HITLER & LES MENNONITES

HITLER & LES MENNONITES

Messagede bajotierra le Mar 22 Mai 2012 08:24

HITLER & LES MENNONITES
Dimanche 20 mai 2012, par cnt // Seconde guerre mondiale


Message de félicitation adressée par l’église mennonite à Adolphe Hitler lors de son accession au pouvoir, 10 septembre 1933  :

« La conférence des Mennonites de Prusse orientale et occidentale rassemblée aujourd’hui à Tiegenhagen (état libre de Dantzig) éprouve une profonde reconnaissance pour le puissant renouveau que Dieu a donné à notre nation par votre énergie et promet une joyeuse coopération dans l’édification de notre patrie par le pouvoir de l’Evangile, fidèle à la devise de nos ancêtres : "Personne ne peut poser d’autres fondations que celles qui reposent en Jésus". »

Réponse d’Adolphe Hitler à l’église Mennonite  :

« Je vous remercie sincèrement pour la loyauté et pour la bonne volonté à coopérer à l’édification de la nation allemande que vous avez exprimé dans la lettre que vous m’avez adressée. » Signé : Adolf Hitler. Tels sont les termes des correspondances échangées entre l’église mennonite, issue de l’anabaptisme allemand, et le Führer nazi à la date cruciale de son accession au pouvoir.

Par sa brutale crudité, cet échange constitue un avertissement pour tous ceux qui, actuellement révoltés par les conditions sociales, pourraient être facilement trompés par un discours religieux masquant sa volonté sectaire de purification derrière un discours social, humaniste ou citoyen.

Le malentendu millénariste

Cette duplicité a fait de célèbres victimes. Par exemple, le marxiste Frédéric Engels, qui dans son ouvrage intitulé « La guerre des paysans » (1850), voulut faire de Thomas Muntzer un précurseur révolutionnaire. Certes, le prophète anabaptiste Thomas Muntzer prit la tête de la révolte paysanne de 1525. Mais c’était oublier qu’il avait initialement proposé aux princes allemands protestants de le rejoindre, pour qu’ils deviennent le glaive de dieu contre les hérétiques. Ce n’est que devant leur refus - lorsque les princes choisirent le camp de ses adversaires luthériens - qu’il engloba dans sa doctrine les revendications des paysans révoltés, aux seules fins de transformer leur mouvement en instrument de sa puissance.

Cette démarche opportuniste se vérifia autour des années 1530. Faisant suite à la guerre des paysans, une vague de révoltes urbaines se produisit en Allemagne au nom du « Règne des saints ». Elle allait l’emporter dans la ville de Munster. Arrivés au pouvoir dans cette commune, les chefs anabaptistes y imposèrent aussitôt une dictature sanglante en multipliant les exécutions d’opposants qualifiés d’hérétiques.

Le « paradis terrestre » imposé par des « Elus de Dieu » découvrait son vrai visage, celui de la plus horrible barbarie, de la persécution des consciences, du meurtre en série. Rien d’étonnant à cela. Comme le résume cette remarque de Norman Cohn à propos du prophète Thomas Muntzer : « A en juger d’après ses écrits, il se montra bien moins intéressé par la construction de la société future que par l’extermination massive qui devait la précéder » [1]. Bien que proclamant à gorge déployée qu’ils étaient les représentants de dieu - et donc qu’ils bénéficiaient de tout son soutien dans leur politique d’extermination massive - les anabaptistes finirent par être écrasés. Leurs héritiers n’eurent alors d’autre ressource pour survivre et continuer de propager leur funeste doctrine que de changer leur fusil d’épaule et d’emprunter des voies pacifiques (la suite montrera que ce ne fut que provisoire). C’est sur ces bases qu’un prêtre, Simon Menno, fonda une église dite mennonite encore florissante de nos jours dans de nombreux pays et dont la bourgeoisie a pu prospérer grâce a son agrarisme.

