La diversité contre l’égalité

La diversité contre l’égalité

Messagede bajotierra le Mar 1 Sep 2009 18:09

Comme suite aux différends débats concernant les mensonges différentialistes
viewtopic.php?f=10&t=543&hilit=m%C3%A9lange+diff%C3%A9rences
viewtopic.php?f=12&t=1277&hilit=infiltration+identitaire
http://cnt-ait.info/rubrique.php3?id_rubrique=20

je mets en ligne cette critique d'un livre de W Benn Michaels

28 août 2009
http://www.relectures.org/article19.html


Walter Benn Michaels - « La diversité contre l’égalité »

Comment nous avons appris à chérir l’identité pour ignorer l’égalité

« Nous appelons à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales. » Lorsque, en 2004, les vétérans de la Résistance ont lancé leur fameux appel, ils insistaient sur cette idée simple : toutes les injustices se nourrissent d’une injustice première, l’inégalité économique ; le racisme, l’intolérance et les discriminations ne sont pas des causes mais des conséquences. Et l’une des manœuvres les plus subtiles du néolibéralisme est de promouvoir une multitude de causes diverses pour mieux défaire ce qui était le fondement de toutes les luttes sociales. C’est ce danger qu’analyse l’auteur américain Walter Benn Michaels dans son essai : « La diversité contre l’égalité. »

Ce n’est pas parce que certains pensaient que les Noirs africains étaient « inférieurs » qu’ils furent réduits en esclavage, mais bien parce qu’il fallait trouver des esclaves pour servir de main d’œuvre à bon marché que l’on a ensuite essayé de justifier cette injustice sociale en théorisant sur les « races » et leurs hiérarchies
. Ce n’est pas, comme Aimé Césaire y avait insisté dans son « Discours sur le colonialisme », parce qu’il fallait « civiliser » tel ou tel peuple que s’étendit la colonisation, c’est parce qu’il fallait l’exploiter. Inutile de multiplier les exemples ; rappeler tout cela revient à jongler avec des évidences. Pourtant, rien n’est parfois plus difficile à prouver que les évidences, et c’est pourquoi le livre de Walter Benn Michaels est avant tout un livre de logique. Déterminer la priorité entre la lutte contre les injustices sociales et la lutte contre, par exemple, le racisme ou les discriminations de toutes sortes n’est pas forcément un problème d’engagement ou de choix dicté par la sensibilité personnelle, mais peut s’avérer être d’abord, comme nous allons le voir, une affaire de probité intellectuelle.

Michaels commence par constater que « la volonté d’en finir avec le racisme et le sexisme s’est révélée tout à fait compatible avec le libéralisme économique, alors que la volonté de réduire — a fortiori de combler — le fossé entre les riches et les pauvres ne l’est pas. » Il est donc tout à fait possible de lutter contre le racisme sans pour autant lutter contre les injustices sociales ; tandis qu’il est impossible de lutter contre les injustices sociales sans lutter, du même coup, contre le racisme. Cette prémisse devrait logiquement entraîner un mouvement des luttes vers leur fondement, et cette convergence devrait rendre toujours plus forte et plus ample la revendication à l’égalité économique. Pourtant, c’est exactement le contraire qui se produit : plus les luttes se multiplient et se sectorisent, plus elles deviennent concurrentes. Et si ces luttes s’accommodent fort bien du libéralisme, et même ont besoin du libéralisme pour prospérer en tant que revendications autonomes c’est que leur « conception de la justice sociale repose elle-même sur une conception néo-libérale (...) Exprimer ses regrets pour l’esclavage, le colonialisme, la Shoah, manifester son respect pour les gens — pour leur culture, leur histoire, leur sexualité, leurs goûts vestimentaires, et ainsi de suite —, tout cela revient bien moins cher que de leur verser un salaire décent. »

Comment les luttes pour la diversité et les identités des dominés collaborent avec le néolibéralisme ? D’abord en proliférant dans son cadre idéologique, ensuite en se détachant de la revendication égalitaire, enfin en allant jusqu’à escamoter cette aspiration première. C’est parce qu’il n’en fut pas toujours ainsi, et que ces luttes, qui étaient à l’origine sociales, ont évoluées peu à peu dans la dénégation de leur fondement commun que Walter Benn Michaels rappelle qu’un militant civique comme Bobby Seale, cofondateur du Black Panther Party, pouvait encore déclarer, à la fin des années 1960 : « Ceux qui espèrent obscurcir notre combat en insistant sur les différences ethniques aident au maintien de l’exploitation des masses, c’est-à-dire des Blancs pauvres, des Noirs pauvres, des Hispaniques, Indiens, Chinois et Japonais pauvres, bref, de l’ensemble des travailleurs. » Pour Seale, les choses étaient claires : « Nous ne combattrons pas l’exploitation capitaliste par un capitalisme noir. Nous combattrons le capitalisme par le socialisme. »

Des adversaires politiques : voilà ce qu’étaient, pour Bobby Seale, les militants qui séparaient la lutte des Noirs de la lutte pour le socialisme ; adversaires politiques, ils l’étaient aussi pour Angela Davis, qui écrivait en 1975 que « la lutte de libération des Noirs doit s’insérer dans le mouvement révolutionnaire dont le socialisme constitue l’horizon » [1]. Pourtant, les militants de la cause noire qui ne se souciaient pas de socialisme auraient pu au moins apparaître à Bobby Seale ou à Angela Davis comme des alliés objectifs. Mais c’est encore par une raison logique qu’ils sont accusés d’« obscurcir le combat ». Si les discriminations sont d’abord le produit de l’injustice sociale, toute conquête contre les discriminations qui se fait aux dépens de la lutte contre l’inégalité économique est une conquête précaire et contre-productive : car en contribuant à accroître les inégalités, elle se soldera inévitablement par un nouveau racisme et un accroissement de l’intolérance.

Admettons cependant que, dans un contexte social encore relativement calme, il puisse exister une forme de « racisme positif », qui se traduise par une revendication des identités : le caractère de ce racisme est qu’à défaut de s’appliquer à « l’autre », il se trouve désormais appliqué fièrement à soi-même. Il est pourtant hasardeux de croire en un racisme véritablement positif, et il y a de grands risques pour que cette valorisation systématique des différences ne finisse par reprendre, en période plus agitée, la forme brutale du racisme habituel. Pour Walter Benn Michaels, ce nouveau racisme, loin de n’être aujourd’hui qu’une menace, est précisément à l’œuvre dans les différentes luttes pour la diversité, et se nourrit d’une dénégation de la question sociale : « on n’a délaissé la race comme entité biologique que pour la réinventer comme entité sociale ou culturelle. Et la notion même d’identité – c’est-à-dire ce dont la diversité fait la diversité – découle précisément de cette réinvention. Or, si les races n’existent pas et si, comme nous le montrerons par la suite, les cultures par lesquelles nous avons tenté de les remplacer n’existent pas vraiment non plus, pourquoi nous accrochons-nous avec tant de détermination à la conviction qu’elles existent ? Parce que nous préférons l’idée d’égalité culturelle à celle d’égalité économique. Et que nous préférons de beaucoup l’idée de « guerre des cultures » à celle de « luttes de classes ».

