féminine, toute femme étant pour eux (il dit elles, car il n’a pas compris que le mouvement abolitionniste est un mouvement mixte), conformément à ses organes génitaux, une mère « !

Cette confusion est typique de la technique manipulatrice de renversement rhétorique. L’auteur a bien compris que les femmes ont des organes génitaux, à la disposition des hommes, pour faire des enfants – GPA – ou pour assouvir de prétendues pulsions sexuelles irrépressibles masculines. Nous n’en sortons pas, « mères ou putains », mesdames, choisissez ! Il se peut toutefois que notre universitaire néo-libéral, magnanime et si moderne, nous accorde de passer de l’une à l’autre !

En revanche, le mouvement abolitionniste est favorable à l’émancipation des femmes, il sait que les femmes se sont libérées en s’affranchissant de leur dépendance économique et en se réalisant autrement que dans la maternité automatique, le seul droit réservé aux femmes. Il sait aussi que le soi-disant « plus vieux métier du monde » est surtout, le plus vieux privilège masculin, jalousement préservé par le système patriarcal et qui paradoxalement, trouve parfois des alliés dans le mouvement LGBT (GPA & prostitution).

Sa conclusion enfin, nous parle de liberté et d’éternité.

La prostitution serait une liberté ? L’auteur fait ici la promotion néo-libérale du choix individuel qui prime sur le choix collectif de société. Pour une personne qui choisit 1000 peuvent vivre en esclavage. N’oublions pas que l’économie du sexe est la plus rentable après celle des armes et de la drogue !

Laissons de côté un instant la prostitution liée à la traite, aux mafias, aux réseaux, aux proxénètes plus ou moins artisanaux… pour nous intéresser à la seule prostitution dite « choisie » : comment notre universitaire a-t-il pu passer à côté des études qui démontrent que la plupart des femmes prostituées ont vécu des violences sexuelles, incestes ou viols, dans l’enfance ? A moins qu’il ne le sache mais n’ait rien d’autre à leur proposer ? Lui rentabilise ses études, elles cherchent à survivre, mais lui, sait de quoi il parle !

L’arnaque intellectuelle consiste à prendre pour argent comptant les sornettes de quelques escortes de luxe qui travaillent occasionnellement et choisissent leur clientèle sur Internet, ils osent se prétendre porte-parole des femmes enfermées dans une prostitution forcée.

Comble de l’indécence, cette liberté, il la justifie par son impossible disparition. C’est tout de même vertigineux, ne trouvez-vous pas ?

Affirmer que la prostitution ne disparaîtra jamais c’est d’avance capituler sur la possibilité d’une société plus humaine, plus épanouissante et plus libre, libre des dangers, des pressions de toutes sortes, des chantages exercés sur des femmes au prétexte d’une libre sexualité.

C’est condamner une partie des femmes à devoir se plier à tout jamais aux exigences d’une sexualité masculine qui serait naturellement différente – essentialisme où es-tu ? – et puisqu’ils peuvent payer, pas de raison de s’en priver !

C’est renoncer à tout jamais à toute égalité femmes-hommes.

C’est accepter que sous cette forme, l’esclavage persiste mais ne concerne quasiment plus que des femmes.

C’est terriblement violent et réactionnaire. Vôtre coup de tampon, M. Ketelbuters, on s’en passera fort bien.

Christine Le Doaré

PMA* Procréation médicalement assistée

GPA ** Gestation pour autrui

Source : http://christineld75.wordpress.com/

http://coll.lib.antisexiste.free.fr/CLAS.html
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Re: Prostitution

Messagede MélusineCiredutemps le Lun 21 Jan 2013 01:40

Pour se libérer, Morgane « Merteuil » va devoir choisir

« prosexe, proporno, proputes »* sans doute ; féministe ? pas encore !

Morgane « Merteuil » se présente comme « escort girl » et exerce à temps plein la fonction de porte-parole d’une association de prostitué-e-s.

Elle assume ses choix de vie et revendications corporatives mais éprouve le besoin de se dissimuler derrière un pseudonyme. Pourtant, l’association qu’elle représente, nous affirme que la prostitution est un métier comme les autres. Imaginez un instant la confusion dans laquelle nous serions si tous les syndicalistes et porte-paroles associatifs devaient prendre un nom d’emprunt. Il est vrai que nombre d’activistes si sulfureux et subversifs se ménagent une double vie afin de ne pas compromettre les chances d’une reconversion ultérieure.

Revenons à Morgane « Merteuil » qui revendique une libre prostitution, la marchandisation des corps, et défend le droit des clients à une consommation tarifée de sexe. C’est son opinion et elle est parfaitement libre de l’exprimer.