Du paradis terrestre à l’exploitation des terres

Les mennonites se focalisent en effet dès lors sur l’agriculture. Ils se transforment en colons et gèrent rapidement de vastes territoires en organisant une vie communautaire dont la cohésion repose sur « une foi de velours dans une main de fer ». De fait, des dictateurs qui ont compris les ressorts de leur fonctionnement, leur « confient » le développement de leur pays dans les « marches », c’est-à-dire dans les régions difficiles. C’est ainsi que la terrible tsarine Catherine II leur donna de riches terres à blé sur cette marge méridionale de l’empire russe qu’était l’Ukraine du 18e siècle [2]. De la «  Grande Catherine » au despote Alexandre II, les mennonites prospérèrent et firent fortune dans l’Ukraine tsariste, toujours avec l’appui inconditionnel du pouvoir.

En 1917, face à la guerre mondiale, face à l’oppression tsariste, face à la misère chronique dont ils crèvent littéralement, les paysans de toute la «  Sainte Russie » se soulèvent. Ceux d’Ukraine ne sont pas les moins actifs ni les moins organisés. Face à une société profondément inégalitaire, ils veulent l’égalité et le partage. Les riches mennonites qui chantent à longueur de temps les valeurs chrétiennes (dont le partage fait pourtant partie…) ne l’entendent pas de cette oreille. Foin des préceptes, foin du pacifisme, foin du «  Tu ne tueras point » et autres fadaises : ils organisent des milices armées pour défendre leurs propriétés et leurs privilèges. Le grand discours pacifiste, humaniste (on dirait aujourd’hui «  citoyen »), chrétien et autres fariboles s’évaporent comme la rosée du matin par un jour de soleil radieux. Dans les beaux jours de la révolution de 1917, les paysans makhnovistes mettront fin à la puissance mennonite en Ukraine [3].

Dès lors, les mennonites d’Ukraine, reprennent le chemin de l’Allemagne, une Allemagne qui petit à petit est en train de se convertir à l’hitlérisme. Et, nous bouclons ici avec le fameux message mennonite que nous avons mis en exergue de cet article, celui par lequel cette église promet une « joyeuse coopération » à Hitler, un Hitler qui ne doute pas de leur « fidélité ». Les mots, ici, sont d’une importances cruciales : «  joyeuse coopération » et « fidélité », le programme ne laisse place à aucun doute [4].

De l’aveu même des mennonites d’aujourd’hui « Le programme du parti Nazi faisait référence à un Christianisme positif qui plaisait aux Mennonites. Après avoir pris le pouvoir, les nazis prirent des mesures sévères contre les partis de gauche et aussi contre ce que des gens comme les Mennonites auraient considérés comme de l’immoralité publique » [5].

Le site des mennonites des USA dans lequel nous puisons ce commentaire se garde bien de dire qui sont ces « gens » que les mennonites considéraient (et, nous osons poser la question : les considèrent-ils toujours ?) comme de « l’immoralité publique ». Les homosexuels ? les Tsiganes ? les Juifs ? Les Slaves ? Les anarchistes ? Toujours est-il que les « mesures sévères » (insupportable euphémisme pour parler de l’extermination  !) prises par les nazis ne semblent pas les choquer. En effet, du moins dans ce commentaire, nous ne trouvons ni une phrase d’excuse, ni un mot de commisération pour les victimes. Le texte se présente plutôt comme une justification, une validation de la position historique des mennonites prussiens.

Il n’y a donc pas de doute : les assemblées de l’église mennonite de Prusse se sont reconnues dans la stratégie contre-révolutionnaire des corps francs nazis tout comme dans les accents délirants d’un Hitler éructant dans son Mein Kampf (écrit en 1924, soit une dizaine d’années avant le fameux message mennonite) : « Ainsi suis-je convaincu qu’aujourd’hui j’agis en vérité selon la volonté du Tout Puissant Créateur, en m’opposant au Juif je mène le combat du Seigneur » [6] propos qui font directement écho à ceux de leurs prophètes déments : « Chassez les ennemis du Christ du sein des Elus (…) Un homme sans foi n’a point le droit de vivre aux dépends de ceux qui ont la foi (…) Il faut utiliser l’Epée pour les exterminer (…) » [7].