C’est pourquoi nombre de militants politiques luttent aujourd’hui à contre-sens en sur-affirmant des identités qui non seulement seront, au premier véritable malaise social, le prétexte de discriminations accrues mais précipitent, de surcroît, ce futur malaise social en veillant à la dénégation de la lutte des classes. Pour comprendre leurs motivations, peut-être faut-il faire un détour par la psychologie. Et poser une question délicate : doit-on élaborer la théorie de son combat avec sa rancœur de dominé, ou bien avec des moyens critiques plus appropriés ? Michaels, sans l’écrire explicitement, connaît la réalité de ce dilemme et l’évoque en s’appuyant sur un roman de Leslie Marmon Silko intitulé Almanac of the Dead. Dans ce récit, un communiste cubain finit par être exécuté par les Indiens d’Amérique à cause de son indifférence à leur histoire : « le Cubain passe son temps à leur expliquer qu’ils sont exploités et qu’ils devraient entrer en lutte contre le capitalisme ; les Indiens passent leur temps à lui expliquer que ce contre quoi ils veulent lutter, c’est le peuple blanc. Quand le marxiste se lance une fois de trop dans une diatribe sur les méfaits de la propriété privée, refusant de se taire pour les écouter lui parler de leur héritage (les massacres, les spoliations, l’assimilation forcée), ils le pendent pour « crimes contre leur histoire ». Ce qui définit le marxiste, ce sont ses convictions ; ce qui définit les Indiens, c’est leur identité. » On pourrait ajouter que ce qui définit le comportement du Cubain, c’est de placer une réflexion critique au cœur de son action, tandis que ses bourreaux veulent d’abord lutter avec leur colère, et, plutôt que d’avancer vers leur émancipation, préfèrent la sacrifier pour prendre une revanche éphémère et locale sur l’Histoire.

Dans le N°8 du journal « L’Indigène », édité par le Mouvement des Indigènes de la République, un article raille un dessin publié par le journal de critique sociale « Le Plan B ». Sur ce dessin, qui aurait pu être une illustration de l’essai de Michaels, on pouvait voir une petite barque avec, d’un côté, deux prolétaires, un Noir et un Blanc, et de l’autre, deux bourgeois, également un Noir et un Blanc. Les deux bourgeois ordonnant de concert aux deux prolétaires : « Bon, les gars ! Trêve de blabla sur le racisme... faudrait peut-être penser à ramer un peu !! ». Le journal « L’Indigène », commentant ce dessin écrivait : « Il n’y aurait donc qu’un seul rapport de domination, celui opposant les bourgeois aux prolos. Ce que ne montre pas en effet ce dessin, c’est que si les deux bourgeois ont besoin de jeter à l’eau l’un des passagers, ils choisiront d’abord le prolo noir ». Il est très maladroit d’affirmer cela, puisqu’il est à peu près certain qu’obéissant à la logique économique qui fait leur fortune, nos deux bourgeois jetteront d’abord à l’eau celui des deux prolos qui est le moins rentable, sans trop se soucier de sa couleur. Dans la même nébuleuse, seul contre toutes les innombrables études qui constatent un creusement accéléré des inégalités au sein de toute la population, Sadri Khiari, l’un des fondateurs du Mouvement des Indigènes, écrivait récemment que « le développement de rapports d’égalité à l’intérieur de la communauté blanche a favorisé la cristallisation de rapports sociaux spécifiquement raciaux. » [2]

Pourtant, ces conclusions, fussent-elles délirantes, ne sont pas forcément de mauvaise foi, mais naissent probablement d’une légitime colère qui paralyse le raisonnement de leurs auteurs. Il n’est guère nécessaire de commenter l’assertion surréaliste selon laquelle nous habiterions un monde dans lequel les Blancs entretiendraient des rapports d’égalité. Quant au dessin publié dans « Le Plan B », il était justement inséré dans un dossier consacré à replacer la question sociale au cœur des actions militantes [3]. Cependant, un peu comme les Indiens d’Amérique du roman évoqué par Michaels, certains se cabrent contre ce discours et faute de pouvoir pendre le dessinateur du Plan B pour « crime contre l’histoire indigène », on guillotine au moins la rigueur intellectuelle qui devrait pourtant être à la base des stratégies de luttes. Ces exemples montrent bien quelle est l’alternative : soit le problème que les dominés ont à résoudre est un problème politique, auquel cas toute leur honnêteté intellectuelle est requise pour pouvoir penser ce problème politique avec lucidité et efficacité. Soit c’est un problème psychologique : il s’agit avant tout de prendre une revanche sur les dominants et tous les coups sont permis.

Ce phénomène, loin de se limiter à des mouvements communautaires, irrigue une immense partie des théories qui se veulent progressistes. L’une des figures majeures du féminisme, la sociologue Christine Delphy, a récemment publié un livre, « Classer, dominer » [4], dans lequel elle écrit : « Trente ans après la renaissance du mouvement féministe dans le monde entier, alors qu’il existait déjà dans toutes les langues ou presque, une somme impressionnante d’ouvrages et d’articles féministes analysant l’oppression des femmes, Pierre Bourdieu, dans La domination masculine, prétendait que les femmes étaient si aliénées, justement par leur situation de dominées, qu’elles ne pouvaient pas la penser. Lui en revanche pouvait la penser. Pourquoi ? Parce qu’il était, ou se voyait comme, impartial, neutre en somme. Pas partie prenante de l’oppression des femmes, qu’il appelait pourtant « domination masculine ». N’aurait-il pas dû comprendre que faisant partie du groupe des hommes, il ne pouvait être impartial ? » Cette argumentation, très convaincante à première vue, souffre pourtant de quelques défauts : d’abord, elle trahit le texte évoqué [5], et elle ignore les bases mêmes de la recherche scientifique en sociologie, ce qui, émanant d’une directrice de recherche émérite au CNRS, est pour le moins embarrassant.

En effet, ce que Pierre Bourdieu n’a cessé de dire, et c’est la base de son travail de sociologue, c’est qu’il est possible à toute personne de penser son aliénation à condition de l’objectiver, pour travailler en ayant conscience de cette double représentation : la subjective et l’objective. Il s’agit donc d’abord de prendre conscience de la position que l’on occupe dans l’espace social (et qui peut être une représentation de dominant ou de dominé), et de garder à l’esprit cette représentation pour s’en distancier et la penser objectivement. C’est d’une dialectique entre ces deux représentations que peut se former une analyse scientifique qui, sans nier la condition aliénée de celui qui la pense, lui accorde aussi la possibilité d’une compréhension objective de ce qui fait son aliénation. Dans cette double perspective, l’agent socialement déterminé a une chance de devenir un sujet libre de forger des représentations qui l’émancipent à la fois du point de vue que son dominant a sur lui et du propre point de vue qu’il a sur lui-même en tant que dominé. [6]

