Prostitution

Re: Prostitution

Messagede Béatrice le Ven 21 Sep 2012 23:46

Specifix a écrit: Peut-être que le fait de se battre pour disposer librement de son corps pour en faire commerce est libéral,


C'est déjà bien que tu le reconnaisses !

Specifix a écrit:
mais libéral, ou pas, la liberté de disposer de son corps, c'est, aussi, libertaire.


Oui mais en fonction de ce que tu as déclaré précédemment, ta réflexion est on ne peut plus ambiguë. Pourrais-tu être plus clair ?

Specifix a écrit:
La liberté sans entraves est bien libertaire. Mais, le commerce, le salariat, la propriété privée ne sont pas des conceptions libertaires de la société. La moralité bourgeoise et puritaine comme grille de lecture pour dire à chacun ce qui est bien ou mal pour lui, ce n'est pas libertaire, non plus. Et, c'est bien cette morale qui guide les gens comme toi; car, abolitionniste, tu es pour interdire les prostituées contre leur propre gré.
Par contre, je ne suis pas d'accord pour un encadrement quelconque de la prostitution par l'Etat. Mais, c'est, bien, à mon avis, le but de toute cette mascarade.


Là , c'est parfaitement clair : Proud'hon a fort bien rempli son rôle de missionnaire pour "la défense et le maintien de la transmission patriarcale !" ( la relève est assurée en milieu libertaire ).
Béatrice
 

Re: Prostitution

Messagede Specifix le Dim 23 Sep 2012 22:15

Béotrice a écrit:
Specifix a écrit: Peut-être que le fait de se battre pour disposer librement de son corps pour en faire commerce est libéral,


C'est déjà bien que tu le reconnaisses !

Specifix a écrit:
mais libéral, ou pas, la liberté de disposer de son corps, c'est, aussi, libertaire.


Oui mais en fonction de ce que tu as déclaré précédemment, ta réflexion est on ne peut plus ambiguë. Pourrais-tu être plus clair ?
Je précise puisque tu joues sur les mots. Le commerce, vendre, se vendre en vendant sa force de travail ou des services sexuels mettant à contribution son corps, c'est libéral. Mais, aujourd'hui le libéralisme veut empêcher à tout un chacun de faire librement usage de sa personne pour le commerce. Quels qu'en soient les motifs, un libertaire ne peut pas accepter que la liberté soit bridée, encadrée ou supprimée.
Tu vois, ... j'ai enlevé l'ambiguïté.



Béotrice a écrit:
Specifix a écrit:
La liberté sans entraves est bien libertaire. Mais, le commerce, le salariat, la propriété privée ne sont pas des conceptions libertaires de la société. La moralité bourgeoise et puritaine comme grille de lecture pour dire à chacun ce qui est bien ou mal pour lui, ce n'est pas libertaire, non plus. Et, c'est bien cette morale qui guide les gens comme toi; car, abolitionniste, tu es pour interdire les prostituées contre leur propre gré.
Par contre, je ne suis pas d'accord pour un encadrement quelconque de la prostitution par l'Etat. Mais, c'est, bien, à mon avis, le but de toute cette mascarade.


Là , c'est parfaitement clair : Proud'hon a fort bien rempli son rôle de missionnaire pour "la défense et le maintien de la transmission patriarcale !" ( la relève est assurée en milieu libertaire ).
Je pense que tu comprends Proud'hon comme ça t'arrange.
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Re: Prostitution

Messagede Specifix le Dim 23 Sep 2012 22:35

D'abord le lien : http://veganarkist.free.fr/Proudhon.html, renvoie à une page fixe. (Quelle source ?)

Ensuite, je ne sais pas de quel contexte est sortie cette phrase : "Jeune homme, si tu as envie de te marier, sache d'abord que la première condition pour un homme est de dominer sa femme et d'être maître." (Proudhon).

Mais, telle quelle, tu la comprends comme tu veux.

Le texte du lien :
ANARCHIE OU PATRIARCHIE?
Proudhon était fondamentalement sexiste et reconnaissait aux hommes un droit de vie et de mort sur les femmes. C'est un peu déplacé d'oser le citer comme penseur anarchiste, alors qu'à coté de lui Bukowski fait figure de féministe radical. "Jeune homme, si tu as envie de te marier, sache d'abord que la première condition pour un homme est de dominer sa femme et d'être maître." (Proudhon).
L'anarchie ne se réduit pas à une certaine conception de l'état, ne vise pas uniquement son abolition, auquel cas elle se placerait aux cotés de l'ultralibéralisme. L'anarchie tend à la destruction de tout rapport d'autorité, ceci dans tous les domaines, non pas seulement gouvernants / gouvernés. Ainsi elle vise à faire disparaitre la domination de fait ou de droit existant dans les rapports hommes / femmes, entre les peuples, les communautés, les rapports humain / animal non humain. Ces privilèges injustifiés sont à éradiquer, car liberticides, le profit de l'un est synonyme de mort ou d'escalavage de l'autre, de souffrance, aucune domination est "normale" ou "naturelle", il faut fuir ce schéma de pensée pour comprendre que c'est uniquement culturel et que lutter contre est synonyme d'abandon de privilèges, que l'on a de fait en naissant dans un pays industrialisé ou en tant qu'être humain.
aktinies
Je reprends les lignes de ton texte : "Ces privilèges ... que l'on a de fait en naissant dans un pays industrialisé ou en tant qu'être humain." (Je dirais de droit) et j'en applique le raisonnement à la phrase en question.
Mais, le plus important, c'est que, en tout cas sortie de son contexte, Proudhon a très bien pu dire cette phrase à un candidat au mariage en lui rappelant le rôle que la société de son temps attribuait au marié. A-t-il dit quelque part que les femmes sont des êtres inférieurs ?

Quant à remettre en cause sa qualification d'Anarchiste, je n'entre pas dans ce genre de débat. Une chose est sûre, c'est que son apport aux idées du courant libertaire est indéniable.
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Re: Prostitution

Messagede pit le Lun 24 Sep 2012 23:42

Je ne suis pas vraiment un "curé", un catho, un prude ou un "mal baisé". Je ne confond pas non plus libéral et libertaire.
Ramener la "liberté de disposer de son corps" concernant la lutte pour l'avortement , à la liberté de vendre son corps, c'est pas que tiré par les cheuveux, c'est remettre en cause toute la dimension féministe de cette phrase et de ce combat, comme spécifix semble remettre en question la dimension de l'oppression spécifique, comme la dimension de la lutte féministe globalement. Il n'y a pas que spécifix d'ailleurs ici pour tenir ce genre de discours, mais c'est celui qui semble vouloir aller le plus loin pour combattre les idées pro-féministes et libertaires produites, tout en tentant de se faire passer pour un super anar. Je ne vois pourtant qu'un discours capitaliste et ultra-libéral et la reproduction du système patriarcal.

Un article qui vient de sortir sur le sujet :
"Se prostituer librement, nouvel adage du néolibéralisme patriarcal ? "
http://www.bastamag.net/article2602.html
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Re: Prostitution

Messagede Specifix le Mer 26 Sep 2012 15:50

pit a écrit:Je ne suis pas vraiment un "curé", un catho, un prude ou un "mal baisé". Je ne confond pas non plus libéral et libertaire.
Ramener la "liberté de disposer de son corps" concernant la lutte pour l'avortement , à la liberté de vendre son corps, c'est pas que tiré par les cheuveux, c'est remettre en cause toute la dimension féministe de cette phrase et de ce combat, comme spécifix semble remettre en question la dimension de l'oppression spécifique, comme la dimension de la lutte féministe globalement. Il n'y a pas que spécifix d'ailleurs ici pour tenir ce genre de discours, mais c'est celui qui semble vouloir aller le plus loin pour combattre les idées pro-féministes et libertaires produites, tout en tentant de se faire passer pour un super anar. Je ne vois pourtant qu'un discours capitaliste et ultra-libéral et la reproduction du système patriarcal.
Un article qui vient de sortir sur le sujet :
"Se prostituer librement, nouvel adage du néolibéralisme patriarcal ? "
http://www.bastamag.net/article2602.html
D'abord, je ne vois pas en quoi je combat les idées féministes. Ensuite, en quoi parler de la liberté de disposer de son corps est-il libéral ? Et, il faudrait que tu prouves en quoi je remets en cause la dimension féministe de la liberté à disposer de son corps. Comme d'habitude, tu affirmes beaucoup, et tu n'étayes rien. Tu te contentes de mettre un lien. Tu tiens, à tout prix, à me coller une étiquette.

Utiliser le concept de liberté pour détruire la liberté, c'est, justement, la tactique néo-libérale.
Utiliser le concept de liberté pour retourner le discours, c'est celle de l'extrême-droite.
Inverser le point de vue en se mettant du côté du client et en le qualifiant de consommateur, ou de violeur, c'est, aussi, une position néo-libérale et puritaine.

C'est en commençant par détourner la liberté de disposer de son corps en liberté de se prostituer que l'on corrompt le discours. Cela contribue à donner une connotation négative à la liberté de disposer de son corps comme on l'entend. Ce qui est néo-libéral, c'est de vouloir imposer des règles moralisatrices à la société en décrétant ce qui est bien et ce qui est mal. Être abolitionniste, c'est-à-dire passer par la loi, pour imposer la norme, est on ne peut plus néo-libéral. Ce qui est néo-libéral, c'est, donc, aussi, empêcher des individus de faire ce qu'ils veulent avec leurs fesses.
Entre un curé et un moralisateur, la différence est de zéro, pit's. Tiens-le toi pour dit.

Opposer un élément libéral à un autre élément libéral ça mène à quoi ? Que le système capitaliste réponde à la misère qu'il crée en créant des lois, … eh, bien, ça reste libéral.
Ce qui est libertaire, c'est de sortir de cette logique et de se mettre "à la place de ces personnes". Cela veut dire qu'il ne faut pas s'en prendre aux Prostituées et à leurs clients, mais au système. La vérité est là, et elle est Révolutionnaire.

La confusion qu'il y a entre faire des lois contre les clients, faire des lois contre les prostituées et la résolution du problème de la prostitution comme étant un mal spécifique, déconnecté de tout le reste, est une politique néo-libérale. Le néo-libéralisme passe par la soumission à la loi. C'est cette soumission à la loi qui pérennise le système.
Et que vas-tu dire à des personnes qui décident, de elles-mêmes, de se livrer à la prostitution parce que, comme ça, elles gagnent 3 ou 4 fois le smic alors qu'avec les minimas sociaux, ou un travail de merde, elles gagneront, juste de quoi payer l'essentiel ou de survivre ? Faire un choix dans la société capitaliste, ça s'avère, souvent, être un faux choix, vrai. Mais, même les personnes qui y font le choix de la prostitution et ceux qui y ont recours doivent être respectés. Ainsi que leurs choix. Si ces personnes estiment que ce n'est pas pire de se prostituer que de se faire exploiter sous une forme plus classique, en quoi est-ce qu'une loi va leur apporter quelque chose ? Que vas-tu leur dire ? Que se prostituer, c'est pas bien ? Que c'est pas féministe ? Que c'est libéral ? ...