Remember  !


[1] Norman Cohn, « Les fanatiques de l’apocalypse », dossiers des « Lettres Nouvelles », édition 1962.

[2] Et c’est pourquoi on les retrouve actuellement de façon massive dans les « marches » du développement du capitalisme, en particulier en Amérique du Sud où ils sont propriétaires de grands domaines spécialisés dans la culture du maïs. On commence à trouver sur le net d’intéressantes informations sur ce sujet.

[3] cf. H.T. Huebert, «  Mennonite Estates in Imperial Russia  », Kindred Productions, 2005, cité dans http://nuevomundo.revues.org/2216.

[4] Soulignons qu’il ne s’agit pas là d’un échange anodin de politesses. Si Hitler remerciait les mennonites de leur fidélité, il haïssait d’autres sectes religieuses, n’hésitant pas à envoyer des religieux dans les camps d’extermination. On doit à la vérité historique de dire que ce fut le cas de plusieurs centaines de Témoins de Jéhovah, ou même de pasteurs luthériens.

[5] Site de la puissante église mennonite des USA voir la page : http://peace.mennolink.org/articles....

[6] Mein Kampf, p 70.

[7] Thomas Muntzer, « Sermon au duc Jean de saxe » juillet 1524, dans Norman Cohn, open cit.

http://www.cntaittoulouse.lautre.net/sp ... article520
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Re: HITLER & LES MENNONITES

Messagede etxerufio le Mar 22 Mai 2012 12:00

Euh, l'Eglise mennonite est-elle vraiment centralisée ? Si ce n'est pas le cas, il faudrait préciser qu'UNE Eglise mennonite soutient que le nazisme c'était cool. Parce que des mennonites j'en ai connu, et je n'ai jamais entendu de propos nazis sortir de leur bouche, ça me paraît louche.
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Re: HITLER & LES MENNONITES

Messagede bajotierra le Mar 22 Mai 2012 14:00

etxerufio a écrit:Euh, l'Eglise mennonite est-elle vraiment centralisée ? Si ce n'est pas le cas, il faudrait préciser qu'UNE Eglise mennonite soutient que le nazisme c'était cool. Parce que des mennonites j'en ai connu, et je n'ai jamais entendu de propos nazis sortir de leur bouche, ça me paraît louche.


non ellle ne semble pas centralisé ..

et les mennonites qui ont officiellemen tsoutenu hitler sont bien désignés en tant que tels dan le texte
La conférence des Mennonites de Prusse orientale et occidentale

et l'église mennonite des USA est dans la justifcation de cette position


autre exemple au paraguay

La Secte de l’Église Mennonite, État dans l’État, célèbre son pouvoir au Paraguay.
L’apartheid mennonite




Par José Antonio Vera
Argenpress . Buenos Aires, le 16 juillet 2009.

Environ trois mille protestants chrétiens, originaires de 50 pays, et presque autant de nationaux, organisent cette semaine à Asunción le XV Congrès Mondial Mennonite, consolidant l’influence croissante de cette confession, exclusive et excluante, dans la vie des entreprises, politique et religieuse des paraguayens.

L’ Église Mennonite -dont les adhérents jouissaient jusqu’à il y a peu d’une auréole d’honnêteté et de sacrifices, perdue quand certains de ses principaux dirigeants sont entrés dans le cercle corrompu du précédent gouvernement - s’est installé dans le pays en 1927, avec un premier groupe de fidèles, expulsés de l’Union Soviétique.