C’est dans cette optique que Pierre Bourdieu a pu écrire que « le meilleur des mouvements politiques est voué à faire de la mauvaise science et, à terme, de la mauvaise politique, s’il ne parvient pas à convertir ses dispositions subversives en inspiration critique — et d’abord de lui-même. » [7] On voit bien, dès lors, pourquoi l’attaque de Christine Delphy est de mauvaise foi. Là où Pierre Bourdieu disait que les femmes ne pouvaient penser leur domination uniquement depuis leur point de vue subjectif de dominées et qu’elles devaient y ajouter une représentation objective, Delphy feint de comprendre que Bourdieu aurait dénié aux femmes la possibilité même de penser leur aliénation. Mais ces propos de Christine Delphy méritent d’être relevés car ils sont symptomatiques d’un vice méthodologique qui consiste à amalgamer la théorie de l’auto-émancipation avec la ghettoïsation du travail critique [8]. Ce problème, qui se pose à tout savant, se pose également à tout militant de toute cause : lutter contre la domination qu’il subit en élaborant des outils critiques adéquats et rationnels, ou bien perpétuer cette domination malgré lui en construisant un pastiche de théorie dont le fondement revanchard déprave toutes les conclusions. Il nous semble que la réponse par la diversité sociale au problème de l’égalité sociale procède justement de cette méthode de réflexion dégradée.

Ainsi, si la même Christine Delphy a raison de rappeler que « les violences masculines dans le cadre du mariage, ou du concubinage, ou de folles passions, sont la première cause de mortalité des femmes entre 18 et 44 ans avant le cancer et les accidents de la route au plan mondial » [9], elle a tort d’éluder cette donnée justement rapportée par Walter Benn Michaels dans son ouvrage : les femmes appartenant aux ménages à plus faibles revenus sont statistiquement sept fois plus souvent victimes de violences conjugales que les femmes des ménages à plus hauts revenus. « Dès lors, l’insistance à présenter la violence conjugale comme un phénomène touchant toutes les classes sociales sans distinction ne fait que masquer la réalité, qui est que la grande majorité des victimes sont pauvres et que la violence conjugale est avant tout un crime de pauvreté. » Et, ajoute Michaels, « en déconnectant la question de violence conjugale de celle des classes sociales, nous perdons de vue que le problème a partie liée avec l’inégalité économique. Et que dans une société qui aurait réduit la pauvreté, la violence conjugale diminuerait elle aussi. Résultat : nous faisons d’un problème dans lequel le statut économique des personnes joue un rôle prépondérant une question exclusive de relation entre les sexes. »

Enfin, dernier détail qui a son importance : le choix de l’attaque. Il n’est sans doute pas innocent que ce soit justement Pierre Bourdieu que Christine Delphy choisisse de calomnier, et qu’elle soit prête pour cela à sacrifier l’intégrité intellectuelle qu’exige son statut de savante appointée par l’État. Car Pierre Bourdieu, qui voyait dans un grand mouvement social européen le moyen de lutter notamment contre les discriminations racistes ou sexistes est la victime toute désignée de ces pleutres attaques, et il ne faudra guère s’étonner si, dans un avenir proche, le tir ouvert à l’extrême-gauche contre Bourdieu par Christine Delphy devenait un exercice obligé pour la plupart des discours qui visent à remplacer la lutte des classes par la lutte des « races ». Et l’on ne s’étonnera pas plus qu’avec un sésame idéologique aussi efficace que cette lutte des « races », le néolibéralisme puisse compter sur des armées de militants pseudo-progressistes pour y modéliser toutes leurs revendications, au point de faire éclater la lutte des classes jusqu’à la dissoudre. C’est qu’accomplir le tour de force de conserver la singularité de chaque lutte tout en la faisant converger dans un combat contre les inégalités suppose un projet politique fort. Tellement fort et radical qu’il nécessiterait peut-être une intégration de toutes les revendications et une assimilation de tous à un seul projet de société. « Assimilation », « intégration » : les mots qui fâchent sont lâchés.

L’auteur de ces lignes, ne souhaitait pas, en bon libertaire, que ses enfants soient scolarisés, afin de leur donner une éducation libre. Or Ségolène Royal avait annoncée, si elle était élue, qu’il serait impossible d’éduquer nos enfants à la maison, et que leur présence dans les établissements scolaires deviendrait obligatoire. Le même auteur de ces lignes, qui vit assez humblement des revenus de travaux de secrétariat, devait auparavant passer par une société de portage salarial qui lui permettait de facturer ses prestations à ses clients, laquelle société lui prélevait, pour ce service, la moitié de ses revenus. Mais depuis que le gouvernement de droite a voté la loi sur le statut d’auto-entrepreneur, les fins de mois sont moins difficiles. Il n’ignore pas que ce statut d’auto-entrepreneur est l’une des tactiques par lesquelles on détruit le code du travail, que cette loi ne fera, finalement, que précariser la classe populaire à laquelle il appartient, et il condamne cette initiative. Mais, en attendant, il en profite. Ce n’est pourtant guère avec ces quelques revenus supplémentaires qu’il aurait pu s’occuper lui-même de créer "l’école à la maison" dont il avait rêvé pour ses enfants. Alors il a cherché une école alternative. Et là, heureusement que la droite avait assouplie la carte scolaire, car cette école se trouvait loin de chez lui. Ce qui ne l’empêche pas, en bon gauchiste, de déplorer l’assouplissement de la carte scolaire, et plus généralement, de redouter que Nicolas Sarkozy soit réélu en 2012.

Ces dilemmes lui ont en tout cas permis de former peu à peu une hypothèse sur ce que signifiait vraiment l’élection de Nicolas Sarkozy. Comme beaucoup, il avait d’abord pensé que cette élection relevait de quelque vieux réflexe "pétainiste" ; et tous les discours de gauche ne faisaient que conforter ce sentiment, tellement évident qu’il avait permis à un réfléchisseur douteux comme Alain Badiou d’en faire un best-seller. Mais cette interprétation, pour séduisante qu’elle fut, s’avérait finalement bien faite pour à la fois rassurer la « droite de droite » et tromper la « gauche de gauche ». Car ce dont Sarkozy est vraiment le nom, c’est de la stérilisation de tout projet commun de société. Et sans projet commun, pas de combat possible contre les inégalités économiques. C’est qu’un projet commun ne va pas sans quelques sacrifices, qui sont justement le prix à payer pour une société plus juste. Mais quel intérêt avons-nous à faire ces sacrifices s’ils ne sont plus motivés par la perspective d’une société plus juste ? Aucun.