Rester le nez dans le guidon sans tenir compte du contexte, c'est ça qui est post-moderne. Et, malgré que le texte parle de capitalisme, il soutient le recours à la loi. Cette contradiction est totalement réactionnaire.
Des lois contre les prostituées et contre leurs clients ne résoudra pas le problème de la prostitution, ni ne résoudra le problème social global. Par contre, cela contribue à exercer un contrôle social, et, donc, un contrôle fiscal, sur des individus qui y échappent encore dans une certaine mesure. Des lois ayant pour finalité de remplir les caisses de l'Etat. Celui-ci n'aura aucun remord à encaisser.

Malgré le ton outré, dans l'article que tu mets en lien et que tu ne commentes même pas, il y a très peu d'argumentation, et rien n'explique le pourquoi du choix de recourir aux lois ; pas plus que toi tu ne l'expliques.
Soutenir cette démarche et te prétendre libertaire, ça ne te gêne pas ?
Le système crée des aliénations, puis, il les gère, et il en vit. Faire appel à ce système, c'est l'aider à trouver des solutions pour étendre son emprise.
Par contre, donner la parole aux principaux concernés me paraît être totalement légitime.
Non, à la persécution des prostituées et de leurs clients. Non au recours à l'Etat. ... C'est Libertaire.

NB : Encore une fois, pit's, tu te caches derrière un copier/coller pour diluer ta responsabilité. Tu ne te mouilles pas. Et, tu renvoies vers un site où officient des personnes à l'esprit obtus. C'est le moins qu'on puisse dire. Et, toi, tu suis et tu prends acte.
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Re: Prostitution

Messagede Groucho Marx le Sam 29 Sep 2012 16:19

http://site.strass-syndicat.org/2012/09 ... ant%C2%A0/

Arrestations massives : c’est maintenant !

Le ministre de l’intérieur vient d’enterrer l’idée que la police délivre un récépissé lors de chaque contrôle d’identité pour lutter contre les contrôles au faciès, tandis qu’il vient d’annoncer sa volonté d’augmenter le temps pendant lequel la police peut retenir les personnes ainsi contrôlées (de 4h à 16h). Vu l’axe résolument répressif de ces annonces, faut-il s’étonner que la chasse aux putes s’intensifie de jour en jour.

Aujourd’hui, une importante action de police a été entreprise au bois de Boulogne afin d’y arrêter les travailleurSEs du sexe présentEs.

Plus de 15 travailleurSes du sexe ont été arrêtées. Certaines pour des vérifications d’identité, d’autres pour racolage, la quasi-totalité étant des migrantEs. Et celles qui ne furent pas arrêtées ont été harcelées par la police jusqu’à ce qu’elles quittent leur lieu de travail.

Cela fait maintenant des années que nous, comme nos alliéEs, dénonçons le délit de racolage passif. François Hollande avait annoncé qu’il ferait de son abrogation une priorité. Cette opération de police confirme, si besoin en était, que le changement, ce n’est pas maintenant.

Loin de garantir la sécurité des putes, ce type d’opérations n’a pour seul effet que de les conduire à se cacher. Les conséquences sont connues, nous les dénonçons depuis maintenant bientôt 10 ans : dégradation des conditions de travail, précarité, isolement, mise en danger, augmentation des risques de contamination aux VIH et IST, travail des associations de prévention quasi-impossible.

Va-t-on vraiment devoir fêter le 10ème anniversaire d’une funeste loi qui fut dénoncée par le parti au pouvoir quand il était dans l’opposition et avait la certitude de ne rien pouvoir faire ?

Nous ne découvrons pas que le PS est un parti putophobe. Nous n’en avons eu récemment que trop de preuves (http://site.strass-syndicat.org/2012/09 ... re-mortes/). Nous ne découvrons pas que nous ne devons rien attendre de lui, mais nous ne le laisserons pas persister dans sa dérive autoritaire. Parce que sous couvert de maintien de l’ordre public, c’est contre les putes qu’il lutte et plus particulièrement contre les putes migrantEs.

Le racolage, prétexte à la lutte contre l’immigration. Ce fut dénoncé en son temps par le parti actuellement au pouvoir. Il semble très bien s’en accommoder aujourd’hui. Nous ne nous laisserons pas faire.

Les droits, c’est maintenant !

Nous exigeons :

- la fin des arrestations massives de putes ;

- l’abrogation immédiate du délit de racolage public ;

- l’abandon de toute volonté de pénaliser nos clients ;

- la fin de la criminalisation du travail sexuel.
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Re: Prostitution

Messagede Groucho Marx le Mar 9 Oct 2012 19:56

A l'heure où les prostituées sont harcellées par la police, des soi-disant féministes d'extrême droite et de gauche organisent un colloque sur la prostitution sans inviter une seul prostituée.
A croire que ces gens là ont peur de la contradiction!


http://www.rue89lyon.fr/2012/10/06/le-c ... yonnaises/

Tous ceux et toutes celles qui souhaitent la fin de la prostitution ont rendez-vous lundi prochain à Lyon, pour un colloque sur « le système prostitueur ». Il n’en fallait pas plus pour mettre hors d’elles les prostituées lyonnaises.

Lyon est l’une des places fortes des revendications pour les droits des prostituées. Au cours de l’année écoulée, deux manifestations ont eu lieu : contre la politique d’arrêtés municipaux anti-camionnettes et, surtout, contre une possible proposition de loi visant à pénaliser les clients des prostituées.
Mais Lyon est aussi une place forte des abolitionnistes : c’est la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, toujours élue locale de la ville, qui a réactivé en juin dernier le projet de pénaliser les clients.
Sans secret, le colloque intitulé « Le système prostitueur : violence machiste archaïque » et programmé ce lundi 8 octobre porte un objectif : continuer précisément le travail de lobbying pour qu’une proposition de loi visant à sanctionner les clients soit déposée dans les prochains mois au parlement.



Féministes de droite et féministes de gauche

Au moins depuis le rapport d’information des députés Hélène Bousquet (PS) et Guy Geoffroy (UMP) concluant à la nécessité de la pénalisation des clients de prostituées, nous savons que cette idée a accentué les clivages politiques. Ce colloque en est une nouvelle illustration. Il est organisé par l’association Regards de Femmes dont la présidente est Michèle Vianès, candidate de Debout la République à Caluire aux dernières élections législatives.
Avec son association, elle est surtout connue pour ses combats contre les menus sans viande dans les cantines scolaires ou contre le port des signes religieux dans l’espace public. Elle est notamment l’auteure de deux ouvrages : « Les islamistes en manoeuvre » et « Un voile sur la République ». Autant de positions qui lui ont valu les honneurs du site islamophobe Riposte laïque qui l’avait invité aux « Assises internationales sur l’islamisation », co-organisées avec le Bloc Identitaire en décembre 2010.

Féministe que l’on peut classer à droite, elle a rallié à son colloque des personnalités de gauche : Thérèse Rabatel, adjointe à l’égalité des femmes à la Ville de Lyon (GAEC) Pascale Crozon députée socialiste du Rhône, Cécile Cukierman, sénatrice communiste de la Loire et conseillère régionale déléguée à l’égalité femmes‐hommes. C’est d’ailleurs le conseil régional qui finance ce colloque.
Pour Michèle Vianès, l’axe central du combat pour l’abolition de la prostitution doit reposer sur « l’interdit » :

« Pourquoi y-a-t-il cette permissivité sociale avec cette violence ? Tout le monde considère que le viol est inacceptable. Là, sur cette violence extrême qu’est la prostitution, on dit que ça existe depuis des siècles et qu’on ne peut pas en changer. Cet argument est inacceptable. (…) On a déjà tout un arsenal pour s’attaquer aux proxénètes. Désormais le client doit être au centre des préoccupations ».



Faut-il inviter des prostituées à un colloque sur la prostitution ?

Michèle Vianès n’a pas invité de prostituées lyonnaises à son colloque. « On peut être contre l’esclavage, sans être esclave », argue-t-elle. Avant d’ajouter :

« Quand elles font un colloque, elles ne nous invitent pas ».

Michèle Vianès entend ainsi parler au nom du plus grand nombre des prostituées qui se trouveraient donc pour la plupart sous le joug des proxénètes.
Quand Karen a découvert la tenue de ce colloque, son sang n’a fait qu’un tour. Elle qui se réclame porte-parole des « prostituées en camionnettes de Gerland », nous a écrit, sous la forme d’une adresse à ces abolitionnistes :

« Votre discours est une honte, votre parole n’est pas crédible puisque vous parlez à notre place et que nous ne sommes pas d’accord avec vous. A toutes ces coincées du cul qui croient que nous avons un cerveau qui ne sert à rien, Je vous le dis haut et fort : je vous emmerde et je vous interdis de parler pour moi, je vous interdit de me reconvertir en une bonne femme frustrée, je vous interdis de décider de ma sexualité, je vous interdis de vouloir soi-disant nous aider, alors qu’on ne vous a rien demandé ».



« La servitude volontaire des prostituées libres »

Michèle Vianès reste droite dans ses bottes :

« Ulla (porte-parole des prostituées lyonnaises dans les années 70, ndlr) aussi disait qu’elle était libre. Des années plus tard, elle a reconnu qu’elle ne l’était pas ».

Elle parle également de « servitude volontaire » pour ces prostituées qui se disent « libres » :

« Ce n’est pas parce que trois ou quatre personnes l’ont vraiment choisi que l’on doit accepter que l’immense majorité soit sous la coupe de proxénètes. Toutes les études qui sont faites en France et à l’étranger disent que les personnes qui entrent dans la prostitution ont, à 90%, subi des violences sexuelles dans leur enfance et n’ont pas le respect de leur propre corps ».

Autant d’arguments réfutés par Laura Garby de Cabiria. Cette association de santé communautaire basée à Lyon et constituée à parité de prostituées et d’acteurs de santé se mobilise fortement contre le projet de pénalisation du client :

« Ces arguments avancés sont faits pour décrédibiliser la parole des personnes prostituées, notamment à travers l’utilisation de chiffres issus d’études qui sont tout sauf fiables ».