Jusqu’ici, il s’agissait d’un débat de société : la prostitution divise fortement et les arguments s’échangent avec force conviction ; pas d’animosités personnelles, seulement des positions politiques. Seulement voilà, Morgane « Merteuil « s’attaque délibérément aux féministes anti-prostitution dans sa publication « Libérez le féminisme ». Pourtant, ce que cet essai révèle et c’est une surprise, ce sont les contradictions qui habitent l’auteur.

Selon Libération, jamais en reste pour monter en épingle la moindre anecdote croustillante, le féminisme de « Merteuil » serait « prosexe, proporno, proputes ». Même si la critique n’est guère positive au final, on aurait bien envie de renvoyer l’auteur de l’article à l’école pour lui apprendre la signification du mot antinomique. En effet, il y a bien contradictions entre ces termes.

Le féminisme c’est la libération des femmes, c’est une société égalitaire entre les femmes et les hommes, c’est aussi d’autres rapports humains. C’est l’abolition de la domination masculine, du système patriarcal et de tout rapport de domination. Alors que la pornographie présente une sexualité déshumanisée et mécanique, qu’elle objectivise les femmes le plus souvent avec mépris et violence. La pornographie réduit les femmes à des machines à faire jouir les hommes, elles gémissent et grimacent comme des marionnettes lobotomisées, en simulant d’improbables orgasmes. Quant à la pornographie « pro-sexe » – réappropriation prétendue libératrice – elle est le plus souvent d’un profond ennui quand elle ne prête pas à rire. La prostitution quant à elle, est la forme la plus archaïque de l’appropriation du corps des femmes produite par le système patriarcal ; le « plus vieux métier du monde » est en réalité l’un des plus vieux privilèges de la domination masculine, c’est une survivance moderne de l’esclavage. Les réglementaristes opposent l’intérêt individuel et libéral d’un petit nombre de prostitué-e-s qui choisiraient de se prostituer (sachant tout de même que la plupart ont subi un traumatisme consécutif à un viol voire un inceste) à l’immense majorité d’une prostitution forcée, violente, en pleine expansion et extrêmement difficile à endiguer. Ils font du corps humain une marchandise et opposent l’individualisme à un projet de société moderne, féministe et humaniste.

Morgane « Merteuil » se revendiquerait donc « pro-sexe », « pro-prostitution » et « pro-putes » en opposition aux féministes qu’elle qualifie de « bourgeoises » et motivées par la promotion de la « dignité » des femmes comme modèle d’émancipation ! En réalité, ce qui depuis toujours intéresse les féministes, c’est la lutte contre les discriminations et les violences, le viol, l’inceste ; c’est l’abolition des privilèges de la domination masculine, l’intégrité, l’égalité, et la liberté des êtres humains. Il semble que Morgane « Merteuil » connaisse bien mal le féminisme et que ses idées en soient très éloignées. En outre, elle confine au conformisme le plus réactionnaire en critiquant les campagnes d’OLF en faveur du retrait administratif du « Mademoiselle », c’est vrai ça, Mademoiselle pour les femmes non mariées et Damoiseau pour les garçons, c’est tellement plus moderne ! Elle affirme que les femmes « aiment le cul », ce dont personne ne doute même si les généralités n’ont guère de sens, mais reproche à OLF sa campagne « Osez le clito ! », cherchez l’erreur ! Serait-il trop osé de parler de jouissance féminine ? Morgane Merteuil serait-elle déstabilisée en apprenant ce qu’est réellement un clitoris, comment il fonctionne et en quoi il est notamment lié au prétendu « orgasme vaginal » ? Dans la confusion la plus totale, elle s’attaque aux féministes avec des motifs plus grotesques les uns que les autres mais voudrait tant en être une. Morgane « Merteuil » va devoir choisir.

Ce n’est pas tout, notre activiste, étudiante occasionnelle, escorte occasionnelle aussi, n’a pas grand-chose de commun non plus avec les prostitué-e-s que l’on rencontre sur les trottoirs, dans les allées des bois, ou les halls de gare de Paris ou d’ailleurs. Personnes dévastées, désespérées, traquées, sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, souvent harcelées par les macs et des réseaux mafieux. Néanmoins, elle aussi, même dans des circonstances différentes, vend ou a vendu des services sexuels, c’est-à-dire s’adonne sans désir ni plaisir à des actes sexuels tarifés. A n’en pas douter, cette activité n’est pas anodine. Tout individu consacre une énergie certaine à préserver son intimité et supporte difficilement l’intrusion d’un étranger dans sa bulle, il faut une bonne dose de distanciation et même de dissociation pour tolérer la vue, l’odeur, le contact, les pratique sexuelles imposées par un inconnu que l’on ne désire pas.