Nicolas Sarkozy est bien plus le soldeur de la république qu’une graine de dictateur ; c’est l’homme qui a dit en substance aux français : comparez ce que vous coûte l’idéal républicain, et ce qu’il vous rapporte. Qu’avez-vous à faire d’un idéal qui vous demande de sacrifier à sa lubie égalitaire et fraternelle vos libertés de croyances, de religions, vos cultures, vos mœurs, vos identités ? Ne voyez-vous pas que ce projet de République a échoué ? Dès lors, pourquoi devrions-nous faire tant de concessions à un projet avorté ? Ne gardons de la République que le folklore — (et c’est là que la création d’un « Ministère de l’identité nationale » prend tout son sens) — et que chacun fasse ce que bon lui semble sans s’encombrer de ces vieilles chimères, en échange de quoi l’idéal républicain ne viendra plus vous demander des comptes. Dans un discours prononcé en décembre dernier [10], Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République déclarait : « Nous allons construire un parti pour résister à l’intégration par l’oubli, un parti pour maintenir vivantes nos cultures et nos croyances, ce sera ça ou notre disparition morale et collective, ce sera ça ou la perte de nos histoires et de nos identités (...) Notre parti refusera toutes ces injonctions contradictoires par lesquelles on nous piège. Nous refuserons d’avoir à choisir entre cette vie moderne et nos cultures, entre cette vie moderne et la foi. » Nicolas Sarkozy est l’homme qui lui répond : D’accord ! Tout le monde y gagne, et c’est bon pour les affaires. C’est cette alliance sourde et ambigüe que Walter Benn Michaels a parfaitement saisie : « En fait, à mesure que la question de l’identité nationale affermit son emprise sur la vie intellectuelle française — qu’on la promeuve (le président de la République) ou qu’on la combatte (les Indigènes de la République) —, on s’aperçoit que sa fonction principale consiste à faciliter, en le masquant, l’accroissement des inégalités qui caractérise le néolibéralisme à travers le monde », avant d’ajouter : « Dès lors, les Indigènes ont besoin de leurs Finkielkrauts et les Finkielkrauts de leurs Indigènes, et le néolibéralisme a besoin des deux à la fois pour qu’en France, comme aux Etats-Unis, les riches puissent continuer à s’enrichir et les pauvres à s’appauvrir. »

Le sarkozysme n’est donc certainement pas un « pétainisme transcendantal » mais bien plutôt un renoncement à un projet politique commun, renoncement qui, dans un sens, arrange aujourd’hui tout le monde. C’est sans doute pourquoi sa victoire la plus originale est d’avoir contribué à forger une extrême-gauche néolibérale. En voici l’une des manifestations : une publication assez connue sur Internet, « Les mots sont importants », et plutôt classée très à gauche, publiait, il y a un an, un article de Nellie Dupont et Sylvie Tissot [11] dans lequel on pouvait lire : « Ah, qu’est-ce qu’on est bien en France quand on est une femme ! Ressentir le plaisir divin de nager dans le bonheur de la communauté d’intérêts, de plaisirs et de goûts d’une foule de citoyens et citoyennes, consciente et soucieuse qu’à chaque brasse, on nage dans la plénitude de l’égalité et de la fraternité républicaines (...) Quels que soient votre âge, votre condition, votre orientation sexuelle, la complexité du rapport à votre corps et bien sûr vos croyances ou valeurs, si vous voulez nager en France, à Sarcelles, Garges, Verpillière ou Mons-en-Baroeul : il va falloir vous jeter dans le bain républicain ou rester dans votre baignoire. Car, de gré ou de force vous serez toutes traitées à égalité avec les mecs, ce qui veut dire avec les mecs. Et soyez-en assurées : ils surveillent. Vous n’êtes pas séduites par ces manières de faire ? Alors faites un tour à Londres et plus précisément à Hampstead Heath, un parc immense avec plusieurs lacs où vous serez loin des polémiques et des mâles défenseurs de vos libertés. Il y a là un lac pour les hommes, un pour les femmes, un autre mixte et un autre pour les chiens, et enfin un pour les grands et moins grands qui veulent jouer avec leur bateau à moteur modèle réduit. » Ce n’est évidemment pas un hasard si cette nouvelle gauche intransigeante est allée chercher le bonheur au paradis européen du libéralisme économique : en Angleterre. Nellie Dupont et Sylvie Tissot ne sont sans doute pas naïves au point d’ignorer qu’il y a un lien fondamental entre l’idéologie libérale du « chacun pour soi » et le fait d’ouvrir des piscines avec « chacun son bassin », que tout se tient et que ce qu’elles présentent ici comme un progrès social particulier n’est en réalité qu’un des effets secondaires d’une régression sociale généralisée.

La piscine municipale :
le nouveau lieu où convergent désormais
toutes les grandes questions politiques françaises
.

Le même site, « Les mots sont importants », a publié quantité d’articles prenant fait et cause pour le droit au port du voile islamique, au point que certains sites gauchistes relativement connus, ont fini par « craquer » et publier des réponses, comme celle récemment signée par C S P et virilement intitulée « Contre le voile. Parce que ça suffit, les conneries » [12] qui a été reprise par des dizaines de sites [13]. Commentant ce genre de débats, Walter Benn Michaels note l’immense atout qu’ils représentent pour le néolibéralisme, puisqu’ils sont une formidable diversion pour faire oublier les questions sociales : « chaque camp a pu s’en donner à cœur joie, l’un accusant l’autre de racisme pendant que le second instruisait contre le premier un procès en sexisme – « Vous n’êtes contre le port du voile que parce que vous méprisez les droits des musulmans ! » « Vous n’y êtes favorables que parce que vous méprisez les droits des femmes musulmanes ! » Tout comme la polémique autour de la discrimination positive aux Etats-Unis, ce débat était l’archétype de la tempête dans un verre d’eau libéral : il ne sortait à aucun moment de la question de l’identité. » Michaels en conclut que la droite, plutôt que d’être ingrate, devrait au contraire remercier cette gauche qui préfère combattre pour le respect des différences plutôt que pour l’égalité économique, puisque le capitalisme a tout à gagner dans la guerre des cultures et tout à perdre dans la lutte des classes, et finalement « tant que les affrontements concernent l’identité plutôt que la richesse, peu importe à la droite qui les gagne. »

Jusqu’à une époque récente, la lutte contre le racisme et les discriminations était fondée sur un dépassement des identités : la logique antiraciste consistait à soutenir que l’important n’était pas d’être noir ou blanc, homme ou femme, etc., mais était justement de ne pas accorder une importance déterminante à ces hasards culturels ou biologiques. Dans un magnifique texte intitulé « La fierté » [14], l’écrivain Jo Ann von Haff s’interroge : « Je me dis que je n’ai pas de raison d’être fière d’être celle qui est sur la carte d’identité. Métisse, africaine, européenne, grande... Dois-je être fière d’être une femme, alors que j’avais cinquante pour cent de chances d’être un homme ? Dois-je être fière de la couleur de ma peau alors que la génétique ne m’a pas demandé mon avis (et puisque je suis métisse, on aurait eu des milliers de résultats) ? Dois-je être fière d’une nationalité que je n’ai pas choisie (je suis née là où ma mère se trouvait) ? (...) Oui, la couleur de notre peau est la première chose que l’autre remarque en nous. Mais elle ne fait pas de nous ce que nous sommes réellement. »