Michèle Vianès réplique :

« Ce sont des associations qui vivent grâce au fait que les personnes sont prostituées ».

En réaction à cette rencontres des abolitionnistes, Karen et certaines prostituées de Gerland souhaiteraient organiser dans les prochains mois leur propre colloque qui aborderait les « différentes réalités » liées à la prostitution, pour « casser les préjugés ».
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Re: Prostitution

Messagede Groucho Marx le Jeu 1 Nov 2012 16:48

Sur l'arbitraire policier, un document intéressant datant de 2007. Ce rapport montre les agissements de la police vis-à-vis des prostituées, et je l'espère permettra à ceux qui demande la pénalisation des clients, et à leurs complices qui luttent contre le système "prostitueur", de voir à quoi les prostituées sont exposées comme violence, qui est bien moins celle des clients que celle de l'état et des proxénètes.
Le coté "légaliste" du rapport est pénible, mais les faits rapportés sont édifiants.

http://www.millebabords.org/IMG/pdf/rap ... dh_saf.pdf
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Re: Prostitution

Messagede Groucho Marx le Mar 6 Nov 2012 19:52

Qu'ont à dire AL et les autres orgas qui soutiennent la pénalisation des clients de ceci?
Et ça prétend lutter contre les violences faites aux femme?

http://www.lemonde.fr/societe/article/2 ... _3224.html

Le centre officiel d'aide aux prostituées d'Oslo, le Pro Sentret, a publié vendredi 22 juin un rapport qui souligne une détérioration de la situation des travailleuses du sexe dans la capitale norvégienne. Selon ce rapport, intitulé "Les Liaisons dangereuses" (PDF), empêcher le commerce de la prostitution en ciblant la demande n'a pas d'effets bénéfiques.

En Norvège, la loi de 2009 sur la prostitution punit les clients, qui encourent jusqu'à six mois de prison et une amende. Inspirée de la réglementation de la Suède voisine, la philosophie de cette loi est de reconnaître que les femmes sont victimes d'un trafic. La vente de services sexuels est licite, mais leur achat ne l'est pas.

Selon le Pro Sentret, la loi norvégienne favorise la violence des clients envers les prostituées, le commerce du sexe se déplaçant vers la clandestinité. Elles seraient ainsi 59 %, sur les 123 interrogées originaires de 16 pays, à avoir été victimes de violence au cours des trois dernières années à Oslo, contre 52 % en 2008 – un échantillon non représentatif statistiquement mais qui tend à montrer que la situation ne s'est pas améliorée. "La violence contre les femmes dans la prostitution est brutale et fréquente", a déclaré Ulla Bjorndahl, du Pro Sentret.

DAVANTAGE DE VIOLENCE ET MOINS D'AIDE

De nombreuses prostituées ont indiqué que cette nouvelle loi avait fait fuir une grande partie de leurs clients fiables, tandis que les clients les plus violents ne se sont pas laissés décourager. Toujours selon ce rapport, elles seraient moins enclines à demander de l'aide, se sentant perçues comme des criminelles. Anniken Hauglie, élue du parti conservateur norvégien, souhaite donc que cette loi soit abrogée : "La réalité est que la loi a rendu plus difficile la situation des femmes dans la prostitution." Dans un pays de 4,8 millions d'habitants, les associations norvégiennes estiment entre 2 000 et 3 000 le nombre de prostituées, dont un tiers travaillent dans la rue.

Ce constat ne surprend pas le Syndicat du travail sexuel (Strass) français, pour qui "la pénalisation a des effets catastrophiques", explique Morgane Merteuil, secrétaire générale de ce syndicat. "Elle favorise la stigmatisation, la précarisation et les contaminations par le sida, ajoute-t-elle. Cette loi a déplacé la prostitution à l'extérieur des centres-villes et l'a éloignée de la rue, mais cela se passe de plus en plus sur Internet, dans les bars et les salons de massage."

DES BILANS CONTRADICTOIRES

Des études contradictoires soulignent, tour à tour, les aspects positifs et négatifs de la criminalisation de la prostitution. La Suède, premier pays européen à avoir interdit l'achat d'un "service sexuel" en 1999, avant la Finlande, l'Ecosse et la Norvège, en est l'exemple.

Lire le post de blog : "Pénaliser les clients des prostituées, ou l'influence du modèle suédois"

Un rapport publié en mars 2011 par Susanne Dodillet et Petra Östergren (PDF) souligne lui aussi que la pénalisation des clients favorise la stigmatisation des travailleuses du sexe. Si les chercheuses suédoises reconnaissent que la prostitution de rue a diminué d'un tiers, elles l'imputent directement à une tendance mondiale causée par la généralisation de l'utilisation des téléphones et d'Internet ces dernières années. Dans certaines villes, la diminution du nombre de clients dans la rue augmenterait leur pouvoir de négociation.

En juillet 2010, un rapport du ministère de la justice suédois a conclu, lui, au succès des lois suédoise et norvégienne. La criminalisation des clients auraient eu un effet dissuasif, diminuant de moitié la prostitution de rue dans les deux pays.
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Re: Prostitution

Messagede bajotierra le Mar 27 Nov 2012 17:59

j'ai suivi hier soir , dans un reportage sur la trois , une intervention intéréssante d'une prostituée , nathalie borde prevot , qui préside

l'"Association pour les droits, la reconnaissance et la protection des prostitué(e)"

extrait du JO

"Objet : reconnaissance des droits, défense et protection des prostitué(e)s, demande de la révision ou de l’abrogation des textes législatifs ou réglementaires qui affectent négativement l’exercice de la prostitution, promotion de toute avancée du droit national et international de ce même exercice et enfin toutes les actions qui déstigmatisent la prostitution ou le recours à celle-ci ; aux fins de réalisation dudit objet, l’association utilisera les moyens suivants : articles de presse, communiqués, publications, réunions, colloques, conférences, actions dans les médias, manifestations, ou tout autre mode d’expression légal.
R.N.A : W463001118 "
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Re: Prostitution

Messagede baboeuf le Mer 28 Nov 2012 01:03

80% voir 90% de la prostitution est issue de la traite par des réseaux, ce n'est pas moi qui le dit mais la police, différents institutions, les municipalités, ce sont les statistiques OFFICIELLES. (Rapport Parlementaire N°3334, 2011). Peut-on réellement croire que tous les fonctionnaires de la police trafiquent les chiffres, que les municipalités aussi, que tous trafiquent les chiffres dans le meme sens Le fait que les personnes prostituées étrangères proviennent SEULEMENT de quelques pays est significatif de la traite par des réseaux du grand banditisme. [...] Tous les ans, des dizaines de réseaux de prostitution sont démantelés en France. En Allemagne et aux Pays Bas, là aussi les statistiques officielles de ces pays indiquent que la majorité de la prostitution est étrangère et issue de la traite du grand banditisme. [...] Eux aussi mentent Non soyons sérieux, la réalité est que la prostitution rapporte aux réseaux mafieux plus d'argent que la drogue, avec moins de risque et qu'ils s'y sont engouffrés. Ce n'est pas parce que en Angleterre, 1 journaliste à émis un avis contraire aux statistiques officielles anglaise qui elles aussi donnent 71% de prostitution issue de la traite par des réseaux, qu'il faut le croire. [...]

soutenir une prostitution légale, c'est travailler pour le banditisme et les proxos.
je te foutrais ça contre un mur moi.............. :gun:
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Re: Prostitution

Messagede bajotierra le Mer 28 Nov 2012 11:45

soutenir une prostitution légale, c'est travailler pour le banditisme et les proxos


je pense que c'est plutôt l'inverse , les maffias s'engouffrent dans les zones de prohibition , ce fut les cas pour l'alcool dans les des années 1920 aux états unis , de la drogue hier et maintenant de la prostitution

comme tu le soulignes si bien le dévelopemment des réseaux maffieux dans le domaine est un phénoméne récent et il est corrélé a l'augmentation des mesures répressives prises contre les prostituées (notemment loi 2003 dite "de la sécurité intérieure" )

le reportage que j'ai vu concernant madame bordes - prevot était explicite sur ce point , a l'heure actuele il montrait qu'elle ne peut pas louer de maison pour exercer son activité de prostituée parceque le propriétaire serait considéré par la loi comme un al capone su sexe ....... puisque recevant une location

cela profite directement aux maffias parceque , comme pour la drogue , elle seules possédent la logistique et les complicitées nécéssaires a un exercice illégal ..
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Re: Prostitution

Messagede baboeuf le Mer 28 Nov 2012 12:43

c'est faux. en Allemagne, les sex center son legaux. la mafia n'est pas moins présente, bien au contraire.
moi, la liberté de se prostituer, de prendre de l'heroine, de se suicider, de vivre dans la rue etc... je n'y crois pas.
c'est méme la négation de la liberté.
alors quand en plus on doit ça au grand banditisme et que la prostitution concerne toujours des individus des classes les plus pauvre, des femmes ayant subi des violences, je ne ris plus.
un type qui vit aux crochets d'une prostituée, qu'il la force ou pas, il l'exploite. c'est pour moi le dernier degré de l'exploitation de l'homme par l'homme.
si vous etes pour la prostitution, soyez cohérent et allez jusqu'au bout du raisonnement. exiger une filére d’apprentissage pour ce métier. legalisez tout.
comme ça, comme en allemagne, nous verrons des chômeuses se voir proposer des emplois "d'hotesses" dans des bars à pute par pole emploi.
beau progrés.
perso, je milite pas pour une société aussi déshumanisée.
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Re: Prostitution

Messagede bajotierra le Mer 28 Nov 2012 13:14

moi, la liberté de se prostituer, de prendre de l'heroine, de se suicider, de vivre dans la rue etc... je n'y crois pas.
c'est méme la négation de la liberté.


toi , t'aurai mis diogéne en prison pour racolage ..

si vous etes pour la prostitution, soyez cohérent et allez jusqu'au bout du raisonnement. exiger une filére d’apprentissage pour ce métier. legalisez tout.
comme ça, comme en allemagne, nous verrons des chômeuses se voir proposer des emplois "d'hotesses" dans des bars à pute par pole emploi.
beau progrés.


qui parle de légaliser ?

ceux qui invoquent la loi sont ceux qui sont pour la répression des prostitués , la prostitution n'a pas besoin d'un encadrement légal ou institutionnel particulier ,

une personne adulte qui veut rendre un service a une autre personne adulte contre rétribution , voilà le cadre général qui définit la légalité de la pratique

maintenant il faut que ceux qui veulent reprimer la prostitution nous expliquent clairement en quoi ce service échappe a ce cadre général
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Re: Prostitution

Messagede Specifix le Mer 28 Nov 2012 14:19

baboeuf a écrit:c'est faux. en Allemagne, les sex center son legaux. la mafia n'est pas moins présente, bien au contraire.