Parmi les participants on remarque l’ex-Président Nicanor Duarte Frutos et son épouse Gloria Penayo, une tête visible de la secte Raíces , de grande influence dans ce dernier gouvernement du Parti Colorado. L’année dernière, son échec a éloigné quasi en masse, comme ils étaient arrivés, une grande quantité de fidèles adorateurs.

Le Concile Général Mennonite, convoqué toutes les six ans, se tient au Centre de l’Adoration, dans un fabuleux complexe multifonctionnel, inauguré pour l’occasion.

Son coût très élevé, qui alimente commentaires et murmures de tous côtés, semble impossible à vérifier, vu le mutisme qui entoure les activités des grandes sectes, et sur le terrain financier impossible d’y échapper, en particulier quand on essaie de connaître leurs bilans, toujours enveloppés de voiles de mystère.

Koinonia (communion) d’églises d’orientation anabaptiste, est l’emblème de la rencontre, exhibe un déploiement impressionnant de ressources technologiques, inédits au Paraguay.

Une discipline rigoureuse marque même en secondes le temps des petits déjeuners frugaux et des déjeuners, préparés dans une immense marmite de cinq mille litres cuisinée au gaz grâce à une installation d’ingénierie complexe.

Convoqué « pour fraterniser, célébrer des cultes, servir et témoigner, animé par des créateurs de paix, ennemis de la violence », le Congrès est une représentation vivante de la conduite que les mennonites exhibent au Paraguay, des êtres imbus d’eux-mêmes, qui se prennent pour des élus, ignorants leur environnement, non solidaires avec les problèmes du pays, et indifférents face de ceux qui n’appartiennent pas à leur confession.

Tout cela est possible parce que l’État paraguayen, fractionné depuis plus d’un siècle, continue à être prisonnier de quelques groupes patronaux, religieux et mafieux qui décident, en grande partie, la politique inopérante du pays qui font que, à l’approche du premier anniversaire du gouvernement porteur d’espoir de Fernando Lugo, aucun changement significatif ne pointe.

Au contraire, les « clans » du soja, éleveurs, narcotrafiquants et sectes religieuses, comme la Mennonite, avec une forte présence dans toute la structure de l’État, continuent à définir la direction de la vie des six millions d’habitants, 60 % dans la misère, en réprimant des mouvements populaires et avec de l’impunité pour les réseaux mafieux.

Traînant une misère extrême, tuberculose, sida et d’autres drames, de nombreux indigènes campent depuis des mois sur les places publiques d’Asunción et, dernièrement, ont menacé de prendre d’assaut des supermarchés et d’autres commerces, à la recherche de nourriture pour leur faim de plusieurs jours, et quelque vêtements qui couvrent leur maigreur.

Un groupe d’entre eux est arrivé cette semaine devant la résidence du Président Lugo, sollicitant une audience, mais ils ont été repoussés, entourés par un contingent de Casques Bleus, qui a forcé l’évacuation.

Avec des températures de trois ou quatre degrés, des petits enfants de six, sept, huit ans, déchaussés, en loques attendent aux feux rouges demandant des aumônes, transforment en mensonges les promesses électorales, quand l’ex-Évêque leur disait que la résolution de leurs malheurs, serait l’une des priorités de son administration.

Les racines mennonites remontent aux environs du premier quart du XVIe siècle, de la main protestante d’un réformiste suisse au nom de famille Swing, dont l’étendard fut repris par Menno Simons, environ cent ans après, à la frontière hollando-allemande, et qui a semé ses confessions dans divers pays.

Avec initialement un fort appui matériel de sa Confédération Mondiale, dont le siège est aux États-Unis et d’autres congrégation qui étaient déjà très implantées au Canada et au Mexique, les mennonites du Paraguay ont établi une république à part, une espèce « d’île de l’ordre », durant ses 90 dernières années.

Son organisation en coopératives de production et de services, le sacrifice immense de ses pionniers dans la colonisation de « l’enfer vert », comme on décrivait le vaste, sauvage et torride Chaco, son esprit collectif aliéné au travail, à l’épargne et à une vie austère, ajouté à diverses franchises et faveurs des gouvernements paraguayens, expliquent une partie de ce succès.