Contrairement à la fierté, qui est fondée sur un sentiment de différenciation, voire de domination si elle confine à l’orgueil, la dignité est une qualité liée à l’essence humaine de laquelle chacun peut indifféremment se réclamer. Tant que cette logique est vigoureuse, le mot « identitaires » est un terme quasiment péjoratif pour qualifier les idéologues de l’extrême-droite, toujours « fiers » (d’être français, Blancs, occidentaux, etc.) Mais dans un contexte politico-économique marqué par une régression globale de toutes les conquêtes sociales, il devient de plus en plus difficile à chacun de faire valoir sa dignité, qui finit par céder la place à la fierté, laquelle se revendique au nom de la différence. Ce ne sont certes pas les différences qui font défaut, qu’elles soient collectives (toutes les identités patriotiques, ethniques, religieuses, linguistiques ou culturelles) ou bien individuelles (que l’on soit homme, femme, blanc, noir, homosexuel ou hétérosexuel...) et comme la fierté s’accommode fort bien de reposer indifféremment sur une identité de dominant ou de dominé, les dominés ont fini par affirmer que leur identité était une arme de résistance contre leurs dominants. Par exemple, Houria Bouteldja, pourtant sincèrement engagée dans la lutte contre le racisme, répondait récemment à une interview en ces termes :


Algérienne, africaine, musulmane, arabe, berbère d’Algérie, maghrébine, arabo-berbère... En fait, toutes ces identités sont ici associées, mélangées, probablement dans le but de produire une identité « romantique », dont la logique se fonde sur un seul critère : non-Blanc. Mais quelle est la réalité objective de cette identité ? N’est-elle pas surtout destinée à minimiser une véritable appartenance sociale : fille ou fils d’ouvrier, par exemple — c’est-à-dire : prolétaire ? Ce montage radiophonique se termine par cette déclaration : « la revendication identitaire quand on est dans une situation de dominé, elle est salutaire ». Pourtant, quelques minutes après ce florilège de fierté identitaire, Houria Bouteldja finit par faire volte-face :


Si l’on en croit cette confidence selon laquelle « toutes ces questions d’identité sont des questions d’ados », on voit subitement s’effriter la cohérence du discours tenu précédemment, et il devient difficile d’accorder du crédit à des déclarations auxquelles ne semblent déjà plus croire ceux-là même qui les énoncent. Mais alors, pourquoi s’obstinent-ils à tenir un discours qui les amène finalement à dire une chose et tout aussi bien son contraire dans le quart d’heure qui suit ? Un article publié en 2005 par Pierre Vidal-Naquet et Gilbert Meynier [15] corrobore sur ce point la thèse de Walter Benn Michaels. Nous écrivions plus haut qu’il était délicat d’élaborer une théorie avec sa colère de dominé plutôt qu’avec ses facultés critiques. Vidal-Naquet et Meynier observent que depuis un quart de siècle, dans les pays riches, les discriminés « voient se dérober les moyens de la connaissance et de l’analyse critique de leur situation. Ils souffrent, mais dans le désenchantement et la vacuité du politique. (...) La solution politique ne pourrait, évidemment, être que globale », contrairement aux revendications portées par ceux « qui se font les hérauts des jeunes, discriminés, angoissés et désemparés », mais qui, « ne possédant pas les armes d’une critique adéquate aux vraies raisons qui les font saigner, se réfugient dans une régression qu’ils croient identitaire. »

Dans son essai « Du trop de réalité », Annie Le Brun s’inquiétait de toutes les réactions provoquées sous prétexte de redonner à des groupes opprimés leur identité bafouée : « Il serait difficile d’expliquer autrement la haine avec laquelle les tenants antillais de l’identité créole s’en sont récemment pris à la poésie d’Aimé Césaire. Ceux-ci ne lui ont-ils pas fait le grief que le Cahier d’un retour au pays natal pouvait « être le texte de revendication de n’importe quel peuple qui souffre », pour la consternante raison que « si les Québécois l’ont adopté dans les années soixante, c’est qu’il n’était pas profondément marqué par les Antilles. Il a d’ailleurs été traduit en arabe et a rencontré un grand succès auprès des Palestiniens » (Raphaël Confiant) ... En réalité, c’est sa force poétique qu’on lui reproche, bien sûr en ce qu’elle le rend irréductible à la norme identitaire aujourd’hui reconnue et promue de toutes parts. »

« C’est cela le plus dangereux, pour ceux de toutes les couleurs
qui endossent chaque matin, leur peau, leur uniforme, leur fauteuil...
comme une identité de parade. Et tous ceux-là auront beau se regrouper
en horde, en rang, en troupeau, ils ne pourront pas faire grand chose. »
Annie Le Brun, « Pour Aimé Césaire ». Mais cet avertissement ne se limitait pas uniquement aux groupes ethniques. Exactement le même mécanisme était à l’œuvre, par exemple, dans les luttes néo-féministes, comme Annie Le Brun l’avait expliqué lors d’une belle intervention télévisée que nous vous invitons à écouter [16]. Cette similitude confirme l’analyse de Walter Benn Michaels lorsqu’il écrit que « la race s’est révélée être la « drogue d’entrée » conduisant à tous les types d’identités : culturelle, religieuse, sexuelle et même médicale (...) Mais les classes sociales n’ont rien à voir avec les races et les cultures, et les traiter comme des races ou des cultures – différentes, mais équivalentes – fait partie des stratégies grâce auxquelles nous gérons l’inégalité plutôt que de chercher à la réduire ou à l’éliminer. « Blanc » ne vaut pas mieux que « Noir » ; mais « riche » vaut incontestablement mieux que « pauvre ».

Les vétérans de la Résistance nous appelaient à définir « un nouveau programme de résistance pour notre siècle ». Pour commencer à définir ce programme, nous ne devons pas nous laisser intimider par les discours identitaires, peu importe qu’ils émanent de dominants ou de dominés. Nous ne devons pas plus accepter de voir la logique renversée au point de renier les causes économiques des discriminations. Nous devons enfin réaliser un inventaire des fausses questions qui empêchent de formuler dans les bons termes la question de la justice sociale, et par leur pouvoir de diversion, travaillent à étouffer le problème de l’inégalité économique. Le petit livre de Walter Benn Michaels est un précieux viatique.

Gilles D'Elia



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Notes
[1] Angela Davis, Autobiographie, Albin Michel, Paris, 1975, p. 142.

[2] Sadri Khiari, La contre-révolution coloniale en France, Éditions La Fabrique, Paris, 2009.

[3] L’un des articles de ce dossier du Plan B est justement intitulé La question sociale ensevelie sous le bla-bla.

[4] Christine Delphy, Classer, dominer, Éditions La Fabrique, Paris, 2008.

[5] Elle trahit le texte puisque Pierre Bourdieu écrit dans « La domination masculine » : « Le changement majeur est sans doute que la domination masculine ne s’impose plus avec l’évidence de ce qui va de soi. En raison notamment de l’immense travail critique du mouvement féministe qui, au moins dans certaines régions de l’espace social, a réussi à rompre le cercle du renforcement généralisé, elle apparaît désormais, en beaucoup d’occasions, comme quelque chose qu’il faut défendre ou justifier, quelque chose dont il faut se défendre ou se justifier. » Ce paragraphe se trouve à la page 122 de l’édition Points/Seuil.