Et, alors ? ... Comme tu le dis les ero-centers sont légaux, et cela n'empêche pas la présence de la mafia. Des personnes qui ne parlent pas la langue, terrorisées, peuvent très bien se faire exploiter en toute impunité ... Il y a eu en france des cas récents d'esclavage, et il y en a certainement d'autres (sans parler de salariat précaire) au vu et au su de tous. Cela démontre ce que vaut la légalité, et rien d'autre.
Un exemple parallèle. Les cigarettes sont légales. Cela empêche-t-il la contrefaçon ? c'est-à-dire l'illégalité ? ... idem pour les médicaments ... Et, ne vient pas me dire que ça n'a rien à voir.

baboeuf a écrit:moi, la liberté de se prostituer, de prendre de l'heroine, de se suicider, de vivre dans la rue etc... je n'y crois pas.
c'est méme la négation de la liberté.
Les gens font des choix en fonction de ce qui s'offre à eux. Tu vas pas nous la jouer moraliste, maintenant ? ...

baboeuf a écrit: alors quand en plus on doit ça au grand banditisme et que la prostitution concerne toujours des individus des classes les plus pauvre, des femmes ayant subi des violences, je ne ris plus.
Là, on n'est plus dans la prostitution, mais dans l'esclavage. On est dans la contrainte.

baboeuf a écrit: un type qui vit aux crochets d'une prostituée, qu'il la force ou pas, il l'exploite. c'est pour moi le dernier degré de l'exploitation de l'homme par l'homme.
Si une prostituée le fait de son plein gré, ou "par sentiment", c'est de la prostitution. Si elle y est contrainte, c'est de l'esclavage. Il n'y a, là, aucun relativisme, ce n'est, tout simplement, pas la même chose, ni la même démarche.

baboeuf a écrit: si vous etes pour la prostitution, soyez cohérent et allez jusqu'au bout du raisonnement. exiger une filére d’apprentissage pour ce métier. legalisez tout.
comme ça, comme en allemagne, nous verrons des chômeuses se voir proposer des emplois "d'hotesses" dans des bars à pute par pole emploi.
beau progrés.
D'abord, ce vous : ????? ...
Ensuite, c'est pas parce que je suis pour qu'on fiche la paix aux prostituées et à leurs clients; et que l'Etat, se faisant premier proxénète du pays, et voulant tout encadrer pour des raisons fiscales, qu'il faut perdre les pédales, mon cher babouf.
La question ne se pose pas en termes de légalité.


baboeuf a écrit: perso, je milite pas pour une société aussi déshumanisée.
Non, bien sûr, toi, tu ... mais, francho, c'est à se demander pour quoi tu milites.
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Re: Prostitution

Messagede baboeuf le Mer 28 Nov 2012 15:34

Specifix a écrit:

Non, bien sûr, toi, tu ... mais, francho, c'est à se demander pour quoi tu milites.



mais c'est tout simple: une société ou on travaille et on décide ensemble et ou l'on partage.
la base.
mais pour moi, dans le futur révolutionnaire auquel j'aspire, il y aura toujours des matchs de rugby, des chasseurs, les genres seront toujours bien présents, les enfants seront toujours élevés par leurs parents etc....
une société communiste libertaire "normale" comme dirait hollande.
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Re: Prostitution

Messagede bajotierra le Lun 10 Déc 2012 18:06

"L’État a été mon proxénète"


témoignage d'une mère d'enfant autiste contrainte de se prostituer pour payer les soins de son fils

bajotierra
 
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Re: Prostitution

Messagede MélusineCiredutemps le Lun 21 Jan 2013 01:22

Ce soir, plus jamais ! - Sophie Péchau - Présidente de l'AVFT

Les extraits sont tirés du livre « Putain » de Nelly Arcan, édition Points/2001. Nelly Arcan est née en 1975 au Québec. Elle a vécu à Montréal où elle a été prostituée pendant plusieurs années dans une «agence» comme celle de Dominique Alderweirel . Son livre relate les violences sexuelles incestueuses qu’elle a subies enfant ainsi que de son «expérienc » en tant que prostituée. Elle s’est
suicidée en septembre 2009 à 36 ans.
(…) Et quelque fois, je dois le faire une deuxième fois, de préférence une sodomie, alors on me caresse pour me préparer, du bout des doigts ou avec la langue, et je ne peux que céder car ni la perspective de la douleur ni celle du dégoût ne saurait renverser chez eux la certitude du plaisir que j’y trouve, et je dis non et ils disent j’y vais doucement, tu verras, ça fait du bien, mais oui c’est vrai, ça fait du bien, ça fait mal doucement, et que vaut cette douleur à coté de leur joie, qu’est ce qu’avoir mal lorsqu’on est moi, qu’est ce que vouloir, penser ou décider lorsqu’on est pendue à tous les coups, à toutes les queues, les pieds dans le vide, le corps emporté par cette force qui me fais
vivre et qui me tue à la fois (…) - « Putain », Nelly Arcan[1]
« Filles de joie » : On y croirait presque ce 11 décembre, à regarder « Ce soir ou jamais », cette émission toute rose comme un bonbon. L’animateur Frédéric Taddéï a invité le proxénète Dominique Alderweireld (qu’il appelle « Dodo la saumure »), à une petite causerie intime en face à face, entre amis. Avant, on a pu entendre - entre autres - Jacques Attali vanter le « bonheur de penser », Corine Maier faire la publicité de son dernier livre, « le manuel du parfait arriviste », et Mathieu Laine présenter le « Dictionnaire du libéralisme ». Cerveaux lavés, essorés, oxymorés, préparés, n’en jetez plus, place à une autre entreprise de propagande : la réhabilitation du proxénétisme et de l’esclavagisme sexuel des femmes par les hommes. La valorisation du viol organisé. La préparation du retour sur la scène politique de Dominique Strauss Khan un jour prochain, soyons-en sûres.
« Filles de joies », « Maison du plaisir »… alors s’ils le disent… : Et si c’était ça la liberté de penser ? Et si le proxénétisme c’était juste une activité économique libérale, comme une autre ? Ce Dominique Alderweireld, il a l’air gentil. Et puis c’est Frédéric Taddéï qui le dit en le présentant : « Vous n’avez pas été inquiété dans cette affaire[2], vous n’êtes pas inculpé ». On dirait un papi, un peu gras et chauve. Il ne fait pas peur « Dodo », on voit même des cadrages de caméra montrant ses grosses mains pataudes et la sueur sur son front.
Mais de quoi parlent-ils tous les deux, assis à ce bar avec leurs coupes de champagne ?
« Oui la vie m’a traversé, je n’ai pas rêvé, ces hommes, des milliers, dans ma bouche, je n’ai rien inventé de leur sperme sur moi, sur ma figure, dans mes yeux, j’ai tout vu et ça continue encore, tous les jours ou presque, des bouts d’homme, leur queue seulement, des bouts de queue qui s’émeuvent pour je ne sais quoi car ce n’est pas de moi qu’ils bandent, ça n’a jamais été de moi, c’est de ma putasserie, du fait que je suis là pour les sucer, les sucer encore, ces queues qui s’enfilent les unes aux autres comme si j’allais les vider sans retour (…) tandis qu’ils s’affolent dans les draps en faisant apparaître ça et là un visage grimaçant, des mamelons durcis, une fente trempée et agitée de spasmes, tandis qu’ils tentent de croire que ces bouts de femme leur sont destinés et qu’ils sont les seuls à savoir les faire parler, les seuls à pouvoir les faire plier sous le désir qu’ils ont de les voir plier ». P.19
« On a l’impression que c’est un métier comme les autres, de commerçants, c’est comme si vous teniez un salon de coiffure » F.Taddéï.
Et oui, un « salon de coiffure ». Et si Frédéric Taddéï peut comparer le fait de tirer des bénéfices de la location d’un sexe au profit d’un tiers, à un salon de coiffure, c’est qu’il n’a jamais mis les pieds dans un salon de coiffure ou… qu’il ment effrontément. Forcément.
Mais ce soir, le négatif est le positif. Le blanc c’est le noir, la guerre c’est la paix. Ce qu’il s’est passé ce mardi soir est d’une gravité sans nom. Plus qu’un mensonge ou une litanie de stéréotypes dont les médias nous habituent, ce moment télévisuel était un simulacre de discussion, une théorie, organisée et construite exclusivement autour de la promotion, de la banalisation du viol et de la domination masculine. On a assisté à une véritable inversion des repères, un brouillage méthodique de la raison. Jugez plutôt.

1- Masquer le réel : Pas une seule fois, l’animateur ne précise en quoi consiste le fait de prostituer une personne. Cela n’est jamais expliqué. «En Belgique c’est autorisé», en France « c’estinterdit ». «C’est», c’est quoi ?
L’animateur - qu’il faut s’interdire d’appeler journaliste - fait siens des mots du proxénète : « dans un établissement comme le vôtre », «Maison de joie», «votre métie », «votre profession», «activité économique», «call-girl de lux», «bon proxénète», «salon de coiffure», «commerce», «agent de mannequin», «maison de tolérance» etc. Succession indécente d’euphémismes frisant la folie. Ne pas expliquer ce qu’est la prostitution, ne pas utiliser une seule fois les mots fellation, pénétration, sodomie, sexe, sperme, poils, peau, douleur, vagin, anus, bouche, sang, violence, c’est laisser chacune avec sa propre représentation, voire son fantasme personnel de ce qu’est la prostitution. Ce déni
de réalité permet aux agent-es de la propagande règlementariste dont font partie - Alderweireld et Taddéï- de pouvoir affirmer qu’il est préférable de se prostituer que de travailler à la chaine. Quelle différence puisque justement on n’explique pas la différence ?
À travers cette assertion bien rodée et récurrente (avec quelques variantes comme charpentier, oenologue (si si), caissière), les personnes militant pour la réglementation (et donc la légitimation ) de la prostitution la présentent comme un banal métier certes douloureux et pénible, mais ça arrive à tout le monde, regardez les travailleurs à la chaine. Alors c’est bien, c’est normal. C’est comme ça. D’ailleurs, le public lui non plus il ne dit rien. Régulièrement, on voit des gros plans d’hommes et de femmes dans le public, des gens comme nous, qui écoutent bien sérieusement «Dodo». Ils n’ont pas l’air offusqué non. Il y a même une femme qui sourit un peu. Une femme en plus !. C’est donc que
tout est normal, pas de raison de s’énerver.
« Et il suffit de (…) deux ou trois clients pour comprendre que voilà, c’est fini, que la vie ne sera plus jamais ce qu’elle était, il a suffit d’une seule fois pour me trouver prise dans la répétition de la queue dressée sur laquelle je butte encore, ici dans cette chambre, le petit soldat mécanique qui n’a pas la notion des murs, qui continue sa marche vers la mort même tombé de côté, (…) les larmes sans tristesse qui glissent sur les queues qui fouillent ma gorge, dans l’attente de l’orgasme et même après, dans l’âpreté du sperme ». P .22