En exploitant l’élevage, l’agriculture et les forêts, le monde mennonite, une espèce d’apartheid paraguayen, représente le noyau principal économique du pays, dont la population, d’encore environ 30 000 personnes, jouit d’un indice privilégié de revenus qui, selon ses rapports, oscille entre 12 et 14 000 dollars par tête.

Un autre aspect remarquable de son expansion, tient dans l’exploitation d’environ 25 000 indigènes, une main d’œuvre bon marché, plusieurs d’eux victimes, même, du système du « enganche » [croché], une espèce d’esclavage, qui les force à travailler pour payer une dette qu’ ils ont contractée dans leurs magasins ou pharmacies.

De même, les indigènes souffrent de l’occupation, quasi militaire, de l’immense étendue de leurs terres, qui par droit naturel appartiennent aux 17 ethnies originaires du Paraguay, abandonnées depuis toujours par l’État.

Les "meno", qui ont habilement construit un mythe de population honnête et égalitaire, de par leur force économique et financière, forment un État dans l’État, bien qu’ils s’identifient dans beaucoup de vices.

Leurs dirigeants nourrissent une image d’honnêteté qui cache la trahison aux principes de la coopérative, puisqu’ils permettent l’inégalité de revenus qui appauvrit certains groupes tandis que s’enrichissent les autres, dont les fortunes sont investies à titre familial, aux États-Unis et en Europe.

En définitive, c’est une société élitiste, fermée, xénophobe, suspendue dans le temps avec des habitudes très conservatrices, comme l’interdiction de la consommation d’alcool entre ses membres, qui sont condamnés s’ils forment un couple avec une personne étrangère aux colonies.

En vertu de sa relation étroite avec le Général Alfredo Strossner, pendant sa tyrannie entre 1954 et 1989, un admirateur de tout ce qui est allemand, en particulier le nazisme et son leader Adolfo Hitler, la collectivité mennonite continue de jouir de beaucoup de dons étatiques et de privilèges fiscaux, qui lui permettent d’avoir des écoles et des hôpitaux exclusifs, en plus de lois, une police et de ses propres prisons.
Ils ont la meilleure infrastructure de services généraux de tout le pays, et ils assurent 80 % de toute la production lactée nationale, avec un pourcentage élevé d’exportation au Brésil.

Cependant, ils continuent à se considérer comme étrangers et vivent à la marge de la culture et de la population paraguayenne. Ils parlent l’allemand ancien, jusqu’au le plattdeutsch, dialecte du XVIe siècle.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi.






et toi tu as connu des mennonites ? :?:
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Re: HITLER & LES MENNONITES

Messagede bajotierra le Mar 22 Mai 2012 14:01

etxerufio a écrit:Euh, l'Eglise mennonite est-elle vraiment centralisée ? Si ce n'est pas le cas, il faudrait préciser qu'UNE Eglise mennonite soutient que le nazisme c'était cool. Parce que des mennonites j'en ai connu, et je n'ai jamais entendu de propos nazis sortir de leur bouche, ça me paraît louche.


non ellle ne semble pas centralisé ..

et les mennonites qui ont officiellement soutenu hitler sont bien désignés en tant que tels dans le texte
La conférence des Mennonites de Prusse orientale et occidentale



et l'église mennonite des USA est dans la justification de cette position


autre exemple au paraguay

La Secte de l’Église Mennonite, État dans l’État, célèbre son pouvoir au Paraguay.
L’apartheid mennonite




Par José Antonio Vera
Argenpress . Buenos Aires, le 16 juillet 2009.

Environ trois mille protestants chrétiens, originaires de 50 pays, et presque autant de nationaux, organisent cette semaine à Asunción le XV Congrès Mondial Mennonite, consolidant l’influence croissante de cette confession, exclusive et excluante, dans la vie des entreprises, politique et religieuse des paraguayens.