[6] Il serait trop long d’entrer ici dans les détails de cette conception fondatrice du travail de Pierre Bourdieu et, plus généralement, de la science sociale contemporaine. Ceux qui sont intéressés par cette question liront avec intérêt sa Leçon sur la leçon ; dans ce véritable précis éthique des sciences sociales, Pierre Bourdieu écrit : « une des propriétés les plus fondamentales de la sociologie telle que je la conçois : toutes les propositions que cette science énonce peuvent et doivent s’appliquer au sujet qui fait la science. C’est lorsqu’il ne sait pas introduire cette distance objectivante, donc critique, que le sociologue donne raison à ceux qui voient en lui une sorte d’inquisiteur terroriste, disponible pour toutes les actions de police symbolique. On n’entre pas en sociologie sans déchirer les adhérences et les adhésions par lesquelles on tient d’ordinaire à des groupes, sans abjurer les croyances qui sont constitutives de l’appartenance et renier tout lien d’affiliation et de filiation. ».

[7] Pierre Bourdieu, La domination masculine, p. 154.

[8] Sur cette malhonnêteté scientifique qui consiste à amalgamer la théorie de l’auto-émancipation avec la ghettoïsation du travail critique, Pierre Bourdieu écrit : « Revendiquer le monopole d’un objet, quel qu’il soit (fût-ce par un simple usage du “nous” qui a cours dans certains écrits féministes), au nom du privilège cognitif qu’est censé assurer le seul fait d’être à la fois sujet et objet et, plus précisément, d’avoir éprouvé en première personne la forme singulière de l’humaine condition qu’il s’agit d’analyser scientifiquement, c’est importer dans le champ scientifique la défense politique des particularismes qui autorise le soupçon a priori, et mettre en question l’universalisme qui, à travers notamment le droit d’accès de tous à tous les objets, est un des fondements de la République des sciences. » « La domination masculine », p. 155.

[9] Cf. Christine Delphy, intervention pour les 50 ans du Monde diplomatique : vidéo en ligne.

[10] Houria Bouteldja, Discours au Cabaret sauvage, 10 décembre 2008.

[11] Nellie Dupont et Sylvie Tissot, Women only : men not allowed beyond this point, Ou comment nager dans le bonheur (non mixte), Août 2008.

[12] Cf. C S P, Contre le voile. Parce que ça suffit, les conneries, 29 juillet 2009.

[13] Comme en témoigne cette simple requête sur Google.

[14] Jo Ann von Haff, Luca Ferrari / La fierté, La revue des ressources, 2008.

[15] Pierre Vidal-Naquet et Gilbert Meynier, Coloniser, Exterminer : de vérités bonnes à dire à l’art de la simplification idéologique, Esprit, décembre 2005.

[16] Annie Le Brun, le 10 février 1978 dans l’émission de Bernard Pivot « Apostrophes » (archives personnelles) :




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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede ChoueTTe le Mar 1 Sep 2009 19:01

Big up ! Et Fuck toute cette mouvance ethno-différencialiste de merde et tous ces enfoirés de Dieudonné, Alain Soral, Kémi Séba...

Fuck la peur du métissage ! Big up pour tous ces textes intéressants !
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede Malval le Dim 6 Sep 2009 21:55

hop là, deux aut' liens sur cet excellent bouquin qui fait plaisir (surtout quand on vit en bretagne...)

http://www.liens-socio.org/article.php3 ... te+egalite
http://www.marianne2.fr/La-diversite-es ... 75285.html
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede romegàs le Sam 26 Sep 2009 22:11

Super !
Mais vous mêmes, êtes vous sûrs d'être si "cleans" que ça ?
Quelle est la part de votre identité : français-européen-blanc dans vos prises de positions ?
Aucune sans doute... Vous êtes complètement libre de ça. Une sorte d' "homme nouveau". Universel. En un mot : français !
Bingo.
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede altofeux le Sam 26 Sep 2009 22:54

J'ai lu et apprécié. J'ai 2 critiques principale s: le titre français est merdique et le contexte US dans lequel se place ce livre est peu expliqué.
altofeux
 

Re: La diversité contre l’égalité

Messagede conan le Dim 27 Sep 2009 11:54

romegàs a écrit:Super !
Mais vous mêmes, êtes vous sûrs d'être si "cleans" que ça ?
Quelle est la part de votre identité : français-européen-blanc dans vos prises de positions ?
Aucune sans doute... Vous êtes complètement libre de ça. Une sorte d' "homme nouveau". Universel. En un mot : français !
Bingo.


Salut, j'ai pas compris ce que tu voulais dire ?
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede romegàs le Dim 27 Sep 2009 22:44

conan a écrit:
romegàs a écrit:Super !
Mais vous mêmes, êtes vous sûrs d'être si "cleans" que ça ?
Quelle est la part de votre identité : français-européen-blanc dans vos prises de positions ?
Aucune sans doute... Vous êtes complètement libre de ça. Une sorte d' "homme nouveau". Universel. En un mot : français !
Bingo.


Salut, j'ai pas compris ce que tu voulais dire ?


Le discours anti-diversité est très à la mode en France (suffit de lire le Figaro, si, si, c'est très formateur). Mais dans ce pays, ce n'est pas seulement une mode : c'est historique. Chez l'intellectuel (le bourge qui pense) français, celui qui affirme une identité particulière c'est toujours l'autre, puisque soi-même, en tant que français parisien, on est moulé dans l'universalité.
Je trouve assez fort de lire, de la part de gens qui se disent anars, les sophismes des jacobins : on est tous égaux seulement si on fait comme si on était tous pareils. Mais pareils à qui ?
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede conan le Lun 28 Sep 2009 12:08

OK je comprends mieux, et je partage tout à fait ton point de vue ; l'universalisme républicain est une véritable secte totalitaire.
J'ai assisté il y a peu à un débat entre deux personnages adeptes de l'identité, Zemmour et Ramadan, l'un défensant la "laïcité" et l'autre la liberté religieuse, et ils m'ont tout autant fait peur l'un que l'autre quand ils s'arrachaient la notion de république et d'universalisme... :lol:
Il faut combattre toutes les idéologies globales, elles ont toutes le point commun de prôner la légitimité, quelle qu'elle soit, d'imposer à tou-te-s ce que l'on croit bon/juste. Elles ont toutes en commun la domination d'experts éclairés, la soumission de tou-te-s à leur sages avis, si possible par la propagande et l'assentiment, à défaut par la matraque et par la prison.
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede heracles le Lun 28 Sep 2009 18:13

Bonjour, juste en passant, voici un lien vers une critique très intéressante de ce livre, cela permet de le replacer dans son contexte et de complexifier un peu ses propos assez simplistes. Voila =)

http://revuedeslivres.net/articles.php? ... f71364329a
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede bajotierra le Mar 29 Sep 2009 16:20

La critique qui est faite dans ce lien donné par héraclés n'est pas " plus complexe" elle essaie de noyer le poisson !
Ainsi le passage sur le fait que WM s'attaquerait a "l'identité ouvriére " me semble tout a fait hors de propos car ce n'est pas le sujet de son livre , mais bien celui ci :

"C’est pourquoi nombre de militants politiques luttent aujourd’hui à contre-sens en sur-affirmant des identités qui non seulement seront, au premier véritable malaise social, le prétexte de discriminations accrues mais précipitent, de surcroît, ce futur malaise social en veillant à la dénégation de la lutte des classes"