2- Inverser la réalité : « Les filles sont des électrons-libres » : D. Alderweireld . La liberté d’être violée. Elles sont responsables puisqu’elles sont libres de se prostituer ou non. Voilà ce que sousentendent Taddéï et Alderweireld.
« Ce sont les femmes qui initient le souteneur » dit le proxénète.
« Si on vous entend, on a l’impression que chez vous, c’est elles qui commandent, elles viennent quand elles veulent, elles font ce qu’elles veulent », explique l’animateur qui préfère les « impressions » aux questions.
«J’en dépends économiquement, je suis obligé de me soumettre » dit le proxénète.
« Vous dépendez plus d’elles, qu’elles ne dépendent de vous » dit l’animateur
«Ha certainement !» dit le proxénète.
Le «patron» soumis et dépendant de ses «salariées» qui font ce qu’elles veulent, c’est bien la seule fois qu’on nous fait ce coup là ! Ainsi faudrait-il voir la prostitution non seulement comme un travail, mais aussi comme un domaine où tous les rapports sociaux et hiérarchiques sont inversés !
« De toute façon, la fille vient chez nous, elle essaye (quoi ? des vêtements ?) et si ça convient pas, elle repart » dit le proxénète. Magique ! La période d’essai est aussi à l’avantage de la prostituée !

3- Troubler les repères : « Je préfère le terme de souteneur, car je soutiens les femmes. Elles ont besoin de soutien moral, c’est un métier marginal, il y a beaucoup de contraintes, donc elles ont besoin d’alter égo, qui puisse les comprendre, les aider (…) il faut quelqu’un qui les fasse un peu rêver » dit le proxénète gras, chauve et suant.
Ainsi le proxénète qui met à disposition des autres, le vagin, l’anus et la bouche des femmes et qui en tire profit, est un ami, un confident, un charmeur. Non, non, pas un proxénète, un charmeur on vous dit. « Dodo » est un charmeur de serpent qui, avec son acolyte Frédo essaie de nous endormir avec sa petite musique patriarcale.

4- Essentialiser/justifier la violence à l’encontre des femmes : « Et de raconter ces une, deux, trois mille fois où des hommes m’ont prise ne peut se faire que dans la perte et non l’accumulation, d’ailleurs vous les connaissez déjà, les cent vingt jours de Sodome, vous les avez lus sans avoir pu tenir jusqu’à la fin, et sachez que moi j’en suis à la cent vingt et unième journée, tout à été fait dans les règles et ça continue toujours, cent vingt-deux, cent vingt-trois (…). P .26
« C’est une profession naturelle, il y a un besoin » dit le proxénète féru de Grèce antique, puisqu’il se plait même à évoquer l’épouse de Périclès afin de nous prouver que la prostitution existe depuis le 5ème siècle avant JC.
On la connaît la chanson. Elle est si fatigante qu’il est éreintant de répéter inlassablement les mêmes choses, toujours… Le fait que la prostitution existe depuis trop longtemps, n’est pas une raison pour l’accepter. Le lien de cause à effet n’existe pas. Les meurtres existent depuis toujours, pourtant ils sont interdits. Il n’y a pas d’immanence de la violence, les femmes ne doivent pas être à jamais assujetties à la violence des hommes. On peut décréter et lutter pour le contraire. C’est même une condition de survie et de santé mentale.

5- Libéraliser la domination masculine : « Je touche 50 % du brut, ça me laisse 20 %, je paye l’électricité, la TVA, enfin tout ça… (…) À l’époque, il existait des placeurs, des impresarios qui plaçaient les filles en France et à l’outremer » dit le proxénète.
« ah, des souteneurs, mais à l’exportation » dit l’animateur
« Non pas à l’exportation, à l’importation ».
Import, export, TVA, frais fixes… puisqu’on vous dit que le proxénétisme est un métier comme les autres !
« Et puis baiser, moi sur le dessus et enfin en petit chien, voilà ce que je préfère car il n’y a que les sexes qui se touchent, je peux grimacer comme je l’entends, pleurer un peu aussi et même jouir sans que ça se sache, et tout doit être fait, six, sept, huit fois de suite avec six, sept, huit clients différents et après c’est entendu, je peux m’en aller et m’en aller où pensez-vous, chez moi, eh bien non car je ne veux pas rentrer chez moi, je veux seulement mourir au plus vite ». P.27

6- Faire peur avec un état sécuritaire : À la fin, Taddéï commence à s’inquiéter :
« N’importe qui organise une cérémonie d’enterrement de vie de garçon peut devenir proxénète ?
(…) même celui qui ne sait pas qu’il a à faire à des prostituées ? (…) « Tous ceux qui enterrent leur vie de garçon sont des proxénètes ?»
À quoi ressemble la vie de Monsieur Taddéï, qui n’imagine pas qu’un enterrement de vie de garçon peut se passer de prostituées ? Pensez donc, tous ces innocents croyant s’amuser entre amis parce qu’il est de tradition de payer une femme pour avoir accès à son sexe et à son anus, la veille de s’unir avec une autre femme « pour toute la vie ». Une bonne excuse pour un viol entre amis.
La peur d’un état répressif et sécuritaire est perpétuellement avancé par les règlementaristes qui font même croire que la masturbation deviendrait interdite, qu’un taxi transportant une seule fois un client ou qu’un pharmacien vendant des préservatif à un client de prostituées, pourrait être condamnés à 10 ans de réclusion. Si un état qui condamne réellement à hauteur des crimes, ne peut se concevoir sans une réelle politique d’information, de sensibilisation et d’aide aux victimes, à l’inverse : une politique d’information, de sensibilisation et d’aide aux victimes n’est opérante que si les auteurs de violences sont fermement condamnés. Ce n’est pas l’un ou l’autre, c’est les deux en même temps ou rien du tout. Et rien du tout, c’est maintenant.
« Le supplice de la goutte d’eau qui frappe obstinément le même point au milieu du crâne, vous ne pouvez pas savoir ce que c’est que tous ces hommes qui ne veulent pas penser qu’il y a une limite à ce qu’une femme peut donner et recevoir, ils restent sourds à ce qu’elle ait une fin (…) ils ne comprennent pas que ce commerce n’est possible que grâce à un pacte sur la vérité qu’il ne faut surtout pas dire et qu’il faut croire ailleurs, quelque part dans l’illusion. » P.48
Ce pacte sur la vérité, cette illusion que dénonce Nelly Arcan dans son livre « Putain », Frédéric Taddéï et le proxénète Dominique Alderweireld, l’entretiennent consciemment avec le cynisme outrancier des gens qui ont le pouvoir et qui se protègent entre eux.
C’est une machine de guerre qui s’est déployée contre nous les femmes, ce soir là comme tous les jours, mais dans le public, personne n’a bougé. Pourtant l’émission était en direct. Tout était possible. Il y avait de quoi soulever toute l’assemblée. Les gens auraient pu quitter le studio. Les femmes auraient pu interpeller le proxénète et l’animateur. Elles se seraient levées, accompagnées des hommes et c’est à une véritable bagarre qu’on aurait pu assister. Rokhaya Diallo présente sur le plateau - si investie dans la lutte contre le racisme et le sexisme - aurait pu se lever et les interrompre. Elle leur aurait demandé pourquoi la majorité des femmes prostituées - comme Nelly Arcan - ont subies des violences sexuelles dans leur enfance ? Elle aurait été soutenue par Paul Ariès, politologue qui venait parler de la pauvreté. Il aurait pu dire combien la pauvreté est un facteur déclenchant et déterminant chez les personnes prostituées. Tous auraient pu boycotter l’émission. Affirmer officiellement leur désaccord qu’un tel discours puisse se tenir sur une grande chaine nationale du « service » public. Rien n’a bougé. Rokhaya s’est contentée de grimacer, Paul Ariès avait un sourire inexpressif et les gens dans le public ressemblaient à des pantins de cire,
sans âme. C’était pourtant une question de dignité.
« Parfois lorsque je suis seule ici et que rien ne se passe, je reste immobile dans le lit en écoutant le bruit de la vie qui s’anime dans l’immeuble, des casseroles qui s’entrechoquent dans la cuisine du voisin, des chasses d’eau provenant d’un lieu indéterminé, de quelque part en bas à gauche, j’écoute le trafic et les klaxons sur Doctor Penfield en prenant conscience qu’il n’est pas possible qu’on ne m’entende pas, la voix d’une femme qui jouit peut percer tous les murs, se rendre jusqu’au lobby, ma voix doit se rendre dans la rue pour se perdre dans la cacophonie urbaine, pour mourir entre deux klaxons, et dans la certitude d’être entendue par la vie qui s’anime autour je m’exerce à parler de tout haut comme le font les gens fous, je parle de tout et de rien sans m’interrompre pour qu’il n’y ai pas de trous entre les mots, pour que ça ressemble à une prière, et il faut que les mots défilent les uns sur les autres pour ne laisser aucune place à ce qui ne viendrait pas de moi (…) je m’adresse à ce qui se tient ici en sachant que ça ne sert à rien, qu’à parler sans arrêt, ça ne sert à rien, mais il faut s’entêter pour ne pas mourir sur le coup d’un silence trop subi, tout dire plusieurs fois de suite et surtout ne pas avoir peur de se répéter, deux ou trois idées suffisent pour remplir une seule tête, pour orienter toute une vie ». P.65.

Dominique Alderweireld quant à lui, a été condamné en juin 2012 en Belgique à 5 ans de prison avec sursis pour ses activités de proxénétisme à la frontière franco-belge. Ce dernier a été reconnu coupable de diriger une organisation criminelle spécialisée dans la prostitution et d'avoir abusé de la vulnérabilité de deux des prostituées qu'il employait. Il a été également reconnu coupable d'avoir consommé et fourni de la cocaïne aux femmes prostituées, d'avoir commis des faux pour masquer la véritable activité de celles-ci, et d'avoir blanchi ses revenus. Source Figaro.fr Publié le 21/06/2012.
Notes :
[1] P. 22. Tous les autres extraits sont tirés de ce même livre : « Putain » de Nelly Arcan Edition
Points/septembre 2009
[2] L’affaire dont parle Taddéi sans l’expliquer concerne la mise en examen de Dominique Strauss
Khan pour viols en réunion et proxénétisme à l’hôtel du Carlton de Lille, auquel Dominique Alderweireld aurait participé en étant le proxénète des prostituées « livrées » à DSK.