L’ Église Mennonite -dont les adhérents jouissaient jusqu’à il y a peu d’une auréole d’honnêteté et de sacrifices, perdue quand certains de ses principaux dirigeants sont entrés dans le cercle corrompu du précédent gouvernement - s’est installé dans le pays en 1927, avec un premier groupe de fidèles, expulsés de l’Union Soviétique.

Parmi les participants on remarque l’ex-Président Nicanor Duarte Frutos et son épouse Gloria Penayo, une tête visible de la secte Raíces , de grande influence dans ce dernier gouvernement du Parti Colorado. L’année dernière, son échec a éloigné quasi en masse, comme ils étaient arrivés, une grande quantité de fidèles adorateurs.

Le Concile Général Mennonite, convoqué toutes les six ans, se tient au Centre de l’Adoration, dans un fabuleux complexe multifonctionnel, inauguré pour l’occasion.

Son coût très élevé, qui alimente commentaires et murmures de tous côtés, semble impossible à vérifier, vu le mutisme qui entoure les activités des grandes sectes, et sur le terrain financier impossible d’y échapper, en particulier quand on essaie de connaître leurs bilans, toujours enveloppés de voiles de mystère.

Koinonia (communion) d’églises d’orientation anabaptiste, est l’emblème de la rencontre, exhibe un déploiement impressionnant de ressources technologiques, inédits au Paraguay.

Une discipline rigoureuse marque même en secondes le temps des petits déjeuners frugaux et des déjeuners, préparés dans une immense marmite de cinq mille litres cuisinée au gaz grâce à une installation d’ingénierie complexe.

Convoqué « pour fraterniser, célébrer des cultes, servir et témoigner, animé par des créateurs de paix, ennemis de la violence », le Congrès est une représentation vivante de la conduite que les mennonites exhibent au Paraguay, des êtres imbus d’eux-mêmes, qui se prennent pour des élus, ignorants leur environnement, non solidaires avec les problèmes du pays, et indifférents face de ceux qui n’appartiennent pas à leur confession.

Tout cela est possible parce que l’État paraguayen, fractionné depuis plus d’un siècle, continue à être prisonnier de quelques groupes patronaux, religieux et mafieux qui décident, en grande partie, la politique inopérante du pays qui font que, à l’approche du premier anniversaire du gouvernement porteur d’espoir de Fernando Lugo, aucun changement significatif ne pointe.

Au contraire, les « clans » du soja, éleveurs, narcotrafiquants et sectes religieuses, comme la Mennonite, avec une forte présence dans toute la structure de l’État, continuent à définir la direction de la vie des six millions d’habitants, 60 % dans la misère, en réprimant des mouvements populaires et avec de l’impunité pour les réseaux mafieux.

Traînant une misère extrême, tuberculose, sida et d’autres drames, de nombreux indigènes campent depuis des mois sur les places publiques d’Asunción et, dernièrement, ont menacé de prendre d’assaut des supermarchés et d’autres commerces, à la recherche de nourriture pour leur faim de plusieurs jours, et quelque vêtements qui couvrent leur maigreur.

Un groupe d’entre eux est arrivé cette semaine devant la résidence du Président Lugo, sollicitant une audience, mais ils ont été repoussés, entourés par un contingent de Casques Bleus, qui a forcé l’évacuation.

Avec des températures de trois ou quatre degrés, des petits enfants de six, sept, huit ans, déchaussés, en loques attendent aux feux rouges demandant des aumônes, transforment en mensonges les promesses électorales, quand l’ex-Évêque leur disait que la résolution de leurs malheurs, serait l’une des priorités de son administration.

Les racines mennonites remontent aux environs du premier quart du XVIe siècle, de la main protestante d’un réformiste suisse au nom de famille Swing, dont l’étendard fut repris par Menno Simons, environ cent ans après, à la frontière hollando-allemande, et qui a semé ses confessions dans divers pays.