Morgane « Merteuil » voudrait tant représenter celles et ceux que dans leur immense majorité, elle ne connait pas. Alors que de manifestations en congrès, elle mène une vie d’activiste, elle écrit, voyage, fréquente les médias, les politiques, se fait publier, reprendra ses études. Qu’a-t-elle de commun avec toutes celles et ceux qui exploités, pourchassés, souvent agressés et violés, parfois assassinés, ne sortiront que rarement et au prix d’efforts surhumains de leur condition ? Mener une vie de privilégiée, oserais-je la qualifier de bourgeoise, et parler au nom de celles et ceux qui subissent les pires violences que l’humanité s’inflige, là aussi, Morgane « Merteuil » va devoir choisir.

La libération par la prostitution, ah et par le voile aussi, il fallait tout de même y penser, Morgane « Merteuil » l’a écrit et personne n’y croit, pas même elle ! Cet essai brouillon et approximatif expose au grand jour les faiblesses de l’argumentation, mais surtout, ce que Morgane Merteuil voudrait vraiment être, mais n’est pas. Pas encore. Un jour, peut-être, quand elle aura choisi, quand elle se sera libérée.



« prosexe, proporno, proputes »* Titre de Libération : « Le féminisme «prosexe, proporno, proputes» de Morgane Merteuil »

OLF : Osez le féminisme !

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Re: Prostitution

Messagede Groucho Marx le Lun 21 Jan 2013 19:46

Sur cette chère Christine Le Doaré, dont la prose viens ensoleiller une après midi bien terne, une mise au point d'Act Up. Après ses gesticulations bien merdeuses pour justifier une phrase digne de l'extrême droite sur les associations qui distribuent des capotes aux prostituées, gageons que les lecteurs de ce forum sauront à qui ils ont affaire.

http://www.actupparis.org/spip.php?article4614

Un autre texte intéressant:

http://lmsi.net/Christine-Le-Doare-votre-feminisme

Elle est aussi une admiratrice du mouvement du nid, association antiprostitution catholique. Catholicisme dont on connait l'apport pour l'émancipation des femmes.
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Re: Prostitution

Messagede baboeuf le Mar 22 Jan 2013 09:25

la prostitution est le dernier stade de l'exploitation de l'homme par l'homme.
laissons les ultralibéraux dépénaliser la prostitution.
ils n'ont pas besoin des libertaires pour construire leur joli poulailler libre avec le renard libre à l’intérieur.
baboeuf
 
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Re: Prostitution

Messagede Protesta le Ven 25 Jan 2013 19:25

Le salariat: BIEN

la prostitution: PAS BIEN

La prostitution acceptable: BIEN

Le salariat sexuel: PAS BIEN

Le salariat c'est l'exploitation: BIEN

La prostitution c'est l'exploitation: PAS BIEN

les prostitué(e)s, sous la coupe de mafia, et réduit en quasi esclavage: PAS BIEN

des travailleu(se)rs, de chantier de construction de futur bureau, d’arrière salle de restaurants, d'usine textile, et réduit en quasi esclavage: BIE... HEu... c'est pas COMPARABLE :oops:

Un ou une prostitué(e), qui offre ses services sexuel pour pouvoir s'arrondir le fins de mois, ou tout simplement ne pas aller à l'usine: ça N'EXISTE PAS! Sale phallo!

Un travailleur qui veut se mettre à son compte, parce qu’il en a marre de subir le singe (ndlr: le patron): Ce n'est qu'un con d'ouvrier qui ne rêve que d'une chose, devenir un patron à son tour (donc forcément un pourri capitaliste), c'est dire à quels point les ouvriers sont des cons de beauf.

ok j’arrête mes conneries :haha: :haha: :haha: :haha: :haha: :haha: :haha: :haha: :haha:
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Re: Prostitution