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Re: Prostitution

Messagede MélusineCiredutemps le Lun 21 Jan 2013 01:24

Catalogne : loi et ordre (des proxénètes) – Sylviane Daha - 4 janvier 2013

Un cocktail Molotov, une voiture bourrée d’explosifs, une alerte à la bombe... Ces dernières semaines, le Paradise macro-bordel de La Jonquera, l’un des plus grands d’Europe, a fait parler delui. S’il y avait des doutes sur les dessous de la prostitution, voici la preuve qu’il s’agit d’une industrie étroitement liée au crime organisé. Et ce milieu ne badine pas sur les moyens quand il s’agit de « régler des comptes » ou de se partager un morceau du gâteau.
L’épais casier judiciaire du patron du Paradise a été largement diffusé dans la presse. Personne ne peut croire que ce proxénète, condamné par maints trafics, soit autre chose qu’un homme de paille derrière lequel se cachent de puissants investisseurs dont l’honorable réputation conseille de rester dans l’ombre. Et que dire de ces « collecteurs de fonds » masqués et armés de fusils à répétition ? Ici, il n’y a pas non plus de surprise. Du moins, pas pour la police : les Mossos d’Esquadra – la police catalane - sont parfaitement au courant des clans mafieux opérant dans la zone frontalière. Il s’agit de gangs de trafiquants et de proxénètes qui contrôlent le flux des filles, pour la plupart étrangères, qui échouent dans l’industrie prostitutionnelle. Ces réseaux criminels gèrent l’ordre social sur les routes de la région. Les policiers savent à quel prix sont loués les ronds-points, quand un clan décide de « mettre au travail » ses filles dans une zone contrôlée par une autre bande. Non, nous ne parlons pas de la ville de Chicago des années vingt, mais des Pyrénées catalans au temps de la mondialisation.
Mais si tels sont l’état d’esprit et les moeurs de ces « hommes d’affaires », à quoi peut-on s’attendre pour ce qui est du traitement accordé aux femmes prostituées, que ce soit dans les nombreux clubs de la région ou en bordure de route ? Cependant, en dépit de l’extrême violence que reflètent les événements de ces derniers jours - et malgré leur projection médiatique, aussi bien dans la presse écrite que dans les différentes chaînes de télévision - personne ne s’est inquiété des filles. Elles n’ont pas de nom, d’histoire, de craintes ou de désirs qui méritent d’être mentionnés. Fugitivement, des reportages télévisés ont montré des silhouettes de femmes, debout sur des talons vertigineux, à l’aube, revenant au « turbin » une fois dissipée l’alarme… qui avait forcé l’évacuation de près d’un millier de clients qui avaient choisi cet endroit pour fêter l’arrivée du Nouvel An. De toute évidence, il fallait que les filles « rattrapent le temps perdu » sitôt rétablie la « normalité ».
Ce silence en dit plus sur la réalité de la prostitution que cent discours. On ne reconnaît à ces femmes-là ni identité, ni volonté. Il s’agit de simples marchandises. Personne ne se demande par quels moyens et avec quelles conséquences on peut déshumaniser des milliers de femmes jusqu’à en faire des objets propres à la consommation sexuelle masculine ? C’est plus souvent que l’on peut entendre des voix – drapées y compris de la dignité que confèrent les chaires de sociologie ou d’anthropologie - niant systématiquement cet extrême et revendiquant à chaque occasion la pleine reconnaissance et la normalisation du « travail sexuel ». Eh bien, La Jonquera et ses environs fournissent à ces apôtres de la postmodernité l’occasion de réaliser un intéressant « travail de terrain » : qu’ils aillent, par exemple, au Paradise munis d’un magnétophone et qu’ils essayent de s’entretenir avec une fille sur un sujet au-delà du prix d’un service… ils feront bientôt la connaissance de quelques gaillards qui leur expliqueront, de manière peu amène mais convaincante, en quoi consiste cette entreprise du loisir masculin. Aucune de ces voix favorables à la normalisation de la prostitution – bien sûr, toujours au nom des « droits des travailleuses du sexe » -, des voix généralement médiatisées, n’a été entendue ces jours-ci. Aucune voix exprimant le moindre souci à propos du risque « professionnel » ajouté que représente pour les femmes le terrorisme mafieux.
Qui, par contre, s’est exprimé sans ambages sur le sujet a été M. Espadaler, nouveau Conseiller d’Intérieur de la Generalitat, et membre éminent de la sage et très démocrate-chrétienne Union Démocratique de Catalogne, le parti de Duran i Lleida.« Pas question de fermer le Paradise », a déclaré sans délai, en réponse à la demande formulée par Sònia Martínez, maire de La Jonquera, désireuse comme la plupart de la population de cette ville frontalière, de voir disparaître le bordel et tout ce qui s’y associe. « Le club dispose d’une licence en règle et son activité s’en tient à l’actuelle législation. » Et comment ! La Haute Cour de la Catalogne elle-même l’avait ainsi certifié, rejetant la plainte de mairie de la Jonquera et la sommant d’octroyer aux promoteurs du Paradise le permis de construire nécessaire. Tant et si bien que le gérant du Paradise s’est senti assez couvert pour menacer la mairie d’une action en justice, réclamant dommages et intérêts pour les retards administratifs subis.
Les choses, donc, sont claires. La loi est ce qu’elle est, et permet que les bandes de proxénètes fassent régner l’ordre dans la région. La police tentera d’éviter de plus grands maux. Ou bien elle va compter les points et ramasser les cadavres, s’il finit par y avoir des morts. Dans tous les cas, l’entreprise étincelante de la prostitution doit se poursuivre coûte que coûte. Elle représente de l’argent, beaucoup d’argent. Et il y a des marchandises disponibles : les « garçons en cagoule » garantissent le renouvellement constant et la discipline d’un contingent de jeunes femmes en provenance d’Europe de l’Est, d’Afrique ou d’Amérique latine. Peu de gens connaissent leur vrai nom. Mais peu importe. Lorsque nos gouvernants parlent de « sécurité », il n’est nullement question de ces filles-là. Comme les marchandises, elles sont parfaitement disponibles et interchangeables.
De l’autre côté de la frontière, d’où provient la plupart des « clients », de nombreux élus locaux, des mouvements féministes, des syndicalistes ... s’alarment de l’impact extrêmement négatif que, du point de vue du respect des valeurs d’égalité, représentent la banalisation et l’expansion de la prostitution dans la région, en particulier chez les jeunes [1]. Maintenant que nous avons un débat ouvert en Catalogne sur l’indépendance et l’État que nous voulons, ce serait un bon moment pour décider si nous souhaitons que cet État soit un régime proxénète - et pour savoir quelle place référentielle voulons-nous que notre pays occupe en Europe. Ou si, au contraire, nous aspirons à une République démocratique, attachée à l’égalité et à la défense des droits de l’Homme (et de la Femme). C’est-à-dire, un régime qui soit favorable aux femmes, qui défende leur vraie liberté, leur accès à un travail digne… et qui bannisse et poursuive sans relâche toutes les formes d’exploitation
sexuelle. Dans un pays démocratique, la prostitution ne peut pas être un droit de l’homme. Aujourd’hui, ne manquent pas chez nous les dirigeants politiques qui se disent prêts à braver courageusement la colère de l’État espagnol et qui, au travers d’un périple épique, promettent de nous emmener jusqu’à une Ithaque indépendante. Malheureusement, ces mêmes Ulysse se soumettent volontiers à la sacro-sainte exigence de sauver les banques – malgré l’énorme douleur sociale que cela représente - et au respect des lois qui assurent la prospérité des industries du sexe – malgré l’extrême violence que cela suppose pour les femmes. Pourquoi ne portons-nous pas la rébellion démocratique sur tous les fronts ... en finissant avec les maisons closes ? Le club Paradise, en premier.
Sylviane Dahan, Porte-parole Femmes de la FAVB – Fédération d’associations de quartier de Barcelone)

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MélusineCiredutemps
 
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Re: Prostitution

Messagede MélusineCiredutemps le Lun 21 Jan 2013 01:26

Manipulation, calomnies et menaces, pourquoi sont-ils indignes ? Par Christine Le Daoré

Manipulation, calomnies et menaces, pourquoi les activistes réglementaristes de la prostitution sont-ils indignes ?

Exprimer son opinion, fourbir ses arguments, dialoguer, c’est sain. En revanche, désinformer, manipuler, diffamer, calomnier et brutaliser, c’est grave et ce n’est pas sans raison.

C’est vrai, la question de la prostitution génère crispations et passions déraisonnées. Oui, mais pourquoi ? Il n’est plus temps de constater, mais bien de comprendre et dénoncer les enjeux véritables de la prostitution. Ces enjeux éclairent les comportements des activistes réglementaristes, qui emploient des méthodes discutables pour parvenir à leurs fins.

Quels sont donc les véritables enjeux de la prostitution ?

Système prostitutionnel et système patriarcal, un combat féministe : Il est raisonnable de penser qu’une société construite sur la domination masculine s’est arrangée pour garantir aux hommes, l’accès aux corps de femmes aux fins de soulager plus que des « besoins sexuels », des besoins de domination. La prostitution n’est pas récente, gageons que sans le rapport de domination séculaire entre les femmes et les hommes, elle n’aurait jamais existé. En effet, même si 20% des prostitué-e-s sont des hommes, les clients eux, restent à 99% des hommes. Comment parvenir à une égalité entre les sexes tant que les hommes pourront se passer de relations égalitaires et forcer en le payant, le consentement d’une femme – ou d’un homme d’ailleurs – ?

Tant qu’une seule femme reste sexuellement accessible, non pas par désir, mais parce qu’elle fait commerce de son sexe, elle suggère que toutes les femmes pourraient en faire autant et compromet l’avènement d’une société d’égalité. Les tenants de la réglementation de la prostitution sont le plus souvent, les mêmes qui réclament la GPA (Gestation pour autrui) ; aussi ceux qui, au nom d’un principe de réalité, distribuent des capote, certes pour éviter la contamination des prostitué-e-s mais aussi des clients prostitueurs, et de facto entretiennent et confortent le système prostitutionnel. Il semble bien, que consciemment ou non, ils contribuent à maintenir les privilèges du système patriarcal. Que font-ils si ce n’est garantir aux hommes que les femmes restent et sans aucun danger pour eux, à leur service, pour baiser, pour fabriquer des enfants, etc.