Avec initialement un fort appui matériel de sa Confédération Mondiale, dont le siège est aux États-Unis et d’autres congrégation qui étaient déjà très implantées au Canada et au Mexique, les mennonites du Paraguay ont établi une république à part, une espèce « d’île de l’ordre », durant ses 90 dernières années.

Son organisation en coopératives de production et de services, le sacrifice immense de ses pionniers dans la colonisation de « l’enfer vert », comme on décrivait le vaste, sauvage et torride Chaco, son esprit collectif aliéné au travail, à l’épargne et à une vie austère, ajouté à diverses franchises et faveurs des gouvernements paraguayens, expliquent une partie de ce succès.

En exploitant l’élevage, l’agriculture et les forêts, le monde mennonite, une espèce d’apartheid paraguayen, représente le noyau principal économique du pays, dont la population, d’encore environ 30 000 personnes, jouit d’un indice privilégié de revenus qui, selon ses rapports, oscille entre 12 et 14 000 dollars par tête.

Un autre aspect remarquable de son expansion, tient dans l’exploitation d’environ 25 000 indigènes, une main d’œuvre bon marché, plusieurs d’eux victimes, même, du système du « enganche » [croché], une espèce d’esclavage, qui les force à travailler pour payer une dette qu’ ils ont contractée dans leurs magasins ou pharmacies.

De même, les indigènes souffrent de l’occupation, quasi militaire, de l’immense étendue de leurs terres, qui par droit naturel appartiennent aux 17 ethnies originaires du Paraguay, abandonnées depuis toujours par l’État.

Les "meno", qui ont habilement construit un mythe de population honnête et égalitaire, de par leur force économique et financière, forment un État dans l’État, bien qu’ils s’identifient dans beaucoup de vices.

Leurs dirigeants nourrissent une image d’honnêteté qui cache la trahison aux principes de la coopérative, puisqu’ils permettent l’inégalité de revenus qui appauvrit certains groupes tandis que s’enrichissent les autres, dont les fortunes sont investies à titre familial, aux États-Unis et en Europe.

En définitive, c’est une société élitiste, fermée, xénophobe, suspendue dans le temps avec des habitudes très conservatrices, comme l’interdiction de la consommation d’alcool entre ses membres, qui sont condamnés s’ils forment un couple avec une personne étrangère aux colonies.

En vertu de sa relation étroite avec le Général Alfredo Strossner, pendant sa tyrannie entre 1954 et 1989, un admirateur de tout ce qui est allemand, en particulier le nazisme et son leader Adolfo Hitler, la collectivité mennonite continue de jouir de beaucoup de dons étatiques et de privilèges fiscaux, qui lui permettent d’avoir des écoles et des hôpitaux exclusifs, en plus de lois, une police et de ses propres prisons.
Ils ont la meilleure infrastructure de services généraux de tout le pays, et ils assurent 80 % de toute la production lactée nationale, avec un pourcentage élevé d’exportation au Brésil.

Cependant, ils continuent à se considérer comme étrangers et vivent à la marge de la culture et de la population paraguayenne. Ils parlent l’allemand ancien, jusqu’au le plattdeutsch, dialecte du XVIe siècle.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi.






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Re: HITLER & LES MENNONITES

Messagede etxerufio le Mar 22 Mai 2012 22:16

Ok. Le titre m'a induit en erreur.