En quoi est ce faux de dire que nombre de militants perdent leur temps en sur-affirmant de identités qui le moment venu feront le jeu du pouvoir ? Qu'est ce que la litérature prolétarienne a a voir avec cette question ?
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede romegàs le Mer 30 Sep 2009 13:40

Bon, et ben moi je pense que ces prises de positions "la diversité contre l'égalité" sont des attrapes-couillons, destinés à cacher l'essentiel.
L'essentiel c'est quoi ?
L'Etat français (la "République") est par nature centraliste, belliciste, colonialiste, oligarchique, autoritariste. Ce n'est pas une démocratie.
L'école publique-laïque-et-obligatoire sert à décerveler, produire des petits chefs et des subordonnés (pardon : des salariés), des soldats, des consommateurs. Ce n'est pas une école de la liberté.
La société française est paternaliste, raciste, sexiste, féodale. Ce n'est pas une société égalitaire.
Le discours assimilationiste est un discours raciste, rien à voir avec une volonté d'intégration.
C'est bon ? Alors quand revient-on sur terre ?
Le soit-disant modèle républicain n'a jamais existé. C'est du flan qu'on nous sert pour ne pas voir la réalité. C'est le déguisement qu'a pris l'Etat français moderne pour masquer qu'il est le continuateur de l'ancien régime royal absolutiste et aristocratique.
Mais dire que quelques militants de la langue bretone ou occitane, qui essaient de rendre son sens à la notion de culture populaire, font le jeu du pouvoir, c'est ridicule et dégueulasse.
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede bajotierra le Mer 30 Sep 2009 15:39

romegas : Qu'entends tu par " culture populaire" ?
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede Malval le Mer 30 Sep 2009 20:47

Intéressant cette remarque comme quoi les anarchistes anti-ethnicistes (car c'est bien de ça dont il s'agit malgré le lexique gauchiste-libéral employé et la rhétorique du "droit des peuples à disposer d'eux même") serait plus jacobins que les jacobins.

Qui serait plus français (ça veut dire quoi "français" déjà ? le centralisme n'est pas l'apanage des différents dirigeants de l'Etat français) : l'anarcho-syndicaliste qui refuse cette soit-disant distinction territoriale en fonction de critères arbitraires ou les "anarcho"-indépendantistes qui reprennent les mythes géo-politiques des différents pouvoirs qui se sont succédés et partagés les dits territoires ?

Les nations, les langues, les cultures sont des mythes sociaux bourgeois capables de mobiliser physiquement les foules (relire le corpus idéologique du Fascisme donné par Zeer Sternhell dans "Naissance idéologique du Fascisme") pour la conservation de ce qui est identifié comme traditionnel, quand cela est mélangé à un populisme tel que l'est le mouvement anarchiste, ça peut engendrer des conséquences assez catastrophiques.
Je reste persuadé que la plupart des membres des classes ouvrières est pour la défense de la langue française, alors qu'elle en est la première victime ; bref le "bon français" fonctionne comme un mythe, les régionalistes (qu'ils se disent libéraux, socialistes, communistes ou anar' ne change rien à l'affaire) voulant simplement remplacer le "bon français" par le "bon breton, occitan, corse, etc."
Le Capital dit merci, ça lui ouvre de nouveaux marchés pour l'industrie culturelle... mais en disant que c'est "populaire" c'est mieux, c'est plus dans l'air du temps... même si ça change rien de la culture capitaliste et de ses idées de rationalité, de normalisation, de déterminisme, de territorialisation, de sacralisation, etc.
Bref ça n'a rien de révolutionnaire, c'est totalement issu de la pensée héritée.
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede romegàs le Mer 30 Sep 2009 20:55

bajotierra a écrit:romegas : Qu'entends tu par " culture populaire" ?

Bon, sans aller chercher dans le Petit Robert, il me semble que la culture, c’est tout ce qui permet de conaître et de comprendre le monde, ce qui l’explique, lui donne un sens, le rend moins étrange, permet de se l’approprier. En ce sens, tout ce qui est connaissance est culture : savoir regrouper des moutons, dire un conte, connaître la façon de faire pousser de l’orge… Je ne me souviens plus qui a écrit que l’ouvrier chicano est cent fois plus cultivé que son patron américain blanc.
On ajoute « populaire » seulement parce que tout un pan de culture est privé de ce statut par la définition classique française de la « Culture » : ça devient une liste figée de choses, définie arbitrairement par une élite sociale mais présentée comme universelle.
Accéder à cette « Culture » serait le moyen pour les classes sociales inférieures de s’émanciper. Mais il faudra m’expliquer comment on s’émancipe en entrant de force dans un cadre. A ce niveau, le sort fait par l’école aux fils de paysans occitans n’est pas si différent de celui fait aux enfants d’immigrés algériens : aujourd’hui comme hier, on apprend aux gosses « étrangers » à mépriser la culture de leurs parents, comme si c’était la clé de leur réussite sociale. On les empêche ainsi de faire leur propre choix dans le bagage de leur origine.
Voici ce que Jaurès ecrivait sur la langue d’òc en 1911 :
Pourquoi ne pas profiter de ce que la plupart des enfants de nos écoles connaissent et parlent encore ce que l’on appelle d’un nom grossier "le patois". Ce ne serait pas négliger le français : ce serait le mieux apprendre, au contraire, que de le comparer familièrement dans son vocabulaire, sa syntaxe, dans ses moyens d’expression, avec le languedocien et le provençal. Ce serait, pour le peuple de la France du Midi, le sujet de l’étude linguistique la plus vivante, la plus familière, la plus féconde pour l’esprit.
Par là serait exercée cette faculté de comparaison et de raisonnement, cette habitude de saisir entre deux objets voisins, les ressemblances et les différences, qui est le fond même de l’intelligence. Par là aussi, le peuple de notre France méridionale connaît un sentiment plus direct, plus intime, plus profond de nos origines latines. Même sans apprendre le latin, ils seraient conduits, par la comparaison systématique du français et du languedocien ou du provençal, à entrevoir, à reconnaître le fonds commun de latinité d’où émanent le dialecte du Nord et le dialecte du Midi. Des siècles d’histoire s’éclaireraient en lui et, penché sur cet abîme, il entendrait le murmure lointain des sources profondes.

Et tout ce qui donne de la profondeur à la vie est un grand bien. Aussi, le sens du mystère qui est pour une grande part le sens de la poésie, s’éveille dans l’âme. Et elle reçoit une double et grandiose leçon de tradition et de révolution, puisqu’elle a, dans cette chose si prodigieuse et si familière à la fois qu’est le langage, la révélation que tout subsiste et que tout se transforme. Le parler de Rome a disparu, mais il demeure jusque dans le patois de nos paysans comme si leurs pauvres chaumières étaient bâties avec les pierres des palais romains.