Les activistes réglementaristes conseillés par les « ultragauchistes», toujours prompts à brouiller les cartes, ont su infiltrer le mouvement féministe et convaincre quelques unes que les « prostitué-e-s sont heureuses et libres » de l’être, que la prostitution ne disparaîtra donc jamais et qu’il vaut mieux mettre des pansements sur la gangrène plutôt que d’amputer. C’est vrai, quelques unes l’ont « choisi », même si de plus en plus d’études le révèlent, nombreuses sont celles et ceux qui ont subi l’inceste et d’autres violences sexuelles dans l’enfance. Il y a donc ceux qui en rajoutent une couche et les encouragent à se maintenir dans le système prostitutionnel, et les abolitionnistes qui leur proposent d’autres perspectives que cette forme de thérapie sauvage ; ni « condescendants», ni « criminels », mais au contraire respectueux et optimistes. En outre, l’abolition ce n’est pas la prohibition, donc des prostituées continueront leur activité, mais grâce à la prévention et l’éducation, leur nombre décroitra si on en croit le bilan des pays abolitionnistes et surtout, des alternatives seront possibles. La société pourra avancer vers l’égalité réelle.

Beaucoup de gens se disent féministes, mais si vous leur demandez s’ils veulent abolir la domination masculine du système patriarcal, ils vous répondent d’abord que des hommes aussi en souffrent, qu’il faut abolir les clivages de genres. Oui, quelques hommes sont victimes, en attendant, ce sont bien les femmes que l’on excise, marie de force, bat, viole, brule, tue, et massivement. Le principe de réalité a bon dos quand il ne fait que maintenir l’oppression. Un des principaux enjeux du système prostitutionnel est donc bien de constituer l’ultime système de défense du patriarcat. Seulement voilà, maintenir la domination masculine, n’est pas une option envisageable et les activistes réglementaristes ne peuvent tout de même pas dire haut et fort, nous voulons maintenir le système patriarcal ! Ils sont donc contraints de raconter une autre histoire.

Prostitution et système d’exploitation économique et social, un combat socialiste : La plupart des activistes réglementaristes et abusant des méthodes que je réprouve, se revendiquent le plus souvent révolutionnaires ou alternatifs, sont plutôt situés à l’extrême de l’extrême gauche, certains sont membres des Indigènes de la République, mais curieuse association, il est aussi possible de trouver dans leurs rangs des personnes réactionnaires. Les alliances douteuses, sur le dos des femmes, ce n’est hélas pas rare. Ils se prétendent anticapitalistes, farouchement opposés à l’exploitation de »l’homme par l’homme ». Mais très curieusement et par une incroyable pirouette rhétorique, ces anticapitalistes se transforment en farouches néolibéraux lorsqu’il s’agit de prostitution. D’un seul coup, ils nous vantent le marché, valorisent les industries du sexe comme le petit commerce. Les mêmes discours que dans les écoles de commerce, les joies de la libre entreprise, de l’offre et de la demande ! Quelles sont les lois de ce marché, qui fixe les prix, à combien est évaluée une passe dans un squat, dans la rue, dans une chambre d’étudiant ou un studio de luxe ? Quels sont les risques physiques, psychiques, comment les prendre en charge ? Et les bénéfices, on les place en bourse ?

Avez-vous remarqué que les activistes réglementaristes sont inaudibles en matière de lutte contre le crime organisé et mondialisé de la traite. Pourquoi ? Parce que l’ouverture aux marchés industriels du sexe provoquerait la plus grande confusion et que chacun espère y trouver son compte ? La traite organisée par des réseaux mafieux est massive et mondialisée. Les bénéfices de la prostitution sont colossaux, c’est le second marché criminel, juste derrière celui de la drogue et avant celui des armes. Mis à part le cannabis, personne ne songe encore à légaliser les drogues ni les armes à feu en France, mais il faudrait légaliser la prostitution ! C’est-à-dire ouvrir la porte aux mafias, aux réseaux, aux macs en tous genres, familiaux ou industriels, avec des quartiers entiers de femmes exposées derrière des vitrines, comme en Belgique. Chouette alors ! Les pays qui ont réglementé le disent, ils veulent faire marche arrière, incapables de faire la distinction entre la prostitution libre et forcée, dépassés par une criminalité galopante. Mais pourquoi, devrions-nous alors prendre de tels risques ? Parce qu’une poignée de prostituté-e-s qui se disent « libres » et leurs soutiens nous en intiment l’ordre ? N’est-il pas curieux d’envisager une politique publique fonction de la demande d’une poignée d’individu-e-s, ne devrions-nous pas plutôt nous demander quel projet de société nous voulons ?

Un second enjeu du système prostitutionnel est bien de garantir d’énormes revenus au crime organisé. Pourtant, penser une société pour convenir au crime organisé n’est pas non plus, une option sérieusement envisageable. Dans ce domaine aussi, on voit mal les activistes réglementaristes se lever pour défendre les mafieux ni même revendiquer une petite part artisanale du gâteau, ça ferait désordre ; ils sont donc contraints de louvoyer.

Ce que ne sera jamais la prostitution : Le système prostitutionnel qui défend le système patriarcal et les profits exorbitants des industries du sexe, ne pourra jamais être ni un métier, ni une liberté.

La prostitution n’est pas un métier, c’est une violence et même la dernière violence faite aux femmes que la loi ne punit pas. La peur et les risques de violences sont inhérents à cette activité qui laisse toujours des traces physiques et psychiques. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les anciennes prostitué-e-s qui expliquent, comme Ulla, qu’il ne fallait pas la croire, si elle avait regardé la vérité en face, elle n’aurait pas été capable d’y retourner le lendemain et surtout aurait fait fuir ses clients ; sans compter celles qui se seraient fait massacrer par leurs macs.

Il n’y a ni école, ni diplôme. Vendre sa force de travail et subir les lois du marché, en matière de travail physique ou intellectuel, les rapports de force sont déjà suffisamment durs à établir, mais vendre ou louer son intimité, faire commerce de son corps, la société n’a pas à l’organiser, au contraire, elle doit protéger les personnes vulnérables et interdire ce type de commerce. Bien entendu, il sera toujours possible de trouver des personnes qui voudront vendre un organe, faire commerce de leur corps ou même se vendre comme esclave. Tout comme des femmes cautionnent la domination masculine car un système d’oppression, quel qu’il soit, a toujours besoin de relais au sein même des opprimé-e-s. Le conditionnement fonctionne à merveille, la plupart des femmes sont inconscientes de leur oppression, et pire encore, certaines vont adopter les comportements de l’oppresseur pour en tirer un bénéfice immédiat ; elles n’en resteront pas moins en situation de danger.

Ce n’est pas non plus une liberté. Une société qui n’a rien d’autre à offrir aux personnes confrontées à des difficultés sociales et financières, que de vendre leur intimité sexuelle n’est pas une société civilisée. Victor Hugo a dit « On dit que l’esclavage a disparu de la civilisation européenne. C’est une erreur. Il existe toujours, mais il ne pèse plus que sur la femme et il s’appelle prostitution ». Nos ultragauchistes et activistes réglementaristes condescendants ne lui arrivent pas à la cheville et tentent de nous imposer leur « bon féminisme ». On comprend bien que ce qui les intéresse surtout dans la libération des femmes, c’est qu’elles soient totalement et en permanence disponibles pour eux. Quant aux « queers-Trans-PD-Gouines » activistes réglementaristes – euh moi je suis féministe et lesbienne -, ils prônent une réappropriation libératrice de la pornographie et de la prostitution. Seulement voilà, leurs tristes et infantiles productions relèvent surtout de la thérapie de groupe et n’ont nullement fait la démonstration d’une quelconque remise en question de la domination masculine, bien au contraire, elles l’alimentent. Mises en scène, jeux de rôles, artifices, etc. cachent très mal un manque d’imagination et de désir, parfois même des souffrances, quand ce n’est pas une profonde aversion de la sexualité. Une sexualité épanouissante c’est du désir réciproque et libre de tout rapport de force, de toute contrainte. La sexualité n’est pas un dû, elle relève de la relation à l’autre, de son désir et de son consentement. Payer c’est forcer le consentement, payer, en réalité, c’est violer. La liberté est toujours gratuite alors que l’acte de prostitution n’a qu’une finalité, l’argent. Se prostituer, par définition, ne sera jamais une liberté.

En conséquence, au regard des rapports sociaux de classe comme de sexe, la prostitution doit être abolie. Cette position n’est ni religieuse, ni morale mais belle et bien politique.

Que signifie le mot abolition et quel est le projet abolitionniste ? : Abolition, de quoi s’agit-il exactement ? Les réglementaristes accusent les abolitionnistes d’être pour la prohibition de la prostitution. C’est facile, la plupart des gens ne font pas la différence. Alors, disons-le haut et fort, non, l’abolition n’est pas la prohibition, c’est même l’inverse. La prohibition c’est le délit de racolage passif que nous voulons abroger, c’est le harcèlement et toutes les mesures répressives à l’encontre des personnes prostitué-e-s, c’est-à-dire une double peine dont nous féministes ne voulons surtout pas. Alors que l’abolition, c’est à l’inverse, la responsabilisation des clients qui doivent se poser la question des rapports femmes-hommes, de leur relation à l’autre, de ce que payer veut dire. La responsabilisation du client est affaire de prévention, d’éducation, de respect de soi et des autres ; puis de pénalisation pour les récalcitrants. Nous espérons, qu’avec le temps et non soudainement comme par magie, une grande partie des femmes qui subissent la prostitution pourront ainsi s’en libérer et que les hommes qui sont encore dans cette demande pourront évoluer. Nous espérons pouvoir avancer ensemble, en prenant le temps qu’il faudra, vers une société plus égale, plus juste et plus libre. L’abolition de la prostitution est un projet humaniste. Le site abolition 2012 est public : www.abolition2012.fr La revendication consiste à demander une loi cadre avec les mesures principales suivantes : Abolition de toute mesure de répression à l’encontre des personnes prostituées, politique sociale et de santé, politique de réinsertion des personnes prostituées qui le souhaitent, politique de responsabilisation du client, etc.

Des méthodes répréhensibles: Nous l’avons compris, cachés derrière des enjeux inavouables, ne reste plus qu’à adopter des méthodes douteuses pour tenter de pourrir le débat et compromettre les abolitionnistes. Certains n’hésitent devant rien et osons le dire, leurs méthodes s’apparentent à celles de voyous.