J'en ai connu rapidement, sans plus, mais ils ressemblaient plus à la famille nombreuse studieuse bisounours sur les bords qu'à d'affreux nazis d'où ma surprise en voyant le titre. Mais effectivement, à la lecture des passages cités il apparaît qu'il ne s'agit que de certains groupes.
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Re: HITLER & LES MENNONITES

Messagede Cheïtanov le Mer 23 Mai 2012 16:40

etxerufio a pas eu tord en demandant précision je trouve !
"J'ai appris à marcher au pas, avec du punk au bout des doigts. J'ai l'coeur en miettes quand j'pense à ça..."
I'd rather be a picket than a scab, and I still hate Thatcher...
"Au moins AL et les Vignoles ils sont gentils" Un chef NPA
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Re: HITLER & LES MENNONITES

Messagede bajotierra le Mer 23 Mai 2012 18:58

Cheïtanov a écrit:etxerufio a pas eu tord en demandant précision je trouve !


c'est sûr !
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Re: HITLER & LES MENNONITES

Messagede joe dalton le Jeu 24 Mai 2012 00:50

en tout cas c'est passionant les memmonites et hitler !
tout autant d'actualité que d'etre tres vigilant face au admirateur de staline !
surtout ne changer rien !
croyez toujours vroum, ce n'est pas un trotskiste !.
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Re: HITLER & LES MENNONITES

Messagede bajotierra le Jeu 24 Mai 2012 07:55

t'as tout compris joe .
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Re: HITLER & LES MENNONITES

Messagede Specifix le Lun 4 Juin 2012 17:49

La période hitler est riche d'enseignements, c'est sûr.
Sur les ménnonites comme sur beaucoup d'autres choses.
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Re: HITLER & LES MENNONITES

Messagede quebecois_et_anonymous le Jeu 14 Juin 2012 07:43

Specifix a écrit:La période hitler est riche d'enseignements, c'est sûr.
Sur les ménnonites comme sur beaucoup d'autres choses.

L’histoire se répéte souvent : ce que l’homme peut faire, l’home peut le refaire.

C'est pourquoi j'écris activement une thése (ou plutôt un manifeste) (parmis plusieurs autres), nommée ''déstruction d'Adolph Hitler’’ et qui atente a la crédibilité des idées de Hitler, du nazisme et du néo-nazisme :gerbe: :antifa: :gun: :antifa: :gerbe: :antifa: :gun: :antifa:

Merci pour ce topic sur les Mennonites, un ou deux passages sur eux-autres pourraient enrichir mon texte :D :D :D :D
Le printemps érables qui secoue le Québec, c'est les graines d'une révolution ici et le produit d'une révolution internationalle : merci aux indignées d'occupy wall street !!!!
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Re: HITLER & LES MENNONITES

Messagede AnarSonore le Lun 4 Fév 2013 01:59

Hitler et les mennonites - Suite et non fin
http://anarsonore.free.fr/spip.php?breve282

Dans ses deux plaintes, et en particulier dans celle contre la CNT, Nataïs revient longuement sur les mennonites et le régime hitlérien pour nous accuser de racisme. Raisonnement lamentablement fallacieux s’il en est ! Ce qui est clair, c’est qu’il y a là quelque chose qui « démange » du côté de Nataïs. Aussi nous ferons-nous un plaisir de revenir sur le sujet en temps utiles, d’autant que nous avons trouvé une ou deux petites choses supplémentaires. En attendant, et puisque de mennonites il est question, saluons la diffusion d’un premier reportage télé sur cette communauté. Voici ce qu’en dit le réalisateur : le « fonctionnement [de la communauté mennonite qu’il a filmé] est celui d’une … théocratie. Ce sont les pasteurs qui font la loi. C’est très fermé, parfois sectaire… [Les pasteurs] on les sentait extrêmement récalcitrants, désapprouvant notre présence. Ils me regardaient un peu comme le diable, pour eux la télévision est un objet du malin. ». Ambiance, ambiance. Au cas ou Nataïs voudrait porter plainte contre ces horribles propos, et pour lui épargner des recherches plus ou moins approximatives, nous lui livrons les coupables : l’interview du réalisateur Bernard de la Villardière est tirée de « Le Parisien », le reportage a été diffusé par M6 (Enquête exclusive). De la Villardière, Le Parisien, M6, tous d’horribles racistes ?

Article extrait d’Anarchosyndicalisme ! n°133 - Février-Mars 2013




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AnarSonore
 
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