Messagede Specifix le Mar 29 Jan 2013 00:33

Je redonne ma position sur le sujet du strass ; ici, plutôt que dans la shoot.
Il s'agit, pour moi, de refuser qu'on s'en prenne aux prostituées, et à leurs clients, sous prétexte d'être contre la prostitution. Car , ce n'est pas en s'en prenant à eux que sera "résolu" ce phénomène social.
Nonobstant, chacun doit être libre de faire ce qu'il veut avec son cul, … et avec le reste, aussi. S'il veut le vendre, et que d'autres veulent "acheter", je ne vois pas le problème ; ça les regarde. Tant qu'il y a consentement véritable. Dans la société capitaliste, tout s'achète et tout se vend, et il est déjà frustrant d'être obligé de se lancer dans ce genre d'activités. A mon avis, personne ne s'y lance de gaieté de coeur, même si à la longue, certaines personnes y trouvent des "contreparties" pécuniaires qui les rendent dépendantes ; mais c'est encore plus frustrant d'être dépossédé de la liberté de disposer de son propre corps comme on l'entend, même si ça déplaît à certains curés, ici présents, et que chacun sait que la prostitution, ce n'est pas le rêve. Tant que la société mettra les gens dans des situations telles qu'ils soient obligés d'y recourir, ça continuera. Il ne s'agit pas de militer pour faire encadrer la prostitution, mais de s'opposer à une facile répression, bien hypocrite et puritaine.
D'un autre côté, le strass n'est pas Révolutionnaire, soit. Mais le fait que les putes s'auto-organisent contre l'Etat et sa répression, c'est un "bon point" qui ne doit pas échapper à des libertaires. Elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes, … déjà que beaucoup de pseudo-libertaires, entre-autres, les stigmatisent. C'est tendancieux de vouloir qualifier les prostituées d'auto-entrepreneur, d'autant plus, qu'auto-entrepreneur, dans un monde capitaliste, c'est comme l'auto-gestion encadrée et encouragée par les Etats (aux fins de récupération et d'intégration au système), c'est de l'auto-salariat.
Avec les positions défendues par certains, on est dans un discours moraliste qui, lui, est bien dans la logique néo-libérale et puritaine. La répression et l'interdiction sont plus dans les logiques néo-libérales que les prostituées qui subissent leur sort et doivent faire face, en plus, à la répression.
Quand on est libertaire, à mon avis, on ne pense pas en termes de bien et de mal.
Sauf à être cul-bénit, vendre sa force de travail ou vendre ses fesses, ça ne fait aucune différence.
C'est toujours un commerce où l'on part d'une position d'infériorité.
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Re: Prostitution

Messagede cabanagem le Lun 25 Mar 2013 15:46

Au sujet de l'assimilation de la prostitution au viol : je viens de lire "l'autobiographie" de la très grande chanteuse de jazz Billie Holiday Lady Sings the Blues qui malheureusement connut les deux avant de devenir célèbre. Voila ce qu'elle en dit :

« Même si vous êtes une traînée, vous ne voulez pas qu'on vous viole. Même une pute qui ferait vingt-cinq mille passes par jour ne voudrait pas se laisser violer. C'est la pire des choses qui puisse arriver à une femme et ça m'est arrivé quand j'avais dix ans ». Extrait de son autobiographie: "" B.HOLIDAY,
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Re: Prostitution

Messagede bergère le Ven 29 Mar 2013 20:31

La prostitution et tous les autres domaines où l'on fonctionne sur le mode déminant/dominé n'existe que parce qu'un individu quel qu'il soit ne parvient pas se reconnaître autrement que par rapport à un groupe. Pour que le problème du dominant/dominé et le problème homme/femme n'existe plus, il est indispensable que nous puissions nous reconnaître en nous-même et n'avoir aucune autre référence que nous-même et réaliser que masculin/féminin ne font qu'un.

C'est notre vraie nature. Elle est sans limite. Elle peut tout, elle sait tout, elle est abondante, elle n'obéit qu'à elle-même. Je serai intouchable le jour où je prendrai conscience que je n'appartiens à aucune référence. Je ne suis ni femme, ni homme. Cela veut dire que tout ce en quoi j'ai cru, tout ce que j'ai construit et édifié est à mettre à la poubelle. C'est en m'identifiant à autre chose que moi-même que je me suis créé l'enfer et si j'ai créé l'enfer je peux aussi bien créer le paradis. J'apprends à penser par moi-même et ne me réfère à rien d'autre qu'à moi-même, je prends conscience que je peux tout changer dans ma vie à condition que je commence à lui donner du sens. A ce moment-là, je serai inattaquable !!
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Re: Prostitution

Messagede Lehning le Ven 29 Mar 2013 21:15

Bonsoir !

CONTRE LE SYSTEME PROSTITUTIONNEL !

Conf-débat à Limoges le 11 avril, animées par Helène HERNANDEZ et Elisabeth CLAUDE (membres de la Commission Femmes de la FA)
[Voir au 11 avril dans l'agenda de ce forum pour + d'infos]

Et bientôt sur:
http://anarchie23.centerblog.net

Salutations Anarchistes !
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Re: Prostitution

Messagede murdok le Sam 4 Fév 2017 19:17

La bigoterie est la régression, la légalisation de la prostitution est un progrès. Quelques prostituées ont protesté dans les pays où la prostitution est pas accordé affirmant qu'ils ne pouvaient pas trouver un emploi "normal" pour passer.

vroum : suppression d'un lien vers un site commercial sans rapport avec le sujet
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