Mensonges et manipulation, quelques exemples :

- « Criminaliser les putes ». Un groupe « 8 mars pour toutes » s’est crée autour de structures comme le STRASS, Act-UP et quelques autres. La seule revendication qui se distingue clairement de celle des collectifs qui organisent les manifestations du 25 novembre contre les violences faites aux femmes et du 8 mars pour les droits des femmes, porte sur la prostitution, qu’ils veulent libéraliser et donc réglementer. Pour mobiliser les membres du groupe, voici le mail qui leur a été adressé : « Un risque de violence de la part des militantes prohibitionnistes (qui souhaitent interdirent la prostitution quitte à criminaliser les putes) existe car c’est ce qu’il se passe depuis 1 an dans les mobilisations féministes où elles sont majoritaires (pour le moment) ». A l’évidence, la personne qui a rédigé cette phrase n’ignore rien des véritables positions abolitionnistes mais préfère mentir et accuser les abolitionnistes d’intentions qui, si elles étaient vraies, seraient en effet scandaleuses. La seule violence subie durant la manifestation du 25 novembre a consisté à entendre ce cortège réglementariste hurler : « Abolo, catho, facho, vous nous cassez le clito » ! En l’absence d’argument digne de ce nom, ils en arrivent aux injures et à la calomnie, ils manipulent sans complexe et inversent les rôles ; le plus curieux c’est que certains y croient. Comment un projet humaniste, féministe et socialise pourrait-il être associé au fascisme ? Le collectif Abolition 2012 doit-il porter plainte en diffamation ?

- La contamination au VIH-Sida : Souvent, vous entendrez les réglementaristes affirmer sans vergogne que les abolitionnistes sont responsables de la contamination au VIH-sida des personnes prostitué-e-s et les tuent. Rien que ça ! En réalité, tout le monde le sait, le seul responsable des violences dont fait partie la contamination au VIH-sida, c’est le système prostitueur. Les réseaux bien sûr qui dressent, violent et contaminent leurs victimes, mais aussi les clients qui baisent sans capote et payent plus cher pour ça. La prise de risque aussi, renforcée par les menaces et le stress inhérents à l’activité, par les substances qu’il faut prendre pour tenir. La encore, qui peut sincèrement croire à un tel argument ? Pourtant, il est rabâché, c’est énorme, mais ça passe !

- La parole des personnes prostitué-e-s : Ils accusent les abolitionnistes de parler au nom des prostitué-e-s, mais quand on leur demande d’écouter et de respecter la parole d’Ulla, de Rebecca Mott et de toutes les autres, qui dans le documentaire « L’imposture » http://vimeo.com/16641741 ou dans tous les superbes documentaires d’Hubert Dubois, se dévoilent et disent librement la mésestime de soi, la peur, le dégoût, les viols, la dissociation, la sidération, etc., les activistes réglementaristes leur refusent le droit à la parole. Ils les discréditent et les invisibilisent, eux qui prétendent parler en leur nom ! D’anciennes prostituées ont créé un réseau avec un site Internet, un cri, des cris, leurs cris, des vérités que tant voudraient effacer : http://survivorsconnect.wordpress.com/ Le comportement des activistes réglementaristes est proprement immonde et pourtant, ça passe quand même et on les croit quand ils professent que nous instrumentalisons la parole des prostitué-e-s !

Calomnies, discrédit et isolement de personnes représentatives : « Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage ». Le bon sens populaire, rarement démenti. La pratique qui consiste à discréditer une personne auprès de ses pairs, à l’isoler pour mieux la neutraliser est très prisée par les activistes réglementaristes. Beaucoup en ont fait les frais. En tant que présidente du Centre LGBT Paris, je peux témoigner, j’ai eu ma part ; vous comprendrez aisément qu’il était inadmissible qu’une des porte-parole du mouvement LGBT ne soit pas à la botte des réglementaristes pro-prostitution. Sur les réseaux sociaux, leurs calomnies diffamatoires sont rabâchées à l’envie et ne différent jamais, et plus c’est gros, mieux c’est. Jugez-donc : « Faites la taire cette putain de féministe », etc. A cause de moi, le Centre LGBT Paris est « exsangue «. Pas de bol, il se porte comme un charme, sorti de l’ornière de la rue Keller, du dépôt de bilan et d’un taudis qui menaçait de s’effondrer, installé rue Beaubourg, après avoir recouvré ses subventions qu’il a depuis multipliées. Il s’est développé avec un bilan satisfaisant, accueillant chaque année de plus en plus de visiteurs et offrant des permanences d’aide et un programme culturel et festif de qualité. Cet été, j’ai passé la main à deux volontaires qui ont pris la co-présidence et toute l’équipe des bénévoles et salariés continue sur la lancée. Bref, la réalité, et vérifiable car tous les bilans financiers, les rapports annuels sont disponibles sur le site Internet, se heurte invariablement à leurs fantasmes et accusations calomnieuses. Autre variante, « je ne connais rien à la question du VIH-Sida et je n’ai rien fait pour lutter contre au CLGBT Paris ». Les dossiers de demande de subvention pour payer un chargé de prévention à demeure, maintenir des locaux offrant matériels et brochures de prévention, tenir des réunions d’information et tout un tas d’évènements sur le sujet de la prévention au VIH-SIDA mais pas seulement, c’est sans doute à eux qu’on les doit ! En revanche, vous pouvez en être certain-e-s, eux ne connaissent rien aux questions de santé lesbienne, les IST et les cancers qui les touchent, ils s’en fichent. Le VIH-Sida seul est digne d’intérêt et la stratégie servie par les fonds engloutis par la sidacratie, elle, n’a pas à être discutée ! Les plus violents sont aussi les plus velléitaires, eux n’ont en réalité pas fait grand-chose ni pour le mouvement LGBT ni pour quoi que ce soit d’autre ; ceci expliquant sans doute cela. Souvent aussi, je suis accusée d’être « à la solde du PS » et « d’avoir fait carrière « ! Quelle carrière, si ce n’est de ne pas avoir fait la mienne au boulot, comme j’aurais pu la faire ? Là aussi la réalité, ils la connaissent, salariée à temps plein en entreprise en tant que juriste, et présidente élue, j’ai passé pendant 7 ans, l’essentiel de mon temps libre au Centre où je n’ai jamais touché un seul centime, bien au contraire, et s’il fallait me payer le temps consacré à y travailler bénévolement, je serai sûrement très riche ! Quant au PS, ma liberté de pensé et mon esprit critique m’autorise à le critiquer quand il le faut, autant que n’importe quelle autre formation politique. Tout ça, ils le savent, mais s’évertuent avec un acharnement pathologique à propager rumeurs et mensonges, dans le but de me discréditer afin de me faire taire. C’est pourtant peine perdue, leurs calomnies et leurs menaces ne me perturbent pas bien au contraire, elles me stimulent, mais combien de personnes ont-ils réussi à impressionner, insécuriser et museler ?

- La dérision et les menaces : Les abolitionnistes seraient de puritains catholiques qu’il faudrait tourner en dérision, même les plus athées d’entre nous et même et surtout s’ils ne connaissent rien de notre vie sexuelle et affective. Il y a aussi les intimidations et les menaces. La liste est très longue, pour ainsi dire infinie. Disons-le enfin, ce sont purement et simplement des méthodes de voyous. Les activistes réglementaristes en abusent à volonté ; il est amplement temps d’y mettre un point final, d’autant plus qu’eux, procéduriers à l’extrême, ne supportent aucune critique et n’hésitent pas à poursuivre en diffamation. Sachant ce que sont les véritables enjeux de la prostitution et du système prostitutionnel, n’hésitons pas à rétablir la vérité, dénoncer les manipulations grossières et exercer une solidarité indéfectible envers leurs victimes.

En conclusion : La question de l’abolition ou de la réglementation de la prostitution est affaire de projet de société. Les arguments doivent pouvoir s’échanger avec respect et sans intimidation aucune. Nous le savons, les enjeux véritables de la prostitution sont inavouables, pour autant, il s’agit d’un débat politique qui ne doit en aucun cas souffrir de méthodes inqualifiables. Si les activistes réglementaristes ne trouvent aucun argument honnête et n’ont rien d’autre que le mensonge, la calomnie, la manipulation et le discrédit à nous opposer alors peut-être est-il temps pour eux d’admettre que leur lutte est vaine. Seule une société abolitionniste de la prostitution, dernière forme d’esclavage humain, est une société humaniste, féministe et de progrès. Dans quelle société voulons-nous vivre demain ?


Précision : NON je ne veux pas que les personnes prostituées soient contaminées !

Ça n’a pas tardé. Les activistes réglementaristes et quelques uns de leurs alliés ont immédiatement fait la démonstration de leur mauvaise foi à la lecture de cet article. Ils ont interprété, dénaturé, manipulé la seule idée qu’ils pouvaient exploiter, fuyant soigneusement tout le texte, incapables de démonter les arguments posés.

« … aussi ceux qui, au nom d’un principe de réalité, distribuent des capote, certes pour éviter la contamination des prostitué-e-s mais aussi des clients prostitueurs, et de facto entretiennent et confortent le système prostitutionnel. »

Cette phrase n’est pas difficile à comprendre, mais puisqu’il le faut, je vais expliciter.

Cette phrase ne dit pas que les personnes prostitué-e-s ne doivent pas avoir accès aux préservatifs ni autres moyens de prévention et d’information, ni maintenant, ni même après l’abolition de la prostitution bien sûr. J’ai moi-même suffisamment fait de prévention pour en comprendre la nécessité vitale. Tiens j’aimerais assez pour changer que le VIH-Sida ne soit d’ailleurs pas la seule infection et maladie utilisée par les activistes réglementaristes pour assoir leurs argumentations. Les questions de santé des personnes prostitué-e-s sont majeures, prévention IST certes, mais aussi prévention cancers féminins, addictions, suicide… Tout ce dont ils ne se soucient jamais.

Cette phrase dit exactement que se contenter de distribuer des capotes bien sûr est nécessaire pour les personnes prostituées mais incontestablement sert aussi les intérêts du système prostitueur, lui facilite le travail, l’entretien, le sert….

Qu’est-ce qui n’est pas clair dans cette évidence ?

Bien sûr c’est clair, mais quand on est habitué à louvoyer et que l’on n’a pas d’autres argument que ceux qui relèvent de la défense du patriarcat, ou de la défense des profits du crime organisé des industries du sexe, légalisées ou non ; faut bien trouver un angle d’attaque.

Ces procès en sorcellerie sont purement et simplement une manœuvre manipulatoire qui ne trompe plus personne, sauf ceux et celles pour lesquelles plus c’est gros et plus ça passe !

Source : http://christineld75.wordpress.com/

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