Du même coup, ce qu’on appelle "le patois", est relevé et comme magnifié. Il serait facile aux éducateurs, aux maîtres de nos écoles de montrer comment, aux XIIe et XIIIe siècles, le dialecte du Midi était un noble langage de courtoisie, de poésie et d’art ; comment il a perdu le gouvernement des esprits par la primauté politique de la France du Nord, mais que de merveilleuses ressources subsistent en lui. Il est un des rameaux de cet arbre magnifique qui couvre de ses feuilles bruissantes l’Europe du soleil, l’Italie, l’Espagne, le Portugal. Quiconque connaîtrait bien notre languedocien et serait averti par quelques exemples de ses particularités phonétiques qui le distinguent de l’italien, de l’espagnol, du catalan, du portugais, serait en état d’apprendre très vite une de ces langues.
Et même si on ne les apprend pas, en effet, c’est un agrandissement d’horizon de sentir cette fraternité du langage avec les peuples latins. Elle est bien plus visible et sensible dans nos dialectes du Midi que dans la langue française, qui est une sœur aussi pour les autres langues latines, mais une sœur un peu déguisée, une sœur « qui a fait le voyage de Paris ». L’Italie, l’Espagne, le Portugal s’animent pour de plus hauts destins, pour de magnifiques conquêtes de civilisation et de liberté. Quelle joie et quelle force pour notre France du Midi si, par une connaissance plus rationnelle et plus réfléchie de sa propre langue et par quelques comparaisons très simples avec le français d’une part, avec l’espagnol et le portugais d’autre part, elle sentait jusque dans son organisme la solidarité profonde de sa vie avec toute la civilisation latine !



Le même raisonnement peut s'appliquer pour les langues issues de l'immigration, il y a de la place pour tout le monde. Ce qui est malheureux aujourd'hui, pour un fils d'immigré qui se sent arabe et veut connaître la langue, c'est qu'il ne trouve aucune réponse à sa demande au sein de l'éducation nationale et est donc obligé d'aller anôner le coran dans une école coranique. Pourant, sa demande est-elle méprisable ?
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede Malval le Mer 30 Sep 2009 22:34

On est en plein dans ce que dénonce WM dans son bouquin.

Ce qui pousse les gens dans le sacré et l'obscurantisme religieux c'est bien entendu parce ce qui est identifiée comme étant leur culture est stigmatisée par les pouvoirs en place et non pas dû aux conditions de vie et au statut des dites personnes dans la hiérarchie sociale... *sic*
Les individu-es issu-es de groupes sociaux semblales à ceux dont sont issu-es les dirigeant-es vont rarement se réfugier dans ce qui apparait sur place comme étant un extrêmisme religieux (si on adopte une posture relativiste).
Bizarre qu'il y ait des extrêmistes religieux même là où le pouvoir politique revêt une forme religieuse et culturelle en adéquation avec ce qui semble être la "culture populaire" tout en s'efforçant de limiter les expressions politico-religieuses qui menaçeraient son assise... ça serait pas plutôt dû à l'inégale redistribution des ressources économiques et sociales ?

Le racisme d'Etat vient rajouter aux conflits économiques entre groupes sociaux par la mise en place d'une politique visant à protéger celles et ceux détenant les rennes en favorisant la reproduction de celles/ceux-ci dans les groupes sociaux habituels dont ils/elles sont issu-es (en gros : blanc, masculin, hauts-revenus, bonne place dans la hiérarchie sociale, etc.), seulement, seuls quelques uns de ces éléments sont primordiaux pour la bonne continuité du pouvoir, les catégories "culture", "couleur de peau", "genre", n'ayant pas beaucoup d'importance...

Et des cours d'arabe et de langues identifiées comme étant immigrées, il y en a déjà pas mal, en tout cas plus que des cours de langues régionales. "Inégalité !" crient les régionalistes ! Non, seulement une différence en terme de demande et d'urgence sociale.

Il faut combattre toutes les idéologies globales, elles ont toutes le point commun de prôner la légitimité, quelle qu'elle soit, d'imposer à tou-te-s ce que l'on croit bon/juste. Elles ont toutes en commun la domination d'experts éclairés, la soumission de tou-te-s à leur sages avis, si possible par la propagande et l'assentiment, à défaut par la matraque et par la prison.

Je suis d'accord, il faut combattre les idées (et les pratiques) anarchistes et communistes.
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede romegàs le Jeu 1 Oct 2009 21:06

Malval a écrit:
Il faut combattre toutes les idéologies globales, elles ont toutes le point commun de prôner la légitimité, quelle qu'elle soit, d'imposer à tou-te-s ce que l'on croit bon/juste. Elles ont toutes en commun la domination d'experts éclairés, la soumission de tou-te-s à leur sages avis, si possible par la propagande et l'assentiment, à défaut par la matraque et par la prison.

Je suis d'accord, il faut combattre les idées (et les pratiques) anarchistes et communistes.


Et c'est qui qui a dit ça ?

Les idéologies qui sont au service d'un pouvoir, oui, il faut les combattre.
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede Malval le Ven 2 Oct 2009 00:01

Stait pour Conan.

Et les idéologies aujourd'hui jolies sur le papier, disant se battre pour l'émancipation de l'humanité peuvent donner des systèmes autoritaires lors de la mise en chantier par des moyens contradictoires avec la finalité annoncée.

Et la société pour laquelle les personnes présentes sur ce forum se battent c'est l'Anarchie (c'est bien simpliste de dire cela vu les différents objectifs en réalité), un système économique, social et idéologique avec une certaine conception du pouvoir qui sera aussi combattue par ses opposants.

Bref, tout ça pour dire que le relativisme total déclamé par Conan est, selon moi contraire aux pratiques d'un anarchiste et/ou d'un communiste libertaire. Un relativisme partiel permet de se remettre en question sans perdre de vue ses objectifs.

Mais stait pas l'débat...

edit : trompé de mot...
Dernière édition par Malval le Ven 2 Oct 2009 00:56, édité 1 fois.
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede conan le Ven 2 Oct 2009 00:19

Malval a écrit:Bref, tout ça pour dire que le relativisme total déclamé par Conan est, selon moi contraire aux pratiques d'un communistes et/ou d'un communiste libertaire. Un relativisme partiel permet de se remettre en question sans perdre de vue ses objectifs.


Puisque tu le dis, c'est que ça doit être contraire au tien, en tout cas. :wink:
Pour ma part j'ai en effet tendance à me méfier du "partiel" dans le domaine des justifications que se trouve le pouvoir, et ce que tu qualifies de "relativisme total" je l'appelle plus simplement... anarchie. :)
Et ce n'était peut-être pas le débat, mais à bien y réfléchir il est possible qu'il y ait tout de même un rapport. :roll:
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede romegàs le Ven 2 Oct 2009 22:13

Le fameux livre dont Malval nous fait la pub plait beaucoup à un site : http://www.communautarisme.net/
Interressant quand même de vous trouver une telle "communauté" d'idées...
Y a-t-il un axe Mélanchon-le Figaro qui passe par l'anarcho-syndicalisme ?
Je suis pour la diversité, mais là, il faut m'expliquer.
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Re: La diversité contre l’égalité

Messagede Malval le Sam 3 Oct 2009 00:28

Et les "anarcho"-indépendantistes bretons sont en lien sur le site du GRECE, les fascistes se réclament de l'héritage théorique du syndicalisme révolutionnaire, Proudhon est cité chez les royalistes, bref, nique l'occitanie
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